La Rhapsodie des Tamaris

1er Mouvement
Presto, Vivace

Note de l'auteur :
Dédicace à Aya, qui m'a beaucoup aidé pour le titre,
et puis tout simplement pour être avec moi.
Merci d'être venue un jour me chercher pour le fofo.

Sinon, voici un autre one shot, j'espère qu'il vous plaira.
Enfin, ce devait être un OS, mais vu ça longueur (72 pages à la fin), je l'ai divisé en trois. Et j'avoue que cela m'arrange. Vous verrez bien à la fin
:D, faites attention aux titres.
La suite est donc déjà disponible, mais je ne publierais qu'une fois par semaine, pour vous laissez le temps de lire et reviewer.

Bises à tous.

Procne

.

Le Soleil était doux, presque frileux, d'une lumière blanche. Il déposait de légers rayons d'or et de couleur dans les vieux couloirs de l'école, une ancienne abbaye garnie de vitraux racontant son histoire.

Les élèves flânaient gentiment, la fin des cours avait sonné pour aujourd'hui.

''Hey, Drago ! Attends-moi !''

Le blond se retourna en soupirant, la veste de son uniforme posée nonchalamment sur son épaule, sa cravate desserrée et une main dans la poche de son pantalon rouge sombre. Un jeune homme métis avançait vers lui d'un pas rapide.

''Tu ne t'entraînes pas aujourd'hui ?'' Demanda Drago à l'arrivant, tandis qu'ils se dirigeaient dans le parc vers les arbres centenaires fleuris.

Blaise, son meilleur ami, aussi brun que Drago était blond, afficha un air blasé. Les mains derrière la tête tout en marchant, il était complètement débraillé.

''Oh tu vois, on sait tous que ce sera toi qui gagneras le premier prix, tu es le meilleur. Pourquoi perdre notre temps ?''

Drago lui fit un regard sévère.
''C'est vrai que c'est ce genre de pensées optimistes qui va te faire avancer.''

Blaise lui fit un sourire indulgent. ''De toute façon, je me suis trouvé un stage dans un autre conservatoire. Comme je viens d'ici, ils vont peut-être m'accepter comme prof.''

''Vous parlez de l'orientation ?'' Interrogea un de leurs camarades qui passait près d'eux.
''Oui, je disais à Blaise ce que je pensais de sa façon de voir les choses. Il refuse de s'entrainer pour son examen parce que je suis soi-disant le meilleur.''

L'arrivant sourit.
''Pas 'soi-disant' Malefoy, tu sais bien que tu es un génie. Personne ne t'égale au piano. Les professeurs y arrivent tout juste, et seulement parce qu'ils ont plus d'expérience que toi.''

Drago grimaça, il n'aimait pas être considéré comme un 'génie', cela le gênait, il ne trouvait pas ça juste. La musique était une chose innée chez lui, comme une seconde âme, c'était en lui, pour toujours.
Un 'bip' aigu le fit sortir de sa rêverie. C'était la montre de Blaise.

''Oups, mon rendez-vous… Je dois y aller. A plus !...'' Il se leva brusquement.

L'autre jeune homme se leva à son tour.
''Je vais y aller moi aussi. A plus tard !''

Drago se retrouva seul. Il décida de faire une promenade dans l'allée des vieux Tamaris pas très loin de l'école. Il affectionnait tout particulièrement ces arbres aux épais troncs noueux, vénérables ancêtres, calmes témoins des tumultes d'adolescents musiciens. Il aimait leurs longues branches qui retombaient délicatement en un rideau de feuilles roses et dont les fleurs déposaient au printemps dans l'allée un tapis de neige cotonneuse.

C'était bientôt l'été, mai venait à peine de commencer. Drago se permit un très léger sourire tandis qu'il poursuivait sa marche à l'ombre de ces illustres protecteurs. C'était bien cela, les Tamaris semblaient protéger les élèves, les poussant presque, tels des parents, de leurs délicates branches.

Le blond arriva à la hauteur des appartements des étudiants pensionnaires. Le rez-de-chaussée était une succession de hautes baies vitrées, grandes ouvertes en cette saison, d'où s'échappaient de légers rideaux blancs qui dansaient une valse folle avec le vent. Le musicien se dirigea vers eux, son dortoir n'était pas loin. Il y déposa sa veste et prit son piano portatif, un synthétiseur bien pratique qui lui permettait de s'entraîner où bon lui semblait, en plus du vrai piano à l'intérieur même de l'école.

Il irait donc jouer à l'écart du parc bondé d'élèves, sous un Tamaris.

Il s'adossa contre le tronc de l'arbre et observa, pendant quelques minutes, le Soleil et le ciel exempt de nuages. Puis, il ouvrit son lutrin. Il en sortit des partitions qu'il installa sur le pupitre de son instrument.

C'était un morceau à lui. Un morceau qu'il avait créé, le plus élaboré de tous. Il manquait encore quelques trucs et il méritait sans nul doute des finitions, mais Drago en était assez fier. Il avait eu bien du mal à le faire. C'était une Rhapsodie, une Rhapsodie pour les Tamaris, pour le symbole qu'ils représentaient dans le cœur du jeune pianiste.

Le thème du concours avait été donné : l'onirisme.

Un vrai délice, mais une vraie difficulté aussi.

Il joua alors, se plongeant dans les méandres tortueux des notes et des harmoniques, loin de tout, pourtant si proche du monde.

Un gong sonore retentit, l'antique horloge de l'école sonnait : il était 17h00.

Drago s'amusait à penser qu'elle était la sœur cachée de Big Ben, en plus humble. Il se pencha de nouveau sur son morceau et recommença à jouer. La musique s'élevait dans le ciel et semblait vivre autour du pianiste, qui s'était mis à vibrer à son rythme.

Un vent frais souffla et une douce odeur de fleurs apparut. Drago s'enivra alors de sa musique, de la nature, de sa liberté. Il se sentait si bien en cet instant. Il se disait qu'il ressemblait à Dieu, qui avait d'abord inventé le jour et la nuit, puis la mer et la terre et enfin, les animaux lors de la création du Monde.

Lui, il créait avec les blanches, les noires, les croches, et cela engendrait une sorte de magie, comme si la musique se personnifiait.

Le vent souffla un peu plus vigoureusement, c'était assez inhabituel pour la saison, et son parfum se fit plus fort. C'était une odeur étrange, comme si les fragrances qui l'habitaient devenaient la matérialisation des émotions et des esprits.

Drago entama le deuxième mouvement de son morceau. Il était un peu plus rythmé et saccadé. Le vent balayait les mèches blondes du musicien et cela l'empêchait parfois de voir sa partition, mais il n'en avait cure, trop pris par l'enchantement de sa musique.

Son cœur battait si vite. Il sentait une douce chaleur l'entourer, comme si quelqu'un l'étreignait et l'emplissait de bienveillance et d'amour.
Amour ? Drago ricana, il finissait par devenir niais. Ce mot avait si peu d'importance et de signification pour lui, pour ne pas dire aucune. Le seul véritable amour qu'il n'ait jamais éprouvé était celui du piano. Il lui faisait oublier tout le reste et le comblait d'un bien-être que personne ne lui procurait, pas même ses amis.

Mais cette chaleur le troublait, il ne l'avait encore jamais ressentie. Sa partition finit par se détacher de son pupitre et cela lui fit lever la tête. Mais même sans cela, instinctivement, il l'aurait fait de toute façon. Il vit alors, poursuivant le morceau du papier, un jeune homme de son âge, au visage encore enfantin. Celui-ci rattrapa la partition avec nonchalance et délicatesse. Une aura de calme émanait de lui.

Il avait d'immenses yeux verts indécis, cachés par de petites lunettes rondes, un regard empli de gentillesse, des cheveux noirs comme la nuit, ébouriffés comme si un pétard avait explosé dedans. Drago lui trouva l'air un peu nigaud.

Le nouveau venu offrait un contraste saisissant avec le jeune pianiste, qui avait des cheveux d'un blond à l'image des rayons du Soleil, des yeux d'un gris diamant effilés en amande et un visage long et très fin, au regard froid et à l'expression hautaine.

Immédiatement, sans qu'il sache vraiment pourquoi, Drago se sentit intéressé par ce drôle de personnage. Un peu agacé aussi. Celui-ci le regardait d'une manière étrange, en fait non, tout en lui était étrange…

Il y avait dans ses yeux, un peu trop grands, un mélange d'admiration, de fascination, de respect ... Drago était habitué à ce genre de regard sur lui, mais curieusement, ce regard-ci le mettait mal à l'aise, son cœur se serrait bizarrement.

De plus, il n'avait jamais vu ce jeune homme avant, pourtant il portait l'uniforme de l'école.
Le blond lui fit un regard perçant et scrutateur.

''Qui es-tu ? Et pourquoi m'espionnes-tu ?'' Son ton était sec.

Le brun parut ébranlé.
''Mais… c'est toi qui m'as appelé…''

Voyant l'incompréhension sur le visage du pianiste, il prit un air dubitatif.
Drago réitéra :
''Qui es-tu ?''

Il grimaçait et fronçait ses sourcils. Le visage du mystérieux jeune homme se ferma.
''Je m'appelle…'' Il parut hésiter, comme s'il réfléchissait. ''Je m'appelle Harry, oui, c'est ça, Harry… Harry Potter…''

Il posa ses mains sur ses hanches. Drago, qui était un gentleman, retint ses sarcasmes et le sourire moqueur qui voulait s'étaler sur ses lèvres.
Le dit Harry défit légèrement la cravate rouge sang de son uniforme, puis s'assit sur le sol tout en tendant la partition à Drago, sans se préoccuper si sa présence gênait ou non le blond qui se renfrogna.

''Recommence à jouer, s'il te plaît.''

Drago lui arracha la feuille.
''Non, pas tant que tu seras là, je veux que tu partes.''

Il lui tourna le dos.

''Moi, je veux que tu joues.''

Le musicien serra les dents. Il se pencha tout en passant une main dans ses cheveux. Puis il ressembla ses partitions et referma son synthétiseur. Une fois toutes ses affaires récupérées, il lança à l'intrus un regard froid et indifférent.

''Je n'aime pas les inconvenants.''

Harry l'observa partir, une ombre de tristesse traversant ses yeux. Il se leva à son tour et s'approcha du Tamaris, puis posa sa main dessus. Une légère lueur dorée l'entoura et le vent à l'odeur fruitée souffla de nouveau, faisant virevolter les mèches rebelles du brun. Ainsi donc l'avait-on invoqué et on le rejetait ? Ça n'allait pas être facile… Et tant que ce Malefoy ne l'aurait pas accepté, n'aurait pas compris, Harry ne pourrait pas retourner à son état originel.

xxxxxx

Drago retourna à son dortoir, énervé. Qui était donc cet imbécile pour l'enquiquiner de la sorte ? Il déposa ses affaires sans douceur sur son lit et se dirigea d'un pas lourd vers la douche.

Qui était donc cet Harry qui disait des choses aussi étranges que stupides ? ''C'est toi qui m'a appelé''. Drago ne se souvenait pas d'avoir appelé quiconque, et encore moins un inconnu.
Et puis cette hésitation qu'il avait eu à dire son prénom et son nom, comme s'il les inventait, à l'instant même…

Le jet d'eau tiède frappa violemment le corps du pianiste. Il entendit la porte du couloir claquer et Blaise grommeler. Il ne semblait pas être le seul à être contrarié. Après avoir fini sa toilette, il sortit rapidement de la salle de bain, seulement habillé d'un peignoir lâche et partit dans le dortoir rejoindre son ami qu'il trouva assis sur son lit, la tête dans les mains.

Drago s'assit à côté de lui.
''Ça n'a pas l'air d'aller très fort.''

Le brun se tourna vers lui, ses yeux brillaient.
''Mon père fait pression sur moi.''

Le visage du pianiste se rembrunît.
''Le mien est intervenu également, n'est-ce pas ?''

Zabini acquiesça.
''Ils n'approuvent pas qu'on se soit dirigés vers la musique, ils auraient préféré qu'on reste dans notre rôle d'héritiers de leurs domaines économiques, surtout ton père. Il est terriblement intransigeant et t'en veut à mort. A la moindre erreur, si nous ne sommes pas les meilleurs, nous aurons du souci à nous faire… Ils veulent nous faire payer notre affront. Toi, tu n'as aucun problème, tu seras premier, si ce n'est LE lauréat. Mais moi… J'ai le niveau, mais je ne suis pas le meilleur.''

Drago ne trouva rien à dire. Il passa sa main sur l'épaule de son colocataire et ami. Ils restèrent ainsi en silence, discrètement observés par un brun au regard trop vert et à l'origine inconnue. Il tendit sa main vers eux et souffla dedans, une poudre rosée s'envola vers les deux musiciens et les fit frissonner inconsciemment. L'odeur qui flottait dans l'allée des Tamaris les envahit, tendis qu'un léger vent entrait dans la pièce. Ils se sentirent apaisés, sans comprendre pourquoi.

Le soir arriva et ils partirent tous deux vers la salle à manger où tous les pensionnaires étaient rassemblés autour de grandes tables en bois. Une agitation fébrile régnait. Le Directeur était debout, avec à ses côtés un jeune homme d'apparence frêle, au visage doux.

Drago grogna en reconnaissant le fameux Harry.

''Je vous prie de vous assoir et de faire le silence s'il vous plait !''
Le Directeur, le regard bienveillant, venait de parler, élevant légèrement la voix.

C'était un homme un peu excentrique, avec une barbe et de longs cheveux blancs. Ses yeux, bleus comme le ciel rayonnaient toujours et réchauffaient les cœurs. Il s'appelait Albus Dumbledore et avait été un très célèbre musicien, sachant jouer de beaucoup d'instruments avec brio, plus particulièrement du violoncelle. Drago se demandait toujours comment cet homme-là avait bien pu faire pour jouer sans s'emmêler les doigts dans sa barbe et ses cheveux. Ce qui avait donné lieu à des images mentales cocasses et plutôt irrespectueuses…

L'âge de la retraite de l'homme avait sonné et il avait racheté une immense abbaye en ruines, l'avait restaurée et avait créé une école de musique de grande renommée pour partager son savoir. Drago pensait que l'avoir pour Directeur n'était pas forcément quelque chose de rassurant, mais ce n'était que son avis…

Tous ceux qui faisaient partie de l'équipe enseignante étaient des musiciens qui avaient joué avec le vieil homme. C'étaient aussi ses amis.

Le blond soupira et s'assit à côté de Blaise.

''Je vous présente un nouvel élève, Harry Potter, qui va rester ici pour une durée indéterminée, le temps de… hum… finir ce pour quoi il est venu …''

Son regard se fit complice avec le jeune brun qui se sentait néanmoins assez mal à l'aise.

Drago trouvait la phrase du Directeur un peu étrange, mais il ne releva pas. Il connaissait l'homme et l'avait toujours trouvé un peu fou… Malgré cela, les propres mots de Harry lui revenaient en tête et il sentait que quelque chose de louche se tramait. Sûrement encore un plan foireux de son père. Qu'avait-il donc en tête ? Les examens arrivaient dans très peu de temps, un mois tout au plus...

C'était également un moment assez inapproprié pour faire son entrée dans une nouvelle école, avec les programmes et tout le reste. Ce Potter était-il donc suicidaire ? Peut être était-il simplement léger concernant ses études, ce devait être un bien piètre musicien. Drago trouva immédiatement que cet importun manquait de finesse et de subtilité, il le prit en grippe dès cet instant.

''Il a l'air d'une vraie godiche.'' Déclara t-il à Blaise.
Celui-ci rit. ''Tu ne crois pas le juger un peu rapidement ?''

Drago haussa les épaules, un regard méprisant dirigé vers le jeune homme à lunettes. Il prit du pain et le mangea en attendant que le repas commence.

''… Je vous demande donc de vous montrer aimables, serviables et agréables envers notre nouvel élève.'' Drago émit un grognement étouffé et ricana. ''Sur ce, je vous souhaite un très bon appétit.''

Dumbledore avait continué à parler, le blond n'y avait pas prêté attention. Blaise lui donna un coup de coude.

''Le Directeur lui a dit de venir près de toi…'' Il riait.

Son ami leva les yeux au ciel en soupirant de dépit.
''Quelle plaie.''

Harry s'assit en face de lui, tout sourire. Plusieurs personnes lui firent un salut amical et lui posèrent des questions auxquelles il répondît assez évasivement. Son attention était tout entière dirigée vers Drago qui l'ignorait royalement.

''Alors comme ça, tu es le meilleur ici ?'' Lui demanda t-il avec un sourire chaleureux.

Le blond, au contraire, lui répondit abruptement et froidement.
''Peut-être.''
''Hum… Tu n'es pas très souriant.''
''Je n'aime pas sourire. Surtout pas à des enquiquineurs comme toi.''

Et il l'ignora de nouveau. Harry parut un peu surpris et dirigea son regard vers Blaise qui lui fit un sourire compatissant.

''Rassure toi, il est toujours comme ça : froid et hautain, mais en fait, c'est une vraie crème.''

Drago se tourna brusquement vers son 'ami' et le fusilla du regard.
''J'ose espérer pour toi que tu ne parles pas de moi.''

Blaise sourît de nouveau.
''Il se pourrait bien que si.''

Le regard du blond se fît encore plus menaçant puis il se dirigea vers Harry qui ne comprenait pas vraiment tout.

''Écoute-moi bien, le nouveau. Je ne t'aime pas, point barre. Si tu veux rester entier, lâche-moi la grappe.''

Le brun lui fit un sourire pincé.
''Heu…''

Le musicien haussa un sourcil et son regard devînt encore plus mauvais.
''Bien que ta stupidité ait l'air très présente, je te conseille d'avoir bien compris ce que je viens de te dire.''

Il retourna à son pain. Blaise roula ses yeux et parla un peu avec le nouveau qui était devenu pensif. Il l'interrogea sur ses études, ses activités. Harry avait apparemment été élevé uniquement par des tuteurs privés et n'avait aucune activité à part la musique.

Quelques filles avaient déjà jeté leur dévolu sur lui. Il fallait dire qu'avec son petit air chétif et paumé, gentil au point d'en être niais (selon l'avis tout à fait objectif de Drago, et avec cette chaleur qui se dégageait de lui, il était en tout point… ce qu'on pouvait appeler communément craquant'. De plus, il avait des cheveux noirs qui contrastaient avec ses yeux verts très clairs et qui le rendaient mystérieux. Il paraissait assez réservé et plutôt gêné par les regards curieux qui convergeaient vers lui.

Il passa une main nerveuse dans ses cheveux et porta son attention sur les plats qui venaient d'être apportés, finissant par devenir complètement silencieux. Il ne cessait cependant de jeter des coups d'œil furtifs à Drago, qui était plutôt renfrogné.

A la fin du dîner, il fut conduit dans son dortoir, qui se trouvait justement être celui de Drago et de Blaise. Ce dernier lui parlait toujours gentiment, mais le blond était devenu encore plus irrité quand il avait su que le brun serait également avec lui dans sa chambre.

Les autres garçons du dortoir, - ils étaient six en tout - lui expliquèrent en gros les règles de l'école : le couvre feu était à 22h00, leur salle de bain était au même étage, l'uniforme devait toujours être impeccable et les devoirs faits pendant l'étude qui était de 15h00 à 16h00. On lui indiqua son placard et ce fut là qu'une autre chose étrange apparue : Harry n'avait pas de bagages.

On lui posa de nouveau des questions. Le jeune homme se dandinait, cherchant visiblement une explication. Il bredouilla que ses affaires avaient dû être perdues durant le voyage.

Tous se proposèrent pour lui prêter quelques affaires, mais, comme par hasard, il se révéla que Drago était le seul à avoir à peu près sa taille. La plupart des autres garçons étaient beaucoup plus massifs et plus grands qu'eux et deux étaient plus petits, trop petits.

Le blond, qui jusque là avait suivi la scène des yeux, allongé sur son lit, un air dédaigneux sur le visage, s'était brusquement relevé.
''Vous me prenez pour qui ? Je ne suis pas l'Armée du Salut moi. Que ce débile se débrouille…''

Voyant les airs conspirateurs de ses camarades de chambrée, il ferma brutalement les rideaux de son lit à baldaquin et s'isola.

Harry s'assit sur son propre lit et leur fit un sourire crispé. Il passa une main nerveuse derrière sa tête.
''Ne vous compliquez donc pas pour moi, je retrouverai bien mes affaires…''

Blaise et les autres hochèrent négativement la tête.
''Nous avons pour habitude de ne jamais céder à l'autre grincheux.''

Un ''je t'emmerde Blaise'' étouffé sortit des tentures fermées de Drago. Les garçons du dortoir rirent, mais Harry était toujours mal à l'aise. Il ne voulait pas déranger le musicien blond, surtout si celui-ci paraissait déjà ne pas l'aimer. Sa mission paraissait compliquée, ce n'était pas la peine d'en rajouter une couche.

''Vraiment, ne l'embêtez pas pour ça, il me déteste déjà bien assez.''

Blaise haussa les épaules. Il se dirigea vers les rideaux, les tira violemment et trouva Drago allongé sur le dos, une main surélevant sa tête, l'autre tenant un livre qu'il faisait semblant de lire avec la plus grande attention.

''Drago !''

Le jeune homme fit un rictus et daigna lever les yeux vers son ami, un air polaire sur le visage.

''Putain Drago, tu fais chier. Tu exagères quand même ! Tu as tellement de fringues que pour certaines, tu as oublié jusqu'à leur existence, ce n'est quand même la mort d'en passer deux ou trois au nouveau !''

Le 'nouveau' grimaça en entendant parler Blaise.
Drago fronça ses sourcils et se leva brusquement, mais souplement, de son lit. Il se dirigea vers une autre armoire et l'ouvrit, révélant un attirail de vêtements impressionnant. Tout le placard était rempli, rien qu'avec ses affaires à lui.

Harry écarquilla les yeux, un peu étonné. Un des garçons le vit et rit de nouveau.
''Tu n'as encore rien vu, il a plus du double chez lui.''
''Finnigan, la ferme ou je t'étouffe avec la micro portion qui fait de toi un homme.''

Drago fouillait dans son armoire et grommelait en même temps. Il en ressortit, légèrement décoiffé et lança un jean noir, une chemise gris perle et un pyjama sombre à Harry qui rattrapa les habits maladroitement. Il lui fit un dernier regard noir et haineux et retourna vers son lit.

''Maintenant, vous me laissez tous tranquille. Je ne veux plus entendre parler de lui.''

Harry murmura un timide merci tout en serrant les vêtements contre lui.
Blaise se gratta le haut du crâne et soupira.

''Tu sais, Drago est un passionné, ses réactions sont souvent un peu… disproportionnées. Il s'attache rarement et déteste facilement. Ne lui en tiens pas rigueur.''

Le dénommé Finnigan lui lança une serviette et du savon, un grand sourire aux lèvres, ce qui contrastait totalement avec Drago.

''Je parie que tu n'as pas encore pris de douche, profites-en, la salle de bain doit être déserte à cette heure-ci, mais fais gaffe au couvre-feu, il y a Rogue et Rusard qui traînent dans les couloirs pour nous surveiller.''

Harry parut ne pas comprendre et un autre garçon prit la parole.
''Rusard est le concierge et un surveillant. Rogue est le professeur de sciences, chimie et biologie confondues, mais il est aussi le surveillant général.''

Le nouvel élève était de plus en plus étonné.
''Ce n'est pas une école de musique ici ?''

Son interlocuteur parut surpris.
''Si, mais nous avons les cours normaux aussi. Allez, dépêche-toi de te décrasser.''

Harry acquiesça et obéit. Il trouva la salle de bain sans trop de mal. Il déposa ses affaires et se coula dans la douche. Quand l'eau tomba sur ses épaules, il sursauta, il avait encore un peu de mal avec la vie d'humain. C'était une des rares fois où il empruntait cette apparence, c'était déjà si fastidieux, il fallait vraiment contrôler beaucoup de choses. Les humains étaient des gens compliqués, trop compliqués. En plus, l'objet de sa mission, son invocateur, le rejetait en bloc. C'était du jamais vu.

Tout à ses pensées, il finit par réussir à régler l'eau et à être complètement mouillé. Il regarda le savon dans sa main, un autre problème en perspective : comment se servait-on de ça ?...
Il soupira, sa nouvelle apparence n'avait pas fini de lui poser des problèmes.
Il se lava comme il put, assez maladroitement, mais il était propre, c'était l'essentiel.

Il commença à s'habiller, avec beaucoup de mal également. Mais finit par y arriver. Les affaires de ce Drago étaient douces et chaudes, elles avaient son odeur. Harry les huma avec plaisir. Soudain, il entendit une voix résonner dans le couloir et grimaça.

''Couvre-feu dans dix minutes, veuillez tous regagner vos chambres…''

Il ne serait jamais à l'heure au dortoir. Il sortit en trombe de la salle de bain et se mit à courir dans le couloir. Mais il s'arrêta brusquement, des pas venaient vers lui en sens contraire, il était bloqué. Il observa rapidement les lieux, à la recherche d'un endroit où se cacher et trouva avec soulagement un pot avec une énorme plante verte. Il sourit et courut vers elle. Un petit vent frais à l'odeur fleurie se fit sentir. Harry fonça dans la plante. Il ne se cogna pas, disparaissant dans le feuillage comme si celui-ci était une simple porte.

Il réapparut un peu plus loin dans le couloir de son dortoir grâce à une autre plante verte. Il soupira. Tout cela commençait un peu mal, mais ce n'était que le début, il espérait que ça s'arrangerait. Il prit une grande inspiration et se dirigea vers sa chambre. Il fallait qu'il s'occupe aussi de cette histoire de bagages.

Il se gratta la tête. Pourquoi fallait-il que les humains soient si compliqués ?...

Quand il entra dans le dortoir, il vit des papiers sur son lit. Les autres garçons discutaient entre eux et se tournèrent immédiatement vers lui quand il arriva.

''Tu en as mis du temps pour prendre une douche !''

Ils le taquinaient. Il leur fit un petit sourire.

''Je me suis perdu…'' Il dirigea son regard vers les papiers. ''Qu'est-ce que c'est ?''

Blaise les prit et les lut.
''Une convocation chez la Directrice adjointe pour mettre au point tes cours d'option musicale et ton emploi du temps… Oh, c'est cool, on est dans la même classe. C'est Drago qui va être content…'' Il rit. ''Tu vas faire quoi comme instrument ?''

Harry réfléchit.
''Je ne sais pas trop, je sais faire plusieurs choses, je verrai bien selon la disponibilité.''

Il plia ses affaires proprement et se coucha. Le reste du dortoir l'imita et il s'endormit, avec une certaine difficulté. Décidément, non seulement les humains étaient compliqués, mais ils n'avaient en plus aucun sens du confort. Il soupira une énième fois.

Le lendemain arriva vite. Il avait l'impression de ne pas avoir assez dormi. Il était le dernier levé et presque tous les garçons de sa chambrée étaient habillés ou même partis.

''Tu devrais te dépêcher, le petit déjeuner sera bientôt terminé.'' Lui dit Seamus, celui qui lui avait prêté de quoi se laver la veille. Il lui fit un grande sourire, prit son sac et sortit rapidement de la pièce.

xxxxxx

Drago marchait dans le couloir d'un pas pressé. Il était en retard à son cours de piano, son professeur allait le tuer. Il soupira. Tout ça à cause de Blaise qui avait pris en pitié le nouveau et qui s'était inquiété de ne pas le voir descendre au petit déjeuner, le forçant à l'attendre avec lui. Potter était arrivé échevelé, un peu débraillé et essoufflé. Il avait fait un grand sourire à tout le monde et s'était assis en face de lui, encore.

Malefoy ne comprenait même pas pourquoi ce crétin s'obstinait à le coller, il pensait pourtant avoir été assez clair et cassant. D'habitude, ceux à qui il faisait ça partaient en pleurant. Enfin bref, il avait d'autres problèmes pour l'instant. Pourquoi avait-il fallu qu'aujourd'hui, alors qu'il était déjà en retard, il ait perdu ses partitions ? Le mauvais sort s'acharnait sur lui…

Il soupira de nouveau. Soudain, alors qu'il arrivait à l'intersection de deux couloirs, il entendit une voix magnifique, cristalline, androgyne. Il se dirigea vers la source du son et se sentit entouré du même vent chaud et fruité qui l'avait envahi quand il avait joué son morceau sous les Tamaris. Il ferma les yeux.

Impossible de déterminer si la voix appartenait à une fille ou un garçon. Elle était sublime, c'était tout. Les notes étaient claires, hautes mais allaient parfois dans le grave, faisant vibrer les murs. Drago frissonna, il adorait cette voix. Il aurait beaucoup aimé rester là encore un petit moment à l'écouter, même pouvoir entrer dans la salle de classe pour l'entendre mieux et connaitre sa ou son propriétaire, mais il était en retard

Ce mot résonnait un peu trop fréquemment dans sa tête, il finirait par ressembler au petit lapin blanc d'Alice au pays des Merveilles. Il y avait plus seyant et sexy quand même.
Il ricana, il avait vraiment une imagination débordante ... penser à ce conte ... maintenant…

Il se détacha à regret de l'écoute de la voix et regarda sa montre, un peu horrifié. Il aurait dû être en cours depuis quinze minutes. S'il survivait, il torturerait Blaise, par tous les moyens possibles et imaginables. Pour ça aussi, il avait beaucoup d'imagination…

Il se mit à courir en grommelant et finit par arriver devant sa salle de cours. Là, il eut la surprise de constater que la porte était fermée. Il entendit un halètement, se retourna et vit son professeur qui courait vers lui. Il avait une chance de cocu, finalement.

''Excusez-moi d'être en retard, Monsieur Malefoy, ne vous inquiétez pas, nous rattraperons ces vingt minutes perdues, il serait dommage de vous handicaper pour votre prochain examen.'' L'homme, âgé d'une trentaine d'années, lui fit un sourire chaleureux et replaça une de ses longues mèches brunes derrière son oreille.

Drago s'empêcha de soupirer et rendit son sourire à son enseignant.
''Mais bien sûr, Professeur Black.''

Il était tellement soulagé de voir qu'il était arrivé malgré tout avant l'autre homme, que jouer l'hypocrite quelques minutes ne le dérangeait vraiment pas.
Il fallait aussi dire que, aussi gentil soit cet homme, quand quelque chose n'allait pas, il savait trouver une punition qui valait au moins les meilleures fessées du monde.
Rogue et lui avait dû faire un stage ensemble à l'école des sanctions. Enfin, Black avait l'avantage d'être nettement plus chaleureux, moins partial et moins sadique que l'enseignant de sciences.

Malefoy entra dans la classe, suivi de son professeur, et le cours commença.
Néanmoins, le blond avait vraiment du mal à enlever de sa tête le son enchanteur de la mystérieuse voix qu'il avait entendu quelques minutes plus tôt.

Les heures passèrent et Drago garda un air absent toute la journée, obnubilé par cette voix qui avait, semblait-il, un bien étrange charme. Le soir, il eut l'immense plaisir de voir Harry s'assoir à côté de lui, un sourire si radieux (vraiment très niais et bête, selon l'avis du musicien) que son visage allait sans nul doute se bloquer sur cette expression.
Pourquoi fallait-il donc qu'il soit si près ?

Blaise, en face de lui pour une fois, se mit à rire. Drago le fusilla du regard et marmonna des insultes, ce qui fit rire encore plus son ami.

''Tu verrais ta tête ! On croirait que tu vas à l'abattoir.''
''Si seulement c'était l'autre gourde qui pouvait y aller, ce serait génial.''

Blaise roula des yeux.
''Tss, tss. Tu es un imbécile, Drago.''
''Il faut croire que tu as fini par déteindre sur moi.''

Le brun rit encore et le blond renifla, décidant de l'ignorer et de se servit dans les plats qui venaient d'être posés devant eux. Harry l'imita, faignant d'ignorer les sarcasmes du musicien.
Blaise revint à la charge, au grand dam des deux jeunes hommes côte à côte.

''Tu sais, tu es vraiment excessif, c'en est ridicule.''
''Change de fréquentation si cela ne te convient pas.''

Drago n'avait pas levé la tête de son assiette. Blaise leva les yeux au ciel.

''Arrête un peu…'' Il se servit à son tour et fit une petite pause. ''Tu sais, il paraît que c'est un bon musicien. J'ai entendu Black en parler, et tu connais ton prof, il n'est pas vraiment du genre à passer de la pommade.''
''J'emmerde Black et je t'emmerde toi aussi. Laisse-moi manger.''
''Tss, tss… quelle vulgarité…'' Drago sursauta et se redressa d'un coup. ''Ce n'est pas très gentil de parler comme ça d'un de vos enseignants.'' Il blêmit et se retourna pour voir Black, debout derrière lui, un grand sourire narquois sur les lèvres.
''Pro…professeur ?'' Bredouilla t-il, raide et coincé.

Il entendit Blaise ricaner. Il le maudit mentalement. Black sourit encore plus et son visage devint blagueur.

''Ce n'est pas grave, vous êtes un de mes élèves préférés, je vous passe cela. Je venais vous prévenir que nous rattraperons vos vingt minutes la semaine prochaine, pendant notre temps libre commun, mettez-y du cœur, pour que ce ne soit pas du temps perdu.''

Drago fit un rictus, il avait tenté de sourire, mais il était vraiment trop crispé pour y arriver. L'homme s'éloigna un peu de lui puis se retourna une dernière fois.
''Et Potter est vraiment un bon musicien, vous feriez un très bon duo…''

Il lui fit un clin d'œil. Drago déglutit. L'enseignant savait vraiment bien trouver des punitions.
Il se retourna vers son assiette et put voir que Blaise riait presque aux éclats.

''Ton expression est vraiment impayable Drago, tu as de la chance que je n'aie pas mon appareil photo.'' Oui, vraiment de la chance. Malefoy secoua la tête d'un air exaspéré.

Blaise, ou le chieur aux photos absolument horribles. Drago ne savait toujours pas comment faisait son ami pour prendre des clichés tous plus ridicules, gênants - et drôles il fallait bien l'avouer - les uns que les autres. Le repas se termina donc dans une humeur plutôt agréable, bien que le blond restât boudeur.

De plus, il avait du mal à croire que Potter soit un bon musicien. Son manque de subtilité, de finesse et d'habileté était tellement voyant, palpable même, que l'imaginer jouer d'un instrument correctement était presque impensable. Peut-être avec vraiment beaucoup d'entraînement ... Drago était de ceux qui pensaient qu'on arrivait à tout avec du travail, n'en déplaise à Blaise qui croyait que le talent faisait tout et que c'était imparable.

Mais enfin, dans le cas de Potter, il lui faudrait vraiment beaucoup, beaucoup de travail pour arriver à quoi que ce soit.

Il regarda l'heure : 20h40, il avait encore un peu de temps avant le couvre-feu et l'air était agréable, il pourrait profiter d'un petit entraînement sous les Tamaris. Il sourit intérieurement à cette pensée et se dépêcha de sortir de table sans attendre Blaise, qui était de toute façon trop plongé dans une discussion avec Potter pour se rendre compte de son absence. Il pourrait être enfin tranquille, seul.

Il marcha rapidement vers son dortoir, s'étirant les bras. Il passa par les jardins, c'était plus plaisant et il y avait moins de monde. Il déposa en vitesse ses affaires et prit son synthétiseur et ses partitions, impatient de pouvoir jouer. Il s'assit avec délectation au pied de son Tamaris préféré, un des plus vieux. Mais avant de commencer à jouer, il vérifia qu'aucun enquiquineur en tout genre ne se trouvait dans les parages. Rassuré, il put enfin débuter et se replongea dans la mélodie de son morceau. L'air se réchauffa et il sentit une douce brise à l'odeur fleurie venir lui chatouiller la peau et les narines. Il s'en délecta, cela ne faisait qu'ajouter de la magie au moment.

Ce qu'il ne savait pas, c'est que quelqu'un l'observait.
Harry, allongé sur une branche de l'arbre, écoutait avec un plaisir infini cette musique qu'il avait tant souhaité réentendre. Une aura de douceur émanait de lui, il paraissait heureux.
C'était dans ces instants-là que Drago livrait son vrai visage. Cela rassurait Harry de le voir sous cet aspect-là, il se disait que sa mission n'était peut-être pas impossible après tout, difficile, mais pas infaisable. Il lui faudrait juste s'armer de patience, de beaucoup de patience.

Pourquoi avait-il fallu que ce soit cet humain-là qui l'invoque ?...
Il l'observa un peu plus. Le blond paraissait soucieux, même fatigué. Harry se redressa et s'assit sur sa branche, il croisa ses mains contre son torse, ferma les yeux et murmura quelques paroles, un sourire serein sur la figure. Un halo doré l'entoura et le vent s'intensifia autour de Drago, toujours inconscient de ce qui se passait au-dessus de sa tête.

Le musicien, progressivement, cessa son activité, replia son instrument et se cala contre le tronc épais et noueux de son arbre protecteur. Ses paupières se baissèrent et il s'endormit.
La lueur autour d'Harry s'effaça et le jeune homme descendit de sa branche pour atterrir sur le sol avec souplesse et silence, presque en flottant. Il se pencha, sa main caressa l'herbe aux pieds de Drago, puis les jambes du blond, son torse et pour finir, son cou.
Une chaude et douce couverture le couvrait à présent.

Harry se redressa et observa son œuvre, satisfait. Il se dirigea ensuite vers l'école, ce serait bientôt le couvre-feu.

Drago se réveilla en sursaut et regarda autour de lui. Le ciel rougissait déjà et le Soleil se couchait. Il avait chaud et se sentait bien. Il découvrit sur lui une couverture à la texture pelucheuse. A ses pieds, sur un caillou plat, une tasse de chocolat était posée. Le jeune homme, bien que très surpris, la prit dans ses mains et put constater avec encore plus de stupéfaction que le chocolat était chaud. Il le but, sans trop se poser de questions, il ne devait pas être empoisonné. Après tout il avait cette couverture sur lui. La personne qui lui avait préparé tout cela avait donc des intentions positives, sinon elle ne serait pas préoccupée du froid qu'amenait le début de la nuit.

Le musicien ne regretta pas son geste, le chocolat était délicieux. Il n'en avait jamais bu de pareil. Il ressemblait aux boissons cacaotées françaises que Blaise lui avait décrites après son voyage à Paris. Il y avait de la crème, du lait et le chocolat était à la fois sucré et intense.
Drago se sentit agréablement repu après cette simple collation. Cependant, il se demandait qui avait fait ça, et pourquoi. Enfin, c'était sympa en tout cas.

Il se leva et constata avec effarement que son synthétiseur et ses partitions avaient disparues.
Ah, le gredin ! Finalement, ce n'était pas du tout sympa. Celui qui lui avait volé ses affaires avait intérêt à avoir des gardes du corps, Drago se mettait dans une fureur noire lorsqu'on touchait à son instrument ou à ses partitions. C'était à ses yeux ce qu'il avait de plus précieux. Il mit en boule la couverture et la serra violemment. Il regarda sa montre et pesta encore plus, il était 22h30. Le couvre feu était largement dépassé. Une chance que son dortoir soit tout près et au premier étage, il pourrait y accéder par le parc.

Il marcha sous le porche de l'école et entra dans le couloir qui menait à sa chambre. Il n'y avait personne, pas de bruit de pas, rien. Il avait de la 'chance'. Il aurait préféré un autre terme, vu les circonstances. Sa gorge se serra à la pensée de son instrument volé. C'était vraiment stupide de faire ça, c'était une école de musique ici, tout le monde devait normalement être sur la même longueur d'onde de ce côté-là…

Drago, bien que rageur, se dirigea vers son lit, en prenant garde de faire le moindre bruit possible. Il alluma sa veilleuse et se figea. Ses affaires étaient là, soigneusement posées sur son lit. Le jeune homme crut que ses genoux allaient le lâcher. Il avait vraiment eu peur. Et puis… il était assez touché par les petites attentions de l'inconnu qui avait pris soin de lui.

Sa main relâcha un peu la couverture qu'il avait gardée sans vraiment s'en apercevoir. Il la porta à la hauteur de sa bouche et de son nez. Elle avait la même odeur que les Tamaris. Il s'assit doucement sur son lit, rangea son instrument et après s'être mis en tenue, il se coucha, tout en repensant à sa journée assez mouvementée.

Il avait eu beaucoup de chance, il avait entendu une voix sublime et il y avait eu les petites choses du soir. Cela lui faisait vraiment plaisir que quelqu'un se soit occupé de lui, allant jusqu'à penser à son instrument. Peut-être était-ce quelqu'un qui cherchait à le séduire ? Ou un admirateur, un ami ?... Curieusement, il sentait qu'aucune de ces suppositions ne correspondait à la personne qui l'avait aidé.

Il s'endormit sur ces agréables pensées.
Au même instant, Harry souriait, très content de lui.

Dans les jours et les semaines qui suivirent, hormis l'horripilante et collante présence de Potter, le quotidien de Drago s'était vraiment amélioré sans qu'il ne sache comment. Mais il évitait de se poser des questions et préférait en profiter. Il ne savait pas combien de temps cela durerait, pas la peine d'en perdre en de vaines interrogations.

Il récupérait notamment toutes sortes d'objets qu'il avait égarés au cours de l'année. Il eut même la surprise de retrouver des objets qu'il avait perdus bien longtemps auparavant. Il réussissait toujours à avoir la dernière part de son plat préféré pendant les repas et quand il se sentait mal, cela durait rarement plus de quelques minutes car il s'apaisait très rapidement. Il y avait aussi d'autres petites choses, des petits bonheurs anodins qui étaient pourtant bien agréables.

En fait, pour résumer, il n'avait pratiquement aucun problème. Il préférait garder le 'pratiquement', parce qu'il se doutait que ce scénario idyllique qui réglait sa vie depuis bientôt trois semaines, ne durerait pas éternellement. Après tout, avoir des ennuis était le propre d'une vie humaine. Mais il évitait d'y penser et profitait. 'Carpe Diem' se répétait-il souvent…

Harry le suivait comme son ombre, et cela, il ne savait pas pourquoi non plus. C'était bien évidemment mieux ainsi. Mais Blaise, lui, observait et comprenait… un peu, un tout petit peu. Mais cela était suffisant et il tentait d'aider le brun comme il pouvait. En effet, Drago ne tarissait pas d'insultes à l'égard du nouveau et cela semblait assez affecter Harry, même s'il évitait de le montrer. Le jeune homme était discret, très intelligent et gentil, peut-être même un peu trop. Mais si beaucoup des gens de leur classe et tout le dortoir l'appréciaient vraiment, cela ne faisait qu'empirer du côté Malefoy.

Pourtant, Harry était pugnace et continuait encore et toujours à se montrer aimable, de bonne volonté et patient envers Drago qui était tout bonnement imbuvable avec lui.
Enfin, Drago était Drago. Cette situation avait fini par être banalisée. Le blond était connu pour son sale caractère et Harry… pour son bon caractère (et son obstination). Personne ne se posait plus trop de questions. A vrai dire, l'année scolaire allait bientôt se terminer, Juin débutait et la perspective des vacances d'été égarait vraiment les esprits.

Blaise, donc, faisait son possible pour aider le jeune Potter, lui trouvant toujours des excuses pour qu'il soit avec lui, et donc avec Drago, dont l'humeur ne cessait de baisser au contact forcé du brun.

Un jour, Harry aida une énième fois Drago qui s'énerva franchement contre lui. Il avait fait tomber un objet et 'l'autre gourde' (comme il se plaisait à l'appeler fréquemment), l'avait rattrapé, faisait preuve de réflexes étonnants.

''Mais bon sang, qu'est-ce que tu me veux ? Lâche-moi à la fin ! Tu ne te rends pas compte que tu me fais prodigieusement chier ?''

Ils étaient dans le dortoir, heureusement presque vide. Seul Blaise était présent. Drago était un peu rouge et avait jeté l'objet que Harry venait d'attraper et qu'il lui avait tendu.

Le jeune homme brun s'était raidi, mal à l'aise devant cet accès soudain de colère. Malefoy avait été méprisant, méchant, mais jamais violent avec lui. Cela le déstabilisait un peu. Néanmoins, il ne baissa pas les yeux et se redressa, la surprise passée.

Blaise tentait de calmer son ami dont le regard lançait des éclairs.

''Drago, allez… ce n'est rien, il t'a juste aidé…''
''Non ! Et lâche-moi ! Pourquoi est-ce qu'il me colle ? Il sait pourtant qu'il m'agace et que je ne l'aime pas, j'ai été assez clair. C'est quoi cet entêtement à vouloir rester avec moi ? Mais qu'il dégage à la fin !...''

Blaise jeta un coup d'œil inquiet vers Harry, mais celui-ci était resté impassible. Et c'est avec un calme perturbant qu'il répondit au blond enragé :
''Je suis là pour ton bonheur. Je suis un esprit de la Nature. Tu m'as appelé et je dois t'aider.''

Cela eut le mérite de calmer Drago qui s'assit lourdement sur son lit. Il se mit à rire, mais c'était un rire moqueur et dédaigneux, un ricanement qui en aurait déstabilisé plus d'un. Mais Harry n'était pas n'importe qui et il avait une mission à remplir. Il fixa le musicien stoïquement, semblant peu affecté par cette démonstration claire du déni assez fort de l'autre jeune homme.

Blaise était assez admiratif.

Harry avait déjà titillé sa curiosité. Lui aussi s'était posé cette question : pourquoi tant d'opiniâtreté, de persévérance ? Surtout connaissant Drago…
Mais avec cette histoire d'esprit, Blaise voyait sa curiosité complètement émoustillée.

''Je n'ai jamais entendu une excuse aussi stupide, aussi minable et aussi… aussi…'' Drago se remit à ricaner, pas du tout satisfait par la réponse de Potter.

Blaise haussa un sourcil, un peu irrité par le comportement du blond.
''Tu pourrais arrêter maintenant, pour que Harry nous explique mieux cette histoire.''

Il jeta un regard désolé au jeune homme brun qui s'était assis sur le lit jouxtant celui de Malefoy. Blaise non plus ne croyait pas à cette excuse, mais il pensait que Drago en faisait vraiment trop.

''Alors, c'est quoi ce truc d'esprit ?'' Demanda t-il d'une voix douce pour rassurer Harry qui semblait être assis sur des œufs.

Le jeune homme pinça ses lèvres, fronça ses sourcils, paraissant réfléchir. Il inspira avant de répondre :
''Drago m'a invoqué quand il a joué sa musique. Son cœur m'a appelé et je suis apparu. Je suis là pour arranger ce qui ne va pas pour lui, pour le rendre heureux. Je dois également lui exaucer un vœu, un seul vœu. Je suis un des esprits de la Nature, plus particulièrement l'esprit d'un Tamaris.''

Il était en train de jouer avec ses doigts. Si l'histoire en elle-même n'avait pas été aussi invraisemblable, il aurait été facile de la croire, Harry paraissait vraiment sincère.

Drago se remit à ricaner, Blaise soupira.
''Bon, ce n'est pas grave tu sais, Harry, tu nous diras la vérité quand tu le voudras…''

Harry voyant que ses deux interlocuteurs ne le croyaient vraiment pas du tout, ouvrit la bouche, s'apprêtant à parler. Mais Blaise le coupa :
''Non, vraiment, ne cherche pas à te justifier, ça n'a pas d'importance, sois tranquille.''

Le jeune homme se leva.
''Mais… mais je peux le prouver !...''

Blaise eut un petit rire et lui ébouriffa gentiment les cheveux, comme s'il était un enfant.
''Tu es mignon, vraiment mignon. On doit y aller là, désolé.''

Harry les regarda partir, son visage se ferma, il serra un de ses poings. Alors c'était comme ça ? On reniait sa nature, son existence même ?...
La fenêtre s'ouvrit d'un coup, brutalement, laissant s'engouffrer un vent furieux qui souleva tout dans la chambre.

Le brun leva sa main et fit un petit geste. Tout se calma. Il fit un autre mouvement, et tout se remit en place.

Le temps passa, encore. L'histoire 'd'esprit' ne fut plus abordée. Drago et Blaise firent comme s'ils n'avaient rien entendu, en apparence. Le blond s'en moquait réellement. Maintenant, il ignorait même jusqu'à la présence de Harry qui avait continué à les suivre, à son grand dam. Mais pour Blaise, il en était autrement. Harry avait semé le doute en lui. L'histoire était vraiment abracadabrante, mais pourtant, si on y réfléchissait bien, en assemblant quelques petites choses ici ou là, on pouvait comprendre et y croire.

En effet, tant de mystères et d'évènements inexpliqués entouraient Harry. D'où venait-il ? Que faisait-il avant ? Pourquoi était-il apparu à ce moment là ? Comment ? Pourquoi personne n'avait été prévenu ? Pourquoi même les professeurs ignoraient des choses sur lui ? Pourquoi était-il toujours derrière Drago ? Quelle était cette étrange chaleur, cette aura qui l'entourait ? ... Et tant d'autres interrogations.

Blaise allait enquêter et surveiller Harry, tout en continuant à l'aider. Il ne pressentait rien de mauvais en lui, et son instinct ne l'avait jamais trompé.

Néanmoins, il y avait eu quelques changements. Drago, après être passé par le stade ''j'emmerde et j'ignore tout le monde, en particulier Potter'', était devenu un peu plus sociable. En effet, il parlait un peu avec Harry. C'était vraiment très peu et même s'il ne le reconnaîtrait jamais, Blaise savait que son ami commençait à apprécier l'intelligence et la vivacité du nouveau, ainsi que sa gentillesse. Harry était vraiment agréable, serviable et il ne s'énervait jamais, il écoutait tout, colportait peu. Il était vraiment naïf et souvent maladroit, mais personne n'était parfait.

Les cours laissaient place de plus en plus aux répétitions des examens et des diverses auditions qui avaient lieu en Juin et plus tard, en Février (pour les élèves des dernières années). Drago et Blaise devaient passer un contrôle de routine en fin d'année scolaire pour le passage, mais le vrai examen serait pour cet hiver. C'était pour celui-là que les élèves angoissaient le plus.

En effet, leurs résultats à celui-ci ouvriraient devant eux les chemins de leur avenir. S'ils s'en sortaient, ils auraient peut-être une chance d'être intégrés à de prestigieux orchestres, ou même de débuter une carrière de soliste ou encore d'être acceptés dans des écoles de perfectionnement, de grande renommée elles aussi, et très élitistes. S'ils échouaient, soit ils redoublaient, soit ils continuaient avec des ambitions revues à la baisse, ce qui était vexant. Tout le monde, donc, se donnait à fond pour cet événement, enfin, en théorie tout le monde.

Un jour, lors d'une énième répétition, il y eut soudain un grand ramdam. Beaucoup d'élèves allaient et venaient dans tous les sens, en s'appelant de toutes parts. Blaise, curieux, interrogea l'un d'entre eux sur ce qui causait tout ce raffut.

''C'est Potter, il chante dans le Grand Dôme de l'école. Il répète avec le professeur Black, c'est génial…''

Blaise se tourna vers Drago qui était tranquillement assis en train de réviser et l'empoigna par le bras, sans prendre en compte ses protestations.

''On doit aller voir, Drago !''
''Voir quoi ?...'' Le blond n'avait pas fait attention un seul instant à tout ce qui se passait autour de lui.

Son ami lui sourit.
''Tu verras bien.''

Drago détestait quand il lui disait ça. Il le suivit malgré tout, son bras tiré et malmené.

Quand ils arrivèrent au Grand Dôme, la salle d'apparat et de concert de l'école (elle était la mieux insonorisée et avait la meilleure acoustique), ils virent qu'un grand nombre d'élèves étaient déjà là et murmuraient. Piaillaient aurait été mieux choisi pour décrire ce brouhaha, selon l'avis du blond. Blaise, tirant toujours Drago qui était vraiment à l'ouest, se servit de son imposante carrure et finit par arriver au premier rang, ce qui leur donnait une vue plongeante sur le bas où le professeur Black au piano accompagnait Harry Potter au chant.

Drago reconnut immédiatement la voix, il se redressa et poussa Blaise pour mieux voir. La surprise le figea sur place. Etait-ce vraiment réel ? Etait-ce seulement possible de pouvoir chanter comme ça ?...

Potter avait les yeux fermés. Une expression sereine sur le visage, il paraissait complètement transporté par la musique et semblait dans un autre monde. Sa voix était vraiment magique, elle semblait provenir d'un être irréel, c'était si beau, si indescriptible… Drago, comme hypnotisé, ne pouvait pas le quitter des yeux. Une odeur fruitée envahissait la salle et de nouveau cette mystérieuse chaleur l'habitait. Le morceau commençait à prendre de l'ampleur et la voix de Harry montait. C'était sidérant. Elle semblait vibrer dans tout le Dôme.

Le blond frissonna de nouveau. Il se sentait mal, et bizarrement bien aussi. Cette musique le charmait, mais il y avait quelque chose qui le dérangeait, qui clochait, un espèce de trouble qui naissait en lui et qui le chamboulait. Il s'arracha de sa place et courut dehors, sous le regard éberlué de Blaise qui ne comprenait pas sa réaction.

Il s'enfuit jusqu'aux Tamaris, il n'y avait que là qu'il pouvait se sentir mieux et réfléchir. Mais avait-il envie de penser ? Pas vraiment… la situation lui échappait quelque peu. Malheureusement, c'était quand on fuyait et qu'on refoulait les questions qu'elles venaient le plus vous hanter. Qu'est-ce qui s'était passé ? Pourquoi ? Comment ?...
Et cette voix qui ne quittait plus sa tête, son être tout entier…

Il disparut toute la journée. Blaise et Harry ne le retrouvèrent qu'à table. Il paraissait choqué et restait complètement silencieux. Quelques murmures et regards convergeaient vers eux, la prestation de Harry l'après-midi même avait fait forte impression. Les deux jeunes hommes s'entreregardèrent, cherchant un peu à comprendre.

Blaise avait une vague idée de ce qui se passait mais cela restait à approfondir. Il avait parlé à Harry de la réaction de Drago en l'entendant, le brun avait paru ravi. Sa mission commençait réellement à prendre forme. Cela le rendait heureux.

L'été arriva finalement. Blaise et Drago avaient bien évidemment réussi leurs examens sans grandes difficultés. Il en avait été de même pour Harry, qui avait même eu une mention. Malgré son arrivée tardive à l'école, il avait su s'adapter au programme. Cela avait bien sûr accentué la curiosité de Blaise qui ne cessait plus de se poser des questions au sujet de ce jeune homme étrange.

Pendant les quelques semaines qui avaient passé, Drago avait paru de moins en moins bloqué envers Harry. Ce n'était pas encore la grande amitié, il n'était que cordial avec lui, mais c'était déjà un grand pas. Il lui parlait un peu plus, se moquait moins de lui.
Il tentait aussi d'oublier ce trouble si fort qui l'avait renversé émotionnellement.

Durant les vacances scolaires, même celles d'été, les élèves n'étaient pas obligés de rentrer chez eux. Bien évidemment, vu leurs relations avec leur famille, en particulier avec leur paternel, Drago et Blaise n'étaient pas partis. Il en fut de même pour Harry. Ils n'étaient pas très nombreux à être restés, tout juste une dizaine, en plus de deux professeurs, Rogue et MacGonagall, qui se relayaient avec Black pour avoir un peu de vacances, et Dumbledore qui habitait l'école même.

L'été se passa bien, le trio s'amusa beaucoup. Blaise et Harry allaient régulièrement se baigner dans le lac, Drago, lui, restait toujours sur le bord, mouillant seulement ses pieds. Il ne savait pas nager. En fait, il avait une peur bleue de l'eau, c'est pour cela que, malgré les insistantes propositions de la part de ses deux camarades de lui apprendre à nager, il refusa catégoriquement. Ils se prélassaient beaucoup aussi dans le parc, lisaient, se faisait des farces (ce en quoi Harry semblait exceller, battant même Blaise qui pourtant revendiquait la première place . Drago était bien sûr, une cible de choix. Ils avaient aussi annexé la salle de musique, là où les petits orchestres d'élèves répétaient et où se trouvaient pas mal d'instruments de l'école.

Etrangement, Drago refusa que Harry chante et préféra qu'il joue de son instrument, le piano, en l'occurrence. Il n'était pas aussi bon que le blond, mais comme l'avait dit Black, il se débrouillait plutôt bien. Ils jouèrent tous les deux à quatre mains, accompagnés par Blaise à la contrebasse. Cela faisait un ensemble vraiment bon.

Ce qu'ils préféraient, c'étaient les musiques de film, ainsi que quelques pièces de Brahms. Ils s'en donnaient à cœur joie.
C'étaient ces moments là que Harry préférait. Drago, comme il l'avait déjà vu, s'ouvrait complètement lorsqu'il jouait. En jouant ainsi avec lui, si proche, il avait l'impression d'être en communion avec lui, de le comprendre. Il ressortait de ces séances toujours très ému, mais fort heureusement, Blaise ne s'était rendu compte de rien. C'est qu'il était un sacré fouineur, observateur, plutôt curieux et très vif d'esprit. Harry l'aimait bien lui aussi, il était gentil et cherchait à l'aider, même s'il ne l'avait pas cru l'autre fois, lorsqu'il avait voulu dire la vérité.

La rentrée arriva enfin, le 1er Septembre. Les trois jeunes hommes n'en étaient pas mécontents, après tout, ils adoraient ce qu'ils faisaient en cours, les professeurs étaient vraiment formidables. Les cours recommencèrent, en même temps que la vie foisonnante de l'école.

Un après midi de mi-septembre, alors que le Soleil était encore chaud, Drago, Blaise et Harry s'étaient retrouvés au pied des arbres, dans le verger du domaine. Drago, adossé contre le tronc d'un pommier, avait la tête calée sur ses bras repliés derrière sa nuque. Blaise était allongé et parlait, comme à son habitude, et Harry était assis, observant discrètement Drago qui semblait lorgner quelque chose. Il tendit le cou et put voir une très belle pomme rouge qui paraissait appétissante, mais qui était malheureusement très haut dans l'arbre.

Drago avait fini par fermer les yeux, absolument inconscient de l'attention qu'on lui portait, heureusement pour Harry qui savait que le blond aurait eu vite fait de l'envoyer promener. Ils n'étaient quand même pas amis. Pas encore du moins, mais le brun ne désespérait pas. Il y avait tant de progrès depuis la première fois qu'ils s'étaient vus. Il s'en souvenait encore.

Drago était en train de jouer, même après que Harry ait été invoqué. Il avait pu écouter, pour la première fois dans sa longue vie d'esprit, une musique si belle qu'il savait qu'il ne l'oublierait jamais. Mais Drago avait levé la tête, et quand il s'était aperçu de la présence d'un 'intrus', il était devenu furieux et n'avait plus cessé de le cribler d'insultes et de sarcasmes. Il était vraiment doué pour ça aussi.

Mais maintenant, il le respectait à peu près, ils discutaient même ensemble quelquefois, riaient un peu, mais c'était rare. D'autres fois, les vieilles habitudes revenaient, mais rien de bien méchant. Harry sourit et se leva, sous l'œil intéressé de Blaise qui se redressa à son tour.

''Dis, tu peux me faire la courte échelle ?''

Son ami se leva complètement et lui fit un signe positif de la tête, mais il était visible qu'il voulait savoir pourquoi. Il le porta et eut la surprise de constater que Harry était vraiment très léger. Celui-ci réussit à se hisser lestement jusqu'aux premières branches du grand arbre et commença son ascension. Blaise avait finalement compris. Lui aussi avait un peu observé Drago, et il connaissait bien Harry à présent. Mais il ne dit mot. Il sourit.

Drago rouvrit les yeux, curieux lui aussi. Il se leva à son tour et chercha Potter des yeux, mais celui-ci avait déjà disparu derrière le feuillage ambré du pommier. Il jeta un coup d'œil à Blaise qui haussa simplement les épaules. Les secondes passèrent, Harry ne donnait plus aucun signe de vie.

''Potter, fais gaffe, tu vas tomber avec ta maladresse.'' Railla Drago.

Il entendit du bruit dans les feuilles et soudain, brusquement et lourdement, Harry tomba. Il avait les mains en boule contre lui et ne semblait nullement effrayé par sa chute. Mécaniquement, Drago, qui était juste dessous, tendit ses bras et le réceptionna. Le poids le fit un peu tanguer. Mais comme Blaise avait pu le constater, Harry était léger, le blond retrouva donc vite son équilibre. Potter souriait encore.

''T'es fou ou quoi ? Tu as vu la hauteur de cet arbre ?...'' Drago s'était un peu énervé.

Harry sourit encore plus.
''Je savais que tu me rattraperais.'' Il ouvrit ses mains et dévoila une magnifique et délicieuse pomme rouge. ''Tiens…''

Drago ne cacha pas sa surprise. Il lâcha brusquement le brun, qui tomba sans douceur sur le sol, et s'écarta de lui.

''Tu n'es qu'un abruti, Potter.''

Il s'éloigna encore plus et se dirigea vers son dortoir. Il se sentait de nouveau mal, il avait encore ce trouble inexplicable et incompréhensible.

Harry se redressa, s'épousseta, un voile de tristesse traversant ses yeux. Avait-il mal fait ? Pourquoi le musicien avait-il réagi de la sorte ? Il serra la pomme contre lui.
Blaise, de son côté, souriait, un peu narquoisement même. Ils rentrèrent tous les deux, finissant par prendre un chemin différent. Blaise se dirigea vers un autre groupe de personnes tandis que Harry courait vers le dortoir. Il parvint à y arriver avant Drago. Le blond avait dû faire un détour pour se calmer. Il déposa la pomme sur son lit, puis se cacha.

Drago ne tarda pas à rentrer et il vit avec stupéfaction la pomme sur son lit. Il se mit à sourire légèrement puis se pencha pour prendre le fruit. Il le caressa du bout des doigts, l'entoura d'un mouchoir et le cacha dans son armoire tout en murmurant doucement ''imbécile''…

Harry, de sa cachette, avait tout vu et entendu. Il retint un soupir de soulagement et sourit à son tour, très heureux finalement. Le musicien était quelqu'un de très compliqué, il fallait juste savoir le prendre.

Quand Drago ne comprenait pas, et c'était ce qui se passait avec cette histoire de trouble qui commençait sérieusement à lui casser les pieds, il rejetait. Harry ne fit donc pas exception. Le blond ne lui adressa presque plus la parole, ou seulement parce qu'il n'avait pas le choix. Il l'évitait comme la peste. Néanmoins, Harry continuait toujours à le suivre, plus discrètement que jamais.

Le blond paraissait malade et de plus en plus soucieux, cela inquiétait sérieusement l'esprit qui cherchait désespérément une solution. Mais comme Drago le rejetait et qu'il n'acceptait pas sa vraie nature, il était assez limité dans ses mouvements. Il faisait donc de son mieux. Il l'apaisait avec ses pouvoirs, soulageait la douleur que pouvait causer sa fièvre de plus en plus importante. C'était les seules choses qu'il pouvait faire.

Drago n'allait même pas voir l'infirmière alors qu'il devait avoir une bonne otite, peut être même une surinfection. Harry n'en était pas certain à cent pour cent, mais s'il se fiait aux ondes que dégageait l'organisme du musicien, cela ne pouvait être que ça. De toute façon, il faudrait se contenter de ce diagnostic, jamais Drago ne lui permettrait de faire un examen approfondi…

Un jour, alors qu'il était en cours de mathématiques, (un des cours qu'il détestait le plus), Harry eut un flash de Drago faisant un malaise. Il tombait d'une des berges du lac et plongeait dans l'eau froide, inconscient. Un ''au secours'' frappa son esprit. Il se leva brusquement de sa chaise, sous l'œil étonné du professeur MacGonagall. Il était blême.

''Pro… professeur… Puis-je sortir un moment ?... C'est vraiment urgent…'' Il avait un peu bégayé et il était si blanc que l'enseignante le laissa partir, sous le regard inquiet de Blaise qui se doutait que cela devait avoir un rapport avec Drago.

Harry chercha un pot de fleur et fonça dedans. Il réapparut près du lac grâce à un frêne. Il courut jusqu'à la berge et put voir avec effarement que Drago commençait à couler. Il mit ses mains en prière et ferma les yeux. Le vent violent se leva et l'entoura en un petit tourbillon qui formait autour de lui comme un cocon. Cela soulevait l'herbe à ses pieds et aussi la terre, un petit peu. Une lumière vive se dégagea de lui et il disparut dans une nuée de petites poussières dorées et de pétales de fleur.

Drago, dans l'eau, avait légèrement repris conscience et ouvrait les yeux. Il ouvrit aussi la bouche sur le coup de la surprise et perdit tout son oxygène. Il tenta de se débattre, mais son corps coulait inéluctablement, attiré comme par un aimant par le fond du lac. Il sentit sa gorge se tendre à force de vouloir respirer et de n'avaler que de l'eau. Ses muscles se tétanisèrent et il se mit à supplier n'importe qui ou n'importe quoi de le faire mourir rapidement car se noyer était vraiment douloureux.

Il vit alors l'eau s'éclaircir à cause d'un rond de lumière qui venait d'apparaître. Le halo doré s'intensifia et prit forme humaine. Il reconnut Harry, entouré par un tourbillon de bulles, le regard à la fois déterminé et doux posé sur lui. Drago devait être en train d'halluciner, ce ne pouvait être que ça.

Harry était droit, les bras le long du corps, il semblait léviter dans l'eau. Les poissons et les bulles formaient une auréole autour de lui, comme le font les cristaux dans les anneaux de Saturne. Il se rapprocha. L'eau commença à chauffer légèrement autour de lui, diffusant une tiédeur agréable et reposante. Ses habits voletaient, enfin c'était l'image qu'ils donnaient. Si Drago n'avait pas été dans l'eau, il aurait cru que Potter se trouvait en l'air, dans le ciel et qu'il volait.

Harry tendit ses mains vers lui. Ses cheveux et ses vêtements bougeaient de plus en plus vite et la lumière autour de lui brillait de plus en plus fort. Le blond sentit des bras l'entourer et la douce chaleur d'un corps l'envahir.

Avant de sombrer complètement dans l'inconscience, il eut juste le temps de voir Harry, le serrant fort contre lui, les projeter d'un coup hors de l'eau, comme l'aurait fait un dauphin, éparpillant des milliers de gouttelettes d'eau autour d'eux. Cela ressemblait à de la magie, c'était fascinant. Il jeta un dernier coup d'œil autour de lui et vit qu'ils se trouvaient au-dessus du lac et qu'ils semblaient léviter dans l'air.

Potter avait le regard droit, posé sur l'horizon, le corps raide. Il tourna la tête vers Drago, ses cheveux voletant au rythme d'une douce brise. Il lui sourit et redescendit doucement sur la terre ferme en flottant. Drago s'était évanoui, tandis que son ''sauveur'' le retenait d'une poigne ferme et le portait, entouré par un nouvel halo de lumière et un vent de pétales.

Un signe brillant était apparu sous les pieds de Harry et avait disparu tout aussi vite, soulevant ses vêtement et ses cheveux. Puis tout redevint calme d'un coup et le brun courut avec légèreté et force vers l'infirmerie.

Drago avait entrouvert les yeux et murmuré d'une voix faible:
''Tu es encore venu…''

Harry avait souri, comme à son habitude.

''Et tes lunettes ? Tu ne dois plus rien voir…''

Le brun avait pouffé devant cette constatation plutôt impromptue vu la situation.
''Je vois que tu es vivant, cela me suffit..''

Drago s'était de nouveau évanoui, un très léger sourire sur le visage.
Quand il se réveilla, il était à l'infirmerie, Blaise et Potter à son chevet.
Avait-il rêvé ce qui s'était passé ?

Il papillonna des yeux et grimaça sous l'irritante lumière qui filtrait derrière les rideaux, décidément trop blancs de l'infirmerie.

''Tu es enfin réveillé ! Sacré marmotte va.''
Blaise lui avait donné une tape amicale sur la tête.

Le blond avait encore plus grimacé.
''Aïe, ma tête…''

Il vit avec amusement Potter réprimander Blaise sur son geste.
''Il vient de se noyer, sois plus doux avec lui. Et il a de la fièvre !''

Son ami avait ri en ébouriffant les cheveux du brun qui avait rouspété encore. C'était une saynète amusante et sympathique.

Drago en avait profité pour se redresser. Il dut faire face au regard réprobateur de Potter.
''Tu devrais rester allongé, ton corps est fatigué.''
''Tu n'es pas ma mère, Potter.''

Harry avait soulevé un sourcil et fit un rictus.
''Tss…''
''M. Potter a raison, vous avez eu beaucoup de chance d'en être sorti indemne. Tenez-vous tranquille.''

Aïe… Mme Pomfresh venait d'arriver. Elle fixait Drago d'un air sévère, les poings sur les hanches. Elle s'approcha de lui, posa sa main sur son front et l'ausculta.

''Tout va bien. Vous pouvez remercier Potter, c'est lui qui vous a ramené.''

Drago se figea, hébété, et écarquilla des yeux.
Etait-ce vraiment un rêve ?...
Blaise n'avait pas manqué son trouble et avait fait un coup de coude à Harry qui lui fit une tape sur l'épaule. Ils se firent réprimander par l'infirmière.

''Tenez-vous donc un peu tranquilles…'' Elle soupira et s'adressa à Drago. ''Pas moyen de les faire décoller de votre lit… C'est qu'ils sont fatigants tous les deux, entre l'un qui titille l'autre et l'autre qui parle tout le temps…''

Drago ne put s'empêcher de pouffer de rire. Il imaginait parfaitement Blaise et Potter. Cependant, il était assez touché par cette attention, mais surtout, il était vraiment perturbé par ce qui s'était passé. Pourquoi se sentait-il si… ému ? Il ne trouvait pas vraiment le terme qui convenait pour décrire ce qu'il ressentait. Il n'avait pas l'habitude de ressentir ça. De plus, il n'arrivait pas à démêler le vrai de ses hallucinations dues au manque d'oxygène. Surtout qu'une part de son esprit ne semblait pas vouloir considérer tout ça comme étant une pure invraisemblance.

Pourquoi ?

''Qu'est-ce qui s'est passé ?'' Interrogea t-il, connaissant déjà la réponse.
''A cause de ta fièvre, tu as fait un malaise alors que tu te promenais le long des hautes berges du lac, ton bain dans l'eau froide n'a bien sûr rien arrangé. Tu as une otite surinfectée avec une grippe.'' Lui répondit Potter avec douceur.

Drago frissonna, encore. Il vit l'infirmière se figer pendant son auscultation, puis se tourner vers le brun.

''Comment savez-vous ça ? Je ne vous l'avais pas dit.''

Le blond fronça ses sourcils et vit que Blaise souriait toujours, comme s'il savait déjà quelque chose. Ce qui était probablement le cas, Blaise était une commère, trop curieux pour son propre bien. Harry, en revanche, s'était raidi sur sa chaise et avait balbutié quelques paroles incompréhensibles, visiblement très gêné.

Mme Pomfresh avait fait un sourire en coin.
''Ce n'est pas grave, vous avez probablement dû m'espionner. Vous faites bien la paire avec M. Zabini, tiens…''

Harry soupira de soulagement et répondit :
''Oui… oui, c'est ça !''

Il ressemblait à quelqu'un qui y avait échappé belle.

L'infirmière finit son diagnostic et sortit.
''Reposez-vous bien M. Malefoy, M. Black est vraiment impatient que vous sortiez et j'en ai vraiment assez d'avoir autant de bruit dans mon infirmerie.'' Elle lui sourit et lui fit un geste de la main. Elle se tourna vers Blaise et Harry. ''Quant à vous, tenez-vous correctement et partez le plus vite possible maintenant qu'il s'est réveillé.'' Elle sortit de la pièce, laissant les trois adolescents seuls.

Drago leur fit un mince sourire.
''Vous devriez partir, je suis vraiment fatigué, j'aimerais dormir.''
''Ok, pas de problème. On reviendra. Rétablis-toi bien !''

Ils sortirent et Drago se retrouva seul, de nouveau hanté par ses interrogations. Il finit malgré tout par s'endormir, sa fièvre ayant raison de lui.
Harry était revenu discrètement. Il s'était approché du lit du malade et avait posé sa main fraîche contre son front.

Une agréable odeur de nature traversa la pièce, qui se retrouva complètement fleurie.

La fièvre de Drago baissa rapidement et ses douleurs disparurent progressivement.
Harry ne s'attarda pas et partit pour de bon.

Le sauvetage de Drago avait rapproché un peu plus Harry et le musicien. Celui-ci lui était très reconnaissant, malgré ce trouble qui continuait toujours, de plus en plus même, à l'enquiquiner.

Le pianiste était vraiment plus chaleureux et riait même avec lui. Blaise était ravi de cette avancée et l'encourageait à sa façon. Les cours passèrent donc tranquillement et Drago continuait d'avoir une chance incroyable pour tout.

Mais cette petite vie tranquille ne dura pas très longtemps. En effet, environs quinze jours après sa noyade, Drago eut le 'plaisir' d'avoir des nouvelles de son père après plusieurs mois sans en avoir aucune. Celui-ci lui donnait rendez-vous au point le plus haut de l'école, une falaise à la vue très agréable qui donnait sur le lac en contrebas. C'était un lieu de rendez-vous habituel pour les familles ou même, pour les élèves entre eux. Le blond s'y rendit donc, pas vraiment inquiet, juste ennuyé.

Il n'aimait jamais les visites de son père, leurs relations s'étaient considérablement dégradées depuis qu'il avait choisi la voie de la musique. Néanmoins, Lucius Malefoy avait accepté de payer les études de Drago, cela n'entamait pas vraiment sa fortune et il espérait toujours qu'après, le jeune homme déciderait enfin de prendre sa suite. Peut-être essayait-il de le convaincre en accédant à ce qu'il appelait des 'caprices'.

Seulement pour Lucius, ces caprices trainaient un peu trop en longueur, il revenait donc à la charge chaque année, depuis maintenant deux ans, pour que Drago prenne sa suite. Et le jeune homme ne cessait de refuser, toujours.
Il se doutait que le rendez-vous ne ferait pas exception, Lucius recommencerait à tenter de le persuader d'aller dans son sens. Il s'était sans doute rappelé l'existence de son fils après que le Directeur l'ait informé de son accident dans le lac.

Blaise avait vu Drago partir avec une certaine inquiétude, il pressentait que quelque chose allait mal se passer. Pour ne rien arranger, son ami se remettait seulement de sa grippe. De plus, il connaissait Lucius Malefoy, et sa dernière rencontre avec son propre père qui datait de mai dernier ne le rassurait guère.

Harry, le voyant si pensif, avait lui-même pris un air inquiet.
''Dis, Blaise… Qu'est-ce qui se passe ?''

Le jeune homme secoua la tête.
''J'espère que ça va aller pour Drago, il aura sans doute besoin de toi.''

Il ne savait pas à quel point…

A Suivre…

J'espère que ce début vous a plu.
Dîtes moi ce que vous en pensez !
Bises