Rating: M
Couple: Alice/June
Disclaimers: Alice et June appartiennent à Indochine ainsi que les chansons qui illustrent l'histoire :)
Merci à : Erdelah qui m'a bétalecté et qui m'a aidé à poster un chapitre correct (lol), Rin, Elwyn, Salombo, LulluPotter et Totchou.
Chapitre 2
Y'a un commencement partout.
Alice prit une grande inspiration et commença son récit :
« Je suis née et je vivais à Paris avant de venir ici. Maintenant j'habite pas loin de la plage. En fait, ça va faire une semaine que je suis là, et comme j'ai trop de mal à me repérer, je ne sais toujours pas où j'habite. J'écoute surtout du punk, mais du moment que c'est du rock, je m'en fiche un peu…
Huum… On peut dire que je suis une mauvaise élève. Toutefois, je m'en fous un peu de l'école, j'y vais surtout pour faire plaisir à mes parents.
J'avais un groupe avant, mais vu que je suis partie… Bref, je suis bassiste, et je recherche un chanteur, un guitariste, et un batteur…. Si t'en connais, t'hésites pas hein ? »
Elle continua sans laisser la parole à June.
« Je suis plutôt sociable, mais les gens ont un peu peur de moi. Bon, c'est des cons, on peut pas les changer… Je parle beaucoup. Désolée. Raconte moi un peu ta vie toi, ça me fera taire pendant une minute. »
June la regarda effrayée, puis baissa rapidement la tête.
« Moi, rien de très intéressant. »
Elle se tut un moment, puis lui adressa un grand sourire et la prit par la main et se leva. Elle dit :
« Viens je vais te présenter Nico. Il est batteur, et surtout, il est adorable. »
Alice approuva en rayonnant et June sentit son cœur louper un battement. Elle rougit, se retourna de peur qu'Alice ne la voie. Elle serra un peu plus ses doigts et se mit à pleurer.
« Qu'est ce qui se passe ? » s'étonna Alice, se levant pour lui faire face.
Mais June souriait. Elle murmura : « J'ai une amie… J'ai une amie… »
« Juuune ! » hurla un garçon qui traversait la cour en courant, les bras levés en V.
Il lui sauta dans les bras et ils tombèrent en arrière, complètement aplatis contre le sol. June repoussa l'envahissant garçon et se massa l'arrière de la tête en le traitant de tous les noms.
Alice et le garçon étaient écroulés de rire, s'attirant sur eux des regards incompréhensifs ou amusés.
Le garçon avait les cheveux noirs et les yeux d'un vert profond. Il passa une main dans ses cheveux ébouriffés et il s'agissait apparemment d'un tic.
Il était lui aussi très pâle, à croire qu'il s'agissait d'une mode. Il avait souligné ses yeux émeraudes d'un trait de khôl.
Question vestimentaire, il portait un tee-shirt noir avec écrit « vive le rock » (faible imitation du tee-shirt de Sid Vicious mais qui, toutefois, rendait plutôt bien), un pantalon qui arrivait au dessus des chevilles et déchiré au niveau des genoux, ainsi qu' un perfecto (peut-être le seul vêtement qui n'était pas abîmé). Des converses toutes déchirées couvraient légèrement les pieds du brun.
Il se releva et dit à Alice d'une voix sensuelle : « Je ne crois pas te connaître. Je suis Nicolas. Mais appelle-moi Nico. »
Alice sembla fondre devant Nico, mais June l'arrêta immédiatement : « C'est quoi cette drague ? »
Alice lui lança un regard de reproche et s'apprêta à dire quelque chose mais elle fût prise de vitesse par sieur Nicolas qui répliqua :
« Tu sais très bien que c'est pas mon genre, je les préfère avec un truc entre les jambes ! »
Alice ouvrit de grands yeux, comprenant sans doute que le nouveau grand amour de sa vie était gay. June rit devant l'air désespéré qu'affichait Alice.
Ils ne virent pas qu'un blond s'avançait vers eux, entouré d'une bande de filles gloussant.
« Nicolas ? » Celui ci se retourna, et cracha :
« Brian. Qu'est ce que tu me veux ? »
Apparemment, ce Brian était ce qu'on pouvait appeler « L'homosexuel qui le sait, qui s'habille comme tel, mais qui ne s'assume pas »
« Je suis venu voir si tu avais ,par hasard, eu de meilleurs goûts et changé de style… Mais non. »
June vit les poings de Nicolas se serrer et ses jointures devenir blanches.
« Brian. » lui dit –elle. « Je te conseille de la fermer, si tu tiens à ton beau visage. »
C'est vrai que le garçon était beau comme un ange. Mais, selon Alice, il ne devait pas être très agréable à vivre, le petit corniaud.
« Je n'ai pas besoin de tes conseils, la dépressive… »
Le poing de Nicolas vint frapper le visage fragile de Brian avec une violence déconcertante. Le blond fit un quart de tour sur lui-même pour finalement tomber à terre. Il se releva, crachant du sang (quelques filles hurlèrent) et dit à Nico, le pointant du doigt :
« Espèce de… »
Nico prit un air faussement apeuré, et rit , moqueur.
« Bien sûr, tu fais le malin… » sourit Brian, narquois. « Mais si je disais à la dépressive dans quel état tu étais samedi dernier ? »
Nico s'arrêta brusquement de rire, et jeta un regard haineux sur Brian.
« Tu oses faire ça et… »
Le blond fit mine d'ouvrir la bouche pour raconter l'histoire. Nicolas se jeta sur lui, hurlant comme un possédé.
Alice regarda le combat, les yeux écarquillés et s'adressa à June :
« C'est ça, ce que tu appelles adorable ? »
Mais June ne sembla pas l'entendre et dit à mi-voix :
« Le pauvre con, comme si je ne savais pas. »
Alice, perdue, reporta son attention sur le combat. Nicolas avait clairement le dessus, toutefois, Brian arrivait à le griffer.
Nicolas était en train de gifler le blond de toutes ses forces lorsque la principale arriva en hurlant, attrapa Nicolas d'un côté, Brian de l'autre, et les emmena dans son bureau.
June rit nerveusement, et prit le sac de Nicolas qui était tombé lorsque le garçon s'était jeté sur elle. Elle se retourna vers Alice et lui dit :
« Je vais chez la directrice l'attendre. Ca va nous faire louper des cours… tu viens ? » Alice sourit et dit : « Toujours partante ! »
June marchait en sifflotant, portant le sac à dos de Nicolas sur une épaule, laissant traîner son sac en bandoulière par terre. Alice la suivit, souriant à pleines dents.
En effet, Alice détestait singulièrement les cours.
« Alice ? » dit brusquement June.
La blonde émit un petit son, indiquant qu'elle écoutait.
« Tu crois que Nico est amoureux de Brian ? »
Alice s'arrêta net, étonnée : « Qu'es ce que tu veux que j'en sache moi ? »
« Ah oui… C'est vrai que tu ne connais pas sa manie… » répondit June, un sourire narquois ancré sur le visage. « Il a pour habitude de faire un combat au corps à corps avec ces futures « proies » »
Alice leva un sourcil puis dit : « Je vois… »
« Et donc tu pense que… » tenta de dire Alice, qui fut coupé par Mélissa, la déléguée qui courait en hurlant : « Alice ! June ! »
Les intéressées se retournèrent d'un même mouvement.
« La prof de français est absente, donc on sort maintenant. »
Alice poussa un cri de joie, attrapa la brune et commença à la tirer vers la sortie. June posa un regard sur la porte du bureau de la directrice, toqua et posa le sac à terre, avant de partir en courant avec ses camarades de classe.
June resta à terre une bonne demi-heure, ne s'arrêtant pas de pleurer en silence. Sarah, sa grande sœur, s'était agenouillée près d'elle, une serviette propre et un bol d'eau glacée à la main. Délicatement, Sarah trempa la serviette dans le bol puis passa doucement la serviette dégoulinante sur les nouvelles blessures de June.
« Merci » dit June, remarquant au passage que le coup de poing à la gorge lui avait coupé la voix.
Toutefois, sa sœur comprit ce que voulait dire le sifflement émit par June et lui répondit : « C'est normal. »
Le sourire douloureux de June en disait long sur son état. Elle tenta de se relever, sa main tremblante s'agrippant désespérément à la table, mais retomba aussitôt à terre.
Sarah la prit alors dans ses bras et monta les escaliers, habituée à cette acrobatie depuis ses huit ans, âge qu'elle avait lors de la naissance de June.
Une fois en haut des escaliers, elle jeta un coup d'œil apeuré à la salle de bain et amorça un geste pour aller dans la chambre de June.
« Non » siffla la voix cassée de June. « Dans la…. La salle de bain. »
Sarah poussa un soupir à fendre l'âme. « D'accord »
June ferma les yeux, un demi sourire d'apaisement sur les lèvres. Elle ne vit pas ainsi la larme discrète qui coula sur la joue de sa sœur.
Sarah posa sa petite sœur à terre, dos contre la baignoire et alla chercher les « ustensiles ».
Elle ouvrit un paquet de lame de rasoir, alla chercher des calmants puissants et remplit le lavabo d'eau fraîche.
Elle soupira et essuya du revers de sa manche les quelques larmes qui avait roulées sur son visage.
Elle sortit et claqua la porte, laissant June seule.
Celle ci se leva lentement, s'appuyant le plus possible au rebord de la baignoire afin d'éviter une seconde chute. Elle s'approcha fébrilement du lavabo et lâcha brutalement sa tête dans l'eau fraîche.
Elle eu du mal à se relever, manquant la noyade.
Elle se regarda dans la glace contemplant les moindres recoins de son visage. Ce reflet. Cette fille dans ce miroir. Elle était pitoyable. Et conne. Et moche.
Un sourire narquois se dessina sur ses lèvres, et June se moqua ouvertement de son reflet. Jusqu'à ce que des larmes coulent à nouveau sur ses joues.
« Les blessures physiques passent encore… » Murmura-t-elle. « Mais les blessures morales… »
Elle prit alors la boite de lames de rasoir et l'ouvrit. Ou plutôt, arracha le carton, faisant tomber les objets métalliques à terre.
Elle tomba à genoux, s' écorchant sur deux lames de rasoir qui s'étaient déposées là. Sans prendre de précaution, elle en prit une à main nue, s'ouvrant tous les doigts.
Elle fit rouler lentement la lame sur son bandage, avant de l'arracher avec les dents.
Et elle explosa. A la verticale, comme toujours, alternant micros coupures et entailles profondes.
Elle sentit une douleur fulgurante attaquer son bras. Elle se releva et se jeta sur la boite de calmants. Elle bascula la boîte de médicaments au dessus de sa bouche.
June en goba cinq ou six et s'effondra, à demie comateuse.
Elle entendit des voix crier. Mais ces voix était si loin d'elle. Si loin…
Soudain, un craquement se fit entendre et Alice apparut dans la salle bain. June n'arrivait pas à discerner son amie. Elle devenait double puis quadruple pour enfin ne redevenir qu'une seule personne.
Un expression horrifiée se forma sur le visage de la blonde.
« June ? » demanda-t-elle, semblant incertaine.
La brune se releva difficilement pour mieux la voir.
Un sourire crispé vint tordre les lèvres de June qui s'écroula l'instant d'après, s'évanouissant.
Alice poussa un cri, se jetant à genoux devant June, et la prit dans ses bras, les poignets mutilés de June saignant abondamment sur le pull blanc d'Alice.
« June… JUNE ! » hurla Alice.
« Moins fort ! » chuchota Sarah. « Mes parents sont en haut et elle n'a pas le droit aux visites. »
Les yeux d'Alice s'ouvrirent comme des soucoupes puis elle tourna la tête vers June, celle-ci s'étant agrippée à son pull.
« Ne t'inquiètes pas Alice… »
Les yeux d'Alice s'embuèrent. Elle lui répondit :
« Je vais m'occuper de toi, c'est toi qui ne doit pas t'inquiéter… »
June sourit d'apaisement et referma les yeux, retombant dans un profond sommeil. Sarah arriva presque immédiatement avec bandages, cotons et désinfectant.
Au bout d'un demie heure de nettoyage intensif des plaies, Alice mit June dans son lit, lui déposa un baiser sur le front en lui murmurant des paroles réconfortantes puis s'assit à côté du lit. Tout en regardant la chambre au mur blanc cassé, elle réfléchissait intensivement. Elle ne s'était jamais lié d'amitié aussi vite.
Ca faisait, quoi ? Deux semaines à peine qu'elle connaissait la brune. Et elle se sentait prête à sacrifier sa vie pour voir son amie heureuse.
Un sentiment d'horreur la frappa alors. Une amie… ou plus ? Ce qui lui faisait horreur était de ne pas savoir ses sentiments, elle qui en était constamment sûr.
Laissant au temps la réponse à son interrogation, elle se leva et jetant un dernier regard à June, elle partit discrètement.
Flash back :
Alice était assise sur le pont Notre-Dame, regardant distraitement le cours de la Seine, les pieds pendant au dessus du fleuve.
« Alice ! »
La jeune fille releva la tête vers Yukio. Le japonais s'avança vers elle, souriant tristement.
« Alors, c'est vrai ? Tu t'en vas ? »
Le regard d'Alice repartit longer le fleuve, et elle hocha pensivement la tête.
« Tu viendras nous voir ? »
Alice se releva et se jeta dans les bras de son meilleur ami. « Bien sûr que oui, abruti. »
Et elle posa ses lèvres sur celles de son ami. Ils souriaient tristement à travers ce baiser.
« J'ai gagné mon pari » (1) dit elle avant de se retourner et partir en courant.
Ses larmes quittaient ses yeux pour aller se mêler au vent.
(1) Elle a fait un pari avec un de ses potes : voler le premier baiser à Yukio.
