Rating: M
Couple: Alice / June
Disclaimers: Alice et June appartiennent à Indochine ainsi que les textes qui illustrent l'histoire.
Merci à: Erdelah, qui a dût corriger ce chapitre en quatrième vitesse pour vous, bande d'assoiffées xD. A Tif, Rin, Lullupotter et angelwyn... Et à La mouette Rose: Sperme prend un "e" en français. De plus, je m'excuse pour le retard... Qui arrivera je pense de plus en plus souvent. Merci Indochine et le concert du 19 mai qui m'a "réinspiré" pour la suite.
Chapitre 4
Si moi j'étais la reine de ta vie.
Très cher Yukio,
Merci d'avoir gardé contact avec moi. Ça me fait plaisir de voir que mon meilleur ami tient à avoir de mes nouvelles.
Ici, rien de très passionnant, enfin, rien de passionnant qui me passe par la tête…Ma rentrée s'est très bien passée. Je me suis immédiatement fait une amie (oui, une fille… Je sais, c'est bizarre, moi qui ne traîne qu'avec des garçons…) qui m'a immédiatement présenté à ses amis.
Cette fille, June, a vraiment la vie dure. Personne ne l'apprécie, alors qu'elle est adorable. De plus, elle se fait bastonner par ses parents et sa sœur ne fait que la soigner. Certes, elle ne peut rien faire d'autre, mais bon…
June est complètement enfermée dans sa bulle. Elle se taillade les veines, et n'y va pas mollo… bon elle m'a promis d'arrêter, mais c'est toujours dur d'arrêter la chose qui vous rassure… C'est ce qu'elle m'a dit.
Là je t'écris à une heure du mat', après que l'on se soit fait courser par son père. Un vrai malade mental.
Elle m'a dit qu'elle n'avait que deux amis (Ange et Nicolas, deux gars adorables) et que c'était parce que eux aussi avaientune vie compliquée.
Elle dort tranquillement sur mon lit, je veille sur elle. On dirait un ange… La pauvre.
Je vais sans doute venir sur Paris pour les vacances d'Halloween… Vous me dites si y'a quelque chose de prévu.
Il serait temps de t'acheter un portable mon vieux, ça me fait chier d'écrire.
Question cours… Bah… Comment dire ? C'est moyen. Pour ne pas dire catastrophique. Je me fais virer de cours quasiment à chaque heure… Et c'est pas que j'aime pas la perm, mais voilà quoi.
Demain, c'est samedi, donc avec June on va sortir… On va sans doute se balader. Elle m'a dit qu'elle me montrerait les endroits où elle va pour se calmer.
Sinon, dans cette ville, y'a rien… Enfin, y'a des disquaires… Mais aucun concert… Où sinon c'est que j'ai mal vu, parce que dis donc le trou paumé que c'est.
C'est une mini ville pas loin de Dunkerque. Enfin, c'est pas top.
Je sais pas trop quoi écrire… ça m'embête un peu.
Non, mais c'est juste pour te dire que je m'amuse bien, même si il n'y a rien à faire…
Je t'embrasse, tu me manques beaucoup, Yu.
Bye.
Alice mit un point final à sa lettre et tourna la tête vers la jeune fille endormie. Ses cheveux noirs s'étalaient sur l'oreiller et sa poitrine se gonflait et dégonflait régulièrement.
Elle se releva, puis s'étira tout en se dirigeant vers le lit.
« Allez, fais moi de la place, Pauvre Ange… »
Comme si June l'avait entendue, elle se recula contre le mur, avec un grognement distinctif. Alice sourit, puis déposa un baiser sur le front de la brune pour aller se coucher contre elle.
June battit des paupières, sa vue étant floue. Elle se massa les yeux pour calmer la douleur qui les engourdissait.
« Ca m'apprendra à pleurer avant de dormir. » marmonna-t-elle.
Elle remarqua alors Alice à coté d'elle, ses bras entourant ses hanches. Ses joues devinrent rouges et elle se dégagea rapidement de l'agréable entreinte avec son amie.
« Alice ? » dit June en secouant doucement l'épaule de la blonde.
« Mmmhkesskya ? » demanda Alice, les yeux à demis-clos.
« On va prendre le petit déjeuner ? »
Alice, qui s'était relevée sur ses coudes, retomba brusquement contre son oreiller
« Putain, t'as toujours la dalle ? C'est comme ça que tu entretiens cette bouée ? » dit sarcastiquement la blonde en lui pinçant la hanche.
Le regard de June se voila et elle chassa la main d'Alice de sa hanche. Elle hurla alors
« Tu crois vraiment que c'est marrant d'être grosse ! C'est pas parce que t'as un corps parfait que tu peux te permettre ce genre de commentaire ? »
Alice se releva et planta ses yeux bleus dans les yeux gris de June. Elle prit une profonde inspiration, comme si elle tentait de se calmer. Sa mâchoire tremblait. Alors, elle hurla à son tour
« Putain, de une, tu ne hurles pas ici. Compris ?! De plus, c'était une blague, June. Une blague ! Tu connais ? »
« Bah c'était pas très drôle ! T'es tellement nulle comme fille, tu comprends rien ! Vraiment ! »
Sentant sa colère bouillire, Alice donna une gifle à June. La brune la regarda, choquée. Alice dit alors, énervée
« Ma vieille, saches que si j'étais nulle, je t'aurais laissé aux mains de ton père ! »
« Pourquoi tu m'as giflé ? » pleura June.
Les yeux d'Alice s'agrandirent, se rendant compte de la bêtise qu'elle venait de faire.
La main de d'Alice vînt alors rejoindre la main de June, posée sur sa joue endolorie.
« Je… Je suis désolée… » murmura-t-elle.
« Moi aussi. » répondit June.
Un silence s'installa dans la pièce.
« Tu frappes souvent les gens ? » demanda June.
Alice sourit doucement et répondit : « Que quand ils m'énervent… »
« Tu t'énerves vite alors… » bouda la brune.
Le sourire d'Alice se fana et elle prit June dans ses bras.
« On va manger ? »
« C'est magnifique… » murmura Alice.
Mais sa voix fut perdue parmi les grandes bourrasques de vent, emmêlant les cheveux des deux jeunes filles.
Debout juste au bord d'une falaise, bien loin de leur ville, Alice admirait le paysage.
En face d'elle s'étendait la mer. Cette grande étendue d'eau s'étalait à perte de vue. Le ciel gris semblait se mêler avec elle.
Les vagues s'éclatant contre les rochers servaient de fond sonore.
« Voilà. » hurla June, pour qu'Alice l'entende.
« C'est ici que je vais quand j'ai des sautes d'humeur… Et c'est ici que je mourrais. »
Alice la fixa, un sourcil relever : « C'est-à-dire ? »
June tourna la tête vers son amie et dit
« Je veux que ma toute dernière sensation soit celle de voler. »
Alice se pencha pour voir le bas de la falaise.
« En bas ce ne sont que des rochers… »
June haussa des épaules pour dire ensuite
« La chute risque de faire mal, mais au moins je saurais ce que ça fait de voler… »
« C'est… mélancolique, ce que tu dis. » Constata Alice.
June répondit « Je sais… » mais si faiblement qu'Alice ne put l'entendre.
La brune attrapa soudainement la main de l'autre et s'assit, entraînant la blonde à terre.
Elle se pencha à son oreille et lui dit
« Ferme les yeux… Et écoute. C'est tout. Ecoute. »
« Euuh… Ca me dit vraiment rien, cet endroit… » trembla Alice, à la lisière d'un bois.
June fit un sourire narquois, puis dit
« Ne t'inquiètes pas, y'a juste quelques sangliers qui traînent par ci, par là… »
Alice la regarda avec reproche.
« Très drôle, la gouine. »
June leva un sourcil moqueur.
« Quel sens de la répartie. »
La lèvre inférieure d'Alice se serra contre la supérieure afin de former une moue, et elle marmonna : « Ta gueule. »
June fit semblant de ne pas l'entendre et lui indiqua un chemin parmi les arbres
« C'est par là. » accompagna-t-elle.
Alice s'embarqua parmi la verdure pour enfin tomber sur deux balançoires, un peu moisies, mais toutefois en bon état.
« Assied toi. » Dit June.
Alice s'assit sur une des balançoires, accrochée à un arbre.
« Bien, maintenant balance toi. »
Et elle se balança. Devant, en arrière. Elle se rendit compte que June la suivait des yeux, tenta de s'arrêter en freinant avec ses pieds. Elle alla planter son regard dans celui de June. Les cordes de la balançoire leurs coupaient la vue, les jeunes filles ne voyant que la moitié du visage de l'autre. June inclina la tête sur le coté, afin d'éviter les ficelles qui entravaient leur contact visuel.
Elle se pencha alors en avant, les yeux fixés sur Alice, les balancelles grinçant contre le bois.
« A quoi ça sert, on est tous mort, à quoi tu sers, je t'aime encore… »
« Allô ? » fit Alice se reculant brusquement du visage de June, comme revenue à la réalité, portable collé à l'oreille.
« Oh, Salut Ange. »
June se leva du morceau de bois et regarda Alice qui souriait de plus en plus. « Oui. » « Naan ! » et des gloussements. Voilà, c'était ce qu'elle disait à son interlocuteur.
« Bye. » La blonde se retourna vers June avec un merveilleux sourire et dit
« Ca y est ! Je sors avec Ange. »
Et c'est fou comme le monde peut sembler s'écrouler en moins de cinq minutes.
« Pardon ? » fut la seule chose que put dire June.
« Il vient de me le demander, j'ai dis oui. » affirma Alice.
June déglutit. Comment… comment une personne peut-elle vous donner tant de bonheur et tant de désespoir en l'espace de quelques instants ?
« Je… Je dois y aller. » dit June, le choc la faisant balbutier.
Et elle s'enfuit.
« Lâche ! » se hurla-t-elle.
Elle trébucha sur une racine qui n'avait rien d'autre à faire que de sortir du sol.
Genoux et mains écorchés, June se retrouva assise contre un arbre. Paumes enfoncées dans les yeux, tentant bêtement de retenir des larmes qu'elle ne pouvait garder, June pleurait. Elle ramena ses genoux contre son visage, son jean se gorgeant des larmes qui coulaient.
Les doigts repliés sur quelques brindilles d'herbe qui traînaient par là et qui n'avait rien demandé, elle criait, des trémolos dans sa voix : « Pourquoi je me mets dans cet état ? »
Alice, Ange est aveugle d'un œil. Evite le sujet.
La missive se retrouva dans la trousse d'Alice qui écarquilla les yeux d'horreur. Elle jeta un regard interrogateur sur June, qui ne lui avait pas adressé la parole depuis samedi.
« Comment ? » souffla-t-elle.
La brune lui jeta un regard méprisant, mais répondit : « Sa sœur. »
« Ok… Donc j'évite le sujet. » Elle imposa un temps de silence pour ensuite souffler : « Tu me fais la tête. »
June ne répondit pas. Car ce qu'Alice ne savait pas, c'est que June était tombée amoureuse.
De sa voisine de table.
Et qu'elle ne voulait pas l'accepter.
MOUHAHAHA!
Je suis... sadique, méchante, perverse (et un peu jetée, mais y'a pas de rapport là )
Rendez vous au prochain chapitre (qui, ceci dit, prendra peut-être autant de temps... je peux courir loin là non?)
Bsoux.
Nancy.loves.ya.
