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Couple: Alice / June

Disclaimers: Alice et June appartiennent à Indochine ainsi que les textes qui illustrent l'histoire.

Désolée pour les merci à:, mais j'ai passé quinze bonnes minutes à les écrires pour que FF efface tout (èé). Je ferais ceux de ce chapitre promis.


Chapitre 6

Car je ne croit pas que tout va bien par ici…

« Quelle semaine de merde ! » confessa Alice à June.

La brune écoutait, l'air purement innocent.

« Et tous ça est lié à Ange ! J'y crois pas ! Ils nous en veulent là haut ? » s'énerva Alice, de plus en plus agacée de l'ignorance de June.

Une boulette de papier atterrit sur leur table et les deux filles regardèrent l'objet non identifié, étonnées.

« Tu crois que c'est dangereux ? » murmura Alice, craignant une nouvelle catastrophe.

Elle prit toutefois le papier entre ses doigts et l'ouvrit, tremblante. Elle lit ce qui y était écrit et hurla, oubliant sans doute qu'elle était en plein cour d'Histoire : « QUOI ? »

Le prof hurla à son tour, demandant à June d'accompagner Alice chez madame la directrice, pour que celle ci puisse lui rappeler la façon de se tenir en cour.

Les deux filles se levèrent, la blonde écumant de rage. Elles passèrent derrière Ange et Alice tapa violemment la tête de son petit ami, visiblement responsable de sa colère. Le garçon lança un regard d'incompréhension vers June, qui lui répondit en haussant les épaules.

Bien sûr elles n'allèrent pas chez la directrice mais elles allèrent s'asseoir dans le couloir, pas loin de leur classe, et Alice commença à raconter ses mésaventures :

« Déjà, le matin y'a des filles qui attrapent constamment mon sac et me tire en arrière, ce qui me fait tomber… En cour, c'est des milliards de mots d'insulte ou de haine qui me tombent dessus… A la cantine, on renverse mon plateau… »

Elle donna la boulette de papier à June pour que celle ci puisse le lire : « Ange m'a dit que t'étais un super coup au lit. » La brune se retint violemment d'exploser de rire

Alice poussa un soupir de détresse : « Je crois que je vais arrêter avec Ange… »

June, qui n'avait dit aucun mot depuis le début de la journée, parla enfin : « Je crois aussi que tu devrais… »

Alice la regarda, choquée : « Comment ? »

« Vois-tu… » expliqua June, tentant de bien choisir ses mots pour ne pas énerver encore plus la blonde. « Si tu songe à rompre avec lui, c'est que tu n'en est pas amoureuse, voilà tout. »

Elle se releva, Alice restant assise par terre, visiblement en train de réfléchir. Elle regarda la blonde, souriant face à ses fins sourcils qui étaient à présent foncés.

« Allez, debout. » fit-elle, souriant bien malgré elle. « On rentre en classe. »

Alice et June étaient assises au réfectoire, avec Nicola, Brian et Manon, qui avaient miraculeusement intégré la bande.

« Mange » fit Nico à June. Celle lui lança un regard noir et répondit, vexée :

« J'ai pas faim. » Le garçon allait répliquer mais June le coupa dans son élan : « Fais pas chier. »

Ses amis la regardèrent, plutôt choqués, mais n'imposèrent pas de discussions, sachant parfaitement que cela allait tourner au vinaigre.

June et Manon s'étaient assise côte à côte, pour pouvoir se parler discrètement sans que les autres le sache. Se lançant des regards impatients, les deux filles attendaient le garçon au cheveux rouges.

« Ange !» appela enfin Alice lorsque le garçon venait d'entrer dans la cantine.

La jeune fille monta sur sa chaise et sauta par dessus le dossier, manquant de peu de tomber, et sautilla jusqu'à son petit ami, ignorant superbement toutes les insultes qui fusaient sur son passage.

June suivait la scène avec appréhension : « Marchera, marchera pas… » répétait-elle à voix basse, les doigts croisés sous la table, tandis que Manon récitait doucement une de ses prières bizarre qu'elle aimait inventer.

« Marchera, marchera pas… »

Ces vingt secondes fût peut-être les pires vingt secondes de toute son existence. Elles semblaient faire exprès de s'étirer, pour enfin devenir des heures.

Enfin, Alice arriva face à Ange. Tout le monde retint son souffle, voulant absolument savoir ce que dirait la fille, qui lâcha son annonce comme une bombe :

« C'est fini entre nous. Je t'aime, mais pas par amour. »

Il eut un silence de mort dans la salle, tout le monde étant assez choqué de voir Alice plaquer en direct « Ange le magnifique »

Jenny, une métisse pulpeuse et pourtant assez hideuse dans son genre, commença à insulter clairement Alice. « C'est normal » expliqua alors la métisse à une de ses voisines de table : « Elle a plaqué Ange le Grand, elle doit être lyncher. »

Alice se tourna vers Ange (qui était plus petit qu'elle à cause de ses chaussures) et vit que le garçon était complètement horrifié par la nouvelle.

Il resta paralysé, fixant Alice dans regard empli de peur. La blonde fronça des sourcils et passa rapidement sa main devant la figure du garçon. Il sursauta violemment et suivi les mouvements de la main des yeux.

June fît une légère pression sur la cuisse de Manon, lui indiquant clairement que c'était à son tour de jouer. La fille se leva, vint rejoindre Alice et Ange, pris le plateau des mains du garçon et le posa sur la desserve.

Elle dit à Alice : « Je vais m'occuper de son cas, ne t'inquiètes pas. Retourne manger plutôt. »

Alice fronça les sourcils, soudainement soupçonneuse, mais retourna toutefois à sa place, après avoir remis à sa place Jenny qui ne lâchait visiblement pas l'affaire du lynchage.

Manon pris le bras d'Ange et l'amena doucement dans la cour, lui murmurant des paroles réconfortantes.

Juste avant de quitter le self, Manon se tourna pour lancer un regard à June. Celle ci fixait justement les deux adolescents. La brune lui fit un clin d'œil encourageant : elle avait déjà eut l'occasion de faire la psy d'Ange, et c'est elle qui, au final, a pleuré.

Alice avait regagné sa place, et recommença à manger, grommelant face à l'horrible bruit que faisait Jenny, qui elle, pleurait après que la blonde lui ait donné deux claques.

Une main sur l'oreille gauche, Alice se tourna vers June, et cria :

« DIS DONC, C'EST QU'ON NE S'ENTEND MÊME PLUS A CAUSE DE CETTE ESPECE DE SUCEUSE DE QUEUE ! »

Les pleurs de la pauvre métisse furent immédiatement cessés et un silence de mort se fit. Et June, complètement désespérée, ne pût que mettre sa tête entre ses mains, se maudissant d'être tombée amoureuse d'une nana pareille.

« Donc voilà, on est allé s'asseoir sur le gazon, et il m'a TOUT raconté ! Nan mais tout, tout, tout ! Et donc après il s'est reposé dans mes bras, parce que tu comprends, ça fatigue de pleurer … »

June et Manon étaient assises à la terrasse d'un bar, sirotant des Diabolos citron(1). June n'écoutait pas Manon, mais celle ci n'eut pas l'impression de s'en rendre compte.

Se chantonnant une chanson dans sa tête (« Vie de merde, vie de merde, vie de merde… ») June regardait les gens passer, tête baissé, la silhouette lasse et le visage morne, comme s'ils avaient tous trop vécu et que leur date de mort ne semblait faire que reculer chaque jour.

Deux éclats blonds passèrent parmi la foule, ce qui donna un coup de fouet à June. Elle vit distinctement Alice et Brian, riant, et le ventre de la brune se tordit douloureusement de jalousie. Elle entendit Manon appeler Brian, et celui ci se retourna en souriant.

« Bonjour Manon… » Il lui fit la bise. « Ca va June ? » demanda-t-il inquiet.

La brune serrait tellement ses dents que cela lui faisait mal. Elle se rendit compte que sa fureur était tout à fait visible et détendit brusquement son visage, pour sourire à Brian : « Tout va bien, t'inquiètes. »

Alice regardait la scène, stoppée en plein milieu de la rue, ignorant les murmures d'agacement des personnes à qui elle bloquait le passage.

June la fixa, soucieuse, quand le visage d'Alice s'éclaira soudainement. Elle vint les rejoindre et dit : « Ca vous dit des vacances à Paris ? »

Le silence se fît autours de la table, rapidement suivi de trois hurlements de joie.

La blonde sourit face à l'enthousiasme de ses amis. Elle se retourna vers June et dit, étonnée :

« Tiens, tu t'es coupé les cheveux ? »

Un silence de mort se fit autour de la tablée et June bafouilla, sentant son cœur sombrer un peu dans sa poitrine :

« A… Alice, ça doit bien faire deux semaines que j'ai cette coupe. »

Alice écarquilla les yeux d'étonnement, et ajouta, comme pour s'assurer :

« Avec les mèches plus longues sur les côtés, là ? Et le reste au carré ? »

Boum. Le cœur qui descend d'un étage.

« Oui. »

Alice hocha la tête et termina :

« Désolée, t'es pas vraiment le genre de personne que je matte constamment. »

Manon et Brian tournèrent immédiatement leur regard vers la brune, qui semblait lutter de toute ses forces pour ne pas montrer son désespoir. Elle sourit difficilement et dit, la voix partant légèrement sur les aiguës : « Ce sera quand ? »

« La semaine prochaine. Lundi. Un pote viendra nous chercher. »

June se tut, laissant les trois autres parler entre eux. Des larmes de rage vinrent lui brouiller la vue. Elle ouvrit brusquement son sac et sortit l'argent pour son diabolo citron qu'elle posa violemment sur la table et s'en alla, aussi dignement qu'elle put.

Alice hurla des « Juuune, reviens ! » pendant que Brian et Manon se lançaient des regards gênés.

Assise face à la mer, June écoutait les vagues s'éclater contre les rochers. Le regard complètement perdu sur le cour de l'eau, elle caressait du pouce ses bandages et n'avait qu'une envie : celle de les défaire.

Quelqu'un vînt s'asseoir à côté d'elle sans qu'elle ne l'ait remarqué : « Je dis que c'est une mauvaise idée. »

La brune tourna la tête vers Nicolas et répondit : « Je crois que je ne t'ais pas demandé ton avis. »

Le garçon releva pas et expliqua : « Brian m'a appelé en me disant que tu étais partie de table précipitamment… »

June enroula des brins d'herbe autours son doigt et bougonna : « De quoi il se mêle, le blond ? »

Et elle arracha vivement la végétation qu'elle avait emprisonné. Nicolas poussa un long soupir et sortit un paquet de cigarette qu'il posa entre eux deux.

« T'en veux une ? »

La jeune fille refusa de la tête puis, sentant les larmes lui revenir, serra ses deux paupières d'une force qui lui fit tourner la tête.

Elle eut un spasme et commença à pleurer.

« Allez, viens là. » dit Nicolas, calme, en posant une main sur son épaule.

La fille ne se fit attendre, elle se laissa tomber sur le coté, atterrissant sur les cuisses de Nicolas.

Celui ci les releva, puis, grâce à toute une gymnastique, réussi à prendre June dans ses bras et la berça doucement.

« C'est très gentil à toi de nous avoir accompagné… » dit June au conducteur de la camionnette.

Brian et Nicolas étaient tout comme elle et Manon, assis dans le fourgon du véhicule et se tenaient la main en lançant des regards inquiets.

« De rien. » dit alors Guillaume, un garçon de 18 ans, « qui a son permis » d'après Alice.

Brian déglutit : « Tu roules pas un peu vite ? » demanda-t-il d'une voix soudainement aiguë.

Guillaume explosa de rire mais ne répondit pas à la question, ce qui renfrogna les passagers arrière.

Nicolas forma sur ses lèvres les mots : « J'ai toujours peur ! » à l'intention de June et sans prononcer le moindre son. La brune lui fit un sourire qui se voulait rassurant mais son ami sera un peu plus la main de Brian.

Manon n'avait émit aucun son. Elle était assise, les yeux écarquillés de peur, serrant son sac à dos comme si il était une bouée de survie.

D'un coup, elle commença à respirer bruyamment, comme si elle manquait soudainement d'air.

Tout le monde dans la voiture -sauf le conducteur- se retournèrent vers la rousse qui transpirait beaucoup trop pour un jour d'octobre.

« Qu'es ce qui lui arrive ? » demanda Guillaume sans quitter la route des yeux.

Des larmes silencieuses coulèrent sur les joues de Manon et sans prévenir, elle hurla :

« QU'ON S'ARRETE ! »

Guillaume sursauta violemment mais fit de son mieux pour se garer devant le magasin d'une station service qui –heureusement- se trouvait à 100mêtre.

« T'es tarée ! » hurla Alice sur le parking.

« Alice, moins fort, elle a fait une crise d'angoisse ! Elle va pas bien ! » répondit June, Manon dans ses bras, respirant difficilement et continuant de pleurer.

« Je m'en fou ! » reprit Alice, sans baisser le ton : « Elle a failli nous tuer en hurlant comme ça ! TU M'ECOUTES, JUNE ? »

La brune entra dans la supérette, traînant un peu du pas à cause d'une Manon peu coopérative. Alice lui suivit, sortant de l'argent de sa poche et marmonnant des menaces contre la rousse.

« Faites vite. » dit Nicolas en passant la tête dans l'embrasure de la porte en verre. « On reste dehors pour fumer. »

June lui dit de sortir sa tête d'un geste brusque de la main.

Lorsqu'elle se retourna pour faire face à Alice, la blonde avait disparue. « Votre amie est partie aux toilettes. » Dit la caissière, voyant son désarroi soudain. « Elle va bien ? » demanda-t-elle en pointant Manon du doigt.

« Oui, oui » la rassura June. « Elle a juste besoin d'eau sur son visage. » Et elle se dirigea sans un mot vers les toilettes pour femmes, traînant à moitié Manon.


Je dois vous avouer qu'Alice va vite vous casser les burnes, mais je ne suis pas responsable, Ok?

(1) Gros sous-entendus à Elwyn.

StefII est orgasmique comme chanson.

Merci encore de votre soutien.

Nancy.