Mémoires d'Emilie : Vie de poupée, galère ! - Humor

Pensées de la poupée Emilie… Sa vision acide et décalée des humains…

Disclaimer : Je voudrais bien au moins Emilie, mais rien ne m'appartient...

Des critiques, des louanges () ? N'hésitez pas !

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Chapitre 4 : L'adieu larmoyant

Cette pension ?

Elle est moche.

Un bâtiment de briques rouges avec une grande plaque de laiton : "Mlle Mangin, collège de premier choix pour jeunes dames."

Rien que ça !

Cela annonce une école de pimbêches.

Sarah traîne soudain les pieds et ne se résout pas à monter les marches du perron.

Une accolade de son père la force à se décider.

La directrice nous accueille.

Dieu, qu'elle est déplaisante !

Une vieille chouette grise aux yeux froids, voire durs.

Sa voix, en revanche, est mielleuse et hypocrite.

Je suis emmenée au deuxième étage vers la chambre prévue pour la gamine.

Peste ! Elle est bien logée… Il y en a qui ne se refusent rien ! Papa a ouvert en grand son portefeuille pour sa princesse !

Je serais curieuse de comparer avec les chambres des pensionnaires ordinaires.

Enfin, moi, cela me convient tout à fait.

La paix, vous dis-je ! Quitte à tomber dans l'exil de la poupée de compagnie, autant que ma retraite soit dorée…

Vous avez raison, je songe beaucoup à mes propres intérêts.

Je défie quiconque de me le reprocher.

La directrice se nomme Mlle Mangin… ah, une vieille fille. Naturellement…

Elle nous laisse seuls (bon débarras!).

Sarah m'installe dans un fauteuil à bascule et lui imprime du mouvement avant d'ôter son manteau.

Beuh ! Ca balance drôlement vite. Est-ce que les poupées peuvent être malades ?

Je m'amuse tout de même. Je me sens revenue à une place d'honneur.

Sarah voltige comme un moineau devant la bibliothèque sous le regard piteux de son pôpa. Elle veut noyer le poisson pour oublier son chagrin je parie.

Gagné.

La scène redevient tragique au moment ou papa offre sa photo à sa fifille.

Et on ose insinuer que je suis narcissique ? (si, je vous ai très bien entendu penser !)

Dernier câlin.

L'héroïne ne pleure toujours pas.

Enfin, le baiser d'adieu. Monsieur Crewe espère que Sarah sera heureuse ici. Franchement mon vieux, à bien observer la figure de garde-chiourme de la dirlo, c'est mal parti pour une scolarité chaleureuse !

A mon humble avis, tu as mal choisi ta pension.

Sarah s'enferme et me saisit trop brusquement.

Elle ignore les appels de la servante. Visiblement elle tient ferme sa décision de ne pas craquer en public.

Cette fierté m'est plus sympathique qu'une crise d'hystérie enfantine.

Les larmes arrivent.

Et ça me mouille !

Qu'est ce qui m'attend, encore ?