Disclaimer : Harry Potter appartient à JKR.

Merci à willedmina, Maelys, Madame Pompom et Plumière pour leurs encouragements !

Encore un chapitre très court (mais écrit plus rapidement qu'un chapitre long…).

Le texte en italique est une nouveauté, des extraits d'un roman policier vous seront infligés de temps en temps…

Et une dernière petite chose, cette fic prend en compte des éléments du tome 7, mais pas tous…(on choisit ce qu'on aime).


B.C.C Walters prenait son café du matin sans crème ni sucre. C'était ainsi qu'il le préférait : amer et fort, le breuvage éclaircissait son esprit tout encore embrumé de sommeil.

Alerte et dispos, il quittait son modeste appartement pour aller travailler, touchant le rebord de son feutre gris pour saluer sa voisine, la douce Victoria, dont il ignorait les sentiments à son égard. Plus tard, il réitérait l'opération avec la même galanterie indifférente, au grand désespoir de la blonde Rosie, sa fidèle secrétaire.

Avec son physique avantageux qui plaisait aux femmes- de luxuriantes boucles d'ébène tombant sur un front pensif, des yeux d'onyx illuminés par la flamme vive de l'intelligence, qu'il savait à l'occasion dissimuler aux étrangers sous un masque d'hébétude-, et doté d'une agréable voix de basse, B.C.C Walters aurait pu être un crooner à succès. Aux vanités futiles d'une carrière dans le show-business, il avait préféré l'amour du droit et de la justice. Il s'était fait détective privé, et tel un cow-boy solitaire, affrontait quotidiennement la sauvagerie des bas-fonds de l'ouest new-yorkais.

Une enquête de B.C.C Walters, Carl Dante, Ed. Mage Noir, p. 7


« Tous mes hommages, belle Rose ! » lança Cornelius à la jolie blonde. « Du nouveau pour moi ?

-Je crains bien que non, C.C.B », minauda la jeune femme. Elle n'était pas dupe pourtant ; tous les matins à sept heures, Cornelius faisait partie des premiers arrivés, flirtant avec la secrétaire des Aurors senior, bien placée pour savoir quelles affaires seraient à l'ordre du jour.

Rose acceptait les règles de ce petit jeu : elle savait que Vicky Frobisher aurait tout donné pour un seul compliment du séduisant C.C.B Warrington, et qui était-elle, Rose Zeller, pour dédaigner des flatteries quotidiennes ?

« Mais encore ?

-Le cas le plus important a déjà été confié à Dawlish, et il s'agissait de retrouver un Rapeltout.

-C'est ça que vous appelez le cas le plus important ? » répéta Cornelius, incrédule.

Rose s'offusqua :

« C'est le Rapeltout de l'assistant personnel de notre Ministre de la Magie. Le vol n'est pas à exclure- imaginez le chantage que des gens mal intentionnés pourraient exercer sur le Ministre, si des éléments de sa vie privée y étaient consignés! ».

Cornelius n'était pas convaincu.

« A propos », poursuivit Rose avec un air de commisération, « votre nouveau coéquipier vous attend dans votre bureau.

-Dans mon bureau ? ». Cornelius consulta sa montre : sept heures et quart.

« Je lui ai donné rendez-vous à huit heures ! Il est plus ponctuel qu'un coucou suisse. »

Puis, se souvenant d'un détail :

« Et vous l'avez laissé entrer dans mon bureau ? Seul et sans surveillance ? ».

Rose haussa gracieusement les épaules :

« Il a dit qu'il trouverait de quoi s'occuper. »

Saisi d'un mauvais pressentiment, Cornelius se rua vers son sanctuaire.

D'un coup d'œil, il embrassa la catastrophe : les dossiers bien rangés dans leurs étagères, l'espace de travail aéré, le bois poli de son secrétaire reluisant de cire d'abeilles….

Bref, il retrouvait son bureau pas du tout tel qu'il l'avait laissé.

Dennis Creevey, en bras de chemise, tenant à bout de bras un pulvérisateur semblable à celui que Cornelius avait vu sa mère utiliser sur ses rosiers (« une méthode moldue très efficace pour lutter contre les pucerons, aucun sort n'est capable d'obtenir un résultat pareil, Cornelius ! » avait-elle commenté devant la mine sceptique de son fils), abandonna ses coupables activités pour souhaiter le bonjour à C.C.B.

Sans répondre à son salut, trop choqué pour se souvenir de ses manières pourtant impeccables, Cornelius attaqua bille en tête :

«Dennis, pourquoi mes étagères empestent-elles le tue-moucherons ? ».

Dennis regarda son pulvérisateur. Puis les étagères. Puis C.C.B, qui luttait pour conserver son calme. Puis son pulvérisateur. Le déclic se fit :

« Oh, vous parlez de mon produit nettoyant, C.C.B ? C'est pour entretenir le mobilier d'intérieur. »

Interprétant de travers l'horreur de Cornelius qui pouvait à présent mirer son reflet en se penchant sur son bureau :

« Ne vous inquiétez pas, je l'ai traité avec de la cire d'abeilles de première qualité. Je suis parfaitement conscient de l'attention spéciale que requiert le bois de hêtre. »

Et Cornelius, qui ne savait pas faire la différence entre un bouleau et un chêne, fut parfaitement conscient de l'attention spéciale que requérait Dennis Creevey. Le genre d'attention que seul le personnel de Sainte Mangouste était qualifié pour lui consacrer.

Je suis quelqu'un de foncièrement gentil…cela partait d'une bonne intention…

Une idée le frappa :

« Attends, Dennis…Tu veux dire que tu as tout fait à la moldue ?

-Je suis d'origine moldue, » répondit Creevey.

Cela, Cornelius s'en moquait :

« Tu n'as pas utilisé de sorts de nettoyage ?

-Aucun ! » rétorqua fièrement Dennis.

Cornelius songea aux retenues cauchemardesques dont il avait écopé à Poudlard. Le sadique Argus Rusard l'avait contraint à récurer une salle de classe, sans user de magie. Armé d'une serpillière et d'un seau au contenu savonneux, le jeune Sang Pur avait vécu une expérience traumatisante. Jusqu'à ce que Creevey ne se prenne pour un elfe de maison, Cornelius était parvenu à enterrer à tout jamais ce souvenir maudit dans les confins de sa mémoire (si l'on exceptait le jour de l'examen d'entrée au Bureau des Aurors, comprenant un Epouvantard qui, à la surprise générale, avait pris la forme du concierge de Poudlard répétant les mots cryptiques : « eau de javel »).

« Tous vos dossiers sont classés par ordre alphabétique et par catégorie de délits : contrebande, vols à la tire, etc. Je voulais vous consulter pour le code couleur affecté à chaque catégorie de dossiers, afin de savoir lequel vous convient le mieux… »

Cornelius étouffa un hurlement alors que Dennis lui présentait des classeurs couleur parme, orange et turquoise.

« Vous avez repensé toute l'organisation de mon bureau…en une demi-heure ?

-Non, C.C.B. Cette nuit. », avoua modestement Dennis.

« Cette nuit ? » répéta Cornelius, mal réveillé.

« Je souffre d'insomnies chroniques, » confia Dennis. « Et à la télévision, on ne passe que des concerts de musique classique ou des documentaires animaliers, ce qui ne m'intéresse pas, alors pour éviter de m'ennuyer, j'ai réfléchi à deux ou trois petits trucs pour être plus efficient. »

Deux ou trois petits trucs ? Parce que Creevey n'avait pas sorti l'artillerie lourde ?

« Je veux vous être utile, C.C.B. Je veux vous prouver que je ne serais pas un poids mort ! » affirma-t-il avec une détermination farouche qui fit frémir Cornelius.

« Dennis, tu as fait preuve d' une initiative, mais à l'avenir, je te prierai de me consulter sur les changements majeurs que tu désires apporter.

-Oh, ce n'était qu'un simple rangement, » rougit Dennis.

Cornelius pesta intérieurement : il avait tenté de reprendre les rênes d'une main douce mais ferme, et Creevey croyait qu'on le complimentait.

« Quel est le programme, C.C.B ?

-Je vais aux nouvelles, et toi, tu te reposes. Tu en as assez fait pour la matinée… »

Il refusait d'exploiter Creevey. C.C.B. Warrington n'était ni un esclavagiste sans-cœur, ni un maniaque de l'ordre.

Comme s'il avait lu dans ses pensées, Dennis intervint :

« Je me sens en pleine forme… »

C'était bien ce qui faisait peur à Cornelius. Sans mordre à l'hameçon, il fourra entre les mains de Creevey un manuel sur les procédures à suivre dans le cadre d'une enquête criminelle, histoire de l'occuper (et de l'empêcher de songer à deux ou trois petits trucs par la même occasion), pendant que lui-même allait se chercher un expresso à la machine à café de l'étage.

« Déjà fatigué de Creevey ? » questionna une voix moqueuse.

Sans se retourner, il poussa un long soupir destiné à susciter la sympathie de son interlocutrice. Ce qui ne manqua pas, Vicky Frobisher ayant un faible pour le fringant Auror :

« Oh, mon pauvre Cornelius…

-C.C.B », marmonna sans conviction le jeune homme.

« Rose n'aurait jamais dû lire le dossier de Creevey et le divulguer à toute l'équipe ! Jamais, jamais ! » clama Vicky avec véhémence, secouant ses boucles rousses pour mieux souligner ses propos.

« Comment se fait-il que je sois le seul à ne pas avoir eu accès au dossier de Creevey ? » lança négligemment Cornelius (nien que la réponse l'intéressât au plus haut point).

Vicky l'observa avec compassion :

« Tu étais absent ce jour-là, tu te souviens ? Assistant à la répétition du mariage de…

-Oui, oui, on sait », coupa Cornelius, peu désireux d'en entendre davantage.

« Une de mes amies était invitée à la cérémonie, et elle m'a dit quelque chose qui m'a bien fait rire. Tu t'es vraiment pris le bouquet de venusia rosae en pleine figure ? », lança négligemment Vicky (bien que la réponse l'intéressât également au plus haut point).

« Oui, Morag ne m'a pas raté », dit Cornelius, laissant échapper un petit rire mondain pour montrer qu'il était au-dessus de ces choses-là, et que ça ne lui faisait rien du tout d'avoir été publiquement marqué comme « celui qui se passerait la corde au cou dans l'année ».

Une drôle de lueur passa dans les yeux bleu azur de Vicky, mais ce fut si furtif que Cornelius crut avoir rêvé.

« Info pour info, Vicky, qu'est-ce que contenait le dossier de Creevey ?

-Rien de bien méchant, rassure-toi. Il est juste qualifié, euh, d'hyperactif.

-Hyperactif ?

-Entre autres choses, je ne sais que ce qu'on m'a rapporté. », conclut Vicky. « Bon courage, Cornelius », ajouta-t-elle avec douceur, le laissant savourer son café refroidi.


B.C.C Walters n'avait pas été enthousiasmé par la nouvelle recrue de son cabinet. Donald Cranton, dit « Don » ou « Donnie », avait pour mission d'être ses yeux et ses oreilles, là où B.C.C ne pouvait ni voir, ni entendre. Abîmé dans sa réflexion intense, B.C.C Walters but son café froid sans même s'en apercevoir.

Sans qu'il s'en doutât, d'autres choses s'apprêtaient à être refroidies…

Une enquête de B.C.C Walters, p. 10


La journée s'écoula sans encombres, Cornelius et Dennis occupés à remplir de la paperasserie inutile.

Cornelius rentra chez lui, de très mauvaise humeur car il n'y voyait goutte : le brouillard qui s'était abattu sur Londres avait l'épaisseur d'une purée de poix. Or, en homme d'action, Cornelius aimait savoir où il allait.

« Ouch ! »

Il avait heurté un lampadaire.


Sans jamais perdre ce fil ténu qu'est le sens de l'orientation, B.B.C Walters se frayait un chemin dans le dédale des ruelles envahies par le brumeux panache de fumée atmosphérique. L'instinct de B.B.C commandait ses actes, cet instinct sûr et sans failles qui faisait de lui un détective redoutable. Tremblez, criminels aux noirs desseins ! Vos forfaits, commis par une nuit sans lune, ne demeureront pas impunis…

Une enquête de B.C.C Walters, p. 14


« Et maintenant, portons un toast… »

Le petit homme à moustache de morse vida son verre avec enthousiasme, avant de porter la main à sa poitrine, suffoquant.

Avant de s'écrouler, il reconnut les effets foudroyants du poison.


Note de l'auteur:

-j'espère que les passages en italique ne vous ont pas trop déboussolés, vous les retrouverez régulièrement...

-commentaires, questions? n'hésitez pas!