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Je vais réitérer mes avertissements, au cas où la dernière phrase du chapitre précédent ne vous aurait pas ouvert les yeux. Cette histoire est sombre, et avec un côté très malsain.

Ce chapitre est bien plus dur que le précédent.

Certaines scènes peuvent heurter...


Dès lors, Sirius prit l'habitude de retourner à l'Underground Paradize. Spécialement quand Remus avait parlé de la fille un peu plus que d'habitude, ou rentrait tard, ce qui , malheureusement, arriva de plus en plus souvent.

Sirius s'avilissait mais non sans une certaine exaltation malsaine. Il était coupable d'aimer Remus et cherchait le pardon pour ça. Et chaque fois qu'il descendait dans les toilettes et se laissait sodomiser, il avait l'impression d'expier sa faute. Et c'est ce qui lui permettait de supporter les récits de Remus.

Il devint connu dans la boîte. Quand il descendait, il était aussitôt suivi par un homme. Mais il ne choisissait pas ses partenaires. Il descendait, et celui qui avait un besoin urgent l'y suivait. Cela se sut très vite…

Il se laissait faire. Pas par facilité, mais parce qu'il voulait se retrouver dans une position de soumission. C'était lui qui devait être puni et il acceptait n'importe quel joug.

Il ne parlait pas beaucoup, restant au bar la plupart du temps. Le barman, un homme d'une trentaine d'années, cheveux longs châtain clair retenus en catogan, le prit en sympathie. Il avait l'intuition que Sirius était au bord de la dépression, et le trouvant très beau, il le prévenait des us et coutumes des uns et des autres, l'avertissant de ceux qu'il estimait risqués. Comme cet homme accoudé au bar, vêtu simplement d'un débardeur.

« C'est une brute, avait simplement dit le barman. Il va te défoncer. Evite.»

Sirius jouait une espèce de jeu macabre dans lequel il s'était donné le rôle de l'impur, du méprisable, de celui qui mérite la pénitence. Et plus l'homme qui l'accompagnait était laid, plus la torture lui apparaissait comme bénéfique. C'était le seul plaisir qu'il retirait de ces moments là, non pas physique, il n'atteignait jamais l'orgasme, mais un plaisir intellectuel pernicieux, à l'image de certains groupes de pénitents moldus.

Et au fur et à mesure des jours, plus l'histoire de Remus avec la fille avançait, plus Sirius s'enfonçait dans une sorte de prostitution malsaine.

James se rendit rapidement compte que quelque chose n'allait pas. Sirius avait des phrases plus acerbes que jamais, et James le trouvait de plus en plus pâle. Mais il n'arrivait pas à savoir ce qui n'allait pas. Lily et lui avaient décidé de se marier et ça lui occupait pas mal l'esprit et prenait beaucoup de son temps. Ca avait certainement à voir avec Remus, mais Sirius refusait obstinément d'en parler. Au contraire, il assurait que tout allait bien, que non, Remus n'avait pas d'amie. James se promit de faire une enquête. Après que Lily et lui se soient mis d'accord sur la liste des invités.

Un jour enfin, Remus invita sa copine à l'appartement. Il n'avait pas prévenu Sirius, ou celui-ci n'avait pas entendu. Il faut dire qu'il était de plus en plus déconnecté de la réalité. Il se complaisait dans son rôle de supplicié, victime de sa pénitence. N'ayant rien à attendre de Remus, il n'attendait plus que ça. Ne vivait plus que pour ça. Plus il descendait dans l'enfer de ce qu'on pourrait appeler de la prostitution, même si ça n'en n'était pas une vraiment, plus il aimait Remus, qui devint pour lui l'égal d'un dieu inaccessible. Sirius avait placé Remus sur un piédestal qu'il élevait chaque jour un peu plus. Et de là-haut, c'était évident qu'il ne pouvait s'abaisser à aimer, ni même considérer quelqu'un comme Sirius.

Ce jour-là donc, Sirius était rentré après Remus. Il tomba sur le couple installé dans le canapé du salon. Un étau se serra autour de lui et il dut faire un effort surhumain pour se composer une bonne figure et accueillir la jeune fille poliment, à défaut de chaleureusement. Sirius leur proposa l'apéro et leur servit un verre de vin.

Remus et elle échangeaient des regards complices. Et à chaque fois, Sirius avait l'impression de recevoir un coup de poignard. Rapidement, il n'arriva plus à se concentrer sur la discussion. Il se cramponnait à son verre de vin, comme à une bouée de sauvetage. Et malgré tout, il souriait. Mais l'effort qu'il devait faire était trop lourd et brusquement il se leva.

- Quelque chose ne va pas demanda Remus ?

- Je viens de me rappeler que j'ai rendez-vous ce soir …

- Ce soir ? s'étonna Remus.

- Oui, ça m'est complètement sorti de la tête. Il faut que j'y aille, désolé. En tout cas, j'espère que nous nous reverrons, dit-il à la jeune fille avec un sourire poli mais forcé.

- J'espère aussi, répondit elle avec un sourire et en se tournant vers Remus.

Sirius sortit assez vite de l'appartement. Une fois la porte franchie, il s'appuya contre le mur. C'était bien plus dur que tout ce qu'il avait imaginé. Les yeux d'ambre de Remus brillaient avec un tel éclat quand il regardait la fille. Jamais il n'avait croisé ce regard là, constata amèrement Sirius.

Et ses gestes si prévenants… Sirius avait tellement souvent rêvé de sa main sur lui.

Sirius avait mal, très mal. Il sentait la douleur irradier dans tout son corps. Il aurait hurlé s'il n'avait pas été dans la rue. Mais tout était de sa faute. Jamais il n'aurait dû aimer Remus. Ni même porter les yeux sur lui. Comment osait-il se permettre d'espérer un regard, une attention ?

Il courut jusqu'à l'Underground Paradize. Il ne réfléchissait plus clairement.

Il se sentait plus que jamais seul et misérable. Plongé au fond d'un abî savait pourtant depuis longtemps que Remus ne l'aimait pas, mais c'était resté quelque part dans sa tête, loin de sa conscience. Et ça lui était revenu, avec force. Il devait se punir d'oser l'aimer avec tant de passion. Une punition exemplaire.

Sirius rentra dans la boîte de nuit avec à peine un regard vers le gorille de l'entrée. Il savait ce qu'il voulait. Il était là, au bar. Comme presque tous les jours. Un débardeur rayé sur le dos, un verre d'alcool devant lui. Ses cheveux mal coiffés lui cachaient les yeux. Sirius se mit derrière lui et lui glissa :

- Maintenant.

Sans attendre sa réponse, il continua son chemin jusqu'aux toilettes, où il entra dans une cabine laissant la porte ouverte. L'homme l'avait suivi et referma la porte derrière lui. Il se contenta d'un :

- Sûr ?

- Oui, répondit Sirius, en baissant son pantalon.

L'homme commença par le caresser puis brusquement il lui enfonça un doigt dans l'anus. Sirius retint un cri. L'homme introduisit un second doigt et se mit à les agiter dans son corps. Sirius ne dit rien. Il voulait sentir la douleur physique prendre le dessus de sa douleur intellectuelle. Il savait que plus vive serait la douleur, plus il expierait sa faute.

L'homme le pénétra à plusieurs reprises, avec violence. Après les premières fois plus douloureuses que jamais, Sirius ne ressentit plus rien. Il était anesthésié par les poussées de l'autre en lui. Il se retenait à la tuyauterie pour ne pas tomber sous les coups de butoir que lui assénait l'homme. Celui-ci le retourna plusieurs fois, faisant jouer les positions. Il attrapa le sexe de Sirius pour l'amener au bord de l'éjaculation plusieurs fois. Mais chaque fois, il montrait plus de bestialité.

Le sexe de Sirius le brûlait. Son intérieur était morcelé. Il était dans un état proche de l'évanouissement. Enfin, il acquittait sa faute. Il ne méritait pas l'amour de Remus. Surtout, il n'était pas digne de l'aimer. Il devait être châtié pour ça. C'était le prix à payer pour avoir poser son regard sur Remus.

L'homme ne paraissait pas pressé d'en terminer. Et plus cela durait, plus profond en lui Sirius le percevait. Il avait l'impression que l'autre touchait de son sexe tous ses organes.

Lorsque l'homme finit enfin par jouir, Sirius sentit une telle poussée dans son ventre qu'un haut-le-cœur le saisit. L'homme s'en alla, Sirius se laissa glisser à terre et se mit à vomir.

La porte des toilettes s'ouvrit et un jeune homme entra. Il avisa Sirius et avec une touche d'inquiétude demanda :

- Ca va ?

Sirius fit oui de la tête.

- Tu veux que je t'aide ?

Sirius fit signe que non. Mais le jeune homme l'aida à se relever.

- Tu devrais te rhabiller.

Sirius enfila difficilement ses vêtements avec son aide.

- Tu devrais faire attention, il y a des types qui sont des brutes…

Sirius esquissa un sourire. Il l'avait voulu. C'était une torture qu'il avait choisi. Il repoussa le bras que lui tendait l'autre et se dirigea vers les lavabos, tant bien que mal. Il avait de la peine à écarter les jambes pour avancer et il se retint plus qu'il ne s'accouda au lavabo devant lui.

Il était épuisé. Sale. Et lorsqu'il se regarda dans le miroir, il se lança un regard noir. Il se détestait, se trouvait répugnant. Il se corrigea : il était répugnant. Indigne de quelqu'un comme Remus. Son corps lui paraissait immonde. Et la vie qu'il y sentait encore l'écœurait. Il aurait voulu ne plus la sentir. Se faire crucifier sur l'autel de l'amour. Machinalement, il se tourna vers le jeune homme qui l'avait aidé, et qui était resté à le regarder se diriger vers le lavabo en titubant.

Le fait de tourner la tête fit chanceler Sirius et à nouveau le jeune homme se précipita pour l'aider. Sirius en profita pour lui glisser à l'oreille :

- Prends-moi…

- Ca ne va pas ? Le jeune homme l'avait lâché brutalement. Tu n'as pas eu ton compte ?

- J'en ai besoin… pour retirer cette vie qui reste, pensa-t-il.

- Tu ferais mieux de rentrer chez toi.

Sirius ne répondit pas. Il eut du mal à remonter l'escalier. Il s'accouda au bar, sans s'asseoir, et commanda un double whisky. Puis un second, et un troisième. Il s'enfonçait seul dans une nuit dont il ne voulait pas remonter.


Ceci dit, je voulais aussi vous dire d'où m'est venue cette fic. Déjà de mon moral qui devait être vachement guilleret... Mais aussi d'une scène dans le Da Vinci code, et aussi de documentaires sur les Medicis, le rapport avec la religion... parce que j'ai essayé d'utiliser ici des mots qui font plus partie du vocabulaire religieux (enfin, à la limite de..) Jusqu'où un amour absolu, et purement intellectuel peut pousser des gens ( certains groupes de pénitents) à s'infliger des punitions violentes... et à aimer ça jusqu'à en redemander ???

Vous êtes encore là ?

Prochain chapitre : on respire (un peu, mais pas trop, Lokness, ne te fais pas d'illusion) avant la fin...