Voilà le dernier chapitre.

On termine en apothéose !!!


James perdit du temps à chercher son chemin mais finit par retrouver l'Underground Paradize. Si Sirius y était allé la veille, il y avait des chances pour qu'il y soit retourné. C'était sans doute la moins pire des choses qui pouvait lui arriver. Après tout, passer la nuit dans une boîte n'avait rien de dangereux.

James entra et se dirigea droit au bar. Des yeux, il balaya l'endroit. Il y avait peu de clients, une vingtaine au plus. Mais pas trace de Sirius.

Un homme d'une quarantaine d'année aborda James avec un sourire entendu :

- Tu me cherchais ?

- Non. Je cherche un ami.

- Quel genre ?

- Assez grand, cheveux mi-longs noirs, élégant, il a dû arriver il n'y a pas longtemps…

- Oui, je vois. C'est un habitué. Il n'avait pas l'air dans son assiette quand il est arrivé et il est reparti aussitôt avec un mec, intervint le barman.

- Vous savez qui ?demanda James.

- Je ne sais pas son nom, continua le barman. On le surnomme 'la rose'… à cause de son tatouage

- C'est juste un surnom, ajouta l'homme qui avait abordé James. Mais il n'a que les épines… Si c'est vraiment avec lui qu'il est parti, ton copain est parti pour l'enfer !

James avait pâli.

- Ca veut dire quoi ?

Le barman le regarda, avec gravité.

- Il y a des hommes qui aiment les sensations fortes…si tu vois ce que je veux dire…

- Et où sont-ils partis ? demanda James d'une voix blanche.

- Son repaire est dans une ruelle, un peu plus loin, dit le plus âgé. Je t'y emmène si tu veux.

Et comme James acquiesçait, ils sortirent tous les deux.

- C'est ton petit ami ? interrogea l'homme.

- Non, mon frère… Enfin, il est comme mon frère, répondit James.

- Ah…

- Il vient souvent dans cette boîte ?demanda James.

- Oui, ces derniers jours il était là presque chaque soir.

- Il… Il voyait quelqu'un ? continua James, tentant de se rassurer face à une situation qui lui échappait.

L'homme le regarda. Il sembla hésiter avant de répondre :

- Pas en particulier, si c'est ta question…

- Pas en particulier ? Il voyait… plusieurs personnes ?

- Oui. En fait, il venait uniquement pour… enfin, pour avoir une relation… Chaque fois quelqu'un de différent, des fois deux ou trois dans la soirée…

Il semblait à James qu'il découvrait un autre homme que le Sirius qui était son ami. Sirius…A quoi jouait-il ? Bon, d'accord, il y avait le fait que Remus avait une petite amie, mais comment expliquer l'attitude de Sirius ? Et pourquoi ne lui avait-il rien dit ?

- Tu sais, il était bizarre ton copain… poursuivit l'homme tout en l'entraînant dans une ruelle au fond de laquelle il y avait une petite cour. On aurait dit qu'il n'avait pas de plaisir physique à faire ça…Tout dans la tête… Tiens, on y est . C'est là, tu montes au premier, deuxième appartement à droite.

- Merci, réussit à dire James.

- De rien. Et bonne chance !

James le regarda partir. Ce mec-là avait certainement fait partie des amants de Sirius. Si le terme amant pouvait s'appliquer à … A quoi ? se demanda James. A cette espèce de relation de sexe… Qu'est-ce qui avait pris à Sirius ? James ne comprenait pas. Quel but poursuivait-il ? Quel plaisir en tirait-il ? D'ailleurs, était-il question de plaisir ? Pas vraiment d'après ce que venait de dire cet homme. Ou un plaisir intellectuel qui échappait à James.

James inspira longuement et se tourna vers la porte. Elle était vitrée sur sa moitié supérieure. Enfin, elle avait dû être vitrée. Il ne subsistait que des morceaux de verre ça et là sur le pourtour d'un espace vide.

On pouvait apercevoir un couloir sombre par cet espace. James s'y engagea. Le couloir était étroit et sur un de ses murs, des boîtes aux lettres en métal, dont une bonne moitié éventrée, étaient alignées. James essaya de lire les noms, mais les étiquettes étaient à moitié effacées.

« tu montes au premier, deuxième appartement à droite. »

James monta lentement l'escalier. Qu'est-ce que faisait Sirius ? Est-ce que James devait intervenir ?

« ton copain est parti pour l'enfer. »

Oui, il devait intervenir. Il tenait à Sirius et il ne pouvait pas le laisser glisser dans cette espèce de seconde vie sordide. Sirius avait plein de qualité, et ce n'est pas parce qu'un hétéro de loup-garou ne l'aimait pas qu'il n'était pas digne d'être aimé. Il y avait plein de mecs qui valaient mille fois mieux que Remus.

James était parvenu au premier étage. Il prit sur sa droite. Une porte, deux portes… Il s'arrêta et tendit l'oreille. Il n'y avait pas de bruit. James fronça les sourcils. Il aurait préféré entendre quelque chose. Même un cri qui lui aurait permis de penser que Sirius avait besoin de lui pour être sauvé.

Mais rien, pas un son ne sortait de l'appartement. Il frappa à la porte. Pas de réponse. Il recommença plusieurs fois sans plus de succès.

vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvv

Sirius était allé directement à l'Underground. Ce qu'il avait fait était impardonnable. Il n'aurait pas dû toucher Remus. Comment avait-il pu osé ? C'était impardonnable. Ou avec tellement de contrition… La mortification devait être à la hauteur de cette offense.

Sirius savait ce qu'il voulait.

Il parcourut des yeux l'endroit et trouva exactement ce qu'il voulait. Il en avait entendu parler. Aujourd'hui, il fallait qu'il le fasse. Il s'approcha d'un homme, la quarantaine, cheveux courts, une barbiche taillée en pointe sur le menton. L'homme lui adressa juste un sourire et passa son bras sur ses épaules. Il embrassa Sirius dans le cou et tous les deux sortirent.

L'homme emmenait Sirius dans son antre. Il avait posé sa main sur l'épaule de Sirius tandis qu'ils cheminaient. Ils passèrent des maisons et tournèrent dans une petite ruelle sombre.

C'est là qu'ils leur tombèrent dessus. Ils étaient quatre ou cinq hommes, il faisait trop sombre et Sirius n'eut pas le temps de compter.

- Tiens donc, regardez ! un couple de tapettes ! dit l'un d'entre eux.

- C'est exactement ce qu'il nous fallait, n'est-ce pas ? ricana un autre.

- Ca vous dirait une petite fête ? fit un autre encore.

Sirius et son compagnon furent vite encerclés. Les hommes autour d'eux avaient dans leurs yeux une méchanceté féroce. Mais Sirius était dans un état qui l'empêcha d'avoir peur. Si cette épreuve pouvait lui permettre d'expier sa faute, alors il l'acceptait. Il aurait pu sortir sa baguette et se débarrasser des moldus mais il n'en fit rien. Il devait payer pour son crime. Ses hommes devaient être des homophobes, il savait que ça existait chez les moldus. Des gens qui, plus encore que Remus qui le tolérait, haïssaient ceux qui ne vivaient pas comme eux.

Les hommes les obligèrent à entrer dans un immeuble et les entraînèrent sans ménagement dans le sous-sol. Ils ouvrirent une cave et les jetèrent dedans plus qu'ils ne les y poussèrent.
Sirius et son acolyte se retrouvèrent par terre.

- Maintenant, on va faire la fête, d'accord ?

L'homme attrapa une batte de base-ball accrochée au mur et s'approcha d'eux.

- On ne va vous faire que ce que vous aimez, n'ayez pas peur, reprit-il avec une certaine ironie qui fit rire ses camarades.

Il se pencha sur Sirius et lui arracha ses vêtements. Il lui caressa la peau du bout de la batte.

Sirius le regarda avec un air de défi.

- Tu aimes ça, hein, salope ! dit l'homme. Tu vas adorer la suite…

(1)

Une demi-heure plus tard, ce n'étaient que deux masses inertes que les hommes traînèrent hors de la cave et abandonnèrent derrière un container à poubelles dans la ruelle.

vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvv

James regardait la porte close et muette avec désespoir.
Là s'arrêtait la piste de Sirius. Où pourrait-il le retrouver maintenant ? Il n'en n'avait aucune idée. Il avait tellement l'impression d'avoir perdu son ami. Il ne le reconnaissait pas dans le portrait qu'on faisait de lui. En plus, il s'était écoulé tellement de temps maintenant depuis qu'il était parti de l'appartement, qu'il pouvait être n'importe où.

Dans quel état de désespoir était Sirius ? A quelle extrémité serait-il porté ?

James frissonna. Pour la première fois, il eut peur de ce que pouvait faire Sirius. Il était capable de tellement de choses…

Il descendit l'escalier et sortit de l'immeuble pour se retrouver dans la ruelle. Où pouvait-il chercher maintenant ? Machinalement, ses yeux firent le tour de la ruelle, et c'est à ce moment qu'il distingua deux formes humaines à côté de la poubelle. Ils n'étaient pas là tout à l'heure. James s'approcha. Il crut que c'était deux sans-abris venus se mettre à l'abri du vent. Sans doute étaient-ils plus au courant de ce qui se passait ici. Il pouvait essayer de leur poser des questions, s'ils étaient en état de répondre.

En s'approchant, James fronça les sourcils, la veste qui recouvrait partiellement l'un d'eux lui apparut familière.
Un nœud se forma dans l'estomac de James. Non, il devait se tromper… Il se pencha et souleva la veste noire. James eut un haut-le-cœur. C'était Sirius qui était en dessous. Sirius, nu, le corps recouvert d'ecchymoses, maculé de sang mêlé à une substance blanchâtre.

- Sirius ? Sirius !

James essaya de le secouer. Mais Sirius ne réagit pas. Les yeux de James se remplirent de larmes. Il l'appela encore et encore. Mais sans plus de réaction. James le prit dans ses bras, les larmes coulant maintenant sans retenue.

- Sirius, réponds-moi, je t'en prie… Sirius, ne me laisse pas… Je t'en prie… Sirius…

Enfin, James sentit un mouvement. Sirius ouvrit les yeux avec difficulté. Ils ne brillaient pas. Il murmura :

- Je suis pardonné…

Et il sombra dans un sommeil sans rêve dans les bras de James.


(1) (Ok, là je m'arrête parce que la scène qui suit est encore plus dure que tout le reste. Mais j'en ai mis assez pour que vous imaginiez ce qui leur arrive…)

Un violon solo délivre une plainte mélodieuse. Sur l'écran apparaît le « This is the end my friend…" Et là, je sais que vous profitez du long générique de fin pour essuyer la petite larme qui est venue avant de sortir de la salle de cinéma.

C'était un film dur et cruel. Aucune épreuve n'aura été épargnée au héros…(oui, là, j'avoue que je ne sais pas ce que j'aurais pu rajouter...)

Merci d'avoir lu jusqu'au bout.