Sentiments et Méchants

- Rosie?! s'exclama le chaman, visiblement surpris.

Link était largué et regardait alternativement la jeune fille à la peau blanche et l'homme à la peau basanée. « Ils ne se ressemble pas du tout... », songea-t-il.

L'homme la fit entrer dans l'auberge et Link les suivit, intrigué par cette aventure de plus en plus bizarre. Dans la cuisine de l'établissement, ils prirent place à table, et mangèrent un peu, tout en écoutant Rosie parler. Elle raconta à son oncle que ses parents étaient morts dans un étrange accident et qu'un moblin avait attaqué sa maison et que Link était venu à sa rescousse.

- Je vois, fit l'homme, attristé par le décès de sa sœur. Bien, tu resteras avec moi.

Puis, il annonça une mauvaise nouvelle :

- Mais, la seule maison inoccupée a un trou dans le toit...

Link se mordit aussitôt la lèvre inférieure.

- Je la réparerai, dit-il soudain. De toutes façons, dans un sens, le toit, c'était ma faute...

Sur ce, il sortit pour commencer, tout heureux, tandis que les autres étaient complètement largués.

333

Au château d'Hyrule la princesse était préoccupée par le cas d'une audience demandée sur-le-champ par la patriarche d'un peuple souhaitant occuper un espace des plaines, puisqu'elles étaient vides, et le calme plat y régnait désormais.

- Alors, vous vous êtes décidée, altesse? demanda la jeune fille, de son accent sifflant. Je ne suis pas indisposée à attendre longtemps, mais les enfants ont hâte de pouvoir s'installer... et les gosses, ils me font souvent galérer, ce que je ne souhaite pas.

Elle consulta ses conseillers du regard, ne sachant trop que faire. Aucun ne semblait s'y opposer, la partie de Trouduc (NDA : mon jeu de carte pref'. Même si je perds tout le temps à cause de ces fichus triples...) étant trop captivante. Elle déclara donc :

- Bien, Peuple de... des...?

- Nous sommes les Arawak (NDA : ancien nom de l'iguane.), précisa la jeune femme, ne la quittant pas une seconde de son regard sombre.

Zelda fit un long discours, tout en détaillant son invitée. Elle portait une longue cape blanche à capuchon, dont l'entrouverture sur le devant laissait noir un haut de cuir, très simple et un paréo noué à la taille, par-dessus des « shorts » serrées en cuir noir et des sandales de papyrus aux pieds. Une peau basanée, dont le visage était couvert de lignes rouges, des yeux au fond noir et à l'iris jaune (NDA : comme Sasuke, sous le sceau maudit phase 2) et à la pupille d'ébène et pour finir, de longs cheveux rose, comme un coucher de soleil. Elle semblait inoffensive, car son invitée était très chétive, mais la princesse garda ses doutes, car accrochés dans le dos de la Arawak à l'aide d'une ceinture de cuir, se trouvaient un « Rod » (NDA : un bâton de sort) et un sabre richement décorés, sûrement volé à des brigands du désert, puisqu'elle disait venir de bien au-delà du désert des Gérudos.

- Je vous remercie, dit la patriarche en s'inclinant bien bas. Soyez sûre que nous serons en bon termes avec ces Gorons et ces Cocoricois (NDA : ça doit être ça...).

La rose allait sortir, quand Zelda l'interpella :

- Comment vous appelez-vous?

Un sourire étrange se dessina sur le visage pour le moins spécial de la femme, qui répondit doucereusement :

- On m'appel parfois Taka, d'autres fois, on me nomme Ryû, Kagami, Danna... j'ai trop de noms... tout dépens de l'endroit... Vous pouvez m'appeler comme bon vous semble.

-Alors, décida Zelda, je vous appellerais Taka.

La patriarche esquissa un sourire et s'en alla.

333

Link réparait le toit sans trop se poser de question, mais tous se demandait pourquoi à chaque fois qu'on lui demandait pourquoi il le faisait, il répondait « Après tout, c'est un peu de ma faute... »

Rosie, quant à elle, ne se posait pas toutes ses questions. Pourquoi s'en faire? Après tout, chaque moment avec le jeune homme était magique, et la brune voulait qu'il reste le plus longtemps possible. Bien sûr, Link finit par réparer le toit et dû quitter pour retourner à ses aventures, à la plus grande peine de Rosie.

Le soir du départ du Héros, prétextant avoir trop mal à la cheville et à la tête pour assister à son départ, elle resta étendue sur son lit, et la grande question lui vint à l'esprit. Tout haut, elle se demanda :

- Et si... j'étais amoureuse de lui?!

Puis, elle s'esclaffa en s'asseyant. Par contre, son rire s'estompa bien vite.

- Oui, c'est impossible... de toute façon, si jamais il s'avérait que je m'étais vraiment amourachée de ce jeune homme, je n'y trouverai pas de bonheur; il ne serait jamais là, toujours sur la route à sauver le monde!

Rosie rit une dernière fois de bon coeur avant de prendre place dans son lit et de remonter les couverture jusqu'à son menton et de sombrer dans le sommeil.

333

Dans la plaine, minuit était passé, pourtant, Taka était toujours debout, devant le grillage du village. Il y avait quelques heures, bien cachée derrière un rocher non loin de là, elle avait vu un garçon tout de vert vêtu sauter par-dessus ce fameux grillage, qu'on avait fermé au crépuscule, et partir en direction de Toal.

Même s'il n'avait plus de monstre dans les plaines, Taka avait prit son Rod et sa dague de rituel. Un tigre noir et jaune se matérialisa près d'elle, rassemblant les particules de poussières dans l'air.

- Bonsoir, Iso, murmura-t-elle au félin.

La bête ne répondit pas. Après un court silence, il dit d'une voix masculine et rocailleuse :

- Alors, ils se sont enfin rencontrés?

Visiblement impatiente, la patriarche répondit :

- Oui! Ça valait la peine d'attendre mille ans...

La coupant, le tigre ordonna :

- Arrange-toi pour que les pouvoirs de la fille se manifestent... et pour que le garçon revienne.

De plus en plus fébrile, la Arawak ajouta :

- Et lorsqu'il reviendra, il sera sûrement trop tard pour la sauver, il devra la tuer et ses pouvoirs seront à nous...

Alors, Iso rit d'un rire sonore et guttural :

- Et Termina et Hyrule seront à nous avec ce pays caché, bien sûr... BWAHAHAHAH!!

- Mais chut!! Si on nous entend, ça tombe à l'eau!!

Le tigre lui fit une grimace et disparu. De son côté, Taka prit la direction de son camp, où tous les autres Arawak dormaient, sans rien savoir...