La vraie histoire

Link ne guérissait pas. Le garçon était conscient et endurait toutes ces souffrances. Rosie lui avait demandé pourquoi, une fois, et il lui avait simplement répondu « J'ai mes raisons. »

Elle avait pensé pendant un quart de seconde : « Et si c'était pour moi? » Puis elle s'était ravisée en se disant qu'elle était idiote. Pourquoi elle? Alors que la princesse était amoureuse de lui... c'était absurde. Comment rivaliser avec la souveraine?

***

Dark-Link arriva nonchalamment derrière Rosie, la jeune fille étant complètement endormie. Il décida quand même de ne pas la surprendre. Non, éprouvant exactement les mêmes émotions que Link, il savait que cette fille lui plaisait. Énormément. Pourtant, le noiraud aimait la même personne que Rosie (NDA : Gniarf!! Vive le yaoi entre ces deux-là!!).

Ne sachant que faire pour aider, il commença par faire disparaître les blessures les plus graves de son double lumineux. Il éprouva tout de suite une grande douleur à l'abdomen. « Nom d'une cigale... cette blessure était grave. » pensa-t-il. Il avait changé la blessure de corps. Simplement.

- Tu m'en dois une, mec... maintenant, on est liés.

Et il transplana (NDA : emprunté à Harry Potter).

***

J'attendais Darky dehors, la tête bien haute en faisant des remarques désobligeantes sur le style du village. Il se tenait le ventre, qui saignait un petit peu beaucoup. Il faisait son brave, mais je savais qu'il souffrait.

- Dégage, Merry, me dit-il. J'ai plus besoin de toi.

Toujours aussi poli. Ça ne m'étonne pas. Un vrai mec qui se croyait supérieur. D'habitude, les gens comme ça me sortent par les trous de nez (NDA : est-ce la bonne expression pour « il m'emmerdent SOLIDE »?). Mais lui, c'était l'exception confirmant la règle. Il avait eut besoin de moi pour changer de monde. Pour le reste de cette histoire, c'est secret militaire (NDA : ma toute première fic... c'était une tellement piteux) classé top secret!

Alors qu'il s'en allait en claudiquant, je m'adossai à une maison en soupirant d'exaspération. Un peu de peine aussi. J'avais du mal à l'avouer, mais je m'étais attachée à cet émo de malheur appelé Dark-Link.

- Tu sais quelle est la véritable source du mal?

- N... non, fit-il en se retournant, assez intéressé.

Je regardai le sol avec un air sérieux qui ne m'allait pas avant de remonter la tête et de dire :

- C'est toi.

Il fut si surpris qu'il tomba à la renverse en gémissant de douleur. Trente secondes plus tard, il me demandait :

- Comment ça?

Je pris une grande inspiration avant de me lancer.

- Parce que si Link meurt, tu devras commander les troupes de Ganondorf – fais pas cette tête-là, on vient de le tuer! – puisque seul toi le pourrais. Et si le contraire advient, les monstres de Ganon seront lâchés sur la plaine et seront incontrôlables. Dans les deux cas, on arrive à un massacre perpétuel. L'un ne peut exister pas sans l'autre. La lumière et l'ombre ne doivent faire qu'un à nouveau. Vous êtes quasiment la même personne, mais...

- Mais quoi? demanda Dark, interloqué.

- Mais c'est impossible. Vous ne pouvez plus faire qu'un.

- Pourquoi? demanda-t-il, complètement largué et furieux. Tu serais pas là-dessous, espèce de vielle mégère?

À mon petit rire amusé, il devina que j'avais effectivement quelque chose à voir là-dedans.

- Qu'est-ce que t'as fait, espèce de b...!

- T'es trop vulgaire, mon cher petit Molosse Hurlant! dis-je. Pour répondre à ta question, j'aime m'attirer les foudres des personnages et leur causer tout pleins de problèmes très, très, très ennuyants! Comme je t'ai conté l'histoire de ce qui est arrivé à Superman parce qu'il voulait que j'arrête? Non? Ben maintenant vu qu'il m'a énervée il est coincé sur Pluton dans une prison de Kryptonite. C'est triste, hein?

Il semblait complètement furieux. Tellement qu'il se releva et tenta de me frapper au visage. Il passa au travers de moi et s'écrasa contre la maison derrière moi.

Je m'élançai donc par derrière vers une autre maison. J'entendis quelqu'un pleurer.

- Tu... tu pleures? Dark, ça va pas?

Il se retourna et hurla avec colère :

- Je veux sauver Link! Même s'il ne saura jamais que je l'aime! Je veux... qu'Hyrule soit en paix! Que... qu'il n'y ait plus de problèmes! Je l'aime, bon sang! T'ES QU'UNE SALE PETITE S...! finit-il, hors de lui.

Non! Pas du yaoi!! Ce petit Molosse savait bien que je ne pouvais pas résister au côté très romantique du yaoi, même en n'étant qu'une très, très, très, très petite fan de ce genre... depuis que j'haïssais le Zelink. Je reniflai un peu avant d'avouer :

- C'n'est pas vrai que tu dois faire qu'un avec Linkounet. C'est avec Rosie. Tu es une partie d'eux.

- D'eux?

- Oui. D'eux. Au début des temps, moi et les déesses avons fait un marché. Tant que tu vivrais, même si tu ne serais pas en Hyrule, le mal existera. Tu es le double du premier Link, le tout premier héros, mais tu as tout oublié. Pour en venir au eux, ils sont destinés à s'aimer. Ça causerait la perte d'Hyrule, si tu existais, car en existant, tu serais définitivement séparé d'eux et tous les monstres ravageraient Hyrule alors que Link prendrait la poudre d'escampette vers Termina. C'est ce qui arrive quand on confie le monde à des adolescents, que la toute petite Merry de quatre ans a dit, mais les déesses ne l'ont pas écoutée! Alors quelques heures après – pour vous au moins mille cinq cent ans –, le grand Ganon apparaissait, et le vaillant Link venait quelques minutes après, fidèlement suivit de son ombre, celle causant le mal sans le vouloir. Il y a quatre milles ans – oui, tu es aussi vieux que ça, mon cher petit Molosse – il était de mon devoir de te tuer lorsque Link aurait seize ans, à la pleine grandeur de l'ombre. Mais la petite Merry, toujours haute comme trois pommes, a vu un regard perdu et s'est prise de pitié. À cause de la petite Merry, Link est tombé au combat. Mais bien sûr, avant, les déesses ne s'étaient pas occupées des petits détails. C'était un Link sanguinaire, un sale vicieux payant les prostitués – fais pas cette tête, les autres Link ont tous été galants parce que la petite Merry s'en est occupée pendant que les déesses jouaient au strip poker avec le dieu de la beauté – et qui avaient quelques descendants beaucoup plus vaillants. Ça oui, ils étaient vaillants, beaux et forts. À partir de là, plus un n'a faillit à la tache. Non pas parce que je t'avais tué, mais parce que je me suis occupée de Ganondorf. Trente secondes de possession et c'était finit. Comprends pourquoi ces déesses me dégoûtent. Une fillette de quatre, ans! Lui donner la mission ignoble de tuer un pauvre petit émo tout innocent! Ça reste dans la mémoire! Alors la petite Merry a enfermé son innocence tout au fond de son coeur et s'est forgé une personnalité détestable, une s... comme tu l'as si bien dit. Les premiers temps, être si dure était ardu. Mais à la fin j'ai réussi. Tu vois où j'en suis? Quatorze ans avec la personnalité d'une guerrière alors que je ne sais pas me battre. En faite si, mais ça ne compte pas. Et tu sais quoi? Lorsque les déesses en avaient marre du vieux Link, elles m'ordonnaient d'aller le tuer et de créer un nouveau seigneur du malin. Tout ça sans même prendre la peine de me regarder! Tu te rends compte? Pendant dix longues années, je me suis sentie aussi importante qu'une paire de bas sales! J'avais la haine contre ces démones. La seule qui me comprenait, c'était Farore. Elle était innocente pour deux. Puis, elle et moi, quand j'avais douze ans, on a élaboré un plan. Quelque chose pour ne pas te tuer, mais pour sauver Hyrule en même temps. Et c'est de là qu'est née Rosie. En faite, l'idée. Rosie était un dessin que j'ai fait, accroché sur le mur de la chambre de Farore. On a mit deux à finir le tout. Pour vous ça a été à peu près quatre cent ans. Alors Rosie est née, la même année que Link, et sais-tu ce que j'ai dû aller arracher aux bras d'une mère en pleurs pour sauver votre monde? Un bébé qui devait s'appeler Lughan! Le Link qu'on connaît. Pour créer Rosie, sais-tu ce que j'ai dû arracher à un bébé en larmes? Trois cheveux blonds comme le blé. Pour que tout sois parfait, sais-tu ce que j'ai dû faire? Laisser le pauvre enfant qui me regardait avec un regard suppliant devant la porte du maire d'un village. À la fin, j'étais tellement dégoûtée de moi que j'ai laissé mes cheveux blonds et courts pour des longs et noirs. Mes yeux noisettes pour des bleu et j'ai complètement changé d'apparence. Ma propre mère ne m'a reconnue qu'à ma voix! Vois-tu combien j'ai souffert à cause de toi?!

Je fis une pause. Des larmes de colère toutes chaudes coulaient sur mes joues. Je continuai, la voix toute tremblante :

- Mais je n'ai jamais pu te détester. Et pourtant tu m'as enlevé mes amis, mon bonheur, mon innocence... Je ne peux simplement pas te détester. Parce que je sais que tu n'as jamais voulu exister, comme moi je n'ai jamais voulu de cette vie! J'en ai marre de devoir passer mon temps à me faire haïr. Mais c'est le prix à payer pour voyager dans les autres mondes. Je ne devrais pas te dire ça. Mais j'm'en fou complètement. C'est aussi le prix pour garder le souvenir brûlant du jour où j'ai connu mon frère. Ce souvenir est si beau, c'était du temps de mon innocence perdue. C'est le plus beau que j'aie. Je le serre contre mon coeur tous les matins. Chaque fois que j'ai peur. Chaque fois que je manque de confiance en moi. Chaque fois que j'ai envie de me jeter dans les bras des enfants aux trop grands pouvoirs que les déesses m'envoient tuer. Chaque fois que mes amies m'énervent un peu trop et que j'ai envie de les écorcher vives (NDA : le dernier exemple est réel.). Chaque fois où j'ai envie de sourire pour rien du tout – ce qui est extrêmement rare parce que je ne souris que pour de très, très bonnes raisons. Tu comprends pourquoi je hais tant les déesses?

Dark fit « oui » de la tête. Je tremblais, mais je ne pleurais plus. L'aube se levait. Tout ce que j'avais mis dans le sac des « non dit » était sorti. Je me sentais tellement légère. Je pouvais apprécier l'aube. C'était beau. Il y avait dix ans que j'admirais l'aube tous les matins. Il y avait dix ans que je ne l'appréciais plus. C'était une toute autre expérience.

- Dark... tu ne t'en souviens pas, mais ton existence a été aussi difficile que la mienne. À cause de leurs convictions religieuses, les gens ne t'ont jamais accepté. Tu étais rejeté partout où tu allais. Alors tu a fais comme moi après qu'on ait tué ton seul ami : un chien – exactement comme mon frère. Ne fais pas cette tête-là, j'ai toujours considéré mon chien tel un frère. Revenons-en à toi, ce chien que tu aimais tant et qui t'adorait a été tué par des gamins du village près de la forêt où tu t'étais caché. Tout ça pendant qu'on te retenait et qu'on t'obligeait à regarder! J'avais sept ans je te regardait tout le temps. C'est moi qui te faisais oublier tes misères et rajeunir ou grandir au besoin. J'avais envie de me jeter dans le miroir pour venir t'aider, mais quand je l'ai voulu, Din est m'a poussée et m'a dit simplement « Fous le camp, sale gamine. Je dois me faire belle pour mon rendez-vous avec le dieux des chats ». J'étais estomaquée. Et tout ce que j'ai pu souffler c'est « Espèce de sale p...! » Et je me suis cachée. Deux minutes après, je suis revenue mais il était trop tard. Le chien avait été battu à mort. C'est la dernière fois mis à part la mort de mon frère que j'ai pleuré. Et pas qu'un peu. Toi aussi, tu pleurais. C'est à ce moment que toi aussi tu a enfermé ton innocence à jamais et est devenu si fier et arrogant, bref le Dark-Link qu'on connaît. Tu n'as plus jamais pleuré. Et c'est là que ta haine a grandi et t'a poussé à une époque à t'allier avec Ganondorf.

Dark me regardait avec de grands yeux étonnés. Il devait se rappeler de tout avant de retourner à sa forme d'origine : l'ombre du héros du temps.

- C'était il y a maintenant cinq cent ans, continuai-je avec un grand calme. Le reste de l'histoire, tu n'étais plus qu'une créature cherchant à oublier ce chien, ton seul souvenir. Un souvenir si doux, si amer; si délicieux, si dégelasse; si beaux et si laid à la fois... un souvenir que tu ne voulais plus te souvenir et en même temps que tu voulais toujours te remémorer. C'est un peu étrange, mais je te comprends si bien.

J'avais terminé. Dark-Link me regardait, surpris de voir qu'au fond, je n'étais pas une vous savez quoi. Puis, souriant sincèrement, je dis :

- Allez viens, on a plus beaucoup de temps!

Je le pris par le bras, ce qui guérit sa blessure en même temps. En un temps record, nous arrivâmes dans la chambre de Link. Dark s'approcha du blond et dit doucement :

- C'est parce que je t'aime réellement que je fais ça. En vivant en Rosie, j'espère que je pourrais t'aimer sans les frontières de la coutume. Je t'aime.

Dark-Link déposa un baiser sur les lèvres de celui qu'il aimait. J'essuyais une larme sur ma joue. Voyant le temps dehors, je soufflai à mon émo préféré :

- Vite, dépêche! On n'a plus beaucoup de temps avant que le prêtre arrive!

Le noiraud brisa le baiser et se tourna vers moi et murmura :

- Merci, Merry. Tout va sûrement rester entre nous, non? Alors sois sûre que je ne dirais rien à Rosie. De toute façon, je ne serais que son intuition. Je ferais attention à ne pas me faire remarquer. Fais-le maintenant.

Avec une grande lumière, je transférai l'essence de Dark-Link dans le corps de Rosie. « C'est pour tous ceux qui ont trop souffert de cette guerre sans fin pour amuser ces deux connes» pensai-je en pensant à Din et Nayru.

Le matin se leva paresseusement. J'avais réussi. Les monstres se désintégraient partout dans le pays. Je sentais que le mal serais toujours là, mais les hommes et les hyliens étaient pareils : Bornés dans leur nature, infinis dans leurs vœux, ils sont des dieux déchus qui se souviennent des cieux. (Lamartine).

Mais ils avaient aussi du bon en eux. Et rien ne pourrait jamais changer cela. Les hommes : imparfaits, êtres de lumières et d'ombres à la fois. Il en était de même pour les hyliens.

Lorsque Link s'éveilla, la première chose qu'il vit fut moi, caressant ses cheveux d'or avec un sourire rayonnant.

- Bonjour, farfadet, lui dis-je avec douceur.

- T'as changé toi, dit-il tout bas.

Il se laissa emporter par la douceur du moment. Juste de l'amitié. « Link... si tu savais grâce à qui j'ai renaît en une nuit, tu ne me croirais jamais. » pensais-je avec amusement.

Je regardai Rosie. Sous l'effet de mon regard perçant, elle se réveilla et me regarda comme si elle tentait de se souvenir de moi. Elle demanda avec un peu d'amusement :

- Dites-moi, est-ce qu'on se connaît?

- Pas exactement, répondis-je. Même si tu ne sauras peut-être jamais pourquoi et pour qui... et puis pourquoi ne pas tout vous raconter devant une tasse de thé?

Et une nouvelle vie commençait. Pour le pays et pour ses habitants. Mais aussi pour moi, ayant retrouvé le sourire, la vie quoi.

Blablas : Quand je me suis relue, je me suis demandée si j'avais vraiment écris ça. J'ai fait dix pages en une soirée! D'habitude, je fais beaucoup moins que ça! Le prochain chapitre « Épilogue ou les funérailles d'un héros mal compris ». Bref, à part ça... je m'étonne vraiment moi-même... on voit un peu que je ne suis pas très sympathique envers les déesses. Bref... la fin approche. Une fic très courte, mais dont je suis extrêmement fière! Z'avez vu comment j'ai tout fait pour arranger tout en un seul geste? Je sais qu'il reste un peu d'incohérence, mais ça c'est pas tellement mon truc. J'm'éternise donc... T'chao