RAPPEL:
Rating : M
Disclaimer : L'univers et les personnages utilisés dans cette histoire appartiennent à JKR
N.B. : ce récit tient compte de tous les tomes de la saga, mais pas de l'épilogue du tome 7!
Résumé : Malgré la mort du Seigneur des Ténèbres, les forces du Mal ont triomphé et Lucius Malefoy est ministre de la Magie. Ron et Harry sont emprisonnés, et Hermione arrive péniblement à exercer son travail d'avocate. Afin de faire libérer ses amis, elle accepte l'accord qu'il lui propose : commettre 7 fautes en échange de leur liberté.
Merci pour vos reviews, c'est très agréable d'avoir de tels retours. J'espère que la suite vous plaira. Je poste actuellement depuis un PC ne disposant pas de Word, donc si quelques coquilles ont échappé à ma vigilance, faites-le moi savoir. Bonne lecture!
Sept Leçons
Chapitre 4
Paresse
« Ne ressentez-vous jamais la lassitude de votre condition ? Je veux parler de cette existence sans envergure, de ce statut d'être inférieur ?
Hermione reposa sa tasse de thé en silence, préférant ignorer la provocation.
« J'espère que c'est le cas, miss. J'espère que vous évaluez avec sagesse l'écart entre votre vie insignifiante et la chance que je vous donne. Un être tel que vous n'aurait jamais, en temps normal, le pouvoir d'influer sur le sort de deux prisonniers aussi sensibles que messieurs Potter et Weasley. Mais passons sur tout cela. J'imagine que vous avez lu la presse.
Il fit apparaître un exemplaire de la Gazette daté de la semaine précédente, et le lui tendit.
LE MINISTRE DE LA MAGIE HONORE DE SA PRESENCE UNE NOUVELLE MANIFESTATION D'ART INFERIEUR
Mieux comprendre, pour mieux réintégrer les nés de moldus dans leur milieu d'origine.
Accompagné d'Hermione Granger, autrefois connue pour sa position en faveur de Dumbledore et Potter, Le Ministre de la Magie Lucius Malefoy a hier soir apporté une pierre supplémentaire à son grand projet de réinsertion… »
« - Vous êtes un danger pour la communauté magique, répondit Hermione d'une voix angoissée. Ce projet est une aberration. Les moldus ont les mêmes aspirations, et ils échouent chaque jour davantage.
« - Les moldus sont des sous-hommes.
« - Mes parents sont moldus, et je vous défends de les insulter, répliqua-t-elle par principe.
« - J'ai tous les droits, voyez-vous. Mais vous profitez de ma clémence, car je vous trouve divertissante. Toutefois, gardez à l'esprit qu'un geste de ma part suffirait pour que votre liberté s'envole.
La photographie les montrait ensemble, cernés par la cour de notables qui les avait suivis toute la soirée. Alors que chaque convive souriait de toutes ses dents à l'objectif, Hermione jetait alentours de furtifs coups d'oeils, comme si elle cherchait à se dérober à l'image. Son bras posé sur celui du ministre s'en détachait sans cesse avant d'y revenir, hésitant.
De quelle liberté parle-tu, Malefoy, pensa-t-elle. Vois comme tu as su me soumettre. Que me reste-t-il, sinon d'espérer que tes promesses aient une valeur ?
Sur l'image, le ministre souriait sans excès, le triomphe modeste.
Progressivement, l'image devenait floue, perdait de sa réalité. Hermione se sentait fatiguée, et attendait seulement qu'il annonce la nature de la torture du jour. Ses membres s'engourdissaient.
« Je vous vois lasse, et je comprends cela. Prenez le temps de vous reposer, juste un instant.
Il désigna une méridienne qui était apparue sans qu'elle l'ait vue. Tel un automate, Hermione se leva de son siège et s'y installa. Le journal chuta sur le sol, à des kilomètres. Elle ne retint pas sa lassitude et s'étendit de tout son long sur les coussins. Sa main droite vint heurter son buste et y demeura, à demi refermée. Il lui semblait flotter, au bord du sommeil.
« Aurais-je eu la main trop lourde sur votre boisson ?
Il s'était approché d'elle et de haut la contemplait, souriant. Ses yeux brillaient toujours de la même lueur aiguë, et elle n'eut pas la force de répondre. Son visage penché sur elle ne lui inspirait aucun intérêt ni aucune frayeur. Elle aurait pu être entrain de rêver.
« Je suis triste, murmura-t-il. Oui, je suis triste de vous voir ainsi vous lasser de moi.
Hermione, agacée, ne put que soupirer. Tout autour d'elle était flou, excepté le visage de Lucius.
Un rideau de cheveux blonds glissa sur le visage du ministre, et en dissimula toute une partie. D'un seul œil, il la détaillait avec une sorte de bienveillance.
« Voilà déjà quatre fois que nous nous rencontrons mais je ne sens de vous que votre peur, ou votre ressentiment. J'espérais un peu de reconnaissance, devant la faveur que je vous fais. Et un minimum de respect devant le sorcier que je suis.
Il fronça les sourcils, faussement perplexe, puis s'assit contre elle et tendit la main vers le front d'Hermione, qu'il caressa.
« Je vous vois vous fatiguer à me détester, alors qu'il serait si simple d'accepter les choses telles qu'elles sont.
Il caressa sa joue du bout de l'index.
« Vous préférez cette douleur à mon amitié.
Son pouce effleura le coin de sa bouche.
« Comme tu dois me haïr…
Il se pencha et l'embrassa.
L'odeur fraîche de la pâte aux clous de girofle l'enveloppa une nouvelle fois. La masse froide de ses cheveux coula sur le front d'Hermione, et depuis le brouillard dans lequel nageait son esprit, elle fut étonnée de ne ressentir ni haine, ni répulsion. Ses mots pleins de venin avaient-ils profité de son étourdissement pour atteindre son âme ? Elle ne le saurait jamais.
C'était un vrai baiser. Pas un jeu, pas un épreuve ni une punition. Charnelle, sa bouche voltigeait sur la sienne. C'était le baiser donné au pied de l'autel, le premier de deux adolescents dans un parc au mois de Mai, celui de l'épouse au mari partant à la guerre.
Sa langue s'invita sans complexe dans cette danse, courut sur la surface satinée de ses lèvres, et quand elle prit contact avec celle d'Hermione, celle-ci sentit une décharge brûlante se répandre dans son ventre.
Il agrippa sa nuque comme une serre, mais à la faveur du poison, Hermione ressentit cette prise de façon atténuée. Lucius sentait sa mâchoire soudée à celle de la fille, et ses dents entamaient la peau de sa victime sans qu'il puisse se contrôler. Cette idée l'agaça, et il retint sa respiration, s'efforçant de retrouver son calme.
Hermione sentit dans son cou une multitude d'autres baisers, posés avec une délicatesse qui rajouta à sa confusion. Une main ennemie se posa en douceur sur son ventre, une autre souleva sa tête et détacha l'attache de corne qui retenait ses cheveux. Elle s'efforça d'élever son esprit au-dessus de son corps, afin d'échapper à la situation. Sans succès.
Elle réalisa alors qu'elle n'en avait pas réellement envie. Quelle que soit la potion qu'il avait versée ans sa tasse, celle-ci la privait de toute énergie mais aussi toute peur. Il lui avait administré simplement de quoi le rejoindre.
Enfin, il trouva la force de s'éloigner d'elle, et la scruta avec froideur. Des larmes avaient coulé sur ses joues, mais son regard demeurait serein.
Ce fut elle qui, d'une voix éraillée, prit la parole.
« - Vous souffrez aussi.
Il se leva, horrifié.
Elle reprit.
« Je n'ai pas assez d'énergie à consacrer à la haine, pour vous ou qui que ce soit. Mais quel genre d'amitié voudriez-vous m'offrir, vous qui êtes si seul, au point que vous achetez vos ennemis pour en faire des jouets ?
Ses membres retrouvaient peu à peu leur motricité.
Dans l'esprit de Lucius, la peur fit place à l'intérêt, et il l'observa longtemps sans répondre. Voilà que la Sang-de-Bourbe retrouvait son mordant, arrivant presque à le déstabiliser. Il s'approcha d'elle à nouveau, prenant son temps.
« Je règne sur un monde où tout s'achète. Je peux faire de vous une privilégiée, si vous apprenez à vous montrer reconnaissante.
« - Je ne veux rien de plus que ce qui est convenu.
« - Songez à ce que je peux faire pour vous, aux droits que je peux obtenir pour vous.
Elle pensa à son fils emprisonné, et préféra éluder.
« - Sommes-nous nombreux à recevoir une telle proposition ?
« - Et bien d'habitude, je ne passe pas d'accords avec les Sangs-de-Bourbes, articula-t-il en vrillant son regard de ses pupilles grises.
« - J'imagine que si je répond à votre insulte, j'ai tout à perdre ?
Il leva un sourcil, puis pencha la tête avec déférence.
« - Je n'ai proféré aucune insulte, seulement la vérité.
Elle se redressa avec peine. Lucius Malefoy se pencha sur le divan.
« Vous avez tout à perdre, ou tout à gagner.
« - Pourquoi m'avoir droguée ?
« - Parce que tel était mon bon plaisir. Auriez-vous eu peur d'être…mortellement empoisonnée ?
Il souriait, espiègle, savourant de la voir blanchir.
« - Vous êtes ignoble.
« - La colère n'est pas à l'ordre du jour, Mademoiselle.
Il répondait en bon politicien, lui opposant ses réparties sans hésitation.
Il lui tendit la main pour la faire lever. Du pouce il caressa l'intérieur de son poignet, avant de donner une impulsion qui les fit se heurter.
Hermione avait présumé de ses forces. Ses jambes se dérobèrent sous elle. Elle dût bien malgré elle se retenir de tomber en s'accrochant à son bourreau. Sa perception des choses redevenait aiguë, alerte. La haine de l'homme qui la retenait refluait en elle, implacable.
Elle inspira profondément.
Lucius savoura ce contact maladroit, l'agacement de la fille. Il sentait que cette combativité stimulait son propre esprit vindicatif, lui permettant d'exister encore dans un monde où chaque sorcier baisait les traces de ses pas. La compréhension de ces mécanismes intérieurs apportait une lumière inespérée à sa vie.
J'ai besoin d'un esprit à vaincre, d'un ennemi duquel triompher. Ton ascendance me dégoûte, mais ton âme récalcitrante est mon remède.
Deux bras le repoussaient.
« Lâchez-moi. Je suis capable de tenir debout.
Il se recula, amusé. Ses cheveux sombres couraient sur ses épaules comme mille serpents enlacés. Il reporta son regard sur ses propres vêtements, et vit que la prise de ses ongles avait déchiré la soie de son costume, ce qui le fit sourire.
« - Vous m'avez gratifié d'un souvenir, soupira-t-il en caressant le tissu endommagé.
Elle l'observa sans répondre. « Je conserverai cette preuve de votre…sauvagerie, un peu comme un présent indigène.
***
« Avez-vous passé une bonne journée ? demanda-t-il.
Pelotonnée sur son divan préféré, Narcissa tendit le bras vers la table basse où luisait un service à thé ouvragé. Elle lui tendit une tasse fumante, sans se départir de son attitude alanguie. Il s'empressa de la saisir.
« - Plaisante.
Elle avait dit cela d'un air absent. Ses yeux étaient légèrement rougis et à son front, un pli inquiet achevait de s'effacer. Posé sur le plaid brodé qui couvrait ses jambes, l'exemplaire de 1001 sortilèges pour retrouver un disparu trônait avec insistance.
« La Gazette vous a fait honneur, ajouta-t-elle en désignant un exemplaire du quotidien posé à ses pieds. Vous m'aviez caché que cette Sang-de-Bourbe était votre nouveau jouet.
Ce type de conversation leur était familier, aussi Narcissa fut-elle surprise par l'expression fugitive qui contracta les traits de son mari.
« - Une proie facile, répondit-il sur le ton de la conversation.
Il feuilleta le journal qu'elle lui avait tendu, vaguement conscient que les journalistes de la Gazette passaient sous silence des manifestations de sangs-mêlés de plus en plus hostiles. Aucun de leurs mensonges cependant n'avait le pouvoir de régler une situation de plus en plus délicate.
« - L'auriez-vous déjà honorée ?
« - Cela ne saurait tarder. Ces Sangs-de-Bourbes ne sont que des animaux.
Elle acquiesça en souriant, mais demeura intriguée par le trouble furtif que son mari n'avait pas su retenir.
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