RAPPEL:
Rating : M
Disclaimer : L'univers et les personnages utilisés dans cette histoire appartiennent à JKR
N.B. : ce récit tient compte de tous les tomes de la saga, mais pas de l'épilogue du tome 7!
Résumé : Malgré la mort du Seigneur des Ténèbres, les forces du Mal ont triomphé et Lucius Malefoy est ministre de la Magie. Ron et Harry sont emprisonnés, et Hermione arrive péniblement à exercer son travail d'avocate. Afin de faire libérer ses amis, elle accepte l'accord qu'il lui propose : commettre 7 fautes en échange de leur liberté.
Merci à nattie black, Hamtaroo, fjudy, littlebeattle, Khalie et Daxia09 pour leurs commentaires! Je poste toujours depuis un PC non-équipé de Word, donc si des coquilles ont trompé ma vigilance, faites-le moi savoir!
Sept Leçons
Chapitre 5
Avarice
Il la pria de s'asseoir, et un long silence s'installa.
« - Vous êtes avare de vos croyances. Confiez-les moi, et laissez-moi vous en confier de nouvelles.
Derrière les hautes fenêtres, une pluie grise arrosait Londres. Avec dignité, Hermione avait épousseté ses vêtements, salis par le réseau de Cheminettes, avant de répliquer :
« - Vous êtes avare de votre monde, de vos secrets, de vos pouvoirs. Et vous parlez en politicien.
Il sourit.
« - Ce que je suis.
Elle ne répondit pas. « Cette entrevue est idéalement placée. Profitez donc de cette rencontre pour vous dépouiller de vos émotions, de vos peurs…de tous vos objectifs. Vous n'avez pas assez donné de votre personne. J'en attends plus.
Il se renfonça dans son fauteuil et appuya un pied méprisant contre la surface de son bureau.
A nouveau, Hermione dut plier devant le sentiment admiratif qu'il suscitait en elle. De ses yeux gris félins à sa diction parfaite, en passant par son corps mince enveloppé de soie et de velours. Ce n'était qu'une enveloppe, certes, dissimulant des abîmes de laideur. Quelles autres noirceurs pouvait donc dissimuler ce teint de lait digne d'une jouvencelle ?
Autrefois, à l'époque de sa disgrâce, il avait contemplé sans broncher Bellatrix Lestrange la torturer. Elle n'oublierait jamais sa soumission empressée à Voldemort, son avidité à regagner les bonnes grâces du mage Noir.
Trois ans plus tard, elle regrettait de n'avoir davantage savouré la satisfaction de le voir humilié, sans baguette, incapable d'agir. Mais à l'époque, la souffrance causée par l'Endoloris avait annihilé toute pensée cohérente.
Les bras croisés, le ministre de la Magie restait pensif.
Quelles autres horreurs ignorait-elle ? Elle détourna les yeux, écoeurée.
« J'ai renoncé à mon amour-propre, pour notre accord. Je vous ai laissé faire tout ce que vous vouliez, dit-elle avec un courroux retenu.
Sa voix tremblait. Elle fit un effort pour calmer son émotion, et le regarda droit dans les yeux. « Dites-moi ce qu'il vous manque, que je ne vous aie déjà donné.
« - Votre respect.
Il plissa les yeux, sondant son expression.
« - Vous savez bien que c'est impossible.
« - Et d'autant plus intéressant, ne croyez-vous pas ? rétorqua-t-il d'une voix sourde.
« - C'est une chose que je ne peux pas vous donner. Il faudrait que vos actions aient de la valeur à mes yeux.
Il eut un sourire rusé, et elle se mordit les lèvres pour lui avoir donné une telle opportunité. Il allait encore la toucher…Elle se renfonça à son tour dans son fauteuil, mais pas par confort.
Deux missives volèrent d'une imposte jusqu'à son bureau, mais il les renvoya de la main comme s'il s'était agi de mouches. Les lettres tombèrent à terre.
« - Rien ne devrait venir déranger ces moments, soupira-t-il. Quand je m'amuse, je n'admets aucune interruption. Il lui adressa un sourire tendre, qui apparut démoniaque à Hermione.
La précédente rencontre l'avait troublée. Après coup elle s'était haïe de n'avoir pas réagi. Elle s'était laissée envelopper par son désir à lui, avait baigné sans retenue dans son odeur fraîche, s'était laissée embrasser comme une vulgaire poupée, sans volonté.
« - Si je ne gagne pas votre respect, je peux toujours l'acheter.
« - Vous ne le pourrez jamais.
« - Pourquoi ? Je vous ai bien achetée, vous.
Les mains d'Hermione se crispèrent sur ses accoudoirs.
« - Nous avons décidé d'un échange, rien de plus !
« - Moi je vous rends vos amis, mais vous que me donnez-vous ?
Elle s'efforça de garder son calme, consciente que cela ne durerait pas longtemps.
« - C'est à vous de me le dire.
« - Aujourd'hui, c'est votre considération que j'exige. Le respect que vous me devez. J'aurais pu vous refuser ce que vous êtes venue me demander. Vous avez créé cette situation.
« - Vous voulez m'entendre dire que je vous respecte, très bien. Je vous respecte. Je ne peux rien faire de plus, et encore moins le penser.
Il leva les yeux au ciel et soupira.
« - J'ai vraiment du mépris pour votre race.
Hermione se leva, vive comme un ressort. Ses mains agrippèrent les objets qui se trouvaient à leur portée. Elle se vit alors comme de l'extérieur, bannie de son propre corps, balayant tout ce qui se trouvait sur le bureau du ministre, les papiers, les objets fragiles et coûteux. Elle s'empara d'un œuf de marbre noir qui retenait une multitude de parchemins, et le projeta à sa gauche, contre la vitre de la bibliothèque. Les éclats de verres tombèrent en pluie sur le parquet.
Essoufflée, les cheveux sur le visage, elle contempla alors le visage de Lucius Malefoy. Il souriait.
Elle sentait tous ses muscles encore brûlants d'adrénaline, mais également la disparition d'une tension qui un peu plus tôt, avait atteint son paroxysme. Elle se sentait flotter, et même le sourire amusé de Malefoy n'y pouvait rien.
« - Asseyez-vous, je vous prie.
Ses yeux brillaient encore de son amusement lorsque d'un geste impérieux mais courtois, il l'invita à obéir. Il retira son pied de la surface du bureau et se leva, contournant le meuble pour l'approcher. Elle s'était rassise sans s'en rendre compte.
Il posa les mains sur ses épaules. « Je crois que votre péché principal et la colère, et même si je n'envisageais pas d'y venir aujourd'hui, sachez que cela m'a enchanté.
Elle ferma les yeux, et il se pencha à son oreille. « Vous me respecterez plus tard, pour le service que je vous rend. Mais vous me respecterez dès maintenant pour le répit que je vais vous donner.
Il posa un genou à terre, pressa une main chargée de bagues argentées sur sa joue, et embrassa sa tempe. Le bien-être causé par la décharge d'adrénaline se poursuivait, cotonneux, à peine entravé par la crainte de le savoir là, si près.
« Je sais que je vous dégoûte. Et cela est réciproque.
Ses lèvres descendirent de sa tempe à son cou. « Mais quelquefois je change d'avis, et il me semble (il ravala sa salive, inspira), il me semble que vous aussi, parfois, vous changez d'avis.
Il y avait quelque chose de différent, dans sa voix. Une retenue, une sorte de pudeur. Il caressa sa joue, et elle décela une tendresse étrange dans ce geste. Il remonta, posa ses lèvres derrière son oreille. Le métal de ses bagues pesait froidement sur sa peau.
« J'ai eu tort de vous droguer, la dernière fois. Vous avez déjà en vous cette docilité, ce sens du sacrifice.
Il appliqua ses lèvres sur son front. « Et cette colère, parfois. » Il s'agenouilla complètement.
Hermione sentit sous ses doigts une matière tiède et lisse, avant de comprendre horrifiée que sa main, doué d'une sorte de volonté contraire, s'était posée sur l'épaule inondée de cheveux du Ministre de la magie.
Sa stupéfaction face à ce geste l'empêcha de réagir, si bien qu'elle demeura, hébétée, dans cette même posture. Son visage faisait face à celui de Lucius, qui maintenait à présent entre eux une distance de quelques millimètres.
Elle pouvait voir, entre ses cils blonds, à quel point le gris de ses yeux mi-clos était lumineux et changeant. Elle voyait la perfection presque surnaturelle de sa peau, son aspect lisse et d'une blancheur de neige, réduisant avec arrogance son âge réel à une sorte d'abstraction.
Hermione bougea sa main, et il s'en saisit pour la remettre en place.
« J'apprécie votre compagnie.
Quelque chose de froid s'enroula autour de son poignet et, redoutant quelque entrave, elle retira vivement la main. Un bracelet d'or blanc incrusté de diamants scintillait contre sa peau, parfaitement ajusté à sa taille, étendant ses arabesques de métal avec une élégance indiscutable.
Interloquée, Hermione se retourna vivement vers Lucius.
« - Croyez-vous m'atteindre avec de telles ruses ?
Elle quitta le bijou et le jeta à terre. « Je me fiche de ces frivolités !
Il partit d'un grand éclat de rire et rattrapa sa main au vol, avant d'en embrasser le dos. Nouvelle sensation fraîche, cette fois sur son doigt. Une bague brillait maintenant à son annulaire droit : un minuscule dragon d'or aux yeux de rubis.
Lucius se releva et, avant qu'elle ait fait un geste pour retirer le bijou, il lui attrapa le bras et la fit se lever à son tour. Jamais elle ne l'avait vu rire de cette façon, ni même rire tout court.
« - Notre marché sera honoré, comprenez-vous ? Il sera honoré dans les règles.
Il la fit tournoyer, un sourire démoniaque aux lèvres. Inquiète, Hermione s'efforça de rester impassible. Elle se dégagea de ses bras et retira la bague, qu'elle envoya à terre comme l'autre bijou.
« - Assez de ces sottises, fit-elle sèchement. Mais quelque enchantement devait lui avoir été infligé, car en même temps que les mots, ses lèvres expulsèrent quatre petits diamants qui roulèrent au sol.
Hermione porta la main à sa bouche, interdite. Sur le sol, les pierres semblaient la contempler, dans l'éclat hardi de leur pureté.
« - Je ne veux pas vous effrayer, dit-il en riant. Voyez donc tout ce que je peux vous offrir.
« - En vérité vous cherchez une maîtresse ! scanda-t-elle.
Une rivière de diamants coula sur le sol comme un serpent. Elle porta à nouveau la main à ses lèvres. « Vous voulez une petite Sang-de-Bourbe, prête à supporter vos caprices, prisonnière de son statut, soumise au possible.
Ses doigts retinrent une longue chaîne d'or, mais une nouvelle pluie de joyaux avait accompagné ses mots, dégoulinant de sa bouche, impossible à contenir. Il passa derrière elle et attrapa le collier, qu'il entreprit de lui attacher.
« - Ne soyez pas si butée. Je respecterai ma part du marché.
Il la vit pivoter non sans mal, et planta son regard dans le sien. « Jamais je ne me mélangerai à une personne telle que vous, vous pouvez en être sûre. Il fit un pas en arrière et désigna la porte.
« Je vous souhaite une agréable fin de journée.
***
Il reçut par la suite le comité de direction de Gringotts, leur promit un geste concernant l'exclusivité de leur profession sur tout le territoire anglais (une seule banque pour tous les sorciers !), puis une délégation de sorciers russes, avec lequel il négocia l'accueil de la prochaine coupe du monde de Quidditch (nos infrastructures sont les plus sûres, mes amis).
Pour finir, il dut présider à une session exceptionnelle du Magenmagot au cours de laquelle se décida quelque projet anti-moldu. Il n'y prêta guère attention, préférant laisser discourir son sous-secrétaire. Son esprit serpentait bien au-delà de la salle austère aux gradins de pierre, vers des pensées brillantes et opulentes, des fautes au goût exquis, des images de soumission aux saveurs inattendues.
Il prenait plaisir à humilier la gamine, à retourner contre elle chacune de ses prétendues vertus. C'était un jeu, rien de plus. Il lui fallait remédier à tout prix à cette lassitude qui l'avait gagné depuis son accession au pouvoir.
Hermione Granger, avec ses convictions irraisonnées, lui donnait de la matière contre laquelle se battre. Il la soumettait mais elle résistait, et peu à peu renaissait sa propre envie de lutter.
Ce soir-là, il convoqua sans ménagement l'une de ses maîtresses. La plus sauvage, la plus plantureuse, la plus exigeante aussi. Et celle-ci se présenta.
Elle se montra séduisante, divertissante, appétissante. Elle le gratifia de nombreux éblouissements, mais à aucun moment ne discuta ses ordres.
Un petit commentaire? N'hésitez pas, cela m'aide beaucoup et me donne à réfléchir. A la semaine prochaine!
