RAPPEL:
Rating : M
Disclaimer : L'univers et les personnages utilisés dans cette histoire appartiennent à JKR
N.B. : ce récit tient compte de tous les tomes de la saga, mais pas de l'épilogue du tome 7!


Résumé : Malgré la mort du Seigneur des Ténèbres, les forces du Mal ont triomphé et Lucius Malefoy est ministre de la Magie. Ron et Harry sont emprisonnés, et Hermione arrive péniblement à exercer son travail d'avocate. Afin de faire libérer ses amis, elle accepte l'accord qu'il lui propose : commettre 7 fautes en échange de leur liberté.

Merci à elise605, littlebeattle, Khalie, Hamtaroo, Elayan, Bunny188, fjudy et Daxia09 pour leurs commentaires encourageants.


Sept Leçons


Chapitre 6
Luxure

La secrétaire l'accueillit comme toujours, d'un regard froid et d'un geste sec de la main pour l'inviter à patienter. Cela ne durait jamais bien longtemps. Deux antichambres plus loin, elle avait dû passer au détecteur de maléfices et confier sa baguette.

Hermione tentait de se concentrer, de respirer correctement. Le livre de droit sorcier posé sur ses genoux n'était qu'un piètre alibi, tant les jointures des doigts qui le tenaient étaient blanches.

« Le ministre va vous recevoir.

Le parquet semblait glisser sous ses pieds, alors qu'elle marchait jusqu'à la porte couverte de cuir et piquée de clous dorés. Celle-ci s'ouvrit devant elle. Elle garda les yeux baissés, attendant qu'elle se referme, puis se décida à faire face.

Lucius Malefoy se tenait debout près d'une fenêtre, les bras croisés.

« Monsieur, fit-elle tout en inclinant brièvement la tête.

Il se retourna et la considéra un instant.

« - Vous voilà bien grave…

Il décroisa lentement les bras, et d'un pas lent mais décidé s'approcha d'elle.

Lucius prenait son temps, marchant vers la fille comme un chat vers sa proie encore vivante. Il aurait voulu que la pièce fût aussi grande qu'une salle de bal tant il appréciait cette progression, sachant qu'Hermione Granger n'était que plus terrifiée par cette lenteur.

Ses pas s'imprimaient sur le bois fraîchement ciré, tandis qu'un sourire gagnait ses lèvres. Il s'arrêta, enfin. Hermione inspira péniblement mais ses yeux ne le quittèrent pas. Il apprécia ce courage.

« Permettez moi de vous débarrasser de cela.

Il la contourna et posa les mains sur ses épaules. Ce contact pourtant léger paru abrasif à Hermione. Elle n'aima pas le savoir derrière elle, échappant à sa vision, faussement attentif à la bienséance sous prétexte de quelque nouveau supplice. Il lui retira sa cape et l'escamota d'un geste. Ses mains reprirent leur place sur ses épaules.

« Rien de mal ne va vous arriver, calmez-vous, murmura-t-il à son oreille.

Hermione ferma les yeux, incapable d'accéder à sa demande. Il caressa sa nuque d'un doigt voilé de cuir, avant d'y déposer un baiser léger.

Il l'entendit soupirer. Sans doute essayait-elle de se dominer ? Il trouva cela charmant.

« Vous ai-je déjà brutalisée, depuis notre accord ? Vous n'avez rien à craindre de moi. Du monde extérieur, peut-être. Mais le monde n'existe pas hors des limites de cette pièce, ajouta-t-il en souriant.

Elle se retourna et le dévisagea, incapable de supporter davantage ses moqueries.

« - Qu'allez-vous me faire ? demanda-t-elle avec froideur.

Il conserva son sourire et Hermione dut faire un effort pour soutenir son regard, comme si elle s'obligeait à contempler le soleil.

« - Mais rien.

Il retira ses gants et les laissa tomber au sol, puis rejeta une longue mèche platine derrière son épaule. Ses multiples bagues argentées renvoyèrent de petits éclats de lumière. Il dénoua la cravate immaculée qui enveloppait son cou et l'envoya rejoindre les gants.

« C'est moi, qui vous demande ce que vous allez faire, ajouta-t-il en déboutonnant le haut de sa chemise.

Ses bras retombèrent le long de son corps en un doux froissement d'étoffe.

Hermione recula d'un pas, déterminée à ne pas le toucher. Elle pouvait voir - pour la première fois, réalisa-t-elle - sa gorge, plus blanche encore que la peau de son visage. Une veine serpentait avec une telle évidence sur le côté de son cou qu'elle saisit pleinement l'expression de sang bleu.

Mais à cette image s'en superposaient tant d'autres : son visage tordu, avide d'avertir Voldemort de leur capture, en septième année. Son mépris dévastateur, digne des pires nausées. Sa violence et sa fierté. Sa malhonnêteté. Il lui sembla alors que jamais, jamais il ne libèrerait Ron et Harry.

Elle avait été si bête d'y croire ! Mais elle en avait eu si envie…Comment avait-elle pu baisser sa garde, au point d'accepter un marché si peu plausible, dont il ne retirerait rien excepté le plaisir de la voir s'humilier ?

Un sentiment insupportable d'écoeurement gagna Hermione. Elle jeta alentours de brefs regards, prête à s'enfuir, attendant le geste qui la déciderait. Il ne vint pas. Elle recula encore.

« Pourquoi me fuir ? dit-il à voix basse.

« - Ne m'obligez pas…

Il tendit vers elle sa main alourdie de bagues. Elle ferma les yeux, consciente qu'à son autre bras luisait une marque sombre qui était vouée à la détruire.

« - Pourquoi me haïr ? susurra-t-il.

« - Pourquoi vous me haïssez-vous ! rétorqua-t-elle avec désespoir en jetant alentours des regards paniqués, esquissant un pas en arrière.

Il eut un soupir exaspéré et vint saisir sa main, repliée sous sa poitrine.

« - J'aurais voulu profiter d'un lieu plus propice, mais chacun de mes déplacement est désormais une affaire d'état.

Il la tira vers lui, et d'une main sur l'épaule la fit asseoir sur un divan sorti du néant. Le soleil filtrait avec force à travers les hautes fenêtres qui leur faisaient face. L'après-midi allait être splendide. Il s'assit en face d'elle. Hermione fut alors pétrifiée à l'idée qu'il s'apprêtait à mettre à exécution la faute capitale qui la compromettrait à jamais.

« Allons, un peu de calme, miss. Je vous ai déjà dit que jamais je n'irais jusqu'à me mélanger à vous. En temps normal, je ne répète jamais deux fois la même chose. Lucius la gratifia d'un sourire cruel, mais elle resta impassible.

Il s'adossa confortablement aux multiples coussins de soie vert foncé. Sa chemise acheva de s'entrouvrir, offrant une large bande de peau blanche aux yeux hagards d'Hermione. Son corps était-il aussi beau que son âme était laide, ses yeux froids, ses mots coupants comme des lames de rasoir ? Cette curiosité inattendue l'empêchait de ressentir l'énormité de ce qu'ils faisaient depuis des semaines à présent, du fait qu'elle ne pourrait jamais en parler, ni à Ron et Harry, ni même à la plus compréhensive des amies.

Il attrapa doucement sa main et la posa sur la base de son cou. Ses doigts en ressentirent la douceur, la finesse, comme traversés d'un rayonnement froid et anesthésiant. L'image de ses insultes passées, sa cruauté toujours actuelle, revint à son esprit, tenace.

Les larmes déjà débordantes roulèrent sur ses joues, libres.

« - Je suis désolée. Je ne peux pas oublier.

Elle leva les yeux vers lui. « Je ne peux pas oublier qui vous êtes. Pardonnez-moi. J'abandonne.

Hermione reprit doucement possession de sa main. Il la contemplait, une lueur de compréhension glacée dans le regard.

« - Vous ne pouvez pas faire ça, dit-il.

« - Vous avez gagné, monsieur le ministre.

Elle lui adressa un sourire courageux et se leva, avec la sensation d'avoir craché quelque bouchée amère coincée dans sa gorge depuis des siècles.

« - Vous ne pouvez pas me faire ça ! scanda-t-il avec un étonnement presque douloureux.

Elle se retourna vers lui, le regard déjà ailleurs.

« - Je ferai sortir mes amis de prison, quoi qu'il arrive. Je n'ai pas besoin de me compromettre avec vous. Je trouverai un moyen.

Il se leva à son tour et agrippa son poignet. Sa chemise était presque entièrement ouverte, à présent. Il s'en moquait.

« - Non ! De mon côté est le pouvoir, et je n'en ai pas fini avec vous. Je pourrais vous mettre sous Imperium sans que quiconque ne vienne m'en tenir rigueur !

Elle souriait, presque paisible.

« - Bien sûr. Vous pouvez faire tout ce que vous voulez, vous êtes ministre de la Magie.

Il baissa les yeux et tenta de retrouver une respiration normale. Non…les choses prenaient une tournure fort déplaisante.

« - Pauvre Sang-de-bourbe ! De quoi avez-vous peur, que je couche avec vous ? cracha-t-il.

Hermione trouvait cela délirant. Le ministre de la magie se tenait devant elle, partiellement déshabillé, les cheveux en désordre sur ses épaules, une lueur menaçante dans ses yeux gris clair, plus pâle que jamais, exhalant une frustration teintée de désespoir.

Elle le considéra, craintive comme devant quelque dément. Il fit une dernière tentative pour retrouver son calme. « Je ne cherchais pas à être grossier, dit-il à contrecoeur. Nous arrivons au terme de notre accord. Je veux vous voir encore une fois, puis je tiendrai ma part de l'engagement. Vos amis seront libres. Asseyez-vous, je vous prie. Rien ne va vous arriver.

Ce que l'on dit de vous est vrai : vous êtes si seul...Et vous pourriez être touchant si vous n'étiez pas déterminé à être cruel et stupide.

Il se rassit sur le luxueux divan, et Hermione suivit prudemment son mouvement. L'éclat de sa peau, cette plage de lumière presque abstraite, attirait son œil. Ses muscles se contractèrent, et son buste si mince se rapprocha d'elle. Encore cette odeur. Clou de girofle.

« - Laissez moi vous être agréable, dit-il d'une voix sourde.

N'avait-elle pas décelé un soupçon de soumission, dans cette demande ? Un baiser s'imprima dans la rondeur de sa joue. Il guida sa main et la posa contre sa peau pour la seconde fois. Elle n'osa pas la bouger. Lucius appliqua ses lèvres sur son front, et resta ainsi, immobile.

Une chaleur se propageait dans ses doigts. Elle les retira, garda la main suspendue à quelques millimètres de l'épiderme blanc, pour finalement la reposer contre lui. Une folie gagna son esprit. Comment réagirait-il si elle jouait son jeu ? Lui serait-il soumis ? Une curiosité purement intellectuelle l'avait envahie.

Mais alors que sa tête prenait la décision, ses doigts avaient déjà commencé leur œuvre. Elle appliquait toute la surface de sa main, appréciant pleinement le grain si lisse de la peau. Elle écarta le tissu qui la masquait encore.

Lucius appuya son front à celui de la fille. Elle le touchait, l'initiative venait d'elle. La volupté lui fit fermer les yeux. Les doigts couraient, ralentissaient, s'arrêtaient complètement, puis reprenaient leur exploration. Le contact était franc, sans hésitation malgré les variations. Il sentait une certaine tiédeur gagner son corps. Son esprit, lui, se berçait de ravissement. Il traça une ligne imaginaire depuis l'oreille jusqu'au menton, puis déposa un léger baiser sur la bouche de la fille.

Leurs yeux se rencontrèrent. Elle semblait perdue en elle-même, ne maintenant le contact que par ses doigts maintenant chauds, toujours plaqués contre sa peau.

Il prit un peu de recul et sans la quitter des yeux, ouvrit davantage sa chemise, lui offrant pleinement la vue de son buste.

Hermione auscultait de son regard cette peau, entièrement exposée. Un buste mince, sec, lactescent, aux muscles saillants. Les mamelons, presque translucides, éveillèrent sa convoitise. Elle effleura celui de gauche, caresse légère juste au-dessus du cœur, et il rosit, prit du relief. Lucius soupira.

Une assurance instinctive la gagna. Elle le poussa sur les coussins de soie sombre, vaguement étonnée de sa propre autorité.

Les longues mèches blondes argentées s'éparpillèrent en étoile sur le tissu, n'en finissant plus de s'étendre, de glisser, de s'emmêler sur lui. La chemise glissa, dégageant ses épaules, l'offrant entièrement.

Hermione se pencha, rejetant en arrière une boucle, échappée de la tresse qui retenait non sans mal la masse obscure de ses cheveux. Elle l'examinait, concentrée, comme un guérisseur cherche la plaie à l'origine d'un trouble. Lucius l'observait, alangui, le regard baigné d'un plaisir à peine rehaussé d'un éclair de curiosité.

Il ferma les yeux à nouveau.

Du doigt, elle traçait sur son ventre une ligne sinueuse comme un serpent, contournant les courbes discrètes de son anatomie, en explorant les sillons. Son index effleura à nouveau son mamelon, qui rosit de plus belle, passant d'une nuance chair à un rose plus soutenu. Elle se pencha et y déposa un baiser. La pointe charnue s'insinua entre ses lèvres.

Confuse, elle s'en éloigna. De la bouche elle frôla sa peau, aérienne, aimantée par la roseur aplatie du téton droit, jumeau parfait, attirant comme une friandise. Un baiser, encore. Cette fois encore, la pointe durcie glissa entre ses lèvres mais elle ne s'en détacha pas. Sa langue l'effleura. L'homme laissa échapper une plainte à fendre l'âme, tremblante, tendue d'envie.

Elle remonta jusqu'à son cou, décidée à y laisser un baiser, retenant sa respiration pour ne pas sentir son odeur, cette odeur si froide qui endormait si bien sa vigilance. A peine ses lèvres avaient-elles touché sa peau que Lucius Malefoy gémit encore une fois et sa main vint enserrer sa nuque pour forcer Hermione à demeurer contre lui.

Elle céda, bonne joueuse, sachant qu'elle mettrait un terme aux réjouissances dès la fin de cette étreinte.

Le soleil tombait sur eux, triomphant, les nimbant d'une lumière presque divine. Il la retint quand elle tenta de se relever.

« Reste encore.

« - Non.

Appuyée sur lui de toute sa longueur, elle avait ressenti cette manifestation du désir si prévisible. Point n'était besoin d'être devin pour comprendre que son corps réclamait davantage.

« - Alors laissez moi me lever, répondit-il calmement.

Elle s'exécuta avec délicatesse, puis le regarda se remettre debout et lui tourner le dos pour reboutonner sa chemise. Enfin, il fit quelques pas et retourna à l'emplacement exact qu'il occupait à son arrivée, près de la fenêtre de droite.

« Vous pouvez partir.

Il ne s'était même pas retourné pour le lui dire.

***

Il avait dû se calmer.

Figer ses pensées qui tournoyaient comme un carrousel lancé à vive allure, refouler le tremblement de ses doigts, la salive qui abondait à son palais, et même rester étendu et complètement immobile pour résorber la rigidité douloureuse de son membre.

Ensuite toute sa vigueur l'avait quitté, si bien qu'il avait assisté à ses obligations sans toutefois être réellement présent, l'esprit occupé par le fantôme de la fille. Des années de peur et de soumission sous Voldemort, et voilà qu'il ne parvenait pas à se dominer.

Il frémissait au souvenir de son propre abandon, pourtant programmé. A cause d'elle il s'était senti soumis, et non l'acteur de son propre plaisir. Elle avait profité de lui, peut-être sans le savoir.

Les sensations de sa langue sur sa peau, de son poids sur lui, de ses baisers, lui revenaient sans qu'il l'ait voulu. Il devenait fou.

Le soir même, étendu au milieu de son immense lit, il avait laissé ses pensées prendre le pas sur sa raison et saborder le peu de sommeil dont il disposait avant le lendemain, où une journée chargée en rencontres diplomatiques l'attendait. La joue appuyée sur la soie des nombreux oreillers, il avait revécu avec une extase mêlée d'horreur les sévices que la fille lui avait infligés.

Le fantôme de sa main, légère comme une colombe, gravitait à nouveau sur sa peau, et son regard si sombre promenait son expression absente sur son visage. Il revoyait ces choses-là et les revivait. Alors son bras se repliait, et sa propre main caressait la peau tendue de son ventre, les reliefs de ses muscles, et même cette petite proéminence rose au-dessus de son cœur.


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