Une fois n'est pas coutume, commençons par les review (bah ouais, y'a des avertissements préchapitre).

Arwen: Ne lis pas ce chapitre ou attends 5 mois! Quand tu m'as dit que tu étais enceinte, j'ai franchement hésité à mettre la suite. Parce que je ne veux pas que tu me fasses une dépression du post-partum après l'angoisse que ce chapitre là pourrait générer en anténatal. Donc je précise, les accouchements en temps normal sont moins traumatiques que ça. (Et comme je l'ai peut-être fait sentir, je suis dans cette branche là du métier). En plus, dans cette histoie, ce n'est pas la maternité qui pêche, mais bien la paternité. Si mallgré mes recommandation, tu as des questions en lisant ce chapitre, envoie-moi un mail. Oh et ouais, j'adore Kohaku. (C'est peut-être parce que je le fais souffrir pendant deux fics que j'en écris une où il est un héro un peu moins maltraité par les évènements...)

Cynthia: Rin est très spontannée... Sesshomaru plus circonspect et rationnel. C'est vrai que c'est touchant de la voir vouloir autant partager ce qu'elle ressent avec l'homme qu'elle aime, même s'il se sent moins concerné, pourrait-on dire.

Seveya: Le drame en veux-tu en voilà. Tu vas être servie. On reverra Inuyasha et Kagome, plus tard, si ça peut te rassurer. Et pour l'autre fic en préparation... Tant mieux si tu es patientes, parce que oui, ça me prendra plusieurs mois avant de la poster au train que j'avance. Mais bon en attendant, il y a toujours celle-ci.


Chapitre 4-

Notre malédiction

Je n'ai jamais su ce que Rin affronta face à ce Tomoeda. Pas en détail du moins. Rin s'est toujours cachée derrière une seule phrase, que ces personnes qui nous ont poursuivis ne valent pas la peine de s'en préoccuper. Elle n'a pas complètement tort. Humain ou démon, aucun d'eux n'arrivent à notre hauteur. Rin ne le décrira jamais ainsi, mais je ne le vois pas d'une autre manière, même maintenant, alors qu'elle est allongée dans ce sommeil qui n'a rien de réparateur.

Kohaku reste silencieux. Le temps ne l'a que peu marqué physiquement. Des rides fines se profilent au coin de ses yeux qui paraissent plus murs, plus sages que ceux de l'adolescent qui ne quittait pas d'une semelle sa meilleure amie. Il l'aime encore, oui, impossiblement, mais suffisamment pour la laisser vivre sa vie comme elle l'entend.

« Yuki essayera de passer tout à l'heure avec Kyosato, » dit-il soudainement.

Il me regarde, comme s'il attend une réponse de ma part, mais n'en reçoit aucune. Je n'ai rien à dire sur Yuki, et encore moins sur Kyosato. Je me force à parler.

« Bien. »

Rin est bien la seule à me comprendre dans mes silences. Les autres en sont incapables, même Yuki n'y parvient pas.

Yuki. Notre enfant. Née avec les premières neiges de l'hiver. Un nom que Rin avait choisi en mon honneur, et pour apprendre à aimer la neige. Elle y réussit bien sûr, comme tous ses projets parfois insensés qu'elle entreprend obstinément. Mais moi, j'ai appris à la haïr. Non, haïr est un mot trop fort pour exprimer ce que je ressens. Je ne pourrai jamais haïr quelque chose que Rin aime autant.

Plutôt… Je n'ai jamais su comment l'aimer, car je n'ai jamais pu lui pardonner, ni par le passé, ni maintenant. Encore moins maintenant.

Comme il y a seize années de cela, Yuki tue sa mère, ma bien-aimée Rin. Et je reste complètement impuissant face à cela.


« Riiiin ! Ne cours pas ! » criait Jaken de sa voix aiguë.

Sesshomaru ne fit pas taire son serviteur qui pour une fois avait raison. Rin entrait dans son huitième mois de grossesse, mais se comportait plus comme une enfant de huit ans à courir sur la route rocailleuse.

« Mais Jaken ! Je suis enceinte, pas malade ! » répondit-elle en riant.

Sesshomaru s'apprêtait à rétorquer mais se trouva plutôt à retenir son souffle quand elle lui lança un éblouissant sourire. Elle était belle, d'une beauté rayonnante, avec ses joues rosées par la brise d'hiver et ses yeux brillants de joie. Il lui avait fait mettre une cape blanche, ample et chaude pour la protéger du froid, mais il se demandait si elle s'était mise à courir parce qu'elle n'était pas suffisante.

Il pensait monter AhUn et la prendre contre lui. Sesshomaru savait que c'était la manière la plus efficace de la garder au chaud. Il devait aussi admettre qu'il aimait tenir son petit corps contre le sien.

Petite, elle l'était, et pourtant l'enfant qu'elle portait n'avait pas défiguré sa silhouette comme chez tant d'autres femmes. Il était impossible de manquer son ventre bien arrondi de femme enceinte, sans l'armure de Totosai pour le cacher. Il était impossible de ne pas voir combien il lui allait bien. Et Sesshomaru se sentait fier d'être l'auteur de ce beau sourire sur son visage.

Elle s'arrêta brusquement, une expression soucieuse remplaçant ses traits précédemment joyeux.

« Rin ? » demanda-t-il.

Il la rejoignit prenant sa main dans la sienne, comme pour la rassurer.

« Une armée… je crois, dit-elle. Une armée d'humain arrive par la route. Il y a des mikos et des bonzes parmi eux. Il vaudrait mieux les éviter. »

Il acquiesça.

Il n'avait jamais craint les humains et n'avait jamais hésité à décimer des troupes entières si elles se trouvaient sur son passage. Mais depuis Rin, certaines choses avaient changé. Ils étaient un couple atypique, anormal même, il était préférable pour eux de vivre à l'écart des humains et des yokai. Ils ne pouvaient les comprendre, même si ni lui, ni Rin n'essayaient de leur expliquer. Ils n'avaient pas à se justifier.

Ils s'écartèrent de la route et s'enfoncèrent vers les collines alentours. Rin ne riait plus, elle ne chantait même plus, et agrippait fortement sa main qu'elle n'avait pas lâchée. Sesshomaru commença à se demander si elle en savait plus qu'elle n'en disait pour montrer de la nervosité.

Kagura passa faiblement autour de lui au bout de quelques instants, apportant l'odeur de ces humains. Ils les suivaient.

« Rin, que se passe-t-il ? » pressa-t-il.

Elle se mordit la lèvre.

« Je reconnais deux auras, parmi eux. Kazuma-san et Tomoeda. »

Sesshomaru se souvenait de ce qui s'était passé quelques mois auparavant. Rin s'était échappée du château, son ventre contracté de douleur. Elle ne lui avait pas raconté ce qui s'était produit. Mais Sesshomaru ne se gênerait pas pour le leur faire payer. Elle avait disculpé l'humain Kazuma, mais s'il était à nouveau là, avec ce Tomoeda que Rin mentionnait, il réussirait peut-être à trouver les coupables.

Oui, c'était sans doute l'occasion ou jamais. Il s'arrêta. Rin le considéra avec surprise, puis ses yeux s'écarquillèrent. Elle avait compris ses intentions, et la connaissant…

« Non, Sesshomaru, c'est hors de question. »

Il ne répondit pas, irritant la jeune femme d'autant plus.

« Sesshomaru ! Nous n'avons rien à faire avec eux.

- Je ne fuirai pas. Je ne suis pas un lâche.

- Ce n'est pas une question de lâcheté, Sesshomaru. Je ne veux pas qu'on soit mêlé à cela.

- Prends AhUn avec toi. Ta place n'est pas dans une bataille.

- Sesshomaru, je ne te laisserai pas seul face à eux.

- Je n'ai pas besoin de ton aide.

- Je sais que je serai inutile si tu les extermines ! Je ne veux justement pas que cela arrive !

- De toute façon, Rin, s'ils te cherchent, ils n'auront de cesse de te poursuivre. Pendant combien de temps espères-tu les éviter ? Autant régler nos comptes avec eux maintenant. »

Rin resta sans voix. Il avait réussi à la convaincre du bien fondé de cette confrontation, même s'ils ne l'envisageaient pas tous les deux de la même façon. Rin n'était pas du genre à vouloir répandre le sang de ses ennemis.

Jaken et AhUn observaient avec appréhension. Ils se gardaient bien d'intervenir dans leur discussion. C'était le plus sage de leur part d'ailleurs.

« Bien, dit Rin. Nous attendrons ici. »

Sesshomaru n'était pas certain de vouloir la présence de Rin. Elle essayerait d'arranger les choses grâce au dialogue. Tout ce que Sesshomaru n'avait pas l'intention de faire. Mais un regard sur Rin retint sa réplique. Elle était déterminée et le défiait de la contredire. Sesshomaru préféra éviter la dispute. Rin furieuse n'avait jamais été une bonne chose. Rin furieuse et enceinte l'était encore moins. Il avait vu le kitsune Shippo trinquer la semaine précédente. Sesshomaru n'avait aucune envie de connaître le même sort.

Ils attendirent donc, dans ce froid d'hiver, précurseur des premières neiges de la saison. Rin gigotait pour se tenir chaud, puisque Sesshomaru se retenait de la prendre contre lui. Il ne pouvait se montrer affectueux envers Rin devant des étrangers, des humains, qui plus étaient. Des personnes qui potentiellement voulaient les tuer.

Les troupes arrivèrent enfin, les hommes aux regards nerveux se mettaient en place autour d'eux, mais à bonne distance. Ils les cernaient, et de leurs petits groupes, seuls Jaken et AhUn trahirent des mouvements de nervosité. Rin posa sa main sur l'encolure du dragon à deux têtes qui menaçaient d'attaquer à tout moment, alors que Jaken se rapprocha de la jambe de Sesshomaru, comme pour trouver refuge.

« Que voulez-vous ? » demanda Rin d'une voix forte.

Les hommes se regardèrent incertains. Des bruits de sabots résonnèrent de derrière la colline qui laissa apparaître l'humain Kazuma, et un autre homme qui devait être son seigneur, accompagnés de bonzes et de mikos. Des personnes montées, seuls Kazuma semblait regretter d'être présent, alors que les autres n'étaient visiblement pas venus en pacifistes.

« Rin-sama, énonça le chef des hommes avec un sourire qui déplut à Sesshomaru.

- Tomoeda. Je crois que j'avais été claire lors de notre dernière rencontre.

- Mais je suis venu te sauver, belle petite miko. Kazuma, ici présent, m'a rapporté que tu étais prisonnière d'un yokai. Tu es sans doute ensorcelée.

- Je ne suis plus une miko, et je suis encore moins ensorcelée.

- Rin-sama, dit l'un des bonzes, un pouvoir aussi grand que le vôtre, le Shikon no Tama, ne devrait pas être aux prises d'un taiyoaki. Vous ne pourrez entraîner que le chaos.

- Vous ne savez rien, hoshi-sama. Si vous avez fini votre leçon de morale, vous pouvez disposer. Ce que vous dîtes ne m'intéresse pas. »

Sesshomaru sentit une certaine fierté en voyant Rin interagir avec ces humains. Elle se tenait droite et calme, supérieure à cette vermine qui osait les défier avec leur ignorance et leur bêtise. Ils illustraient combien la race humaine pouvait défaillir.

« Rin-sama…

- Laissez-nous tranquille. Je vis avec Sesshomaru depuis maintenant quatre ans. Nous n'avons pas crée le chaos que vous redoutez tant. J'aime Sesshomaru, malgré nos différences, je l'aime plus que tout. Et ni vous, ni tous les yokai et les humains de cette terre ne pourront changer cela.

- Tu es donc une putain, cracha Tomoeda les lèvres retroussées, une putain à yokai. Pourquoi ne pas devenir la mienne ! »

Sesshomaru gronda de colère. Il osait insulter Rin !

Rin attrapa sa main alors qu'il dégainait Tessaiga, sentant de plein fouet la brûlure familière de l'épée, mais tellement appropriée pour tuer ses humains. Il agrippait toujours l'épée, mais ne continua pas son geste. Rin n'avait bien sûr pas la force pour le retenir, mais…

Il jeta un coup d'œil sur elle, alors qu'elle secouait vivement la tête. Elle ne voulait tout simplement pas laver l'insulte qui lui avait été faite. Tellement typique de sa part de vouloir épargner ceux qui ne le méritaient pas.

« Humain ! cria Jaken. Comment oses…

- Jaken, dit Rin furieusement, silence. »

Jaken obéit. Rin pouvait parfois avoir une aura d'autorité qui pouvait mettre en échec la volonté de Sesshomaru lui-même.

« Je me moque ce que tu peux bien penser de moi, Tomoeda, dit-elle. Maintenant, je pense que nous pouvons nous quitter définitivement.

- Non ! s'écria Tomoeda. Il est hors de question que je te laisse à un yokai, catin ! Capturez-la ! Et exterminez les démons avec elle ! »

Les hommes hésitèrent visiblement à attaquer. Sesshomaru ne s'intéressait pas à eux pourtant. Il fixait son attention sur un seul homme, ce Tomoeda, sa vision rougeoyante du sang qu'il voulait répandre. Il allait payer. D'une façon ou d'une autre, il lui fallait sa mort.

Sesshomaru se tourna vivement vers Rin. Il sentait un pouvoir spirituel complexe, puisé entre elle, et les autres bonzes et mikos qu'elle affrontait. Ils l'attaquaient à plusieurs contre une ! Malgré cela, il vit que Rin pouvait résister à leurs attaques.

Il se focalisa alors à nouveau sur ce Tomoeda. Il s'élança d'un saut sur lui, et l'attrapa par le cou. Il n'avait après tout pas besoin du Tessaiga pour détruire cette vermine.

« Tomoeda-sama !

- Tomoeda-dono ! »

Sesshomaru se délectait de voir la peur emplir les yeux de l'homme. Alors il prit son temps pour écraser sa gorge lentement, pour le voir souffrir aussi longtemps que possible.

« Tuez ! essayait-il de crier. Descendez-le… »

Des hommes eurent le courage ou la stupidité de décocher des flèches sur lui. Sesshomaru en reçut plusieurs logées dans son armure, au creux de son épaule, sur son bras, mais il n'y prêta pas plus attention qu'à une vulgaire piqûre d'insecte.

Il serra alors son emprise, encore, et encore, malgré les flèches qui volaient, jusqu'à ne plus entendre un souffle de vie dans la gorge de l'homme Tomoeda. Jusqu'à la tuer.

« SESSHOMARU ! »

Le cri désespéré de Rin le frappa de plein fouet. Jamais elle n'appelait à l'aide. Jamais elle ne l'avait appelée ainsi. Il lâcha l'homme qui tomba comme une masse au sol.

Sesshomaru se tourna, bursquement, mais pas assez rapidement dans son esprit, et vit Rin, à genou, ses bras la maintenant précairement au-dessus de la terre froide. Et son visage… elle souffrait visiblement pour une raison qu'il ne comprenait pas. Elle avait vaincu ses adversaires… et ce n'était pas Naraku qu'il avait tué à nouveau… alors, pourquoi… ?

Une odeur de sang parvint à ses narines. Son sang. Elle était blessée. Une panique qu'il n'avait pas ressentie depuis plusieurs années l'envahit .Il la rejoignit, d'un bond, et s'agenouilla devant elle. Et il vit la flèche, plantée dans son dos.

Elle se courbait plus sur son ventre, comme si elle souffrait plus de cette partie de son corps. Comme si l'enfant allait naître.

« Rin !

- Se… Sesshomaru, dit-elle les yeux emplis de larmes. Emmène-moi chez Sango. S'il te plait… »

Il la rassembla contre lui, grimaçant intérieurement lorsqu'elle gémit de douleur. Des hommes continuaient de tirer sur lui, mais il s'en moquait. Il mettait toute se concentration non pas pour les haïr et les détruire, mais bien pour retenir le démon irrationnel en lui, terrifié et furieux qui teintait sa vue de sang.

« Arrêtez ! Arrêtez ! criait Kazuma. Rin-sama est blessée ! Il faut l'épargner, arrêtez ! »

Sesshomaru s'envola, se transformant en boule d'énergie avec Rin dans ses bras. Il vola, et vola, comme jamais il n'avait volé, Jaken et AhUn loin derrière, vers la destination qu'avait choisi Rin. Chez la taijiya Sango, sa deuxième mère.

Une pluie glacée se mit à tomber sur eux, et qui, à leur arrivée au village, se transforma en neige. La nuit était tombée, et sans un regard pour les quelques villageois qui déambulaient à cette heure tardive, il rejoignit la maison du moine et de la taijiya. Du pied, il ouvrit la porte qui claqua violemment. Les habitants de la maison, le moine, sa femme, leurs enfants, et l'humain Kohaku le regardèrent stupéfaits.

« Je vous en prie… Rin, elle… elle a besoin d'aide. »

A un autre moment, Sesshomaru aurait ressenti de la honte pour sa voix presque suppliante et essoufflée. A un autre moment, mais pas quand Rin était mal et qu'elle souffrait. Pas lorsqu'elle était ainsi.

La taijiya se leva, première à réagir.

« Sesshomaru, emmenez Rin dans sa chambre. Kohaku va chercher Shiori et Shippo. Miroku prépare de l'eau chaude. Beaucoup d'eau chaude. »

Sesshomaru s'exécuta. Il pénétra dans la chambre que Rin partageait généralement avec la fille Ren. Il déposa Rin sur le futon, veillant à ce qu'elle fût sur le côté. Elle ouvrit les yeux et tenta de sourire, alors qu'il frôlait de ses doigts son visage aux traits tirés.

« Je suis… désolée, Sesshomaru, dit-elle. Je ne voulais pas te donner su soucis.

- Ce n'est rien, Rin, dit la taijiya en l'aidant à l'installer. On va te soigner et tout ira pour le mieux, d'accord ? »

Rin expira d'un souffle tremblant mais acquiesça.

« Qu'est-il arrivé ? » demanda la taijiya en regardant la blessure.

Elle retira la cape ensanglantée de Rin et déchira son kimono pour découvrir un peu plus la plaie née de la flèche en plein dos. Elle retint son inspiration, puis son visage se durcit.

« Nous avons été pris dans une embuscade, dit Sesshomaru en essayant de rester calme. Des humains, avec des moines et des prêtresses parmi eux. Une armée commandée par l'homme Tomoeda.

- Tomoeda ? demanda le moine Miroku en pénétrant avec un bassin d'eau chaude. J'aurais dû le tuer la première fois que nous l'avions rencontré. »

Sesshomaru se sentit envahi par une colère livide. Le moine avait connu Tomoeda mais n'avait strictement rien fait ! Et à présent, il voulait faire éclater sa colère sur le moine, le déchirer de ses griffes parce qu'il était coupable de ce que vivait Rin en ce moment. Cette flèche… et l'enfant qui naissait trop tôt.

« Sesshomaru, appela doucement Rin en prenant sa main. Ce n'est… la faute à personne. »

Elle essayait de l'apaiser, de le rassurer. Ses grands yeux disaient que tout irait bien et niait la vérité. Il pouvait voir son visage, humide de sueur et contracté par la douleur. Il pouvait entendre sa respiration anarchique et sa voix affaiblie. Il pouvait se rendre compte que rien n'allait.

« Rin-chan, dit la taijiya avec douceur. Je vais devoir enlever la flèche. »

Rin acquiesça et se blottit un peu plus contre lui, sa tête sur le genou de Sesshomaru. Il caressa lentement ses mèches de cheveux autour de son visage. Le moine vint maintenir Rin en face de sa femme. La taijiya chercha le regard de son époux comme pour se donner du courage, puis inspira profondément.

« Rin, à trois je retirerai la flèche. Un, deux… trois. »

Elle tira sans hésitation et aussi fort qu'elle le pouvait. Rin serra les dents et pressa sa main, sans pour autant réussir à retenir un cri de douleur. La taijiya avait la flèche en main, la pointe rouge du sang de Rin. Elle s'attela ensuite de nettoyer la blessure qui saignait encore.

Sesshomaru courba sa tête sur celle de Rin, en lui murmurant des mots qui n'avaient véritablement pas de sens. Peut-être lui disait-il que tout irait bien, peut-être lui disait-il qu'il était là avec elle et qu'elle n'avait rien à craindre. Il ne savait pas réellement, il se rendait seulement compte que ce qu'il disait n'arrivait pas à enlever la douleur que ressentait Rin.

Il remarqua à peine l'entrée dans la chambre de la hanyo Shiori. Il ne pouvait rien faire d'autre que de regarder sa compagne souffrir et perdre du sang. C'était une odeur insupportable pour Sesshomaru, mais une autre nouvelle vint s'y ajouter. Rin venait de perdre les eaux et ses contractions s'accentuèrent plus encore.

Malgré cela, elle s'inquiéta pour lui, pour ses blessures ridicules créées par les flèches humaines qui avaient réussi à l'atteindre. Il se détacha un instant d'elle, sachant bien qu'elle serait capable de tenter de le guérir, même dans son état actuel. Elle pouvait se montrer si stupide parfois. A la place, il laissa le moine s'en charger.

Sesshomaru détestait voir le regard pénible de Rin à chaque fois que le moine Miroku retirait une flèche, même après qu'il lui avait dit qu'il ne ressentait rien. Il aurait dû sans doute sortir avec le moine pour qu'il s'occuppât de lui à l'abri du regard de Rin. Mais il ne pouvait se résoudre à quitter le chevet de Rin, pas maintenant.

Le travail commençait alors même que Rin n'était pas en état de l'affronter correctement. Certes, elle était une femme forte, Sesshomaru n'en doutait en aucun cas. Mais elle était une humaine. Combien de femmes étaient… mortes en couches ? Non. Cela ne se passerait pas ainsi. Et si… cette possibilité se présentait, Sesshomaru avait le Tenseiga.

Longtemps, il resta avec Rin qui subissait des contractions douloureuses que rien ne semblait calmer. Elle souffrait indéniablement, et sa blessure au dos, qui ne s'était pas arrêtée de saigner, devait amplifier sa peine. Sesshomaru se sentait impuissant. Il caressait les cheveux de Rin dont la tête était posée sur ses genoux, il essuyait ses larmes, ou humidifiait avec un linge mouillé son front imbibé de sueur. Il l'embrassait chastement sur les lèvres pour lui faire partager un peu de sa force. C'était tout ce qu'il pouvait faire.

Et Rin s'affaiblissait. Comment tiendrait-elle, si comme le disait la hanyo Shiori, le travail allait durer toute la nuit ?

Alors Sesshomaru attendit, concentrant toute son attention sur Rin, l'amour de sa vie, alors qu'elle peinait pour donner elle-même la vie. Pourquoi était-ce si difficile ? N'était-elle pas l'essence même de la vie ? Seuls les passages de la taijiya Sango et de la hanyo Shiori venaient troubler leurs moments entre douleurs et épuisement où Rin ne pouvait trouver de répit.

Elle essayait de garder une façade, un sourire faible, mais insuffisant. Sesshomaru voyait au-delà, il la connaissait plus que quiconque. Elle était sa compagne.

A chaque seconde qui passait, il la voyait s'affaiblir, à chaque seconde qui s'écoulait, il voulait un coupable pour lui faire subir ce que Rin subissait. Il commençait à en vouloir à l'enfant.

C'était simple de prendre l'enfant comme fautif, car là où les hommes qui l'avaient blessée étaient absents, l'enfant, lui vivait au sein de Rin et la tuait pour vivre. Si Sesshomaru connaissait un moyen pour s'en débarrasser tout en épargnant Rin, il l'aurait fait sans aucune hésitation, aucun scrupule. Il tuerait l'enfant comme il avait tué Tomoeda.

Avant l'aube, la hanyo Shiori annonça que l'enfant allait bientôt naître. Rin pâlit, mais acquiesça en agrippant fortement la main de Sesshomaru contre sa poitrine. Elle lui avait raconté ce qui se passait pour les accouchements des femmes humaines. Rin avait été miko du village, elle avait souvent aidé des femmes à enfanter. Elle lui avait dit que le moment de la naissance pouvait être l'un des plus difficiles.

Il pencha son visage sur le sien, alors qu'elle s'était allongée sur le côté, ses yeux bruns ne regardant que lui.

« Rin, il y a une contraction qui arrive, dit la hanyo. Tu inspires profondément, et tu bloques, d'accord ? Comme tu l'as appris avec Kaede-baba. »

Rin s'exécuta et l'enfer s'ouvrit pour Sesshomaru.

« Allez, encore ! Encore, encore ! C'est bien Rin ce que tu fais !

- Vas-y, Rin-chan, encouragea la taijiya. Tiens bon ! »

Rin mettait toutes ses forces dans la poussée. Ses précieuses forces qui aurait pu la faire vivre si facilement, si l'enfant ne les réclamait pas à cet instant même. Elle poussa, un son de douleur s'échappa de sa gorge.

Sesshomaru crut qu'une éternité était passée alors qu'en vérité ce n'était que quelques minutes. La respiration faible de Rin était devenue laborieuse, erratique. Elle se força pourtant encore une fois.

« Vas-y, Rin ! encouragea la hanyo. La tête sort ! Ne pousse plus ! »

Rin le regarda intensément avec tout cet amour qu'elle ne réservait que pour lui.

« Tu peux te reposer, murmura-t-il, tu as fait le plus dur. »

Elle sourit faiblement et éleva l'une de ses mains vers son visage. Sesshomaru chérit le frôlement de ses doigts sur son front qui traçaient son croissant de lune puis les marques sur ses joues. Mais il lui semblait… que ses gestes équivalaient à un adieu.

« Rin-chan ! appela Sango sa voix plus forte que les cris du nouveau-né. Regarde, c'est une fille ! »

Rin n'eut que la force de sourire un peu plus, heureuse mais infiniment triste aussi.

« Je t'aime, » souffla-t-elle.

Sa main tomba, ses yeux se fermèrent. Elle expira son dernier souffle.

Sesshomaru tenait la main droite encore tiède de Rin, incapable de la lâcher même pour prendre le Tenseiga. Perdre le contact de sa peau douce contre la sienne plus rugueuse serait la perdre complètement.

« Rin-chan ? demanda la taijiya. Rin-chan !

- Non, elle n'est pas… ? »

Sesshomaru ne prêta plus attention aux femmes. Et il voulait le silence, il voulait que l'enfant se tût, lui qui avait tué Rin. Qui avait répandu son sang et crée ce vide en lui.

« Sesshomaru, demanda la taijiya d'une voix étranglée, est-ce que… ?

- Emmenez-le.

- Sesshomaru ? répéta la hanyo qui finissait de s'affairer autour de Rin..

- Emmenez-le ! Je ne veux plus le voir ! Je ne veux plus l'entendre !

- Mais…

- Shiori-chan, ne discute pas. »

La taijiya rassembla l'enfant suivie de la hanyo.

« Ramenez-la, dit la taijiya. Ramenez-nous Rin. »

Elle emporta l'enfant, le coupable, que Sesshomaru aurait déchiqueté s'il était resté un instant de plus. Ses cris, même atténués par la cloison, l'énervaient encore, enflammant sa haine pour cet être qui avait pris la vie si précieuse de Rin. Et cette insupportable odeur de sang qui imprégnait la pièce le désespérait presque.

Il prit sur lui de lâcher la main de Rin et attrapa la poignée du Tenseiga qu'il dégaina. Il fut effrayé, quand il ne sentit pas l'épée vibrer. Toutefois, il ne désespéra pas. La dernière fois qu'il avait dû l'utiliser, après la dernière bataille contre Naraku, Tenseiga avait aussi été récalcitrant. Il se concentra donc, sur ce monde des morts, au-delà, qu'il ne percevait pas. Pas encore.

Il concentra toute son énergie, toute sa volonté, toute sa force, entre le Tenseiga et la femme qu'il aimait. Une vie sans elle était impensable, ne pouvait être. Il la voulait toujours avec lui, toujours regarder ses sourires ensoleillés, lumineux, même dans les nuits les plus obscures. Il avait besoin d'elle, de sa force qui pouvait le faire flancher, de son affection et de son amour. Elle qui était tout.

« Je t'en prie, Rin. Ne pars pas. Ne me quitte pas maintenant. »

Il concentra tout l'amour qu'il avait pour elle, même s'il ne l'évoquait jamais à haute voix. Rin savait, cela lui suffisait. Il concentra ses sentiments qui depuis une époque indéterminée avaient dirigé toute sa vie. Rin !

Sesshomaru.

C'était un écho qui répondait à son appel, lui redonnant à nouveau espoir. Le Tenseiga se mit à battre une fois, puis deux. Puis au rythme de son cœur. Il les vit alors, les messagers de la mort qui grouillaient déjà autour de Rin et les encerclaient.

Sesshomaru aurait pu pâlir. Leur nombre semblait s'étendre à l'infini. La mort la voulait, la désirait, car depuis plus de treize ans, elle échappait à ses griffes. Sesshomaru était là pour la ramener à la vie, encore et encore. La mort ne pouvait rien contre cela il la réclamait toujours car leurs sentiments étaient plus puissants que le cycle de la vie et de la mort. Du moins, il voulait le croire.

Il les trancha, par dizaines, par centaines peut-être même. Il se moquait de leur nombre, il se moquait de leurs intentions. Tout ce qui comptait c'était d'avoir Rin près de lui, toujours, et souriante. Ce qui comptait c'était que son rayon de soleil fût là pour éclairer et préserver sa vie.

Sesshomaru ne sut jamais combien de temps cela lui prit pour tous les décimer. Peut-être une éternité, peut-être quelques minutes. Lorsque le monde entre la vie et l'au-delà devint vide de tout messager de la mort, il revint près de Rin, et courba sa tête sur le front de la jeune femme.

Il inspira de soulagement quand il entendit le tout premier battement de cœur de Rin, puis un deuxième, et d'autres à n'en plus finir. Il goûta l'air qu'elle respirait à nouveau alors que ses paupières s'ouvrirent lourdement pour découvrirent ses magnifiques yeux bruns.

« Sesshomaru… »

Il embrassa passionnément ses lèvres, heureux, tellement heureux de l'avoir pour lui après l'avoir volée à la mort. Non, ce n'était pas exact. Rin lui appartenait, il ne permettrait pas qu'on la lui prît.

« J'ai eu si peur, » ne put-il s'empêcher de dire.

Sesshomaru ne révélait jamais ses faiblesses. Pourtant Rin était différente. Avec elle, il était lui, et seulement lui-même Sesshomaru. Elle l'aimait ainsi, elle l'acceptait tel qu'il était, fort ou faible, bon ou mauvais.

Elle glissa des doigts tremblants dans sa chevelure argentée. Sesshomaru savait qu'elle aimait peigner ses cheveux ainsi, et lui aussi l'appréciait. La sensation délicate qu'elle créait avec ses doigts était apaisante. Et en ce jour, le rassurait.

« Maintenant je suis là, dit-elle en souriant faiblement. Tout ira pour le mieux. »

Ses yeux trahissaient une pointe de tristesse, de regret qu'il ne comprenait pas. Ce sentiment disparut caché par une fatigue anormale. Elle n'était peut-être plus blessée, mais la mort semblait à chaque foi lui prendre un peu plus de son énergie.

« Où est notre enfant ? sourit-elle. Notre fille ? »

Notre enfant. Comment pouvait-elle appeler un être pareil avec tant d'amour ? Comment pouvait-elle aimer son meurtrier, alors que lui le détestait ? Comment pouvait-elle pardonner ?

Les cris avaient cessé de l'autre côté, l'enfant avait été calmé. Mais que pouvait-il dire à Rin ? Comment allait-il lui dire qu'il l'avait rejeté à la naissance pour avoir causé sa mort ?

« Sesshomaru ? »

Elle était inquiète, mais sans doute pour l'enfant. Elle avait dû le sentir dans la pièce adjointe en bonne santé. Elle était inquiète pour lui, pour sa réaction.

Rin allait prendre la parole quand on frappa à leur porte. C'était l'humain Kohaku. Et il portait l'enfant.


Kohaku était anxieux, plus anxieux qu'il ne l'avait jamais été. Il attendait avec Miroku, Shippo, Kiyoshi et Ren, alors que Rin accouchait. Elle était blessée, gravement peut-être, et elle devait garder des forces pour enfanter. Kohaku en voulait à Sesshomaru qui n'avait pas su la protéger, et qui l'avait mise en enceinte aussi. Rin pouvait mourir en ce moment même.

Non ! Rin était une femme forte. Elle ne pouvait pas mourir en mettant au monde son enfant.

Soudain, Shippo se leva.

« Shippo ? » demanda Miroku.

Des pleurs de nouveau-né résonnèrent de la pièce adjacente. Rin avait enfin accouché.

« Kiyoshi-nichan, demanda Ren, Rin-neechan a accouché ! Tu crois que c'est une fille ?

- Moi je veux un garçon ! déclara le garçon de dix ans. Comme ça, je…

- Shippo ? répéta Miroku. Quelque chose ne va pas ? »

Kohaku remarqua alors combien son ami était pâle. Non, non…

« Elle est morte, répondit-il d'une voix éteinte. Rin est… morte… »

Kohaku aurait aimé que le sol s'ouvrît et l'ensevelît à ce moment précis. Il ne voulait pas y croire, il en était incapable. Rin ne pouvait pas…

La porte s'ouvrit doucement. Shiori pénétra dans la salle, le visage choqué et pâle. Elle s'effondra dans les bras de Shippo. Sango la suivait, son visage grave et contracté, comme si contrairement à Shiori, elle se retenait de pleurer. Et elle portait un petit paquet de linge d'où venaient les pleurs d'enfant. Lui aussi, coupable d'avoir…

Et plus il braillait, malgré les bercements de Sango, plus Kohaku voulait le faire taire, par n'importe quel moyen.

« Sango, demanda Miroku, est-ce que… ? »

La voix de Miroku sembla se briser. Sango inspira profondément.

« Sesshomaru est avec elle.

- Alors, s'il ne peut la sauver, personne ne le pourra. »

Les paroles de Miroku étaient d'une finalité certaine, mais qui gardait encore de l'espoir. Kohaku, lui, doutait. Il n'avait pas la même foi que Miroku dans les sentiments de Sesshomaru pour Rin. Il savait bien sûr que Sesshomaru l'avait ressuscitée déjà par deux fois, mais il n'ignorait pas non plus, que la dernière réussite, avait failli se conclure en échec. J'ai cru que nous l'avions perdue, avait avoué d'un murmure Kagome à la suite de la dernière bataille contre Naraku. Inuyasha était resté grave, confirmant la possibilité que Rin aurait pu être ne plus revenir ce jour-là.

Alors si Sesshomaru avait failli échouer à l'époque, quelles étaient les chances qu'il y parvînt aujourd'hui ? Ses pouvoirs devaient faiblir avec le temps. Comment la sauverait-il ? Comment ?

Et cet enfant pleurait, encore et encore, comme s'il clamait haut et fort son crime. Un crime qu'il partageait avec son père. Mais Kohaku n'avait que l'enfant à porter de main. Il s'avança donc inexorablement vers sa sœur.

« Kohaku ? demanda Sango une expression inquiète sur ses traits.

- Donne-moi l'enfant.

- Kohaku…

- Donne-le moi ! »

Le visage de Sango se durcit, puis s'adoucit. Elle finit par lui tendre le petit paquet qu'elle tenait au creux de ses bras.

« Elle est mignonne, tu sais, dit-elle. Elle ressemble tellement… »

Kohaku prit l'enfant dans ses bras, et découvrit légèrement un voile qui cachait un peu son visage.

« … à Rin, » finit Sango.

Il le vit immédiatement. L'enfant pleurait, son visage crispé, ses petites mains serrées en poings. Elle était toute rose, ses cheveux rebelles encore humides, étaient de couleurs sombres, mis à part deux mèches de part et d'autres de sa tête. Ses oreilles n'étaient pas comme celle d'Inuyasha, ni même comme celles de Sesshomaru, mais bien humaines. Elle gardait l'héritage de son père aussi, en la présence de l'unique marque qui ceignait son front. Un croisant de lune mauve clair.

Instinctivement, il la serra un peu plus contre lui, émerveillé par ce petit être, l'enfant unique de la femme qu'il avait toujours aimée. La fille de Rin. Et comme si elle sentait sa présence, comme si elle se sentait en sécurité, la petite fille ouvrit ses grands yeux, brillants encore de larmes, d'un riche brun comme ceux de sa mère, mais avec quelques éclats dorés donnant l'impression que le soleil y rayonnait.

« Elle est bien la fille de Rin, » murmura-t-il.

La petite fille le regarda intensément, arrêtant d'épancher ses larmes. Il était heureux d'avoir pu la calmer. Il était fier d'avoir été le premier à lui apporter un quelconque réconfort.

« Il a réussit, dit soudainement Shippo. Il a sauvé Rin. »

Un soupir de soulagement sembla s'échapper de leur poitrine. Kohaku se mit même à sourire à l'enfant. Tout irait pour le mieux alors. Il se dirigea vers la chambre, avec l'enfant dans ses bras, mais Shippo s'interposa.

« Laisse-lui… juste un instant… »

Shippo était encore pâle, et Kohaku se retint de contourner son ami. Il ne le voulait pas, mais il pouvait comprendre que Sesshomaru et Rin souhaitaient rester ensemble après ce qui s'était passé. Il comprenait et enviait Sesshomaru de partager ces moments là avec Rin. Sa renaissance.

Il attendit, puis Shippo lui offrit un faible sourire.

« Je crois… je crois que c'est bon. Rin veut la voir. »

Kohaku rendit son sourire et alla frapper à la porte de la chambre. Il entra et aperçut une scène qui le blessa même s'il essaya de réprimer ses sentiments. Sesshomaru était là pour soutenir Rin, à sa droite. Il avait la place que Kohaku se prenait encore à désirer. Mais qu'il devait renoncer pour la rendre heureuse.

« Hé, Rin, dit-il en se cachant derrière un sourire. Je suppose que tu n'as pas encore vu fille ? Elle est magnifique ! »

Rin lui rendit un sourire satisfait mais fatigué. Il s'approcha mais s'arrêta immédiatement en entendant le grondement sourd de Sesshomaru. Il menaçait de s'attaquer à l'enfant.

Kohaku se rappela de la première réaction qu'il avait eu envers l'enfant. Il comprenait pourquoi Sesshomaru agissait de la sorte. Mais il ne permettrait pas qu'il lui arrivât quoique ce soit. Et cela, même s'il devait s'opposer à quelqu'un d'aussi puissant que Sesshomaru.

Sentant peut-être la tension naître, l'enfant éclata en sanglots.

« Sesshomaru, murmura Rin d'une voix douce. Elle est notre enfant. »

Le grondement diminua, et après un regard sur le couple, Kohaku s'agenouilla à la gauche de Rin, le plus loin possible de Sesshomaru. Il remit la petite fille dans les bras accueillant de Rin dont le visage s'éclaira à sa vue.

« Je te l'avais dit qu'elle était magnifique, » assura Kohaku.

Rin lui sourit et contempla sa fille. Elle se tourna vers Sesshomaru sans doute pour lui faire partager sa joie. Néanmoins, le taiyokai était froid, impassible, effaçant alors le sourire de Rin.

Kohaku ne voulait pas la voir aussi triste, surtout en un jour comme celui-ci, surtout après ce qui venait de se passer, et surtout pas à cause de cet imbécile de Sesshomaru.

« Hé, Rin, comment vas-tu l'appeler ? »

Comme Kohaku l'avait espéré, Rin reprit son sourire, en considérant longuement sa fille qui s'endormait, apaisée, dans les bras de sa mère.

« Yuki. »

Sesshomaru fut le premier à réagir.

« Neige ? Tu as toujours détesté la neige.

- Depuis la mort de ma famille, à vrai dire. Mais je dois dépasser mes souvenirs, maintenant que Naraku est mort. Et puis, Sesshomaru, tu as toujours aimé les paysages enneigés, n'est-ce pas ? Notre fille est née avec les premières neiges de l'hiver, alors j'apprendrai à les aimer. Autant que je puisse aimer Yuki. »

Rin prenait un nouveau départ, pour le meilleur, aurait souhaité Kohaku, s'il n'avait pas vu le regard sombre de Sesshomaru peser sur la forme endormie de Yuki.


J'essayerai de mettre le prochain chapitre ce week-end car après, je suis absente 10 jours, donc pas d'update avant 2 semaines facile.