Bon, ma fic n'amasse pas foule... ^^" Je sais bien que je ne suis pas bonne écrivain mais tout de même, une review c'est pas long et ça fait toujours plaisir :o

On amorce le quatrième chapitre où il ne se passe toujours rien. Pour l'action, il faudra attendre un peu ^^

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*POV Alphonse*

Passablement perturbé par les réactions incontrôlables de son corps, Alphonse laissa l'eau glacée le refroidir. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Bien sûr, il connaissait les réflexes normaux d'un corps en pleine ébullition, d'un corps adolescent réagissant aux hormones. Mais ce qui le gênait profondément, c'était comme ce désir était mal placé, terriblement mal placé. Encore sous l'eau, il se frotta nerveusement le visage. Il ne voulait pas y penser, tellement il avait honte de lui...

Nii-San... Bien sûr qu'il voulait sentir, toucher son grand frère, cela faisait trop longtemps que le moindre contact physique leur avait été interdit. Mais le jeune adolescent savait que ce n'était clairement pas normal, ce désir... Toutes à ses réflexions honteuses, il continua sa toilette, s'habilla et sortit à son tour. Cherchant Edward des yeux et ne le trouvant pas, il s'inquiéta et se demanda s'il n'était pas sorti sans le lui dire. Explorant l'appartement, il le découvrit dans sa chambre, trempé, toujours à moitié-nu, et visiblement mi-assoupi, sur son lit.

- Nii-San ! Tu vas être encore plus malade si tu restes comme ça !

Clama le petit-frère tout en le relevant, sans pitié pour le vertige d'Edward. Il alla chercher une serviette sèche, défit sèchement la natte blonde qui coulait dans le dos de l'aîné, et le frotta vigoureusement, loin de tenir compte des faibles protestations fraternelles. Alphonse hésitait à s'occuper de lui comme autrefois, car il sentait bien la soudaine froideur, la crispation d'Edward à son contact. Ne voulant pas y faire attention, bien que cruellement dépité, il entreprit d'habiller son frère, mais il fut encore une fois arrêté dans son élan.

- Al... Je suis peut-être malade, mais pas mourant d'accord ?! Je peux très bien m'habiller tout seul et m'occuper de moi par moi-même, merci ! Tu dois bien avoir autre chose à faire non ?

Le jeune garçon ne sut quoi répondre. Il se sentit blessé, rejeté dans son affection.

- Donc tu peux sortir s'il te plaît ? Ne t'inquiètes pas, je vais juste dormir un peu et ça ira mieux.

Ne voulant rien laisser paraître, Alphonse se releva et quitta la pièce, sans un mot, les yeux peut-être un peu trop humides, mais Edward était bien trop fatigué pour se rendre compte de la peine qu'il avait, involontairement, causé à son frère. Posté dans le couloir, l'adolescent frissonna. Nii-San ne veut pas de moi... Il me rejette ! Mais il savait bien que sa propre réaction était un peu trop exagérée, qu'il n'aurait pas du jouer encore ce rôle de mère poule, comme le disait si bien Edward... Se sentant désorienté, vexé, et surtout las, il se posa dans le salon et rentra dans un quelconque livre, souhaitant jusqu'à oublier la présence de son frère dans l'appartement. Et surtout oublier la douleur de ne pas pouvoir être à ses côtés...

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*POV Edward*

Edward toussa. Il avait de la fièvre, il le savait. Mais il espérait encore être reposé dans l'après-midi. Il avait eu bien pire après tout. Il regrettait simplement de ne pas pouvoir profiter de sa journée pour s'occuper d'Alphonse. Il se sentait coupable d'être encore une fois un poids inutile pour son frère. Il voulait être plus fort, pour le protéger, mais il se retrouvait toujours en position de faiblesse. Et il ne supportait pas ça. L'alchimiste tenta de se relever, mais un vertige l'en empêcha. Il grogna, énervé. Il voulait voir Alphonse, mais n'osait même pas se l'avouer. Il adorait quand son frère prenait soin de lui, le couvait, le cajolait, mais il détestait s'en rendre compte. Inconsciemment il avait l'impression d'avoir remplacé l'image de son frère par celle, au combien entêtante, de sa mère. La culpabilité le rongeait.

Al... il mourrait d'envie de l'appeler, pour l'avoir à ses côtés, affectueux et tendre. Mais il était bien trop fier pour ça. Il ne voulait pas que son frère prenne pitié de lui... Dire que parfois, il avait le désir fugitif de mettre ses mains dans les cheveux fins et soyeux d'Alphonse, ou de le prendre dans ses bras, ou encore de lui baiser le front, dans un geste d'affection. Toutes ces choses qu'il avait toujours eu envie de faire lorsque son frère avait été dans l'armure... Mais lui et les contacts, ce n'était pas son truc. Il se sentait bien trop gêné d'avoir des pensées, des idées qu'il imaginait trop féminines. Oui, seules des soeurs par exemple, pouvaient se permettre ce genre de choses non ? Ou encore Winry peut-être. Mais Al n'était ni une fille, ni Winry.

Fiévreux, il repensa à l'étreinte de son frère, la nuit dernière. Alphonse était-il angoissé ? C'était bien la première fois depuis leur retrouvaille qu'ils s'enlaçaient. Avait-il besoin d'être rassuré ? Le jeune homme se frappa le crâne, souhaitant anéantir ce maudit mal de tête qui l'empêchait d'avoir les idées claires... à moins que ce ne soit la fièvre ? Il éternua, et se maudit à voix haute. Bon dieu, qu'est-ce qu'il ne donnerait pas pour un remède miracle ! Mais il savait que seule de la patience et du repos pourraient le guérir rapidement, et il refusait clairement qu'Alphonse appelle un médecin. Hors de question, plutôt crever.

L'esprit vague, il continua de tergiverser, ayant tout à fait oublié la notion de temps. Puis il sortit sa montre à gousset et regarda l'heure en clignant des yeux. Déjà seize heures !? Mais, il allait louper sa convocation à l'hôpital ! Se secouant tout en jurant, il ne réussit qu'à tomber lourdement (et bruyamment) du lit dans lequel il comatait depuis quelques heures déjà. Ce qui, évidemment, eu le mérite de ramener un petit frère tout à fait affolé, qui l'aida vite à s'asseoir sur le lit. Edward ne supportait pas de voir Alphonse soucieux, encore moins lorsqu'il en était responsable.

- Nii-San ! Est-ce que ça va !?

- T'en a d'autres des questions stupides !? Non ça va pas ! Je vais rater l'heure de ma mission ! Commença-t-il en tentant à nouveau de se relever, empêché par Alphonse.

- Mais lâche-moi bordel ! Tu m'emme**** ! Hurla-t-il à moitié en se dégageant brutalement du contact de son frère.

Un silence lourd comme du plomb passa. Jamais Edward n'avait tant regretté ses paroles. Il pâlit et déglutit, empli d'une immense culpabilité. Merde, merde, merde... Non, Al ne va pas pleurer quand même... Al, dis-moi que je t'ai pas blessé ? Mais le visage de son frère s'était totalement fermé, impénétrable. Il sentit qu'Alphonse s'écarter doucement de lui et, comment dans un cauchemar, le vit se lever lentement, la mine sombre.

- Excuse-moi Al, j'le pensais pas, je te jure ! Je suis désolé !

- ...

Angoissé, l'alchimiste voulut rajouter quelque chose pour se rattraper, mais une nouvelle et violente quinte de toux lui imposa le silence. Il s'accrocha à l'épaule d'Alphonse autant que pour avoir un soutien que pour l'empêcher de partir. Il avait du mal à respirer. Eh merde, jura-t-il encore en silence, sombrement.

- ... Et c'est comme ça que tu veux aller en mission hein ? Je vais appeler le Général, non le Colonel plutôt. Se ravisa Alphonse. Elle comprendra très bien la situation. Et tu vas rester bien sagement ici, et te reposer vraiment cette fois.

Edward râla tout ce qu'il put, mais rien n'y fit, il dut finalement obéir à son frère. C'était ça, ou la menace du médecin tant honni. Il entendit, à travers un brouillard de plus en plus persistant, la conversation entre Alphonse et Hawkeye. Puis il vit Alphonse revenir dans la pièce, mais n'eut pas la force de s'excuser à nouveau. D'ailleurs il avait déjà un peu oublié pourquoi il voulait s'excuser.

Épuisé, il remarqua à peine que son frère fermait les volets de la chambre et le réinstallait plus confortablement dans le lit. Mais il sentit très bien par contre le linge humide et glacé posé sur son front brûlant, ce qui le fit gémir de bien-être. Cela lui rappelait étrangement la main froide et métallique de l'Alphonse-armure, qui se posait avec inquiétude sur son visage lorsqu'il était malade. Comme au bon vieux temps. Edward commençait à s'endormir, il s'en rendait compte. Les yeux dans le flou, il observait, sans trop analyser, les gestes bienveillants de son petit frère. Il se sentait bien. Sa dernière pensée, avant de tomber de fatigue, fut que celui qui aurait du être l'aîné c'était Alphonse, et non pas l'inverse.