J'ai intérêt à me dépêcher d'écrire la suite, parce qu'à ce rythme, j'aurais vite épuisé mes chapitres d'avances x3

Mais j'avoue que je bloque sur le chapitre 7... Manque d'imagination ^^"

Bon, ce chapitre est un succession de POV des deux frères, après on reviendra à un chap/un POV.

-----------------------------------------

Soirée cauchemardesque

*POV Al*

Ouf, il s'est enfin endormi, pensa Alphonse en voyant le visage désormais paisible de son frère. Heureusement qu'il avait réussi à se débrouiller avec le Colonel Hawkeye pour garder Nii-San au chaud. Il était soulagé. Le jeune garçon sortit sans bruit de la chambre et se dirigea vers la cuisine pour se faire un en-cas. Il regarda l'heure à l'horloge : 17 heures. Décidément, il n'avait pas fait grand chose de la journée, soupira-t-il tout en regardant le ciel sombre et nuageux au dehors.

Tout en mangeant, il réfléchit. Cela faisait deux mois qu'il restait ici, sans aucune activité autre que celle d'attendre son frère le soir et de tonifier son corps. Même ses recherches à la bibliothèque ou ses virées chez Gracia ne l'égayait plus... Ce n'était pas qu'il s'ennuyait, mais quelque chose avait changé, soudainement. Même lorsqu'Edward était là, maintenant, il ne sentait pas vraiment mieux, à vrai dire. Surtout ces derniers temps... Surtout aujourd'hui...

Il serra le poing, sentant ses yeux le piquer. Lâche-moi, bordel ! Tu m'emm**** ! Ces mots tournaient en boucle dans son crâne. C'était si blessant, cruel... Alphonse savait bien qu'il devait lui pardonner. Après tout Nii-San n'était pas dans son état habituel, il était malade, et il s'énervait très facilement dans ces cas-là. Oui, il devait oublier ça, et ne pas lui en tenir rigueur, se dit-il tout en sentant une angoisse grandir dans sa poitrine d'adolescent. Il se sentait mourir lorsque son frère le rejetait... Comme s'il redevait l'armure vide qu'il avait été...

Il secoua la tête. Il fallait qu'il pense à autre chose. Il repoussa son assiette, et se leva pour se jeter dans ses études. Ça, il ne l'avait pas dit à Ed, pas encore du moins. Il attendait le bon moment, ou plutôt le dernier moment, avant de lui avouer son projet, qui, il le savait très bien, ne serait absolument pas du goût de son frère aîné. L'esprit morose, il s'absorba dans sa lecture.

--------------------------------

*POV Ed*

Il avait chaud, très chaud. Il n'arrivait plus à respirer. Maman ! Maman ! Il luttait péniblement contre le courant lumineux qui l'emportait. Quelque chose avait cloché. Pourquoi la transmutation ne marchait pas ?! Il avait vu la Vérité. Puis le noir. Où est mon frère, où est Alphonse ?! Il hurla, encore et encore. Quelque chose bougeait devant lui, quelque chose aspirait l'air, agonisait. Maman ? Mais ce n'était pas humain. Alphonse ! Al, Al ! La douleur intense dans sa jambe. Il n'aurait jamais cru que cela faisait si mal. Ma jambe !

Il était terrifié. Il n'entendait même pas ses propres cris de détresse, de peur. Al ! Où es-tu Al ?! La créature bougeait toujours, et lui tentait de s'éloigner de cette présence monstrueuse. Ce n'est pas Maman, Maman ! Il se traînait, mais les ténèbres l'engloutissaient, sombres, effroyables. Pourquoi ça n'a pas marché, pourquoi ça n'a pas marché ?! Il n'osait pas regarder sa cuisse déchirée, sa jambe manquante. Rendez-moi mon frère ! Il y avait du sang partout, il entendait l'orage éclater dans sa tête, tandis que ses hurlements se transformaient en gémissements de souffrance. Il ne voyait plus rien. Le fracas de l'armure qui tombe. Rendez-moi mon frère... Rendez-moi Al !

------------------------

*POV Al*

- Je suis là, Nii-San, je suis là...

Articulait lentement Alphonse aux oreilles sourdes de son frère. Avec patience, application, il tentait de le calmer, le tenant fermement dans ses bras, tandis qu'Edward continuait à pleurer et à hurler, toujours coincé dans son cauchemar. Tout à fait indifférent à la sueur qui lui dégoulinait sur le visage, l'alchimiste affolé ne cessait de se débattre dans les affres de son rêve, s'accrochant à Alphonse comme s'il eut pu en mourir s'il le lâchait. Le petit frère essayait de rester serein, étant habitué à ses nuits épouvantables où, tant de fois, il avait réconforté son frère à demi-inconscient et terrifié. Il le serrait tout contre lui, le plus doucement qu'il le pouvait, attendant la fin du cauchemar. Les cris durèrent encore un instant, avant d'être remplacé par des sanglots inconsolables.

- Calme-toi Nii-San. Nii-San... Je suis là, tu ne m'as pas perdu, je suis là.

- Al, Al, Al...

Celui qui aurait du être l'aîné commença alors seulement à s'apaiser, comme s'éveillant enfin de son atroce souvenir, qui le hantait si souvent. Cela ne l'empêcha pas de continuer à enlacer Alphonse de toute ses forces, menaçant de l'étouffer sous sa poigne angoissée. Il respirait avec agitation, secoué de spasmes, peut-être plus du à la fièvre qu'au cauchemar lui-même. C'est toujours comme ça, pensa Alphonse en soupirant. Presque à chaque fois que Nii-San tombait malade, les cauchemars reprenaient le dessus. Ils avaient pensé qu'après avoir retrouvé leurs corps, les souvenirs allaient le laisser tranquille, mais ce qu'il venait de se passer semblait prouver le contraire... Le petit frère garda son étreinte, le temps que son frère devienne plus paisible, puis il l'étendit doucement sur le lit, en lui murmurant des mots rassurants.

Edward avait le regard vitreux, fiévreux, inquiet. Mais il se laissa faire, peu à peu décontracté par la présence d'Alphonse. Affaibli et exténué, il ne tarda pas à refermer les yeux, sous le regard patient et attentif de son frère. Alors seulement Alphonse se permit d'essuyer la sueur et les larmes qui dégoulinaient du visage de son aîné, puis il changea le drap supérieur, celui-ci étant trempé. Se re-asseyant au bord du lit, il arrangea les cheveux collés et en désordre d'Edward, puis il pensa qu'il pouvait partir. Mais il fut surpris par la main de son frère, qui s'était agrippé à son bras. Il le regarda. Ses yeux étaient de nouveau ouverts, et terriblement rouges et gonflés.

- Al, reste, s'il te plaît, ne pars pas... gémit péniblement l'aîné

- Je suis là, je ne pars pas... Rendors-toi, Nii-San. Le rassura instantanément Alphonse, en lui posant sa main sur le front.

- Reste avec moi Al... murmura encore le jeune adolescent, à demi-conscient.

Il ne lâchait pas le bras de son frère, le forçant à rester là, à côté de lui. Alphonse ne bougea plus. Mais sa position était clairement inconfortable. Il comprit alors que son frère n'allait vraiment pas le laisser retourner à sa chambre. Il était parti pour rester là toute la nuit... Puis une solution lui vint à l'esprit. Il allait se coucher à côté d'Edward, comme ça il pouvait continuer à le rassurer, et finir sa nuit par la même occasion. Après tout, c'était un lit double. Il se sépara donc doucement de la poigne de son frère, pour s'allonger à côté de lui. Il n'y avait aucune arrière pensée malsaine derrière cet acte fraternel. En position foetale, l'alchimiste d'état se rapprocha du corps nouvellement arrivé, et posa sa tête sur le torse de son frère, l'enlaçant de ses bras poisseux de fièvre. Il est brûlant, songea Alphonse.

Il le laissa faire, tentant pour sa part d'avoir une position plus apte au repos. Le silence était revenu dans la pièce, et la respiration d'Edward était de nouveau calme. Alphonse crût que celui-ci s'était définitivement rendormi, et il commença à sombrer à son tour, quant il sentit de l'eau sur son buste. Vaguement étonné, il baissa les yeux, et vit que son frère avait laissé couler quelques larmes. Quand un murmure presque inaudible se fit entendre, Alphonse tendit l'oreille.

- Pardonne-moi Al, pardonne-moi...

--------------------------

*POV Ed*

Quand il se réveilla dans la semi-obscurité, Edward eut la vague sensation qu'il s'était passé quelque chose d'étrange durant la nuit. Il remua, et pesta en silence contre le mal de crâne lancinant qui ne l'avait pas quitté depuis hier... Puis il sursauta en apercevant Alphonse endormi à côté de lui. Il se frotta lentement les yeux, puis peu à peu se rappela les évènements de la nuit. Il poussa alors un juron étouffé, ne voulant pas réveiller son petit frère qui dormait comme un bien-heureux. De toute façon, il ne se sentait pas encore capable de se lever. Mais il ne voulait pas non plus repenser à son cauchemar, ni à sa honte d'avoir eu besoin de l'aide de son petit frère.

Il observa Alphonse à la dérobée. Il avait vécu si longtemps avec une armure vivante qu'il était toujours un peu surpris, chaque matin, de retrouver son frère dans une enveloppe charnelle, si semblable à son propre corps. Celui-ci respirait calmement, le visage paisible. Il semblait toujours tellement plus jeune lorsqu'il dormait ! L'alchimiste se rappela alors de son visage d'enfant, avant que je ne fasses la connerie du siècle, pensa-t-il amèrement. Pourtant il avait réparé son erreur, alors pourquoi ressentait-il encore ce pincement au coeur, cette sensation de vide ? Pourquoi ses cauchemars ne le laissaient-ils pas en paix ? Je suis désolé Al... J'aurais voulu réussir bien plus vite, que tu n'aie pas perdu toutes tes dernières années d'enfance... Car Alphonse avait encore une âme d'enfant. Et dans un corps d'adolescent, cela faisait un sérieux contraste. Du moins, c'est ce que croyait Edward.

Fronçant les sourcils, il scruta les fenêtres, mais les volets étaient toujours fermés, et ne laissaient passer qu'une faible raie de lumière. Quelle heure était-il ? Bah, aucune importance. Il posa sa main à son front, histoire de voir s'il pouvait s'estimer guéri, mais la chaleur du-dit endroit ne le laissa pas espérer le prompt rétablissement souhaité. D'ailleurs, sa gorge le brûla à nouveau désagréablement, et le bourdonnement reprit dans ses pauvres oreilles. Il était reparti pour une joyeuse journée, à ce compte-là !