J'en reste à un chapitre par jour, mais bientôt je vais devoir ralentir la cadence x3

Cette fois un chapitre entièrement du point de vue d'Alphonse, où on ne voit pas du tout son frère. Et apparition d'un nouveau personnage totalement inventé pour l'occasion (j'imaginais mal le docteur Marcoh dans ce rôle xP)

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Cela faisait deux semaines depuis qu'Edward avait eu son rhume, et rien n'avait changé entre eux deux. Alphonse s'était posté devant la fenêtre pour voir son frère partir pour l'hôpital central. Il semblait aimer sa nouvelle mission, c'était une bonne chose. Malgré tout, l'adolescent ne pouvait s'empêcher d'être comme jaloux. Comme il aimerait pouvoir sortir lui aussi ! Rendre service, se sentir utile ! Mais il faisait trop froid en ce moment, et il s'était vu interdit de sortie par le médecin qui s'occupait de lui depuis qu'il avait retrouvé son corps. Quelle ironie. Alors que c'était son frère qui tombait sans cesse malade, c'était lui qui se retrouvait bloqué à cause du risque pour son corps encore faible.

Las, Alphonse observa la silhouette fraternelle disparaître peu à peu, puis il sortit de cette contemplation pour revenir à ses livres. En vérité il savait déjà tout ce qui s'y trouvaient, mais il devait tuer l'ennui, en attendant la visite du docteur. Depuis une semaine, on venait chaque jour à domicile pour le forcer à faire ses exercices de réadaptation. Il détestait ça, il devait bien se l'avouer. Mais c'était toujours mieux que de rester seul à ruminer et à regarder la pluie. Vivement qu'il puisse enfin sortir ! Pour ça il fallait l'accord du médecin, donc Alphonse tentait toujours de faire bonne figure face à lui, espérant chaque jour qu'on lui accorderait cette bénédiction suprême...

Il n'arrivait pas à se concentrer sur le texte. En fait, il voulait appeler les Rockbells. Cette nouvelle idée le fit sourire d'un air nostalgique. Il se demandait pourquoi son frère ne voulait pas leur donner de leurs nouvelles. On leur a à peine donné un coup de fil après l'évènement, et maintenant plus de nouvelles... c'est bizarre quand même... Toutes à ces réflexions, il hésitait. Il savait qu'Edward avait sûrement de bonnes raisons, mais il aurait pu quand même faire un effort. Winry devait être si impatiente de les revoir ! Elle et Mamie Pinako lui manquaient. C'était leur seconde famille, et cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus... Pourquoi Winry ne leur avait pas rendus visite ? Alphonse se leva et chercha dans les papiers éparpillés sur le bureau de son frère. Mince, je ne trouve pas le numéro ! Bien embêté d'avoir mis encore plus de bazar, il s'arrêta de fouiller. Il faudra qu'il demande à Edward quand il rentrera.

Baissant les yeux, il remarqua une trace de sang frais sur les feuilles. Il sursauta, avant de comprendre que c'était le sien. Il venait tout bêtement de se couper avec un bord ! Intrigué par cette petite douleur au bout du doigt, il contempla la fine plaie qui saignait abondamment. Il ne fallait pas qu'il en fasse tomber encore sur les papiers ! Il mit le doigt à la bouche, en suçant consciencieusement le liquide. Le jeune adolescent fut surpris par le goût. Un mélange entre le sel et le fer. Depuis sa renaissance, il n'avait pas encore (re)connu ce goût si particulier du sang. C'était très étrange. Alphonse se dirigea à la cuisine pour trouver un pansement. Il pensait à son frère. Ce rappel au sang lui avait fait songé à leurs combats d'antan, à toutes les fois, ô combien nombreuses, où Edward avait été sérieusement blessé. A toutes les fois où le petit frère avait craint pour la vie de son aîné. S'il avait été plus fort à ce moment-là ! Nii-San n'aurait jamais eu toutes ces cicatrices qui lui parcourent le corps... Lui Alphonse, même en armure, n'avait pas su le protéger. Et maintenant... Maintenant rien n'était pareil à avant c'est vrai. Que se passait-il donc ? Alphonse avait peur de trop y réfléchir, tant ses propres pensées lui semblaient étrangères. Quelque chose clochait en lui. Et il ne savait pas quoi faire pour y remédier.

Une sonnerie le tira de ses ruminations. Le médecin ! Il l'avait presque oublié. C'est d'ailleurs à ce moment qu'il se rendit compte qu'il était resté dépenaillé, avec à peine un pyjama sur le dos. Il ne pouvait tout de même pas se présenter comme ça ! Bon d'accord il l'avait déjà vu en caleçon pour faire des mesures et autres choses de tortures, mais tout de même.

- J'arrive, j'arrive ! Attendez !

S'empressa-t-il d'hurler à l'adresse de la porte en courant jusqu'à sa chambre pour enfiler en hâte un pantalon qui traînait là et une simple chemise blanche. Déjà essoufflé par l'effort, très bref pourtant, preuve qu'il se fatiguait vite, il ouvrit enfin la porte.

- Bonjour Alphonse. Je vois que tu as déjà commencé les exercices avant mon arrivée, plaisanta avec un sourire espiègle le praticien.

- Désolé de vous avoir fait attendre, je n'étais pas habillé, s'excusa le dit-nommé en baissant les yeux et en reprenant sa respiration.

- Allons pas de ça entre nous jeune homme. Cela fait plus de deux mois que je te vois sous toutes les coutures, tu n'aurez pas du te fatiguer pour ce détail, ajouta l'homme en rentrant dans l'appartement.

Alphonse s'était senti rougir sous l'allusion de Joseph. Car Joseph était le nom du docteur qui s'occupait de lui depuis le début. En deux mois, ils avaient largement eu le temps de faire connaissance et, bien que le jeune garçon n'apprécia toujours pas les exercices, il aimait beaucoup celui qui les lui faisait faire. Joseph était un homme dans la quarantaine, débonnaire, joyeux, toujours une cigarette à la bouche. Il était grand, brun, un peu enveloppé, et il dégageait de lui une impression de maîtrise et de bienveillance. Alphonse le regardait poser les instruments sur la table basse tandis que lui restait cloué près de la porte.

- Bah alors, viens t'asseoir, on a pas toute la journée tu sais !

- Oui, désolé !

Joseph lui adressa un sourire conciliant et lui ébouriffa les cheveux. Alphonse se sentait toujours à la fois rassuré et gêné en sa présence. Peut-être parce qu'il lui inspirait une figure paternelle... Le médecin vérifia sa tension, puis son pouls, et enfin une batterie de tests tous plus ennuyant les uns que les autres et sur lesquels on ne s'attardera pas. Tout en travaillant, il bavassait avec son patient.

- Au fait, en venant j'ai croisé ton frère. C'est fou ce que vous vous ressemblez !

- Ah ? Et vous lui avez parlé ?

- Non, il ne m'a pas vu. Il va à l'hôpital n'est-ce pas ? Je le vois souvent là-bas.

Alphonse ne répondit rien, commençant les exténuants exercices physiques auxquels il était astreint. C'était très fatiguant de faire bouger ces muscles qui semblaient sans consistance, comme des muscles de bébé. A l'hôpital, ils lui avaient d'ailleurs dit que le premier danger était le coeur, aussi fallait-il surtout faire de l'endurance pour le fortifier. Le jeune adolescent s'en serait bien passé. Habitué depuis des années à se déplacer sans effort, à combattre sans risque dans son armure vide, il avait bien du mal à forcer son corps et à supporter à nouveau la douleur. Mais il le fallait bien pourtant. Sinon à quoi cela aurait-il servi qu'il ait à nouveau un corps si c'était pour être coincé dans un fauteuil roulant ou mourir d'une crise cardiaque ? Il voulait être aussi parfaitement en forme physiquement que son frère, afin de ne pas être un poids pour lui. Quelle honte ce serait de ne pas être à la hauteur de ses attentes ! Peut-être que les choses changeraient si Nii-San était fier de lui... ou pas. Alphonse se sentait perdu. Il arrêta l'exercice pour se poser sur le canapé, reprenant son souffle. Il se sentit embarrassé quand le médecin s'assit à ses côtés.

- Alphonse, ne meurs pas pendant que je suis dans mes fonctions hein !

Plaisanta Joseph en le voyant si essoufflé et suant. L'homme attendit que son patient se remette en s'allumant une cigarette qui, rapidement, étouffa l'air de la pièce. Alphonse n'aimait pas l'odeur du tabac, mais il n'oserait jamais interdire ce petit plaisir à cet homme qui s'occupait tant de lui.

- Dis gamin, je te sens comme mélancolique depuis quelques temps... C'est le fait de ne pas pouvoir sortir qui te rend comme ça n'est-ce pas ?

- C'est que...

- Tu sais que c'est pour ton bien que j'ai fait ça. De toute façon, dès que le printemps arrivera je te rendrais ta liberté. Mais... rappelle-toi que je ne suis pas d'accord avec ce que tu comptes faire après !

- Mais... je, je dois...

- Je te l'ai déjà dit, le coupa à nouveau Joseph en tirant sur la cigarette, tu ne dois rien à personne, pas même à ton frère, tu ne te dois qu'à toi-même, Alphonse. Ne te force à rien.

- Mais j'en ai envie ! Je veux être comme Nii-San, je veux être fort...

- Hmm... C'est ton choix... Mais ne regrette rien ensuite.

Le docteur écrasa sa cigarette à peine commencée dans son cendrier portable, puis il se leva en soupirant et commença à ranger ses affaires.

- Nous avons fini pour aujourd'hui. Tu t'améliores de jour en jour, et à une vitesse impressionnante. D'ici encore un mois, tu seras presque plus en forme que moi ! Blagua le quarantaine en montrant son corps bedonnant.

- Alors je pourrais le faire ?

- Je suis contre l'idée, mais j'imagine que rien ni personne ne saura t'en empêcher... Tu n'en as toujours pas parlé à ton frère hein ?

- Non, j'attends... j'attends le bon moment.

- Si tu veux mon avis, tu te triture trop la cervelle ! Sois tu lui dis maintenant, soit tu le laisse le découvrir par lui-même, mais n'hésite plus.

Alphonse ne savait pas quoi répondre. Il savait ce qu'il voulait, mais il avait si peur que Nii-San ne le rejette encore une fois ! Le jeune frère savait très bien qu'Edward ne serait jamais d'accord, mais il avait déjà toutes les autorisations, il avait tout préparé, et il se sentait prêt. Pourtant il repensait à cette soirée avant que son frère ne tombe malade, et à la journée qui avait suivi. C'était il y a deux semaines déjà, et pourtant, Alphonse s'en rappelait comme d'hier. Il se souvenait de son geste bizarre devant l'entrée, il se souvenait de Nii-San qui le rejetait, il se souvenait du cauchemar de son frère et de leur nuit enlacés l'un contre l'autre... Pourquoi cela lui faisait-il si mal ? Non ce n'était pas ça... Plutôt une sensation étrange, indéfinissable, comme une douce amertume, un regret oublié... Et toujours ce... désir ? Alphonse regarda d'un air angoissé le médecin qui s'apprêtait à partir, et qui continuait à débiter des phrases amusantes plus à son propre compte que pour son jeune patient.

- Joseph...

- Oui gamin ?

- Je... Moi et... mon frère...

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tada !! vous ne saurez pas ce qu'il dit à Joseph-euh, nananèreuh.

Un peu de suspence ne fait pas de mal ^^ De quoi parle Alphonse ? que compte-t-il faire ? De quoi a-t-il peur de parler à Edward ? Vous le saurez au prochain épisode !

(non en fait dans plusieurs épisodes... mouhaha)

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez et ce que vous croyez qu'il s'agit ! Vous voulez un indice ? Je ne me suis pas foulée xD