Perdus

Le Nomade voguait vers des lieux inconnus. Le soleil venait à peine de se montrer et déjà, tout le monde s'activait sur le bateau. Émilie s'adaptait assez bien à ce nouveau mode de vie, mais se sentait un peu seule. Elle était beaucoup plus jeune et faible que les autres. Elle avait laissé tous ses amis et sa famille derrière elle. Elle s'avança à l'avant du navire en observant le travaille des autres. Firouz s'approcha d'elle en lui souriant.

-Tout cela doit être étrange pour toi.

-En fait, lui répondit-elle en lui rendant son sourire, je savais un peu à quoi m'attendre, mais c'est plutôt bizarre d'être ici je l'admet.

À ce moment, Maeve vint se joindre à la conversation.

-Vous allez bien?

-Oui, et toi? Demanda le scientifique.

-Très bien merci. Émilie je pourrais te parler?

-Oui, bien sûr.

Firouz, toujours souriant, s'éloigna pour les laisser discuter. Maeve fit asseoir Émilie et prit un ton sérieux.

-Tu te rappelles que nous avons toutes les deux réussit à ouvrir les portes du temps… Et je crois que tu as de grands pouvoirs et si tu le veux bien, nous pourrions essayer de les développer.

-Tu voudrais m'enseigner la magie?

-Oui, si tu veux.

-Bien sûr que je veux! Répondit-elle en riant. J'ai toujours adoré les histoires de magie!

Tout à coup, le bateau fut violemment secoué et Sinbad, qui était à la barre vit un immense dragon émerger des profondeurs. Maeve et Émilie étaient tout près de lui. La magicienne celte s'empressa de se lever et de lui lancer une boule de feu, mais elle réalisa que cela ne ferais pas de mal à un dragon. Alors, elle commença une incantation pour le faiblir. Aussitôt qu'elle eu commencé à prononcer ses paroles étranges, le dragon se pencha vers elle et la saisi entre ses griffes. Maeve hurla de douleur alors que les griffes lui transperçaient la peau.

-Maeve!!! Cria Sinbad, qui avait toute vue la scène en laissant la barre à Rongar.

Le capitaine couru vers Émilie, toujours en criant le nom de sa belle magicienne. Tout le monde se rassemblèrent au bord du bateau en observant la scène, impuissant devant un dragon de cette taille.

-Qu'allons-nous faire? Demanda Doubar.

-Je n'en sais rien, répondit le capitaine.

Il regardait Maeve qui hurlait et pleurait. Il ne pouvait pas supporter de la voir souffrir. Émilie se rappela des pouvoirs dont la magicienne lui avait parlé. Elle se rappela aussi de la concentration que cela lui avait prit pour ouvrir les portes du temps.

Elle pointa le dragon d'une main, et se concentra du mieux qu'elle le put. Les autres la regardèrent sans savoir ce qu'elle faisait. Elle non plus ne le savait d'ailleurs. Soudain, un jet de lumière jailli de sa main et vint transpercer le dragon. Ce dernier laissa échapper un cri de douleur avant de laisser tomber Maeve dans l'océan et redescendre dans les profondeurs de la mer. Sinbad se précipita et plongea pour retrouver Maeve. Il chercha pendant ce qu'il lui parut une éternité, puis réussit à saisir sa main. Il la tira vers la surface, elle était inconsciente. Doubar lui lança l'échelle et il monta péniblement en tenant Maeve. Lorsqu'il la déposa sur le pont, il remarqua que son habit était à moitié déchiré. Alors, il décida de la porté jusqu'à sa cabine, à l'abri des regards indiscrets.

-Laisse-moi l'examiner, dit Firouz en le suivant.

Sinbad acquiesça en déposant Maeve sur son lit. Il s'assit près d'elle et retira quelques mèches de son visage.

-Vas me chercher des bandages dans ma cabine., demanda Friouz. Il faut arrêter le sang.

Sinbad se leva aussitôt et revint quelques instants plus tard avec les bandages.

-Tu crois que c'est grave? Demanda-t-il.

Le scientifique fronça les sourcils en se penchant vers Maeve pour examiner ses blessures.

-Aucun organe n'a été touché, répondit-il. Elle a eu de la chance.

Il banda ses blessures et expliqua à son capitaine qu'elle se réveillerait sans doute bientôt.

-Je vais rester ici jusqu'à ce qu'elle se réveille, dit-il.

Firouz sourit en entendant cette dernière phrase et sortit. Les autres attendaient dans l'autre pièce et lui demandèrent comment allait Maeve. Firouz leur répondit qu'elle allait bien et fit exprès de mentionner que Sinbad tenait à rester près d'elle.

-Tu crois qu'il va lui avouer? Demanda Doubar?

-Je n'en sais rien, répondit Firouz.

Rongar se contenta d'hausser les épaules. Émilie les regarda avec un regard interrogateur.

-Lui avouer quoi? Demanda-t-elle.

-Même s'ils refusent de l'admettre, expliqua Doubar, nous savons tous qu'ils sont fous amoureux.

-Ah! Alors j'avais raison! S'exclama-t-elle.

-Que veux-tu dire? Demanda Firouz.

-Lorsque Maeve est venue chez moi, j'étais absolument sûr qu'elle était avec Sinbad, et lorsque j'en ai fais mention, elle a rougit et m'a dit qu'il n'y avait rien entre eux.

Ils se mirent tous à rire et retournèrent à leurs travaux. Sinbad, quant à lui, avait tiré une chaise près du lit de Maeve et tenait sa main fermement entre les siennes en espérant qu'elle se réveille bientôt. Après quelques heures, Doubar entra en le forçant à venir manger.

-Je ne veux pas la laisser seule, au cas où elle se réveillerait, répondit-il.

-Je vais rester ici! Si elle se réveille, je te le dirai.

Sinbad hésita un moment, puis se leva et se dirigea vers la porte. Avant qu'il sorte, Doubar le retint par l'épaule.

-Pourquoi n'avoues-tu pas que tu l'aimes?

-Doubar! Je m'inquiète simplement.

Tout le monde était maintenant allé se coucher, mais Sinbad était toujours près de Maeve. Il n'arrivait pas à trouver le sommeille. Il alla réveiller Firouz au milieu de la nuit pour lui demander si c'était normal qu'elle ne soit pas encore réveillée.

-Je n'en sais rien Sinbad, mais rassure-toi, je ne crois pas que sa vie soit en danger.

Sinbad s'était endormit malgré lui. Il tenait toujours la main de Maeve dans les siennes.

-Sinbad… Sinbad réveille-toi…

-Maeve? Dit-il en ouvrant les yeux.

-Sinbad, que c'est-il passé? J'ai mal partout. J'me rappelle d'un dragon….et il m'a prit…

-Émilie a utilisé sa magie.

-Vraiment?

-Oui, elle a été formidable.

Maeve souleva la couverture pour voir ses blessures, mais la remonta rapidement lorsqu'elle vit que son habit était à moitié déchiré.

-Euh…Sinbad? Tu veux bien prendre mes vêtements dans l'armoire?

Sinbad se leva et alla chercher un habit semblable à celui qu'elle portait déjà.

-Je vais t'attendre de l'autre côté, dit-il en le déposant près d'elle.

Maeve acquiesça, puis Sinbad sortit en referment la porte derrière lui. Il attendit un moment, puis il en entendit Maeve qui lâcha un crie de douleur. Il se dit que ses blessures devaient la faire souffrir, mais ne fit rien. Elle cria encore plusieurs fois, puis Sinbad demanda :

-Maeve, est-ce que ça va?

-Sinbad, je ne crois pas pouvoir y arriver…

-Je peux entrer?

-Oui…

Il entra et vit qu'elle n'avait pas réussit à enlever le premier habit.

-Tu veux m'aider? demanda-t-elle.

-Tu veux que je t'aide? demanda Sinbad surprit.

-Bien, je n'ai pas vraiment le choix…

-Tu ne veux pas que j'aille chercher Émilie?

-Elle doit dormir à l'heure qu'il est.

Il la fixa un moment pour voir si elle était bien sérieuse. Puis, il retira un drap de son lit et lui donna.

-Ça peut être utile, expliqua le capitaine. Tu pourras te couvrir avec.

Il se plaça derrière elle, puis essaya de retirer son habit, mais chaque fois qu'il tirait un peu sur le tissu, Maeve poussait un petit gémissement, se forçant pour ne pas crier.

-Nous allons devoir le déchirer, déclara-t-il.

Maeve hocha la tête en se mordant la lèvre inférieure. Sinbad prit le tissu à deux mains sur son épaule.

-Tu est prêtes? Demanda-t-il.

Elle hocha la tête une seconde fois, puis Sinbad commença à déchirer son habit. Lorsque ce dernier tomba sur le sol, Sinbad regarda Maeve dans les yeux et lui dit :

-Tu peux te couvrir avec le drap maintenant.

Maeve prit le drap et l'enroula rapidement autour d'elle. Elle était contente de voir que Sinbad la respectait. Il se conduisait en parfait gentlemen. Il aurait pu profiter du moment, mais Sinbad était différent des autres. Il saisit le deuxième habit et se pencha à ses pieds pour qu'elle l'enfile. Maeve posa une main sur son épaule pour ne pas perdre l'équilibre et Sinbad remonta l'habit jusqu'à sa taille. Tout à coup, la couverture glissa sur le sol laissant découvrir la poitrine de la jeune magicienne.

-Désolée…, dit-elle en croisant ses bras devant elle. Elle m'a glissée des mains.

-Ce… Ce n'est pas grave, répondit-il en détournant le regard alors que son visage devenait rouge vif.

Maeve glissa ses bras dans les manches et le capitaine remonta l'habit en se glissant derrière elle pour l'attacher.

-Ça y est! Dit-il alors que Maeve se tournait pour lui faire face. Tu veux aller manger?

Elle hocha la tête, encore un peu male à l'aise. Sinbad se dirigea vers la porte et Maeve le suivit. Il s'apprêtait à ouvrir la porte, mais Maeve le retint par le bras.

-Sinbad…

Il se retourna vers elle et aussitôt que leurs regards se croisèrent à nouveau, ils ressentirent cette vague de chaleur à l'intérieur d'eux-mêmes.

-Merci…, finit-elle.

Sinbad lui fit son petit sourire charmeur et ouvrit la porte, la laissant passer devant lui.

Le soleil déclinait lentement à l'horizon, Tous observaient ce magnifique ciel orangé tout en travaillant. Maeve lisait un livre de magie à l'avant du bateau. Sinbad s'approcha d'elle et s'assit à ses côtés. Elle était tellement absorbée par sa lecture, qu'elle ne remarqua pas sa présence. Alors, il mit sa main sur son épaule pour attirer son attention. Elle sursauta en échappant son livre sur le pont.

-Désolé, je ne voulait pas te faire peur, s'excusa Sinbad en lui redonnant le livre.

Elle le regarda d'un air douteux, puis ils se tournèrent vers la mer. Soudain, le vent se leva de façon assez étrange. Le bateau reçu un violent choc et Maeve perdit pied. Elle tomba dans les bras de son capitaine , puis la pluie se mit à tomber. Ils eurent à peine le temps de reprendre leur souffle, qu'une énorme vague vint les frapper de plein fouet en les emportant avec eux.

-Sinbad! Cria Doubar pendant que Rongar s'approchait du bord en les cherchant des yeux.

Maeve se réveilla avec un horrible mal de tête. Elle toussota pendant quelques instants en recrachant un peu d'eau qu'elle avait dû avaler en tombant du bateau. Elle ne se rappelait plus très bien de ce qui c'était passé. Elle ouvrit les yeux et regarda autour d'elle. Elle se trouvait sur une plage. Quelques objets du Nomade s'y trouvaient. Elle se rappela de la tempête et qu'elle était tombé avec Sinbad. Avait-il survécu? Elle se leva péniblement et regarda autour d'elle encore une fois. C'est alors qu'elle le vit. Sinbad était étendu sur le sol, inconscient. Elle courut vers lui en trébuchant quelques fois. Elle s'agenouilla près de lui et le secoua pour le réveiller. Elle eu soudain très peur qu'il ne se réveille jamais. Maeve retenu ses cheveux, puis se pencha pour appuyer une oreille sur le torse de son capitaine. Elle put entendre le battement de son cœur. Son mal de tête et ses blessures qui la faisaient tant souffrir lui importait peu maintenant. Tout ce qui était important, c'était de savoir que Sinbad était vivant.

-Sinbad…Sinbad…murmura-t-elle en le secouant encore une fois.

Il émit un petit gémissement, puis il se réveilla enfin. Il toussota, puis plissa les yeux pour voir qui était penché sur lui.

-Maeve?

Il s'assit et la serra dans ses bras. Maeve sourit en entourant ses bras autour de son coup.

-Qu'allons-nous faire maintenant? Demanda la magicienne.

-Je crois que nous ferions mieux de rester sur la plage, au cas ou le Nomade approcherait.

Maeve le fixa pendant un moment. Il semblait beaucoup plus faible qu'elle ne l'était. Il posa une main sur son front, et grimaça de douleur. Maeve retira sa main, puis analysa sa blessure. Elle l'aida à se relever, puis ils montèrent un petit camp improvisé avec ce qu'ils avaient pu trouver. Ils s'assirent près du feu, puis Maeve s'avança près de lui avec un bol remplit d'eau. Elle déchira un morceau de son habit et le trempa dans l'eau.

-Maeve, mais qu'est-ce que tu…

-chhhhh…, murmura-t-elle en essuyant le sang sur son visage.

Sinbad l'observa en frissonnant.

-Tu fais de la fièvre…, murmura-t-elle.

Elle le força à s'allonger sur la couverture et continua de caresser son visage et ses joues. Sinbad se demandait pourquoi elle était si tendre tout à coup. Il ne détestait pas cela, au contraire, mais cette attitude était différente de celle que Maeve avait habituellement. Elle lui tendit le bol dans lequel elle avait préparé une tisane. Il se rassit et but. Le liquide était chaud et incroyablement efficace. Le capitaine se sentait déjà beaucoup mieux. Maeve lui retira le bol et plongea son regard dans le sien.

-Tu dois dormir maintenant, dit-elle en repliant la couverture par dessus lui.

-Mais où vas-tu dormir?

-Juste là, répondit-elle en pointant l'autre côté du feu.

-Non, je ne suis pas d'accord. Toi, tu prend la couverture. Tu est blessée.

-Mais toi aussi…et tu est malade.

-Il fait beaucoup trop froid pour que tu dormes sans couverture.

-Je serai très bien…

-Non, tu prends la couverture.

-Non, tu la prends.

Ils restèrent silencieux pendant un moment en se fixant.

-Alors, je ne vois qu'une seule solution, murmura Sinbad.

-Laquelle?

-Il y a suffisamment de place pour nous deux…

-Tu veux dires que je dormirais avec toi?

-Tu as une autre idée? Demanda-t-il en soulevant la couverture pour lui faire une place.

Maeve hésita un instant, puis vint se coucher à côté de lui. Ils mirent peu de temps à trouver le sommeil malgré le froid. Alors qu'il était environ minuit, Maeve se réveilla en sursaut. Son cœur battait à tout rompre elle essayait tant bien que mal de retrouver une respiration normale. Sinbad se réveilla et s'assit pour savoir ce qui n'allait pas.

-Maeve, tout va bien?

-oui… Ce n'était qu'un mauvais rêve…, dit-elle sans avoir l'aire certaine.

-Tu es sûr que ça va?

-Oui, oui tout va bien…

Elle se recoucha encore sous le choc, et Sinbad décida de ne pas poser plus de questions. Après un petit moment, Maeve murmura :

-Sinbad…?

-Oui…?

-J'ai très froid…

Sinbad fit un petit sourire, puis il s'approcha d'elle et l'entoura d'un bras. Il s'aperçu qu'elle tremblait et qu'elle était encore sous le choc de son mauvais rêve. Alors il risqua une main dans ses cheveux. Il caressa sa chevelure si douce afin d'essayer de la calmer. À son grand étonnement, elle ne le repoussa pas. Au contraire, elle vint se blottire plus près de lui.

Sinbad se réveilla en sentant le parfum des cheveux de Maeve. Il fut surprit de la trouver si près de lui. Il se dégagea en faisant bien attention de ne pas la réveiller, puis il parti chercher de la nourriture. Maeve se réveilla seulement quelques minutes après qu'il soit revenu.

-Bonjour, salua Sinbad. Tu as faim? Ajouta-t-il en lui tendant un fruit.

-Non, merci… Tu vas bien? Laisse-moi voir si tu fais toujours de la fièvre, dit-elle en posant une main sur son front.

-Je vais bien. Tu n'as pas à t'inquiéter, mais toi, comment vas-tu?

-Moi?

-Oui. Tu as eu de la difficulté à te rendormir?

-Ah…euh non, ça va.

Sinbad vit tout de suite le malaise dans le visage de Maeve lorsqu'elle a répondu, alors il se résigna à ne pas poser plus de questions. Elle ne pouvait certainement pas lui dire que ce qui lui avait fait si peur dans son rêve, c'était de le voir mourir.

Sur le Nomade, l'équipage commençait à s'affoler. Firouz, Doubar et Rongar étaient rassemblé dans la cabine du scientifique et observaient les cartes. Firouz fronça les sourcils en constatant qu'il n'y avait aucune terre proche où leurs amis auraient pu se trouver. Une larme roula sur la joue de Doubar alors que le silence prenait place dans la cabine. Tout à coup, Émilie entra, complètement essoufflée, avec un petit sourire. Elle s'arrêta pendant un instant, le temps de reprendre son souffle, puis s'exclama :

-Une île! Droit devant, et un peu voir un feu sur la plage!

Tous se précipitèrent sur le pond en bousculant Émilie au passage.

-Maeve, regarde c'est le Nomade!

-Où ça? Demanda-t-elle en suivant son regard.

Ils sourirent en sachant qu'ils seraient bientôt de nouveau à bord. Ils repensèrent à la nuit qu'ils avaient passée sur l'île. En une seule nuit, ils étaient devenus beaucoup plus proches qu'avant. Ils savaient tout deux qu'ils n'oublieraient cette si belle île.