Purgatoire

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Disclaimer : Rien n'est à moi mis à part le scénario, la rédaction et certains personnages qui apparaîtront pas la suite. Je ne gagne pas argent en écrivant cette histoire.

Genre : Vampire, question, découverte de l'autre…

Note : ... Avouez que personne n'y croyait plus ! Et bien si, je suis de retour. Pas sûre que cela soit réellement une bonne chose *sourire ironique*. Bon premier avril !

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Dédicace : à Mel'amarain, bien évidement *câlins*

Et puis à Crazy, ou celle qui a fini Lunettes \o/, pour son soutient durant la rédaction de ce chapitre et sa relecture jusqu'à des quatre heures du matin ! *câlins*

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Bonne lecture !

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Il n'était pas sûr de savoir ce qu'il faisait là, attablé face à un verre de martini à quinze heure de l'après-midi. Sa mâtinée s'était déroulée devant lui, comme un spectacle auquel on assiste. La sensation était plus qu'étrange.

Draco saisit son verre et le vida cul sec, essayant d'ignorer la brûlure causée par l'alcool.

Que foutait-il à boire un apéritif en début d'après-midi? C'était toujours plus classe qu'un monaco, certes, mais cela restait de l'alcool.

Merlin il n'allait quand même pas finir pochtron ! Il était déjà assez pathétique ces temps-ci, pas question de finir en lopette, il lui restait quand même un minimum d'honneur, tout au fond, bien caché.

Il grogna un peu, se rendant compte de la situation dans laquelle il se trouvait : Plus de boulot, une relation étrange avec un vampire viking, Harry Potter vampire qui lui faisait du chantage et il n'avait même pas de quoi survivre un mois avec ce qu'il y avait sur son compte en banque. Non vraiment, il n'était pas dans la merde.

Mais qu'est ce qui lui avait pris de démissionner ainsi, était t-il devenu fou ?

Il mit sa tête dans ses mains. Un peu plus et il gémissait de désespoir ; la fin n'était pas loin.

Étalé sur sa table, un gloussement irrépressible le prit. Il se rappelait la tête de Weasley lorsqu'il lui avait déclaré que ses dossiers à la con il pouvait se les carrer dans le cul, cela devrait pouvoir combler sa frustration sexuel, pour le moment.

Le roux s'était étouffé avec sa propre langue, pour ensuite lui hurler dessus comme s'il était du poisson pourri avant de déclarer, l'air sadique :

« Malfoy, j'espère que tu es conscient que je pourrais te virer pour ça. Mais je serais magnanime aujourd'hui, de cette manière, à chaque fois que tu recevras ta paye, tu te souviendras que c'est à ma grande mansuétude que tu le dois. »

Comme à chaque fois que Malfoy et leur patron se crachaient des gentillesses à la figure, les autres fonctionnaires avaient retenu leur respiration. Ils avaient senti que le blond allait exploser, ils avaient même cru que, cette fois-ci, il irait jusqu'à tuer le roux.

Mais l'ancien serpentard était resté d'un calme exemplaire, une attitude hautaine qui lui avait momentanément rendu ses dix-sept ans. Il s'était levé, raide, avait ramassé ses affaires puis avait saisi son manteau pour finir par se diriger vers la porte de leur section tout en ignorant les beuglements du roux. À vrai dire, il ne l'avait même pas écouté.

Et maintenant il se retrouvait là, comme une grosse merde. Cela lui avait paru tellement héroïque sur le moment, tellement gryffondor. Pour une fois il avait agis comme quelqu'un de courageux, de fière.

Oh . Mon . Dieu !

Mais il était plus que pathétique en réalité. Qu'était-il donc devenu ? ! Son père devait se retourner dans sa tombe.

Il se leva d'un mouvement brusque et se cogna violemment contre un homme.

Potter recula d'un pas afin de le regarder dans les yeux. Draco frissonna. Il avait toujours trouvé son regard hypnotisant, voir excitant.

Il souffla avec douceur ; l'heure des explications avaient sans aucun doute sonnée. Mais de quel droit Weasley mêlait-il son meilleur ami à cette histoire ? Rien de tout cela ne le regardait.

Il darda ses yeux dans ceux du vampire, furieux.

« Qu'est ce que tu veux Potter ? Et n'essaye même pas de me faire croire que tu passes ici par hasard ! »

Le brun le fixa encore quelques secondes avant de secouer la tête, fatigué d'avance par la discussion qui allait suivre.

« Mieux vaut parler de tout cela ailleurs, suis-moi. »

Et il tourna les talons.

Le blond hésita avant de se décider à lui obéir ; après tout il ne lui devait rien. Seulement il était curieux de voir ce que Potter allait lui dire et la raison exacte de sa présence à ses côtés.

Il le rattrapa rapidement – il fallait dire que le brun marchait lentement à dessein – et se contenta de le suivre, la bouche irrémédiablement close.

Ils avancèrent ainsi durant un moment et Draco profita du silence pour recentrer ses pensées.

Il fallait absolument qu'il se sorte de cette vie précaire, tout cela lui était intolérable. Ne pas pouvoir se projeter dans le futur le dérangeait.

Plus jeune il ne s'était jamais demandé de quoi serait fait son avenir, il n'en avait pas besoin. Il avait un nom, un compte en banque et des relations qui lui permettraient de s'élever rapidement dans le monde magique. Aucune raison de s'inquiéter.

Maintenant, alors qu'il ne possédait plus rien, il se rendait bien compte à quel point il avait été privilégié.

Il regrettait cette insouciance qui le caractérisait alors.

À vrai dire, penser à cette époque lui faisait honte. Il aurait aimé que son père lui apprenne à prévoir et non à vivre au jour le jour.

Plongé dans ses pensées, il ne se rendit pas compte que Potter s'était arrêté. Il fallut que celui-ci lui saisisse le bras avec force pour qu'il stoppe sa marche.

« On est arrivé Malfoy. »

Le ton neutre de son ancien rival le dérangeait. Il préférait encore faire face à sa rage, au moins il savait comment réagir.

« Et on est où exactement Potter ?

– Chez moi. »

Draco le regarda avancer vers un lieu qui était vraisemblablement invisible à son regard.

Il tourna rapidement ce qui semblait être une énorme clé forgée. D'un seul coup une maison, ou plutôt un hôtel particulier, apparut devant le blond.

Sa façade était lourdement ouvragée et détonait à côté du quartier moderne dans lequel elle se situait.

Potter l'attendait sous le porche, le visage toujours aussi détaché.

« Tu attends quoi Malfoy, que je t'invite à entrer ? »

Il se ressaisit, n'ayant pas remarqué qu'il s'était figé à la vu de la bâtisse.

« Je me demandais juste s'il était prudent de ma part de m'enfermer chez toi ; qui sait ce que tu pourrais me faire. »

Le brun eut un rire ironique puis entra sans lui lancer un autre regard. L'ancien Serpentard lui emboita le pas.

Ce dernier fut surprit par la décoration qui s'offrait à lui. Les murs avaient été parés de boiseries foncés qui tranchaient avec la peinture claire du hall d'entrée.

Il régnait en ces lieux une atmosphère paisible mais aseptisée. Draco n'était pas sûr de ce qu'il devait ressentir.

Harry, bien loin de se douter des réflexions de son invité, s'était débarrassé de son manteau et reprenait petit à petit son apparence « naturel ». Rapidement il fut près du blond afin de récupérer sa veste. Ce dernier eut un mouvement de recule, il ne s'attendait pas à le voir aussi proche. Son malaise augmenta lorsqu'il remarqua qu'il avait en face de lui le Harry vampire.

« Désolé, s'excusa le brun, l'habitude. Tu veux que je reprenne une potion de vieillissement ?

- Non, cela ira, déclara Draco. J'aurais juste préféré que tu me préviennes. »

La gentillesse dont son hôte faisait preuve l'étonnait beaucoup plus à vrai dire. Ce n'était pas le genre de Potter, du moins pas avec lui.

Ils pénétrèrent ensuite dans un salon aux teintes semblable à celles de l'entrée.

Le vampire lui désigna un fauteuil avant de s'assoir lui-même sur un épais canapé.

« Ron m'a appelé pour me prévenir que tu avais quitté ton boulot.

- C'est pour cela que tu es venu me chercher ? s'exclama Draco ébahi. Comment as-tu fait pour me trouver d'ailleurs ? Et puis, tout cela ne te regarde en rien ! »

Il commençait sérieusement à s'énerver. À quoi jouait-il donc ? Pourquoi Weasley avait-il jugé bon de contacter Potter au sujet de son travail ?

« Je sais que tu as des problèmes d'argent, suite à la guerre. Il serait stupide de ta part de quitter ton travail comme ça. Et tu n'es pas seul dans cette histoire ; te rends-tu compte de la situation dans laquelle tu mets Ron ? Je t'aurais cru plus réfléchi Malfoy. »

Le brun le dardait de ses yeux verts, les sourcils froncés, la mine sévère. Il était assez étrange de voir une telle expression sur son visage d'adolescent.

Draco ne put s'empêcher de le trouver terriblement séduisant ainsi, avant que la rage ne lui brouille la vue.

« Et tu es qui, toi, pour me faire la morale comme ça ! Qu'est ce que tu sais de ma vie, de mon travail et de ton putain de copain ? Est-ce que tu sais au moins qu'il est devenu un connard fini. Que personne ne peut le supporter au ministère et que même nos supérieurs s'amusent à le rabaisser devant nous afin de bien lui fermer sa gueule ! Avant de t'occuper de mon cas Potter, occupe-toi donc de la santé mentale du rouquin, il en a bien besoin. »

Le jeune homme avait parfaitement conscience qu'il avait poussé le bouchon un peu loin. Jamais il n'aurait dû dire cela en présence de Potter, encore moins maintenant que celui-ci était un vampire.

Une main serrée sur sa gorge le lui confirma.

« Tu joues avec le feu Malfoy, fais attention de ne pas te brûler les doigts. »

Le brun irradiait littéralement de colère et la pression augmenta encore un peu, le faisant suffoquer.

« Tu… tu ferais… mieux…. De me lâ..lâcher Potter, réussit difficilement à articuler Draco, tu ne… voudrais… qua..quand même…pas… que ton…ton petit secret soit… soit dé..couvert de… cette…manière. »

L'argument sembla faire mouche et la main desserra sa prise avant de le relâcher totalement.

Potter s'éloigna rapidement de lui, à tel point qu'il ne le vit même pas bouger, et alla s'installer à l'autre bout de la pièce.

Il tremblait encore de rage mais semblait essayer de se reprendre.

« La vérité est toujours difficile à accepter, n'est-ce pas Potter, continua laborieusement le blond. Tu sais que ton ami va mal, d'ailleurs si je suis ici ce n'est absolument pas parce que tu t'inquiètes de mon sort, je pourrais bien pourrir sur place que tu ne ressentirais rien d'autre que du dégoût à l'idée de devoir nettoyer mes restes. »

Ce fut au tour de Draco de le fusiller du regard.

« Il risque gros Weasley, il vient de faire s'enfuir Draco Malfoy alors que celui-ci travaillait bien sagement au ministère, sous surveillance constante. C'était tellement pratique, tellement économique. Mais non, il a fallu que le roux s'en mêle et qu'il brise sottement tout cela. »

Harry n'esquissait pas un geste, il écoutait la haine et la frustration du blond avec un détachement tout à fait exécrable pour ce dernier.

« Mais je n'ai pas dit mon dernier mot, hurla alors le sang pur, ulcéré. Je vais me battre. Contre le ministère, contre ton abrutit d'ami et contre toi aussi. Tu vas voir, je vais la récupérer la fortune des Malfoy puis je reprendrais mes études, je ferais enfin quelque chose de ma vie. Tu verras ! »

Ce discourt passionné faillit arracher un sourire au brun. Il aimait ce Draco là, passionné et déterminé. C'est ce qu'il avait toujours attendu du blond même s'il lui semblait que cette attitude était un poil trop Gryffondor pour celui-ci.

Quand Ron l'avait appelé, paniqué à l'idée de se faire taper dessus à cause du blond, Harry n'avait tout d'abord pas pensé à son ami. Il connaissait à peu près la situation actuelle de Malfoy. Si ce dernier quittait son travail il y avait de très bonnes chances qu'il finisse à la rue le mois prochain et cette perceptive lui avait semblé intolérable.

Draco Malfoy ne méritait pas cela.

Certes il avait fait de mauvais choix mais il en avait payé le prix. Il était temps qu'il puisse passer à autre chose, qu'il avance, enfin, vers un tout autre avenir.

C'est ainsi qu'il s'était retrouvé en train de pister son ancien ennemi. Par chance il ne faisait pas très beau ce jour là et il avait pu lui mettre rapidement la main dessus, avant qu'il lui vienne à l'idée de faire une connerie.

Ce n'était qu'une fois en route vers sa maison qu'il s'était rendu compte de l'étrangeté de sa conduite et de ses sentiments. Il lui avait ensuite servit Ron en excuse, ne voulant pas que Malfoy s'imagine qu'il s'inquiétait pour lui.

C'était pourtant bel et bien le cas.

Il redressa enfin la tête et déclara, avec une ironie mordante :

« J'ai hâte de voir ça ! Heureusement que je suis immortel, de cette manière je suis sûr de ne pas louper ce formidable retournement de situation. Quoi qu'il y a de grandes chances pour que tu ne meures avant d'y arriver.

- Au moins j'aurais essayé. Et toi Potter ? Durant combien de temps encore vas-tu cacher à tes amis ta nouvelle nature ? »

Un vase fut violemment projeté contre un mur. Draco n'esquissa pas un geste.

« Ne parle pas de ce que tu ne connais pas Malfoy, tout cela ne te regarde pas ! déclara le brun avec froideur. »

Un sourire ironique se dessina sur les lèvres pâles du blond. Harry ne put s'empêcher de le trouver incroyablement séduisant ainsi, loin du gamin ou de l'adolescent qu'il avait connu. Il lui semblait tellement plus … adulte !

« Te me fais pitié Potter. Tu agis de la façon la plus égoïste qui soit. Penses-tu sérieusement que tes amis n'ont rien remarqué ? Qu'ils ne se font pas des cheveux blancs à ton sujet ? Weasley mit à part, je suis persuadé qu'ils se demandent constamment quand est-ce que tu craqueras. Ils doivent attendre ce moment avec impatience pour qu'enfin tu t'ouvres à eux, et cela les minent. Ils se dégoûtent d'espérer ainsi ta déchéance mais c'est le seul espoir qu'il leur reste. Ne me juge surtout pas Potter, tu n'en as plus le droit. »

Durant la guerre Harry avait souvent assisté à des silences lourds et pesants, jamais il n'avait eu à en supporter un aussi électrique.

Son corps était parcouru de décharge qu'il s'efforçait de contrôler. S'il n'avait pas eu une aussi grande maîtrise de lui-même Malfoy serait sans aucun doute mort, saigné à blanc.

« Dégage. »

Le regard du blond restait encré dans le sien, dédaigneux. Il refusait qu'il le fixe ainsi ! Il n'en avait pas le droit !

Malfoy devait le craindre, pas le mépriser.

Il était au-dessus de lui, il lui était supérieur, il n'avait pas le droit…

Pas le droit.

« DÉGAGE ! »

Le hurlement se répercuta dans la pièce. Harry fut horrifié de voir à quel point sa voix était inhumaine. Un simple râle de haine.

Cette constatation ne fit que décupler sa rage. Il fonça droit sur le blond, sans même savoir ce qu'il allait lui faire.

Il fallait juste que qu'il parte, qu'il disparaisse loin de lui. Il ne voulait plus voir ses yeux gris le dévisager avec mépris, sa bouche pincée dans une moue réprobatrice.

Il voulait lui faire mal, il voulait le blesser.

Il voulait arrêter de le trouver beau, arrêter de désirer son sang, arrêter de désirer son corps.

Draco se retrouva à nouveau bloqué contre le corps de Potter. Il n'avait encore jamais vu un vampire réellement en colère et se dit que ce n'était pas forcément une chose auquel il aurait voulu assister.

D'un autre côté il avait tout fait pour provoquer Potter et cela lui avait fait un bien fou.

Tout comme avoir son corps froid et dur contre lui.

La haine et le désir faisaient rougeoyer les yeux du brun alors que sa peau dégageait un parfum capiteux, entêtant.

« Tu n'as jamais su te taire quand il fallait Malfoy, susurra-t-il tout contre son oreille, on se ressemble étrangement pour cela.

- Peut être que j'avais envie que tu me fasses taire Potter, déclara effrontément le blond. »

Un éclat de rire rauque envoya des vagues de désir dans ses reins, l'obligeant à fermer les yeux.

Cela faisait longtemps que son corps n'avait pas réagi avec autant de force. Oh il avait eu des relations sexuelles - quelque unes, pas tant que cela - afin d'oublier le reste de sa vie ; rien de bien intéressant.

Mais là le parfum de Potter envoutait ses sens. C'était une odeur familière, rassurante, pas vraiment ce que l'on attend d'un vampire.

C'était aussi une odeur masculine, épicée, chaude. Elle lui rappelait l'ancien Harry Potter. Celui-ci n'aurait jamais tenté de l'étrangler par deux fois. Oh il n'aurait jamais hésité à le frapper, fort qui plus est, mais il ne lui aurait jamais fait de mal à dessein.

Il y aurait pensé, il en aurait même rêvé mais ne serait pas passé à l'acte. Pas Potter.

Seulement ce temps là était définitivement révolu, enterré.

Aujourd'hui il était coincé entre un mur et le corps solide et glacé de ce dernier, les yeux fermés, le corps vibrant de désir.

Potter n'avait jamais été un de ses phantasmes et, s'il l'avait un jour désiré, il avait rapidement muré ses envies. Ce n'était pas un homme pour lui.

Il n'était pas question d'ennemi, de sang, de destin ou de personnalités opposées, mais d'une simple constatation.

Harry Potter n'était pas quelqu'un fait pour vivre quoi que ce soit de personnel avec lui, tout simplement.

Cette pensée lui fit rouvrir les yeux. Il les fixa dans ceux rougeoyant de son vis-à-vis et ne put que réprimer un sursaut face à ce fait.

Il ne se faisait pas à la nouvelle nature du jeune homme. Il avait toujours été quelqu'un de bon et de dévoué, aussi pathétique cela pouvait sonner à ses oreilles et cela ne collait définitivement pas avec la personnalité d'un suceur de sang.

Il se souvenait encore du moment où ses mêmes yeux avaient prit une teinte doré. Il avait essayé d'oublier cet instant, il s'était sentit tellement stupide et sale d'avoir trouvé cette morsure excitante, d'avoir désiré qu'elle lui soit infligée à lui. Comment pouvait-il vouloir subir cela alors qu'il n'arrivait même pas à l'accepter en tant que vampire ?

Harry ne se sentait pas à l'aise devant le regard scrutateur du blond et il n'aimait pas cela. Il aurait cru que devenir vampire lui aurait permis de prendre plus facilement le dessus sur des gens comme Malfoy. Oh, cela s'était révélé exacte, la majorité du temps. Il était à présent capable d'orienter et de mener une conversation sans que son interlocuteur ne remarque quoi que ce soit.

De plus, il possédait un charisme qui envoutait presque instantanément les personnes se trouvant près de lui.

Si Hermione y était réfractaire, ce qui l'avait considérablement rassuré – elle aurait alors posé beaucoup trop de question – il n'aurait pas cru que cela aurait été le cas de Malfoy. Pour lui la brune avait beaucoup plus de personnalité et de libre arbitre que le blond.

Il s'était trompé sur toute la ligne, comme bien souvent quand il s'agissait de Malfoy.

Il avait même considéré que c'était une chose acquise quand il lui avait fait croire qu'il l'avait lui-même convié au Purgatoire.

Seulement il avait aussi oublié qui était Draco Malfoy. S'il avait perçu une certaine déception quand le blond avait saisi que cela n'était qu'une blague stupide ; il avait aussi rapidement compris que cela n'avait été que le fruit de son imagination.

Quand Ythier lui avait parlé de Draco à Harry, ce dernier avait souhaité profiter de la situation. Il avait voulu lui faire payer ces années de coups bas et petites mesquineries.

La lame avait été à double tranchant.

Le blond avait paru tellement choqué et s'était enfuit quelques minutes plus tard, incapable d'en supporter d'avantage. Pour Harry la partie était gagnée. Il s'était ensuite assuré que Malfoy n'irait pas crier sur tout les toits ce qu'il était devenu et si en plus cela le tenait loin du Purgatoire, tout était pour le mieux.

Seulement Malfoy était revenu. Il s'était assis avec Ythier et avait parlé avec lui. Tout deux avaient passé des heures à converser, l'air de rien, comme de vielles connaissances.

Sans un regard pour lui.

Harry ne savait pas exactement en quoi consistait le Purgatoire. Pour lui il s'agissait d'un simple garde-manger lui permettant de se sustenter sans avoir à se compliquer la vie. Cela lui offrait aussi une sécurité, une couverture. La clientèle était avant tout moldu et si des sorciers étaient conviés à la fête il lui suffisait d'aller dans une salle adjacente au salon principal pour faire ses petites affaires ou de leur jeter un petit sort de confusion ; la patronne était d'accord avec cette pratique tant qu'il n'en abusait pas.

Il ne comprenait pas pourquoi il avait voulu se confronter à Malfoy et cela le perturbait.

Ythier était un vampire bien différent de lui. Plus vieux, plus expérimenté ; il savait exactement ce qu'il voulait et avait pour habitude de s'attacher ses clients, contrairement à lui. Il n'était pas rare qu'il en garde un des mois durant ; il n'avait d'ailleurs pas encore mordu Malfoy. Harry le savait parce qu'il les avait observés du coin de l'œil.

Non, ces deux-là se contentaient de deviser.

Ythier lui racontait son passé, des batailles auxquelles il avait participé, des pillages, des massacres, de leur style de vie du moment puis des évolutions, des siècles qui passaient… C'était des discutions qui semblaient sans fin et le blond buvait littéralement ses paroles. Il posait des questions, s'intéressait, s'exclamait, riait et mettait à vif les nerfs d'Harry.

Celui-ci n'aimait pas les voir si proche. Il n'appréciait pas cette étrange relation qui se tissait entre eux. Cela ne ressemblait en rien à ce qu'il se passait habituellement dans ce genre de lieu. Il n'était pas question de complicité entre les vampires et leurs « victimes », juste un échange de bon procédé : du sang contre quelques minutes de pur plaisir.

Il observa Malfoy plus attentivement. Il avait quelque chose, un petit je ne sais quoi qui, à défaut de le rendre incroyablement beau, le rendait séduisant. Son nez et son menton étaient pointus et contrastaient avec ses pommettes hautes perchées et ses arcades sourcilières marquées. Sa carnation était proche de celle d'un roux, elle semblait laiteuse.

Puis il y avait ses yeux. Ses yeux orages.

Il se trouvait si proche de lui, si proche.

Cette inspection n'échappa au concerné. Il crut tout d'abord que Potter voulait faire de lui son repas afin de l'avilir un peu plus, mais capta dans son regard quelque chose de plus doux, de plus charnel.

« Mon dieu Potter, tu me veux ! s'exclama-il »

Draco était réellement choqué et avait du mal à digérer l'information.

Le vampire déglutit, plus part habitude que par réel besoin. Il ne s'attendait pas à ce que Malfoy remarque son désir. Il ne s'attendait même pas à ressentir cela en réalité.

Mu par un besoin quasi vitale il écrasa ses lèvres contre celles de son vis-à-vis.

Ce n'était pas un baiser, juste un lèvre contre lèvre, un dent contre dent. Quelque chose de dure et douloureux.

Quelque chose qui laissa Draco haletant et chamboula Harry.

« Va t'en maintenant. »

Le ton de voix du brun était d'une neutralité effrayante.

Draco ne se le fit pas dire deux fois.

•••

Harry avait à peine passé la porte du couple Zabini qu'il sut que la soirée s'annonçait difficile.

L'appartement était empreint d'une odeur ténue de sang, odeur qui s'amplifia quand sa meilleure amie accourut vers lui afin de le saluer.

Il répondit distraitement à l'embrassade, essayant de réprimer une grimace de dégoût.

Il n'avait pas compris de suite pourquoi il sentait cette odeur sanglante sur certaines femmes. Il avait tout d'abord cru que c'était sa faim qui le trompait ; il ne connaissait alors pas le Purgatoire et éprouvait quelques difficultés à trouver de la « nourriture ». Puis l'éclair de la compréhension lui avait rendu une gentille visite et il avait compris que cette odeur provenait du cycle mensuel des femmes qui l'entouraient.

Jamais encore il n'avait été aussi dégoûté. Pas que cela soit sale au sens propre du terme mais il aurait juste préféré continuer à ignorer les menstruations de sa meilleure amie, entre autre chose et était persuadé que cette dernière aurait été d'accord avec lui sur ce point.

Cette découverte faite l'avait fait tomber de haut. Ce n'était pas une information qui courait dans les livres sur les vampires, roman ou ouvrages de défense contres les forces du mal. Pour les premiers il pouvait comprendre : il était tout de même plus présentable de dire qu'un vampire devenait fou dangereux suite à une coupure qu'à cause des règles de sa petite amie. Mais pour des ouvrages officiels cela ne faisait pas très sérieux !

Que se passerait-il si les autorités dépêchaient un jour une femme pour parlementer avec une troupe de vampire errante et qu'elle se retrouve en fâcheuse position parce qu'on ignorait que les vampires sentait l'odeur du sang qui se dégageait d'elle.

Bonjour la bavure !

« Tu vas bien Harry, s'inquiéta Hermione, tu as l'air ailleurs.

- Ce n'est rien, juste une odeur un peu dérangeante qui semble me poursuivre.

- Es-tu en train de sous-entendre que mon appartement sent le rat mort ? cria son amie, furieuse.

- Mais pas du tout, répondit-il, ébahi. Je voulais juste dire que…

- N'en parlons plus, coupa t-elle froidement. Le diner sera rapidement prêt. »

Et elle repartit d'où elle venait, la tête haute et la bouche pincée.

« Mais qu'est ce que j'ai dis ? se demanda, atterré, Harry, ne comprenant visiblement plus rien.

- Laisse tomber, déclara Blaise, flegmatique. Elle est juste dans sa mauvaise période du mois, ça lui passera. Ravi de te revoir Potter. »

Le vampire se saisit amicalement de la main que lui tendait le noir ; il appréciait Blaise et son franc parlé.

« Mauvaise période hein, je compatis. »

Le jeune époux haussa les épaules, visiblement habitué.

« C'est comme tout, on s'y fait. Je t'avouerais quand même qu'au début j'ai voulu porter plainte pour tromperie sur la marchandise, surtout qu'elle m'avait fait tout un discours là dessus. Comme quoi les sorcières avaient bien plus de chance que les moldues à ce niveau, que la magie était bien utile par moment, et patati et patata. Oh elle m'a tenu la jambe une bonne heure avec ça. Quand on voit le résultat on se demande comment les moldus font pour supporter leurs femmes durant cette période. »

Blaise avait une façon bien particulière de raconter ses histoires. Il avait un ton de voix parfaitement détaché que n'importe quel commentateur de documentaire aurait été en droit de jalouser. On n'arrivait jamais à savoir s'il était sérieux ou s'il se moquait de son interlocuteur. Cela donnait des discutions très intéressantes.

« Hermione t'a tenu un discours sur les biens-fait de la magie sur ses menstruation ? Et tu l'as épousée !

- Disons qu'elle compense ce genre de petit désagrément autrement.

- Stop ! Je ne suis déjà pas particulièrement intéressé par les histoires d'hormones d'Hermione alors tu penses bien qu'il en est de même pour sa vie sexuelle, surtout que tu ne sais pas t'arrêter quand tu commences.

- C'est toi qui vois, répondit Blaise avec son flegme habituel.

- C'est tout vu, s'écria Harry, qui trouvait qu'il en savait déjà beaucoup trop sur la vie privée de son amie.

- Vous parliez de quoi ? »

Hermione venait d'apparaitre dans le petit hall afin de les prévenir que le repas était servi et qu'ils pouvaient passer à table.

« J'allais raconter à Potter tes incroyables performances sexuelles mais il m'a assuré qu'il en savait déjà trop à ton sujet et ce sur de nombreux points, répondit tranquillement le noir. »

Son épouse devient étonnement rouge.

« Blaise !

- Je ne faisais que répondre à la question que tu m'as posé chérie. »

La jeune femme annonça rapidement qu'ils pouvaient passer à table avant de fusiller son mari du regard et de le menacer des pires tortures s'il prononçait à nouveau un seul mot à propos de leur vie privée. Elle rejoint ensuite la cuisine d'un pas énergique, furieuse.

« Tu vois, elle passe de la gêne le plus complète à la fureur en à peine deux minutes : c'est la faute aux hormones. »

Harry éclata de rire et le suivit jusqu'au salon/salle à mangé alors qu'Hermione hurlait tout un tas d'insanité à celui qu'elle avait osé épouser. Elle avait manifestement l'ouïe très fine.

•••

Le brun appréciait ses repas autant qu'il les redoutait.

L'appartement du couple était un curieux mélange de bazar organisé où se côtoyait d'innombrables piles de livre, des bibelots de toutes sortes et tout un tas d'objets encore non identifiés.

On s'y sentait immédiatement à l'aise et se laissait porter par l'ambiance chaleureuse qu'il y régnait.

Seulement il avait tendance à oublier qu'il était chez Hermione, la personne la plus intelligente et curieuse qu'il lui avait été donné de rencontrer.

Il lui fallait donc faire attention à chacun de ses gestes et mesurer chacune de ses paroles et il détestait ça. Il se détestait de mentir ainsi à son amie, de jouer devant elle une comédie parfaitement rodée tout en sachant qu'elle n'oserait jamais lui demander ce qu'il se passait vraiment avec lui.

Parce qu'elle était inquiète Hermione. Elle savait que quelque chose clochait, que ce n'était plus vraiment lui qu'elle avait en face d'elle.

Avant il se serait jeter avec joie sur son poulet rôti, il aurait dégusté sa tarte à la mélasse et se serait même resservi deux à trois fois, avec ou sans son autorisation.

Il n'aurait pas éludé ses questions avec autant de facilité.

Mais voilà il picorait à peine, n'arrivait pas à se réjouir de voir qu'elle avait préparé son dessert préféré alors que « Blaise déteste ça ! Je crois que c'est ce qu'il déteste le plus au niveau alimentaire » et lui lançait un nombre incalculable de sourire faussement enjoué tout en lui posant des questions pertinentes auxquelles, il le savait, elle ne pourrait pas ne pas répondre.

Malfoy avait touché juste quand il avait déclaré que ses amis s'inquiétaient pour lui.

La veille Neville s'était même inviter à prendre le thé chez lui, l'air de rien, juste pour prendre des nouvelles.

Et Harry les voyait ces regards soucieux qui se posaient sur sa personne dès qu'il avait le dos tourné. Il voyait bien leur anxiété augmenter petit à petit. Et cela le tuait à petit feu, quoique cette expression ne lui convienne plus des masses.

Il aurait voulu leur dire, leur expliquer. Seulement la peur le paralysait.

Il ne voulait pas être différent. Il ne voulait pas que leurs regards changent à son égard. Il ne voulait pas voir un jour briller la peur dans leurs yeux.

Oh ils le soutiendraient, comme ils l'avaient toujours fait, mais cela ne serait plus jamais pareil. Il ne serait plus jamais Harry Potter, leur ami, leur confident, mais Harry le vampire, celui qui a laissé une partie de son humanité derrière lui, celui qui s'abreuve maintenant de sang.

Et puis ce n'était jamais le bon moment.

Pas encore, pas tout de suite, c'est trop tôt.

Alors il laissait les choses s'envenimer, espérant que le moment de la révélation n'arriverait jamais.

Il aurait pu disparaitre, couper tout liens avec son passé mais il en avait été incapable.

Il s'était trop battu pour obtenir cette vie, aussi pathétique pouvait-elle sembler.

Il voulait pouvoir en profiter, peu importe les sacrifices que cela lui coûtaient.

Il ne voulait plus jamais avoir à choisir entre ses amis et sa vie.

« Dis moi Harry, demanda subtilement Hermione, le tirant de ses sombres pensées, il paraitrait que Malfoy a donné sa démission à… à Ron. »

Harry pouvait voir la tension et la gêne qui s'était emparé de la brune à la mention de son ancien fiancé et ami. Même Blaise s'était raidi sur sa chaise.

Ronald Weasley était un sujet délicat pour les Zabini. Si Hermione ne regrettait pas du tout sa décision elle était désolée d'avoir causé de la peine au roux.

Blaise, pour sa part, n'aimait tout simplement pas en parler. Le vampire supposait que ce dernier s'imaginait avoir volé la femme d'un autre et que cela le dérangeait ; ce n'était pas du tout son genre : il aimait quand les choses étaient claires.

Harry n'était pas très loin de la vérité.

« Écoute Mione, déclara-t-il doucement, ce qu'il s'est passé entre Ron et toi ne me regarde pas. Je n'ai pas à te juger. C'est ton choix, c'est ta vie. J'apprécie énormément Blaise et s'il te rend heureuse c'est le principal pour moi. J'aime Ron, c'est mon meilleur ami et il le restera quoi qu'il arrive. Mais si le fait de vivre avec lui te rendais malheureuse alors je préfère que vous soyez séparés, tu comprends ? »

Hermione hocha la tête, touchée par les paroles de son ami. Ils n'en avaient encore jamais parlé auparavant et elle était rassurée de voir qu'il ne gardait aucun ressentiment envers elle .

« En ce qui concerne Malfoy, il a effectivement donné sa démission et je n'arrive pas à savoir si c'est réellement une bonne chose. Travailler sous les ordres de Ron ne lui était pas facile mais il perd aussi son seul revenu. J'ai peur qu'il ne fasse une bêtise et…

- Si je peux me permettre, je pense que tu te trompes, le coupa Blaise. C'était exactement ce qu'il fallait à Draco pour rebondir. Je le vois assez régulièrement et il ressemble de plus en plus à un homme de cinquante ans qui a déjà toute sa vie derrière lui. Quitter son travail va le forcer à se bouger, à faire quelque chose de sa vie. Il aurait dû démissionner bien avant. »

C'était assez rare de voir l'ancien Serpentard parler de ses amis, il se contentait généralement de participer aux différentes conversations sans jamais en lancer une. Il avait tendance à penser que ses histoires n'intéresseraient pas un Gryffondor comme Potter.

Hermione, quand à elle, les supportait à longueur de soirée.

« À la fin de la guerre tout lui est brutalement tombé dessus sans qu'il ne puisse rien faire pour se débattre. Il a finalement abandonné après la mort de sa mère : il n'avait plus aucune raison d'essayer de se battre et depuis il s'est laissé balader comme un pantin. Quand on l'a placé sous les ordres de Weasley j'ai cru qu'il aurait un sursaut de révolte, que sa fierté reprendrait le dessus mais c'est aller de mal en pis. »

Blaise fixa ses yeux sombres dans ceux perplexe d'Harry.

« Il ne va pas bien. »

Le brun se demanda aussitôt ce qu'il savait exactement de sa relation avec le blond. Il l'avait l'impression désagréable qu'on cherchait à lui faire comprendre quelque chose, quelque chose d'important.

« J'ai même pensé à faire appel à toi Harry, histoire de le faire réagir, continua le noir. »

Cette idée semblait l'amuser ; un léger sourire étirait ses lèvres.

« Pourquoi ne l'as-tu pas fait ? demanda sa femme ? Cela aura pu être une bonne idée, Harry a toujours su le faire sortir de ses gonds. »

Elle se tut quelques instants, comme pour réfléchir.

« J'aime bien Draco, déclara-t-elle enfin. C'est quelqu'un de remarquablement intelligent et drôle avec ça. Certes il a le sarcasme facile mais on s'y fait assez rapidement. »

Blaise se pencha vers elle afin de déposer un baisé sur sa tempe, heureux d'avoir épousé une femme aussi extraordinaire.

« J'ai préféré jouer la carte de la sureté : on ne sait jamais comment pourrait finir un tête à tête entre eux. »

Et ce n'était pas Harry qui allait le contredire.

•••

Ron non plus aussi n'était pas au mieux de sa forme.

Seul dans son minuscule appartement il fixait la bouteille de bière posée en face de lui. Il n'avait jamais réussi à aimer l'alcool, ce qui avait bien fait rire ses frères, et n'arrivait pas à se décider à noyer son désespoir dans les bras de la blonde.

Il n'y avait pas plus pochtron que de se bourrer la gueule à la bière. Déjà parce qu'il fallait en ingurgité pas mal pour que cela fasse effet, et ensuite parce que cela faisait plouc.

Il se trouvait déjà assez pathétique comme cela, pas besoin d'en rajouter.

Alors il se contentait de fixer cette bouteille.

Il repensait à sa vie d'avant, aux projets qu'il avait élaboré, avec ou sans Hermione. Il se prenait à rêver, à imaginer ce qu'aurait été sa vie alors.

Puis il pleurait.

Sur lui, sur cette fameuse vie qu'il n'aurait jamais, sur elle, sur eux.

Et il criait.

De rage, de haine, de désespoir.

Puis il tapait dans tout ce qui lui tombait dans la main, ignorant les vitupérations de ses voisins.

Quand il tombait au sol, tremblant de douleur, de nouvelles larmes se mettaient à couler. Plus grosses que les précédentes, plus douloureuses aussi.

Il ne supportait plus rien.

Lui, sa vie, son travail minable, les regards désolés que lui lançaient sa famille, les remarques acides des ses patrons, Malfoy.

Tout.

Il voulait oublier. Oublier qu'un jour il avait eu un avenir, une femme qui l'aimait, des projets. Oublier que sa sœur était morte dans ses bras, que Fred les avaient quitté en laissant George seul et désœuvré.

Oublier qu'il l'aimait, elle, alors qu'elle l'avait abandonné, alors qu'elle l'avait laissé.

Elle avait tout emporté avec elle, il ne lui restait plus rien.

Juste ses larmes et sa douleur.

•••

Ythier regarda Draco avec étonnement. Jamais encore on ne lui avait posé une telle question.

« Pourquoi veux-tu savoir cela ?

- Parce que je me suis toujours intéressé au passé. J'ai découvert durant la guerre qu'on avait beaucoup à en apprendre et il se trouve que j'ai devant moi un véritable guerrier viking, de quoi faire saliver n'importe quel historien. »

Le vampire éclata de rire d'une façon fort peu discrète.

« Je ne sais pas si cela t'apportera quelque chose mais si cela t'intéresse…. »

Rapidement Draco fut totalement absorbé par ses paroles, les buvant littéralement. Cette attitude amusa le viking. Cela faisait bien longtemps qu'on ne lui avait pas demandé quelque chose d'aussi simple. Généralement les humains se butaient à ne voir en lui que le vampire et ne lui réclamaient que deux choses : qu'il suce leur sang et qu'il couche avec eux.

Cet humain là était différent.

Il possédait une fierté et une force que caractère qui lui rappelait Érika.

Alors qu'il continuait à conter ses différents voyages son regard voguait sur le visage du blond et se dit que peut être, cette fois-ci…

•••

À suivre...

•••

Voilà voilà ....

Bon tout n'était pas prévu, les personnages ont fait un peu ce qu'ils voulaient sur certains passages. (Harry ne devait pas partir à la recherche de Draco par exemple, mais on ne lui en veut pas, même si cela change la moitié de mon chapitre et la quasi totalité du prochain.)

Je m'excuse platement pour l'histoire des menstruations. C'est une question, très pertinentes et supra importante, qui m'est venu en lisant de multiples livres sur les vampires et les loups-garous. On parlait à chaque fois de l'odeur du sang, de la difficulté à combattre ses envies mais jamais un truc terre à terre comme les règles ne venait troubler leur histoire. Pourtant à chaque fois l'héroïne est une femme. Il fallait donc que j'arrive à le caser quelque part, par souci de réalisme, évidement.

En ce qui concerne Ythier : les lectriceurs/trices de True Blood feront certainement le rapprochement avec Éric or j'ai créé ce personnage il y a maintenant deux ans et ne connaissais même pas l'existence de cette série. Cette ressemblance est donc purement accidentelle et explique peut être pourquoi j'aime autant Éric.

Et pour finir dans le prochain chapitre nous aurons : Du Harry, du Ron, du Ythier, du Érika et un peu de Draco et de Blaise.

Merci d'avoir lu et à vos bons cœur m'sieurs, dames !

Zoo.