CHAPITRE III
WHATEVER HAPPENED … HAPPENED.
***
Voilà une semaine que je vivais chez les Cullen et les choses ne pouvaient pas aller mieux. J'avais déjà mes petites habitudes, ma petite routine. Tous les matin je travaillais avec Esmé, il était rare qu'elle me garde l'après-midi au grand désarroi d'Emmett qui trouvait sa mère bien trop laxiste avec moi. Elle et moi parlions beaucoup de Renée et des différentes choses qu'elles avaient partagé ensemble plus jeunes. J'en apprenais énormément sur ma mère et découvrait une toute autre facette de sa personnalité. Ces séances peintures me faisaient un bien fou, c'était comme se rapprocher de Renée pendant quelques instants. J'en oubliais même, momentanément, ma peine et toutes les atrocités que j'avais vécues cette dernière année. Non pas que je lui en tienne rigueur bien sûr, mais certaines choses marquent à jamais. Comme quand vous retrouvez les cheveux de votre mère sur son oreiller, que vous lui maquillé les sourcils qu'elle n'a plus, que vous lui tenez les cheveux quand elle vomis après une séance de chimio. Etre loin de New York était assez libérateur. Comme si toutes ces choses n'avaient jamais existé dans la petite bulle de Volterra. Je pouvais enfin respirer à plein poumon. J'avais l'impression de ne pas l'avoir fait depuis des années, l'air me donnait même le tournis. Cette boulle dans mon ventre, j'arrivais à l'oublier la journée. Je me sentais revivre. Je ne côtoyais plus la mort. J'en culpabilisais. Je n'en voulais pas à ma mère de m'avoir fait vivre toutes ces choses, j'avais choisie de l'aider et de mettre ma vie entre parenthèse. Je le referais sans hésiter. Seulement en arrivant ici, je m'étais rendue compte que je m'étais perdue en chemin. J'avais besoin de redevenir la Bella de 19 ans que j'étais avant la maladie de ma mère. J'avais besoin d'être insouciante et libérée, même si ça ne durait pas bien longtemps. Est-ce que ça faisait de moi un monstre ?
Je passais la plupart de mon temps libre chez les Black. Cette maison ainsi que ses habitants avaient quelque chose de rassurant pour moi. Parfois je rendais une visite surprise à Alice dans sa boutique. Le soir nous mangions en famille sur la terrasse. Souvent nous sortions ensuite avec Alice, Jasper, Emmett et Rosalie, puis je m'endormais au son des grillons. Tout était si paisible ici, je commençais à comprendre pourquoi ma mère avait pris tant de plaisir à y vivre. Il suffisait de s'allonger une heure dans les blés pour oublier le monde. J'avais adopté tous ces gens. C'était comme arriver dans un autre monde, tout était nouveau : les visages, les habitudes, la façon de vivre – c'était comme écrire sur une page blanche, tout pouvait arriver – rien n'était inévitable. Ces personnes, toutes tellement gentilles et pleines de vie, m'avaient accueillies sans condition et sans me poser la moindre question, chez eux, dans leur univers et m'avaient fait une place. Je les considérais maintenant comme ma nouvelle famille, comme faisant partir de mon oxygène. Ils m'avaient tellement apporté en si peu de temps : L'illusion d'avoir une famille unis alors que la mienne tombait en miette, des amis et une vie sociale, moi qui m'étais coupé du monde pendant 12 longs mois. Même si cette vision n'était que chimérique et que je retournerais un jour à ma propre vie, pour le moment je m'y accrochais plus que tout.
« 28 juin : Maman, J'ai appelé Charlie aujourd'hui. Nous avons un peu parlé. Il semble aller mieux, c'est Charlie … il travail beaucoup apparemment. Il a refusé les jours que le médecin était prêt à lui donner après ton départ. Il dit que la maison ne lui est pas supportable en ce moment. Il préfère s'occuper l'esprit. Je lui ai conseillé de prendre un peu de repos, mais en même temps, je le comprends. Il ne m'en veut plus d'être partit, il est heureux que ça se passe bien pour moi, mais il se sent seul, je peux le sentir au son de sa voix. J'essaierais de l'appeler plus souvent. Peut-être même lui envoyer deux ou trois photos pour qu'il voit comment ça se passe pour moi ici. Il verra que je pense à lui. Je lui ais fait comprendre que mon départ n'avais rien à voir avec lui, que c'était juste une démarche personnelle qu'il me fallait faire. Nous fonctionnons de la même façon, je suis sûre qu'il comprend très bien ce que ça représente pour moi. Je ne peux pas rentrer maintenant. Je me reconstruis peu à peu. Cet endroit me fait l'effet d'une cure. Tu me manques … »
J'étais de nouveau entrain de déambuler dans les champs de blés, dans la petite robe noire qu'Alice m'avait ramenée de sa boutique, prétextant que ma garde robe lui donnait des cauchemars. A vrai dire, et même si la mode n'avait pas grand intérêt à mes yeux, elle était assez confortable. J'aimais sentir l'air sur mes jambes et mes jeans commençaient à m'étouffer par cette chaleur. Heureusement pour moi, la « fashion victime » qui dormait dans la pièce à côté de ma chambre, n'avait rien contre mes Converse. Il manquerait plus qu'elle ne me fasse porter des mocassins.
Nous étions samedi matin et je ne travaillais pas. Je m'étais levée tôt et avait préparé le petit déjeuner pour tout le monde. Ensuite, avec Alice, j'étais aller profiter de la piscine. Elle avait due partir travailler et voilà comment de me retrouvais de nouveau à arpenter les épis. Cette fois, j'avais pris un autre chemin. Très vite, je découvris un nouveau décor. Il y avait une grange un peu plus loin sur ma gauche. Au fur et à mesure que je m'en approchais, des notes de musiques me parvinrent : De la guitare électrique. Juste un solo lent et mélancolique qui se précisait un peu plus à chacun de mes pas. Puis une voix. Une voix à la fois douce et rauque, avec des accents blues. C'était la voix masculine la plus particulière que je n'avais jamais entendue. Je savais que je n'avais certainement pas à être là et que si cette personne s'était retranchée aussi loin, c'était sûrement pour avoir un peu d'intimité mais cette voix était carrément envoûtante. Il fallait que je m'approche, il fallait que je voie cette personne. C'était comme si le mélange de sa voix et de ses notes me parlait directement en plein cœur. Comme si cette musique m'appelait. Plus que quelques pas et je saurais. J'approchais timidement dans l'espoir de ne pas me faire remarquer. Je restais bouche bée devant la personne que je découvrais, assise sur un établis, faisant chanter son instrument si merveilleusement : Edward. Le gars le plus arrogant, le plus agaçant, le plus dragueur et le plus étrange que je connaisse. Celui qui aimait se balader seul dans les champs, la personne qui semblait détachée de tout, celui qui ne semblait avoir besoin de personne. Je ne l'avais pas revue depuis cette fameuse nuit dans la cuisine, où son mannequin de pacotille m'avait fait remarquer à quel point j'étais ordinaire face à elle. Malgré tout, je devais admettre qu'Edward m'intriguait beaucoup. Il y avait quelque chose chez lui que je n'arrivais pas à cerner. Voilà maintenant que je découvrais qu'il avait la voix la plus sublime que je n'avais jamais entendue et qu'il jouait divinement bien. Il était si concentré sur sa musique qu'il ne me remarqua pas arriver et j'eu tout le loisir de me délecter du spectacle qu'il m'offrait. Je le détaillais malgré moi : Un jean noir, un t-shirt assorti. Ses doigts pinçant les cordes, ça semblait facile à le regarder. Je n'avais jamais fait attention à ça avant, mais il était très beau quand il était naturel et qu'il arrêtait de se donner des airs de tombeur. Le noir de ses vêtements faisait ressortir la blancheur de sa peau. Il était musclé, sans trop l'être. Les manches de sont t-shirt faisaient juste ressortir les lignes de ses biceps. Il jouait les yeux fermer comme pour se laisser bercer par les notes. Encore une fois, quand je le regardais, j'avais l'impression qu'il cachait tout un univers derrière lui et je n'avais qu'une seule envie, le découvrir. Jamais je n'aurais imaginé qu'il pouvait avoir une voix pareille. Soudain, cette douce mélodie cessa et le silence revint, s'en était presque pénible.
- Bella ?
Je sursautais.
- Pardon, je suis désolée, je ne voulais pas te déranger.
Déjà je faisais demi tour.
- Tu m'espionnes ? Dit-il, un sourire dans la voix.
Toute l'admiration que je ressentais il y a encore deux minutes s'évanouie et je soupirais retrouvant l'arrogance personnifiée.
- Je passais dans le coin et j'ai entendu de la musique, c'est tout.
- J'aime bien jouer un peu ici. En général il n'y a personne pour voir ça.
Je m'adossais à la porte de la grange, me mettant à l'ombre, et croisais les bras.
- Tu ne devrais pas te cacher, c'est très bien.
Il me sourit et reposa sa guitare sur le côté.
- Comment tu as trouvé cet endroit ?
- J'ai juste marché.
Il y eu un silence légèrement pesant pendant lequel nous nous regardions sans parler.
- Je vais te laisser tranquille - Je me sentais gênée d'envahir son espace - Je ne faisais que passer.
- Tu ne me déranges pas.
Je figeais mon geste alors que je m'apprêtais à partir.
- Tu as soif ? Me demanda-t-il en se dirigeant vers une glacière. Coca, Sprite … mini bouteille de vodka.
Il les regardait comme s'il n'avait aucune idée de ce que ces liqueurs faisaient là.
- Un Sprite suffira. Lui répondis-je en entrant finalement plus loin dans la grange.
Edward marcha jusqu'à moi pour me donner la canette et encore une fois, nouveau silence pesant. Je cherchais désespérément des yeux un sujet de conversation pendant que lui, beaucoup moins agité que moi, se contentait de me regarder en sirotant sa canette. Pourquoi étais-je si nerveuse ? Je remarquais une moto noire dans le fond et respirais de nouveau.
- C'est la tienne ?
Il prit un instant pour regarder dans la même direction que moi, alors que déjà je m'approchais de l'engin.
- Oui. Répondit-il simplement.
Pendant que j'observais la moto, j'entendais ses pas se rapprocher de moi.
- Je l'ai acheter il y a pas longtemps, ça procure dix fois plus de sensation que de conduire une voiture lancée à plein régime.
- Je te crois sur parole.
Je me retournais, appuyée sur la scelle en cuire et me retrouvais nez à nez avec Edward, toujours aussi calme.
- Quoi ? Tu n'es jamais montée sur une moto ?
- Tu dis ça comme si c'était un crime.
- Non, pas du tout c'est juste que c'est quelque chose qu'il faut expérimenter au moins une fois dans sa vie c'est tout.
- J'ai encore le temps.
- Pourquoi attendre ? Lança-t-il avec un demi sourire, celui qui me faisait fondre.
Il était si près de moi que je devais lever les yeux pour le voir. J'enfonçais presque mes ongles dans la scelle maintenant. J'étais incroyablement nerveuse. Je me sentais oppressée et pourtant je pouvais sentir l'adrénaline courir dans mes veines. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Il avait un drôle d'effet sur moi. Edward dû remarquer mon embarras car il s'empressa d'ajouter :
- Ne t'inquiètes pas Bella, je conduirais prudemment.
Il me tendit un casque que j'hésitais à prendre.
- Tu as faim ?
Je prenais le casque, regardant cet objet comme si c'était le fruit défendu.
- Un peu pourquoi ? Répondis-je, les yeux toujours rivés sur le casque.
- Il me semble qu'on avait parlé de restaurant la dernière fois. Ça serait l'occasion.
Cette fois je le regardais, ne sachant quoi répondre. Il passa derrière moi pour monter sur la moto. Je me reculais et le regardais manœuvrer pour sortir de la grange. J'étais complètement perdue. Une fois en position, il me regarda à nouveau, moi plantée là avec ce foutu casque à la main.
- Alors ? Que vas-tu faire Bella Swan ? Venir manger avec moi ou prendre un bon bouquin, que tu auras certainement lu des dizaines de fois, et rester dans ton coin ?
- Tu crois que j'ai peur de te suivre ?
- Peur non, je me demande juste si tu es le genre de fille qui veux ressentir des sensations forces, c'est tout.
- Ressentir … soufflais-je.
- Tout ce que je peux te dire, c'est que je ne me suis jamais senti aussi vivant que sur une moto.
Et là, tout devint clair. Edward m'offrait exactement ce que je cherchais : Un moyen de se sentir libre et vivante. Je mettais le casque sur ma tête, voyant son sourire s'élargir et montais derrière lui. Il démarra, faisant ronronner le moteur, et accéléra alors que j'enroulais mes bras autour de son torse pour ne pas tomber. Nous traversions la propriété avant d'atteindre les rues tortueuses de Volterra. J'essayais de profiter du paysage plutôt que de penser à ce que je sentais sous mes mains. Ses abdominaux, son torse. Je me sentie rougir, une chance que j'avais ce casque finalement. Je n'avais absolument aucune idée de ce qui m'arrivait, j'étais littéralement entrain de fantasmer. Qu'elle honte. Jamais je ne me comportais comme ça d'habitude. Je ne m'étais même jamais comporté comme ça, même pas avec ceux avec qui j'étais sortie. « Bella redescend sur terre ma fille », je pouvais presque entendre la voix de ma mère me sermonner.
La balade ne dura pas longtemps mais ce qu'Edward m'avait promis c'était avéré vrai. La sensation du vent sur mes bras et mes jambes, la vitesse à laquelle les paysages défilaient autour de moi, c'était indescriptible. Je me sentais pousser des ailes et mon cœur battait à cent à l'heure. J'avais une impression de puissance. Comme si je pouvais aller n'importe où en un éclair sur cette moto. Une dose d'adrénaline pure, réveillant mon corps endormis depuis trop longtemps.
Edward se gara et je descendais prudemment, j'avais les jambes tremblotantes comme après un tour de grand huit.
- Alors, la balade t'a plus ?
Il me prenait le casque des mains et je pouvais voir au léger sourire qui étirait ses lèvres que mon état physique laissait à désirer.
- Pas l'habitude des sensations fortes hein ?
- Ça se voit tant que ça ? Demandais-je, honteuse. Ne te méprend pas, j'ai adoré. On se sent si … libre. Mais j'ai l'impression que mon corps n'est pas prêt pour ce genre de liberté. J'ai l'impression de sortir d'un parc d'attraction.
Je m'accroupissais quelques instants pour reprendre un rythme cardiaque normal.
- Tu t'y habitueras. Me répondit simplement Edward et se mettant à mon niveau.
- C'est ça que tu appels conduire prudemment ?
- Il ne nous ais rien arrivé non ?
Je riais légèrement.
- Donc j'ai conduis prudemment. En conclu-t-il fièrement. Maintenant dit moi comment est-ce possible qu'une New-yorkaise comme toi, n'ait jamais fait de moto ? Adeptes des Yellow Cab's ?
Je soupirai et me remettais sur mes jambes, un peu plus assurées maintenant, en même temps que lui.
- Mon père est dans la police. Une des règles de la maison : « Ne jamais monter sur un deux-roues ».
- Ça inclus les vélos ? Riait-il.
- C'est ça moque toi de moi. Si tu me disais plutôt ce qu'on fait ici.
Nous étions dans une des petites rues étroites de Volterra.
- Suis moi, c'est par là.
Nous marchions côte à côte pendant quelques mètres avant d'arriver devant la façade d'un petit restaurant, le : Restorante Sala Dioniso. Edward m'ouvrit la porte et je m'engouffrais dans cette salle au plafond voûté. On aurait dit que ce restaurant avait été construit à partir d'un seul bloc de pierre brute. Une pierre blanche et lumineuse, comme de la craie. Edward se chargea de nous trouver une table, dans un italien parfait, pendant de je détaillais les différentes pièces qui s'offraient à moi. Nous étions d'abord entrée dans le salon des vins, dans lequel était gracieusement disposé quelques tables en bois vernis, accompagnées de larges fauteuils, style 18ème, au tissu rayé rouge et blanc. Bien que la pièce soit lumineuse, chacune des tables disposaient de sa petite lampe qui diffusait une lumière plus chaude et rehaussait le contraste entre les tables et les murs blancs. Un comptoir habillait le fond de la pièce sur lequel était disposer quelques bouteilles de bons crus. C'était à la fois simple et sophistiqué. L'hôte nous accompagna à notre table et, passant sous une arche, nous entrions dans la salle où nous allions déjeuner. Il n'y avait que deux couples attablés. Cette pièce était plus moderne que la première. Les tables et les chaises étaient en bois noir. Les tables drapée d'une nappe blanche, ne couvrant pas leurs angles. Les chaises habillées d'un coussin de velours rouge sur l'assise. La vaisselle était simple mais raffinée. Chaque table était ornée d'un petit bouquet de fleur dont la couleur variait selon les tables. Une légère musique d'ambiance était diffusée dans la salle, présente mais pas envahissante. J'étais sous le charme de cet endroit et je n'aurais pas pensé découvrir un tel décor en arrivant devant cette façade, 5 minutes plus tôt.
[NB : le resto existe vraiment vous pouvez le Googleler ... ou me demander le lien]
Nous nous installions face à face, près d'un mur, à l'opposé de deux autres couples. Une serveuse nous donna les menus, n'ayant d'attentions particulières que pour Edward. Son regard posé sur lui ne pouvait être plus clair. Apparemment la subtilité n'était pas la qualité principale de cette personne. Elle lui envoyait tous les signaux : Battement de cils à intervalles réguliers, replacement habile des cheveux derrière le dos d'un seul mouvement du poignet, sourire aussi éclatant que pour une pub de dentifrice et ce rire … quel rire niait. Elle représentait l'archétype de tout ce que je ne voulais pas devenir. Edward restait polit, je savais qu'il remarquait très bien le petit jeu de notre hôtesse mais ne faisait rien pour l'encourager. Il ne faisait rien pour l'en empêcher non plus. On aurait dit qu'il avait fait ça toute sa vie. Je me demandais si une femme lui avait déjà refusé ses faveurs. C'est vrai qu'il était très séduisant mais de là à ce qu'il le soit pour toute la gente féminine. Soudainement je me demandais ce que je faisais là, dans ce restaurant, en sa compagnie. Je n'étais définitivement pas à ma place dans ce cercle d'attraction et de sensualité. Comme si une bulle de séduction entourait la personne d'Edward Cullen. Et il savait en jouer, ça l'amusait. Finalement, la baveuse devant nous s'en retourna – à contre cœur – à son travail et nous nous retrouvions tous les deux.
- Je me trompe où c'est une habitude chez toi ?
- De quoi ? Demanda-t-il en portant son attention sur le menu.
- On dirait un aimant à œstrogène.
Il me sourit sans relever ma remarque cependant.
- Je te conseille les raviolis aux champignons, ils sont délicieux.
Je le fixais un instant avant d'étudier moi aussi le menu. Apparemment, l'effet qu'il avait sur les femmes n'était pas un sujet sur lequel nous allions débattre aujourd'hui. A vrai dire, je ne savais pas pourquoi je faisais une fixette là dessus.
- Pourquoi tu m'as amené ici Edward ? C'est un restaurant plutôt chic. Demandai-je méfiante. Tenteriez vous de me séduire Monsieur Cullen ? Plaisantai-je.
Il partit dans un rire franc.
- Miss Swan, vous apprendrez que mes intentions ici sont des plus honorables. Ça fait une semaine que vous êtes ici, il est temps pour vous de vous délectez des meilleurs plats italiens. Comme ça tu verras qu'il n'y a pas que la glace qui est bonne en Italie.
- Les plats d'Esmé sont assez parlants tu sais.
- Tu marques un point mais je t'avais dit que je te ferais découvrir quelques endroits sympas. C'est ce que je fais.
Il y eu un bref silence pendant lequel nous étudions tous les deux notre menu, bien que je savais déjà sur quoi allait se porter mon choix : Raviolis aux champignons. Autant suivre les conseils de l'expert. Finalement, l'hôtesse au nom sucré de « Mily » - « Appelez moi Mily » avais-t-elle dit à Edward alors que j'essayais de ne pas mourir de honte pour elle – vint prendre nous commande.
- Alors et comment va ton amie Stacy ?
Il me sourit à nouveau.
- Je suppose qu'elle va bien. Du moins, ça allait il y a 4 jours quand nous nous sommes dit au revoir.
- Tu fais souvent ça ? !
- Ça quoi ?
- Passer de filles en filles ?
- Je suis jeune, je profite de la vie et je ne force aucune d'elles. Où est le mal ?
Je haussais les épaules.
- Et pourquoi ma vie nocturne t'intéresse tant que ça Bella ?
- J'essais de te cerner c'est tout. Et puis, c'est le seul sujet de conversation que j'ai trouvé pour le moment, ce n'est pas comme si je te connaissais depuis longtemps alors j'improvise.
- Laisse moi le faire pour toi. Je suis plutôt doué au jeu des questions réponses mais si tu dois sonder mon esprit aujourd'hui, tu devras m'en apprendre plus sur toi également.
- Ça me paraît juste.
- Bien, honneur aux dames …
- Quelle galanterie. Soufflai-je avec un léger sarcasme dans la voix.
- Balance Swan, tes questions ne me font pas peur.
- Hum …, je m'adossais au dossier de ma chaise et nous nous défions du regard, roman favoris ? A supposé que tu en ais déjà lu un en entier. Lançais-je avec un sourire moqueur.
- Très drôle. Vingt Mille Lieue Sous les Mers.
- Jules Vernes.
- Surprise ?
- Oui un peu, je m'attendais plutôt à un Stephen King.
- Shinning est aussi un de mes préférés.
- Parce que tu en as lu deux ? ! Plaisantais-je.
Il ria en levant les yeux aux ciels.
- Se n'est pas parce que j'aime sortir et séduite les filles, que j'ai une moto et une guitare, que je suis complètement dépourvu de cerveau tu sais.
- Je plaisante Edward.
- Pour ton information tu apprendras que j'ai une maîtrise de littérature, une licence en physique appliquée et une autre en histoire de l'art. J'ai pris des cours par correspondance ces trois dernières années. J'ai des facilités pour les études. Ça n'a jamais été difficile, mais avant, je ne m'en étais jamais donné la peine.
Je restais sans voix.
- Surprenant hum ?
- Oui plutôt … pourquoi tant de domaine différents ?
On nous servit nos plats et fort heureusement, Mily s'était abstenue de nous servir.
- Je n'ai jamais réussis à me fixer dans un domaine en me disant : « voilà Edward, c'est ce que tu feras pour le reste de ta vie ». Lança-t-il en donnant le premier coup de fourchette. Dès qu'un choix est face à moi, je me sens oppressé.
Je riais en me délectant moi aussi de mon plat.
- Je t'assure, enchaînait-il, prendre une quelconque décisions définitive me coupe la respiration.
- Tu travail ?
- Je fais quelques job par-ci par-là en ce moment.
- Tu te rends compte des carrières qui s'offrent à toi avec un cursus pareil ?
- J'ai les connaissances c'est l'essentiel. Après ce que j'en fais ne regarde que moi.
Je méditais sa réponse. Il avait vraiment une vision du monde appart.
- Et toi ? Qu'est-ce que tu projettes pour ton avenir ? Je suis sûr que le tien est tout tracé.
- Détrompes toi …, je jouais avec mes raviolis du bout de ma fourchette, je ne sais même pas ce que je ferais en rentrant aux Etats-Unis.
- Pourquoi ça ?
- J'ai dû arrêter les cours il y a un an pour … raisons personnelles … je sais pas si j'aurais les moyens de reprendre.
- Tu étudiais quoi ?
- Peinture, sculpture, photographie. Je n'avais pas très bien déterminé mon option définitive.
- Une artiste. Je ne t'aurais jamais vue ainsi.
- Nous nous sommes tous deux fait de fausses idée l'un sur l'autre.
- C'est vrai. Mais justement, ce déjeuner va corriger les choses. A toi de me poser une question.
- Tu as un groupe ?
- Non je préfère jouer pour moi même.
- Si tu es tellement solitaire, pourquoi perds-tu ta journée à la passer avec moi ?
- Peut-être parce que je sens qu'au fond, tu es aussi solitaire que moi. Répondit-il rapidement.
Sa réponse me déstabilisa un peu et je ne trouvais rien à répliquer. Il me sourit légèrement et sans en comprendre la cause je rougissais. Fort heureusement, la carte des desserts nous fût présentée et je pu cacher mon visage à l'intérieur. Le reste du repas se déroula sur une note plus légère. Le jeu des questions réponses avait cessé aussi vite qu'il était arrivé. Nous nous étions contenté de parler de choses frivoles comme la météo, la musique, le cinéma. Aucun sujet personnel ne fut de nouveau abordé. Je me sentais bien en sa compagnie. Finalement, quand il se laissait un peu aller, Edward pouvait être agréable. Très agréable même. Nous nous étions amusés et c'est en riant encore que nous quittions le restaurant. Il avait insisté pour m'inviter et je lui promettais de lui rendre cette même attention un autre jour.
Nous reprenions la moto. Cette fois je savais à quoi m'attendre et j'espérais ne pas flancher en retrouvant la terre ferme. J'enroulais de nouveau mes bras autour de lui et déjà les mêmes sensations enivrantes qu'à l'aller s'emparaient de moi. Le plaisir simple de sentir ses épaules juste en dessous de mon visage, son buste musclé sous mes mains, la chaleur que dégageait sa peau, jamais mon corps n'avait réagit ainsi en contact d'un autre. J'étais intoxiquée par sa présente contre moi. L'après midi commençait à peine et nous passions un très bon moment. Etre avec Edward me donnait l'impression de partir à l'aventure. Je ne savais pas où il m'emmenait, je n'avais pas eu la présence d'esprit de le lui demander, moi qui était pourtant si prudente en temps normal. Il semblait réveiller la partie d'insouciance en moi qui ne demandait qu'à être réveillée. Cette partie que j'avais toujours eu peur de laisser parler. Je laissais mes émotions me dicter ma conduite et non plus mon cerveau. C'était incroyablement relaxant et avec lui, je n'en éprouvais pas la moindre honte. J'avais envie d'entrer dans son univers, j'avais envie de voir le monde à travers ses yeux, même si ça ne devait être qu'éphémère. Je voulais arrêter de tout analyser. Je voulais juste profiter de l'instant présent.
Nous avions quitté Volterra et roulé pendant près d'une demie heure quand je me retrouvais au minigolf. Une discipline que je n'avais jamais pratiqué. Je savais que cette expérience allait être aussi désastreuse que le bowling. Je n'étais vraiment pas le genre de personne à être douée pour les activités sportives. Malgré tout, je tentais l'expérience prenant le risque qu'Edward ne remarque mon manque total de coordination.
- Un minigolf ?
- Tu as un problème avec le minigolf ?
- Je ne t'imagine pas t'éclater dans ce genre d'activité c'est tout.
- A vrai dire, ça fait longtemps que je n'en ai pas fait mais … tu préfères rentrer maintenant ?
« Non ! ».
- Non, répondis-je plus calmement que la voix qui hurlait dans ma tête, non le minigolf c'est bien, si tu n'as pas peur de te prendre une balle en pleine tête.
Son rire se propagea dans tout mon être.
- Je sens qu'on va bien rire. Se moqua Edward.
Nous payions nos places et accédions au parcours. Le cadre était plutôt jolie, le terrain donnait sur un grand lac, juste avant les collines. Le premier trou n'était pas très compliqué, en ligne droite. J'atteignais la cible en deux coups alors qu'Edward l'atteignait en une seule fois, me narguant au passage.
- Voilà comment je vois les choses, m'expliquait-il alors que nous passions au trou suivant, ce coup là ne comptait pas. A partir de maintenant, il s'approcha de moi son club sur l'épaule, le premier qui rentre la balle pose une question à l'autre et celui-ci est obligé d'y répondre.
- Bah voyons, à ce rythme là tu sauras tout de moi en fin de parcours et je n'aurais pas la moindre chance.
- Tu as le droit à un joker.
Il s'approchait encore de moi voyant que j'hésitais à rentrer dans son jeu.
- Allez Bella, un petit effort ce n'est pas tous les jours que je joue au minigolf.
- Quel honneur, tu m'as réservé une séance de torture personnelle. Pourquoi moi ?
Il soupira et me dévisagea un instant avec un petit sourire en coin. Je baissais les yeux pour ne pas m'empourprer.
- Pourquoi toi, répétait-il, je n'en ai pas la moindre idée mais la journée est belle, nous sommes tous les deux et ça m'a semblé la chose à faire quand j'ai vu le panneau. Et franchement Bella, à la façon dont tu te serrais contre moi sur la moto toute à l'heure, j'ai eu peur que si je ne m'arrêtais pas tout de suite, tu allais me faire une crise cardiaque.
Si je me serrais autant contre lui toute à l'heure c'était parce que j'adorais ça, mais le fait qu'il mette ça sur le compte d'une peur panique de la vitesse me donnais un alibi bien moins gênant que la vérité. Je me contentais donc de le gratifier d'un sourire forcé et me plaçais devant le trou suivant. Bien moins facile celui-ci. Il commençait par une ligne droite qui était suivie d'une bosse pour enfin passer sous un petit moulin à vent et atteindre la cible.
- Il faut que tu donnes assez d'élan à la balle pour passer la butte, chuchota-t-il près de mon oreille, le trou est dans le prolongement de ta balle.
Un frisson me parcouru de part et d'autre si bien que je tapais trop violement dans la balle et ratais mon coup. J'eu le droit à un autre sourire en coin de mon adversaire qui s'apprêtait à tirer. Bien sûr, son lancé fut parfait et il rentra la balle du premier coup encore une fois.
- Hum, on dirait que je vais avoir le droit à une révélation.
Je croisais les bras attendant la sentence.
- Je suis toute ouïe. Lançais-je, peu enthousiaste.
Il prit un instant de réflexion.
- Je suppose que tu es célibataire sinon tu ne serais pas partie 3 mois à des milliers de kilomètres de chez toi …
- Perspicace.
- Ce qui m'amène à la question suivante : Comment s'est terminée ta dernière relation amoureuse ?
- C'est une drôle de question …
- On ne discute pas, tu es obligée d'y répondre tu te souviens ?
- Bon … il s'appelle Mike Newton et on allait en cours ensemble … quand j'ai dû arrêter, je soupirais, disons que je n'avais plus de temps pour lui non plus donc, au lieu de lui faire perdre son temps, je lui ai rendu sa liberté.
- Tu l'aimais ?
- On a dit une seule question monsieur !
Je tirais un second coup dans la balle et la rentrais. Nous passions au trou suivant. Creux et bosses s'enchaînaient pour s'engouffrer dans un slalom en angle droit et enfin arriver à la cible. Je restais bloquée.
- Autant que tu me poses une question maintenant parce que je ne suis pas prête d'arriver au bout.
Edward me sourit et vint se placer derrière moi.
- ça va pour cette fois, je veux bien t'aider.
- Trop aimable.
Ses mains se placèrent sur mes hanches et j'essayais de bloquer le feu qui remontait le long de mon ventre en arrêtant de respirer. Encore une fois il chuchota à mon oreille accélérant mon rythme cardiaque. Ses mains glissèrent le long de mes bras pour se placer par dessus les miennes, maintenant fermement mon club. J'avais eu l'impression de voir tous ses mouvements au ralentit. Sa voix me ramena à la raison et j'essayais de me concentrer sur le parcours.
- Il faut que tu sois gentille avec ce pauvre club, arrête de l'étrangler comme ça, laisse le glisser dans tes mains pour guider la balle … comme une caresse.
Sa tête était maintenant au dessus de mes épaules et je pouvais sentir quelques mèches de ses cheveux désordonnés caresser mon visage. L'odeur de sa peau était envoûtante, typiquement masculine, ce genre d'odeur qui monte directement à la tête et qui donne envie de se mordre les lèvres pour ne pas le mordre, ce que je m'obligeais à ne pas faire. Il entraîna mes bras avec le club et dans un mouvement calculé, il frappa délicatement la petite balle qui parcourue la moitié du chemin. Ensuite nous restions dans la même position jusqu'à ce que l'objet ne s'immobilise complètement. Lui juste derrière moi, sa tête près de mon épaule et moi complètement immobile.
- Tu vois, c'était facile. Soufflai-t-il.
Je rencontrais enfin ses yeux vert émeraude et m'y perdait jusqu'à ce que son air amusé ne me remette en place.
- J'estime que puisque tu n'as pas réussis à mettre la balle en place en un seul coup, dis-je en me dégageant de son étreinte hypnotique, j'ai le droit à une question.
- Techniquement j'ai joué pour toi.
Je le fusillais du regard et il finissait pas céder.
- Très bien, je vous écoute mademoiselle Swan.
- As tu déjà eu ne serait-ce qu'un semblant de relation amoureuse ?
- Défini « relation amoureuse » …
- Plus d'une semaine. Répondis-je les bras croisés.
- Outch ! Lança-t-il en minant d'avoir été touché en plein cœur. Là tu m'en demande beaucoup.
- Je le savais ! M'exclamais-je en le désignant avec mon club. Tu n'as jamais été dans la moindre relation Cullen, alors ne viens pas me poser des questions plus que personnelles sur les miennes.
- Je te l'accorde … « sur les miennes », répéta t-il, ça veux dire qu'il y en a eu plusieurs ?
Je serrais les dents pour ne pas lui crier dessus, encore une fois il s'en amusait.
- Tais toi et joues. Répondis-je en désignant le parcours.
- A vos ordres !
Il se mettait en position et tirait dans un mouvement magistral, envoyant sa balle plus loin que la mienne. Je jouais à nouveau et dépassais la sienne cette fois. Je savais qu'il gagnerait au prochain tour, aussi quand il s'apprêtait à percuter la balle une seconde fois je lui donnais un coup d'épaule, déviant son tir.
- Oups !
- Tu triches ! S'exclama-t-il.
- Je suis vraiment désolée, je suis d'une telle maladresse ! Lançais-je faussement navrée.
Il soupirait, attendant ma question.
- Alors monsieur Cullen, commençais-je en faisant quelques pas autour de lui, pourquoi avoir choisi de passer cette si belle journée en ma compagnie ?
- Premièrement parce que je n'avais rien de mieux à faire aujourd'hui …
- Très flatteur merci beaucoup !
- Et deuxièmement, continua-t-il ignorant mon sarcasme, parce que je commence à apprécier votre compagnie miss Swan.
Je lui souriais, ne sachant quoi répondre.
- Même avec votre fichu caractère.
Je le frappais à l'épaule et il partit en éclat de rire.
- Aller, lance la balle Bella avant que nous ne passions la nuit ici.
- Si tu arrêtais de m'interrompre avec tes quiz débiles on irait plus vite ! Pousses toi de là et laisse faire les pro.
- Mais je t'en prie.
Je me préparais à frapper la balle quand il me bouscula à son tour.
- Hey ! ! M'exclamais-je.
- Tu vois ça énerve hum ?
Je soupirais.
Ce type me tapait sur les nerfs.
Nous finissions difficilement la partie tellement nous sabotions chacun des coups de l'autres et le soleil amorçait déjà sa décente quand nous regagnions le domaine. J'eu encore une fois l'occasion de savourer une balade à moto. Edward rangea sa moto dans la grange pendant que je l'observais dans l'embrasure de la porte. C'était étrange, une drôle de sensation me tordait le ventre, comme si je venais de me rendre compte que toute cette journée n'avait pas été réelle. Pourtant elle l'était, mais elle touchait à sa fin.
Dès le moment où il avait coupé le moteur, nous n'avions plus parlé. Peut-être avions nous épuisé tous les sujets de conversation possible. Je soulevais la poussière sur le sol en le balayant nerveusement avec mon pied, les bras croisés sur ma poitrine, ma seule épaule pour me tenir en équilibre contre la grande porte en bois. J'étais en colère sans pour autant connaître l'origine de ce changement brutalement de sensation. Maintenant j'attendais juste qu'il daigne me dire de m'en aller. Je soupirais et l'air dans mes poumons semblait se bloquer au niveau de ma gorge. J'avais presque envie de pleurer. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivais, je n'étais pas comme ça il y avait encore 10 minutes. J'avais juste envie de me sauver en courant et d'oublier cette magnifique journée. Je n'étais jamais aussi émotive. J'en éprouvais de la honte. Pendant tout le temps de ma réfection, je n'avais cessé de fixer le sol et le sable qui se soulevait dans un léger nuage autour de ma cheville. Quand je sortais enfin de ma rêverie, Edward s'avançait lentement vers moi, les mains dans les poches. Une expression étrange masquait son visage. On aurait dit que lui non plus ne savait absolument pas ce que nous faisions ici. Il s'était arrêté juste devant moi et me fixait en silence. Mon estomac se contracta et finalement, je pris la parole. Doucement. Hésitante.
- Merci pour la balade, c'était sympa de t'occuper d'une pauvre touriste comme moi.
- Il n'y a pas de quoi. Répondit-il sur le même ton.
- Bon, soupirai-je, il commence à se faire tard …
- Il n'est que 18h00.
- 18h00 … oui c'est vrai mais tu sais ce que c'est … avec le décalage horaire et tout …
Il ne répondit pas, se contentant de me transpercer d'un seul regard. Il fallait que je parte.
- A plus tard …
Il me sourit légèrement. Je lui rendais le même sourire, passant nerveusement la main dans mes cheveux et quittais lentement la grange. J'aurais voulu courir mais mes pieds refusaient d'avancer. J'avançais lentement à travers les blés, complètement contrariée. C'était la sensation la plus frustrante du monde. Après une si belle journée, pourquoi fallait-il que je me sente si morose ? En regagnant le domaine Cullen, j'avais eu l'impression de faire une chute de cinq étages et de m'être écrasée en beauté. J'étais monté aussi haut dans les sensations que je ne redescendais maintenant que tout était fini. Je me faisais l'effet d'une junkie en pleine redescente. Je n'avais qu'une envie : aller dormir sans croiser personne. Je serrais les poings le plus fort possible en me mordant l'intérieur des joues comme pour faire sortir toutes les frustrations de mon système. J'avais même arrêtée de respirer.
Quand je relâchais mes muscles dans un long soupire, une main attrapa mon poignet. Je sursautais presque agacée que quelqu'un vienne troubler ce moment et me retournais vivement. Edward était là, sa main relâchant lentement mon bras. Aucun son ne pu sortir de ma bouche alors que des milliards de questions se bousculaient dans ma tête.
- Il est encore tôt. Me dit-il simplement.
Ensuite il recula doucement sans me quitter des yeux et je ne pouvais que le suivre du regard. Au bout de quelques secondes, il se retourna et marcha dans la direction opposée à la mienne. Je regardais dans l'autre direction, puis vers la sienne et encore la mienne. A chaque fois que je me tournais dans vers le chemin me ramenant à la villa, mon ventre me brûlait. Quand je regardais Edward s'éloigner en revanche, toute douleur s'évanouissait. Je décidais de ne pas trop analyser mes actes pour le moment, comme il venait de le dire, il était encore tôt. Je m'engageais alors sur ses traces. Mes pas lents et mesurés au départ se firent rapidement plus pressés et je le rattrapais sans difficulté. Quand il me remarquait à côté de lui, il me gratifia d'un petit sourire en coin et nous continuions à marcher côte à côte en silence. Le bruit synchronisé de nos pas dans les champs était berçant. Je me focaliser dessus pour ne pas que mon cerveau se remette à analyser le moindre de mes faits et gestes.
Nous arrivions vite au pied d'un gros chêne au tronc imposant. Celui-ci nous offrait l'ombre et la fraîcheur qu'il manquait à cette balade, sous cette chaleur accablante. Je m'asseyais à sa base, regardant les tâches de lumière et l'ombre du feuillage jouer sur ma peau, alors qu'Edward allait se poser sur une balançoire de fortune accrocher à une des branches. Une de ces balançoires faite d'un gros pneu et d'une corde solidement enroulée autour de la branche la plus imposante de l'arbre.
Il commença à s'y balancer lentement, rejetant sa tête en arrière. Il paraissait complètement détendu et à vrai dire, maintenant, je l'étais aussi. Nous n'avions pas échangé un seul mot depuis qu'il m'avait incité à le suivre jusqu'ici. Une atmosphère apaisante mais à la fois irréelle semblait envahir le champs et bientôt je ne pu rester plus longtemps assise dans mon coin. Je marchais jusqu'à lui. Il avait les yeux fermés mais je savais qu'il avait remarqué ma présence. Je marchais alors nonchalamment autour du pneu, faisant glisser mes doigts dessus. Son immobilité commençait à me peser alors je donnais un grand coup dans la balançoire qui tourna sur elle-même, Edward avec. Mon geste eu le don de la sortir de sa rêverie et il m'attrapa d'un seul bras me ramenant vers lui, s'accrochant de sa main libre à la corde. J'étais incapable de bouger. Edward se leva, un pied sur le pneu l'autre dans la vide pour me laisser la place de le rejoindre sur la balançoire. Je passais mes jambes dans le trou, autour de la sienne et nous restions ainsi à nous balancer tous les deux, séparés par la corde en plein milieu. Nous partions en éclat de rire après quelques secondes d'un silence lourd de sens. Il sauta ensuite à pied joint sur le sol et passa derrière moi. Sa main glissa sur mes épaules nues avant de se poser sur mon dos et d'y imposer une légère pression pour me balancer lentement d'avant en arrière. A chaque fois que mon dos retrouvait sa main, une vague de frissons me secouait. La corde pivota sur elle-même et nous nous retrouvions face à face. Nous échangions un regard complice et je recommençais mon petit voyage sur la balançoire. Tout le stresse que j'avais pu ressentir en quittant la grange s'était évanoui.
Je lâchais doucement la corde et me penchais complètement en arrière, les bras tendus au dessus de ma tête. Je frôlais les blés du bout des doigts et quand le mouvement inexorable du pneu me ramena vers Edward je senti ses bras glisser sous les miens pour me soutenir. Je me lançais lentement glisser vers lui, enlaçant mes mains avec les siennes et je tombais délicatement sur le sol. Lui avait suivis mon mouvement en s'agenouillant derrière moi, mon dos reposant maintenant sur ses genoux. Je me focalisais sur le vent jouant dans mes cheveux alors que mes mains caressaient ses paumes levées vers le ciel. Son visage était juste au dessus du mien mais je n'avais pas le courage de croiser son regard. Nos doigts s'entrelaçaient et se séparaient doucement. Il avait la peau douce et c'était apaisant de l'explorer aussi librement. J'avais complètement perdu la notion de temps et de l'espace, je n'étais plus consciente que de sa présence contre moi. Il ne semblait pas plus déranger que moi par la tournure étrange que prenaient les choses. Quand enfin je croisais son regard la pression qui surgie en moi fut trop forte et je me remettais difficilement sur mes pieds, faisant quelques pas pour m'éloigner de la tentation qu'il représentait à cet instant. Les paumes tournées vers l'extérieure de laissaient les épis glisser sur mon passage, fermant parfois les yeux pour m'imprégner de cette sensation de liberté. Très vite, il était derrière moi et je lui faisais face découvrant son sourire. Un sourire étira aussi mes lèvres alors que je reculais lentement, Edward suivant chacun de mes pas à la même vitesse. Puis je m'arrêtais, appuyant mes mains sur mes genoux. Il fit de même et nous nous fixons comme deux joueurs de rugby près à rentrer dans une mêlée. Nous n'avions ni l'un ni l'autre d'explications sur ce qui se passait mais peut importe, je me sentais bien et je pouvais dire, à la lueur qui brillait dans ses yeux verts clairs, que lui aussi.
- Tu vas m'attaquer ? Plaisanta-il
- Ne me tente pas.
Il riait.
- J'aimerais bien voir ça. Lança-t-il en me défiant du regard.
- Tu es tellement sûr de toi.
- Tu n'oserais jamais t'attaquer à moi Bella. Je suis trop impressionnant.
Cette fois, c'est moi qui riais. Je reculais pour prendre de l'élan, sous son regard amusé, et courrais de nouveau vers lui. Je m'accrochais à sa nuque et lui sautais littéralement dans les bras. Il entoura mon corps pour éviter ma chute et j'entourais les jambes autour de lui. Nous nous regardions en souriant. Une mèche de mes cheveux lui caressait le visage mais ça ne semblait pas le gêner. Très vite son sourire s'effaça pour laisser place à un regard plus profond et déroutant. Tellement déroutant que je dû détourner les yeux et les fixer sur le paysage. Je remarquais alors que l'on pouvait voir la fenêtre de ma chambre d'ici. Edward nous berçait lentement de droite à gauche. Une drôle de chaleur remontait alors le long de mon ventre. Nous étions bien trop proche. Sa voix me ramena à lui.
- Tu as l'air de retenir tellement de chose à l'intérieur de toi que j'ai parfois l'impression que tu vas exploser si tu n'apprends pas à te détendre Bella.
Il avait presque chuchoté. C'était troublant de voir à quel point j'étais transparente pour lui. Je n'arrivais plus à détacher mon regard du sien. Il délia lentement ses bras me maintenant en place et mes pieds touchèrent le sol. Mes jambes tremblaient autant qu'après pour premier tour de moto ce matin.
- Il faut que tu apprennes à te détendre.
- Et qu'est-ce que tu suggères ? Demandais-je, essayant de parler d'une voix assurée, ne laissant pas transparaître le trouble que je ressentais en ce moment.
Sa main enlaça alors la mienne et il se rangea à mon côté. Je le regardais faire, enlaçant fermement mes doigts entre les siens.
- A trois, commença-t-il, je veux que tu sautes aussi au haut que possible. Comme si tu cherchais à t'envoler.
- C'est ridicule.
- Et alors ?! Tu vois quelqu'un d'autre à part nous ici peut-être ?
Je restais dubitative.
- Je le fais avec toi si tu veux. Comme ça on aura l'air ridicule tous les deux mais, Bella, si tu ne fais jamais rien sans réfléchir … si tu ne fais jamais rien de complètement débile … tu deviendras aigrie un jour. Une vieille femme seule et en colère.
- T'es sérieux là ?
- Ce que je veux dire c'est … relâche la pression … c'est quoi un petit saut ? Tu ne le faisais pas quand tu étais petite ?
- Mais je ne le suis plus.
- Moi je ne me suis jamais senti aussi libéré que quand j'étais petit. C'est une magnifique sensation et on peut la retrouver quelques fois en faisant ce genre de choses futile. Et franchement, qu'est-ce que ça coûte ?
- Pourquoi crois-tu que j'ai besoin de retrouver la petite fille insouciante qui est en moi ? Plaisantai-je.
- Je le vois dans tes yeux.
Lui avais été très sérieux et je perdais toute résistance. Bientôt nous sautions comme deux gamins dans ce champ, réuni par une seule main et à dire vrai, la sensation de décoller du sol mélanger au vent qui soulevait mes cheveux et à la pression qu'il exerçait sur ma main était incroyablement fascinant. Très vite nous partions en éclats de rires et commencions à nous battre comme deux enfants dans une cours de récréation. Ça n'avait rien à voir avec le petit combat que j'avais eu avec Jacob quelques jours plus tôt. Il y avait quelques choses de sensuelle aujourd'hui. A chaque fois que je touchais Edward une décharge d'adrénaline me coupait tous mes moyens. Enivrant encore une fois.
Dans une autre bousculade, nous tombions tous les deux à même le sol en riant. Lentement, nos rires se calmèrent et nous reprenions notre souffle. Les longs épis de blés nous entourant semblaient former une barrière autour de nous, coupant totalement l'horizon à nos yeux. Nous restions un moment allonger sur le dos avant que nos yeux ne se croisent à nouveau. Cette fois nous avions retrouvé notre sérieux. Ce regard que nous échangions était des plus intenses et bizarrement je ne rougissais pas. J'avais la main sur le ventre et je sentais ma main se soulever frénétiquement à mesure que ma respiration s'accélérait. Mon cœur battait à la chamade et la chaleur, qui pourtant commençait à baisser, devenait de plus en plus oppressante sur ma peau et à l'intérieur de moi. Edward ne me quittait pas des yeux, son regard était pénétrant comme s'il lisait à l'intérieur de moi, me traversant jusqu'à l'âme. Je ne m'étais jamais sentie en pareille osmose avec personne avant lui et à cet instant, j'avais définitivement et inexorablement envie de lui. Envie qu'il me touche, envie d'éprouver cette connexion à tous les niveaux, envie de lui montrer l'effet qu'il avait sur moi : mentalement et physiquement.
Je pensais avoir complètement perdue la raison mais Edward se pencha alors sur moi, prenant appui sur son coude. Je retenue ma respiration quand sa main glissa sur mon ventre, faisant tomber la mienne sur le sol. Sa main qui remonta lentement sur moi, passant au creux de ma poitrine pour parcourir mon cou et finir sur ma joue. Je tremblais de la tête au pied. C'était gênant et Edward devait le sentir mais je ne contrôlais plus les réactions frénétiques de mon corps en contact avec le sien. Il remit délicatement une mèche de cheveux derrière mes oreilles et traça du bout des doigts les contours de mon visage. Je ne bougeais pas, je n'arrivais plus à analyser quoi que se soit. J'étais simplement concentré sur mes émotions. Edward m'embrassa rapidement et le contact de ses lèvres provoqua une intense brûlure sur les miennes. Ce baiser avait été si rapide que je me demandais si je ne l'avais pas rêvé mais avant que je ne puisse protester il recommença, de la même façon. L'opération se répéta plusieurs fois de suite et entre chaque baiser il me regardait. Peut-être pour vérifier si ces assauts répétés sur mes lèvres brûlantes me dérangeaient ou pas. Je ne réagissais pas. Je savais que le regard que je lui rendais à cet instant ne pouvait être plus clair. Tellement clair que le baiser suivant se fit plus profond et je pu enfin y participer. Edward monta doucement sur moi, sans rompre notre échange et sa langue passa le barrage de mes lèvres. Je fus secouée par de nouveau tremblement. Je le sentis sourire sur mes lèvres alors que sa main caressait ma joue. La caresse que sa langue exerçait sur la mienne démontrait une bien meilleure maîtrise du sujet que moi et je lui laissais le plaisir de me l'enseigner avec délectation. Quand son autre main se posa sur ma cuisse, un gémissement m'échappa. Je perdais complètement le contrôle de mon corps qui parlait de lui-même, s'arquant contre celui d'Edward sans la moindre retenue.
Je compris alors que tout ce déferlement de sensation que j'avais ressenti durant la journée n'avait été qu'un appel désespéré pour en arriver là. Mon corps avait compris avant mon esprit ce que je voulais depuis le début. Je le voulais lui et peut importe si je ne le connaissais que depuis une semaine, peut importe qu'il ait beaucoup plus d'expérience que moi. Mon cœur n'avait pas autant battu depuis des mois. J'étais vivante. Je passais les mains sous son t-shirt et appréciais enfin pleinement les formes carrées de son torse. Il rompit notre baiser et retira son t-shirt de lui-même avant de retourner sur mes lèvres. Quand l'image de mes mains posées sur lui s'imposait à moi, la chaleur grandissante à l'intérieure de moi parue redoublée d'intensité et un nouveau soupir de plaisir m'échappa. Sa main continua sa course sur ma cuisse pour entourer fermement mes fesses. Soulevant mon bassin d'une seule main, il me pressa d'avantage contre lui et mon visage vint se caler au creux de son épaule. Alors que je me retrouvais assise contre lui, sentant contre mon ventre ce qui ne laissait plus aucun doute sur ses motivations, Edward remonta ma robe le long de mon corps. Je soulevais automatiquement les bras et ma robe passait au dessus de ma tête, retrouvant son t-shirt. Je me retrouvais quasiment nue devant cet homme que je connaissais à peine et je n'en éprouvais pas la moindre honte. Ce comportement ne me ressemblait pas. J'étais une toute autre personne en sa présence. Il me détailla un instant déposant quelques baisers sur ma poitrine, provoquant de nouvelle convulsion de ma part. Je rejetais la tête en arrière, admirant le ciel bleu au dessus de moi pendant que sa langue caressait habilement le bout de mes seins. Une de ses mains entourait mon dos pour me maintenir en place, l'autre remonta lentement de mon ventre à mon cou, plusieurs fois de suite. Je le regardais faire. C'était le geste le plus sensuel que l'on avait jamais eu à mon égard.
Sa main saisissait de nouveau mon visage le ramenant rapidement vers le sien pour capturer mes lèvres. J'enfonçais mes mains dans ses cheveux et me serrait d'avantage contre lui, si bien qu'il n'eu bientôt plus besoin de me soutenir. Il entoura mes hanches, notre baiser redoublant de frénésie, entrecoupé par nos respirations - toutes deux erratiques et bruyantes – et me coucha de nouveau sur les épis écrasés sous notre poids. Mes jambes s'entourèrent autour de ses hanches et je sentie encore d'avantage son désir contre moi. Nos regards étaient en feux, il n'y avait plus moyens de faire marche arrière. Nous étions complètement affamés l'un de l'autre. Jamais je n'avais ressentie une telle brûlure dans mon bas ventre, une chaleur intense et impatiente. Alors qu'il embrassait chaque partie de mon cou et de mon épaule, reposant entièrement sur moi, j'eu tout le temps d'explorer les courbes de son dos musclé, de ses épaules à ses hanches. Sa peau était plus chaude que la mienne, ça me donnait le sentiment qu'être complètement protéger dans ses bras. En sécurité. J'osais même m'aventurer à toucher ses fesses, les pressants encore plus contre mon corps alors qu'il mordillait délicatement le lobe de mon oreille.
- Tu es magnifique. Chuchota-il, juste au creux de mon cou. J'ai envie de toi Bella.
Je me mordais la lèvre pour de pas gémir. Sa langue retrouva le chemin de ma bouche et nous échangions un autre baiser passionné avant que ses deux mains n'encadrent délicatement mon visage.
- Tu en as envie toi aussi n'est-ce pas ?
Je ne pouvais rien faire d'autre que hocher lentement la tête et Edward me sourit avant de fondre à nouveau sur moi. Il recula, me dominant complètement et fit glisser ma culotte le long de mes jambes. Une fois que j'étais nue, il m'admira avec envie. C'était assez gênant de se faire observer ainsi et il remarqua mes joues rougir, ainsi il arrêta son exploration visuelle et déboutonna son jeans, le baissant juste assez pour le libérer. Je le regardais droit dans les yeux quand il s'allongea de nouveau sur moi. Le contact de nos deux sexes l'un contre l'autre me surprit et j'appréhendais cette nouvelle sensation avec lui, qui ne me quittait pas des yeux. Il remonta d'avantage l'une de mes jambes autour de lui et, tout en déposant quelques baisers humides sur mes lèvres, il entra en moi. J'arrêtais immédiatement de respirer quand je le sentais de frayer un chemin en moi.
- Détend toi. Souffla-t-il les yeux fermés.
J'étais incapable de le quitter des yeux. Il sortit complètement de moi avant d'y revenir aussi délicatement et ça, à plusieurs reprise avant que je ne me sois complètement habituée à sa présence. Aussi quand je me sentie complètement à l'aise, le ressentant entièrement, je retrouvais l'usage de mes poumons et laissais échapper un long gémissement. Cette fois, Edward ne me quitta plus et se contenta de bouger lentement en moi, à intervalle régulier. On se fixait, nos deux corps bougeant en rythme. A chacun de ses allés et venus en moi, mon dos se soulevait légèrement du sol pour accompagner son geste. Mes mains s'étaient maintenant posées sur ses fesses pour ne plus en bouger. Mes doigts se contractaient autour d'elles à chacun de ses passages contre moi, sans que je ne leurs en donne l'ordre. Je respirais bruyamment par la bouche et Edward faisait se qu'il voulaient de mes lèvres. Leurs donnant l'ordre implicite de bouger contre les siennes et d'accompagner la danse de sa langue. Bientôt, des gémissements émanèrent également d'Edward et je savais qu'il était enfin à l'aise avec moi. Son souffle chaud et irrégulier caressait mon épaule alors qu'il intensifiait ses mouvements à l'intérieur de mon corps brûlant. Je libérais une de ses fesses pour saisir une poignée de ses cheveux, la tête dans son cou. Finalement mon autre main s'agrippa à son épaule, alors que ses vas et viens me procuraient de plus en plus de sensation. Il accélérait encore, gémissant parfois mon prénom de façon à peine audible. Puis brutalement il sortit de moi, provoquant chez moi une violente protestation qui le fit sourire. Il s'allongea de nouveau sur moi, cherchant ma bouche, alors que je ne demandais qu'à ce qu'il revienne. Je sentie alors sa main se mettre entre nous et ses doigts caresser habilement l'endroit le plus sensible de mon anatomie. Parfois il entrait ses doigts à l'intérieur de moi. La sensation était différente mais finalement pas désagréable et très vite je repris là où mon plaisir s'était brutalement arrêté. Il allait encore plus vite, pressant d'avantage ses doigts sur moi et je gémissais sans retenue, m'accrochant à ses cheveux d'un côté et aux blés de l'autre. Des images que j'arrivais à saisir de lui, entre deux battements de cils, il appréciait vraiment l'effet qu'il produisait sur moi et il était toujours aussi dur contre mon corps. Je ne compris qu'après la raison de sa « non participation ». Quand j'étais à deux doigts de lâcher prise et de laisser venir l'orgasme, il retira sa main et me pénétra rapidement, me ramenant complètement sur lui. Ma réaction fut immédiate et je libérais mon plaisir, aussi surprise que comblée. Je n'avais jamais ressentie une libération aussi puissante avec personne. Pendant que j'appréciais mon plaisir sans retenue, Edward se libéra aussi empoignant fermement mes hanches, gémissant contre ma poitrine alors que je m'accrochais encore à sa chevelure.
Nous restions quelques minutes dans la même position, sans parler, sans bouger. Appréciant la sensation de béatitude qui s'emparait de notre esprit. Je tremblais encore. Le contraste de sa peau chaude contre la mienne, déréglait complément ma température.
- ça va ? Souffla-t-il contre mon ventre avant de lever les yeux vers moi.
- Oui …
Il remettait délicatement mes cheveux en place, caressant mon visage au passage. Avant de se retirer, il embrassa mon front et me fit basculer doucement sur le sol. Je restais bloquée, je ne savais plus se que je devais faire jusqu'à ce que je le vois se rhabiller. Je reprenais mes esprits et cherchais ma robe quand je la vis entre ses mains. J'enfilais mon sous vêtement et me relevais légèrement, de façon à être toujours caché par les épis.
- Je crois que je vais avoir besoin de ça.
- Non je ne crois pas. Dit-il avec un sourire coquin au coin des lèvres.
- Edward … arrête ça ! rend moi ma robe !
Je n'élevais pas trop la voix par peur que l'on nous entende. Il n'arrêtait pas de rire et quand je me jetais sur lui pour récupérer ma robe qu'il tenait en hauteur, il me plaqua contre lui et me dévora du regard.
- Ce n'est pas drôle … soufflai-je, ayant déjà perdue toute volonté.
- Moi ça m'amuse. Chuchota-il sur mes lèvres avant de les embrasser rapidement.
J'étais vaincue. J'allais l'embrasser, quand des bruits de pas venant vers nous, nous firent sursauter tous les deux. Edward me rendit rapidement ma robe que j'enfilais déjà en commençant à courir derrière lui.
- Vite par là. Dit-il en me prenant la main.
Nous courions comme si le diable en personne était à nos trousses et après notre échange sensuellement dans les champs, c'était assez dur pour mes pauvres jambes. Je tombais et Edward m'aida à me relever en se moquant de moi. Je lui sautais sur le dos en lui frappant l'épaule alors qu'il continuait à courir. J'étais moi-même hilare quand nous arrivions à la grange et que nous nous cachions derrière un des murs. Les pas se rapprochèrent. J'étais bloquée entre le mur et Edward qui avait ses mains autour de ma tête, essoufflé.
- Edward, t'es là ?
Nous reconnaissions immédiatement cette voix, échangeant un regard apeuré.
- Merde, Emmett. Souffla Edward.
Je m'étais figée attendant qu'il trouve une solution. Il était hors de question que l'un de Cullen ne me trouve comme ça. Le mot « SEX » était gravé sur mon front à l'heure actuelle et mon dieu … Emmett en plus. Jamais il ne me lâcherait avec ça. Esmé en serait choquée et Carlisle également. L'horreur.
- Fais quelques choses ! Ordonnai-je à Edward.
- Je vais aller lui parler, souffla-t-il contre mon visage la panique imprégnant ses trais, profites-en pour te sauver.
- Mais …
- Tu as une meilleure solution ? Demanda-t-il, plus sévère.
Pas la moindre. J'acquiesçais alors que les pas d'Emmett se rapprochaient de nous. Edward sortit rapidement de notre cachette et alla à la rencontre de son frère. Déjà sa présence près de moi me manquait, me donnant l'impression d'un vide à l'intérieur de mon ventre.
- Emmett ?
- T'es là ? Je te cherche partout depuis tout à l'heure.
Edward entraînait déjà son frère à l'opposé de moi. Ils me tournaient le dos. J'en profitais pour m'éclipser le plus discrètement possible, passant derrière la grange.
- J'ai un portable tu sais.
- Tu ne répondais pas. Qu'est-ce tu faisais par là ?
- Tu sais … comme d'habitude … bière, musique …
- Seul ?
Je me figeais.
- Oui pourquoi ?
- Tu transpires comme un cochon à l'abattoir.
Edward passa sa main sur son front.
- J'ai couru un peu aussi. En quoi ça te dérange ?!
- En rien … bon t'es libre ce soir ?
- Pourquoi ?
- Tu viens regarder le match avec moi et Jasper ?
Une fois leur conversation engagée, je courrais aussi vite que mes jambes encore faibles me le permettaient en direction de la villa. Je ramassais mes Converse et les enfilaient sans m'arrêter, manquant de tomber à plusieurs reprises. Bientôt Edward et Emmett ne furent plus en mesure de me voir et je pouvais reprendre mon souffle. Je m'assaillais sur le sol et malheureusement, mon cerveau se remit en marche. Je venais de coucher avec un parfaite inconnu et le pire, c'est que ça dépassait de loin toutes les aventures que j'avais eues avant. Non pas qu'elles aient été nombreuses, mais quand même. Avec Edward, ça avait été largement différent. Meilleur. Puissant. Mais il n'en restait pas moins un inconnu, ou presque. Je savais que c'était mal, pas digne de moi et pourtant, je n'éprouvais aucun remord. J'avais vécue dans ses bras. Pendant une après-midi, les fantômes du passé avaient disparus.
Je les sentais refaire surface à mesure que je m'éloignais de lui. Edward.
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J'espère que ce début vous plait et que vous avez appréciez la lecture de ce dernier chapitre.
Il va falloir patienter pour la suite, j'écris au fur et à mesure donc ...
Merci de votre lecture et à bientôt, soit sur Beautiful Disaster, soit sur Chrysalis ... mes deux bébés ;)
