CHAPITRE IV

ANOTHER STRANGER

***

Après mon travail quotidien de rénovation avec Esmé, j'avais besoin d'un bon café. Il était déjà 12h30 et je ressentais les premières courbatures de ma semaine de travaux. Je n'avais jamais été du genre physique et mon corps me rappelait cruellement mon inactivité. Je n'avais pas réussie à fermer l'œil de la nuit. Je ne pensais qu'à la façon éhontée dont je m'étais comportée hier après-midi. Qu'est-ce qui m'avait pris ? Ce genre d'aventures ne me ressemblait pas. C'était comme s'il avait pris le contrôle de mon corps et de mon esprit. Je m'étais laissée bercer dans ses bras musclés. Caressée par ses lèvres si douces et précises sur moi. Rien que d'y pense j'en avais la chaire de poule. Je me surprise à rêvasser au dessus de ma tasse de café brûlant.

- T'es là toi !

Je sursautais en reversant une partie de ma tasse sur le bar alors qu'Alice posait ses affaires dans la cuisine.

- Tu devrais arrêter la café, me conseillait-elle, t'as les nerfs à vifs aujourd'hui.

- Mal dormie …

- Esmé te rend la vie dure ?

- Non, elle est adorable. Je penserai à faire quelques échauffements d'abord dorénavant.

Je faisais rouler mon épaule douloureuse dans l'espoir de détendre mes muscles. Alice s'installa en face de moi en sortant un magasine de mode qu'elle feuilleta sans envie.

- Comme je te comprends. Ce matin à la boutique une veille dame m'a demandé de l'aider à essayer des porte-jarretelles.

Je pouffais de rire dans ma tasse.

- Effrayant crois moi !

Elle soupira de lassitude.

- Il me tarde de reprendre l'école.

- La créatrice est en manque de création ?

- Exactement ! Elle a besoin de s'exprimer !

- Mais exprime toi, je t'en prie Alice.

- Tu ne voudrais pas être mon cobaye ?

- Pardon ?

- J'ai un book à rendre pour la rentrée. J'ai quelques vêtements. On peut improviser une séance photo ?

- Je sais pas Alice … moi, jouer les mannequins, ça paraît peut probable.

- Ce que tu peux être prude ! Tu serais parfaite dans ce rôle. Je voulais t'en parler hier justement mais tu ne répondais pas à ton portable. Où t'étais passé ?

Mon cœur s'exilera d'un seul coup.

- Hum … tu sais … par là !

Elle fronça les sourcils.

- Chez les Black ! J'étais avec Jacob.

- Ouuhh … y aurait-il quelque chose entre toi et le beau jardinier ?

- Ne dis pas n'importe quoi ! On est amis c'est tout.

- Je vois comment il te regarde quand il est sûr que tu ne remarques rien.

- Crois moi, je n'ai pas besoin d'un copain pour l'instant donc je vais continuer à ne rien remarquer !

- Tu es cruelle Bella Swan. Jacob est un très gentil garçon.

- Je sais, c'est bien pour ça que c'est mon ami.

- Rien de plus ?

- Au revoir Alice …

Je quittais la cuisine.

- Oh Bella ! Tu n'es pas marrante.

J'aimais titiller la curiosité débordante d'Alice. Ce petit lutin pouvait être une vraie fouineuse parfois.

***

Il était 21 heures quand nous passions tous à table. La journée s'était déroulée sans encombres. J'avais passé l'après-midi chez les Black, aidant Jake dans ses taches journalières. Nous avions finit tôt occupant le reste de notre journée à discuter à l'arrière de leur jardin, jusqu'à ce que le soleil commence à disparaître. Le temps s'écoulait lentement ici. S'était reposant.

Ce soir là, Rosalie et Jasper avaient été conviés au dîner qui s'était tenu, pour l'occasion, dans le grand salon. Je n'étais jamais entrée dans cette pièce, décorée avec goût par Esmé bien sûr. Les couleurs des murs étaient chaudes et conviviales, un mélange de teintes bleutées et vertes, soulignées de frises brunes en leurs centres. La grande table centrale rappelait ces frises de par son bois foncé. D'épais rideaux marron clair habillaient les fenêtres. Le vice avait été poussé jusqu'au chemin de table, identique à la couleur des murs. Un grand vase fleurit habillait habilement le centre de table et un lustre de cristal surplombait l'ensemble, éclairant assez la pièce pour que les convives soient baignés de lumière, sans pour autant que celle-ci agresse le regard, tamisant le tout pour donner une impression de cocooning très relaxant.

J'étais entourée d'Emmett et de Jasper, qui eux, étaient en face de leur moitié. J'avais la maîtresse de maison en face de moi, quant à Caslisle il occupait le bout de table. Les plats qu'Esmé nous avait préparé étaient tous aussi alléchants les un que les autres. Ils étaient gargantuesque, comme s'il on attendait 10 personnes de plus : Poulet rôti et ses pommes de terres, carpaccio de bœuf, du riz parfumé à l'ananas, petits pains moelleux tout droit sortit du four, un véritable délice. Moi qui n'étais pourtant pas une grosse mangeuse, je me délectais de chacune de ces recettes.

Les conversations allaient bon train et j'étais impressionnée de voir à quelle vitesse Emmett vidaient ses assiettes sans jamais paraître rassasié – Un véritable ogre, ce qui semblait grandement amuser sa fiancée. Alice parlait de son travail à la boutique et des nouvelles tenues qu'elle voulait absolument montrer à sa mère avant qu'elles ne se vendent. Jasper et Carlisle parlaient eux aussi boulot en des termes que je ne comprenais pas toujours. Moi j'étais sans arrêt obligée de reposer mes couvert sous les assauts incessant d'Emmett qui me demandait de lui passer tel ou tel plat, finissant à peine d'avaler ce qu'il avait dans la bouche. Rosalie, bien que discrète parlait de son nouveau projet d'ouvrir une boutique de vêtements à New-York, ce qui eu le mérite de faire trépigner Alice comme une gamine. Sachant que j'habitais la « grosse pomme », Rosalie m'avait ensuite questionné sur les quartiers les plus branchés de la ville.

Je n'avais pas l'habitude de repas si conviviaux. J'avais parfois l'impression d'être sur une autre planète. Ils étaient tous si soudés, tout le monde discutait de tout et de rien. J'avais toujours eu l'habitude de me taire à table, laissant mon père regarder les informations pour la énième fois de la journée. Jamais je n'avais ris à table et encore moins jouer avec la nourriture, ce que venais de faire Emmett. Jasper lui avait demandé de lui passer le pain et ce gros balourd lui avait posé une briochette à côté de son assiette, mais avant que Jasper ait pu la saisir, Emmett avait aplatis le pain rond d'un gros coup de poing en riant. Tout le monde avait éclaté de rire, même Esmé, qui pourtant avait hurlé sur son fils pour ce comportement déplacé envers les invités. Emmett avait alors répliqué que Jasper n'était plus un invité depuis le temps qu'il « squattait la maison » selon ses propres termes. J'avais faillie recracher ma gorgée d'eau quand j'avais vu ce pauvre petit pain se faire écrabouiller, si bien que l'eau m'étais remonter dans le nez, provoquant l'hilarité de tout le monde.

C'est dans cette ambiance plus que détendue, que nous entendions la porte d'entrer se refermer et des voix dans le couloir menant au salon. Je tournais le dos à l'arche qui séparait cette pièce et le couloir, je ne vis donc pas les nouveaux arrivant entrer, trop occuper a essayer de retrouver ma respiration et à essuyer mes bêtises avec ma serviette de table.

- Edward ! Je ne savais pas que tu viendrais ! Lança Esmé, son regard porté derrière moi.

Je ne pu m'empêcher de sursauter et mon estomac se noua. Je n'avais pas revu Edward depuis la veille, dans les champs. Je reposais lentement ma serviette sur le côté de mon assiette, raide comme un piquet alors que j'entendais des pas passer derrière moi. Je n'osais tournée la tête, ayant trop peur de croiser son regard. Je l'entendis saluer tout le monde à tour de rôle autour de la table. Quand il arrivait à Esmé, je n'eu d'autre choix que de le regarder. Je fondais littéralement, il était toujours aussi sexy – comme si ça avait pu changer en 24 heures ! - Les cheveux en bataille, comme à son habitude, et une légère barde sur les joues. Quand je me rendis compte que j'étais entrain de le détailler, je reportais mes yeux sur mon assiette et jouais avec un malheureux petit pois qui payait à présent le prix de ma nervosité. Lui ne m'avait pas remarqué.

- Tu as mangé ? Lui demanda sa mère alors qu'il l'embrassait sur la joue.

- Oui, merci. Je passais juste dire bonsoir et emprunter la Mercedes.

- James ! Victoria ! Quelle bonne surprise ! Lança Esmé en voyant deux silhouettes s'avancer discrètement sous l'arche.

Cette fois, je me retournais. Un grand blond aux yeux bleus, dont le bras était criblé de tatouages, et une grande rousse divine se tenaient sagement à l'entrée de la pièce, saluant tout le monde au passage.

- Il reste de quoi manger les enfants si vous voulez ! Lança Carlisle aux nouveaux venus.

- C'est très gentil à vous Monsieur, commença le dit « James », mais on nous attend ailleurs.

- Oui, on s'en va. Souligna Edward, qui déjà, saluait Emmett.

Mon dieu, j'étais la suivante ! Je me figeais sur place, sentant mon cœur s'affoler et ma gorge se serrer. Qu'est-ce qui m'arrivait ? J'étais ridicule ! Qu'est-ce j'allais dire ?! Qu'est-ce que je devais dire ? Ou faire ?! Ma main se serra machinalement autour de ma fourchette. J'aurais voulu me la planter dans la cuisse pour me faire redescendre sur terre. Je sentais déjà son parfum si délicieux chatouiller mes narines et cette sensation me rappelait l'odeur de sa peau que j'avais pu apprécier hier après midi.

- Edward tu connais Bella ? Lança Esmé alors que j'essayais de rester naturelle. La fille de Renée Swan.

Je levais timidement les yeux vers lui alors qu'il était juste devant moi.

- Oui on s'est croisé brièvement l'autre jour, répondit-il simplement, bonsoir. Me dit-il en me regardant à peine.

Je n'eu même pas le temps de répondre quoi que se soit, que déjà il passait à Jasper, me laissant statufiée dans la stupidité. De retour vers son père il se saisit du trousseau de clé que Carlisle lui tendit et s'avançait vers ses deux amis, passant son bras sur les épaules de James d'une façon des plus machos.

- Pas de bêtises les enfants ! Précisa Carlisle avant que l'on entende la porte d'entrée claquer.

Je ne pouvais plus bouger, rouge de honte, il m'avait complètement ignoré. Et moi qui m'étais fait tout un flanc durant les quelques minutes où Edward avait fait son tour de table. Je me sentais ridicule et j'étais déçue, malgré moi. Cette déception ne faisait qu'augmenter ma honte. A quoi je m'attendais ?

- Toujours aussi sociable, soufflait Rosalie, tu crois que j'arriverai à voir ton frère plus de 3 minutes d'affiler un jour ? Demanda-t-elle à Emmett.

- Tu sais, Edward et ses copains … Lança Emmett d'un signe de la main qui voulait dire : « laisse tomber ».

- Ils sont toujours tous les trois ? Continua Rose.

- Non, il y a Laurent aussi en général, le plus vieux. Très polis comparé à James. Lui répondit Alice.

- Alice, s'il te plait, James est très aimable, il vient juste d'un milieu différent que celui de Laurent. Il n'a pas eu une vie facile. Edward étant ton frère, tu devrais être plus tolérante avec ses amis. Ils se connaissent depuis l'enfance enfin ! La sermonna Esmé.

- Je sais pardon, il y a juste quelque chose qui ne m'est jamais revenu chez lui.

Elle haussait les épaules comme pour signaler au groupe de changer de sujet. Les conversations reprirent et moi je restais toujours sans voix. Je ne pensais pas, après la journée d'hier, qu'il m'aurait considéré comme une parfaite inconnue. Même si je n'avais prévu aucun scénario, un sourire aurait été le bienvenu à la place de ce rapide « bonsoir » presque dit sous la contrainte.

Quand je montais dans ma chambre après le repas, je pris le journal de ma mère et écrivais :

« 29 juin: On dit que le ridicule ne tue pas … N'est-ce pas ? »

Je posais rapidement le carnet par terre et soupirait de frustration avant de me rouler en boulle sur le lit, fulminant de l'intérieur.

***

Le lendemain, je passais l'après-midi à me prélasser au soleil avec Alice et Rosalie, au bord de la piscine. Celle du poolhouse. Celle d'Edward. J'avais d'abord hésitée à accompagner les filles mais après tout, mes actes n'allaient pas être régis par Edward Cullen. J'étais, forte indépendante, adulte et je n'avais pas besoin de me cacher. Si ma présence l'importunait, c'était son problème. Mes craintes s'étaient révélées absurdes, il n'était même pas là. Je pouvais donc profiter sans gêne des chaises longues au bord de l'eau. Il aurait été injuste qu'il garde un si bel endroit pour lui tout seul après tout. Les filles m'avaient assurée qu'elles venaient souvent de ce côté de la maison. Edward n'y voyait aucun inconvénient tant qu'on n'envahissait pas son intérieur.

- Comment ça se fait qu'Edward ait hérité du poolhouse ? Demandai-je, l'air indifférente.

- Il a financé les travaux. Me répondit sa sœur en haussant les épaules.

- C'est vrai ?! Comment ?

Il avait mis pas mal d'argent de côté je crois et quand Carlisle a émis l'idée d'un Pool, il a sauté sur l'occasion. Pour une fois qu'il s'intéressait à quelque chose, mon père ne l'en a pas empêché.

- Résultat, monsieur à la plus belle vue de la maison. Bougonna Rosalie.

- Ça va Rose, ria Alice, tu n'habites même pas ici.

- Emmett et moi aurions très bien pu y faire notre petit nie d'amour.

- Et t'avoir H-24 à la maison, rêve !

- Il travail ton frère ? Demandais-je en faisant complètement abstraction de leur discutions.

- Pas en ce moment, il fait des petits boulots de temps en temps.

Je regardais la beauté des lieux en me demandant comment des « petits boulots » pouvaient bien financer tout ça.

- Pourquoi tu te poses autant de questions sur Edward toi ?

Je paniquais. « Trouve quelques chose Bella »

- C'est celui que je connais le moins pour l'instant c'est tout.

- Attend toi à ce que ça reste comme ça, me lança Rosalie, Edward et la sociabilité ça fait deux.

- Laisse le tranquille, la sermonna Alice en lui pinçant le bras, toi aussi tu es toujours entrain de le chercher.

Rose lui adressa un sourire forcé.

- Comment se passe ton travail avec Esmé au fait ? Me demanda Alice tout en se remettant de la crème solaire.

- Très bien. Vu la taille de cette bibliothèque, je me demande si j'aurais vraiment finie en septembre.

- Oh ne t'inquiète pas pour ça, me signala Rosalie, Esmé finie toujours et ça même si elle doit te faire bosser de nuit.

- Génial !

- Alors on se prélasse au soleil les filles ?

Cette voix. Mon cœur se mit à battre à la chamade. Pourquoi avait-il cet effet sur moi ? Je me cachais derrière mes lunettes de soleil et décidais de l'ignorer. Après tout, il était très fort à ce jeu là. Je ne vois pas pourquoi je ferais des efforts de politesses avec lui.

- Comme tu vois … Répondit sa sœur, évasive.

- C'est bien les femmes ça. Ça cuit, mais ça ne se mouille pas ! Rétorqua James arrivant derrière Edward.

- James, commença Alice, toi ici … comme c'est original.

Elle soupirait d'agacement.

- J'aurais bientôt ma place dans votre petit paradis, t'as intérêt à t'habituer à ma présence petite.

- Ce qui veux dire ? Demanda-t-elle en baissant légèrement ses lunettes de soleil sur le bout de son nez.

- Il fabule. Répondit Edward. Il me pousse à prendre un colocataire. En l'occurrence lui.

Alice eu un rire nerveux.

- Bah quoi ?! ça serait génial mec ! Comme au bon vieux temps.

Il lui donna une tape dans le dos … typiquement masculin.

- J'ai dit que j'allais y réfléchir. Lâche moi un peu avec ça.

- Ok … Ok … monsieur l'ambassadeur.

Edward fit le tour des transats, me passant devant sans un regard. « Pff comme si j'en avais quelque chose à faire de ce gros nul » - Je restais impassible quand il s'installa sur une chaise en face de nous. Je reprenais petit à petit une respiration normale quand une ombre me barra le soleil. J'ouvrais les yeux pour découvrir James planté devant moi.

- Je crois qu'on n'a pas été présenté. Je suis James.

Il me tendit la main et je la lui serrais poliment.

- Bella.

- Bella hum … Tu sais ce qu'on fait aux nouvelles venues ici Bella ?

- Aux nouvelles ven …

Je n'eu pas le temps de finir ma phrase que James, personne que je ne connaissais pas du tout, se permis de me tirer violemment vers lui, me forçant à me lever, et me jeta dans la piscine en riant. Je ne comprenais pas ce qui venait de m'arriver. L'eau était glaciale sur mon corps réchauffé par le soleil. La surprise me fit suffoquer. Je remontais rapidement à la surface, hébétée, alors que James s'esclaffait devant moi.

- Bienvenue à Volterra ! Criait cet imbécile.

Le pire dans tout ça c'est qu'Edward riait aussi. Je voyais bien qu'il essayait de se faire discret, mais il rirait. Il était aussi débile que son abruti de copain qui lui tapa dans la main, fier de sa bêtise. J'étais furieuse. J'allais sortir de l'eau quand je vis Alice et Rosalie me faire de grands signes affolés, pointant l'eau du doigt. Je cherchais des yeux la source de leur angoisse et aperçu le haut de mon maillot flotter à côté à de moi. Je m'en saisissais dans un sursaut, le rouge en montant aux joues et me cachait la poitrine. Heureusement, dans l'eau, personne ne pouvait rien voir. Je n'étais pas vraiment du genre adepte du monokini. Je n'osais plus bouger, pendant que James s'esclaffait toujours. Rosalie vint m'aider à nouer mon maillot.

- Je savais que les New-yorkaises étaient rapides, mais à ce point là ! Surenchéri l'abruti alors que je lui lançais un regard noir.

- Oh toi ça va, la ferme ! Rétorqua Rosalie en m'aidant à sortir de l'eau.

Alice me tendit ma serviette l'air navrée. Je croisais sans le vouloir le regard Edward qui avait toujours son sourire narquois scotché aux lèvres. James et Rosalie se défiaient du regard.

- Hum … Rosalie est en colère. Tu sais que si jamais tu en as marre de monsieur vinasse un jour, tu peux toujours frapper à la porte de James, elle te sera toujours ouverte.

Elle lui sourit et s'approcha de lui, l'air provocatrice. Je n'en revenais pas.

- ça serait avec plaisir, commença t'elle près de ses lèvres, mais …

Rosalie poussa violemment James dans la piscine.

- Je ne sors pas avec des crétins. Finit-elle fièrement.

James sortit de l'eau, pas plus embêté que ça. Il nous fit un clin d'œil pervers et s'éloigna vers l'intérieur du pool, suivit quelques secondes plus tard par Edward.

« Bande d'imbécile ! »

***

Vingt minutes plus tard, le temps nécessaire pour ne pas que les filles ne remarque mon état, je montais rapidement à l'étage de la villa, folle de rage. Après m'être remise de mon humiliation aquatique, j'enfilais une jupe en jean, sans prendre la peine de retirer mon maillot encore humide, mettait le premier débardeur que je trouvais et secouait mes cheveux qui dégoulinaient encore dans mon dos. J'allais lui faire payer. J'avais attendu que personne ne se préoccupe de moi à la villa pour filer dans les champs en direction de la grange. Je savais où le trouver. J'entendais ses rifs de guitare de la fenêtre de ma chambre, la sienne … bref la mienne pendant trois mois !

J'étais hors de moi. Comment osait-il me faire le coup du gars qui vous fait l'amour pour se foutre de vous après ?! Moi qui m'étais jurée de ne jamais tomber dans ce genre de plan pathétique. S'il croyait que ce genre de comédie allait me rabaisser plus bas que terre et que j'allais étouffer ma honte en silence, il se trompait lourdement. Cet après-midi il n'était plus le garçon qui m'avait entraîné dans ce champ de blé 48 heures plus tôt. Cette étincelle dans ses yeux, cette vision du monde si particulière qu'il chérissait et qui m'avait momentanément et bien trop rapidement séduite, ce sourire qui avait baissé ma garde et ce regard qui m'avait hypnotisé, tout avait disparu. Il ne valait pas mieux que son abruti de copain James : rustre et froid, sans intérêt. Je m'étais offerte à un gars sans intérêt, il m'avait salie et en avait bien rie par la suite. Incroyable, comment en étais arrivé là ?! Il allait payer c'était une question d'honneur, mon honneur. Je n'étais pas la fille aussi douce que je pouvais le laisser entendre. Je ne me laisserai pas faire par un frimeur de bas étages comme Edward Cullen. J'avançais rapidement en écrasant les épis sur mon passage (les pauvres ne m'avaient rien fait eux pourtant). Les notes mélodieuses de sa guitares se précisaient à mon oreille au fur et à mesure de ma progression – il jouait divinement bien et sa voix avait quelques chose d'envoûtant – je me donnais une claque mentale et ravivais ma colère, la raison pour laquelle j'étais là en cette fin d'après-midi, encore. J'allais lui régler son compte. Je marchais d'un pas assuré, les poings serrés, une véritable furie. La colère me donnait des ailles.

J'entrais sans me faire prier dans la grange, dont la porte était entrouverte et la chaleur encore plus insupportable que la dernière fois. Je me statufiais à l'entrée. Je croyais qu'en restant immobile, le fusillant du regard, il allait fuir sous le poids de mon courroux dévastateur, mais il n'en fit rien. Cela faisait bien trois bonnes (et longues !) minutes que je bloquais dans l'entrée, plantée comme une débile, attendant qu'il prenne enfin la parole pour l'incendier, mais il ne m'avait même pas remarqué. Il avait une fesse sur l'établi et un pied par terre sur la paille séchée, sa guitare en main, complètement inconscient du danger qui l'attendait – Du moins c'est ce dont j'essayais de me persuader. Je me sentais de plus en plus ridicule. Après un rapide coup d'œil autour de moi, histoire de vérifier que personne ne pouvait être témoin de mon instant d'extrême solitude, je me raclais bruyamment la gorge. La mélodie qui remplissait alors la grange s'arrêta et il leva les yeux vers moi, un sourcil en l'air, visiblement amusé par ma posture rigide.

- Bella ?

- C'était quoi ça ?! Criai-je en m'avançant rapidement vers lui.

Il me regarda approcher sans sourciller.

- Ca quoi ? Souffla-t-il calmement.

- Ton cinéma de tout à l'heure, cette façon débile que tu avais de rire à toutes les provocations de James. Tu me prends pour qui ? Criai-je plus fort encore, accompagnant mes paroles de gestes désordonnés.

- C'était marrant … répondit-il en haussant les épaules, sans me quitter des yeux.

Je restais bloquée un instant. Il n'essayait même pas de se justifier. Il avait vraiment l'air de me prendre pour une folle et, en plus, ça l'amusait !

- Marrant ?! En quoi le fait de m'humilier devant ta sœur avait quelque chose de marrant ?!

- Bella, c'était juste une blague. On ne t'a jamais dit que tu étais susceptible ?!

- Heu … si mais …

Je secouais nerveusement la tête en clignant des yeux. Je surpris son petit sourire en coin.

- Et hier soir ?! Tu ne m'as même pas calculé ?! Repris-je tout aussi fort.

Il ricana. Je le regardais, complètement enragée par son comportement désinvolte.

- C'est donc ça … souffla-t-il en se levant, posant soigneusement sa guitare sur le sol.

- Ça quoi ?! Répétais-je, en ne le lâchant pas des yeux.

Une fois debout, il me domina de deux bonnes têtes au moins, ce qui n'était pas bon pour mon assurance personnelle. Il passa derrière moi et je me retournais pour continuer à lui faire face.

- Tu aurais voulus que je te fasse un câlin peut-être ?

- Pardon ?! Demandai-je, incrédule.

- Non parce que en plein repas de famille, ça aurait fait son effet.

Il fit un pas vers moi et je reculais d'un pas à mon tour.

- Bella, il me semble avoir été polis avec toi hier soir ? Qu'est-ce que tu attendais de moi ?

- Rien du tout !

- Bah voilà, c'est ce que j'ai fais.

- Il me semble qu'un minimum de considération aurait été appréciable ! Lâchais-je en serrant les dents. Surtout après …

Je ne finissais pas ma phrase en serrant encore plus la mâchoire.

- Après ? Répéta-il amusé, faisant encore un pas vers moi.

J'essayais de ne pas me laisser avoir par la profondeur de son regard.

- Tu le sais très bien ! Crachais-je toujours aussi hargneuse.

- On s'est bien amusé l'autre jour mais Bella, je ne crois pas t'avoir promis quoi que se soit, si ? Si c'est le cas je m'en excuse. Ajouta-il, une main sur le cœur.

- Qu'est-ce que tu peux être arrogant. Je n'attendais rien de toi ! Simplement arrêtes de jouer les inconnus, ça me met mal à l'aise et c'est complètement stupide !

Ma voix s'était, malgré moi, un peu radoucie.

- Bien, j'ai manqué de tact apparemment, mais j'étais pressé et ce n'était pas volontaire. La prochaine fois, je te promets de te saluer plus aimablement, ça te va ?

Je détournais les yeux, agacée par un tel aplomb. Il prit mon menton dans sa main, me forçant à le regarder. Je me dégageais immédiatement, le regard noir, qui n'eu pour effet que de le faire sourire d'avantage.

- Bella, je tien à te préciser que, sans pour autant « jouer les inconnus », je ne jouerais pas non plus les « petits amis ».

- Cette fois tu es prétentieux, qui te dit que je voudrais de toi ?! Lançais-je, acide.

Il ricana une nouvelle fois.

- Bien. Souffla-t-il ensuite.

- Bien quoi ?!

Il soupira et me détailla une seconde. La seconde suivante, ses mains se posaient sur mes hanches et il me poussait doucement contre l'établi. Mes fesses se cognèrent contre la boiserie et je me retenais à elle pour ensuite reporter un regard surprit à Edward. Ses mains remontèrent le long de mes côtes, se faisant un peu plus pressantes, mon haut suivant les mouvements de son insistance. Son regard était perdu sur moi, sans que je ne sache où il regardait précisément. Il me souleva du sol pour m'asseoir sur l'établi.

- Qu'est-ce que tu fais ? Demandais-je, me laissant faire sans en comprendre la raison.

Il se plaça entre mes cuisses, ignorant ma question, et ses mains sur posèrent sur elles, remontant lentement vers ma jupe.

- Arrête ! L'arrêtais-je de la main.

Nous nous fixons une fraction de seconde avant qu'une de ses mains, derrière ma nuque, ne ramène violemment mon visage contre le sien. Ses lèvres chaudes se pressèrent contre les miennes avec une rage qui coupa tous mes moyens. Une fois avoir agressé mes lèvres pendant un court instant, la main qui me comprimait la nuque, me relâcha et ses lèvres - si oppressants quelques temps plus tôt - se firent plus douces. Je fermais automatiquement les yeux et me laissait aller à cette douce sensation humide et chaude sur mes lèvres. Edward me caressa la joue du revers de sa main sans arrêter de m'embrasser. Je me sentais rougir et entrouvrais les lèvres pour évacuer la chaleur qui me brûlait de l'intérieur. Il en profita pour faire entrer sa délicieuse langue dans ma bouche et rencontrer la mienne, alors que sa main caressait maintenant la peau fragile de mon cou. Mon cœur commençait à raisonner dans mes oreilles et une douce chaleur montait en moi, partant de mon bas ventre jusqu'à ma tête. J'étais faible, définitivement trop faible, il avait un pouvoir dévastateur sur mon corps. Il me faisait vivre d'une simple caresse. Déjà je retrouvais les sensations délicieuses du champ de blé. J'avais honte, j'étais vraiment trop influençable face à lui et déjà ma conscience s'éteignait, laissant libre cours à mes envies les plus folles. En goûtant sa salive, je n'étais plus en état de penser. Il se resserra d'avantage entre mes jambes, saisissant mes cuisses pour me ramener plus en avant et je gémissais, surprise, rompant notre ainsi notre baiser. Il portait un regard brûlant de désir sur moi qui haletait déjà. Il eu de nouveau ce petit sourire satisfait qui m'agaçais, mais j'oubliais toute ma rancœur quand sa langue traça des cercles humide dans mon cou, une de ses mains caressant mes cheveux. Je penchais automatiquement la tête sur le côté pour lui laisser plus d'accès.

- Tu es très sexy quand tu es en colère Bella Swan. Même si cette colère était injustifiée. Souffla-t-il à mon oreille.

Cette réplique me sortie de ma torpeur rêveuse et je voulue répondre mais ses lèvres se pressèrent de nouveau contre moi, alors que ses mains passant sous mon haut remontaient lentement vers ma poitrine.

- Tes lèvres sont encore plus sucrées que la dernière fois, lâcha-t-il sur ma bouche avant d'en tracer les contours avec sa langue.

Je le regardais mais ne trouvais rien à répondre. Je levais simplement les bras et il faisait passer mon débardeur au dessus de ma tête avant que, abandonnant tout effort, je l'embrassais dans le cou, ma main empoignant les cheveux de sa nuque. Je glissais mon autre main sous son t-shirt, me délectant du touché à la fois dur et tendre de ses abdominaux qui se crispèrent sous mes caresses. Edward se laissait faire sans broncher quand moi aussi, je lui retirais son t-shirt.

- Ce bikini te va à merveille. Me dit-il en fixant le haut de maillot que j'avais encore sur moi.

Ses mains se posèrent sur mes seins qu'il massa délicatement.

- Humm … encore mouillé en plus … souffla-t-il conquis.

- Tu parles trop. Lâchais-je en m'emparant à nouveau de ses lèvres, étouffant son rire.

Ses mains glissèrent sous ma jupe et je les sentie s'agripper de chaque côté de ma culotte de maillot de bain. Je ne pu retenir le frisson qui secoua tout mon corps et je sautais sur mes pieds, me collant contre son torse – le parcourant lentement avec ma langue - alors qu'il faisait descendre le vêtement le long de mes jambes. Je finissais la manœuvre et la retirant complètement et Edward me soulevait immédiatement contre lui, retrouvant mes lèvres brûlantes. Mes jambes s'étaient automatiquement enroulées autour de lui alors qu'il me rasseyait sur l'établi. Je me pressais avec désinvolture contre lui alors que ses bras m'entouraient, sa bouche explorant ma clavicule. Je sentais son désir gonflé entre mes jambes et mon corps répondait à son appel. Je passais une main entre nos deux corps et défaisais lentement sa ceinture. Il me laissait faire, me mordillant le lobe de l'oreille avec délicatesse. Déjà je baissais la braguette de son jeans et écartais son boxer pour le libérer. J'allais retirer ma main quand la sienne se referma sur celle-ci la plaçant sur son membre durci. Il avait presque sursauté en me faisant faire ce geste. Il inculqua un léger mouvement de va et vien à ma main, refermée sur lui et je continuais seule quand il m'engloba le visage, m'offrant le baiser le plus doux que nous ayons échangé jusqu'ici.

- T'as les joues toutes chaudes. Me chuchota-il, la voix rauque.

- C'est rien … réussi-je à dire, toute tremblotante.

J'aimais cette sensation de l'avoir dans la main et de lui donner du plaisir aussi simplement. J'en aurais d'ailleurs sûrement honte ce soir. Comment pouvais-je autant m'enhardir quand il était là ?

- Bella …

Il m'embrassa délicatement et retira doucement ma main autour de lui avant d'entrelacer nos mains, de chaque côté de mon visage. Il me jeta un regard intense et palpitant, si bien que je m'en mordais les lèvres. Nos mains jointent se séparèrent, je callais les miennes autour de son cou et lui autour de mes hanches. Nous ne nous étions pas quitté des yeux durant toute la manœuvre. Soulevant doucement mes fesses, il entra lentement en moi alors que nous relâchions tous les deux un soupir de plaisir. Pendant une seconde, il ne bougea pas puis après, toujours aussi sensuellement, nos deux corps se mirent à bouger au même rythme. La température montait, ou bien était-ce seulement mon corps. Je m'abandonnais complètement aux sensations délicates que sa danse provoquait en moi. Une intense brûlure alléchante m'envahissait de la tête aux pieds. Des goûtes de sueurs perlaient sur nos deux corps entremêlés.

Il accélérait le mouvement juste assez pour toujours me laisser à la limite de mon plaisir. Les mouvements de mon corps suivaient les siens alors que j'ondulais sur lui telle une nymphe au paradis. Je sentais sa main glisser sur la courbe de mon dos, m'incitant à me cambrer d'avantage sous lui, le sentant toujours plus loin en moi. J'avais l'impression d'être en immersion total dans son âme et réciproquement. Quand il posa son front sur mon épaule, inspirant profondément, je compris qu'il n'était pas loin de la fin. Ses mouvements en moi se firent plus saccadés et frénétiques, sa respiration s'accéléra avant de s'arrêter complètement pendant quelques secondes, je sentie les doigts se crisper sur mes cuisses alors qu'il expirait tout l'air contenu dans ses poumons. Moi je m'accrochais encore plus à lui, rejetant la tête en arrière, fermant les yeux. Il se retira complètement de moi avant de me pénétrer de nouveau de tout son long alors que je lâchais une longue plainte de plaisir. Ses mains, dans mon dos, me maintenaient doucement alors que tous mes muscles m'abandonnaient et je ne n'étais plus que l'esclave de mes propres pulsions. Je sentais ce doux moment de béatitude qui viens après l'amour envahir mon cerveau et je callais ma tête dans son cou, respirant son odeur masculine, sentant ses lèvres s'attarder sur mon épaule et son nez remonter le long de mon cou, alors que nous partagions ensemble la plénitude de s'être donné l'un à l'autre.

Nos visages se rencontrèrent et je l'observais poser son front sur le mien, encadrant de nouveau mon visage dans ses mains et embrasser doucement mes lèvres. Notre peau luisait sous les rayons du soleil tellement nous avions eu chaud. Mes cheveux me collaient sur les tempes et les siens n'étaient plus qu'un amas désordonné et trempé. Nous reprenions petit à petit notre souffle quand un bruit vain interrompre notre repos. La sonnerie de son téléphone.

Il soupira et une de ses mains relâcha ma joue pour fouiller dans sa poche. Il me fit signe de ne pas parler et décrocha, sans pour autant se détacher de moi.

- Allo ? Dit-il en essayant d'adopter une voix claire et détendue, Esmé … Non je n'ai rien prévu ce soir … D'accord je viendrai… Bella ?

Je sursautais mais il mit sa main sur ma bouche, me faisant un peu clin d'œil amusé.

- Non la dernière fois que je l'ai vu elle était avec les filles, au bord de la piscine … Très bien. A ce soir.

Il raccrocha.

- Esmé te cherche, tu devrais aller la voir.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Tout le monde viens dîner à la maison ce soir, elle voulait savoir si j'y serrai.

- Tu vas y aller ? Demandais-je surprise.

Il haussait les épaules.

- C'est ma famille quand même.

- C'est juste que je ne t'ais jamais vu à aucun repas alors …

Il me fit un petit sourire en coin voulant dire qu'il ne s'étendrait pas sur le sujet et j'en profitais pour le repousser gentiment et me remettre sur mes pieds. Je baissais ma jupe et remettais mon maillot de bain pendant qu'il se rhabillait aussi.

Je faisais quelques pas vers l'entrée et me retournais vers lui, qui m'observait toujours sagement.

- Bon … à tout à l'heure alors …

J'attachais rapidement mes cheveux en essayant de les ordonner.

- Tu n'es plus en colère contre moi ?

- Parce que tu t'en préoccupes ? lançai-je légèrement acide.

- Simple mesure de précaution.

- Non.

Il afficha un sourire satisfait.

- Pour l'instant. Précisais-je. Alors tâche de ne pas faire l'idiot au dîner.

Je le menaçais en pointant mon doigt vers lui.

- Je t'ais promis d'être plus aimable non ?

- Ouais, je demande à voir.

Nous nous défions du regard puis, moins habile à ce jeu que lui, je me détournais en premier pour partir.

- Bella ?

Je soupirais avant de lui faire fasse à nouveau.

- Je devrais te mettre en colère plus souvent. Me dit-il avec un sourire narquois.

Je quittais rapidement la grange - non sans l'avoir maudit du regard avant- et entendais encore son rire, agaçant, en m'éloignant.

- C'était une blague Bella ! Ne joue pas les susceptibles !

Je ne pu m'empêcher de sourire en m'éloignant.

***

Quelques minutes plus tard j'entrais dans la cuisine. Esmé, déjà entrain de préparer le repas, me sourit et je m'approchai du comptoir m'enivrant déjà de l'odeur délicieuse qui se dégageait des fourneaux. J'étais affamée. Je piquais une tomate cerise dans un saladier et l'avalais. Quand j'y retournais, Esmé me donna une tape sur la main.

- Où étais-tu jeune fille ?

- Je me promenais. Répondis-je simplement, haussant les épaules.

- Tiens, aide moi à éplucher les légumes.

J'obéissais et m'installais à ses côtés.

- Qu'est-ce qu'on mange ?

- Un peu de tout. Salade composée, viande au barbecue. Jasper s'occupe du feu.

- Ma mère adorait les barbecues …

- Je sais. Me répondit-elle en souriant.

Je croisais son regard rempli de nostalgie avant de retourner à mes légumes.

- Edward sera là ce soir, ça te donnera l'occasion de le connaître d'avantage. Je pense que c'est le seul membre de notre famille qui ne t'a pas encore adopté.

Je ne répondais pas, reportant mon attention sur la courgette que l'avais dans les mains.

- Tu verras, dit-elle en me donnant un petit coup d'épaule, il est un peu distant mais il est adorable une fois qu'on le connaît. Je suis sûre que vous allez bien vous entendre.

- Hum … je n'en doute pas.

Je prenais le saladier pour l'amener sur la table de la terrasse, désireuse de couper court à cette conversation. Une bonne odeur de viande grillée, accompagnée du crépitement du feu, berçait l'atmosphère de cette fin de journée. Je faisais un signe de main à Jasper, prenant une chips sur la table. Alice me tapa sur la main avant que je ne puisse la mettre dans ma bouche.

- C'est pas vrai, c'est un truc de famille ou quoi ? !

- Tu n'auras plus faim après.

Alice m'occupa les mains avec une pile d'assiettes pour que je l'aide à mettre le couvert.

- Bonsoir tout le monde ! Lança une voix grave.

- Billy ! S'exclama Alice en allant le saluer.

- Bonsoir princesse.

- Je suis contente que vous vous joigniez à nous ce soir.

Jake se posta automatiquement à mes côtés en prenait une grosse poignée de chips, se l'enfournant directement dans la bouche.

- Hey ! Alice !!

Je pointais Jacob du doigt, l'air accusatrice. Ses joues étaient gonflées tellement il avait la bouche pleine. On aurait dit un hamster.

- C'est un invité. Répondit Alice sans même regarder Jacob.

- C'est pas juste. Boudais-je.

Jake me donna un coup de coude, me mettant une chips devant la bouche. J'ouvrais la bouche, satisfaite, mais il la mangea avant moi, s'en délectant bruyamment.

- T'es cruel !

- Je sais.

Il m'adressa un sourire heureux, les chips débordant entre ses dents.

- T'es dégoûtant !

Je posais ma main sur sa bouche pour ne plus voir ce spectacle écoeurant et il en profita pour me la prendre, la ramenant contre son torse. Encore une fois, ces regards prolongés, trop intenses, me génèrent et le baissais les yeux. Il dû prendre ça pour de la timidité car il gardait ma main contre lui, se rapprochant de moi. Cette proximité me dérangeait mais malgré tout, c'était Jacob, j'étais incapable de lui refuser ce genre de rapprochement. Je me doutais qu'il me voyait plus que comme une simple amie. Ses actes et ses paroles ne laissaient aucun doute sur ses aspirations. Moi je le trouvais adorable, drôle et gentil – mais c'est tout. Au risque de lui donner de faux espoirs, je me laissais faire malgré tout. Pour le moment, ce n'était pas grand chose et si ça lui faisait plaisir.

- Bonsoir.

Je sursautais et récupérais immédiatement ma main. Edward, une bouteille de vin à la main, venait d'arriver près de notre groupe et même s'il était loin de moi, il me transperçait du regard visiblement surpris de me voir avec Jacob. Cependant ça ne dura pas et il n'en fit pas cas. Je rejoignais Jasper du côté du barbecue en essayant de faire abstraction de sa présence à quelques pas de moi.

- Mon chéri !

Esmé embrassa son fil qui lui tendit la bouteille de vin avant d'aller saluer les autres. Très vite, je reportais mon regard sur la viande et les braises rouges. Emmett et Rosalie arrivèrent à leur tour. Celui-ci me donna une claque dans le dos qui me secoua de toute part.

- Bella ! Dis le que tu es heureuse de revoir tonton Emmett.

- Ravie ! Répondis-je en lui adressant un sourire crispé.

Je lui donnais un coup de poing sur l'épaule me faisant plus de mal que je ne lui en fis à lui.

- Laisse la un peu tranquille toi.

Rosalie le poussa et me serra dans ses bras.

- Et dire que je ne peux pas me passer de lui. Non mais franchement. Souffla-t-elle à mon oreille.

- Je compatie. Lui répondis-je en retournant à la cuisson de la viande.

- Jasper.

Mon cœur manqua un battement, il était juste derrière moi.

- Salut, Edward ça va ?

J'entendis leurs deux bières s'entrechoquer dans mon dos alors que le continuais à piquer nerveusement la viande, plus que nécessaire.

- Ça va merci.

Je restais focalisée sur les morceaux de viandes.

- Bonsoir Bella. Me lança-t-il d'une voix suave qui cachait mal son amusement.

Je prenais une profonde inspiration et me retournais vers lui, souriante et le plus détachée possible. Quand je posais me yeux sur lui je perdais pourtant toute mon assurance, j'étais estomaquée. Il s'était changé pour mettre un pantalon en lin, très élégant, accompagnée d'une chemise noire épousant parfaitement sa musculature et dessinant à merveille les courbes de ses épaules, celles sur lesquelles mes ongles s'étaient attardés un peu plus tôt.

- Je ne sais pas s'il remarqua mes yeux le détailler de haut en bas.

- Salut. Lui répondis-je enfin, essayant de rester impassible.

Il m'adressa un petit sourire en coins et déjà je me sentais fondre. J'allais reporter mon attention sur le barbecue quand il reprit la parole.

- Comment tu vas depuis … cet après-midi. Remise de tes émotions?

Un vent de panique m'envahis. Qu'est-ce qui lui prenait de parler de ça devant Jasper ? ! Il avait donc perdu l'esprit. Son sourire s'élargit devant mon embarras. Le regard de Jasper faisait déjà des allers et venus entre nous, comme s'il était entrain d'assister à un match de tennis.

- Tu sais, reprit Edward, cet après-midi …à la piscine …

- Comment pouvait-il être aussi calme ? Il prenait un malin plaisir à jouer avec mes nerfs. Comme si la situation n'était pas déjà assez compliquée comme ça !

La piscine, répétai-je, bien … je veux dire oui … aucun problème !

- Parfait. C'est vrai que je n'ai pas eu la chance de faire ta connaissance jusqu'ici. Enfin, pas beaucoup. Hum … on va pouvoir approfondir les choses ce soir, c'est bien.

« Approfondir ? ! » - Je lui lançais un regard qui signifiait : « C'est ça, fou toi de moi », mais lui continuait son petit jeu, le plus naturellement du monde.

- Tu n'es pas d'accord ?

Jasper nous regardait attentivement en sirotant sa bière, l'air de rien.

- Si, si bien sûr. Avec plaisir.

Edward me sourit et alla s'installer avec les autres. Je recrachais tout l'air contenu dans mes poumons.

- ça va Bella ? Demanda Jasper légèrement amusé. T'as l'air bizarre tout d'un coup.

- Ça va. J'ai … j'ai dû oublié de respirer.

Il fronça les sourcils.

- ça m'arrive des fois ! C'est pas grave !

Je lui tendais le plat et il y déposait la viande.

- A table ! Lançait-il à la bande d'affamé derrière nous.

Leah et Seth nous avaient rejoint entre temps. J'allais les saluer et m'apprêtait à m'asseoir à côté de cette dernière mais encore une fois, je n'eu pas le temps de faire quoi que se soit.

- Bella, viens je t'ai gardé une place si tu veux.

Edward m'avait déjà tiré une chaise à côté de lui. Le regard que je lui adressais alors était légèrement moins aimable que le sien, monsieur jouait encore les innocents. Il en faisait beaucoup trop et il le faisait exprès pour m'enrager. Soupirant, je m'installais donc près de lui. Quand il fut certain que personne ne se souciait de nous, son sourire se fit plus arrogant et je serrais les dents pour ne pas lui crier dessus. Pour ne pas lui hurler d'arrêter ça. Se n'était pas ce que j'avais demandé, mais évidemment Edward devait tirer un avantage de la situation et me mettre mal à l'aise devait être le prix à payer pour ses maigres efforts. Décidément, rien n'était gratuit avec lui. Son regard disait : « Tu voulais que je sois plus aimable et bien je vais tellement l'être que tu me supplieras de redevenir un gros nul. ».

Je me détournais de lui pour prendre part à la conversation et parce que malgré tout, quand j'étais si près de lui, tout en moi l'appelait. Le dîner allait être long.

- Carlisle n'est pas des nôtres ce soir ? Demanda Billy à Esmé qui lui servait du vin.

- Non, malheureusement il est de service. Il vous salut cependant.

- Ce monsieur travail trop.

- A qui le dites vous, j'attends avec impatience que Jasper finisse ses études pour qu'il le soulage un peu.

- Bientôt … plus qu'une année si tout va bien. Lui assura l'intéresser.

- Je plaisante bien sûr. Lui répondit Esmé.

- Oui se n'est pas comme si la retraite paisible de mes parents reposait sur tes épaules mon chéri. Plaisanta Alice en l'embrassant sur la joue.

- Hum … J'ai plus très faim moi. Répondit Jasper, soudainement anxieux. Je ferais bien d'aller étudier !

Tout le monde se mit à rire, moi y compris, qui évitait toujours aussi soigneusement de tourner la tête vers mon voisin de gauche.

- Alors les enfants, vous avez fait quoi aujourd'hui ? Demanda Esmé.

- Rien de spécial. Répondit Emmett. Moi j'ai dormi comme tous les lundi.

- Les filles ont envahie ma piscine. Lança Edward.

- Ta piscine ?! Répéta Alice. Je croyais que seul l'intérieur t'appartenait c'est bizarre.

- Je plaisantais Alice, vous venez quand vous voulez.

- Ouais et si ton gros lourd de copain pouvait s'abstenir la prochaine fois. Souffla Rosalie.

- Tu m'excuses, j'ai encore le droit d'inviter qui je veux.

- C'est gros bouffon. Surenchérie Alice.

- Qui James ? Demanda Emmett. Qu'est-ce qu'il vous a fait encore ? Je l'aime bien ce gars moi.

- Ouais, parce que tu es un mec. Vous faites des trucs de mecs. Lui signala Rosalie. Des trucs débiles.

- Il a jeté Bella dans l'eau ! Se justifiait Alice. Comme ça, c'était purement gratuit. Juste pour jouer les emmerdeurs !

Emmett étouffa un rire moqueur.

- Elle en a même perdue son maillot. Continua Rosalie en souriant légèrement.

Cette fois Emmett ne pu s'empêcher d'éclater de rire et je savais que j'étais déjà plus rouge que la viande dans mon assiette.

- C'est vrai ? Me demanda Edward faussement intrigué. Je n'avais pas remarqué ce détail.

Je soupirais bruyamment en le regardant, toujours avec ce faux sourire de garçon sage.

- Bref ! Et si on changeait de sujet !

- Oh, Bella elle rougit ! Se moqua Emmett. Calme toi tu vas exploser.

Je lui lançais une mie de pain.

- La ferme Emmett !

- Quoi ? ! Qu'est-ce que j'ai fais encore ? !

- Oui c'est vrai respire Bella. Me lança Edward.

C'est le moment qu'il choisit pour poser sa main sur ma cuisse, en dessous de la table. Je sursautais légèrement, seul Edward le remarqua. Il s'en délectait.

- C'est arrivé à tout le monde ce genre de chose. Commenta Esmé.

- Je ne sais pas, j'ai une fâcheuse tendance à rougir pour rien. Me justifiais-je.

- Pour rien. C'est vrai ? Insista mon voisin de table.

Il commença à me caresser tout doucement la cuisse du bout des doigts. Je ne pouvais pas résister à ses caresses, elles étaient douces et habiles. Ses doigts traçants un chemin brûlant sur ma peau, de la limite de ma jupe jusqu'à mon genou qu'il enfermait ensuite dans sa paume. Lui restait naturel et impassible. Moi j'avais du mal à respirer normalement et encore moins à retrouver ma couleur normale. A bout de force, j'attrapais vivement sa main et la lui jetait sur sa jambe. J'avais déjà la chaire de poule et je surpris son sourire satisfait. Le dîner allait être TRES long. Il était bien plus fort que moi à ce petit jeu.

- Je t'assure, pour rien du tout. Ça vient comme ça ! Même si rien de particulier ne se passe. Même quand, comme là, je n'éprouve pas la moindre sensation. Le provoquai-je.

Il ria légèrement alors que je reportais mon attention sur le reste du groupe.

- On se fait un ciné après ? Demanda Jake au groupe. Qui est partant ?

- Moi je veux bien. Répondit Alice.

- Merci mais je me lève tôt demain. Répondit Jasper.

Rosalie et Emmett répondirent présent.

- Bella ? Me demanda Jacob.

- Oui pourquoi pas.

- Je viens aussi. Ça fait longtemps. Lança Edward sans qu'on ne lui demande son avis.

- On est donc 8, il va nous falloir deux voitures.

- Je prends la Volvo si vous voulez.

- Plus le 4x4, continua Emmett, ça devrait aller.

- On va voir quoi ? Demanda Leah à son frère.

- J'en sais rien … Vous êtes partant pour quoi ?

- On verra sur place. Proposa Seth. Non ?

- Ouais on fait comme ça !

Le reste du dîner se passa normalement. Nous finissions de manger. Edward avait arrêté de jouer avec mes nerfs et n'avais plus eu aucune attention à mon égard par la suite. Il s'était contenté de parler avec Emmett et Jasper de trucs de mecs, pendant que je parlais avec les Black ou les filles. Je n'étais pas sectaire moi. J'avais pu évacuer le stresse de sa présence durant le reste du repas et j'étais complètement à l'aise au moment du désert. Un soulagement. Je pouvais même participer de temps à autres à leurs conversations masculines sans bégayer. Un exploit !

Malheureusement quand je m'attardais sur son magnifique sourire et les lignes parfaites de son visage, je regrettais presque qu'il ait arrêté de me torturer. J'étais faible. Je le voulais. Jamais personne, aucun homme, n'avait eu cet effet dévastateur sur moi. Je ne me reconnaissais pas. Il suffisait que je le regarde pour que mon cœur déraille. Tout avais changé après cette journée que nous avions passée ensemble. Je m'étais confié à lui alors que nous n'étions que des étrangers l'un pour l'autre. J'avais pour habitude d'être quelqu'un de réservé en temps normal, mais quelque chose en lui faisait tomber toutes mes barrières.

Ensuite, j'aidais Esmé à faire la vaisselle et montais me changer pour sortir. Les autres m'entendaient en bas. Je me décidais enfin à porter la robe que j'avais amenée et descendais. Après tout, je pouvais faire un minimum d'effort esthétique des fois, et ça n'avait rien à voir avec la présence d'Edward. Enfin, c'est comme ça que je le justifiais. Quand j'arrivais à la voiture, Alice et Jacob étaient déjà installés à l'arrière. Edward m'attendait adossé contre la porte passager, avec toujours cette même assurance agaçante (et terriblement sexy) gravé sur les traits. Encore une fois, le dessin de son corps s'imprima dans mon esprit et je mis un instant avant de retrouver l'usage de mes jambes. Sans un mot je m'installais à l'avant et lui passait au volant.

Nous arrivions au « Cinema Centrale » rue Giacomo Matteotti. Je m'étais encore une fois retrouvée assise à côté d'Edward. Cette fois ci se n'était qu'un simple concours de circonstance, mais je savais que j'allais avoir du mal à suivre le film. J'étais nerveuse. Me retrouver dans une pièce sombre près de lui avait quelque chose de trop intime. Le choix de ce film n'avait d'ailleurs pas grand intérêt à mes yeux. Je n'avais jamais été fan de ce genre de film. Peut-être parce que je n'avais pas beaucoup d'expérience sur le sujet. C'était un film à l'eau de rose avec Hugh Grant et Sandra Bullock, choisi expressément par Leah et Alice, devant lequel Jake et Emmett, à ma droite, s'étaient endormis dès les premières minutes. Seth était du côté attentif de notre rangée, avec les filles, personne ne pouvait donc remarquer la dispersion dont Edward et moi faisions preuve.

C'est avec beaucoup de plaisir que je retrouvais le garçon captivant que j'avais connu un peu avant que la situation ne m'échappe. Edward était soudainement redevenu ce garçon adorable qui avait proposé de passer sa journée avec moi, il y a quelques jours. Plus aucun sous-entendu déplacé ou de petit jeu malsain entre nous. C'était comme si nous n'avions jamais … comme si nous n'étions que des simples connaissances, purement platoniques. Malgré ça, je ne me sentais pas avec lui comme je me sentais avec Jacob. L'attraction de mon corps vers lui était légèrement pensante à certain moment, cela dit, Edward ne semblait pas s'en apercevoir. Je sauvais les apparences, fort heureusement. C'est ainsi que nous passions notre séance à se moquer du film et de ses acteurs, rigolant comme deux adolescents inconscients du monde qui les entourent. Après la journée riche en rebondissements que j'avais passé, ça avait quelque chose de libérateur, presque grisant. J'étais bien.

- Là c'est le moment où elle va se rendre compte des erreurs qu'il a commises au début du film, avant de rencontrer notre héroïne, elle va l'incendier. Chuchotait Edward, la main devant sa bouche.

- Et notre héros national va méditer pendant le prochain quart d'heure sur ces même erreurs et sur le non-sens de sa vie, se promettant de ne plus recommencer.

- Tout ça sur fond de musique mélancolique bien sûr.

- Exactement ! M'exclamai-je à haute voix.

Un « chuutt ! », siffla dans mon dos et je m'enfonçais dans mon siège sous les rires étouffés d'Edward qui, visiblement appréciait de me voir dans l'embarras le plus total. Nous regardions quelques secondes l'écran, puis il tourna légèrement la tête vers moi. Je croisais son regard alors qu'il continuait à me fixer en silence. Ma gorge se serra, mes joues s'enflammèrent et je me sentie obligée de baisser les yeux.

- Tu n'as pas envie qu'on s'en aille ? Me souffla-t-il, sans jamais me lâcher des yeux.

- Maintenant ?

Il haussait les épaules.

- De toute façon, on connaît déjà la fin du film.

Je reportais mon attention sur l'écran, les mains solidement enfoncées dans les accoudoirs de mon fauteuil. Je n'étais jamais partie avant la fin d'une séance pour laquelle j'avais payé. Se n'était pas grand chose, mais jamais je n'aurais fais ça toute seule. Par simple peur de me faire remarquer par toute la salle en me levant sûrement – Je n'allais même pas aux toilettes pendant un film alors - Pourtant cette fois je me levais, presque existée par ma rebellions soudaine. « Tu parles d'une rebelle ! » - Pour moi, c'était déjà pas mal. Edward me suivit, posant ses mains sur mes hanches pour ne pas que l'on tombe tous les deux dans le noir. Ce contact m'électrisa et je forçais à mettre un pied devant l'autre, m'excusant au passage auprès des gens qui ne voyaient momentanément plus leur film.

Une fois dehors, Edward s'étira comme si on l'avait forcé à rester enfermé trop longtemps. L'air commençait à se rafraîchir, c'était agréable. Le film ne finissait pas avant une bonne heure et nous étions obligés d'attendre les autres pour rentrer.

- Alors, commençais-je en regardant machinalement à droite à gauche, et maintenant qu'est-ce qu'on fait ?

Il parut réfléchir un instant.

- Je t'offre un café ?

- Si tu veux …

Il commença à arpenter les rues me faisant signe de le suivre.

- Je connais un endroit où ils servent l'un des meilleurs mokas de la ville.

- Pourquoi as-tu accepté de venir au cinéma ? Tu avais l'air de souffrir le martyre là dedans.

- C'était le cas ! Je ne supporte pas de rester immobile plus de cinq minutes.

- Pourquoi venir alors ? Personne ne t'y obligeait.

- Je sais mais nous avions passer la soirée tous ensemble et pour une fois j'étais disponible. Alice me reproche toujours de ne rien faire avec elle. M'avoua-t-il.

- Pour le coup c'est raté.

- Je sais … le cinéma n'était peut-être pas la meilleure solution. Je ferais mieux la prochaine fois.

- Tu as l'air de te donner beaucoup de mal pour quelque chose qui me paraît naturel.

Il me regarda un instant et me sourit.

- Tu es très jolie dans cette robe Bella.

- Tu comptes me faire un compliment à chaque fois qu'une de mes remarques te dérange ? Riais-je.

- Si ça marche oui.

- Ce que tu peux être manipulateur. Des compliments gratuits et sans fondements.

- Qui t'as dit que c'était sans fondement ?

- Pourquoi tu le pensais ? Demandais-je, soudainement plus intéressée.

Il soupira en me tenant la porte du café. L'enseigne lumineuse à l'extérieur indiquait « Caffe' Dei Fornelli ».

- Va savoir … Me répondit-il avec un petit côté mystérieux dans le regard.

Nouvelle attaque de chaleur sur mes joues. Je le fusillais du regard avant de m'engouffrer à l'intérieur, provoquant son hilarité.

Quand je m'attardais enfin sur la pièce qui m'entourait, je me figeais devant la splendeur des lieux. On aurait dit une minuscule galerie d'art autour de laquelle s'organisaient de petites tables rondes. L'ambiance était feutrée, le seul éclairage servant à mettre en valeur les toiles et les sculptures exposées. Exactement le genre d'endroit de j'appréciais. Je regardais Edward l'air enchantée.

- Edward c'est …

Impossible de trouver mes mots.

- Je savais que ça te plairait.

Il m'invita à m'asseoir à une table assez reculée du reste de la salle.

- Tu viens souvent ici ?

- Pas vraiment mais je sais que tu peins, j'en ai donc déduit que ça t'intéresserai.

- Je … merci … c'est parfait. Soufflai-je.

Le serveur pris notre commande. Je portais mon choix sur le moka, suivant les conseils de mon guide, comme cette fois là au restaurant.

- Tu peins toujours ? Me demanda-t-il alors que j'admirais l'œuvre au dessus de notre table.

- Non. Je n'ai pas retouché aux pinceaux depuis que j'ai arrêté les cours.

- Pourquoi ça ?

- Cette passion me vient de ma mère alors …

- Et c'est un problème ?

J'hésitais.

- J'ai dit quelque chose de mal ?

- Non, soufflai-je embarrassée, c'est pas ça …

Je soupirais. Lui ne disait rien. Il me regardait attentivement, attendant patiemment que je m'explique.

- Ma mère est décédée le mois dernier.

Il resta impassible.

- Je suis désolé.

Je lui souriais poliment.

- Comment ?

- Cancer.

Il médita ma réponse encore quelques secondes.

- C'est pour ça que tu as arrêté les cours ?

- Il fallait que je m'occupe d'elle. On n'avait pas les moyens d'engager une infirmière à domicile.

- C'est très courageux de ta part.

Je ne répondais pas, reportant mon regard sur les peintures. Remarquant que je ne souhaitais pas m'étendre sur le sujet, Edward enchaîna alors que déjà nos commandes arrivaient.

- Goûtes moi ça, tu vas te rendre compte que tu n'as jamais goûté de moka avant ça.

Je prenais une gorgée et fus littéralement happée par ce mélange subtil de chocolat et de café, me délectant de la crème onctueuse qui l'accompagnait.

- C'est délicieux. Admis-je en reposant ma tasse.

- Hum … Bella ? Tu as un peu de mousse là.

Il me désignait le haut de ma lèvre supérieure que j'essuyais rapidement. Je remarquais les coins de sa bouche s'étirer et je lui jetais ma serviette au visage.

- Au lieu de te moquer de moi, parles moi un peu de toi.

- Qu'est-ce que tu veux savoir ?

- Qu'est-ce que tu veux bien me dire ? Répondis-je du tac au tac.

Il me fixa un instant, impressionné par ma répartie. Je le prenais à son propre jeu et j'aimais ça. Monsieur mystère allait devoir se dévoiler un peu.

- Comme tu le sais, j'ai grandi à Chicago. J'ai été placé en maison d'accueil à 6 ans. Après ça, j'ai fais un peu n'importe quoi. Je passais mes journées à traîner dans les rues au lieu d'aller à l'école, même si je n'avais aucune difficulté à rattraper mon retard tout seul, et vu qu'il n'y avait personne pour me surveiller … c'est là que j'ai rencontré James et Laurent. On a grandit ensemble. On s'est serrés les coudes.

- Ça ne devait pas être évident.

- Détrompe toi. J'ai adoré vivre comme ça. Aucune contrainte, personne pour me dire ce que je devais faire. J'étais libre.

- Je comprends mieux ce besoin d'espace.

- Evidement, je n'ai pas toujours fait les bons choix mais … finalement, ça va plutôt bien pour moi maintenant alors, j'imagine que c'était un mal pour un bien.

- Comment as-tu rencontré les Cullen ?

Une nuit je me suis battu avec des gars dans la rue. J'ai reçu un coup de couteau dans la gorge. Juste sur la jugulaire, il me montra l'endroit du bout de son doigt et je remarquais une fine cicatrice blanche, James m'a amené aux urgences, sur son dos, Carlisle m'a sauvé.

- Tu es resté avec lui après ?

Disons que mon dossier n'était pas très étoffé. Je n'avais pas d'assurance bien sûr et s'il appelait le foyer je me serrais fait renvoyé de ma famille du moment donc il a payé mes frais d'hôpitaux de sa poche et m'a proposé son aide. Je ne savais pas qu'il habitait en Italie et encore moins que je finirais par y vivre.

- Ils t'ont ensuite adopté ?

Il regarda sa montre.

- Ce n'est pas que je n'aime pas te faire la biographie passionnante de ma petite vie mais, si on n'y va pas maintenant, ils vont nous attendre.

- Ça te dérange de parler de tout ça hum ?

Il secoua la tête en souriant et ajouta :

- On va simplement être en retard Bella. Tu es très curieuse tu le sais ça ?

- Je ne suis pas curieuse. C'est juste que d'habitude j'en sais un peu plus sur les garçons avec qui je …

Je ne finissais pas ma phrase et rougissait en réalisant ce que je m'apprêtais à dire à haute voix. Son sourire s'élargit de nouveau.

- Avec qui tu couches ? Finit-il à ma place.

Je ne répondais pas me contentant de finir mon moka d'une traite. Il n'insista pas, encore une fois fier de l'effet qu'il avait produit sur moi et m'invita à le suivre à l'extérieur. Nous marchions en silence jusqu'à ce que je ne tienne plus :

- Tu sais, je ne fais jamais ça …

Il me regardait du coin de l'œil.

- Je veux dire … ce genre de relation avec quelqu'un … aussi vite. Ça ne m'arrive jamais. Je ne veux pas que tu croies que c'est une habitude chez moi.

- Je sais, il me sourit gentiment, moi non plus.

Je lui jetais un regard incrédule.

- Je t'assure. Les filles avec qui je « fais ça », il fit les guillemets avec ses mains, en général ça n'arrive jamais deux fois.

Je fixais nerveusement mes chaussures.

- Et je n'ai jamais émis aucun jugement sur toi Bella. Tu n'as pas à te justifier. Ajouta-il.

- Je le souhaitais.

- Je le savais déjà.

- Ça me rassure.

Quand les autres sortirent du cinéma, nous étions déjà devant la voiture. Alice et Leah nous réprimandèrent pour ne même pas avoir essayé de donner une chance à ce « Chef-d'œuvre cinématographique ». Malgré tout, Leah nous pardonna prétextant que partir avant la fin était moins grave que de s'endormir devant. Jake et Emmett se faisaient tous petits, échangeant des regards complices du genre : « C'est impossible de rester éveillé devant ce type de film 100% féminin ».

- La prochaine fois je me mettrais à côté de toi Bella, me dit Jake en m'adressant un petit clin d'œil, comme ça je suis sûr de ne pas m'endormir.

- La prochaine fois, on n'ira pas voir un film romantique.

Il ria.

- Tu as raison. On devrait y aller ensemble un de ces soirs. Qu'est-ce que tu en dis ?

- Oui … si tu veux, pourquoi pas.

Je lui souriais et il restait un moment à me regarder. Je n'eu d'autres choix que de soutenir son regard. Tout était tellement naturel avec Jacob. Je n'étais pas dans un état de stresse permanent.

- Aller en voiture les enfants ! Nous lançait sévèrement Edward avant de se mettre derrière le volant.

Cette fois je passais derrière avec Jake et Alice prit place à côté de son frère.

***

Nous rentrions vers une heure du matin à la villa. Le réveil allait être difficile demain matin. Je prenais rapidement une douche et passais sous les draps. Eclairée par la petite lampe de chevet, j'écrivais quelques mots dans mon carnet :

« 30 juin : Je ne suis qu'une marionnette …et en plus, j'aime ça – Pathétique ! Et pourtant maman, quand nous sommes ensemble, il n'y rien a voir avec ce gars frimeur et sûr de lui qu'il est en présence de ses amis. Il est doux, gentil, terriblement sexy et il ne lui faut qu'un sourire pour obtenir ce qu'il veux de moi – après tout il ne me force pas la main ! Il m'énerve, j'ai l'impression d'avoir à faire à Double Face – De toute façon, ça ne se reproduira plus ! Je te le promets – Edward Cullen, affaire réglée ! Dossier bouclé ! Erreur de parcours ! »

J'allais éteindre la lumière quand un bruit de moteur m'interpellait. Puis des voix et des rires. Sans trop savoir pourquoi et me penchais à la fenêtre juste à temps pour voir Edward s'engouffrer dans un 4x4 noir rutilant, suivit de James. Victoria, la grande rousse et un homme plus âgé, afro-américain avec des rastas, les accompagnait. Quand James mit le contact, un bruit sourd s'échappa de l'habitacle. Une sorte de hard rock beuglant, troublant l'ambiance paisible de la propriété. Où pouvait-il donc aller à cette heure là ? Je restais penchée à la fenêtre jusqu'à ce que le véhicule sorte de mon champ de vision.

« Occupe toi de tes affaires Bella ! » me criait mon esprit.

Avant de me coucher, je relisais la dernière phrase que j'avais écrite : « Edward Cullen, affaire réglée ! Dossier bouclé ! Erreur de parcours ! ».

Cette nuit là, j'eu du mal à trouver le sommeil.

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La partie a commencé les enfants ! La petite ballade de Bella et Edward sera-t-elle toujours aussi paisible?

Comptez sur moi pour les embêter un peu !

Je ne peux pas répondre à toutes les reviews parce que certains d'entre vous n'ont pas de comptes FF donc pour eux : MERCI !

Pas de vidéo cette semaine, peut-être pour le chapitre 5, j'y travail !

J'espère que ce chapitre était à la mesure de vos espèrances !