CHAPITRE VII
CECINA'S BEACH
***
Quelques jours étaient passés depuis « l'incident » du rendez-vous manqué. Edward avait inventé une histoire assez plausible pour justifier les marques qu'il portait sur le visage, bien que celles-ci s'estompaient peu à peu. Je n'en connaissais toujours pas la cause et quelque chose me disait que j'étais encore loin de le savoir. Nous n'avions pas reparlé de cette intense soirée mais les choses avaient changé. Tout était devenu plus conséquent entre lui et moi. Parfois je le rejoignais en pleine nuit simplement pour dormir quelques heures à ses côtés avant de m'enfuir à l'approche de l'aube. Je me contentais d'entrer dans sa chambre, Edward m'entendait et m'ouvrait le drap pour que je me glisse dedans. Nous ne dormions pas complètement, restant toujours conscient de la présence de l'autre à côté. Dès que je m'allongeais, il entourait son bras autour de moi pour me ramener vers lui et nous ne bougions plus. Quand cela se produisait, en général, nous ne parlions pas. Comme si le simple fait de mettre des mots sur ces actes aurait suffit à tout briser et aurait rompu le charme.
- 13 Août 2008 -
Rosalie, Alice et moi allions faire quelques courses ce matin là. Nous avions prévu de passer la journée à Cecina, sur la plage, et d'y pique-niquer. Apparemment nous nous rendions sur une célèbre plage privée de la côte, le « Cecina's Beach » pas loin de la marina. D'après ce que les filles m'avaient dit, chaque année une grande fête était organisée là bas et jamais elles n'avaient manqué l'une des sessions. Cette journée serait mon baptême des soirées branchée. En réalité, j'étais pressée de voir l'océan. La presqu'île de Manhattan n'était pas des plus dépaysant quand on la voyait tous les jours. Au moment de passer en caisse, avec tout ce qu'il fallait pour pique-niquer (assez pour nourrir toute la plage selon moi), je me rendais à la cafétéria de la galerie marchande. Les filles et moi allions prendre un café avant de rentrer. Rosalie m'avait demandé de prendre une table et de commander avant qu'elles arrivent. Toutes les excuses étaient bonnes pour m'éloigner dès que la question du partage financier allait être abordée. C'était presque vexant parfois. D'accord je n'avais pas leur portefeuille mais je n'étais pas à la rue non plus. Mais elles étaient plus persuasives que moi et dégainaient leurs cartes de crédit plus vite que leurs ombres. De toute façon, l'argent que j'avais sur moi était celui d'Esmé et j'avais bien l'intention de le lui rendre dès que je le pourrais.
Je me retrouvais donc au buffet de la cafétéria essayant de rapporter sur la table les trois cafés, les sachets de sucres et les cuillères en une seule fois, sans en renverser une goutte. Autant essayer de marcher sur une corde raide. J'étais entrain de me contorsionner pour trouver le moyen le plus pratique de tout porter avec mes deux mains gauches quand on me tendait un plateau. Je relevais les yeux, honteuse de n'y avoir pas pensé plus tôt, et découvrais Edward arborant un sourire moqueur.
« De mieux en mieux ! », Pensais-je.
- En manque de caféine ?
- Tu me connais, toujours en manque …
Nous bloquions tous les deux sur ma phrase et je rougissais en captant son double sens. Edward sourit encore plus et glissait à mon oreille :
- Je croyais pourtant m'occuper de ce problème de façon assez efficace.
Ce qui n'arrangeait rien à mon malaise. Je croisais son regard et m'en détournais rapidement en secouant désespérément la tête.
- Si tu me disais plutôt ce que tu fais ici.
Je plaçais soigneusement les cafés sur le plateau.
- J'étais dans la galerie et je t'ai vu te débattre à travers la vitrine.
Je lui lançais un regard noir.
- J'ai eu pitié. Ajoutait-il, moqueur.
- J'avais la situation parfaitement sous contrôle si tu veux tout savoir.
- Tu le cachais bien alors.
Je lui frappais l'épaule, ayant oublié ses contusions et il retenait un gémissement douloureux.
- Oh pardon ! M'excusais-je, affolée. Je suis désolée, j'ai oublié !
Je m'empressais de regarder son épaule pour vérifier les dégâts mais sa main, qu'il garda contre son torse, m'en empêcha. Je figeais cette image dans mon esprit avant de relever timidement les yeux vers lui.
- Je suis une vraie calamité.
- C'est vrai … Répondait-il avec un petit sourire.
Je serrais la mâchoire pour ne pas le frapper de nouveau.
- Mais chez toi c'est plutôt adorable.
Et encore une fois, il lui suffisait d'une phrase pour me faire fondre. Je m'étais rapprochée de lui sans m'en rendre compte, lui tenait toujours ma main et je dégustant littéralement ses lèvres des yeux. Sa voix me ramenait cependant à la raison.
- On peut se voir en début d'après-midi ?
Il reculait d'un pas.
- Heu …, je tentais de retrouver la terre ferme, non … je pars à Cecina dans une heure. Alice et Rose ne vont pas tarder, on va pique-niquer.
- Ok …
Il regardait machinalement autour de lui comme s'il cherchait à s'enfuir.
- Tout le monde va à la plage … viens … amuses-toi …
Il réfléchissait un instant. A partir de cet instant je connaissais déjà sa réponse.
- Je ne sais pas … soufflait-il en évitant mon regard. J'ai un truc important à faire dans l'après-midi.
- Tu as dis « je ne sais pas » et pas « je ne PEUX pas », c'est que tu peux annuler non ? A moins que tu ne souhaites pas venir. Dans ce cas c'est différent, mais dit-le clairement.
Je commençais à m'énerver sans même le vouloir. J'étais déçue.
- Je dois voir James, il compte sur moi.
- Et moi non ?
- Tu m'as juste demandé de venir à la plage Bella, ce n'est pas comme si je te rendais un service en venant !
- Non mais ça me ferait plaisir.
- Ecoute, je me rattraperais autrement, mais là ce n'est pas possible.
- Ouais, j'ai l'habitude. Soufflais-je presque pour moi-même.
- Bella …
Il avait dit mon prénom comme si j'étais entrain de faire un caprice.
- Laisse tomber ok. Tu ne fais jamais rien pour que ça fonctionne !
J'ordonnais nerveusement mon plateau, à ce niveau de la conversation je savais que les cafés étaient froids et que ça ne servait plus à rien, mais je les ordonnais quand même pour me donner une constance.
- Et qu'est-ce qui est censé fonctionner au juste ? Demandait-il, comme une question piège.
Lui aussi commençait à s'énerver. Son regard se voilait. Je prenais un moment pour le dévisager avant de répondre :
- Tu sais, tes sautes d'humeurs commencent à me donner le tournis, je soupirais, je croyais … je croyais que tu avais dit vouloir faire plus d'efforts pour que ce truc, je nous désigne tour à tour, devienne un peu moins … bizarre … mais ce n'est clairement pas le cas.
- Et qu'est-ce que je fais là d'après toi ? On discute, dans un lieu public …
- Ah ouais, lançais-je, et tu peux m'expliquer la différence entre maintenant et le jour où tu m'as emmené au golf ?
Il ne trouvait rien à répondre.
- Oh pardon j'oubliais, tu voulais simplement coucher avec moi ce jour là ! Rétorquais-je.
- Je n'avais rien planifié. Mais qu'est-ce que tu attends de moi à la fin ? !
- Tu sais quoi ? Laisse tomber. C'est pas grave. Va faire tes trucs avec James et moi j'irais à la plage.
Je me détournais pour partir.
- Très bien.
Sa voix était de glace.
Quand je me retournais, j'eu juste le temps de l'apercevoir quitter la cafétéria. Enervée, je reposais mon plateau sur le comptoir, assez brutalement, et renversais une partie de cafés.
« Je hais ma vie », pensais-je face à ma stupidité.
Je me pinçais l'arrête du nez, respirant profondément, avant d'aller chercher des serviettes pour nettoyer ma bêtise.
- Vous permettez jeune fille ? Disait Alice en prenant un café au passage.
Rosalie était déjà installée à une table.
- Qu'est-ce qui t'arrive, me demandait-elle alors que moi et Alice prenions place, tu as l'air sur les nerfs ?
- Non ça va. Soufflait en appuyant ma tête sur mon coude. J'ai galéré avec ces maudits cafés. Me demandez pas pourquoi.
Alice goûtait le sien et grimaçait.
- C'est froid !
Les filles me lancèrent un regard de chien battu.
- Tu veux pas aller en chercher d'autres Bella, s'il te plait ?
Je me laissais tomber sur la table, découragée. Malheureusement pour moi, quand je croisais à nouveau leurs regards, leur demande n'avait toujours pas changé. C'est avec une flemme prodigieuse que je retournais au buffet. Une autre corvée d'adresse commençait.
***
Nous arrivions à Cecina vers 15h00. Dès que nous nous étions approchés de la plage, le bourdonnement sourd de la sono fit trembler les vitres, pourtant fermées, du 4x4. Pendant qu'Emmett cherchait une place pour se garer, je regardais les centaines de corps dénudés se trémousser en rythme sur le sable. Il faisait une chaleur à crever cet après-midi et il y avait autant de monde dans l'eau qu'en dehors. Une fois la voiture arrêtée, Alice et Rosalie se précipitèrent dehors bientôt suivis de Jasper et d'Emmett. Je mis un moment à les imiter. Tous ces déhanchés me donnaient le tournis. Ils étaient tous bien trop à l'aise là bas pour que je ne me sente pas complètement perdue. Finalement Alice m'extirpa (de force) du véhicule et nous regagnions la fête, suivant les trois autres. Ils étaient très excités à l'idée d'être à la fameuse fête de Cecina, Rosalie ne parlait que de ça depuis une semaine. C'était une sorte de tradition à laquelle, cette année, j'étais conviée. Dès que je foulais le sable brûlant, Alice entoura son bras avec le mien – peut-être pour être sûre que je ne m'échapperais pas – et commença à m'expliquer les uses et coutumes de « Cecina Beach », sur fond de House Music.
- C'est la plus grande fête de l'été par ici. Détend toi un peu, ça va être génial. Tout le monde est là dans le seul but de s'amuser alors souris, tu veux. M'ordonna-t-elle.
- Je sais Alice, c'est juste que je n'aie vraiment pas l'habitude de ce genre de fête. Tous ces gens sont si, une blonde en bikini très … vraiment très petit passa devant nous en gigotant des fesses, nus …
- C'est sur que sur une plage à 36° à l'ombre tout le monde est en anorak ! Plaisanta Alice, je la gratifiais d'un regard sombre.
Nous évitions de justesse un groupe de fille en bikini se trémoussant sur la musique, cocktail à la main. De vrai top modèles. Les hommes se retournèrent tous sur leur passage.
- Je vais me ridiculiser ici Alice, je n'ai jamais été adepte de la « Beach attitude ».
- Tu veux dire « Beach » ou « Bicth »?
Je riais.
- Un peu des deux je pense.
Une des blondes devant nous se mis à rire. Rire qui ressemblait plus à un cri de hyène. Moi et Alice échangions un regard entendu.
- Définitivement les deux, pour celle là.
- Et encore t'es gentille. Répondis-je encore navrée pour cette pauvre fille.
- Tu aurais dû venir avec Jake, il t'aurait tenu compagnie. Lança Alice en m'adressant un clin d'œil plein de sous-entendus.
- Vous êtes là pour me tenir compagnie, et puis je ne suis pas complètement associable, je sais parler aux gens tu sais, et même ceux que je ne connais pas, je te jure. Plaisantai-je.
- Ça n'est pas ce à quoi je faisais allusion.
- Alors à quoi tu faisais allusion Alice?
- Vous avez l'air de bien vous entendre avec Jacob, la soirée au cinéma s'est bien passée d'après ce que tu m'as dit, alors pourquoi ne pas lui donner une chance? Il en crève d'envie le pauvre garçon.
- Alice je te répète pour l'énième fois que Jake et moi ne serons jamais rien de plus que des amis. J'adore Jacob, mais je ne suis pas attirée par lui. Ce genre de choses ne se contrôle pas tu sais.
- Je trouve ça bien dommage. Je n'ai pas laissé le choix à Jasper moi.
- Ça c'est parce que tu es une véritable tête à claque et qu'il était déjà raide dingue de toi ma belle.
- Tu me rappelles Edward. Sourit-elle.
Mon estomac se noua instantanément.
- Excuse-moi mais j'ai du mal à voir le rapport.
Toujours la bonne réplique, quand il faut, pour qu'on te fiche la paix.
- Tu n'as pas tord. Admis-je.
- J'aurais dû lui demander de venir. Enchaîna sa sœur.
- Il aurait probablement décliné.
- C'est probablement vrai.
- Je l'ai fais.
Pourquoi avais-je dit ça?! Elle arrêta de marcher.
- Pardon?!
- Oui, ce matin la cafétéria. Je l'ai croisé pendant que vous faisiez les courses et je lui ais proposé... puisque qu'on y allait tous. Il a dit non.
- Si on n'y allait tous pourquoi le proposer à mon frère et pas à ton ami Jake? Demanda Alice, méfiante.
- Simple concours de circonstance Alice. Je n'ai pas eu l'occasion de voir Jacob récemment.
- Mais Edward oui?
- Je te l'ai dit, on s'est croisée à …
- La cafétéria, oui j'ai compris. Coupa-t-elle, un sourire suspicieux sur les lèvres.
Il faillait absolument que je me sorte de ce pétrin. Alice la fouineuse commençait à se réveiller. Heureusement pour moi, Rosalie arriva pour nous entraîner dans l'eau, coupant ainsi les réflexions d'Alice. Je posais mon sac près du camp qu'Emmett et Jasper étaient entrain d'installer, et me mettais en maillot. Quand je rejoignais les filles au bord de l'eau je fus embarquée malgré moi dans un concours : « Cecina White Shirt » - Le principe était simple : Filles contre garçons. Les hommes avaient tous revêtus la chemise blanche à l'effigie de la plage et nous, les femmes, devions leur récupérer. Pour cela nous avions participé à une sorte de Beach Volley dans lequel nous devions toucher le plus d'adversaire masculin possible. Pour une fois le jeu allait être facile. Toucher le plus de gens possible avec un ballon, je faisais ça tout le temps sans même le vouloir, dès qu'on m'en mettait un dans les mains. Jasper et Emmett avaient rejoint la partie et bientôt toute la gente masculine se mise à courir dans tous les sens pour éviter les assauts incessants de nos ballons projetés dans leur direction. Finalement Alice, Rosalie et moi nous en étions bien sortis. En fin de match, les filles reportèrent les chemises blanches et les hommes furent tous torses nus, au grand plaisir des dizaines de blonde autour. Pour une fois qu'un jeu avait eu pour but de déshabiller les hommes et non les femmes, je n'allais pas me plaindre. C'est en file indienne que, toutes de blanc vêtu et en rythme sur la musique, que nous courrions les pieds dans l'eau en riant avec nos chemises fraîchement gagnées. Pour nous récompenser de nos efforts, le gérant de la plage nous offrait les cocktails tout au long de la fête. Cocktails gratuits? Pour sur, je serais plus à l'aise en fin de soirée. L'alcool me montait vite à la tête. Malgré tout, je devais admettre qu'après une heure à courir sur la plage, rejetant ma frustration, via le ballon, sur des dizaines d'hommes, m'avait donné le sourire. Le faite que la plupart des femmes, mieux faites que moi, portent la même chose maintenant comblait le vide qu'il existait entre leur beauté parfaite et ma simple, mais naturelle, banalité.
J'avais même réussi à oublier Edward. En l'invitant, j'avais cru qu'il pouvait changer et qu'il ferrait un effort comme il me l'avait promis, mais je me trompais. Son amitié avec James passait avant toute chose, jamais je ne pourrais changer ça. Les gens ne changent pas. J'étais bien décidée à profiter de ma journée et à m'amuser avec les autres dans ce cadre idyllique. Même si Edward faisait monter l'adrénaline en moi comme personne, même si je me sentais libre et insouciante avec lui, je trouverais un substitue ici. J'étais jeune et en pleine forme, j'allais m'amuser comme toutes les filles de mon âge et prendre du bon temps. Quand étais-je devenue aussi dépendante de lui ? Lui ne m'attendrait certainement pas pour s'amuser à ma place. Oh non, certainement pas. Maintenant ça irait dans les deux sens. J'en avais assez d'être toujours celle qui attendait après lui. J'allais profiter de la vie, qu'Edward en face partie ou non. Après tout, j'avais vécu sans sa présence jusqu'ici, il suffisait d'oublier toutes ces sensations et les retrouver ailleurs. Il n'avait quand même pas le monopole de l'excitation?! J'étais forte et indépendante, je n'aurais pas dû lui laisser me prendre ça. C'était ma force, la chose qui comptait le plus à mes yeux et qui faisait de moi ce que j'étais aujourd'hui. Je devais arrêter cette drogue, je devais me sevrer. Je le devais avant de me perdre en lui, aussi agréable que ce soit. Edward Cullen n'était pas sain pour moi.
Je mettais un point d'honneur à m'amuser et profiter de cette journée. Le mélange de la musique et des vagues était grisant. Danser dans l'eau était bien sûr beaucoup plus facile pour moi que de le faire sur la terre ferme. Une piscine avait même été installée sur le sable (pour les personnes allergiques au sel peut-être), avec en son centre une petite scène où les des filles quelque peu délurées se déhanchaient de façon assez osée. Je suppose que ce genre de comportement faisait partie du packaging « fête branchée » sur la plage, mais pourquoi devaient-elles toutes ressembler à des mannequins? J'avais peut-être plus de dignité qu'elles, mais certainement pas la même allure. Si l'une d'elles avait proposé à Edward de l'accompagner, il aurait sûrement accepté. J'eus un pincement au cœur et plongeais la tête dans l'eau pour chasser cette éventualité de mon esprit.
Coupant mes réflexions pathétiques et rabaissantes, Alice et Rosalie me rejoignaient dans l'eau, me tendant un des cocktails « de la victoire », comme nous les avions baptisés. Je ne pouvais définitivement pas refuser une Marguarita bien fraîche, même si la boire en plein soleil n'était peut-être pas la meilleure idée de la journée. Nous dansions toutes les trois, verres à la main, dans une mauvaise imitation des filles de la piscine, tout en explosant de rire. Rosalie et moi frottions nos postérieurs ensemble quand Alice criait « Hoouuuhoouu » en faisant tourner son poing au-dessus de sa tête. Cette petite danse finissait très vite en bataille d'eau et j'ingurgitais plusieurs fois de l'eau de mer quand Rose me coulait. Cette fille avait une force Herculéenne, pas étonnant qu'Emmett se tienne à carreaux. Un groupe de garçon nous avait rejoint et nous avions dansé avec eux. L'un d'entre eux semblait s'intéresser à moi. C'était le seul à toujours revenir dans ma direction. Plutôt pas mal avec ça, j'en étais fière. Comme quoi je valais bien une de ces blondinettes là bas. Edward était un idiot. Certains me trouvaient à leur goût, je n'aurais pas dû douter de moi parce que monsieur ne savait pas m'apprécier à ma juste valeur. Je valais plus que ce qu'il me laissait croire. Ensuite, Rosalie pria ces « gentlemen » de nous laisser et nous finissions nos verres plus calmement. Boire un verre dans la mer, un luxe qui ne m'avait jamais traversé l'esprit mais qui au final avait vraiment valu le coup. L'eau fraîche empêchait les vapeurs d'alcool de monter trop vite au cerveau et, avec le cocktail qu'on m'avait servi, c'était une aubaine. Le soleil amorçait sa décente derrière l'océan maintenant.
- J'ai les mains toutes fripées d'être rester à tremper. Boudait Alice en fixant ses paumes.
Ces réflexions me faisaient toujours sourire. Alice était à la fois l'archétype en puissance de « La Fille » et la personne la plus compréhensive, sincère et posée du monde. Un mélange explosif.
- Il faut qu'on passe à la Marina acheter les tenues pour ce soir. Lançait Rose en sirotant la fin de sa deuxième Pinia Colada, à la paille.
- Les tenues? Répétais-je.
- Bah oui bécasse, enchaînait Alice, la vraie fête c'est pour ce soir, là se ne sont que les échauffements. Je ne pense pas que tu ais pris quelque chose d'autre à te mettre, si?
- En même temps, je suis partie pour aller à la plage, pas à un défilé de mode Alice.
- Je te l'accorde, nous aurions dû te prévenir.
- C'est pour ça qu'on va s'éclipser entre filles pour aller faire un peu de shopping. Précisait Rose en me donnant un coup d'épaule.
- Mon dieu, du shopping avec elle?! Dis-je en désignant Alice qui me tirait la langue, tu es sure que je peux tenir le coup?
- T'inquiète ma belle, Rosalie entourait mes épaules et nous faisions face à Alice qui faisait mine de ne rien entendre, je te protègerais promis. Allez on sort, il faut que j'empreinte des sous à Emmett.
- Vas-y attaque tigresse ! L'encourageais Alice. J'ai besoin d'une nouvelle paire de chaussures.
Elle embrassa ma joue et nous sortions de l'eau. Rosalie partait devant et s'avançait vers les garçons dans une démarche calculée au possible. Le genre de démarche sexy devant laquelle Emmett ne pu s'empêcher de baver. Je pu admirer avec quelle habileté et savoir-faire, Rosalie réussie à soutirer de l'argent à Emmett. Comme si elle avait fais ça toute sa vie.
- Mon chéri? Dit-elle, innocemment les mains dans le dos, balançant les hanches de droite à gauche.
- Oh ça c'est pas bon … Jasper sauve-toi mon pote, elles vont attaquer ! Lança Emmett alors que Rose l'enlaçait déjà amoureusement.
- Tu sais à quel point je t'aime, pas vrai?
- Oui je suppose, répondit-il méfiant – n'osant même pas enlacée sa moitié - Qu'est-ce que tu veux? Demanda-t-il, conscient que quelques choses se tramait dans la tête de sa compagne.
- Rien du tout. Répondit-elle, faussement indignée. Je n'ai pas le droit de faire un câlin au meilleur des petits amis du monde?
- Ça n'a jamais été gratuit en tout cas … Cracha Jasper en faisant semblant de tousser.
Rosalie lui lança un regard glacial et Jasper levait les mains au-dessus de sa tête, essayant de cacher son sourire. En retrait, Alice et moi essayions de contenir notre fou rire devant une telle manipulation. Rosalie était très forte pour obtenir d'Emmett ce qu'elle désirait.
- C'est que … Tu vois, expliquait-elle en baissant tristement les yeux, Bella n'a rien à se mettre pour ce soir et …
- Ah d'accord je vois, soupirait Emmett en se laissant tomber en arrière sur sa serviette, combien? Lança-t-il en souriant à Rose.
Il ne pouvait décidément rien lui refuser. Il regardait ensuite dans notre direction et, sans même nous concerter, Alice et moi arborions une moue tristounette de petites filles boudeuses. Jasper éclata de rire et Emmett se reportait sur Rose. Il était cerné.
- On va à la Marina, sur les quais tu sais. Sûrement chez Affliction …
- Rien que ça, le magasin où le moindre petit top est à 80$ !
Emmett essayait bien de sévir face à la manipulation mentale de sa petite amie, mais son sourire trahissait déjà sa perte.
- Oui mais ils sont si jolis ! S'il te plait !!
« Oui s'il te plait !! », Reprenions-nous en chœur.
Je ne tenais pas spécialement au shopping mais je prenais un malin plaisir à torturer Emmett. Cette fois, le battement de cil de Rose lui donna le coup de grâce et il finit par lui confier sa carte de crédit. Celle-ci la pris, en l'embrassant sur le front, et revenait vers nous toute fière.
- Et pas plus de 300$ ok?! Cria l'ancien propriétaire de la Mastercard en regardant sa copine s'éloigner avec sa nouvelle meilleure amie en plastique.
- Oui oui. Lui répondait-elle vaguement.
Jasper lança un regard navré à son ami.
- Quoi? Se défit-il. Elle a dit « S'il te plait ». Je l'ai bien éduqué ! C'est moi le patron !
- Bah voyons … Soufflait Jasper en riant. Elle fait ce qu'elle veut de toi mon pote.
Jasper rirait toujours quand Alice se pencha sur lui.
- Toi n'en profites pas pour picorer dans le pique-nique de ce soir, je te connais.
- Promis. Dit-il tout sourire quand Alice déposait un doux baiser sur ses lèvres.
Emmett explosa de rire.
- Franchement, regarde-toi avant de me critiquer la prochaine fois mec.
Je partais avec les filles le long de la plage, les vagues venant occasionnellement s'échouer sur nos chevilles, en direction de la marina. Esmé m'en avait déjà parlé. L'endroit était très joli selon elle. Et il l'était. Nous arrivions sur les quais en face du port où étaient amarrés quelques bateaux de pêche ainsi que des voiliers de plaisance. Diverses boutiques de souvenirs et autres échoppes de pêcheurs se partageaient l'espace réduit des quais. Nous nous frayons un chemin parmi les nombreux touristes et commencions à remonter la rive gauche.
Dans la première boutique, Alice essaya quelques robes, tournant sur elle-même à chaque fois pour avoir notre avis. Rose et moi restions sur les jeans, les t-shirt aux imprimés trash et les blousons. Le goût raffiné et sophistiqué d'Alice fut mis à rude épreuve mais quand nous entrions chez Affliction, nous tombions toutes les trois d'accord. Cette marque était connue pour satisfaire aussi bien les rockers, les bickers, les filles au Converse (moi en l'occurrence) et les « femmes de transition », comme se qualifiait Rosalie « ni jeune, ni vieille – chic mais pas trop ». Mon regard se porta immédiatement sur le rayon jean. Rosalie nous fit ensuite essayer une paire de lunette noire, pendant qu'Alice cherchait désespérément son bonheur. Finalement elle avait atterri dans le rayon « bijoux fantaisies » et retrouvais le sourire. Rosalie examinait une veste en jean noir à l'effigie de la marque quand je sortais de la cabine d'essayage avec un jean bleu clair et un t-shirt large a imprimé noir. Nous n'avions toujours pas quitté nos lunettes. Après m'être regardé dans le miroir, je décidais d'acheter ces articles, malheureusement le prix sur l'étiquette m'en dissuadait vite. Dépitée, je m'asseyais sur un tabouret en regardant les filles s'affairer autour de moi.
- Regarde, Rosalie me montrais la veste qu'elle tenait depuis un bon quart d'heure, qu'est-ce que tu en penses? Pour Emmett.
- Tu utiliserais sa carte de crédit pour lui acheter des fringues?
Elle haussait les épaules.
- C'est complètement contre-productif! M'exclamai-je.
- Là elle n'a pas tord. Surenchérie Alice.
Blasée, Rose rangeait la veste.
- Tu sais ce qui est aussi contre-productif Bella?
Elle croisa mon regard en abaissant ses lunettes sur le bout de son nez, avant de répondre à sa propre question.
- Le fait de ne pas avoir pris le numéro de ce charmant jeune homme qui se frottait à toi dans l'eau tout à l'heure.
- Tu l'as vu aussi ?! Riait Alice.
Je haussais les épaules à mon tour.
- La nuit n'est pas finie les filles, il sera peut-être encore sur la plage tout à l'heure.
- Oh la petite coquine, elle a tout prévu. S'exclamait Rosalie en me tapant fièrement dans la main.
Je lui adressais un faible sourire.
- C'était quoi ce regard?
- Peut-être que Bella à d'autres plans que ce garçon sur la plage. Lançait alors Alice avec un petit sourire en coins.
- C'est qui ?! M'interrogeait subitement Rose comme si sa vie en dépendait. C'est Jacob ?! Je le savais.
J'allais répliquer mais finissais par abandonner. J'en avais marre de répéter sans arrêt les même choses.
- Oublie Jake, lançait finalement Alice, elle a invité Edward. Disait-elle, avec toujours le même sourire.
- C'était par simple politesse. Rien de plus. Corrigeais-je.
- Edward? Répétait son acolyte. Comme dans Edward Cullen?
- Parce que t'en connais d'autre? Lui demandais-je, légèrement agacée.
- Mais … Pourquoi?
Elle avait presque l'air dégoûté.
- Je trouve ça gentil de sa part de l'avoir invité, me défendait Alice, personne ne le fait jamais.
- Oui parce qu'il ne veut jamais venir.
- Bon ça suffit, je me levais d'un bon, je l'ai invité parce que j'apprécie sa compagnie …
Rose allait enchaîner mais je l'arrêtais.
- C'est un ami. Il a dit non … Il avait sûrement mieux à faire donc … Fin de l'histoire.
La nuit commençait à tomber quand nous quittions le magasin et les réverbères s'allumèrent sur notre passage, nous éclairant d'une lumière orange. Après le léger froid qui était survenu dans la boutique, le sujet « Edward » était clos (merci mon dieu). J'avais cru mourir de honte à l'intérieur. Nous avions réglé nos achats et les filles, ou plutôt Emmett, avait réglé pour moi le fameux jeans trop cher et le t-shirt.
Nos discutions avaient reprisent d'elles même quand nous rencontrions, par hasard, les trois garçons qui avaient danser avec nous, plus tôt dans l'après-midi. Ils proposèrent de nous raccompagner jusqu'à la plage. Comme un fait exprès, Alice et Rose prirent les deux autres garçons à part et me laissait en retrait avec celui qui me faisait les yeux doux.
- Je suis Tom.
- Bella. Répondis-je en souriant.
- Américaine ?
- Ça se voit tant que ça? Plaisantais-je.
- L'accent ne trompe pas.
- Toi tu n'en as aucun en revanche. Lui fis-je remarquer.
- J'ai vécu là bas pendant 1 an quand je faisais mes études. Ensuite, on a déménagé …
Je voulais m'intéresser à tout ce que Tom disait. Il était intéressant. J'étais intéressée. Il me racontait déjà sa vie quand mon esprit lâcha prise et qu'Edward refaisait surface dans ma tête. Je le voyais sourire, comme s'il avait su avant moi qu'aussi gentil que soit Tom, il n'aurait aucune chance avec moi. Plus j'essayais de me concentrer sur Tom et plus je pensais à Edward. Je finissais même par le comparer. Comment les yeux bleus de Tom n'étaient rien comparés à la beauté des yeux verts d'Edward ou comment la coupe ordonnée de Tom était d'un ennui mortel comparé aux épis rebelles d'E...
- Alors?
- Hein?
Je sortais de ma rêverie avec cette sensation désagréable dans la poitrine. Celle que l'on ressent quand quelqu'un vous a réveillé de force.
- Tu es d'accord sur le principe?
- Oh oui, lançais-je la plus convaincante possible, tout à fais !
- Je savais qu'on était fait pour s'entendre toi et moi Bella !
Cet élan d'enthousiasme me laissait de marbre et alors que Tom foulait le sable avant moi, je lançais un petit : « C'est ce que je pensais aussi ! Génial ! », dont fort heureusement il ne perçut pas le sarcasme.
Tom et ses amis étaient restés avec notre groupe tout au long de la soirée et, finalement ça n'était pas plus mal. Je faisais un travail de concentration énorme pour ne pas que mon esprit ne diverge à nouveau et pour ça, je participais à toutes les conversations. Les cocktails coulaient à flots, la musique était en adéquation avec l'ambiance de la soirée, le temps était agréable, les gens étaient gentils : Que demander de plus ? Bien sûr, Tom était un peu collant mais après tout, je me sentais mieux dans ma peau en voyant que certains hommes pouvaient m'apprécier sans me traiter comme de la crotte. Je m'amusais, cette soirée, toute cette journée était vraiment réussie et je n'avais pas besoin d'Edward finalement. Après tout, s'il préférait ses amis à sa famille … à moi, c'était son problème. Je n'allais pas m'empêcher de vivre pour Edward Cullen. Je n'avais pas besoin de lui pour que ma soirée soit une réussite. S'il avait été là, il n'aurait de toute façon pas eu la moindre attention envers moi, avec toutes ces filles, mille fois plus belles que moi. C'était une bonne chose qu'il ne soit pas là. Il ne me manquait pas et je n'étais pas du tout vexée qu'il ait refusé de m'accompagner. Pourquoi le serais-je? Hein … Pourquoi le serais-je?
Je soupirais et reprenais une gorgée de bière en essayant de reprendre le cours de la conversation après m'être rendue compte de mon absence passagère. Je me concentrais alors sur le spectacle impressionnant que nous offraient deux cracheurs de feu. Ils avaient enflammé une corde et la faisant tourner, alors que des téméraires tentaient de sauter par-dessus. Ils appelaient ça : « La corde du destin ». Tom me lança une petite blague à laquelle je me forçais à rire, puis il enchaînait sur autre chose. Qu'est-ce que ce mec pouvait être bavard ! Malgré tout, je souriais. Mon regard bifurqua légèrement vers Alice pour trouver une issue de secours. C'est là que je la vis ouvrir grand les yeux, fixant un point par-dessus son épaule. Son menton tomba un instant, mais elle s'était ressaisie en croisant mon regard. Elle me prit la bouteille des mains et son sourire s'élargit. La chanson du moment, celle du DJ français David Guetta, « When Love Takes Over », débutait.
- Qu'est ce qu'il y a?
- Hum rien, dit-elle l'air innocente, je crois que je vais aller voir ce que fais Jasper.
- Avec ma bière?
- Ne t'inquiète pas, quelque chose me dit que tu n'en auras plus besoin dans quelques minutes. Tu viens Tom, j'ai quelqu'un à te présenter.
Déjà elle entourait les épaules de Tom pour l'entraîner ailleurs.
- Alice ?
Elle tourna la tête vers moi, entraînant toujours le pauvre Tom dans ses pas.
- Regarde qui est là.
D'un mouvement du menton elle me désignait quelqu'un derrière moi et s'éclipsait avant que je ne puisse la questionner. Quand je me retournais, mon cœur manqua un battement. Edward était là. A quelques mètres de moi. Il me fixait d'une drôle de façon, je ne l'avais jamais lu dans ses yeux avant ce soir. Un mélange de colère, de joie, de peine, d'incompréhension et d'urgence. J'étais à peu près certaine de lui renvoyer la même image à ce moment précis. Aucun de nous ne bougeait. Occasionnellement, son regard se portait sur les gens qui le saluait, mais très vite il revenait à moi. Je devais souvent le chercher du regard parmi la foule qui passait sans arrêt entre nous. Mon cerveau avait arrêté de fonctionner. Pendant un instant je n'entendis plus que les battements sourds de mon cœur, tambourinant dans mes tempes. Je devais me forcer à respirer lentement par la bouche pour ne pas hurler. Un flot d'émotion tellement intense bouillonnait à l'intérieur de mon ventre que j'avais l'impression d'être une bombe à retardement. Parfois il esquissait un sourire. J'étais clouée au sol, je n'avais vraiment aucune idée de ce que je devais faire. Je n'en croyais pas mes yeux, il était venu. Il avait annulé ses plans pour venir à la plage avec nous. Je n'osais penser qu'il n'était là que pour moi, même s'il m'avait transpercé du regard depuis l'instant où nos yeux s'étaient croisés.
Ma gorge se noua quand je le vis slalomer tant bien que mal entre les dizaines de personnes qui nous séparaient. Il ne marchait pas vite, il prenait son temps mais il ne me lâchait jamais des yeux, comme un coureur fixant la ligne l'arrivée. D'un regard si intense que je me serais liquéfiée sur place si j'avais été faite de glace.
Quand la musique s'amplifiait comme au prémisse d'un crescendo, mes pieds se mirent à avancer sans que je leurs en donne l'ordre. Je ne pouvais plus rien voir d'autre qu'Edward, le sang battant dans mes tempes. Mes jambes tremblaient et j'avais envie de vomir. J'avais peur mais j'allais vers lui. Tout mon corps vibrait au son de la musique qui ne faisait que s'amplifier autour de moi, me donnant la force et le courage de continuer à avancer. J'essayais de rester lucide, mais le simple fait qu'il ait changé d'avis me remplissait d'une joie immense et, en même temps, j'étais terrifiée. Très vite, nous accélérions. Les gens semblaient se resserrer sur nous rien que pour nous empêcher de nous rejoindre. Ou était-ce parce que je me jetais maintenant dans la foule sans la moindre hésitation ? Enfin, j'arrivais à sa hauteur. Edward fit encore quelques pas lents vers moi avant de s'arrêter à quelques centimètres de moi. J'arrêtais de respirer. La musique devenait folle. Elle allait bientôt exploser en apothéose, faisant cracher les basses.
Je passais nerveusement la main dans mes cheveux et regardais autour de nous.
- Qu'est-ce que tu fais là? Réussi-je à dire.
Edward passa lentement son bras derrière mon dos, calant sa main sur mes reins et m'attira lentement à lui. Son regard remonta lentement de mes hanches jusqu'à mon visage, comme si ce simple geste venait de lui brûler la main. Cette proximité, surtout en publique, me mise mal à l'aise et je restais prostrée.
- Qu'est ce que tu fais ? Il y a beaucoup de gens ici. Chuchotai-je en vérifiant autour de nous que personne ne nous voit.
- Ne t'inquiète pas, ils sont trop occupés à boire et danser pour se rendre compte de ce que l'on fait.
Sa voix était rauque. Il soupira en resserrant son emprise autour de moi. Mes mains virent se plaquer d'elles même contre sur ses bras, comme pour le repousser. Mais nous savions tous les deux que je n'en avais pas la force.
- Tu n'as pas répondu à ma question… Qu'est-ce que tu fais là? Répétai-je.
Il me gratifia d'un de ces sourires affreusement sexy dont lui seul avait le secret et alors que la musique atteignait son paroxysme, déchaînant la foule, il plaqua ses lèvres chaudes contre les miennes, leur inculquant un mouvement passionné. Il enfonça sa main dans mes cheveux, maintenant mon visage en place et son bras autour de ma taille me serrait tellement fort que je décollais presque les pieds du sol. Mon cerveau cessait de fonctionner. J'eus une absence tellement j'étais abasourdie. Il avait osé, il m'embrassait en publique. Certes la foule nous cachait certainement de sa famille mais il connaissait des gens ici, et pourtant il m'embrassait. Il n'était là que pour moi. Je me laissais alors prendre au jeu, donnant plus de force à mes lèvres, agrippant ses cheveux. Nos langues entrèrent en contact, brûlantes, avides l'une de l'autre. La peur d'être découverte était plus intense que jamais. Toutes les sensations que j'avais ressentie en allant le rejoindre quelques minutes plus tôt m'explosèrent en plein cœur. Je gémissais dans sa bouche, mon entrain mourrant dans la musique ambiante. Mais lui l'avait sentit et souriait sur mes lèvres alors que nous reprenions notre souffle.
- Tu as les yeux qui brillent. Souffla-t-il sur mes lèvres avant de le capturer de nouveau.
Je me dégageais tant bien que mal.
- Pourquoi …Qu'est-ce que … tu …
Impossible de faire une phrase correcte dans mon état.
- Tu vois que je peux faire des efforts parfois ?
Il souriait avant d'embrasser mon front.
- Je n'en attendais pas tant.
Edward me relâchait doucement et je faisais un pas en arrière. Nous nous retrouvions tous les deux, l'un en face de l'autre, bizarrement gêné après ce moment qui ne nous ressemblait pas. Finalement nous partions en éclat de rire, remarquant l'attitude stupide de nous adoptions.
- Tu n'avais pas quelque chose d'important à faire avec James ?
- Je lui ais dit de se débrouiller sans moi. Pour une fois.
- Et ? Il n'a rien dit ?
- Je ne lui ais pas laissé le choix en faite.
Mon regard vrillait une seconde par-dessus son épaule.
- Il ne m'en voudra pas. Ajouta Edward.
- Tu crois ? On ne dirait pas.
- Pourquoi ?
- Qu'est-ce qu'il fait là ?
Je le désignais discrètement. James se tenait à quelques mètres de nous, dans l'ombre une camionnette. Il nous observait sans même se rendre compte que je l'avais vu. Edward jetait un rapide coup d'œil derrière lui et quand je captais de nouveau son regard, cette petite lueur de bonheur qui l'habitait quelques instants plus tôt avait disparue.
- Viens. Dit-il en me prenant la main pour m'inciter à bouger. On va rejoindre les autres.
- Quelque chose ne va pas ?
Il ne répondait pas et m'entraînait déjà dans la foule.
- Edward. Qu'est-ce qu'il y a ?
Alors il s'arrêtait et prenait mon visage dans ses mains.
- Rien, dit-il en se voulant rassurant, tout va bien d'accord ? J'ai juste envie de passer une bonne soirée avec toi et les autres. Et c'est ce qu'on va faire d'accord. Laisse moi gérer ça.
- Bon … très bien. Répondis-je un peu confuse.
Il me souriait de nouveau et nous allions rejoindre les autres. Alice et Jasper furent les premiers que nous apercevions. Edward relâchait ma main et déjà le contact de sa paume dans la mienne, ce toucher si délicieux, me manquait. Je n'avais jamais été ce genre de fille démonstrative pour qui tenir la main d'un homme était signe de possession, mais ces gestes si simples étaient tellement rares avec Edward qu'ils en devenaient presque érotiques. Les quelques minutes où je l'avais suivi, ma main dans la sienne, n'avaient été que pur plaisir. J'étais fière. Je m'étais sentie belle. Bien plus encore que quand il m'avait embrassé. J'aurais aimé attirer la jalousie de certaines femmes sur notre passage. Nous restions côte à côte cependant quand nous nous approchions du reste du clan Cullen. Après Alice et Jasper, Emmett et Rosalie apparaissaient à notre vue. Le sourire d'Alice s'agrandissait quand elle voyait son frère arriver et elle lui sautait au cou.
- Tu es venu ! S'exclamait Alice. Qu'est-ce qui t'a pris tout ce temps ?
- J'avais un petit truc à finir mais je n'aurais pas raté la fameuse soirée annuelle de Cecina Beach. Répondait Edward, rendant son étreinte à sa sœur.
Alice était aux anges, ça se voyait dans ses yeux.
- Je suis contente que tu sois là.
Il se contentait de lui sourire.
Ces deux là étaient touchant. Je voyais qu'Alice souffrait du fait que son frère ne soit plus assez présent pour elle que quand ils étaient plus jeunes, mais elle avait trop de respect pour lui pour lui en demander la raison. Ce soir, ils avaient l'air d'avoir 15 ans de nouveau. Je souriais en les observant, reprenant une bière au passage. La musique changeait et un autre morceau enchaînait.
- Black Eyed Peas Baby ! Lançait Emmett à sa dulcinée, d'un clin d'œil.
Je voyais le visage de Rosalie s'enflammer comme si elle allait hurler de joie. Alice s'était immédiatement tournée vers elle aussi.
- J'adore cette chanson ! S'exclamait Rose.
- Yeah ! « I gotta felling », chantait Alice en se dandinant déjà.
Avant que je ne comprenne comment, je me retrouvais sur la piste de danse avec Rosalie, imitant tant bien que mal les mouvements des gens qui se serraient contre moi. Je n'étais pas très bonne danseuse mais à vrai dire, l'adrénaline que m'avait donné le baiser d'Edward coulait encore dans mes veines, me donnant l'énergie nécessaire pour oublier mes complexes. Je me sentais bien. Vivante. Je me laissais aller et peut importe si mes mouvements n'étaient pas aussi gracieux que ceux des autres. Je m'amusais. Alice, entraînant Jasper par la main, nous rejoignait. Celle-ci m'enlaçait en riant et je dansais avec elle. Je tournais sur moi-même, passant de personne en personne. Cette chanson était réellement enivrante, s'accordant parfaitement avec l'ambiance de la soirée. J'arrivais à Jasper et nous exécutions ensemble une chorégraphie digne du film Saturday Night Fever, déclenchant les rires des gens qui nous entouraient. Emmett m'attrapait alors par le bras et me soulevait du sol, me faisant faire une pirouette rock acrobatique quand moi je lui criais d'arrêter. Cependant, je riais tellement que je n'arrivais pas à être assez persuasive. Alors que je me débattais pour retrouver le sable sous mes pieds, Emmett et moi tombions fesses les premières sur le sol entraînant Rosalie avec nous. Nous éclations de rire en nous affalant dans le sable.
Je me sentais soudainement tirée du sol par une main masculine dans mon dos. Je souriais déjà espérant que se soit lui. Ses bras m'entourent chaleureusement la taille mais quand je lui faisais fasse, je découvrais dans un léger sursaut que ses bras appartenaient en faite à Tom. Ne souhaitant pas être malpolie, je rentrais dans son jeu et dansais avec lui. Mais très vite, ces gestes se firent plus pressants, ses mains passant de mes hanches à mes riens, me rapprochant toujours plus près de lui malgré toutes mes tentatives pour l'esquiver. Il était lui aussi prit dans l'euphorie du moment, ne remarquant plus mes réticences. Voilà maintenant qu'il posait son front sur le mien, frottant son bassin sur mon ventre. Il me gâchait mon plaisir cet abruti trop entreprenant. Je croisais le regard de mes amies qui elles avaient bien vu que Tom dépassait les bornes, même si le pauvre le pensait pas à mal. Rosalie allait intervenir mais juste au moment où j'allais le repousser plus violemment, on me tirait en arrière. Je me retrouvais prisonnière d'autres bras. Ceux là m'étaient bien plus familiers.
- Tu permets ? Lançait poliment Edward à l'attention de Tom.
Celui-ci parut légèrement vexé et fusilla Edward du regard. Edward lui, lui renvoyait un sourire qui en disait long sur ce qu'il ferait si Tom persistait sur cette voix. Finalement, et au vu de tous les regards posés sur lui, Tom se détendait et faisait signe à Edward, d'un air presque gentleman, que tout était cool avant de s'éloigner.
- Merci. Soufflais-je à Edward.
Les autres recommencèrent à danser quand il me faisait tourner sur moi-même pour que l'on se retrouve face à face.
- Je te laisse seule deux minutes et les loups rappliquent.
- Pour sa défense il était là avant toi. Plaisantais-je.
- Ah bon, il coupa subitement notre petite danse, très bien je te laisse te débrouiller avec lui dans ce cas. Répondait-il, me prenant à mon propre jeu.
- Non ! Reste !
Je le rattrapais par la chemise et l'attirais vers moi. Edward se lassait faire sans résistance avec un sourire vainqueur sur le visage. Il passait son bras autour de mes épaules, prenant l'excuse de la danse pour justifier nos rapprochements et je boudais contre son torse, déclenchant son hilarité.
Le DJ enchaînait sur Hand in my Pocket d'Alanis Morissette, Edward embrassait le sommet de mon crâne et j'entourais mon bras autour de sa taille. Bras dessus, bras dessous nous retrouvions les autres et, sur ce morceau, nous formions un cercle. Alice se plaçait à gauche d'Edward, Rosalie à ma droite, suivie de Jasper et Emmett. Une ronde infernale s'enclenchait. Nous tournions tous de plus en plus vite.
« I'm broke but I'm happy, I'm poor but I'm kind,
I'm short but I'm healthy, yeah »
Très vite des gens que nous ne connaissions même pas se joignaient à nous, le cercle s'agrandissant. Edward et moi faisions ce qu'il fallait pour rester côte à côte. Nous échangions des regards complices de temps à autres. Il était vraiment détendu, heureux d'être avec nous. Ce cercle était devenu l'image d'une jeunesse pleine de vie partageant un moment très particulier. Le genre de communion qui n'arrive que très rarement. Ces instants où l'étranger d'il y a deux minutes deviens l'ami et le frère des deux minutes suivantes. Ce genre de chose qui vous fait dire que finalement, vous n'êtes pas si seul sur cette terre.
« 'cause I've got one hand in my pocket
And the other one is giving a ... »
« HIGH FIVE !! », criait le groupe exponentiel que nous venions de créer.
Nous vivions un instant presque surnaturel. Euphorisant. Revitalisant. J'oubliais tout. Cette soirée resterait gravée dans ma mémoire à jamais. Dans un enchaînement parfait, Praise you de FatBoy Slim commençait. Notre masse s'éparpillait peu à peu, recommençant à bouger par petits groupes, Edward et moi en profitions pour nous éloigner de la foule. Une fois encore il me prit la main et un courant « électrico-adrénalien » me traversa de la tête aux pieds. Il m'entraînait dans sa course, si rapidement que je trébuchais à plusieurs reprise, mes rires incessants n'aidant pas ma coordination. Avant que je ne m'étale sur le sable, je lui sautais sur le dos et il continuait à courir. Je tendais mes bras à l'horizontale telles les ailes d'un oiseau, laissant le vent glisser sur moi. J'étais libre et le sourire qui illuminait mon visage en était la preuve. Quand il me reposait, au couvert de la digue qui bordait la plage, je lui sautais au cou et Edward me faisait tourner dans les airs. Je n'avais aucune idée de ce que nous étions entrain de faire. Nous étions simplement survoltés par la musique qui nous résonnait encore dans nos oreilles. Quand mes pieds retrouvaient enfin le sol, j'attrapais ses lèvres lui insufflant tout mon espoir et toute ma fougue. C'était un baiser impatient et désordonné mais il était pur. Quand nous nous détachions, ses lèvres trouvaient ma nuque et je me laissais bercer par ses caresses, m'accrochais à sa nuque les yeux clos. Il reculait et plongeait son regard émeraude dans le mien.
- Tu aurais été bête de manquer ça.
- Le pire des fous. Répondit-il, calant son front sur le mien en me berçant lentement.
- Pourquoi ça n'est pas toujours comme ça ? Soufflai-je après un moment.
- Parce que qu'une nuit comme celle là n'arrive que très rarement.
- Pourquoi?
Il haussait les épaules.
- Peut-être que nous ne serions plus en mesure de les apprécier si elles étaient trop récurrentes.
Je méditais sa réponse.
- Autant en profiter alors. En concluais-je.
Je reculais lentement vers la mer. Edward restait figé, presque déçus que je me sois détachée de lui.
- A quoi tu penses? Demandait-il, amusé.
Je déboutonnais lentement mon chemisier tout en reculant, sans jamais le quitter des yeux.
- Ca te dis un petit bain de minuit ?
- Techniquement il n'est pas loin de 3 heures du matin.
Je quittais mon jeans, me retrouvant en sous-vêtements devant lui.
- Ne joue pas les rabat-joie tu veux. Lançais-je en retirant moi soutien-gorge, me couvrant pudiquement la poitrine.
- Loin de moi cette idée. Répondait-il ne pouvant s'empêcher de me détailler.
J'avais déjà les pieds dans l'eau.
- Alors tu viens? Demandais-je en faisant une moue digne d'une petite manipulatrice, telle la digne représentante de Rosalie Hale.
Il riait et s'élançait vers moins en retirant ses vêtements dans la foulée. Je me jetais à l'eau en vitesse dans l'espoir (très hypocrite) de lui échapper. Malgré l'heure avancée, l'eau était encore tiède. En deux brasses il m'avait rejoint et coulée par la même occasion. En remontant à la surface, je m'agrippais à son cou pour essayer de lui faire boire la tasse mais il ne bronchait pas. Le fait qu'il ait encore pied et moi non jouait grandement en sa faveur. Edward me refaisait passer devant lui sans mal. J'entourais mes jambes autour de ses hanches. Nous nous regardions un moment en silence. Il avait l'air d'être en pleine réflexion. Il était avec moi, bien présent, mais ses yeux trahissaient un lourd conflit intérieur. Finalement, il prenait la parole :
- Tu es très belle.
Edward caressait doucement ma joue et je fermais les yeux à son contact pour en apprécier la douceur.
- Pourquoi tu es venu Edward ?
Il soupirait.
- Il faut croire que je n'aime pas savoir que tu m'en veux trop longtemps.
- Je ne t'en voulais pas.
Il me lançait un regard dubitatif.
- Je t'assure. Tu fais ce que tu veux. C'est juste que … j'ai du mal à te suivre parfois.
La seule réponse qu'il me donnait en retour était un baiser, lent, patient, définitivement différent de ce auxquels j'avais été habituée de sa part. Il ne cherchait même pas ma langue, nous prenions simplement le temps d'apprécier le contact de nos lèvres se caressant. Dans cette position je sentais à la pression qu'il me rendait contre mon bassin qu'il aurait été capable d'aller plus loin. Nous aurions très bien pu faire l'amour et l'idée ne m'aurait pas déplus, mais Edward n'en faisait rien. Il se contentait de me caresser sagement le visage, la nuque ou les cheveux et moi je me laissais aller dans ses bras. Jamais nous n'avions été si calmes. C'était venu naturellement. Les choses étaient entrain de changer. Cette idée se répercutait physiquement en moi et je frissonnais.
- Tu as froid ? Chuchota-t-il sur mes lèvres.
- Un peu oui.
Il nous transportait alors hors de l'eau, moi restant enroulée autour de sa taille. J'avais l'impression d'être un poids plume dans ses bras. Il me reposait délicatement sur le sable. Je grelottais, entourant mes bras autour de moi pour m'insuffler un peu de chaleur.
- La prochaine fois j'y réfléchirais à deux fois avant de me baigner en pleine nuit.
Il enfilait son pantalon qui lui collait à la peau sous l'effet de l'eau de mer.
- Attend moi là.
Edward partait rapidement sur les lieux de la fête et revenait avec ma serviette. Il me l'entourait autour des épaules et me ramenait à lui pour me frictionner le dos. Je me laissais aller contre son torse, respirant le mélange de l'odeur naturelle de sa peau et de l'iode.
- Ca va mieux ?
- Humm non, j'ai très froid. Mentis-je, un sourire dans la voix
Il riait doucement, resserrant d'avantage ses bras autour de moi.
- Et maintenant ?
- C'est beaucoup mieux.
- Je connais un moyen de te réchauffer.
- Ah oui ? Répondis-je, innocemment.
Sa main glissait sous mon menton et mes lèvres retrouvèrent les siennes dans la même douceur que dans l'eau.
- Effectivement, admis-je avant d'ouvrir les yeux, c'est une très bonne technique.
Le ciel commençait déjà à s'éclaircir au-dessus de nous. Nous nous installions sur le sable, moi confortablement appuyée contre son torse, ses bras autour de moi pour regarder l'aube se lever. Nous ne parlions plus. Le temps s'était arrêté et nous nous délections simplement de cet instant. Une fois que le soleil devenait trop présent, dévoilant notre moment aux yeux des gens, nous partions rejoindre les autres. Edward me laissait à la lisière de la digue, préférant s'éloigner pour ne pas éveiller les soupçons. Je le regardais monter dans sa voiture avant de rejoindre le groupe. Quand j'arrivais, Jasper portait Rosalie endormie dans ces bras pendant qu'Emmett allait chercher le 4x4. La pauvre Alice traînait les pieds derrière eux et quand j'approchais, elle enroulait son bras autour de mes épaules, appuyant sa tête dessus. Tout le monde était tellement fatigué que personne ne me questionna sur mon absence ou celle d'Edward. Des gens dormaient encore sur le sable parmi les débris de la fête qui s'y était déroulée.
Quand j'arrivais dans ma chambre, à 7 heures du matin, je m'étalais directement sur mon lit sans même prendre la peine de me déshabiller. Je m'endormais très vite. Cette soirée avait été tout simplement magique.
***
Il était 16 heures quand je descendais. Tout le monde était dans la cuisine, les yeux cernés comme les miens. Je prenais place avec le reste du groupe autour de l'îlot central de la cuisine pendant qu'Esmé, en mère dévouée, nous préparait de bonnes crêpes et du café chaud. D'après Emmett, c'était le menu auxquels ils avaient le droit chaque année après l'aventure Cecina. Les filles avaient une gueule de bois monumentale et Alice supportait mal les bruits qui l'entouraient. Bien sûr son frère en profitait pour se servir de ses couverts comme des baguettes de batterie près de ses oreilles, pour la faire hurler de rage.
Après m'être restaurée, je sortais. Je n'avais qu'une envie, qu'une seule idée en tête : retrouver Edward et finir ma nuit dans ses bras. Quand tout le monde retournait se reposer, j'en profitais pour m'échapper. Bizarrement, une fois dehors, je m'apercevais qu'il faisait gris. C'était la première fois que je voyais Volterra sous un ciel chargé. Un orage menaçait, un temps parfait pour rester sous la couette. Les rideaux du pool étaient tirés quand j'arrivais. J'entrais doucement. Edward était allongé sur son lit, fixant le plafond dans l'obscurité.
« Parfait », pensais-je avant de m'allonger directement sur lui en souriant.
Son regard bifurqua sur moi une seconde avant qu'il ne le reporte sur le plafond, dépourvu de toute émotion.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? T'es de mauvaise humeur ?
- Je suis fatigué c'est tout. Répondit-il, la voix terne.
Je le fixais un instant et décidais de trouver un moyen de le mettre de meilleure humeur. Je remontais jusqu'à sa bouche pour l'embrasser mais encore une fois, sa réaction ne fut pas la meilleure. Son bras reposait mollement dans mon dos et ses lèvres avaient à peine bougée. J'étais frustrée de le retrouver dans cet état alors que moi, au contraire, j'étais plus en forme que jamais.
- Ok … Soupirais-je en me relevant. Je vais te laisser te réveiller je crois.
- Attend. Bella.
Déjà à la porte je lui faisais face. Il s'était levé.
- Vien on va faire un tour.
Il sortait rapidement et je restais bloquée à l'intérieur. J'avais un mauvais pressentiment. Je le suivais malgré tout. Il marchait vite, s'éloignant dans les champs. J'avais du mal à le suivre. Un coup de tonnerre grondait entraînant avec lui une violente averse. Nous courrions nous réfugier à l'abri d'un arbre, trempés en quelques secondes.
- Je ne suis pas sure qu'une balade soit une bonne idée on devrait rentrer. Lançais-je en regardant les trombes d'eau devant nous.
- On ne devrait pas être ami.
Cette phrase était sortie de nulle part. Je tournais lentement le visage vers lui comme si la répercussion de ces mots en moi avait ralentit mon corps.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
Un sentiment de peur m'envahissait en même temps que je prononçais ces mots.
- Tout ça, toi et moi. Ça ne peut pas fonctionner. Faut qu'on arrête.
Je n'arrivais plus à parler. Je ne comprenais même pas ce qui était entrain de se passer.
- C'est pas bien, continuait-il sans me regarder, on dérive toi et moi.
- On dérive. Soufflais-je.
- On devient trop … on se voit trop. J'ai besoin de respirer.
- Respirer ?
Ce seul mot suffit à réveiller ma colère.
- Tu aurais du y penser un peu plus tôt. Disons, hier soir, avant de venir à la plage. Crachais-je en me levant d'un bon. Ça te prend comme ça ? D'un seul coup ? !
Il ne me regardait même plus dans les yeux. Son visage n'affichait plus aucune expression. On aurait dit un robot.
- Edward ? ! L'appelais-je, agacée. Bella. Tu te souviens ? !
Il revenait à moi.
- Explique moi ce qui t'arrive parce que là je comprends rien. Tu ne veux plus qu'on se voie ?
- Si bien sûr que si ! Lançait-il rapidement. Seulement, plus comme ça. Je ne veux plus qu'on se voie … en dehors de la famille.
Ensuite il se levait et sortait du couvert des arbres. J'étais soufflée. Complètement perdue. Comment, après cette nuit, pouvait-on en arriver là ? Sans même croiser mon regard il lâchait un malheureux : « Désolé » et s'éloignait. Mes jambes avancèrent d'elles même et je me retrouvais à mi-chemin entre lui et l'arbre.
- Edward !
Il s'arrêtait et se retournait vers moi, le visage froid. Je ne pouvais plus parler mais il lu dans mon regard que j'attendais une explication.
- Je cherche juste un plan cul ! Après j'aime foutre le camp et qu'on me foute la paie tu comprends ?!
Je ne le reconnaissais pas. Ces mots, ces intonations, sonnaient faux dans sa bouche.
- Qui parle à travers toi ? Soufflais-je en sondant son regard.
Ma question de désarçonnait et ses yeux perdirent de leur froideur une fraction de seconde. Seconde que je saisissais comme une chance et je me jetais sur ses lèvres, le forçant à revenir vers moi sans aucun ménagement. Au début il résistait comme si tout son corps le faisait souffrir. Il était crispé contre moi mais je tenais bon, capturant sa langue, repoussant ses résistances. Puis il se lâchait, me plaquant presque brutalement contre lui, ses lèvres chahutant les miennes dans une rage presque frénétique. Dans un gémissement douloureux il me repoussait. La tête me tournait. Ce baiser m'avait laissé une impression d'abandon à creux de l'estomac.
- Désolé. Répétait-il, me tournant le dos.
J'étais perdue, seule sous une pluie torrentielle alors qu'il s'éloignait rapidement sans se retourner. L'eau m'aveuglait, soudainement glacée sur mes joues. Ma respiration s'accélérait alors que je rejouais la conversation dans ma tête. Les conséquences cheminant en moi.
C'était fini, aux prémisses de quelque chose qui resterait à jamais indéfini. C'était fini, avant même que tout ait commencé.
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Oui oui je sais : Qu'est-ce qui lui prend?!
J'espère que tout comme moi vous êtes partit à Cecina ( ville qui existe vous pouvez vous renseigner), je conseille de regarder la marque Affliction également (pour les amatrices)!
Chrysalis est toujours en cours d'écriture pour ceux qui la suivent ! C'est tt pour l'info ! Régalez-vous.
Mise à Jour de la playlist :
- When love takes over- David Guetta (comme dans le teaser)
- I Gotta Felling- Black Eyed Peas
- Hand in my pocket- Alanis Morissette
- Praise You- FatBoy Slim
