CHAPITRE IX

A LONG ROAD TO REDEMPTION

Partie I

***

- 1989 -

Un petit garçon blond, les yeux embués de larmes se cachait sous la table de la cuisine, s'accrochant désespérément aux pieds en bois, de ses petites mains blanchies sous la pression exercée autour du meuble. De ses yeux verts il suivait les pas hystériques de sa mère sur le linoléum grisâtre. De là où il se trouvait, il ne voyait pas plus haut que ses genoux mais il devinait son visage. Il avait tant de fois vu cette expression de rage et de répulsion sur les traits de celle qui l'avait mise au monde. Son maquillage coulant sous ses yeux livides, ses joues creusées et ses cheveux en batailles. Elle portait son vieux jogging délavé et mal ajusté. Son sweat-shirt tombait sûrement sur l'une de ses épaules et, à en juger par l'odeur qui remplissait la cuisine, elle fumait encore. Le jeune garçon se mordait les lèvres pour ne pas faire de bruit et retenir ses larmes. Ses joues étaient devenues rouges cramoisies à cause de la peur qui lui tordait le ventre. Il savait que quand sa mère était dans cet état là, rien ne pouvait l'arrêter et certainement pas lui. Elle le cherchait, elle criait son prénom sans cesse. Elle finirait par le trouver là dessous, mais il ne sortirait pas. Quand sa mère était en manque, le petit Edward Massen âgé de 5 ans ne voyait plus en elle qu'un monstre. Le monstre qui faisait disparaître sa maman pendant un temps. Il savait ce qui pouvait la faire réapparaitre : cette bouteille qu'il cachait avec lui sous la table. Mais s'il la lui donnait, elle s'endormirait. Edward ne voulait pas que sa maman s'endorme aujourd'hui, il voulait la garder près de lui, c'était pour ça qu'il cachait son médicament. Mais alors, comment retrouver sa mère ?

- Eddy ! Sors de la tout de suite ! Le jeu est fini, donne à maman son médicament. Maintenant ! Hurlait-elle de sa voix rauque.

Le petit tremblait d'avantage. Cette fois elle était vraiment en colère. Puis les pas s'arrêtèrent juste devant le petit Edward, qui arrêtait de respirer instantanément. La sorcière qui avait prit l'apparence de sa maman se baissait lentement au son niveau. Le visage qu'il découvrait alors était encore plus effrayant que celui qu'il avait imaginé. Il retenait son cris, de peur d'exister la bête. Une main puissante se refermait sur sa cheville pour le tirer en avant, hors de sa cachette. Cette fois il pleurait bruyamment et le monstre criait d'avantage. Le petit eu la présence d'esprit de se saisir de la bouteille au passage et la serra contre son petit torse. Malheureusement, il ne parvint pas à la garder bien longtemps. De son autre main, sa mère s'en était emparée. Après ça, Edward avait glissé sur le sol pour que sa tête vienne violemment heurter le mur de la cuisine. Il se recroquevillait dans le coins de la pièce en regardant sa mère, le monstre, se débarrasser du bouchon de la bouteille pour le jeter par terre. Elle bu le liquide couleur caramel à coup de grandes et longues gorgées bruyantes. Un peu de liquide coulait au coins de sa bouche. Une fois satisfaite elle lui jetait un regard méprisant.

- Qui a bien pu me donner un fils pareil?! Criait-elle. Tu es bien comme ton père, toujours à te mêler de ce qui ne te regarde pas ! Tu devrais avoir honte de ton habitude ! J'aurais aimé que tu partes avec lui ! Je me ruine à te nourrir et c'est comme ça que tu me remercie?! Tu es méchant ! Voilà ce que tu es !

Ensuite elle avait quitté la cuisine. Edward resta longtemps dans la même position, attendant que le bruit s'arrête. Quand il retourna dans le salon, sa mère dormait sur le canapé. Lentement, prudemment, il s'avançait jusqu'à elle et tira la couverture qui trainait toujours par terre, sur elle. Il prenait soins de bien la couvrir, de la border, même si la couverture était très lourde pour ses petits bras. Sa maman était là maintenant, elle dormait. Il le savait, il n'aurait pas du cacher la bouteille. Il avait été méchant avec le monstre. Il ne recommencerait pas. Le petit se calait alors au bout du canapé, contre les jambes de sa mère qui ronflait bruyamment et s'endormit auprès d'elle. Encore une fois.

***

Edward POV

« J'avais 5 ans. Quelques mois plus tard, ils m'emmenaient au foyer. »

- 21 juin 2008 -

Cette journée avait commencé comme toutes les autres. C'était le début de l'après-midi et je m'ennuyais déjà. J'avais encore une fois passé la nuit dehors avec James, Victoria et Laurent. Les affaires avaient bien marché et nous avions finis dans un club. Personnellement, ça n'était pas mon truc mais j'avais suivi le mouvement. Nous étions rentrés à l'aube, je transpirais l'alcool et j'avais une fille sous la main. Encore une nuit classique pour Edward Cullen. Après avoir congédié cette fille, peu importe son nom, j'avais pris une longue douche pour me débarrasser de l'odeur de cette inconnue partout sur moi. Je m'allongeais sur mon lit, sans prendre la peine de m'essuyer. Pas besoin, avec cette chaleur je sécherais dans la minutes. Ça faisait bien deux heures que je n'avais pas bougé. Il fallait que je sorte d'ici. Un peu de musique me mettrait sûrement de meilleure humeur. Je cherchais des yeux ma compilation préférée mais elle n'était pas là. Évidemment, j'avais dû l'oublier dans mon ancienne chambre à l'intérieure de la villa. Je soupirais, cherchant le courage de me lever pour aller la chercher. Je voulais ce CD. J'enfilais rapidement un t-shirt et sortais du poolhouse, fraichement en ma possession. Mi casa. La lumière de l'après-midi me brûlait les yeux, heureusement pour moi, je ne quittais jamais mes lunettes de soleil.

Sur le chemin de la villa, le bruit de l'eau de la piscine m'attira. Il faisait tellement chaud. En m'approchant j'entendis un bruit régulier, quelqu'un était entrain de nager. Sans trop savoir pourquoi, j'allais vérifier qui était cette personne. Alice, Rosalie peut-être? Les brasses étaient bien trop silencieuses pour qu'elles soient d'Emmett. Je découvrait alors une petite brunette, se mouvant gracieusement dans l'eau. Sûrement une nouvelle mission de sauvetage pour mes parents adoptifs. Je devais avouer que celle-ci n'était pas moche à regarder. Assez pâle mais ses petites fesses rebondies et ses fines jambes étaient assez attractives. Les choses seraient peut-être plus intéressantes dans les prochains jours.

Après un détour par la cuisine où j'avais rencontrée Alice et Esmé, qui m'avait gentiment préparé quelque chose à manger, je montais jusqu'à ma chambre. Bizarrement quelqu'un utilisait la salle de bain. Je remarquais aussi quelques affaires sur le lit qui n'étaient définitivement pas les miennes. Brunette devait séjourner ici. Évidemment. Mes CD étaient sur le bureaux, là où je les avait laissé. J'allais les récupérer quand la porte de la salle de bain s'ouvrit, laissant s'échapper au passage et magnifique parfum de frésia. Brunette apparaissait alors, effrayée devant moi, avec sa petite serviette autour d'elle. Intéressant. Jouons les ignorants :

- Qui tu es toi ? Demandais-je.

- Bella … Soufflait-elle, encore sous le choc

- Qu'est-ce que tu fais dans ma chambre ?

Je jouais volontairement la dureté avec elle. Elle semblait si fragile. L'impressionner serait facile. Après tout elle était chez moi. Elle prenait déjà trop ses aises. A ma grande surprise, une moue agacée apparaissait sur son visage et je me retenais de sourire. Aurait-elle les tripes de s'opposer à moi ?

- Excuse moi de te dire ça mais durant les trois prochains mois, c'est la mienne, donc je vais te demander de sortir s'il te plait.

Impressionnant. Elle avait du crans. Je l'aurais vraiment prise pour l'une de ces filles coincée et intouchable. Après ça, la conversion de je venais d'avoir avec Esmé me frappait :

- Tu es Bella ? La fille d'une amie d'Esmé c'est ça ? De New York.

- Oui … et tu es ?

- Je suis Edward Cullen.

- Oh

L'expression de son visage m'indiquait que les présentations avait déjà été faites. Mais sans moi.

- Je suis désolée, on m'a dit de m'installer ici et j'ai vu le poolhouse en passant, je ne pensais pas te voir ici.

- C'est rien. Je passais juste prendre quelques affaires. Fais comme chez toi, je n'habite plus ici de toute façon.

- Je dois m'attendre à te voir débarquer à chaque fois que je prend ma douche ou tu as tout pris ?

Proposition intéressante ...

- Je ne sais pas trop … je te dirais ça quand on se connaîtra un peu mieux.

Son expression presque outrée me fit rire.

- A bientôt Bella de New York. Dis-je avant de sortir.

- C'est ça, à bientôt, Edward du Poolhouse !

Je souriais encore en regagnant le pool. Cette fille avait quelque chose de spéciale. Je ne manquerais pas de la revoir.

« Je venais de rencontrer Bella Swan et j'étais loin de me douter de la suite des évènements. Cette filles que je trouvais simplement intrigante alors, était sur le point de chambouler tous les fondements de mon existence. »

***

Sans savoir pourquoi, j'avais volontairement incitée Bella a passer cette journée avec moi. Cette fille m'intriguait. Elle semblait cacher tellement de chose en elle. Son regard trahissait l'existence de quelques secrets. Elle ne ressemblait pas du tout au filles que j'avais l'habitude de fréquenter. Elle était tout le contraire. Discrète, intelligente, un poil têtue et surtout, elle avait une vision du monde bien à elle. Bella ne semblait pas se rendre compte de sa beauté. Une beauté naturelle. Pas le genre de beauté que l'on remarque du premier coup d'œil mais plutôt de ces beautés que l'on ne peu plus ignorer ensuite. Elle était fragile à l'extérieur mais forte à l'intérieur. J'avais eu envie d'en savoir d'avantage sur elle. Nous avions pris la moto pour aller dans un restaurant que je connaissais bien. La sentir coller à moi pendant le trajet était assez existant. Elle s'était agrippée à moi comme un malade à sa seule chance de survie. Peut-être avait-elle peur de la vitesse? Sa réaction quand nous en descendions me le confirma. Elle s'était recroquevillée sur le sol pour ne pas vomir. Je l'avais questionné tout au long du déjeuner après ça. Je n'avais pas pour habitude de m'interroger sur l'intellect des femmes avec qui je passais du temps en général, mais je devais percer le mystère Bella Swan et savoir ce qui me poussait à passer du temps en sa compagnie. Après un détour très intéressant au mini-golf, où j'avais pris un malin plaisir à la faire enrager avec des questions plutôt personnelles et autres rapprochements calculés qui l'avait faite frémir, nous avions regagné la villa.

Elle avait voulu partir. Je m'étais senti obligée de la rattraper. Elle m'avait suivi. Je l'avais prise. Dans un désir qui nous avait frappé par surprise tous les deux, nous avions fait l'amour. Je m'étais efforcé à être doux et patient avec elle. Nous avions partagé un tel niveau de complicité durant cette journée, qu'il m'avait été impossible de ne penser qu'à mon propre plaisir. J'avais voulu qu'elle en prenne aussi. Quand je l'avais sentie se resserrer autour de moi, ma libération c'était faite violente. Ça avait été tellement bon avec elle que j'avais su, dès l'instant où nous nous étions quittés, que ça n'était qu'un commencement. Je devais l'avoir à nouveau. Son innocence et sa pureté, combiné à cette force dont elle n'avait même pas conscience, faisait d'elle une femme unique. Elle me faisait vibrer. Je la voulais encore.

Bien sûr, j'étais arrivé à mes fins. Mais je devais la ménager, la rassurer. Bella n'était pas ce genre de personne. Elle avait besoin de franchise et je n'avais de cesse de la rassurer sur mes intentions. Je la voulais oui, mais je la respectais également en tant que personne. Bella était unique, elle le méritait. A chaque fois que nous couchions ensemble, je faisais attention à ne pas lui laisser penser qu'elle n'étais avec moi que pour satisfaire mes envies égoïstes. Ce qui nous unissait régulièrement était un échange. En plus du sexe, je découvrais aussi une personne qui avait la tête sur les épaules et un passé assez sombre. Un point commun que nous avions. Elle me remettais souvent à ma place, mais j'avais aussi un certain pouvoir attractif sur elle dont de jouait sans vergogne. C'était mal et égoïste, c'est vrai, mais je ne voulais pas qu'elle se détache de mon emprise. J'avais encore tellement de chose à découvrir sur elle. Dans un sens, elle me fascinait comme je semblais la fasciner. Mes journées étaient moins ennuyeuses grâce à elle. Les autres femmes me paraissaient fade face à Bella.

J'avais certes un peu de compétition. Jacob Black, le jardinier de mes parents, lui tournait régulièrement autour. D'ailleurs quand elle n'était pas dans mes draps, elle était généralement avec lui. Elle ne voyait en lui qu'un ami, mais lui … Je n'aimais pas sa façon de la regarder. Comme s'il avait pu atteindre le même niveaux de connexion qu'il y avait entre elle et moi. Je m'évertuais à ne pas lui laisser cette chance. Je n'en avait pas fini avec Bella Swan.

***

30 juin 2008 -

Je rentrais d'une soirée en famille. Moi, en famille. Ça faisait une éternité que ça ne m'étais pas arrivé. Nous avions dîné et nous étions allez voir un film. Film qui, en passant, avait de quoi vous rendre aveugle et sourd. Ce soir j'avais appris que la mère de Bella était décédée récemment. Ça expliquait sûrement cette par d'ombre dans ses yeux. Nous nous étions confié l'un à l'autre. Je lui avais également compté quelques-une des affaires sordides de mon passé, chose que je ne faisais jamais. Mais il était facile de parler à Bella. Elle ne me jugeait pas. Elle écoutait et je faisais pareil avec elle. Encore une fois, c'était un échange.

James et les autres passèrent me chercher à la villa. Je montais dans le 4x4, me préparant mentalement à notre petite routine.

- Le programme? Demandais-je à Laurent, au volant.

- Trois kilos.

- Un chacun, ajouta James, ça devrait partir vite vu la qualité.

- De qui elle viens?

- Félix. Répondit Victoria. De qualité.

- Notre pourcentage? Continuais-je.

- 40 %. Finis James.

- La routine. Soupirais-je en me laissant aller contre le dossier.

***

- 1993 -

- Bienvenu dans ta nouvelle maison Edward. J'espère que tu te plaira ici.

L'enfant de 10 ans que j'étais serrait son sac à dos contre lui. C'était le seul bien précieux que j'avais à l'époque. Il contenait quelques BD, une photo de ma mère et un jeans délavé que ma derrière famille d'accueil m'avait donné. J'avais du les quitter eux aussi. Il faut dire que mettre leur chat dans la machine a lavée en mode essorage n'avait peut-être pas été la meilleure façon de leur prouver ma gratitude. Leur fils, plus âgé que moi, m'avait mit au défit de le faire. J'aimais le challenge. Les Bawling étaient des personnes gentilles, mais tout le monde avait ses limites. C'était la 5ème famille que j'épuisais en 4 ans. Une bonne moyenne.

- Je tien à te prévenir qu'ici nous ne tolérons pas l'indiscipline mon garçon. Tu ne seras jamais placé en famille si tu continu à te comporter ainsi.

Cette vieille bique était le cliché de la bonne sévère. Un tailleur noir sur une chemise blanche, les cheveux tirés en chignon et des petites lunettes sur le nez. Elle ne baissait jamais la tête pour vous regarder, elle se contentait de baisser les yeux. Elle était affreuse.

- Ton lit est là, le troisième sur la gauche. Tous les lits doivent être fait au carré à 7 heure tapante tous les matins, 8h le dimanche. Les repas se prennent à la cafétéria. L'étude se tien de 16h à 19h après l'école. Manque un seul cours et tu repart dans un autre foyer. Je t'aurais à l'œil mon garçon, c'est compris?

- Oui. Répondis-je en observant l'austérité de l'endroit.

- Dans 3 mois, si ton comportement est irréprochable, nous reparlerons de famille d'accueil. Si bien sûr il en reste une sur terre que ne n'a pas épuisé.

Je la fusillais du regard, incapable de lui dire ce que je pensais vraiment d'elle et de ses principes. J'avais déjà assez d'ennuis comme ça.

- Et bien mon garçon, ne t'avons nous pas appris qu'il était impolie de fixer les gens. Ça n'est pas comme ça que nous te placerons.

Elle paraissait indignée. Cette femme devait s'indigner à la moindre contrariété.

- De toute façon, je retournerais chez ma mère bientôt. Dès qu'elle ira mieux, elle viendra me chercher.

- Oh petit, elle se baissa à mon niveau me faisant sentir son halène de bœuf, je ne pense pas que ça arrivera un jour. Si ta mère avait du te récupérer, elle l'aurait fait depuis longtemps.

Elle avait cracher ça sans la moindre compassion et s'en était aller. J'avais ravalé ma colère et étais partit m'installer sur mon nouveau lit. J'essayais de contenir cette peine qui me serrait la gorge mais je n'étais qu'un jeune garçon. M'abandonnant à mes émotions, à ma faiblesse, je me jetais sur le matelas et roulais sur le côté en essayant de ne pas me faire remarquer par les autres enfants. J'étouffais mes sanglots dans cet oreiller qui sentait le renfermé. Ils ne savaient rien de ma mère, un jour, elle viendrait me chercher.

- Les larmes ne résoudront rien tu sais. Disait une voix à côté de moi.

- Mêle-toi de ce qui te regarde ! Lançais-je entre deux sanglots.

- Je te dis ça parce que j'étais comme toi au début moi aussi.

Cette fois je me retournais en essuyant mes larmes au passage. Je découvrais un garçon assis au bout de mon lit. Il devait avoir mon âge. Son visage paraissait plus mature cependant.

- Et ça n'a pas aider. Finissait-il.

- Pourquoi tu me dis ça?

- Parce que j'aurais aimé que quelqu'un me le dise quand je suis arrivé.

Je ne trouvais rien à répondre à ça. Il m'apparaissait comme l'enfant le plus courageux que je n'avais jamais rencontré.

- Je suis James. Disait-il en me tendant la main.

- Edward.

Nous nous serrions la main et s'observant mutuellement.

- Voilà ce que je te propose Edward, tu surveilles mes arrières et je surveilles les tiens ok?

- Ok. Répondais-je, un peu hésitant.

« Cette règle était encore très présente dans ma vie, plus de 10 ans après. James et moi étions comme des frères. Toujours là l'un pour l'autre. »

***

- Juillet 2008. -

Une nuit, après avoir passé trois heures plutôt éprouvantes dans les rues de Volterra avec James, je ne souhaitais pas être seul. Il était tard, 2h45, Bella devait sûrement dormir depuis un bon moment. Je décidais de lui rendre visite malgré tout. Ce soir, plus que jamais j'avais besoin d'elle. Mais serait-elle disposer à me recevoir? Depuis le feu d'artifice, elle se faisait parfois difficile. J'aimais ça, je la voulais encore plus quand elle me résistait. Je me faufilais alors jusqu'à sa chambre et la trouvais profondément endormie. Son visage affichait une expression si sereine et innocente que j'eus envie de la prendre dans mes bras. Cette fille réveillait de drôle de sensations en moi. Je me glissais dans l'espace étroit de ce petit lit, m'allongeant délicatement sur elle en veillant à ne pas l'écraser. Son réveil fût instantané. Ses mains se refermèrent sur mes avant-bras et elle souriait avant d'ouvrir lentement les paupières.

- Bonsoir la belle au bois dormant. Dis-je doucement en la regardant reprendre conscience.

- Êtes-vous mon prince charmant? Souffla-t-elle, taquine.

- Hum … J'en doute fortement.

- Que faites vous là dans ce cas?

- J'ai vu de la lumière alors …

- C'est faux, la lumière était éteinte.

- Je parlais de la lumière qui émanait de votre incroyable beauté ma chère.

Elle éclata de rire.

- Tu es idiot. Qu'est-ce que tu viens faire ici à, elle vérifiait l'heure, 3 heures du matin?

- Je viens de rentrer. Je voulais te voir.

- Hum je vois, encore une soirée sexe, drogue et Rockn' Roll?

- S'il y a eu du sexe, on ne m'a pas prévenu en tout cas. Je n'ai rien senti du tout.

Elle riait encore, j'aimais ce son. Il m'apaisait.

- Tu es venu remédier à ce problème?

- J'avoue que l'idée m'a traversé l'esprit.

- Ouais et bien ne compte pas trop là dessus Cullen, il est tard, ta sœur et ton frère dorment dans la chambre à côté et excuse moi de te dire ça mais tu as interrompu un très beau rêve que j'aimerais continuer.

- Et j'étais dedans?

- Pourquoi je rêverais de toi?

- Parce que je suis ton plus grand fantasme.

- Mon dieu, et tes chevilles ça va? Elles enfles pas trop?

- Moi je rêve de toi.

Elle me lançait un de ces regards qui disaient : « Prend moi pour une cruche ».

- Je t'assure. Riais-je.

- Ah oui et qu'est-ce qui se passe dans tes rêves?

Je réfléchis un instant.

- Et bien d'abord, je pénètre dans ta chambre en pleine nuit. Tu dors et je te réveille par quelques baisers entre la nuque et l'oreille, tu sais ceux que tu aimes tant.

Alors je m'appliquais à lui miner la chose pour que mon récit soit plus parlant. Alors que mes lèvres se posaient délicatement sur la peau tendre et fine de son cou, je la sentais frémir. Ses mains se resserrèrent autour de mes bras et je souriais. J'attrapais le lobe de son oreille en le léchant légèrement avant de la regarder de nouveau. Elle avait fermé les yeux, se laissant aller à la délectation de ses sensations et mit un moment avant de refaire surface.

- Ça t'aide un peu. Demandai-je, amusé.

- Pas vraiment, j'ai besoin d'un peu plus de détails. Me répondait-elle, des flammes dans les yeux.

Avec ce simple regard, Bella m'avait prise à mon propre jeu. Je me raidissais déjà sur elle en m'installant plus confortablement entre ses jambes, qu'elle remontait légèrement autour de moi pour me laisser de la place.

- Ensuite, tu es d'abord surprise de me trouver là et tu me dit que je suis un très vilain garçon.

Elle levait le yeux au ciel en souriant alors que je continuais ma narration, caressant mon nez contre le sien. J'avais envie de ses lèvres que je savais brûlantes, mais je me retenais cependant. Je prenais du plaisir à jouer à ce petit jeu avec elle.

- Et après? Souffla-t-elle sur mes lèvres, comme pour me rendre dingue.

- Après … Après, tu sent mes mains passer son ton t-shirt, comme ça …

Je jouais le jeu encore une fois, remontant le long de son ventre, sentant ses muscles se contracter sur mon passage.

- Je vois.

Déjà elle se mordait les lèvres. Elle était tellement séduisante dans ce genre de moment d'abandon. J'entourais l'ovale de son sein sans jamais y administrer une quelconque pression, juste pour le plaisir de la sentir. Retenant mes pulsions, j'essayais de continuer à parler. Bella me prit par surprise cependant quand ses mains passèrent sous ma chemise à la recherche de ma ceinture. Avant que je ne puisse continuer, elle avait capturer mes lèvres et c'est dans un soupir de soulagement que je répondais à son appel, mêlant ma langue à la sienne, m'agrippant à ses cheveux.

- Comment fini ce rêve? Demandait-elle, haletante.

- Je te dis qu'il va falloir que l'on soit, très, très silencieux.

Nous éclations de rire ensemble avant que je ne l'embrasse à nouveau. Ces moments que nous partagions étaient tout simplement parfaits.

***

-11 août 2008 -

[If Everyone Cared - NickelBack]

Encore une nuit dans la rue. James et moi avions commencé à travailler tôt ce soir là. Les prises avaient été bonne. Nous commencions à avoir nos réguliers. Ceux qui venaient nous trouver savaient qu'ils venaient chercher la qualité. Toute qualité avait un prix cependant. C'était ainsi que tournait notre monde. Je ne voulais pas être là. Je devais dîner avec Bella à 21h00. J'essayais de lui montrer que je pouvais aussi m'occuper d'elle de façon plus chaste. Mon invitation avais dû la surprendre, ce n'était pas dans nos habitudes. J'espérais passer une soirée agréable en sa compagnie, un peu dans la lignée de cette journée que nous avions passé ensemble au début de cette « relation ». Plus que tout, j'espérais lui faire plaisir en jouant les gentleman d'un soir, pour une fois.

Deux mec s'approchèrent de nous. Nous les avions repéré dès qu'ils avaient tourné au coin de la rue.

- Combien? Lançais-je au premier.

- 10.

Un pauvre junkie celui-là aussi. Tout tremblotant devant moi, attendant que je le délivre de sa miséricorde. J'étais heureux de ne plus toucher à ces merdes. James préparait déjà la commande.

- Ça fera 1000 $.

- Ouais écoute mec … J'ai pas tout là. Bégayait l'abruti devant moi.

- C'est simple, commençais-je, si toi tu n'a pas tout, nous on a rien.

- Allez, soit sympa … J'suis en galère là …

- Non mais t'ai bouché ou quoi?! Barre toi ! Lui hurlait James.

Le gars partait en nous insultant.

- Franchement, c'est pas croyable. Il y a marqué « Mère Thérèsa » sur mon front ou quoi?

- Ça m'étonnerais que mère Thérèsa se livrait à ce genre d'activité. Rétorquai-je en comptant les billets amassés.

- C'est calme. Il va péter un câble.

- Ne t'inquiète pas, la soirée commence à peine, je soupirai en regardant ma montre, écoute tu crois que Laurent pourrait me remplacer ici pour ce soir.

- Laurent et Vicky sont de l'autre côté de la ville Ed. Qu'est-ce qui t'arrive?

- J'ai des trucs à faire ce soir.

- Des trucs à faire? Ouais, ici, on bosse.

- Arrête James, tu peux très bien gérer sans moi pour quelques heures.

- On est censé faire ça en équipe. Ta commission je la divise aussi?

- Tu ramènes toujours tout à ça.

- Ouais bah excuse moi si certain d'entre nous n'en chie pas tous les jours.

- T'as autant de frics que moi ok? Les Cullen ne me donne rien.

- Les Cullen … Rappel moi ton nom de famille pour voir?

Je ne répondais pas. Je ne voulais pas m'engager sur cette voix avec James, pas ce soir.

- Écoute, je reviens à 1h00 ok?

- Tu vas la voir pas vrai?

Mon silence répondit de lui même. James fit quelques pas vers moi et me regarda droit dans les yeux.

- Je me demande ce qu'Aro dirait s'il savait que tu faisais passer le plaisir avant le business.

- Tu me menace là?

- Moi non.

- Il faut que j'y ailler. Répondis-je l'air sombre.

Je m'éloignais lentement sentant le regard de James peser lourdement sur moi, même une fois que je lui ais tourner le dos. C'était réellement la première fois que je le laissais seul pendant une vente. Nous étions une équipe, nous l'avions toujours été. Je me sentais mal de le planter. Je savais ce qu'il en pensait. Il prenait ça comme une trahison à notre amitié. Dans sa tête, je faisais passer la fille avant lui. A vrai dire, c'était la première fois que j'étais dans cette situation. Jamais avant je n'avais eu à faire ce choix. Les filles que je fréquentais en général, je ne les rencontrais que bien plus tard dans la soirée. Et jamais je n'avais eu envie de les inviter au restaurant. Comment expliquer la nuance que Bella représentait à James alors que moi-même, je ne pouvais mettre aucun mots dessus. Tout ce que je savais c'était qu'elle m'attendais. Je ne voulais pas être en retard.

Je m'avançais dans la ruelle où nous avions garé nos voitures, cherchant mes clés quand on m'interpelait :

- Hey mec !

En me retournant je reconnaissais le gars que nous avions viré un peu plus tôt.

- Ça y es tu as trouvé de quoi payer? Je ne vend plus ce soir, tu devrais retourner voir James.

- J'ai trouver de quoi TE faire payer. Dis-il en s'arrêtant près de moi.

- Je te demande pardon?

Là, en plus de celui que j'avais en face de moi, deux autres hommes s'approchèrent de moi, laissant le premier en tête. Génial ! Des durs à cuire. Je n'avais pas le temps pour ça. Il était déjà 21h00.

- Écoutez les gars. On est pas obligé d'en arriver là.

- Maintenant tu fais moins le malin hein !

- T'as la flipette?! Criait un des autres gars, le plus survolté de tous.

Je riais intérieurement.

- Tu n'as aucune idée de qui je suis alors tu ferais mieux de faire attention à ce que tu insinues.

- On va t'apprendre le respect. Disait le premier en sortant une barre en fer.

Je soupirais. Apparemment la confrontation était inévitable. Nous étions face à face lui et moi, ses bull-dog attendant derrière.

- As tu seulement idée de la signification de ce mot ?

Je seule réponse qu'il me fournit était le premier coup de matraque dans le ventre. Je me pliais en deux sous le choc et il en profitait pour m'en donner un sur la nuque. Cette fois je tombais. Les autres prirent part au combat en m'assénant quelques coups de pieds bien placé pendant que j'étais étendu sur le sol. Lâches ! La colère prenait lentement possession de moi. Je la sentais courir dans mes veines. Elle me donnait alors la force nécessaire pour me relever. J'attrapais le premier à la gorge et le plaquais contre ma voiture, lui donnant un coup de genoux entre les jambes. Il glissait par terre et je me faisais de nouveau frapper par l'un des autres. Au visage cette fois, dans l'œil. Et merde ! Ça laisserait une marque. Je lui rendais son coup et en profitait pour le frapper dans le genoux. Celui-ci tombait sur le bitume en hurlant. Le troisième me tirait en arrière, me serrant la gorge pendant que le premier de mes agresseur se servait de mes abdominaux comme punching-ball. Je me débattais et réussie à me libérer mais quand je m'apprêtais à répliquer, je sentis une violente décharge électrique me traverser. Je tombais brutalement, paralysé. Un des gars avait vidé son taser sur moi. Impossible de répliquer.

- Toi, espèce d'enfoiré, je te conseil de te casser, toi et tes petites-amies, ou je t'explose la gueule !

James !

Il les tenait enjoue. Avoir un pistolet sur nous n'était pas une si mauvaise idée finalement. Les trois hommes partirent rapidement. Une fois qu'ils aient disparu à l'angle de la rue, James se précipita vers moi.

- Ça va tu tien de coup ?!

- Ils m'attendaient.

- Bande d'enfoirés ! Ça va aller où tu veux qu'on aille voir Jane?

- Non, non ça ira. Aide moi à me relever.

Une fois sur pieds, je m'adossais à ma voiture.

- Il faut que j'y aille. Soupirais-je, sachant que j'étais déjà plus qu'en retard.

- Quoi?!

- Je suis en retard.

- Tu viens de te faire casser la gueule et tu vas quand même aller roucouler avec elle?! Ça va pas bien ! T'as pris un mauvais coup sur la tête.

- J'inventerais un truc.

J'ouvrais difficilement la portière pour m'installer au volant.

- Ah oui? Et quoi donc? Qu'est-ce qui va justifier cette magnifique paupière gonflée et pourpre?! Rétorquait James en passant sa tête par la vitre que je venais d'ouvrir.

Déjà, je mettais le contact.

- Ça n'est pas l'une des nôtres Edward !

Sur cette phrase j'avais démarrer, laissant mon meilleur ami derrière moi, mon frère. J'avais déjà une demie-heure de retard et j'avais bien 30 minutes de trajet jusqu'à la villa. Bella allait être furieuse. Je ne pouvais pas la contacter, mon téléphone avait du tomber pendant le combat. J'accélérais en essayant de penser à l'explication plausible que j'aurais à lui fournir quand elle me lancerait un des ses regards colériques et assassins. Je pouvais déjà la visualiser. Je devrais me montrer convainquant. Être avec elle me donnais le sentiment d'une vie normale, je n'étais pas près à abandonner ce sentiment de liberté. Pas encore du moins, je savais qu'un jour ou l'autre ça serait inévitable. Je n'allais jamais lui dire la vérité, je n'en avais ni le droit ni l'envie. Je ne voulais pas la trainer dans ce monde, je ne voulais pas qu'elle me regarde différemment. Elle faisait ressortir ce qu'il y avait de mieux en moi. Pourquoi est-ce que je pensais à tout ça?! J'accélérais encore et dix minutes plus tard, j'abordais Volterra. J'avais plus d'une heure de retard. Bella serait définitivement hors d'elle. Je soupirais en me garant en face de la grange. Mon corps me faisait souffrir, j'avais du mal à respirer et j'avais l'impression que mon œil voulais s'échapper de son orbite. Cette soirée ne se passerait certainement pas comme je l'avais prévus. Je m'extirpais de l'habitacle et me forçais à avancer.

Je n'avais plus que quelques mètres à faire quand la porte de la grange s'ouvrit sur elle. Je figeais mes pas. Elle était magnifique dans cette petite robe. Je voulais la rejoindre. Bella marchait rapidement dans la direction opposée à la mienne, elle était effectivement en colère. J'allais l'appeler quand Jacob Black fit son entrée. Bella ne le remarquait qu'une fois l'avoir percuter. Il la releva lentement et ils commencèrent à parler. D'ici je n'entendais pas ce qu'ils se disaient mais Jacob était déjà trop près d'elle à mon goût. Je ne pouvais rien faire à par les observer. Ils avaient l'air tellement assortis tous les deux, que ça en était presque écœurant. J'avais l'impression de regarder l'un de ces films à l'eau de rose, ceux où l'on savait des le départ avec qui la fille finirait. Contre toutes attentes, ils partirent ensemble. Bella allait passer la soirée avec Jacob Black. Je serrais les poings. Je n'arrivais a identifier d'où venait cette colère subite. Elle était encore plus brûlante que celle qui m'avait animé dans la ruelle. Après tout, Bella et moi ne nous devions rien, elle faisait ce qu'elle voulait avec qui elle voulait et moi aussi. Malgré tout, je lui en voulais. Oui, je lui en voulait de ne pas m'avoir attendu une minute de plus, même si je comprenais que se soit légitime. J'étais complètement irrationnel. Pourquoi fallait-il que Jacob Black se soit trouvé là à ce moment précis? Avait-il engagé ces mecs pour me tabasser? Ok, là j'étais débile ! Mes jambes me rappelèrent à l'ordre, elles étaient sur le poing de céder et mes côtes étaient en feux. Il faillait que je m'allonge. Mais au lieu de regagner le pool, j'étais aller dans sa chambre...

Là j'avais réfléchis. Cette chose avec Bella devait prendre fin, elle m'embrouillais l'esprit. J'avais l'impression de rechuter dans l'addiction quand j'étais avec elle. Comme si elle était ma propre dose d'héroïne. Je m'étais toujours promis de ne plus jamais retomber dans quelque addiction que se soit, mais quelque chose chez elle m'attirait inexorablement. Ça devait prendre fin, pour son bien être et le mien, les choses avaient déjà bien trop déparées.

Elle était rentrée, son parfum m'avait immédiatement frapper. J'avais voulu signaler ma présence immédiatement, mais elle avait commencé à dé-zipper sa robe, dévoilant les courbes de son dos … Déjà je replongeais. Pourquoi avait-elle autant d'emprise sur moi? Je ne savais pas envers qui j'étais le plus en colère, elle ou moi.

- Bonne soirée?

Bella sursautait avant de remarquer ma présence. Elle était furieuse. Nous étions deux alors. Tout ça devait prendre fin ! Je perdais le contrôle de la situation. Trop de paramètres se bousculaient dans ma tête.

« Tu ne connais rien de moi ! Tu ne connais rien de ma vie ! »

« Je ne demande que ça !! »

Impossible !

« Et tu es qui pour moi hein ? ! On ne se connaît que depuis un ou deux mois et ça y est, tu es censé être la personne en qui je dois croire aveuglément ? ! »

« Si je suis une telle étrangère à tes yeux, qu'est-ce que tu fais dans ma chambre ? ! »

Je n'en avais pas la moindre idée. De frustration, je donnais un violent coup dans le mur. Je regretterais ce geste, il l'avait effrayé.

« Je ne vais pas te laisser me traiter comme tous les gens qui essaient d'avoir le moindre contact avec toi ! Tu ne pourras pas toujours empêcher les gens de t'approcher Edward. Que tu le veuilles ou non, tu fais partie de cette famille. Il y a des gens ici qui tiennent à toi ! Je tien à toi ! »

Pourquoi?

« Je ne t'ai rien demandé ».

Je regagnais le pool. J'avais définitivement réglé le problème Bella Swan. Alors pourquoi me sentais-je si vide et irrémédiablement seul. J'avais toujours eu l'habitude de la solitude, j'embrassais ces moments. C'était la première fois que cela me dérangeais. Puis elle était revenue et à ma grande surprise j'étais … Soulagé.

« - Je ne veux pas te perdre.

Tu ne sais pas ce que tu dis.

Au contraire… J'ai besoin de toi.

Arrête de dire ça.

Pourquoi ? C'est ce que je pense. »

J'étais perdue. Je la voulais. J'avais plus besoin d'elle que je ne voulais l'admettre. Nous avions fait l'amour et jamais ça n'avait été aussi intense et douloureux pour moi. Bella Swan avait sondé la noirceur de mon âme et s'y était noyée avec moi.

***

Après cette soirée, plus rien n'avait été pareil. Bella ne quittait plus mon esprit. J'avais besoin de ces moments fusionnels que nous partagions tous les deux, sans pouvoir le lui avouer. Je savais maintenant qu'elle attendait plus de moi que ce que je lui donnais. Mais j'étais incapable de la laisser glisser dans cette voix. Les choses seraient devenues trop sérieuses entre nous si j'avais autoriser plus de débordement affectifs. Les choses allaient déjà beaucoup trop loin, je la laissais me rejoindre dans mon lit, la nuit. Nous dormions l'un contre l'autre sans un mot. Je la laissais faire parce que j'avais autant besoin de sa présence qu'elle de la mienne. Quand nous étions ensemble, plus rien d'autre n'existait. Il m'étais maintenant difficile de lui refuser quelque chose, alors quand elle m'avait parler de Cecina et que j'avais refuser, le regard qu'elle m'avait lancé m'avait presque tué. Je devais travailler ce soir là et je n'y était pas allez, prétextant devoir rester en famille pour sauver les apparences. J'avais rejoint les autres, je l'avais rejoint. Je m'étais laissé aller et en rentrant chez moi au petit matin, j'en payais le conséquences. James m'attendait. Déjà, le sourire naïf que j'affichais s'effaçait.

- Sympa ta virée sur la plage?

- Je n'ai pas envi de parler de ça. Dis-je en m'engouffrant dans cette pièce qui déjà me faisait suffoquer.

- C'est bizarre, à une certaine époque on se disait tout toi et moi.

- Ça ne te concerne en rien.

- Justement je crois que si. Tu déconnes et quand tu déconnes, le travail n'est pas fait. Quand le travail n'est pas fait, Aro se fout en rogne. On sait tous les deux ce que ça veux dire.

- Oui mais le travail est fait James.

- Parce que je te couvre oui. Il faudrait peut-être que tu commences à me donner une bonne raison de le faire.

Je lui faisait face, debout au milieu de la chambre. Il se levait et faisait quelques pas dans ma direction.

- Qu'est-ce qui t'arrive à la fin? C'est comme ci tu n'avais plus le temps pour tes vrais amis maintenant.

- J'en sais rien, soupirai-je, j'en ai marre c'est tout.

- Ouais et bien ressaisie toi, parce qu'on a pas fini de payer notre dette toi et moi. Tant que c'est pas le cas, on ne pourra pas en sortir je ne t'apprend rien. Honnêtement, je ne suis pas sûr que trainer avec cette fille soit une bonne idée.

- Je ne vois pas le rapport.

- Tu ne peux pas te contenter de la baiser et de te barrer après?!

Je détournais les yeux. Cette conversation commençait à me prendre la tête.

- Oh non … Tu tiens à elle pas vrai? Plus que je ne le pensais.

- La ferme.

- C'est pas possible Edward.

- Tu as bien Victoria.

- C'est différent, Vicky est dans le business depuis bien plus longtemps que nous. Bella … Je suis sûr qu'elle est très gentille, qu'elle passe le temps … Mais elle n'est pas des nôtres. Elle ne le sera jamais et tu ne peux pas me contredire sur ce point. Il y a toujours Tanya si tu te sent seul.

- Tanya n'est qu'une trainée.

- C'est toujours utile. Tu veux quoi une relation sérieuse? Je t'en pris, ne me fais pas rire. Viens avec moi ce soir, on va sortir, on va boire, on va te trouver une petite poupée … Comme au bon vieux temps. Ça te remettra les idées en place.

- C'est ta solution?

- Ça te sortira le petit cul de Bella de la tête au moins, je ne vois pas ce que tu lui trouve de plus.

- Ne … Ne parle pas d'elle comme ça. Répondis-je le plus calmement possible, bien que ces dernière parole soient infâmes.

- Oh pardon ça t'irrite les œstrogènes ? Je dois avouer que dans ses petits jeans tous serrés, elle est plutôt bandante la new-yorkaise.

- Ta gueule ! Hurlais-je les poings serrés.

James retrouvais son sérieux et un silence s'installait entre nous. Il me dévisageait comme s'il ne savait plus qui j'étais. Le savais-je moi même?

- Je te conseil de mettre un terme à toutes ces conneries avant qu'il soit trop tard dans ce cas. Sinon, Aro s'en rendra compte … Un jour ou l'autre.

Il partait et je m'étalais sur mon lit.

Par la suite, j'avais fais ce que j'avais eu à faire. Je m'étais éteins de nouveau. Je l'avais faite partir.

« - Qui parles à travers toi? », m'avait-elle demandé.

Crois moi, tu ne veux pas le savoir.

***

- 1998 -

J'avais maintenant 15 ans. Il y avait trois semaines de cela, j'avais eu mon accident. James et moi avions tenté de voler une voiture, acte stupide surtout considérant que le seul but de cette manœuvre avait été d'avoir un moyen de transport pour se rendre à une soirée pathétique, où nous avions plus d'ennemis que d'ami. James avait décrété qu'il était plus « sympa » d'y aller en voiture qu'en bus. Évidement, les choses avaient mal tourné. Le propriétaire du véhicule, à peine plus âgé que nous et avec qui James avait eu plusieurs altercations par le passé, nous avait surprit. Il avait sortit son canif et me l'avait planté dans la gorge. Je m'étais écroulé. Le froid c'était instantanément emparé de moi. Je n'avais jamais vu James aussi flippé de toute sa vie, lui qui jouait toujours les durs à cuire.

« - Ça va aller mon pote, accroche toi! » Avait-il dit en me faisant tomber sur son épaule alors que je me vidais de mon sang.

Il m'avait alors porté sur plus de trois kilomètre à une vitesse qui dépassait l'entendement. On dit que quand la mort est derrière vous, vos capacités se décuplent. Ce soir là, la mort me souriait, attendant que je rejoigne ses troupes, mais c'était comme si James y avait été tiré avec moi. S ans lui, je serais mort près de cette voiture. Il m'avait conduit aux urgences et m'avait trouvé un docteur sans que je ne sache comment. Grâce à deux personnes, ma vie avait été épargnée ce soir là. Grâce à James et grâce au Docteur Carlisle Cullen. Cet homme, bien qu'il ne viennent pas du même milieu social que nous, ne nous avait jamais jugé. Il ne nous avait jamais posé la moindre question. C'était un homme discret et très érudit, sa simple présence imposait le respect même face à de forte tête comme moi ou James. Pendant les deux semaines qui avaient suivi ma convalescence, le docteur et moi avions beaucoup parlé. L'homme s'était pris d'affection pour moi sans que je n'en comprenne la raison. Carlisle me ramenait beaucoup de livre pour passer le temps et je me prenais d'adoration pour Vingt Mille Lieue Sous les Mers. Après deux semaines passées à l'hôpital, je pouvais repartir et reprendre ce semblant de vie que je chérissais. J'étais triste de quitter Carlisle, sans pour autant oser le lui avouer. J'aimais imaginer que mon père, où qu'il soit, lui ressemblait.

- Bien Edward, je te souhaite un bon rétablissement. Mon travail est maintenant terminé.

- Merci docteur.

- Carlisle. Me sourit-il. Juste Carlisle.

- Remerciez votre femme pour les cookies s'il vous plait.

- Ça lui faisait plaisir. Je lui ai beaucoup parlé de toi.

- Pourquoi?

- Parce que nous sentons tous les deux que tu peux accomplir de grandes choses Edward.

Jamais un adulte n'avait cru en moi avant lui. Ma gorge se serrait mais je restais froid à l'extérieur. J'étais un homme maintenant, je n'avais jamais eu besoin de personne et se n'est pas maintenant que ça allait commencer.

- Quand partez-vous pour l'Italie?

- Dans une semaine.

- Oh, soufflai-je simplement, c'est bien … J'imagine que sans vos conseils, je pourrais redevenir l'abruti que j'étais encore il y a deux semaines.

- J'espère bien que non. Commence par retourner à l'école mon garçon.

- Je vais essayer.

- Notre proposition tien toujours tu sais. J'ai appeler ton foyer, ils n'y voient aucun inconvénient.

- Je sais et je vous en remercie vous et Esmé pour ça mais James est ici et ma mère est sûrement entrain de m'attendre dans notre maison maintenant alors …

- James pourrait-être placé à Volterra. J'ai déjà passé quelques coups de file pour lui.

- Vous êtes prêt à tout pour accueillir un vaurien comme moi dites-moi. Plaisantai-je.

Mais Carlisle ne riait pas lui.

- Arrête de te dénigrer ainsi. Tu es quelqu'un d'une grande valeur, avec un esprit agile, même s'il est encore un peu engourdi.

- Vous ne me connaissez même pas.

- Je te connais suffisamment. Ma fille, Alice, a ton âge. Elle est prête a te laisser sa chambre. Je suis sûr que toi et Emmett vous entendriez à merveille.

- C'est gentil mais … Ma mère. Elle va mieux maintenant. Je ne l'ai plus revu depuis dix ans. Je dois la rejoindre. Elle est ma famille vous comprenez?

- Je comprend.

- Merci pour tout.

- Merci à toi Edward.

Après je faisais quelque chose qui m'étais encore inconnu mais mon corps avait parlé avant moi et je prenais Carlisle dans mes bras en retenant mes larmes, de honte que quelqu'un me surprenne. Le docteur me rendis mon étreinte sans un mot et je m'éloignais.

- Edward ! M'appelait-il alors que j'étais à mi chemin dans le couloir. Je te dépose quelque part?

Calisle Cullen m'avait raccompagné chez ma mère. A sa dernière adresse, celle que le foyer m'avait donné. C'était un quartier plutôt pauvre et la Mercèdes du docteur faisait plutôt tâche dans ce décors de lamentation. Je lui demandais donc d'arrêter la voiture avant que l'on soit devant la maison.

Je descendais doucement du véhicule, fixant la porte de la petite bicoque. J'avais la gorge sèche et les mains moites. J'allais revoir ma mère. Après tant de temps à l'attendre, j'allais la revoir. Je refermais la portière avec précautions, réajustant mon sac à dos sur mon épaule et m'avançais vers la clôture grillagée. Elle grinça quand je passais la petite porte. Je ne quittais pas la porte de yeux. J'avais l'impression qu'elle s'éloignait au fur et à mesure que j'avançais vers elle. Je n'entendis pas la Mercèdes redémarrer derrière moi mais je ne me retournais pas pour vérifier si le docteur était toujours là. J'allais enfin revoir ma mère. J'inspirais profondément avant de tourner la poignée. La porte était ouverte. J'affichais un sourire radieux en posant un pied à l'intérieur. Le temps que j'y pose le deuxième, ce sourire avait disparu. La maison était complètement vide. Pas de meuble, le courrier jamais récupéré jonchait le sol, personne. Il n'y avait plus personne. Cet endroit donnait l'impression que quelqu'un s'en était échappé sans laisser de trace. Je ne pouvais pas y croire. Un mélange de peine et de colère m'envahissait. Elle était sûrement là quelque part. Elle ne pouvait pas m'avoir fait ça. Elle ne pouvait pas m'abandonner une seconde fois. Je courrais au fond de la pièce pour inspecter les chambres. Vides également. Non, pourquoi? Qu'avais-je fais pour qu'elle ne veuille pas me revoir? Peut-être que ma mère avait raison au final. Elle voyait peut-être en moi mon père, cet homme qui l'avait abandonné et ça, elle ne pouvait pas le supporter. Son fils lui rappelait ses échecs. Je lui rappelait sans cesse la plus grosse erreur de sa vie. En revenant dans la pièce principale, je dû me retenir au mur pour ne pas tomber. J'avais du mal a respirer. Je luttais, je luttais pour ne pas pleurer mais ton mon corps me rappelait cette douleur que je ne voulais pas laisser sortir. Au milieu de la pièce, je constatais ma solitude. Je constatais la trahison d'une mère dont j'avais trop longtemps espéré la rédemption. Elle n'avait jamais voulu de moi. Jamais.

Je m'étais figé quand je sentais une main sur mon épaule.

- Allez viens.

Carlisle était là.

- Viens, allons nous-en.

Il m'entrainait vers la sortie quand je fondais en larmes. Tout homme que je croyais être, je fondais en larme dans les bras de celui qui m'avait sauvé la vie de bien de manière déjà. Une semaine plus tard, et grâce aux nombreuses ficelles que Carlisle avait tiré, James, Laurent et moi, nous envolions pour Volterra. James et Laurent furent placé dans deux familles d'accueil à moins d'un quart d'heure de la ville Cullen. Esmé avait insisté pour que je garde un semblant de repère. Elle avait insisté pour que je garde mes frères auprès de moi et cette opération n'avait sûrement pas été gratuite.

Une nouvelle vie s'offrait à nous. Une nouvelle vie s'offrait à moi. J'avais des parents aimants, un frère et une sœur qui m'avaient tout de suite adopté, ma propre chambre. La seule chose sur laquelle les Cullen était intransigeant était l'école. En plus d'y aller tous les jours (un exploit pour moi), j'avais des professeurs particuliers qui me firent rattraper mon retard. Si étudier était le seul moyen pour garder cette vie et ces gens près de moi, j'étais près à le faire. Les débuts furent difficile mais au final, j'y prenait un certain plaisir, les choses devenant de plus en plus facile à comprendre. En l'espace de 5 mois, je n'eus plus besoin de professeur particulier. J'étais mon propre « puits de savoir » comme le disait Esmé. Je dévorais la connaissance. C'était un véritable challenge. Chacune des choses que j'apprenais était une preuve supplémentaire que tous ceux qui avaient pu me rabaisser durant ma courte vie, que se soit ma mère ou cette femme au foyer qui me regardait toujours de haut, une preuve qu'ils se trompaient tous.

***

- Volterra 2008 -

« Bella,

Tu dois me détester à l'heure actuelle et c'est légitime. Cette lettre est le seul moyen que j'ai trouvé pour communiquer avec toi. Je n'ai pas été franc avec toi. Je ne le peux pas et ne le pourrais jamais. Les choses ne pourront jamais évoluer entre nous et tu finirais toujours par en souffrir. Je refuse que ça arrive encore une fois et surtout pas à cause de moi. Je tien trop à toi pour t'entraîner avec moi sur cette voix. Moi ça fait longtemps que je n'ai plus le choix, mais toi tu l'as encore. Je fais ce choix pour toi, même si tu ne le comprend pas, je le fais pour toi. Je suis lié au secret, lié par un contrat inviolable et je dois encore régler ma part du marché. Tout cela dois te paraître très flou mais je ne peux être plus clair sans t'impliquer. D'avantage... Crois-moi si je pouvais te parler je le ferais.

J'ai confiance en toi, j'ai même une confiance aveugle en toi. Ces sensations que tu réveils en moi, je ne les avaient jamais ressenti avec personne . Tu me fais du bien. Près de toi, la vie paraît plus simple et plus douce. Je sais que tu comprend ce que je veux dire. Nous partageons quelques chose de fort toi et moi, ou du moins, nous partagions … Mais ne regrette rien, cette connexion entre nous, c'est elle qui t'a poussé jusqu'à moi et je ne te mérite certainement pas. Je tien à te protéger en t'éloignant. C'est dur pour moi aussi. J'aimerais être aussi libre que je le prétend. La vérité c'est que j'ai peur. J'ai peur de toi. J'ai peur de moi. J'ai peur de l'ampleur que prennent les choses entre nous. Je n'ai jamais cru que cela pourrait arriver mais tu m'as touché d'une façon dont jamais aucune femme n'avait pu me toucher avant. Je me sent faible. Tu as plus de pouvoir sur moi que tu ne semble le penser. Tu es tellement têtue, obstinée, passionnée, vivante. Tu es un vrai mystère, j'ai peur, je m'enfonce dans l'inconnu, mais je ne peux pas te laisser partir. Simplement parce que j'ai besoin de me sentir vivant pour une raison précise. Ton regard me donne une raison d'espérer, une raison changer de vie. Tu es ma meilleure amie et bien plus encore. Tu écartes les ténèbres qui me suivent sans relâchent. Je n'arrive pas à trouver les mots justes, ou la raison exacte, c'est simplement toi.

Maintenant je vais te promettre une chose, très bientôt j'aurais réglé mes problèmes et très bientôt je viendrais te retrouver. Nous pourrons nous réparer l'un et l'autre comme nous l'avons toujours fait. Je sais que je ne suis pas doué pour ce genre de chose, mais j'apprends au fur et à mesure. Comment te garder près de moi sans te faire de mal? C'est une question à laquelle je n'ai pas encore répondu. J'ai essayé à plusieurs reprise de te montrer à quel point je n'étais pas fréquentable mais tu as toujours cru en moi. Jusqu'à aujourd'hui ... Peu de gens ont montrer autant de patience et acharnement envers moi. Merci.

Donne moi encore un peu de temps et après ça, je ferais ce qu'il faut pour te prouver que j'en vaux la peine. Ce que je m'acharne à te dire c'est de ne pas perdre tout espoir … Pas encore. Je ne sais pas ce que j'aurais à t'offrir après ça, je parle d'un idéal que je ne suis pas sûr d'atteindre, mais se sera toujours mieux que ce que j'ai à t'offrir maintenant. Tu es très importante pour moi, je ne sais pas pourquoi mais c'est comme ça. Je ne supporterais pas de ne plus te voir. Tu es l'espoir qui me manquait tout au long de ces années, l'espoir d'une autre vie. Une vie plus simple. Je n'en reviens pas d'écrire des choses pareilles mais je les pense. Donne moi un peu de temps. Après ça, libre à toi je m'envoyer en enfer … Mais attend, s'il te plait. J'ai besoin de savoir que je pourrais, ne serais-se qu'une seule fois, retrouver la quiétude de te serrer contre moi. C'est la seule chose qui m'importe pour le moment, retrouver la paix que tu m'apporte. Je sais que je t'apporte la même chose. On se comprend. On se complète. Je ne me l'explique pas moi-même. C'est nouveau, je ne comprend pas ce qui m'arrive. Tout ce que je sais, c'est que ce changement, ce regain d'humanité … Tout viens de toi.

Sincèrement,

Edward. »

***

- Parce que je crois que je suis tombée amoureuse de toi ! Criait-elle.

Mon cerveau s'arrêtait de fonctionner un instant. J'arrêtais de respirer. Tout ce que j'entendais c'était la sonnerie incessante de mon téléphone. Alors je décrochais, évitant son regard embué et meurtri posé sur moi.

- Allo? … Oui … J'arrive …

J'imprimais son visage dans mon esprit, je savais que je ne le reverrais pas de si tôt. Elle allait m'en vouloir. J'espérais que ma lettre l'apaise un peu. C'était ma seule solution, ma seule chance. Alors que je l'abandonnais derrière moi en montant dans ma voiture, je ré-entendais sa voix en boucle dans ma tête :

« Parce que je crois que je suis tombée amoureuse de toi ! … tombée amoureuse de toi ! Je crois … Edward … Qu'est-ce que je peux être stupide … Et moi qui croyais que tu t'en souciais un minimum! Mais tu t'ai toujours foutu de moi en fin de compte ! J'ai vu ton expression ce matin, juste avant ton réveil. Tu étais heureux... je suis tombée amoureuse de toi … On a toujours le choix ! »

[Closer – Kings of Leon]

Une rage indescriptible s'emparait de moi, brûlant mes entrailles alors que j'accélérais. Je n'en identifiais pas clairement l'origine. Elle était aveuglante. J'aurais voulu aller encore plus vite alors que je poussais déjà la voiture à sa limite. Comment avais-je pu me mettre dans une situation pareille?! Comment avais-je pu la laisser m'envahir à ce point? Qui étais-je a présent? Je ne me reconnaissais plus? Comment avait-elle pu me dire ça? Tomber amoureuse de moi? Après tout ce que je lui avais fait subir, c'était ridicule. Ridicule et impossible ! Elle n'avait pas le droit. Elle n'avait pas le droit d'avoir autant d'emprise sur moi. J'étais libre parce que je décidais de l'être à cet instant précis. La liberté était un état d'esprit. Je n'avais pas besoin d'elle. Elle qui étais arrivée et qui avait retourné ma vie en un éclair, en une fraction de seconde. Je ne voulais pas être dépendant, non jamais. Tout ça n'était qu'une lamentable erreur, j'avais été fou de croire qu'il m'était permis de tisser ce genre de relation avec quelqu'un. J'avais été fou de croire que je pouvais encore tout contrôler. Elle avait été folle de se laisser aller avec moi. Elle le regretterait sûrement. Je ne pouvais simplement pas lui offrir ça : L'amour. Je ne savais pas ce que c'était. Je ne voulais pas savoir. La passion, le manque, le besoin : ça je savais. L'amour n'en était pas nécessairement la résultante. Pas dans mon monde. Je me sentais trahis. Je pensais pourtant qu'elle m'avait compris. Pourquoi m'avait-elle choisie moi? Pourquoi devait-elle tout gâcher?

Arrivé à l'endroit convenu au téléphone, James sautait dans la voiture. Je démarrais immédiatement.

- Ça va? T'as l'air tendu.

- T'occupe ! Où on va?

- Un client spécial.

- T'as tout?

Il me désignait un gros sac de sport qu'il tenait fermement contre lui. Je grillais un feu au passage. James s'agrippa au tableau de bord.

- Woww ! T'es malade ! On doit arriver vivant je précise !

- Je veux en finir.

- Avec la vie?

- Tu veux le finir ce job ou non?! M'emportais-je.

- Parce que maintenant tu t'en souci?! Je te signal que si on est là ce soir c'est que j'ai pas pu finir tout seul le soir où tu te prélassais tranquillement sur la place avec ta copine!

- C'est pas ma … Je suis là ce soir ok alors lâche moi!

Et plus je parlais et plus ma conduite devenais dangereuse. Je slalomais rageusement entre les voitures qui avaient le malheur de croiser ma route.

- Te lâcher? Comme tu m'as lâché tu veux dire?

- J'ai merdé une fois ! Une seule fois en 8 ans ok ! Une seule fois depuis 14 ans qu'on se connaît alors s'il te plait … Laisse moi le bénéfice du doute !

- Le Edward que je connais depuis 14 ans n'aurait jamais fait ça sans une bonne raison. Souffla-t-il, plus pour lui même.

Je ne relevais pas et l'habitacle retrouvait son silence. Nous n'étions plus qu'à 10 minutes du point de rendez-vous quand des gyrophares rouges et bleus m'éblouissaient le visage à travers le rétroviseur. Une sirène vint immédiatement confirmer ce que je craignais.

- Merde, merde, merde … Pestait James. Les flics, le sac … On a 5 kilos là dedans Edward bordel ! Je t'avais dit de ne pas te faire remarquer !

« Rangez-vous sur le bas côté », Disait une voix déformée dans un mégaphone, provenant de la voiture de patrouille.

- Putain, soufflait James, si on s'en sort Aro nous fera la peau.

- Calme toi. Répondais-je en me rangeant. Laisse moi faire.

- T'as un plan Superman? Parce que ça serait le moment de le mettre à exécution.

- Reste calme. Disais-je fermement en regardant le policier approcher dans mon rétroviseur.

« J'ai vu ton expression ce matin, juste avant ton réveil. Tu étais heureux... je suis tombée amoureuse de toi … On a toujours le choix ! Edward.»

Sa voix. Je je la fuir. Sa voix si douce, si … Addictive.

Pris de panique, j'enfonçais l'accélérateur en faisant crisser les pneus du 4x4. Le policier courrait déjà à sa voiture et nous pris en chasse alors que j'essayais de lui échapper.

- C'est ça ton plan, hurlait James hors de lui, bravo très brillant !

- A moins que tu veuilles prendre le volant, je te conseil vivement de la fermer !

Je quittais la route pour entrer dans un espace vert. Des gerbes de terre s'arrachant du sol volaient déjà sur mon par-brise, mais ma petite sortie de route n'arrêtait pas ce flic qui nous suivait toujours.

- Où tu vas?

- Au rendez-vous.

- T'es encore plus taré que ce que je croyais !

- On va finir se job d'une façon ou d'une autre !

- Si tu me disais plutôt de quoi il s'agit vraiment pour qu'on puisse enfin en finir ! S'énervait-il

- Ya rien du tout ok !

- Non parce que je me disais que j'avais au moins le droit de savoir la raison pour laquelle j'allais croupir en cellule !

Je regagnais la route, ayant tourné à l'angle d'une rue. La patrouille n'était momentanément plus derrière nous.

- Sort !

- Quoi?

- C'est à 200 mètres d'ici. Ils vont revenir ! Grouille-toi !

Sans perdre une seconde de plus James s'extirpait de la voiture et commençait à courir avec le sac de sport. Je laissais le moteur tourner. Impossible pour moi de quitter le rétro des yeux. Je m'attendais à les voir débarquer d'un instant à l'autre. Une minute s'était écoulée déjà. Je resserrais mon emprise autour du volant, mon pied sur l'accélérateur, prêt à bouger à la moindre alerte. Je devais pourtant attendre James. Trois minutes. Peu importe, il sauterait dans le 4x4 en marche s'il le fallait. Mon cœur battait dans mes tempes. Impossible que tout s'arrête ce soir. Les choses n'étaient pas censé se terminer ce soir. 5 minutes. Vite James.

- Tu savais que ce jours arriverait.

Je tournais lentement la tête du côté passager. Cette voix je l'aurais reconnue entre milles. Bella, assise à côté de moi, me regardait. Elle était calme, résignée, son visage était plus dur qu'en temps normal.

- Rien n'est fini tant que je ne l'ai pas décidé.

- En tout cas, avec moi tu ne t'ai pas gêné.

- La ferme, tu n'es pas réelle.

- Non c'est vrai, riait-elle, la peur t'embrouille l'esprit. Respire ou tu vas finir par nous faire une syncope.

- Quoi?

- Respire.

Pourtant depuis qu'elle était apparue, je ne ressentais plus de stress.

- J'hallucine maintenant … Parfait le timing.

- Tu l'as fais souffrir du sais.

- Temporairement.

- Tu crois?

- Qu'est-ce que tu veux à la fin? M'énervais-je contre l'image d'elle qu'avait créé mon esprit à la dérive.

- Toi, qu'est-ce que tu veux? Moi je ne suis que la manifestation de ta propre culpabilité.

- Je veux en finir avec tout ça.

- Humm …

Bella se rapprochait de moi. J'aurais juré qu'elle était devant moi. Je pouvais presque sentir la chaleur humide de son haleine sur mes lèvre. J'aurais juré que ma main caressait la courbe de son dos alors qu'elle s'installait sur mes genoux, caressant ma nuque, comme pour m'apaiser. Elle me dévisageait un instant et je restais pétrifié. Son visage, si innocent, si parfait … Ses lèvres …

- Roule. Disait-elle dans un souffle.

- Quoi?

L'embrasser. Embrasse-la. Laisse toi aller … Rien qu'une seconde, c'est si bon.

- Roule. Répétait-elle calmement quand que j'étais hypnotisé par ses lèvres.

Soudain l'avais froid. Très froid.

- Roule !! Hurlait James en grimpant dans la voiture.

Le temps que je reprenne pied dans la réalité, la police nous avait repris en chasse. La course poursuite reprenait de plus belle alors que j'avais l'affreuse impression d'avoir été visité par un fantôme. Mes gestes étaient mal assurés, j'étais perturbé et la peur qu'on ne se fasse prendre m'empêchais de réfléchir clairement.

- Attention le … !!

Trop tard, la voiture de patrouille venait de nous percuter. Non, deux voitures. Elles étaient deux. Une avait dévié notre trajectoire et l'autre nous était rentré dedans, nous envoyant droit dans le mur. Le choc fut violent. Très violent. Nos corps furent propulsés en avant pour instantanément revenir buter contre le dossier du fauteuil. La ceinture de sécurité m'écrasa la trachée au passage. Je recevais des bris de verre, le par-brise avait explosé sous le choc. La portière s'ouvrait à côté de moi. J'étais sonné. On me tirait hors du véhicule. Des voix hurlaient autour de moi mais je n'arrivais pas à saisir le sens de leurs paroles. Un liquide chaud coulait le long de mon œil pour finir sur ma joue. Soudain ma joue s'écrasait sur le bitume encore chaud d'avoir pris le soleil toute la journée. Quelqu'un me ramenait les bras dans le dos et je sentais une pression désagréable dans entre mes omoplates.

« - Vous avez le droit de garder le silence ... »

Je voyais James maintenant. Il était dans la même position que celle dans laquelle je semblais me trouver. Mes paupière étaient lourdes, mes oreilles bourdonnaient comme si la réminiscence du bruit du crash tournait en boucle dans ma tête. Je fermais les yeux et la dernière chose que je vis fut le visage de Bella. Elle était accroupie devant moi et me regardais avec tendresse. Elle passait sa main dans mes cheveux et souriait. Ses yeux ... Ce n'était ni un regard accusateur ni un regard apeuré. C'était un regard serin et plein d'espoir, en total désaccord avec la situation.

Elle était simplement là et …

J'avais besoin d'elle. De sa douceur. J 'aurais voulu qu'elle m'emporte avec elle dans son monde. J'aurais voulu mourir.

Bella.

***

Je m'étais réveillé quelques minutes plus tard dans une cellule. La police n'ayant rien trouvé sur nous ou dans la voiture, seul le délit de fuite avait été retenu contre nous et nous avions été libéré sur caution. Caution que Carlisle avait payé pour nous, en venant nous chercher au poste. Carlisle étant quelqu'un d'important dans cette ville, aucune poursuite ne serait retenue contre nous. Pendant tout le trajet, Carlisle ne parla pas. Il n'eus pas un seul regard envers moi. J'aurais préféré la colère. Une fois qu'il eu déposé James chez lui cependant, les choses devinrent plus réelles. Il s'arrêtait brusquement au bord de la route, m'obligeant à sortir de la voiture. Nous étions éclairer dans les phares de la Mercèdes dans cette nuit noire.

- Explique-moi.

Je ne savais pas quoi lui répondre.

- Explique-moi Edward. Je croyais que tu avais dépassé ça depuis longtemps. Je croyais … Tu avais promis. C'était la seule condition que nous avions, Esmé et moi en t'accueillant, pas d'ennui avec la justice !

Il était furieux et quand le docteur était furieux, c'est qu'il y avait une bonne raison.

- Je sais.

C'était la seule réponse que je trouvais.

- Alors explique-moi ! Donne moi une bonne raison de ne pas de jeter dehors !

- C'est … J'ai une dette à éponger. Soupirai-je.

- Pardon?

- Je travail pour quelqu'un de puissant, le genre de personne avec qui il ne faut pas déconner. Ce soir nous étions sur un job avec James et ça a mal tourné.

- Dans quoi baignes-tu Edward? Me demandait Carlisle, plus inquiet qu'en colère maintenant.

Je soupirais. Ma rédemption passerait par les aveux.

- J'avais 17 ans quand tout as commencé.

- 2000-

James était venu me réveiller en plein milieu de la nuit et nous nous étions échappé de la villa dans une Audi flambant neuve. Sur le siège arrière je trouvais tout un tas de console de jeux, du champagne, de la nourriture, des lecteurs DVD. Je ne comprenais pas ce qui se passait mais James semblait aux anges.

- T'as braqué une banque ou quoi?!

- C'est pas la belle vie ça?! Hein !

- Je suis sérieux. Ça viens d'où tous ces trucs?

- Détend toi un peu ! C'est notre nouveau boss qui nous les offres.

- Notre nouveau boss?

- Je nous ai trouvé un boulot !

- Qui te dit que j'en avais besoin d'un?!

- Oh, un peu de soutien serait le bienvenu Ed ! Tout le monde n'a pas la chance d'être tombé chez des bourgeois ok. C'était un travail pour deux, à prendre ou à laisser, j'ai pas eu le choix.

- T'aurais pu venir m'en parler avant non?

- Mais de quoi tu te plains ? On fait des livraisons 4 heures tous les soirs et on peut garder les joujoux. Disait-il en désignant la marchandise à l'arrière.

- Des livraisons? Des livraisons de quoi?

- J'en sais rien moi, merde ! Regarde cette voiture !

- C'est qui ce mec?

- Je sais pas, une sorte de parrain ici. La moitié de la ville est à lui. Aro il s'appel. Il a toute une bande derrière lui.

- Et il t'a filé tout ça, comme ça...

- Il a dit qu'on le rembourserait en bossant. Il m'a même filé les clés d'une immense baraque dans les collines. J'en ai fini avec ces enfoirés et leur taudis. Relax ok ! C'est tout bénéf j'te dis !

Ce que je ne savais pas alors c'était qu'on venait de devenir les dealers du plus grand mafieux de Volterra et que cette dette qui s'élevait au départ à 20 000 $, était livrée avec des intérêts. Aussi, le temps que je le comprenne, notre dette à chacun s'élevait à 50 000 $. Malgré tous les efforts que nous fournissions pour Aro, la dette ne diminuait pas. Il avait piégé deux gosses et n'avait jamais eu l'intention de les lâcher. Personne ne lâchait Aro. Je doutais fortement que les 50 000 $ me tombent du ciel et les pourcentages que nous gardions sur les ventes étaient infimes en comparaison.

Malgré ça, Aro nous avait toujours protégé, normal de protéger son plus gros fond de commerce. Personne dans le milieu de la nuit n'oseraient s'attaquer aux protégés d'Aro. Ceux qui avaient essayé, n'étaient plus là pour en parler.

Je n'avais jamais songé à m'échapper, ce pacte me donnait un certain confort financier. Je n'avais jamais songé à partir … Jusqu'à ce qu'elle arrive.

- 2008-

Une fois mon récit terminé, le visage de Carlisle était indéchiffrable. Il s'écoulait de longues minutes avant qu'il ne prenne la parole.

- A combien s'élève ta dette aujourd'hui? Demandait-il enfin.

- A peut près 35 000 $.

Il soupirait et faisait quelques pas nerveux en me tournant le dos. Finalement, il remontait en voiture, sans un regard. Je montais aussi et nous reprenions la route.

***

Le reste du trajet c'était fait en silence. Carlisle était resté concentré sur la route mais je savais que son esprit était ailleurs. L'expression grave de ses traits ne laissait aucun doute sur le fait que je l'avais prodigieusement déçu. Je m'en voulais pour ça. Il faut croire que ce soir j'avais déçu deux des rares personnes qui croyaient encore en moi. J'étais un aimant à déception et je ne pouvais rien arrêter, rien contrôler. Je perdais le contrôle de mon existence. Pourtant je n'aurais jamais cru être assez bête pour un jour décevoir mon père. Carlisle n'avait jamais cessé de croire en moi. Il croyait en moi avant même de me connaître, avant même que je ne me connaisse moi-même. Il m'avait ouvert les portes de sa maison, il m'avait offert un toit et une famille, voilà comment je le remerciais. Une simple erreur de jeunesse, la naïveté de deux gosses dans leur quête d'un bonheur illusoire et artificiel. Cette erreur qui les poursuivait encore aujourd'hui. C'était cher payer pour quelques gadget électronique dernier cri et une belle voiture. Nous arrivions à la villa. Comment Esmé allait-elle réagir quand il lui dirait? Son regard si … maternelle envers moi … C'est ce qui me manquerait le plus.

Mon père ouvrait la marche, je lui suivais la tête basse dans l'espoir de ne pas me faire remarquer d'avantage. Nous trouvions Alice assise en face de ma mère dans la cuisine, devant une tasse de café. Elles étaient en peignoir, le visage fatigué à cette heure tardive de la nuit. Quelque chose perturbait ma sœur, je la connaissais assez pour le deviner au premier coup d'œil que je lui adressais. Se pourrait-il qu'elle soit déjà au courant? Dès qu'elle me vit, ses yeux se firent sombres et glacial. Ce regard me terrifia, jamais je n'aurais cru qu'elle me regarderait comme ça un jour. Je ne bougeais plus, les yeux rivés sur elle. Impossible d'en faire abstraction. Carlisle rejoignait Esmé, l'embrassant sur le crâne comme pour lui signaler sans un mot que tout allait bien.

- Edward, souffla ma mère en me voyant, ton visage …

- Je vais bien maman. Ne t'inquiète pas.

Alice se leva et marcha lentement jusqu'à moi les bras croisé, le visage de glace.

- Tu n'es qu'un pauvre idiot. Lâcha-t-elle sèchement.

- Je sais.

- J'en suis pas certaine. Je ne suis pas sûre que tu te rende bien compte de ce que tu viens de perdre cette fois.

- Crois-moi je le sais. Vous êtes la seule famille que j'ai … Alice, si je vous perd …

- Si tu nous perd? S'étonna ma sœur. Tu le mériterais. Je ne sais pas ce que tu lui as fait ce soir Edward, mais elle était bouleversée.

Je me répétais mentalement ces derniers mots sans en comprendre le sens.

- Bouleversée?

- Oui qu'est-ce que tu croyais?! Pourquoi elle? De toutes les bimbos que tu pouvais séduire, pourquoi as-tu choisis de blesser la seule fille digne de ce nom, qui s'intéressait un minimum à toi et que j'appréciais?!

Une fille?

- Quoi? Attend, de quoi tu parles?

De Bella évidemment.

- Bella, qu'est-ce que …

- Elle est partie Edward, continuait Alice en interrompant mes réflexions, il y a une heure. Elle repart à New York.

Mon sang se glaça à l'intérieur de mes veines. Cette information cheminait lentement à l'intérieur de moi alors que je prenais conscience de ce qu'Alice me reprochait en réalité. Bella avait décidée de repartir à cause de moi. Très vite mon cœur se fit douloureux et mes entrailles semblèrent se déchirer. Ma gorge se serra, ma respiration s'accélérait.

- Quoi? Pourquoi?!

- A toi de me le dire.

- Mais la lettre … Soufflais-je.

- La lettre ? Répétait Alice en fronçant les sourcils.

Elle due remarquer mon trouble car son visage se détendit un peu. Puis se fût comme si je venais de recevoir une décharge électrique. Elle était partie il y a une heure seulement … Je ne le voulais pas. Ça ne pouvait se finir ce soir, pas comme ça. Pas après l'accident, l'apparition. Le simple fait de l'imaginer loin d'ici, le simple fait de ne plus pouvoir la voir ou entendre le son de sa voix … C'était insupportable. Après la paralysie de la nouvelle, mon corps était pris de frénésie. Je devais la retrouver.

- Carlisle, j'ai besoin de ta voiture.

Il hésitait.

- Je t'en pris, suppliais-je, je dois partir.

Finalement il me lançait les clés et déjà je reculais.

- Edward … Souffla Alice comme stupéfaite de ma réaction fasse à la nouvelle.

- A quelle heure est son avion?

- Qu'est-ce que ça peut faire? Tu n'arrivera jamais à temps. Répondit-elle, presque navrée.

- Alice. Insistais-je, en essayant de garder mon calme face à l'urgence que je ressentais.

- 6h00.

[Likke Li – Possibility]

[There's a possibility
There's a possibility
All that I had was all I gon' get
]

(Il y a une possibilité, tout ce que j'ai eu était tout ce que j'aurais)

Je m'élançais déjà vers la voiture. Ça me lassais 2 heures pour la récupérer. Le ciel de Toscane commençait tout juste à s'éclaircir. Il n'y aurait pas beaucoup de monde sur la route. Je devais essayer. Je devais la revoir. Je n'arrivais pas a mettre des mots sur ma douleur, mais je ne voulais plus la ressentir. Elle me brûlait, me déchirait et seul le visage de Bella pouvait l'apaiser. J'avais été un idiot finit avec elle. J'avais tellement été obnubilé par ma petite personne que je n'avais pas vu à quelle point elle pouvait être précieuse. Bella méritait plus que ce que je lui avais apporté jusque là. Elle ne m'avait jamais tendu de piège, elle avait toujours été franche, au contraire de moi.

[There's a possibility
There's a possibility
All I gon get is gone with your step]

(Il y a une possibilité, tout ce que j'aurais est partit avec toi)

Alors que j'accélérais encore, je revoyais son sourire et ses yeux pétillants de vie malgré toutes les épreuves qu'elle avait pu vivre. Bella avait cette innocence dans le regard qui donnait juste envie de la protéger. Elle était loin d'être naïve pourtant. C'était la personne la plus censée et réfléchie que j'avais jamais rencontré. Le fait de vouloir l'étreindre, de vouloir lui faire l'amour à chaque seconde, c'était simplement dû au fait que quand nous étions si proche, j'avais l'impression de toucher son monde, de ressentir la détresse qu'elle dissimulait aux yeux de tous. Bella avait cette faculté de transformer mes moments d'obscurité en lumière. J'avais foi en quelque chose sur cette terre rien qu'en la regardant vivre. Les choses ne pouvait pas être aussi pourries dans ce monde si elle y existait. Mais j'avais peur, très peur qu'une fois partie, l'obscurité de mon âme reviendrait me hanter. Elle me donnait envie d'être meilleur et plus digne, elle me donnait l'impression que moi aussi je pouvais trouver ma place ici bas. Elle était devenue mon garde-fou. Sans elle je perdrais pieds.

[So tell me when you hear my heart stop,
You're the only who knows
Tell me when you hear my silence
There's a possibility
I wouldn't know ]

(Dis moi quand tu attend mon cœur s'arrêter, tu es le seul à le savoir, dis moi quand tu entendra moi silence, il y a une possibilité, je ne le saurais pas ]

Pourquoi la repousser sans arrêt dans ce cas. Le mal était fait, ce que j'avais voulu évité c'était produit. Je l'avais impliqué dans cette obscurité qui m'entourait et elle était tombée amoureuse de moi. Chose incompréhensible après tout ce que je m'étais permis avec elle. J'avais peur, plus pour elle que pour moi. Je n'étais pas quelqu'un de bien pour Bella. Elle méritait bien plus mais dans un autres de mes élans égoïstes je ne pouvais que la poursuivre. Lui demander de revenir et essayer de changer en réparant mes erreurs. C'était essentiel. En temps normal, je me foutais complètement de ce que les gens pouvaient bien penser de moi. Mais pas elle, pas Bella.

Je jetais la Mercèdes dans la première place que je trouvais et m'élançais dans le terminal. Il y avait plus de personnes que ce que j'avais imaginé. Ils freinaient ma progression. Je voyageais malgré tout à travers ce flot incessant d'inconscients. Son avion ne partait que dans 45 minutes. J'aurais le temps de la supplier de rester, si seulement je la trouvais. Au fur et à mesure de ma progression, j'accélérais le pas. J'avais l'impression que ma vie dépendait de ce moment. Je touchais du doigt un nouveau départ. Un nouveau moi et Bella faisait partie de lui. Elle m'aiderait à devenir meilleurs et je ferais tout pour racheter mes fautes. Je la protègerais de toute cette noirceur. Elle était à la fois ma meilleure amie, mon amante et bien plus encore. Elle était cette brûlure au fond de moi que je n'arrivais pas à décrire. J'étais maintenant à bout de souffle mais je l'apercevais. Je l'aurais reconnue n'importe où. Elle passait les contrôles de sécurités. Plus quelques mètres et je pourrais la serrer contre moi en la suppliant de pardonner le pauvre idiot que j'avais pu être et que j'étais certainement encore.

[Know that when you leave
Know that when you leave]

(Sache le en partant)


J'approchais maintenant des autres voyageurs.

- Bella !

Rien, elle ne semblait pas pouvoir m'entendre.

- Bella ! Hurlais-je, sentant ma peur se décupler.

Déjà elle s'engouffrait dans le hall et disparaissait. Non ! Je poussais les gens qui patientaient en ignorant leurs protestations. J'allais suivre ses traces et pénétrer dans le hall quand l'agent des douanes m'interceptait.

- Votre billet s'il vous plait.

- Je n'en ai pas, je dois juste parler à la jeune fille qui vient de rentrer.

- Pas de billet, pas de passage. Répondait-il tel l'automate qu'il avait été entrainé à être.

- Vous ne comprenez pas ! C'est très important que je la vois avant qu'elle ne prenne cet avion !

- La règle est la même pour tout le monde Casanova.

- Écoute moi bien espèce de bureaucrate aigris, j'ai passé une très mauvaise nuit ok alors je te déconseille de jouer avec moi. Lâchai-je, menaçant.

- Monsieur je vais vous demander de reculer ou j'appelle la sécurité.

- C'est pas vrai, criais-je en enfonçant mes mains dans mes cheveux, Bella ! Bella !

Deux grosses mains m'agrippèrent les épaules pour me faire évacuer. Mais je résistais. La police de l'aéroport approchait déjà. J'avais perdu. Je ne voulais pas retourner en cellule après ma visite de cette nuit. Carlisle ne me l'aurait jamais pardonné. Je devais lâcher prise. J'aurais voulu hurler. J'avais été si prêt du but. Elle était encore là et on me refusait son accès. C'était trop tard. Ils m'escortaient vers la sortie.


[So tell me when you hear my heart stop,
You're the only who knows
Tell me when you hear my silence
There's a possibility
I wouldn't know ]

(Dis moi quand tu attend mon coeur s'arrêter, tu es le seul à le savoir, dis moi quand tu entendra moi silence, il y a une possibilité, je ne le saurais pas ]

Une fois qu'ils m'eurent jeter en dehors du terminal je restais figé face à mon échec. Un de plus. Jamais je ne la reverrais. Aussi douloureux que cette idée l'était, c'était peut-être une bonne chose. Si je n'avais pas été capable de changer ma vraie nature, si cette poisse avait continué à me hanter, Bella en aurait souffert. C'était encore plus inadmissible que l'idée de la perdre.

Je me laissais glisser sur le capot de la Mercèdes. J'étais dans l'incapacité de conduire pour le moment. Mon corps hurlait de l'intérieur et semblait endormie à l'extérieur. Je ne pensais à rien d'autre qu'à elle. Je venais le perdre la seule femme qui m'avait un jour fait ressentir quelque chose. Je pouvais mourir de nouveau maintenant. Je l'avais perdu par pure bêtise, par peur, par égoïsme et à cause de ce passé trop chargé.

Il était 6h00. Je levais la tête et voyais l'avion décoller sachant qu'elle était dedans et qu'elle s'éloignait. Peut-être à jamais … Un trou béant semblait se creuser à l'intérieur de moi. J'avais perdu espoir. Je payais le prix de mes erreurs.

Je ne pouvais m'en prendre qu'à moi même.


Je vous remercie tous de votre patience et de votre passion pour Beautiful Disaster.

J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de vos espèrances.

J'attend vos réactions avec impatience ;)

Merci encore.

Ginie.

PS : FF me foire encore une fois la mise en page !