CHAPITRE XI
CLOSER TO THE EDGE
***
- Qu'est-ce que tu fais ici?
- Salut. Répondait-il simplement, les mains dans les poches de son manteau.
« Salut ?!! », pensais-je en serrant les dents.
Nous nous fixions sans rien dire. Lui abrité sous la porte de mon immeuble et moi sous mon parapluie. Par rapport à la colère que j'imaginais imprégner mon visage, lui était calme et attentif. Pour la première fois, Edward Cullen ne trouvait pas ses mots. De quel droit se trouvait-il devant chez moi ?!
- Qu'est-ce que tu fais ici? Répétais-je.
- Honnêtement, je sais pas.
- Comment tu m'as trouvé? Demandais-je, la voix dépourvu de toute sympathie.
- Rosalie. Répondit-il doucement, comme une excuse. Elle m'a donné ton adresse.
- Évidemment, soufflais-je en tapant nerveusement du pieds.
Je ne savais vraiment pas quoi lui dire. S'il attendait que je fasse la conversation c'était râpé. Je ne voulais pas être là. Je ne voulais pas avoir cette conversation. Ses yeux remplis de remords posés sur moi ravivaient déjà trop de chose, ce feux au creux de mon estomac. Ce feux que je ne savais définir. Un mélange de peine, de colère et de joie. Un mélange contradictoire que je ne voulais pas avoir à ressentir. Plus jamais.
- Bon excuse-moi mais si tu n'as rien à dire, je vais rentrer chez moi ! Lançais-je en montant les quelques marches qui me séparait de l'entrée.
- Attend … Bella … Cet été ...
Il avait attrapé mon poignet pour m'arrêter et déjà j'arrêtais de vivre. Mon regard ce figea sur son geste et je serrais la mâchoire. Edward le remarqua vite cependant et me lâchait rapidement, comme s'il c'était rendu compte de son erreur. J'essayais de calmer ma rage avant de lever de nouveau les yeux vers lui. Je ne devais pas être aussi réactive, il ne le méritait pas. J'aurais dû être détachée et impassible, mais il m'était impossible de faire taire ce feux en moi. A cette instant précis, je savais que mon regard parlait de lui-même.
- Cet été, commençais-je en essayant d'avoir une voix déterminée, j'ai fais des choses … Des choses que je regrette vraiment.
- Moi aussi, soufflait-il, la façon dont je me suis comporté … Tu ne méritais pas ça.
- Non ça c'est certain. Répondis-je, en serrant les dents.
Non, non je ne voulais pas que cette conversation dérive de cette façon. Hors de question.
- Des amis, là où je travail, reprit-il, oui parce que j'ai un travail maintenant. Disait-il dans un léger rictus nerveux.
- C'est bien, je suis contente pour toi. Le coupais-je sans ménagement.
La lueur de peine qui traversait alors ses iris ne me fit ni chaud ni froid. J'en étais presque fière, bizarrement ma gorge commençaient à me faire souffrir. Edward reprenait d'une voix légèrement plus terne ensuite.
- Ils ont un groupe. C'est pour ça que je suis ici. Ils veulent que je chante une chanson sur scène. D'où ma venue.
- Et ça me concerne en quoi? Demandais-je impatiente.
- Cette chanson, continuait-il en choisissant d'ignorer mon ton, je l'ai écrite et … J'aimerais beaucoup que tu viennes l'entendre.
Je lui renvoyais un visage presque effaré. Quel culot ! Je me tournais de nouveau vers la porte.
- Bella s'il te plait, soufflait-il dans mon dos, tu ne sais pas depuis combien de temps je t'attend … S'il te plait viens.
- Je ne peux pas te revoir Edward.
Le son misérable de sa voix, je ne pu l'ignorer. Il m'implorait. J'étais fière d'avoir enfin inversé les rôles entre nous. Je me retournais juste pour voir à quel point il était mal et pouvoir m'en réjouir. Seulement quand mes yeux accrochèrent les siens, les choses furent moins jouissives pour moi. Edward avait l'air accablé, désespérément triste, comme s'il jouait ses dernières cartes. Malgré toute la haine que je lui portais, je ne pu m'empêcher d'en éprouver de la peine. La vengeance était une chose plus facile à imaginer qu'à mettre en pratique. Je m'en voulais pour ça, je m'en voulais de ne pas pouvoir assumer de provoquer ce genre de regard chez lui. Après tout, il ne s'était pas gêné avec moi ! Pourquoi étais-je si faible face à sa douleur?
- C'est ce soir à 23h. Au SouthPaw. C'est dans Brooklyn, sur la 5ème avenue.
Je ne répondais pas, simplement parce qu'un tas de réponses contradictoires se bousculaient dans ma tête. Alors il continuait.
- Je sais que je n'ai pas le droit d'exiger quoi que se soit de toi Bella et que c'est déplacé de ma part de venir jusqu'ici pour te demander quelque chose …
- On est d'accord au moins là dessus. Répondis-je.
- Toujours est-il que je suis là. Et où est-ce que je pourrais bien aller? Sachant que tu es là, dans la même ville que moi … Sachant que je n'ai pas d'autre excuse pour venir te parler à part ça … Il fallait que je vienne. Il fallait que j'essaie.
Encore une fois, je ne répondais pas pas.
- Réfléchis-y. Si tu décides de ne pas venir, je comprendrais tout à fait. Mais réfléchis-y.
- Edward, insistai-je, je ne peux pas te voir.
Déjà il descendait les marches, faisant fis de ma réponse.
- Pense-y, dit-il en reculant, je ne t'importerais plus après ça.
Puis il partait et je m'engouffrais avec une urgence démesurée dans mon immeuble.
***
Pov Edward.
Je m'éloignais sans un regard en arrière, sous une pluie battante. J'avais entendu la porte claquer violemment dans mon dos à la minute où j'avais tourné les talons. Ce bruit sourd sonnait comme une sentence funèbre dans mon esprit. J'avais pitoyablement espéré que les choses se serraient passées différemment. Comme si Bella allait me sauter au cou en me trouvant planté devant chez elle. L'espoir était une chose écœurante. L'espoir m'avait donné la force de venir la trouver ce soir. Dès que je l'avais revu, à la seconde où elle était apparue devant ce bus, j'avais cessé de vivre. J'avais pris conscience de son absence depuis deux mois et de sa présence, là devant mois à quelques mètres. J'avais pris conscience de ce manque que j'avais d'elle rien qu'à la joie que son apparition réveillait en moi. Sa personne, elle, que j'avais enfouie dans ma mémoire, tout se révélait erroné. A cet instant elle ne m'étais jamais parue aussi belle. La culpabilité m'écrasait. Comment avais-je pu me comporter ainsi avec une si belle créature, un ange. Mon ange. Malgré son absence, Bella m'avait sauvé de bien des façons durant ces deux mois. Elle n'avait pas idée à quel point. Ma vie entière en avait été retourné. Les erreurs que j'avais commises avec elle m'avaient permis d'ouvrir les yeux sur celles que j'avais aussi commises avec ma famille, sur celles que j'avais commises en grandissant. Bella avait révéler le vide de mon existence. Dès lors, j'avais travailler d'arrache pieds pour remonter la pente avec pour seule motivation, la retrouver et le lui prouver. Lui montrer à quelle point je lui en était redevable.
Seulement, et de façon stupide et naïve, je n'avais pas prévu autant de colère. Je ne m'étais pas préparer a un regard si noir et lointain. Jamais, et même pas au moment les plus sombres que nous avions vécu, jamais Bella ne m'avait regardé ainsi. C'était comme si elle avait simplement cessé de croire en moi. Elle en avait parfaitement le droit bien sûr, pourtant j'en avais été blessé. Le simple fait de ne plus desseller une seule lueur de confiance dans ses yeux, au moment même où pour une fois je le méritais, m'avais frappé au plus profond mon être. Encore une fois ma réaction était purement égoïste considérant mon attitude passée, mais le découragement m'avait déchiré. Comment, en partant de si bas, pouvais-je en seulement 48h lui montrer que j'avais changé?
Je m'étais pourtant évertué à lui dire ce que j'étais venue lui dire. Pas autant que je l'aurais voulu, mais le plus important. Si elle ne souhaitais pas entendre mes excuses, elle pourrait peut-être les comprendre. Cette chanson était la seule solution qu'il me restait. Le seul moyen que j'avais pour qu'elle comprenne à quel point j'étais désolé et à quel point je regrettais. Il y avait tellement de choses dont je lui étais redevable. J'aurais voulu la remercier tout simplement, la remercier du fond du cœur pour le cadeaux qu'elle m'avait fait . Cependant, cette solution paraissait illusoire compte tenu de sa réaction. Elle paraissait simplement révulsée par ma seule présence devant elle. Je n'avais pas le droit de lui en demander plus que ce qu'elle m'avait déjà donnée. Si seulement elle pouvait encore me croire le temps d'une chanson, si seulement elle me permettait de m'exprimer encore une dernière fois, mes efforts n'auraient pas été vains. Après ça, si elle s'en retournait pour ne plus jamais croiser mon chemin, tout n'aurait été que justice. On récolte se que l'on sème.
J'arrivais au bar vers 21h00, présentant mon pass d'une validité de 24h au vigile à l'entrée.
Les autres étaient déjà sur scène, réglant leurs instruments. Eux devaient assurer le show pendant 2 heures ce soir. Je leur faisais signe et me dirigeait directement vers le fond de la salle, empruntant le petit couloir menant aux loges. Je refermais la porte derrière moi pour tenter d'étouffer le son du soundcheck dans la salle principale, avant de me laisser tomber sur le canapé. En fermant les yeux, je ne voyais qu'elle. Ses yeux, sa bouche, sa peau comme si elle glissait encore entre mes mains, inconscientes du bonheur qu'elles recevaient. Elle me hantait, je ne voulais qu'elle et la sentir si près n'était qu'un supplice de plus à mon châtiment personnel.
Au bout d'une minute devant la persistance de son image dans mon esprit, fracassant ma raison, je me forçais à rouvrir les yeux. Impatient et torturé, je me saisissais alors de ma guitare et jouait les premiers accords qui me venaient, ceux du morceau The Story.
Étrangement et pour la première fois malgré de nombreuses écoutes, cette chanson semblait avoir été écrite pour moi. Très vite, j'accompagnais la mélodie de ses mots.
[The story – 30 seconds to mars version acoustique]
- I've been thinking of everything, I used to want to be. I've been thinking of everything, Of me, of you and me … (J'ai repensé à tout ce que je voulais être, J'ai repensé à moi, à toi et moi);
La mélodie était lente et mélancolique, pleine de déception et de résignation. Elle m'apaisait.
- This is the story of my life, these are the lies I have created … (C'est l'histoire de ma live, se sont les mensonges que j'ai créé);
Elle sonnait comme le bilan de l'inéluctable et mes doigts grattaient les cordes avec patience, appuyant le poids de ces mots à l'image de ma propre vie.
- I'm in the middle of nothing, And it's where I want to be … (Je suis au milieu de nulle part et c'est là où je veux être);
Si elle ne me voyait plus, c'était là où je voudrais être.
- I'm at the bottom of everything, And I finally start to leave ...(je suis au commencement de tout et je commence déjà à partir);
- And I swear to god I'll find myself In the end … (je le jure devant dieu, je me retrouverai à la fin)
Un jour peut-être ...
***
Pov Bella.
[Hemorrhage - Fuel]
J'avais finis par me décider à venir. J'entrais timidement dans le bar et remarquais immédiatement Edward qui venait de monter sur scène dans un costume noir qui lui allait à merveille. Je trouvais une table et m'asseyais sans quitter la scène des yeux alors que la guitare électrique remplissait déjà la salle d'un air rock mélancolique. Edward semblait s'amuser de la situation, aucune appréhension ne se lisait sur son visage. J'étais presque admirative de sa décontraction. Quand sa voix rauque s'éleva au dessus de la musique pourtant, il avait changé d'expression et son regard fut alors rempli d'une profonde douleur qui me serra la gorge.
[Memories are just where you laid them
Drag the waters till the depths give up their dead
Nos souvenirs sont là où tu les as laissé,
Draguant les eaux jusqu'à ce que la mort abandonne leur mort,]
J'étais impressionnée par la profondeur et l'intensité de sa voix sur ces paroles qu'il avait écrites et qu'il tenait absolument à ce que j'entende. C'était une chanson plutôt triste et pleine de regrets. Il y avait quelque chose de résolu dans cette histoire. Comme deux personnes qui ne se seraient pas données la chance qu'ils méritaient, car ils étaient trop différents pour être ensemble. Mais la douleur était bien présente, intensément retranscrite à travers Edward. Soudain j'avais de mal à respirer, tous ces regrets, toute cette douleur qu'il envoyait à travers la salle m'atteignait en plein cœur.
[What did you expect to find?
Was there something you left behind?
Qu'est-ce que tu t'attendais à trouver ?
Quelque chose que tu as laissé dernière toi ?]
C'est exactement ça que j'avais cherché à fuir. J'avais tourné en rond pendant des heures dans mon appartement ce soir, ne sachant si je devais venir ou pas. J'avais fais les cents pas et usé mon vieux canapé, jusqu'à m'en rendre folle. Oui j'avais redoutée ces paroles avant même de les avoir entendu. Deux mois après mon départ de Volterra, j'aurais cru avoir enterré toutes ses sensations qu'Edward pouvait provoquer chez moi, mais c'était faux et c'était exactement ça que je ne voulais pas admettre.
Il y avait aussi tellement de rancœur et de reproche dans ses paroles. Si elles m'étaient toutefois adressées, Edward semblait me reprocher quelque chose tout en regrettant ses actes. J'étais perdue et bouleversée à la fois, ne pouvant le quitter des yeux. Je m'étais voilée la face en partant, en m'éloignant de la tentation. La distance n'y faisait rien, mon être tout entier vibrait pour Edward Cullen. Le voir ici ne faisait que m'imposer la triste vérité : Rien n'avait changé. De mon côté en tout cas.
Chez moi, alors que j'étais à deux doigts de m'arracher les cheveux, mes larmes avaient commencées à couler. Je les avais d'abord mises sur le compte de la frustration et de la colère. De quel droit était-il venu jusqu'ici pour me demander d'assister à sa représentation ? Qu'est-ce que ça pouvait lui faire que je sois là ou non ? Il m'avait bien fait comprendre par le passé que ma présence l'importait peu. Puis je m'étais assise, cherchant désespérément à l'intérieur de moi la raison de cet état chaotique. Mes larmes redoublaient déjà quand j'en compris la vraie raison. Je n'étais pas bouleversée parce que je refusais d'accéder à sa requête, je l'étais parce que j'en avais envie. Je me privais d'aller l'écouter par simple fierté, ou par peur, mais au fond de moi je désirais plus que tout y aller. Mais ma conscience me torturait et m'empêchait d'accéder à mes désirs, voilà pourquoi j'étais si bouleversée.
[Don't you remember anything I said when I said,
Tu ne te souviens de rien de ce que j'ai dit,]
J'avais alors pris mes clés de voiture et m'était engouffrée dans la circulation tel un automate, son seul visage comme motivation, la seule chose qui me faisait avancer. Je ne voyais même plus les lumières de la ville défiler autour de moi. J'étais poussée par une force chaotique qui était plus forte que tout. Je n'avais même plus conscience d'être au volant. Je ne savais même pas comment j'étais arrivée ici. Tout ce que je savais, c'était que j'étais là où j'étais censée être.
[Don't fall away, and leave me to myself
Ne te dissipe pas, et laisse moi seul,]
Puis il avait entamé le refrain, la mélodie redoublant d'intensité à mesure que sa voix grave mais douce, s'élevait elle aussi. C'était une prière suppliante de le laisser seul avec ses propres erreurs, une prière de ne pas s'attacher a lui pour ne pas en être blessée. « Ne te dissipe pas », c'était pourtant ce que j'avais fais. Et je ne comprenais que maintenant qu'Edward m'avait avertie dès le départ .. il n'était pas la personne qu'il me fallait. Je ne l'avais pas écouté. J'étais tombée amoureuse de lui et je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même. Cette chanson était tellement puissante que j'avais parfois du mal à le regarder. Cherchant malgré moi une issue, que je savais déjà ne pas emprunter. J'avais l'impression d'être mis à nue sous le poids de cette chanson.
Don't fall away and leave love bleeding
In my hands, in my hands again
Ne te dissipe pas, et laisse l'amour saigner,
Dans mes mains, dans mes mains,]
La mélodie prit un tournant puissant et la voix d'Edward se fit de roc. Jamais je ne l'avais entendu si grave. Il semblait être ailleurs pourtant, au même endroit que moi, à l'endroit où notre relation avait complètement dérayée. Celui où nous avions tout gâché. Edward semblait souffrir d'un feu aussi brûlant que celui qui brûlait mes entrailles. D'une indescriptible colère et d'une douleur inacceptable alors qu'il resserrait son emprise autour du micro, jouant avec le pied de celui-ci comme pour se retenir de tomber à genoux. J'avais l'impression qu'il allait tout envoyer valser à travers la salle. Je savais qu'il ne pouvait pas me voir de là où il se trouvait mais ses pupilles noires cherchant la foule me mettaient dans tous mes états. « Laisse l'amour saigner dans mes mains » - Prenait-il le poids de mes erreurs sur ses épaules ? De quel amour pouvait-il bien parler dans le cas contraire ? Mais pourquoi prendre la responsabilité de ma stupidité après tout ?
[Leave love bleeding
In my hands, in my hands
Love lies bleeding
L'amour, les mensonges, saignent,
Dans mes mains, dans mes mains,]
Les mensonges ? Tout avait été clair pourtant. Aucun mensonge n'était venu adoucir ma peine et mes regrets. Tout avait été clair, je n'avais même pas pu me réfugier dernière l'illusion salvatrice du mensonge.
[Oh hold me now I feel contagious
Am I the only place that you've left to go
Sert moi, je me sent contagieux,
Suis-je le seul refuse qu'il te reste,]
Je me souvenais encore de cette affreuse soirée, la dernière fois où je l'avais vu avant de m'enfuir. Quand nous nous étions rejoint à la grange, là où nous avions chacun dit des choses que nous avions ensuite regrettés. Du moins, moi j'avais regretté beaucoup de choses. Je me souvenais de l'expression de son visage ce jour là. Cette colère et cette peur dans ses yeux.
[She cries her life is like
Some movie black and white
Dead actors faking lines
Elle pleure, sa vie est comme un film
En noir et blanc,
Acteurs morts, fausses répliques]
Je lui avais dit que ma vie n'avait plus de sens, que tout me paraissait fade et sans saveur. Que tout avait perdu de sa couleur. Que je n'étais plus moi-même, sauf dans ses bras. Je me rappelais de la colère qu'avait provoqué cette révélation en moi. De la colère et de la honte d'être aussi dépendante de lui, moi qui m'étais toujours débrouillée seule.
[Over and over and over again she cries
Elle pleure, encore et encore,]
Et la crise de larmes frénétique qui avait suivit alors qu'Edward s'était engouffré dans sa voiture, faisant crisser les pneus sous son passage, fou de rage.
[Don't fall away, and leave me to myself
Don't fall away and leave love bleeding
In my hands, in my hands again
Ne te dissipe pas, et laisse moi seul,
Ne te dissipe pas, et laisse l'amour saigner,
Dans mes mains, dans mes mains,]
Alors que le deuxième refrain retentissait, je me mis à penser à tous ces moments intimes que nous avions partagé. Cette passion dévorante qui avait finit par me consumer toute entière. Je le dévorais des yeux, le regardant bouger avec énergie sur scène, me remémorant ses mains sur moi jusqu'à en rougir. Il était tellement à l'aise sur scène. Toute peine semblait avoir disparue maintenant, remplacée par une énergie nouvelle. La chanson touchait à sa fin, c'était la conclusion de l'histoire. Il m'avait prévenue de le laisser seul, j'avais refusé - « Laisse l'amour saigner dans mes mains » - Edward voulait soulager ma peine et cette nouvelle mission lui donnait la force nécessaire de le crier devant une centaine d'inconnus ignorants. Il était heureux de le crier haut et fort. Il s'en amusait. La scène lui appartenait et cette confiance qu'il dégageait, cette puissance, le rendait incroyablement beau. C'était comme si des milliers de diamants incandescents irradiaient de lui. Cette vision me fit sourire. J'étais heureuse de le voir ainsi. Heureuse, portée par cette incroyable musique.
[Leave love bleeding
In my hands, in my hands
Love lies bleeding
Laisse l'amour saigner,
Dans mes mains, dans mes mains,]
Je revoyais alors cette soirée au cinéma où nous n'avions fait que rire, jusqu'à être obligé de sortir de la salle avant la fin du film. Ces moments de complicités qui n'avaient appartenu qu'à nous. Je savais pertinemment que je ne retrouverais jamais ça avec personne d'autre qu'Edward Cullen, c'était plus fort que tout. Cette sensation d'être à sa place, au bon endroit, au bon moment. Il serait le seul à me le faire ressentir et malgré le tournant dramatique qu'avait pris les choses, un nouvel espoir m'habitait : J'avais trouver ma place sur cette terre. Près de lui. Même si les choses de la vie ne vous permettaient pas toujours d'occuper votre place, je savais où la mienne se trouvait.
[Leave love bleeding
In my hands, in my hands again,
Love lies bleeding
Laisse l'amour saigner,
Dans mes mains, dans mes mains,
Encore]
La chanson s'acheva sous les applaudissements. Moi j'étais incapable de bouger, je ne voyais plus que lui. Il souriait, il avait pris beaucoup de plaisir à expulser cette chanson de son organisme, car c'est ce à quoi ça avait ressemblé. Un véritable exorcisme. Enfin, Edward salua la foule et sortit par derrière, disparaissant de mon champs de vision.
***
C'était ridicule, je le savais, mais je n'avais pas pu m'en empêcher. J'étais sortie à l'arrière du bar, attendant telle une groupie, que le groupe sorte des backstage. Il était déjà 1h00 en plein Brooklyn et l'air commençait à se rafraîchir. Je m'adossais au mur et plongeais mes mains dans mon blouson en cuire, comptant les taxis jaunes pour passer le temps. Sur ma gauche, la porte métallique bardée de stickers déchirés s'ouvrit et des rires masculins se firent entendre. Les quatre membres du groupe, dont Edward, s'apprêtaient à partir du côté opposé au mien. J'avançais de quelques pas, les regardant s'éloigner, regardant Edward me tournant le dos. Je ne savais plus quoi faire. C'était peut-être mieux ainsi … ou …
- Edward ? Appelai-je timidement.
Les quatre hommes s'arrêtèrent et me firent face à quelques pas de là.
- Bella ? Souffla-t-il, apparemment étonné de me voir là.
- Je peux te parler ?
Rien à faire, ma voix ne voulait pas s'élever plus haut.
- Je vous rejoins au loft plus tard les gars.
Les trois autres lui tapèrent dans le dos d'une façon se voulant virile et s'engouffrèrent dans le premier taxi. Edward attendit que la voiture s'éloigne pour avancer lentement jusqu'à moi, les mains dans les poches. Quand il fut à ma hauteur, il se contenta de me fixer, si bien que je me sentie obligée de prendre la parole.
- J'ai entendu ta chanson.
Il m'adressa un petit sourire.
- A vrai dire, je ne pensais pas que tu viendrais. M'avoua-t-il.
- Je n'en étais pas certaine non plus.
- Qu'est-ce qui t'as fais changer d'avis ?
Il avait retrouvé son sérieux et l'intensité de sa voix combinées à ses yeux posés sur moi me troubla.
- J'en sais rien, la curiosité sûrement... J'ai adorée.
Il ne me répondit pas.
- C'est une très belle chanson. De quoi …
Je baissais les yeux comme pour trouver du courage sur le sol.
- De quoi ça parle ?
Il haussait les épaules.
- Je suppose que ça parle d'un gars qui a fait pas mal d'erreur dans sa vie. Il avait peur. Il ne tenait à personne, jusqu'au jour où une femme est rentrée dans sa vie. Le jour où il a compris qu'il tenait à elle, c'était trop tard, il l'avait déjà blessée.
Une boule se forma dans ma gorge et mes mains devinrent moites.
- C'est triste … Soufflai-je.
- La vie l'est souvent.
- Et ensuite, je passais nerveusement une main dans mes cheveux, qu'est-ce qui se passe ?
- Tout dépend de la jeune femme. Va-t-elle lui donner une autre petite chance ?
Je fus secouée par un frisson.
- Tu as froid ? Demanda-t-il, prévenant.
« C'est pas le froid que me fait trembler »
- Oui ... Tu repars quand ? Demandai-je, le plus innocemment possible.
- Demain soir.
- Où est-ce que tu dors ?
- Avec le groupe, ils ont un loft.
Je laissais s'écouler quelques secondes avant de reprendre.
- Tu … tu viendrais prendre un verre chez moi avant ?
Il ne répondit pas, se contentant de me sourire tristement.
- J'ai ma voiture si tu veux. Dis-je en pointant du doigt mon vieux taco rouillé.
Edward se mit à rire en voyant l'état de ma Chevrolet.
- Hey ! Ne te moque pas ! Je t'assure qu'elle roule encore ! Mais libre à toi de prendre un taxi Monsieur le snob !
- J'ai rien dit ! J'ai rien dit !
Il levait les mains en signe de reddition.
- La Chevrolet me convient très bien.
- Alors, ça veut dire que tu veux bien venir ?
Il prit un moment avant de répondre, l'air de faussement réfléchir à sa réponse.
- Tu m'as entendu une heure et demie dans la rue, je pense qu'il serait mal venu de ma part de refuser ça.
- Peu importe, rien ne t'y oblige … je disais juste ça comme ça …
La gêne me colorait déjà les joues, alors que je jouais nerveusement avec le bout de ma chaussure sur le bitume. Je le senti faire un pas dans ma direction, son ombre couvrant mon champs de vision. Je n'osais lever les yeux, sachant très bien que j'allais me perdre dans les siens à la seconde ou je retrouverais son visage.
- Je serais plus que ravi de venir boire un verre chez toi Bella.
Il avait parlé d'une voix étouffée et sensuelle, juste au dessus de ma tête. Je levais péniblement la tête vers lui pour lui adresser un petit sourire. Nous étions bien trop proche pour que je garde les idées claires. Ma gorge était sèche et mes joues me brûlaient. Je reculais de quelques pas, l'invitant à me suivre et nous montions en silence dans la voiture.
***
Une fois arrivé dans mon petit appartement, je jetais négligemment mon blouson sur le canapé et m'affairais déjà du côté de la cuisine alors qu'Edward pénétrait pour la première fois dans mon univers. Lent, prudent, détaillant chaque objet de mon décor. Je revenais vers lui avec deux bouteilles de bières et lui en tendais une. Quand il l'attrapa, nos doigts se frôlèrent et je dû faire un effort surhumain pour prétendre ne rien avoir remarqué.
- C'est pas comme chez toi c'est sur. Avouais-je en désignant mon petit espace New Yorkais.
- Ça a son charme. Je trouve ça mignon. Cet appartement te ressemble.
- C'est-à-dire?
Edward fit un tour sur lui-même, détaillant d'avantage mon salon.
- A première vue, il est très classique, il n'a rien d'extraordinaire.
Son regard accrocha de nouveau le mien.
- Mais plus on y passe du temps et plus on s'y sent bien. Laisse moi un mois ici et je ne pourrais plus m'en passer.
Il me lança un regard des plus équivoques et, sentant la pression augmenter, je l'invitais à s'asseoir sur le canapé. Une fois installés, un à chaque bout du fauteuil à une distance raisonnable, je me détendais un peu ramenant mes pieds en dessous de moi. Il sirotait sa bière en silence, ne me quittant jamais des yeux.
- Tu devrais faire de la scène plus souvent.
- Non. C'est marrant ponctuellement mais je ne pourrais pas m'adapter au groupe. J'ai besoin de mon espace.
- Oui je me souviens.
Ma phrase était sortie plus sèchement que je ne l'avais souhaité et Edward baissa les yeux sur sa bouteille, jouant nerveusement avec l'étiquette. Un silence pesant s'installa entre nous.
- Rosalie m'a dit que tu avais repris tes cours d'art. Comment ça se passe ?
- Très bien ! Je bosse beaucoup, je n'ai pas de temps à moi entre les cours et mon boulot, mais je m'accroche.
- Pourquoi tu es partie si vite cette nuit là Bella ?
Après avoir posée cette question qui venait de littéralement me glacer le sang, il releva enfin les yeux vers moi, plus sérieux que jamais. Le temps des petites conversations anodines était définitivement terminé. Moi en revanche, je ne pouvais soutenir son regard.
- Je n'avais plus rien à faire à Volterra.
- Tu ne m'as même pas laissé le temps d'arranger les choses.
Ça avait sonné comme un reproche.
- Et qu'est-ce que tu aurais fais Edward ? Tu m'avais prévenu, tu m'avais dit que tu ne voulais pas que ça soit sérieux entre nous. J'ai eu tord de te le reprocher après coups.
- Je sais que je me répète mais, je ne voulais pas que ça se finisse comme ça.
- Toi aussi tu es parti assez précipitamment ce soir là Edward.
- Je sais, j'ai fuis. Comme à chaque fois qu'une situation me dépasse d'ailleurs.
- Tu n'as pas à t'en faire pour ça. C'est fini maintenant. Lui assurai-je, désireuse de changer de sujet.
- Je suppose que oui. De toute façon, tout ce que j'avais à dire tu l'as lu dans la lettre donc je pense que tout est clair maintenant.
Il avait les yeux perdus sur sa bouteille de bière, la faisant lentement tourner dans ses mains, déchirant l'étiquette petit à petit. L'évocation de cette lettre que j'avais brûler sans même la lire me rendit mal à l'aise et pour la première fois, je regrettais ce geste. Peut-être avais-je délibérément ignorée une information essentielle qui m'aurait permis de mettre un peu d'ordre dans cette histoire chaotique, ou peut-être qu'elle m'aurait offerte la paie intérieure que j'avais tant espéré durant ces deux derniers mois. La curiosité me torturait. Comment lui avouer ? Je me mordais nerveusement la lèvre inférieure, cherchant le meilleur moyen d'aborder le sujet. Finalement, je n'eus pas à me creuser la cervelle bien longtemps car Edward, remarquant mon embarras, fit le premier pas :
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien. Mentis-je.
- Bella, je te connais. Quand tu te mordilles la lèvre comme ça, c'est que tu te retiens de dire quelque chose. Alors vas-y.
- Tu sais cette lettre …
Il attendit patiemment que je finisse ma phrase.
- Je ne l'ai pas lu.
- Pardon ?
- Je l'ai brûlé en fait.
- Brûlé. Pourquoi t'as fais ça ? S'étonna-t-il, visiblement déçu.
Je paniquais.
- J'étais en colère !
Il prit un instant et soupira en secouant légèrement la tête de droite à gauche.
- J'imagine que ça explique beaucoup de chose en fait, m'avoua-t-il, je n'avais pas pensé à ça. J'aurai dû me souvenir que tu étais une tête de mule.
Il me sourit tristement ce qui renforça ma culpabilité.
- Qu'est-ce que ça explique d'après toi ? Soufflai-je, trop honteuse pour croiser de nouveau son regard.
- Je pense que si tu avais lu cette stupide lettre, tu serais peut-être rester un peu plus longtemps en Italie.
Il resta silencieux quelques secondes avant de reprendre.
- Tu es dure Bella, j'avais fais beaucoup d'effort en t'écrivant tout ça.
Un rire nerveux lui échappa et il passa sa main dans ses cheveux avant de reposer les yeux sur moi. Nous nous regardions sans savoir, ni lui ni moi, comment sortir de cette impasse.
- Et, j'essayais d'y mettre un peu de conviction, qu'est-ce que ça disait ?
- Peu importe, il regarda ça montre avant de se lever, il est tard je vais rentrer.
- Déjà ?
Je m'étais levé rapidement, presque affolée. Je ne voulais pas qu'on se quitte comme ça.
- Pourquoi ? Tu as autre chose de blessant à m'avouer peut-être ? Demanda-t-il sèchement.
- Blessant ? Pardonne moi, mais je ne pensais pas que ça te toucherait à ce point !
Il soupira encore une fois, comme pour ravaler une colère qu'il ne pouvait expliquer, cherchant nerveusement du regard une échappatoire invisible.
- Je ne pense pas que c'était une bonne idée de venir te voir Bella, pardonne moi.
Il prit sa veste et l'enfila.
- Je te souhaite bonne chance pour ton cursus. Merci pour la bière.
Edward me sourit poliment et se dirigea vers la porte. Je restais figée au milieu du salon, le regardant s'éloigner. Mon cœur s'accéléra sans que je n'en comprenne la raison. J'avais peur, j'étais soudainement très angoissée. Il avait déjà la main sur la poignée. Il ne devait pas partir comme ça. Pas maintenant, je savais que si je le laissais partir ce soir, jamais je ne le reverrais. Malgré moi et détruisant tout les efforts que j'avais fournis pour l'oublier, maintenant qu'il était là, cette idée m'était inconcevable.
- Attend !
Il stoppa son geste. La porte était déjà à demie ouverte. Il ne me regardait pas. Il attendait, les traits tirés par la colère. Je me décidais enfin à parcourir l'espace qui nous séparait et posait doucement ma main sur la sienne. Ce premier vrai contact depuis des semaines me fit l'effet d'une bombe, ravivant de vieux souvenir estivales.
- Reste.
Nous regardions tous les deux nos deux mains autour de cette maudite poignée.
- Pourquoi ? Chuchota-t-il.
Je levais doucement les yeux vers lui.
- Parce qu'il est tard et… parce que t'en as envie toi aussi.
Il me dévisagea un instant, indéchiffrable. Je déglutissais bruyamment. Il m'impressionnait, je me sentais toute petite face à la dureté de son regard. Finalement, Edward referma lentement la porte d'entrée et garda ma main dans la sienne. Ses yeux se radoucirent légèrement mais je savais que je n'étais pas complètement sortie d'affaire. Je serais sa main et l'entraînais doucement dans le petit couloir menant à ma chambre. Je ne pris même pas la peine d'allumer la lumière. L'éclairage des lampadaires dehors donnait une couleur orangée à la pièce. Edward se laissait entraîner sans émettre aucune résistance. Je l'asseyais sur mon lit et restais debout devant lui. La méfiance que je lisais dans ses yeux ne me rassurait pas d'avantage. Par ailleurs, même si je n'avais pas envie d'y penser ce soir, je me méfiais également. Il paraissait différent ce soir, plus accessible que dans mes souvenirs, mais pour combien de temps? Toujours est-il qu'il repartait demain et qu'il était peu probable que je le revois après donc ...
- Reste cette nuit. Soufflai-je, des trémolos dans la voix.
Il me fixa de longues secondes, sans bouger. J'entrepris alors de faire glisser sa veste le long de ses épaules, m'approchant d'avantage de lui, si bien que son visage se retrouva quasiment contre mon estomac. Je pouvais sentir son souffle chaud sur mon ventre. J'en tremblais. Edward se laissa faire encore une fois et, une fois que j'eus éloigné sa veste, il s'allongea lentement sur mon lit plaçant ses bras derrière sa tête. Je ramassais un débardeur et un bas de survêtement par terre.
- J'en ai pour deux minutes. Lui indiquai-je, n'étant pas certaine qu'il s'en souciait.
Une fois dans la salle de bain je me changeais. Je faisais le moins de bruit possible comme si j'avais peur de le déranger. J'étais nerveuse. Le savoir allongé sur mon lit me rendait nerveuse. Ne pas savoir s'il y serait toujours quand je reviendrais était encore plus stressant. Mon cœur battait de façon irrégulière, j'avais presque envie de vomir. Pourtant une partie de moi se réjouissait de pouvoir passer la nuit à ses côtés. J'avais tellement tenté d'ignorer cette partie là depuis deux mois que ce soir, cette voix hurlait à l'intérieure de moi, jusqu'à m'en provoquer des crampes d'estomac. Ensuite, je me brossais soigneusement les dents, attachais mes cheveux et repliais mes vêtements.
Je pris une profonde inspiration avant de quitter la salle de bain qui se trouvait juste en face de ma chambre. La première chose que je remarquais c'était ses pieds. Il n'avait pas bougé à mon grand soulagement. J'avançais doucement et entrais dans ma chambre, déposant mes vêtements sur une chaise à l'entrée. Il c'était changé lui aussi. Il avait retiré la chemise et ses chaussures, ne gardant que son pantalon de costume. Le noir du tissu faisait ressortir la blancheur de sa peau lisse. Je marchais vers le lit, détaillant avec envie les lignes somptueuses de ses abdominaux se soulevant régulièrement au rythme de sa respiration. Je n'avais jamais pu m'empêcher de l'admirer, mais ce soir c'était particulièrement gênant. Je savais qu'il m'en voulait. Je lui en voulait aussi. Mais ce soir, l'heure était à la trêve, j'ai avais besoin. Après tout, bientôt il repartirait et je l'oublierais. Je ne voulais pas que le dernier souvenir que j'ai de lui soit ce soir d'été où il m'avait tourné le dos pour s'engouffrer dans sa voiture. Si cette nuit devait être la dernière, son souvenir en serait moins sombre.
Je prenais place sur le matelas après qu'il se soit légèrement poussé sur le côté pour me laisser une place. Je n'avais qu'un lit une place, s'y allonger à deux rendait obligatoirement la chose plus intime. Je m'allongeais sur le dos. Nous nous regardions en silence pendant un court instant qui suffit cependant à me faire rougir. Je me retournais donc sans bruit sur le côté, lui tournant le dos. Aucun de nous ne bougeait. Je restais immobile, les yeux grands ouverts, le cœur comprimé par ce mélange de peur et d'excitation. Je fixais le réveil. Les minutes ne semblaient pas s'écouler normalement. Le silence pesant qui régnait dans la chambre avait réussi à allonger le temps.
Au bout d'une demie heure, quand j'eus enfin abandonnée tout espoir d'amélioration, il bougea. C'était la première fois en 45 minutes qu'il bougeait. Si j'avais pu retrouvé mon calme, je me serais cru seule dans mon lit tout ce temps. Il se retourna vers moi, je sentais sa respiration lente dans mes cheveux. J'avais d'abord cru qu'il dormait, mais sa main se posa sur ma hanche. Ce contact me surprit tellement que je fus secouée par un petit soubresaut et mon cœur, ayant manqué un battement, repartit de plus belle. Après quelques minutes, quand je m'habituais enfin à la pression qu'il exerçait sur ma hanche, Edward me tira en arrière plaquant mon corps contre le sien. Je ne pouvais plus rien faire, ni protester ni bouger, j'étais paralysée. Ses lèvres glissèrent le long de mon épaule dénudée et il cala sa tête dans mon cou, repoussant mes cheveux sur le côté. Longtemps il ne fit rien de plus, respirant profondément dans mon cou. J'avais la chaire de poule. Tout mon corps réagissait à sa proximité. Je perdais déjà la raison. J'avais chaud, mon corps était envahi par des vagues intenses de frissons remontant le long de ma colonne, mon cœur était fou, la température augmentait à l'intérieur de mes cuisses. J'avais honte, j'essayais de penser à autre chose mais quand ses doigts passèrent en dessous de mon t-shirt pour caresser doucement mon ventre, j'abandonnais. Sa respiration devint plus bruyante, il avait sentit les changements que ses gestes opéraient en moi.
Nous ne disions rien. Comme si rien n'était entrain de déraper. Comme si nous n'étions pas conscient de nos actes. Peut-être aussi par peur de gâcher cet instant fragile. Sa main voyageait lentement de mes côtes à mon nombril, ses caresses se faisant toujours plus pressantes contre moi. J'étais à deux doigts d'exploser. Je m'emparais alors de sa main, la ramenant autour de moi. Au début, la parade fonctionna, Edward ne bougeait plus. J'avais peut-être évitée l'attaque cérébrale qui me guettait.
C'était mal le connaître…
Petit à petit, il se dégageait de mon étreinte et je n'avais plus la force de l'en dissuader. Je fermais les yeux, me mordant la lèvre pour ne pas gémir quand il recommença son chemin sur ma peau. Il se serra encore plus contre moi et je senti son désir buter contre mes fesses. Toujours dans le même silence, Edward commença à embrasser tout doucement chaque centimètre de ma nuque, y dessinant des cercles humides avec sa langue, mordillant le lobe de mon oreille. Puis sa main écarta délicatement l'élastique de mon sur vêtement. Cette fois je ne pu retenir un petit cri qui vint rompre la quiétude de la pièce. Mon sang battait dans mes tempes à une allure folle quand sa main longeait l'intérieur de mes cuisses dans un mouvement descendant. Il remontait ensuite vers mes fesses, effleurant ma peau du bout des doigts, évitant toujours soigneusement la partie la plus brûlante de mon anatomie. Il était entrain de jouer avec mes nerfs, de me rendre complètement folle, avide de ses caresses.
Quand les mouvements instinctifs de mon bassin se calèrent dans le rythme qu'il m'imposait, Edward décida qu'il était temps de m'en donner plus. Il jeta son dévolu sur ma partie fragile, la caressant voluptueusement. Très calmement. La tête me tourna quand ses doigts effleurèrent l'entrée de mon intimité, restant toujours à la limite de mon plaisir. Je me mouvais contre sa main avec désinvolture. Son touché m'électrifiait. Tout en continuant son petit jeux, sa bouche parcourait mon épaule, ma clavicule, ma joue. Je tournais alors la tête vers lui pour le savourer contre mes lèvres brûlantes et assoiffées de lui. Mon attaque sur sa bouche était passionnée, presque irrationnelle mais Edward dompta habillement ma bouche en me rendant un baiser plus serein. Je ne comprenais pas comment il pouvait être aussi calme. Je sentais qu'il me désirait autant que moi à cet instant. Je pouvais presque sentir son cœur battre à la chamade sur son torse. Pourtant il faisait preuve d'une maîtrise de lui même que je le lui connaissais pas. Il ne m'avait jamais habitué à un tel self contrôle. A ce moment là, j'aurais tout donné pour qu'il s'abandonne autant que moi. Je gémissais quand il fit entrer ses doigts à l'intérieur de mon corps dans un mouvement régulier de vas et viens, tout en traçant avec son pouce des petits cercles, lents mais précis, sur la source de mon plaisir. Notre baiser n'en finissait plus. Je devais me dévisser le cou pour saisir ses lèvres. Il ne me laissait pas me retourner complément. Il avait une idée très précise de ce qu'il voulait obtenir. Très vite, j'en voulais encore plus et j'allais obtenir ce que je désirais.
Je glissais ma main entre nos deux corps, cherchant désespérément la boucle de sa ceinture. Quand j'essayais de la défaire pourtant, il m'arrêta en attrapant mon poignet, juste avant que je ne puisse le libérer:
- Ne bouge pas, souffla-t-il sur mes lèvres, détend toi.
Il accéléra son mouvement en moi.
- Je suis détendue. Haletais-je contre lui.
Ma fougue l'attendrissait, je le lisais dans ses yeux. Le fait que je réponde encore à ses caresses lui procurait du plaisir.
- Profite de cet instant Bella. Laisse toi faire. Chuchotait-il.
Edward s'appuya d'avantage contre mon épaule m'obligeant à lui tourner complètement le dos et reposa son menton sur mon épaule.
- Edward, j'en peux plus …
Ma voix s'était faite suppliante, presque pathétique.
- Laisses toi aller. Ce soir se n'est que pour toi mon ange. Je vais te monter à quel point ton bonheur m'est précieux.
Il lécha mon cou et riant doucement contre mon oreille, accélérant toujours plus le mouvement de ses doigts en moi.
- Si tu savais comme tu as pu me manquer.
Cette phrase se répercutait en moi alors que je sentais une vague d'énergie remonter le long de mon corps, me coupant la respiration.
- Tu m'as tellement manqué Bella.
Je me contractais autour de ses doigts quand il attrapait sauvagement mes lèvres pour étouffer mes cris. Je m'agrippais alors désespérément à ses cheveux, le corps fiévreux. Je tremblais frénétiquement contre lui, mes cheveux me collaient aux tempes. En l'espace de quelques minutes, j'avais quitté la planète terre.
Il relâcha ma bouche et je prenais immédiatement une grande bouffée d'air, relâchant l'oxygène de mes poumons par accoues erratiques. Il m'entraîna alors sur ses hanches et je m'affalais sur son torse, ses bras puissant se refermant autour de moi.
- Dors maintenant, sa main caressait doucement les cheveux trempés de sueur, dors …
Je m'agrippais comme une damnée à ses épaules musclée, les couvrants de baisers en me laissant aller sur lui, jusqu'à ce que le sommeil ne m'emporte.
Quand je me réveillais, il faisait déjà jour. Nous n'avions pas bougé de la nuit. Il était endormi sur le dos, la tête légèrement tournée sur le côté et j'étais sur lui, respirant l'odeur masculine de sa peau. Dormir dans cette position avait endolori mes muscles, j'avais mal au dos. Je me dégageais, veillant à ne pas le réveiller et filais sous la douche pour essayer de penser à autre chose qu'à son corps en dessous de moi. Toute la nuit, des images érotiques m'avaient hantées. Il fallait que je reprenne mes esprits. Edward repartait ce soir. Rien n'avait changé. Pourtant, la tendresse de ses paroles cette nuit me troublait. Je lui manquais et ses bras autour de moi toute la nuit me l'avaient prouvé. Je laissais l'eau chaude couler sur mon visage, fouillant mes cheveux et glissant sur ma nuque – espérant ainsi qu'elle laverait ma rechute vertigineuse vers celle que j'étais il y a encore deux mois. Une rechute de 24h était-elle acceptable s'il on se promettait de ne plus jamais retoucher à la tentation?
Je ne pu pousser plus loin ma réflexion cependant, car deux bras m'entourèrent la taille. Des lèvres virent se poser sur mon épaule et ce corps … Son corps, vint de plaquer contre le mien …
- Ne me repousse pas … Soufflait-il au creux de mon cou. Je t'en pris … Ne me repousse pas Bella.
***
Pov Edward.
Quand je me réveillais, Bella n'était plus là. Je me redressais sur mes coudes en chassant l'engourdissement de mon sommeil. J'avais sentie sa chaleur toute la nuit contre moi, mon corps portait encore son odeur et pourtant, je me réveillais sans elle. Je pris peur un instant. Avais-je pu rêver cette nuit avec elle. Pourtant je n'avais plus aussi bien dormis depuis des mois. Un tour d'horizon m'apprenait que j'étais effectivement dans son appartement. Je me levais rapidement et mon cœur s'apaisait dès que j'ouvrais la porte. J'entendais l'eau couler. Elle prenait sa douche. Bella était bien là. Je poussais lentement la porte de la salle de bain et déjà les effluves de son shampoing me frappait. Cette odeur sucrée était la sienne bien que dans cette pièce elle était concentrée. La vapeur d'eau remplissait l'atmosphère et je m'engouffrais dans cette chaleur humide. Je ne pu m'empêcher de la regarder dans la cabine de douche, appréciant ses formes féminines. Des formes, les siennes, c'était tout ce que je pouvais distinguer à travers la vitre qui nous séparait. Bella avait l'air détendu, laissant l'eau ruisseler sur sa peau. Ses mains voyageant sur elle. Faisant un pas en avant, je posais la mienne sur la parois de la cabine, me délectant de ce spectacle si sensuel. Le simple fait de la voir se mouvoir ainsi me rendit dingue. J'avalais difficilement ma salive, mes yeux suivant ses gestes avec admiration et envie. Elle était parfaite. Comment avais-je pu être aussi aveugle tout ce temps? Elle était simplement parfaite. Douce, sensuelle, incroyablement sexy et magnifique. J'avais été fou de la prendre pour acquise. Je réalisais seulement maintenant à quel point elle ne l'était pas. Peut-être ne le serait-elle jamais. Je voulais plus, plus que de la voir. Je devais la toucher. Je devais la sentir.
Je retirais mon costume de la veille et ouvrais doucement la cabine. L'eau chaude devait vraiment lui faire du bien, car elle ne remarqua même pas mon intrusion. Bella sursauta légèrement quand, lentement, je posais mes mains sur ses hanches, sur la peau tiédie par l'eau chaude. Mes gestes étaient incroyablement lents et mesurés. Je ne pouvais pas aller plus vite, comme si elle avait été de verre entre mes mains de pierres. Le simple fait de l'effleurer de nouveau était une bénédiction, mais en réalité j'avais peur de sa réaction. Je savais qu'il y avait de grandes chances qu'elle me repousse et pourtant je l'attirait à moi, osant un baiser sur son épaule.
- Ne me repousse pas … La suppliais-je. Je t'en pris … Ne me repousse pas Bella.
Comment un si petit bout de femme pouvait-il m'impressionner à ce point ? A cet instant j'avais l'impression qu'elle tenait ma vie sur le bout de ses lèvres. Ses lèvres. Si seulement j'avais pu les goûter à nouveau. La nuit dernière n'avait été que pure passion même si, au final, nous n'avions pas fait grand chose. Non pas que ça ne m'ait pas coûté, j'étais fou d'elle, mais en agissant de la sorte j'avais tenté de lui prouver ma dévotion. Bella s'était abandonnée à ses pulsions, à son désir dans mes bras, mais ce genre de moment sont souvent éphémères. Au matin, la raison reprend souvent le dessus sur la passion. Qu'en était-il aujourd'hui?
Je la sentie glisser entre mes mains et bientôt elle me faisait face. Nous étions proche, très proche, mais nos corps nus n'étaient liés que par l'emprise délicate de mes mains sur sa taille. Bella, après avoir dévisagée mes mains, releva lentement les yeux sur moi et j'aurais juré l'avoir vu se mouvoir au ralenti. Déjà je me perdais dans la profondeur de son regard. J'avais l'impression d'être à sa merci, suppliant et sans défense, alors qu'elle paraissait détenir la vérité. Nous avions définitivement inversé les rôles. Elle aurait pu me demander n'importe quoi, je l'aurais fait. Quand sa petite main vint se poser sur ma joue, je relâchais tout l'air contenu dans mes poumons. Comment résister à pareille caresse ?
- J'ai besoin de toi. Soufflais-je les yeux clos.
Parler était douloureux tellement le désir d'elle aveuglait tous mes sens. Cette phrase m'avait presque échapper et j'ouvrais les yeux, honteux de me sentir si vulnérable sur l'instant. Devant cette détermination et ce calme dont Bella faisant preuve, je me sentais tout petit. Je relâchais ses hanches, glissant lentement sur elle jusqu'à entrelacer nos doigts. Nous ne nous quittions pas des yeux. Elle était si calme. Je n'avais pas été habitué à une telle sérénité de sa part quand je la touchais ainsi. Avoir perdu ça me fit mal. Je n'étais plus le même à ses yeux. Je ne la faisait plus vibrer comme moi je vibrais pour elle. Je savais, maintenant, je savais, que cette journée serait celle de nos adieux. Ma gorge se déchira sous le poids cette révélation, j'aurais pu en mourir sur place. Je serrais d'avantage mes mains dans les siennes. Si cette journée devait-être la dernière, je devais l'embrasser encore une fois. Une seule fois.
Alors que j'amorçais lentement ma descente sur ses lèvres, mes yeux se fermant lentement, je remarquais que Bella ne bougeait pas. Elle suivait simplement mon mouvement du regard. Encore une preuve de son détachement. Pourtant il devait bien me rester une infime chance de rédemption, sinon pourquoi ne pas me repousser? Me torturait-elle? Si c'était le cas, je l'avais mérité, mais ça n'en était pas moins douloureux.
Ma bouche se posait alors délicatement sur la sienne. Elle ne réagissait pas cependant. Je me délectais simplement de cette sensation douce et fragile sur mes lèvres. Savourant ses derniers instants d'intimités. Les derniers. C'était insupportable. Je glissais doucement ma main sur ses reins et la ramenait lentement contre moi. Quand nos deux corps nus et trempé entrèrent en contacts, nous haletions tous les deux. Alors je me sentis décoller, Bella passa sa main autour de ma nuque. Nos fronts posé l'autre contre l'autre, les yeux clos tous les deux, j'entourais délicatement sa joue. Mon autre main quitta la sienne pour remonter le long de son cou et s'arrêter sur son visage. Je senti son petit nez frôler le mien, son menton se lever. Elle cherchait ma bouche. Je ne pu m'empêcher de sourire légèrement, soudainement plus léger. Je faisais le reste du chemin pour elle et cette fois, nous partagions ce baiser tous les deux. Bella gémie doucement contre ma bouche me donnant l'accès à la sienne. Nos langues se rencontrèrent et je la goutais enfin. C'était simplement divin. Elle était si douce, si proche et si lointaine à la fois. J'allais défaillir. Je ne résistais pas à l'envie de la repousser contre la parois, me serrant encore plus contre elle alors que je m'appliquais à dompter ses lèvres avec la plus grande tendresse. Quand son dos rencontra la fraicheur de la douche elle gémissait encore, se son me rendait fou. Je la voulais. J'aurais voulu la prendre, comme toute ces fois où je l'avais fait, mais je m'évertuais à être patient. Elle méritait tellement plus que tout ce que je lui avais offert jusqu'à présent. Tellement plus. Au bout de quelques minutes pourtant, sans que je n'ai rien prémédité, elle entourait ses jambes autour de moi. Dans un mouvement simultané, je la soulevais, maintenant fermement ses fesses, « ses fesses ». J'étais à son entrée. Quand nous nous en rendions compte, nous nous regardions, tous les deux suffocants d'un désir trop pénible à supporter plus longtemps. Je prenais quand même le temps d'apprécier la douceur de son cou, le couvrant d'une caresse s'élevant jusqu'à ses lèvres. Bella me renvoyait un regard brûlant quand sa petite bouche se referma sur le bout de mes doigts. Je n'en pouvais plus. C'était bien trop fort, bien trop sensuel, elle était bien trop désirable. Ma retenu me quittait. Je la voulais. Mon dieu, quand elle rejetait la tête en arrière, ma main toujours posé sur son cou, j'étais perdu. Je la voulais. J'allais entrer en elle et savourer sa chaleur, une dernière fois. « Oh oui ...», pensais-je en amorçant mon entrée en elle. « Bientôt ... maintenant ».
« - Bella? », appela une voix masculine à l'extérieur de notre bulle irréelle.
Nous sursautions tous les deux, ses pieds retrouvant le sol. Nous regardions vers la porte de la salle de bain, n'étant pas sûr d'avoir bien entendu. Mes mains retrouvèrent le carrelage froid de la douche de chaque côté de sa tête.
« - Bella? Tu es là? »
- C'est Mike ! Chuchota-t-elle presque apeurée.
- Mike?! Ton ex?
Elle me regardait de nouveau et l'urgence se lisait dans ses yeux. Pourquoi était-elle si gênée tout d'un coups?
- La salle de bain !! Cria-t-elle à son attention.
- Qu'est ce qu'il viens faire ici? Chuchotais-je agacé.
- J'en sais rien. Répondit-elle à voix basse.
- Qu'est-ce que tu fais là?! Lui demandait-elle, en écho à ma question.
- Bella il faut que je te vois. Disait cet abruti derrière la porte.
- Une minute ! Répondit-elle avant de revenir à moi. Il faut que j'aille voir.
- Maintenant?! Dis-je à haute voix, sonnant plus frustré que je ne l'aurais voulu.
Elle plaquait sa petite main sur ma bouche.
- Reste là. M'ordonna-t-elle doucement mais fermement.
- Mm Fella ! Essayais-je de protester, sa main déformant mes mots.
Mais son regard m'indiquait que je n'avais d'autre choix que celui de lui obéir. Je soupirais et elle quittait notre espace privilégié, enfilant un peignoir avant de sortir. Je coupais l'eau, attrapant une serviette pour me l'entourer autour de la taille et m'approchait de la porte pour entendre ce qu'ils se disaient de l'autre côté.
- Mike ! Salut ! Chantonna-t-elle, cachant mal sa nervosité. Qu'est-ce qui se passe?
« Oui Mike, Qu'est-ce qui se passe ? », pensais-je en serrant les dents.
- Je sais qu'il est encore tôt pardonne-moi. Je t'ai apporté les croissants.
- Oh … Merci.
« Les croissants?! A quoi il joue lui? »
- Alors? Qu'est-ce que je peux faire pour toi? Continuait-elle. Un problème en cours ? Un ouvre boîte? Un jour en plus au magasin?
« Du cyanure? »
- Non, non … Rien à voir. Je … J'ai … Il faut que je te dise quelque chose.
- T'as l'air nerveux. Je dois m'inquiéter? Plaisantait-elle.
- Non, enfin je ne pense pas.
« J'aime pas ça du tout ».
- Écoute Bella, je tien beaucoup à toi …
- Moi aussi Mike.
- Vraiment beaucoup. Insistait-il.
« Et c'est partit ! », je frappais mon front contre la porte.
- C'était quoi ça?
Je ne bougeais plus.
- Le chat ! Répondit Bella précipitamment.
- T'as un chat toi?
- Ma colocataire en a un.
- Oh … J'ai beaucoup réfléchi depuis que tu es revenue de vacances, depuis que tu as commencé à travailler chez mes parents, depuis qu'on se revois régulièrement …
« C'est ça, continu à réfléchir mon pote, ça sera plus le cas quand je t'aurais arraché la tête », je me frappais mentalement d'avoir des idées aussi violentes. Comment pouvait-on en vouloir à ce mec d'essayer. Après tout je savais ce que ça faisait de laisser partir Bella Swan.
- Je pense qu'on ne s'est donné la chance que l'on méritait d'avoir toi et moi. Ça me hante.
« Garde tes fantômes pour toi ! C'est trop tard maintenant! Faites qu'il soit trop tard ! »
- Mike, c'est moi qui ais tout arrêté. Tu n'as pas a te sentir mal à cause de ça.
- A l'époque tu avais des choses bien plus importantes à régler. Je ne te reproche rien. Même si sur le coup, j'étais en colère. Mais maintenant que tu es là … Je ne peux pas m'empêcher de penser à ce qui se serait passé si on était resté ensemble.
« Rien. Je l'aurais quand même prise dans ce champs. Elle aurait quand même aimé sentir mes mains sur elle. Et j'étais certainement meilleurs à ça que toi ! », sauvez-moi je deviens macho et possessif, je défend mon honneur avec mes attribues masculins !
- Nous en serions sûrement au même point aujourd'hui. Souffla-t-elle, timidement.
- C'est ce que tu crois Bella, mais … Je … Je te trouve magnifique, intelligente … Tu mérites qu'on te le dise tous les jours. Tu mérites qu'on te le prouve. Je crois qu'on a encore une chance toi et moi, si seulement tu me laisse le moyen de te le prouver.
« C'était moi qui était censé lui dire toutes ces choses ! J'ai traversé deux mers pour ça merde ! »
- Bella, je n'ai jamais censé d'espérer. Je t'avoue même que je n'ais couché qu'avec une seule femme depuis ton départ et j'ai détesté. Ça serait pareil pour toi si tu l'avais fait. Parce qu'on est fait pour être ensemble.
Elle bafouillait, « T'inquiète pas pour ça mon pote. Elle adorait ça. »
- C'est égoïste je sais mais je ne supporterai pas qu'un autre homme pose ses mains sur ton si joli visage.
« Et sur chaque millimètres de son corps parfait, chaque parcelle de sa peau si fragile ça t'irais?! », mon dieu sauvez-moi.
- Ça ne te concerte plus Mike.
« Je l'adore ! »
- Bref tout ça pour dire, j'aimerais t'inviter à dîner. Rien que tous les deux.
- En rencard tu veux dire?
Ce ton je l'aurais reconnu entre tous, elle flippait. Il était entrain de la faire flipper et moi, le pauvre « chat » dans la salle de bain, je jubilais.
- Comme au bon vieux temps.
- Mike je …
- Oh, je t'en pris Bell's.
« Bell's?! » , il la prenait pour une cloche ou quoi?!
- Je ne sais pas trop Mike, ce dîner aurait sûrement plus de sens pour toi qu'il ne l'aurais pour moi.
- Je sais, je sais que tu n'es pas sûre de tes sentiments envers moi, mais ça peux revenir, je peux te les rappeler.
« Sentiments?! Pour qui il se prend?! », il commençait vraiment à me chauffer.
- Mike, je t'en pris. Toi et moi c'est fini. Soufflait Bella, l'air navrée.
- Je sais tout ça, mais si seulement tu me laissais une chance, je te prouverais qu'au fond de toi, tu m'aimes encore.
- Mike …
- Un baiser te le prouverais ! Annonçait-il fièrement.
- Quoi?
« Non mais je rêve ! Il a craqué ! »
- Laisse moi t'embrasser tu verras.
- Non Mike, je …
- Bella.
« Cette fois ça suffit ! »
Je sortais de ma cachette, dans cette même tenue et fusillait ce bouffon du regard. Je sentais le regard affolé de Bella sur moi alors que je m'approchais d'eux, un petit sourire mesquin scotché aux lèvres. C'était puéril et j'en étais conscient mais ce Mike m'avait mis hors de moi. Lui se décomposait littéralement.
- Désolé, dis-je à l'attention de Bella sans quitter l'autre bouffon des yeux, j'ai pas trouvé le shampoing.
- Oh … Euh … Bafouilla Bella.
- Je vois que je dérange. Lançait Mike en contractant la mâchoire. Tu ne m'avais pas dis que le chat était aussi gros.
- Et encore tu n'as rien vu ! Rétorquais-je en sachant pertinemment qu'il comprendrais l'allusion. Edward Cullen. Disais-je en tendant la main vers lui.
- Mike Newton.
Je serrais un tout petit peu trop fort ça main quand il me la tendit.
- Je vais y aller je crois.
- Non, je t'en pris ! Reste ! Lançais-je en prenant un croissants dans son sachet, avant de croquer dedans, il semble y avoir assez de croissants pour tous les trois.
- Non, ça ira.
Il rendait les croissants à Bella.
- On se voit en cours. Lui dit-il avant de partir.
Une fois la porte refermer je me retournais lentement vers Bella qui me dévisageait les bras croisés.
- Désolé, soufflais-je toujours amusé, j'ai pas pu résister.
- C'était méchant et incroyablement culotté ! Grondait-elle. Tu n'avais pas le droit de faire ça.
- Il m'a énervé.
- C'est toi qui m'énerve ! De quel droit tu te comporte ainsi?!
- Parce qu'il se faisait des films !
- Pourquoi des films? J'aurais très bien pu avoir des sentiments pour Mike !
- Je t'en pris Bella, ce mec ne t'a jamais fait vibrer. Tu me l'as avoué dès le premier jour !
- Tu es jaloux peut-être?
Je ne répondais pas, retrouvant mon sérieux.
- Je dois admettre que tu m'as sauvé la mise. Avouait-elle les yeux sur le sachet de viennoiseries qu'elle portait.
Quand elle croisait de nouveau les miens, j'étais près d'elle, la prenant dans mes bras. Ses petites mains se posèrent sur mon torse qu'elle étudiait attentivement. Je frissonnais. Je rêvais de finir ce que nous avions commencer. Entendre tout ça m'avait rendu impatient. J'étais impatient de lui rappeler qu'elle et moi étions réellement modelés l'un pour l'autre. Il fallait que je lui prouve que ce Mike ne serait jamais à la hauteur de ses espérances. J'avais terriblement peur qu'elle ne l'ait oublié.
- Alors? Commençais-je, avec un sourire en coins. Et maintenant on fait quoi?
Elle pris un instant avant de répondre.
- Pourquoi tu n'irais pas t'habiller? On va se balader.
- C'est pas vraiment ce que j'avais en tête … Répondais-je en essayant de capturer ses lèvres qu'elle me refusait encore.
- On va faire un tour Edward.
Le ton qu'elle avait choisit m'indiquait que l'heure n'était pas à la plaisanterie. Je retournais donc dans la salle de bain, sachant pertinemment que notre bulle d'intimité venait d'éclater.
Déjà cette idée de séparation définitive reprenait le dessus sur mon allégresse.
***
Pov Bella.
Nous avions pris la Chevrolet jusqu'à Central Park. Durant tout le trajet, ni Edward ni moi n'avions parlé. Il se doutait certainement de quoi je voulais lui parler. Moi non plus je ne souhaitais pas en parler dans cette voiture. C'était une journée ensoleillé et un peu d'air frais, dans un lieu publics ne nous ferait pas de mal. J'avais peur de la tentation que représentait notre image dans mon appartement, avec tous ces endroits où nous pouvions être … Seul. J'avais totalement été paralysée dans cette douche. Mon esprit tiraillée en deux. J'aurais tellement voulu le repousser mais en même temps, le fait de me retrouver si proche de lui m'avait fait tellement de bien. J'avais totalement perdu la raison quand il avait dit avoir besoin de moi. J'avais voulu qu'il me le prouve. Cependant après l'intervention de Mike, le désir redescendu, je m'étais revue m'abandonner facilement à Edward, comme il y a deux mois, comme si je n'avais pas évolué. Pourtant c'était le cas et aussi libérateur que le touché d'Edward était, je me disais à moi-même de ne pas replonger de la sorte.
Nous marchions quelques minutes sur un sentier, parmi quelques couples et des touristes, toujours aussi silencieux. Edward semblait seulement apprécier le paysage en évitant soigneusement de me regarder. J'étais stressée à l'idée d'engager cette conversation sans savoir comment elle allait tourner. Mais il le fallait. Arrivé sur une petite place avec une belle fontaine rocheuse en son centre, j'arrêtais de marcher et lui faisait face. Edward s'arrêtait immédiatement et quand il me regardait, il n'était pas surprit. Il avait simplement attendu que je me lance. Son regard était résigné et sombre, il avait enfoncé ses mains dans ses poches et il semblait de préparer à un choc violent. Jamais je ne l'avais vu appréhender mes paroles à ce point. J'eus l'impression d'être sur le point de rompre avec lui alors que nous n'étions même pas ensemble.
- Il faut qu'on en parle.
- De quoi?
- Tu le sais très bien, ça, toi et moi à New York. Qu'est-ce qu'on est entrain de faire? Edward, qu'est-ce qu'on a fait?
- Moi je sais ce que j'ai fais … Cela dit, que crois-tu avoir fais toi?
- Une erreur. Répondis-je tétanisée.
Il détourna tristement les yeux. Comme s'il s'était attendu à ma réponse.
- Bella, on a rien fait du tout. Ou peut-être de gros préliminaires mais tu n'as pas a culpabiliser pour ça. Tu aurais simplement pu m'arrêter tu sais.
- Je n'en avais pas envie. Répondis-je, honteuse.
Edward reposait son regard sur moi.
- C'est sûrement mieux qu'on ne soit pas aller jusqu'au bout.
- Je ne te suis pas. Tu me dis que tu en avais envie et mais que finalement, tu préfères être frustrée?
- J'en avais envie oui mais … Edward, entre toi et moi ça a toujours été physique. On a cette … attraction l'un envers l'autre. Ça nous empêche de réfléchir et on fait des bêtises. C'est chimique. Ça l'a toujours été. On y peux rien, mais ça ne veux pas dire que c'est la chose à faire. Nous ne sommes pas des animaux quand même et …
- Bella, me coupa-t-il en levant les mains, stop. Chimique? Sérieusement? Bella, on sait tous les deux que c'est bien plus que ça. Tu … Comment peux-tu ramener ça à une réaction chimique quand tu m'as dit être tombée am …
Devant ma mine déconfite, il ne finissait pas sa phrase.
- Qu'est-ce que tu veux de moi Edward? Qu'est-ce que tu es venu chercher à New York? Quoi que se soit, je ne suis pas sûre de pouvoir ou même de vouloir te donner d'avantage que ce que tu m'as déjà pris !
Il soupira profondément comme s'il digérait mes paroles et ses mains vinrent entourées délicatement mes épaules. Il plongea son regard vert émeraude dans le mien et parla doucement :
- Tu veux savoir ce que je suis venu chercher ici? Toi. Tu veux savoir pourquoi, tu me manquais terriblement et je ne pouvais plus supporter de te savoir si loin, surtout après la façon dont on s'était quitté. J'ai eu deux mois pour réfléchir à mes erreurs Bella et crois moi, elles ne te concernaient pas toutes. Grâce à toi, j'ai pris conscience de pas mal de choses comme le vide de mon existence. J'ai changé, j'ai un travail, j'essaie de m'intégrer … Mais à chaque fois que j'avance, à chaque fois, il y a cette voix dans ma tête qui dis : « tu m'as faite souffrir, tu as tout gâché, tu m'as perdu ». Cette voix c'est toi Bella. Je ne peux pas vivre avec, il fallait que je te revois.
Je restais sans voix devant la détermination qui colorait son regard et teintait sa voix.
- Je veux arranger les choses Bella. Je veux te montrer qui je peux être réellement.
- Pourquoi? Demandais-je, ne comprenant pas du tout ce que ça lui apporterais.
- Mais parce que je tiens à toi bon sang !
Il avait reculé de deux pas, les gens s'étaient retourné sur lui et le rouge m'était monté aux joues. Edward inspira profondément en se passant les mains dans les cheveux et revint vers moi, plus calme.
- Ce que je veux dire c'est que, tout ce qu'on a vécu à Volterra toi et moi, je n'en veux plus.
- Et qu'est-ce que tu veux?
- Je veux plus. Je ne vais pas te faire de grandes déclarations Bella, je ne suis pas Mike …
Je frissonnais d'effrois devant cette comparaison déloyale.
- Je ne peux pas t'expliquer d'avantage ce que je ressent pour toi, parce que je ne le sais pas … Je n'ai pas les mots. C'est trop nouveau, trop … brûlant, j'avoue que ça me fais peur. Mais je sais que je ne peux pas vivre comme ça. J'ai besoin d'être avec toi.
- Jusqu'à ce que tu te lasse à nouveau?
- Ça n'arrivera pas.
- Comment tu peux le savoir? Tu viens de me dire toi même que tu ne sais pas ce que tu ressent.
- J'y travail.
Je secouais la tête et soupirais longuement avant de le regarder.
- Edward, tu es renfermé et secret … C'était tout le problème depuis le début … Je ne suis même plus certaine de ressentir encore ces choses pour toi …
J'arrêtais de parler, ma voix me quittant.
- Je ne veux plus être comme ça. Il n'y aura plus de secret entre nous. On ne se cachera plus. D'ailleurs, ils savent tous ce qui s'est passé entre nous et ils savent que je suis venu te voir.
- Et après? Quoi, on va avoir une relation longue distance? Je t'en pris. On arrivait même pas a avoir une relation quand nous habitions dans la même maison toi et moi !
- C'était pas une relation. Je ne voulais pas que ça en soit une. Maintenant c'est différent.
- Toi, dans une relation sérieuse? Tu étoufferais en moins d'une semaine !
- Tu me lance un défit?
Je lui lançais un regard incrédule.
- Je n'étoufferais pas avec toi Bella. Donne moi une chance de te le prouver.
- C'est bizarre comme beaucoup de gens veulent me prouver des choses aujourd'hui. Pourquoi? Pourquoi maintenant?
- Parce que je n'ai jamais ressentit autant de choses pour une femme avant toi et qu'avant de trouver le courage de te l'avouer, il m'a fallu du temps.
Tout sarcasmes venait de me quitter. J'avais peur maintenant. Il me prenait la main et nous allions nous asseoir sur un banc près de la fontaine.
- Je suis tellement désolé Bella, pour tout ce que je t'ai fais subir. Tout ce que j'ai fais ou dit qui aurait pu te blesser.
- Mais le mal est fait.
- Laisse-moi une chance de te montrer que je ne suis plus le même homme.
- Je … J'ai une vie maintenant et elle est ici, pas à Volterra.
- Peu importe, je ne te demande pas de la changer pour moi, je te demande juste de me faire une petite place dedans. Je paierais les voyages, je viendrait aussi souvent que possible. Tout ce que tu voudras.
- Comment tu peux croire que ça fonctionnera? Soufflais-je, abasourdie par tant de promesses incroyablement idylliques.
- J'en sais rien. J'ai besoin d'y croire c'est tout. J'ai goûté à la vie sans ta présence. Se n'est pas la vie que j'ai choisi.
- J'ai du mal à croire ce que tu me dis. Edward, je ne veux pas te blesser en disant ça, c'est juste un fait mais …
Il me regarda attentivement.
- Je n'ai plus confiance en toi.
C'était comme si je venais de le gifler. Au bout d'un moment, il me prit doucement la main et je me laissais faire. Quand Edward reprit la parole, il ne me regardait pas, fixant nos doigts entrelacés.
- Laisse moi avoir assez de confiance pour tous les deux dans ce cas.
- Ça ne marche pas comme ça.
- Bella … Je …
Il s'arrêta de parler et fronçait les sourcils, le regard toujours sur nos mains. Quand je croisais de nouveau son regard, ses yeux étaient remplis d'une lueur singulière que je n'avais jamais vu avant. Edward tira sur la main pour me ramener à lui et son autre mains maintenue ma joue pendant qu'il me donnait le plus suave et brulant des baisers qu'il soit. Je n'eus pas le temps de protester. J'avais voulu m'éloigner en me levant mais il avait accompagné mon geste profitant de l'occasion pour me ramener contre lui et déjà j'haletais. Sa langue se faisait tendre contre la mienne et ses gestes démontrait d'une douceur parfaite. Quand il s'écartait, je sentais que c'était à contre cœur. Moi je ne savais plus où j'étais, je ne voyais que ses lèvres. Je ne sentais plus que sa main sur ma joue, l'air chaud qu'il rejetait contre mon visage et aussi, mes mains qui ne voulaient pas le lâcher.
- Dis moi que tu n'as rien ressenti. Chuchota-t-il. Et ne me dit pas que c'était chimique.
- Non … Je … J'ai senti …
- Tu vois, c'est qu'il y a encore quelque chose à sauver.
Il releva doucement mon menton pour que je le regarde.
- Non?
- Edward, commençais-je après quelques secondes de contemplation, cet été a été … Difficile.
- Je sais. Pardonne-moi.
- Tu n'es pas le seul responsable de ce désastre. On était deux.
- Pour moi ça a été un magnifique désastre.
- Toi et moi, on a tout fait à l'envers. On s'est laissé consumer par le désir et ce weekend, hier, ce matin dans la douche. Je me suis vue replonger dans le même schéma tu comprend? La passion, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien a brûler. Je ne veux pas ça. Je ne peux plus.
- Je te promet que ça sera différent. On va tout reprendre à zéro.
Je secouais la tête face à l'improbabilité de ces paroles dans la bouche d'Edward.
- Je te le jure, dit-il en m'obligeant à le regarder, je te ferai la court, je t'emmènerais dîner … Je t'achèterai des fleurs.
- Arrêtes. Souriais-je.
- Quoi? Si c'est ce qu'il faut faire pour te retrouver, je le ferais.
- Je ne te demande pas de devenir quelqu'un d'autre non plus.
- Alors quoi? Qu'est-ce que je dois faire? Tu n'as qu'à me dire ce que tu veux.
- Laisse moi du temps.
- C'est à dire?
Je me laisserais bercer dans ses bras en réfléchissant.
- On va aller doucement. J'ai besoin de réfléchir à tout ça.
- D'accord. Mais il y a un espoir alors?
- Peut-être, mais en attendant, plus de dérapage dans la douche, ou ailleurs.
Il tenta de dissimuler sa déception, ce que je trouvais plus qu'adorable.
- Tu n'as jamais pu résister aux plaisirs de la chaire, alors si tu tiens bon, je pense que ça sera un premier pas vers … Une nouvelle relation.
- Ça me semble raisonnable ... dure, mais raisonnable.
Je ris ce qui eu pour effet de le faire sourire. Jamais il ne m'avait regardé avec autant de tendresse.
- Quoi?
- J'ai le droit de t'embrasser quand même? Demanda-t-il en connaissant déjà ma réponse.
- Humm …
Cette fois, je pressais mes lèvres contre les siennes avant qu'il ne prenne l'initiative et je senti la chaire de poule qui apparaissait sur ses bras. J'aimais avoir cet effet sur lui. Quand je me détachais, il gardait les yeux fermés.
- ça va être très difficile. Souffla-t-il.
Je riais en lui frappant l'épaule. La seconde d'après il me prenait la main et nous recommencions à marcher. J'étais heureuse, j'avais peur mais j'étais à la fois excitée. Tout s'embrouillait dans ma tête. Le sourire d'Edward prouvait qu'il était heureux aussi. C'était la première fois que nous marchions main dans la main tel un couple. C'était encore un peu étrange mais à la fois terriblement délicieux. Je ne savais pas du tout où tout cela allait mener mais pour le moment, j'étais simplement bien et lui aussi.
- Ton avion est à quelle heure?
Son sourire s'effaçait légèrement.
- 21h15.
- Ça nous laisse encore quelques heures.
Edward resserra sa main dans la mienne.
- Qu'est-ce que tu veux faire? Lui demandai-je.
-Tout ce que tu veux, tant qu'on reste tous les deux.
Je lui souris et il déposait un léger baiser sur mon front, puis sur mes lèvres.
***
Pov Edward.
Après ça nous étions rentrés chez elle. Bella m'avait rapidement présenté à sa colocataire comme un « ami d'Italie », cependant elle n'avait pas lâché ma main donc peu importait l'appellation qu'elle me donnait. Nous nous étions ensuite enfermé dans sa chambre pour regarder la télé, sans vraiment la regarder, juste pour ne pas avoir a parler. J'étais épuisé d'avoir autant débattu avec elle et je sentais qu'elle était dans le même état. Nous étions simplement allongé sur son lit, l'un contre l'autre. Bella traçait de petits cercles réguliers sur mon torse, en dessous ma chemise. Elle n'avait pas la moindre idée des sensations qu'elle provoquait chez moi. Pas la moindre. C'était une délicieuse torture mais je ne bronchais pas, me contentant de caresser le bas de son dos, à la limite de son jean, là où sa peau était légèrement découverte. J'étais à la fois soulagé et anxieux. Maintenant qu'elle avait consenti à me laisser une chance, je ne voulais plus partir. Je ne voulais plus la quitter. Pourtant je le devais. Elle avait besoin de temps, j'étais prêt à lui en donner. C'était tout ce qu'il me resterait sans elle dans mes bras, du temps.
L'après-midi passait vite et le moment du départ arriva beaucoup trop tôt. Nous étions tous les deux meurtris de s'être retrouver pour se quitter si vite.
- Tu es sur que tu ne veux pas que je t'accompagne à l'aéroport?
- Non, ça va aller. Mon taxi est en bas. Répondis-je, en lui caressant la joue. J'ai quelque chose pour toi.
Bella parut surprise, après tout je ne lui avait jamais rien offert. Elle se rapprocha encore de moi alors que je sortais une enveloppe de mon sac pour la lui tendre. Elle la prise avec précaution. A cette distance je pouvais respirer l'odeur de ses cheveux, m'enivrant de ce parfum qui allait tant me manquer par la suite.
- Des billets d'avions ?
- Il n'y a pas de date, j'ai pensé que ça pourrait être utile si un jours … Tu voulais venir nous rendre visite.
- Nous rendre visite? Sourit-elle en me regardant enfin.
- A ma famille et à moi … Je pensais plus à moi en les achetant c'est vrai, mais tout le monde meurt d'envie de te revoir.
- Tu avais tout prévu dis moi.
- Seulement espéré. Rectifiais-je en lui rendant son sourire.
- Merci. Je … les gardes précieusement. C'est vrai que le soleil de Volterra me manque.
- Tu vas me manquer. Ma voix sonnait plus sérieuse que je ne l'aurais voulus.
Elle perdit peut à peut son sourire et se hissa sur la pointe des pieds pour m'embrasser. Elle était adorable quand elle faisait ce genre de chose. Bella paraissait intimidée à l'idée de se permettre ces gestes là avec moi. Comment pouvait-elle encore être intimidée après tout ce que nous avions vécu? Toujours est-il qu'aujourd'hui, plus que jamais, je trouvais ça craquant. J'aurais voulu la cacher dans ma valise et la garder avec moi. Je la ramenais vers moi, d'une main sur ses hanches pour approfondir notre étreinte. Instantanément elle entourait les bras autours de moi, me laissant libre accès à sa bouche. Je ne pu réfréner un gémissement quand elle me poussait délibérément contre la porte d'entrée, se faisant plus fougueuse. Elle souriait sur mes lèvres, fière de l'effet qu'elle avait produit sur la partie inférieure de mon anatomie.
- Tu veux ma mort c'est ça? Soufflais-je les yeux fermés.
- Vengeance personnelle et puis … Si jamais Stacy refait surface, ça te donnera une raison de te tenir à carreau.
- Il n'y a pas de risque. Riais-je.
Elle lécha délicatement ma lèvre et déjà j'avais envie de recommencer à l'embrasser. Mais l'interphone me rappelait à l'ordre signalant que mon chauffeur s'impatientait. Je la serrais une dernière fois contre moi, enfouissant ma tête dans son cou quand sa petite main caressait ma nuque. Divin.
- Il faut que j'y aille.
- Edward … Tu m'as manqué.
Pour toute réponse je resserrais encore plus mon étreinte autour d'elle, caressant doucement ses cheveux.
- J'attendrais que tu m'appelles. Je vais te laisser le temps et l'espace que tu m'as demandé ne t'inquiète pas mais Bella … Ne doute pas. J'ai pensé chacun des mots que je t'ai dit.
Elle hochait doucement la tête. J'embrassais rapidement ses lèvres, puis son front et je quittais l'appartement. Je savais qu'en partant, je laissais une part de moi à New York …
Ne pas savoir quand je la reverrais était encore plus difficile.
Maintenant il ne me restait qu'une chose à faire : L'attendre.
J'espère que ce nouveau départ dans une relation plus saine vous a plus. Je sais que beaucoup d'entre vous attendait les retrouvailles !
Comme prévu, pas de chapitre la semaine prochaine, je finis Chrysalis. Donc, prochain chapitre après Noël.
Je vous souhaite de passer de bonne fêtes de fin d'années !
Régalez-vous ! A bientôt !
Ginie -
Teaser de ce chapitre : http://www[.]youtube[.]com/watch?v=b4_YgyLR-jA (sans les crochets)
Bonus Edward sur scène : - http://www[.]youtube[.]com/watch?v=jXKGDf-RHag (sans les crochets, version Youtbe bloquées en dehors de la France !)
- http://www[.]wat[.]tv/video/twilight-fanfiction-beautiful-1zoex_1kfdn_[.]html (Sans crochets - version Wattv, où vous pourrez très certainement la voir sans pbl ! Vive la France !)
***
MAJ PLAYLIST :
- The Story - 30 seconds to mars (entendu dans le teaser, mais choisissez la version acoustique, dispo sur Deezer)
- Hemorrahge - Fuel ( entendue dans la vidéo Bonus)
