CHAPITRE XII
IT'S LIKE A MILLION STARS IN ONE TREE
***
Edward POV
Le mois de novembre s'achevait et, suivant la tradition de notre patrie, nous fêtions Thanksgiving. Nous devions être la seule famille à Volterra, et même de toute l'Italie, à célébrer l'évènement. Thanksgiving, cette fête typiquement américaine où,le dernier jeudi du mois de novembre, tous les américains se réunissent en famille pour partager la traditionnelle dinde et le gâteau au potiron et ça, depuis la proclamation officielle du président Franklin Roosevelt en 1941. Celui-ci avait proclamé ce jeudi noir (marquant la mort de centaines d'indiens massacrée), fête nationale. Ici, nous respections la tradition tous les ans, ayant l'impression de revenir à la « maison », le temps d'une journée. Esmé faisait la meilleure dinde farcie de toute l'Italie, à défaut de tous les États-Unis. Tout le monde serait réuni. Tout le monde serait là, sauf … Sauf Bella.
J'avais pourtant espéré qu'elle utiliserait ses billets d'avion pour se joindre à nous, sachant que Carlisle et Esmé l'avaient invité. Malheureusement, elle n'arrêtait pas les cours avant la fin du mois de décembre et, laisser son père seul pour cette fête ne l'avait pas enchanté, ce que je comprenais. Malgré tout, je ne l'avais pas revu depuis bientôt un mois et même si je m'efforçais d'être patient, l'attente était longue. Je l'avais régulièrement au téléphone mais ça ne remplaçait pas sa présence. En plus de ça, à chaque fois elle paraissait pressée et débordée, nous parlions de tout et de rien mais jamais des choses importantes, jamais des choses nous concernant. J'avais parfois plus l'impression d'être un ami que son petit ami. Ce mot sonnait faux dans mon esprit. L'étais-je vraiment? Pour moi c'était certain, mais pour elle, impossible de le savoir. Je savais que je devais lui donner le temps de me faire confiance à nouveau mais à 8000 kilomètres ça paraissait parfois difficile de lui prouver mes intentions. Le pire de tout c'était quand elle me racontait ses journées de cours et de travail, parfois même ses sorties avec Mike Newton. Ce pauvre minable devait jubiler de me savoir si loin. Si seulement elle lui avait parlé de moi, de nous … J'enrageais rien que d'y penser.
- Hey ! Si Esmé te vois saccager sa table, elle nous le fera tous payer, alors concentre toi ! Me réprimandait Alice.
Revenant à la réalité, je remarquais que j'avais mis deux couteaux autour des assiettes en oubliant l'utilité des fourchettes.
- Pardon.
Je réparais alors mes erreurs sous le regard accusateur de ma sœur. Comme d'habitude, la table ainsi dressée était tout simplement magnifique. Les tons chauds de l'automne, chocolat et orangé, donnait au service de cristal choisi par ma mère, le côté festif et conviviale indispensable à la journée. Depuis le début de la matinée, Rosalie et Esmé se relayaient en cuisine pour arroser la viande, préparer les tartes et les autres mets succulents que nous allions déguster à partir de 18h00. Alice et moi nous occupions de la décoration, enfin, Alice s'en occupait et moi j'étais sous ses ordres. Mon père, mon frère et Jasper, quant à eux, étaient occupés à boire des bières devant des vieux enregistrements VHS des meilleurs années du Super Bowl. Emmett en était d'ailleurs malade, chaque année, le pauvre devait suivre la compétition sur Internet, à défaut que celle-ci soit diffusée à la télévision Européenne. Encore une fois, le Super Bowl était américain et encore une fois, c'était une tradition de regarder un match avant le repas de Thanksgiving. Les enregistrements avaient été l'idée de Rosalie pour sortir son « cher et tendre » de son mal du pays saisonnier. Le subterfuge semblait fonctionner au vu des beuglements qu'il poussait dans son fauteuil. Je n'avais jamais vraiment apprécier le football mais je devais admettre que voir de Emmett et Jasper débattre pour savoir quelle victoire - entre celle de Jets de New York en 1969 ou celle de Chiefs de Kansas City l'année suivante, avait été la plus mérité – était assez amusant, surtout qu'à la fin, Alice, Carlisle et moi ne distinguions plus que les cris capricieux de ce qui semblait être deux petits garçons d'une dizaine d'années tout au plus.
- L'Amérique me manque. Souffla Emmett à la fin du match.
- Tais-toi et bois. Lui lançait Rosalie en remplaçant la bière vide d'Emmett par une bouteille pleine et bien fraîche.
Cette femme savait définitivement comment lui parler. Alice allait se placer sur les genoux de Jasper et Rosalie restait derrière mon frère en lui caressant la nuque, Esmé rejoint ensuite Carlisle et moi, je restais seul. C'était dans ces moments là qu'il était difficile de savoir Bella si loin. Ne pas savoir si elle éprouvait la même chose, le même manque, rajoutait aussi à mon calvaire. Ma mère dû remarquer mon trouble car elle vint se placer à mes côtés, sa main sur mon épaule me ramenant à eux.
- Et si tu allais échanger quelques passes avec les garçons dehors avant de passer à table. Dit-elle gentiment, nullement dupe de mon apparente tranquillité.
- Oui. C'est une bonne idée. La table te plait?
- Elle est magnifique.
- Merci qui? Criait Alice de la cuisine.
Je lui lançais un regard noir et ma mère m'embrassait sur la joue en riant. J'enfilais ma veste pour aller rejoindre Jasper et Emmett dehors. En me dirigeant vers l'entrée, je surprenais une fraction de conversation entre Carlisle et Esmé. Une conversation que je n'aurais certainement pas dû entendre.
- Il a l'air de prendre cette histoire avec Bella très à cœur, disait ma mère, il a l'air si … lointain parfois. Je me demande vraiment comment tout ça va finir.
- Il est resté seul trop longtemps, comment est-ce que ça peut se terminer correctement? Lui répondait Carlisle.
Ensuite je sortais. J'en avais assez entendu. Même mes parents ne me croyaient pas capable de tenir mes « engagements » envers Bella. Ils croyaient tous, elle y comprit, que ça n'était qu'une passade et que je changerais vite de cap, comme toujours. Et bien pas cette fois, je leur prouverais à tous que je pouvais être différent.
L'air frais de l'extérieur m'apaisait un peu. Emmett et Jasper étaient déjà entrain de jouer à celui qui lancerait le plus fort pour que l'autre ait le plus de mal possible à rattraper la balle.
- Attention ! Le spécial boulet de Canon version Mister Em'Cul' ! Hurlait mon frère alors que Jasper commençait déjà à courir.
- On t'a déjà dit à quel point ce surnom était débile ! Répondait-il en rattrapant le ballon ovale, non sans accuser un petit mouvement de recul.
- Seulement les jaloux de ton espèce Jazz'man.
- Pff ! Siffla l'interressé en renvoyant la balle.
- Hey mais c'est Eddy'Cull' ! Lançait mon frère en me voyant approcher, les mains dans les poches de ma veste.
- M'appel pas comme ça. Grimaçais-je en attisant les moqueries de Jasper. Envoi !
- On va commencer doucement pour toi mon petit. Me gratifia Emmett en m'envoyant violemment le ballon.
- Trop d'honneur ! Lançais-je en le fusillant du regard.
Nous prîmes un rythme de jeu soutenu mais néanmoins agréable et les conversations reprirent.
- C'est rare que James ne soit pas avec nous pour Thanksgiving. Faisait remarquer Jasper.
Je me renfrognais à l'évocation de mon ami perdu.
- James et moi ne sommes pas en très bon terme en ce moment. Répondis-je simplement en passant la balle à mon frère.
- Qu'est-ce qui c'est passé? Demandait Emmett.
- C'est compliqué.
- Essai toujours ! Lançait Jasper en me renvoyant la balle en pleine face.
- Disons que lui aussi avait quelques dettes de casino et qu'il n'a pas accepté l'aide de Carlisle lui.
- C'est donc pour ça que vous chuchotiez toujours tous les deux en croyant que personne ne le remarquerait ? En déduisait mon frère.
- Si on veut, il y avait aussi Bella.
- Quoi?! Il avait des vues sur elle lui aussi ?!
- Non, simplement il n'a pas apprécié que je passe plus de temps avec elle qu'avec lui. On s'est expliqué un soir et ça ne s'est pas très bien passé.
- Ça lui passera ! Comme je le dis toujours « un homme doit manger ! » et il était plus que temps que toi aussi tu manges mon frère ! Tu comprends l'analogie là ? La nourriture c'est Bella en fait ! Gloussa Emmett.
- Oui ça va ! Merci Emmett, toujours très classe !
- Ouep, on se refait pas ! Rétorquait-il en haussant les épaules.
- Comment ça va vous deux au fait ? Demandait Jasper. Toi et Bella, vous êtes ensemble ?
- Bonne question. Soufflais-je, presque à moi-même. C'est difficile à dire, ça semblait être le cas à New York mais … Avec la distance et mes conneries passées, c'est difficile.
- Je continu à croire qu'on aurait dû faire une descente à New York pour la ramener ici par la peau des fesses ! Lançait Emmett en renvoyant inlassablement le ballon.
- Elle a du travail et son père … Elle ne voulait pas le laisser seul.
- Du travail ouais, avec ce Mike !
Je renvoyais le ballon à mon frère plus violemment que prévu.
- Pardon. Soufflait-il en s'empêchant de sourire.
- J'ai vraiment pas besoin de ça tu vois !
- Woa ! T'as tes règles ou quoi ?! Je rigolais !
- Je sais pardon, je passais la main dans mes cheveux et faisais quelques pas, c'est juste que ça me rend dingue ! J'en ai déjà marre et ça ne fait qu'un mois !
- T'inquiète petit frère ! Les retrouvailles n'en seront que meilleures !
Emmett me lançait un regard plus que suggestif.
- Si tu vois ce que je veux dire.
- Tu parles ! Lançais-je amusé. Je suis puni !
- Elle t'a privé de … libération corporelle?!
- Libération corporelle ?! Répétait Jasper septique. Je crois que « sexe » aurait encore été plus convenable !
- Oh ça va !
- Toujours est-il que oui ! Je n'ai pas été abstinent depuis si longtemps depuis que j'ai 17 ans !
- Tu m'étonnes que tu es sur les nerfs ! Pouffa Jasper.
- Mon p'tit frère à les bourses pleines ! Riait Emmett.
- T'es vraiment grave parfois … Répondis-je en secouant la tête.
- Ouais, c'est à se demander ce que Rose te trouve. Surenchéri Jasper.
- 20 centimètres de service trois pièce ! Lançait mon frère sous nos rires moqueurs.
- Tu parles, on sait qui porte la culotte à la maison alors arrêtes ton numéro Emmett !
Emmett, dépité, se mettait à me courir après pour me faire taire mais je riais toujours en tentant de lui échapper. Jasper derrière nous, jouait les commentateurs sportifs à coups de « Edward Cullen a toujours l'avantage sur le minuscule Emmett », l'enrageant d'avantage. Finalement il finissait par me clouer au sol en me refaisant le cuire chevelu avec son poing. Le soleil amorçait sa descente quand la voix d'Esmé nous rappelait à l'ordre.
- Les garçons ! On lieu de jouer aux hommes des cavernes venez manger !
Nous nous relevions en riant pour rejoindre la maison.
- Tu payes rien pour attendre ! Souffla discrètement mon frère, en m'attrapant par le cou.
- Et on s'essuie les pieds avant d'entrer. Nous sermonnâmes ma mère.
« Oui maman ! », lancions-nous en chœur, d'une voix enfantine.
Malgré la sévérité dont elle essayait de faire preuve, Esmé ne pu s'empêcher de rire. Emmett lui fit un gros bisous en entrant et se frottait déjà les mains en sentant l'odeur appétissante qui venait du salon. Je le suivais ainsi que Jasper et chacun pris place à côté de sa moitié. Je prenais la place en bout de table à côté de ma mère. Moi aussi j'étais à côté d'une femme après tout ! Carlisle attendit que tout le monde s'installe avant de prendre la parole, tel le patriarche de la famille :
- Bien ! Maintenant que nous sommes tous là, je propose à chacun de dire ce dont il est reconnaissant pour l'année qui vient de s'écouler. Alice?
- Je suis reconnaissante de ce repas que nous allons encore une fois partager tous ensemble. Je suis aussi reconnaissante d'avoir pu, une fois de plus, étudier à Milan cette année. Je sais que se n'est pas donné à tout le monde. Et enfin, elle prit la main de Jasper, je suis reconnaissante d'avoir un si brillant petit ami.
Celui-ci lui rendit un sourire radieux quand Esmé et Rosalie soupiraient sur un « c'est mignon », purement féminin, qui me fit sourire à mon tour.
- Emmett? Reprit Carlisle.
- Moi je suis reconnaissant pour notre famille et pour la chance qu'on a d'avoir tout ce que l'on possède. Nous sommes des privilégiés, faut pas l'oublier. Je suis aussi reconnaissant d'avoir enfin trouvé et acheté la maison de nos rêves avec Rosalie !
- C'est vrai?! Lançait Alice, traduisant tout haut ce que tout le monde avait pensé bas.
- Je voulais le dire ! Disait Rosalie en frappant Emmett sur l'épaule, lui qui lui renvoyait un sourire des plus agaçant.
- Elle est où cette maison de rêve ? Demandait ma mère.
- Ici à Volterra, nous vous la ferons visiter la semaine prochaine. Dès que nous aurons les clés.
- A toi Rose. Continuait Carlisle.
- Et bien, merci pour la maison, vous tous ici, ce repas et toutes les bonnes choses à venir !
- Clair, rapide et efficace ! Ça c'est ma Rose !
Emmett lui pinçait la joue sur ces paroles, ce qui agaçait encore plus sa copine. Ces deux là n'arrêteraient jamais de se chamailler. C'était leur mode de communication.
- Jasper?
- Moi je suis reconnaissant envers vous monsieur, pour le travail à l'hôpital et pour m'avoir accueillie dans votre famille et ainsi permis fréquenter votre magnifique fille.
Alice rougissait.
- C'est à peu près tout.
- En parlant de clair et efficace … Pouffait Rosalie.
Jasper lui envoyait une mie de pain et déjà Esmé faisait les gros yeux. Les deux se calmèrent rapidement, honteux comme deux petits enfants pris en flagrant délie de gaspillage.
- A toi ma chérie. Souriait mon père.
- Je tien à remercier le ciel de m'avoir donné de si beaux enfants accompagnés de leurs moitiés, eux qui font aussi partie de cette famille maintenant. Je remercie aussi le ciel d'avoir épargné notre famille de la maladie et du besoin. J'ai perdu une amie cette année et je sais que le Seigneur rappel souvent ses enfants à lui. J'aurais donc aussi une pensé pour elle, Renée.
Après ça, un petit silence s'installa en mémoire de la mère de Bella. Mon cœur de serra en pensant à elle, j'espérais qu'elle allait bien même si j'étais dans l'incapacité physique de m'occuper d'elle pour essayer d'alléger un peu sa perte.
- Bien, relançait mon père, Edward? C'est à toi.
Je réfléchissais un instant, concentré sur ce que j'allais dire. Les émotions étaient là, enfouie en moi et Dieu seul sait que j'avais beaucoup de remerciements à faire, mais je tentais de trouver les mots justes.
- Je tien à vous remercier tous, commençais-je sans les regarder, j'ai fais pas mal d'erreur cette année, et bien avant encore, vous avez tous été là pour m'aider alors que vous auriez pu me laisser me débrouiller seul alors, merci. Merci pour être la famille et les parents (je les regardais tour à tour) que vous êtes.
Ma mère me prit la main en me souriant.
- Je suis aussi reconnaissant pour avoir rencontré quelqu'un de très spécial cet été.
Et là, tout le monde savait de qui je parlais.
- Même si elle n'a pas pu être avec nous aujourd'hui. C'est une personne exceptionnelle, avec un immense courage et beaucoup de valeur. Elle m'a apprit beaucoup de chose en très peu de temps. Donc merci à elle également.
- Merci Edward. Quant à moi, je suis reconnaissant envers vous mes enfants et envers toi, Esmé ma magnifique épouse, pour chaque jour faire de moi un homme heureux et comblé!
Tout le monde médita un instant ces dernières pensées, en souriant.
- Maintenant mangeons ! Lançait mon père.
- Ahhh ! Soupirait Emmett, soulagé, en brandissant le couteau à viande pour servir la dinde.
Alors que tout le monde, moi y compris, tendait son assiette vers mon frère, le téléphone sonnait.
- Qui ça peut-être à cette heure? S'interrogeait Esmé. Nous sommes à table.
- Moi je sais ! Lançait Alice avec un sourire espiègle.
Mon cœur s'affolait. Serait-ce … ? A New York il était 11 h du matin … Le temps de la réflexion et ma sœur m'avait devancé pour répondre.
- Salut ma poule ! Je te rappelle tout de suite !
Elle raccrochait.
- C'est Bella ! Lançait-elle toute existée, comme l'écho de l'humeur générale. Moi je m'étais figé. J'étais nerveux.
« Stupide! Arrête de jouer les pucelles effarouchée », pensais-je.
- Pourquoi t'a raccroché ?! Demandais-je outré, en m'étant lever pour la rejoindre.
- Du calme Elmo, je la rappelle pour ne pas qu'elle paye ! Pff.
Elle composait le numéro.
« Elmo?! »
- Bella? Comment tu vas ma belle?! Hein ? Oh oui, attend deux secondes.
Alice enclenchait alors le haut parleur et la douce, petite et mélodieuse voix de Bella, (même atténuée par le téléphone) s'élevait dans la pièce. Mon dieu, déjà je me liquéfiais sur place, malgré la douleur dans poitrine. Si je fermais les yeux, j'aurais cru qu'elle était là, avec nous. J'essayais mais les rouvrais rapidement, la manœuvre étant plus pénible que le contraire. Elle me rappelait son absence par l'illusion de sa présence vocale.
- Je voulais juste vous souhaiter à tous un joyeux Thanksgiving ! Ici il est encore tôt mais je sais que vous, vous devez être à table !
- Merci Bella !
- On pensera à toi cette nuit !!
Tout le monde y allait de sa petite phrase pour lui répondre quand moi je restais muet dans mon angoisse. Il fallait que je lui parle, et de préférence, sans haut-parleur.
- Tu nous manque ma belle, lançait Alice, reviens vite !
- Vous me manquez aussi. Régalez-vous bien !
- Tu diras bonjours à Charlie, Bella. Lui demandait ma mère.
- Sans faute.
Je l'entendis soupirer au téléphone.
- Alice?
- Oui?
Elle coupait l'écoute pour tous. Apparemment Bella lui donnait des instructions précises. Seulement pour elle. J'étais presque jaloux. Ça tournait vraiment à l'obsession. Puis Alice me tendait le combiné que je saisi lentement.
- Elle veut te parler ! Chantonna-t-elle en me faisant un clin d'œil.
- Oui mais pas longtemps ! Me sermonna Emmett. Nous on a faim.
- Commencez sans moi. Dis-je en m'éloignant dans le salon pour être plus tranquille.
- Mais ?! Lança mon frère.
- Laisse-le tranquille. Lui souffla Esmé, sur un ton doux mais qui ne laissait pas de possibilité de répliquer.
Une fois seul, je portais le combiné à mon oreille.
- Allo? Dis-je timidement.
- Salut.
Cette fois je fermais les yeux en me laissant glisser sur le sol, adossé à un des fauteuils.
- Tu vas bien?
- Ça va, et toi?
- Je … Je regrette que tu ne sois pas là ce soir.
- Je sais, moi aussi.
- Quels sont tes projets?
- Mon père a refusé que je cuisine pour Thanksgiving, alors on va tous au restaurant du coin et on va déguster le fameux hamburger à la dinde !
- Esmé bondirait de sa chaise pour te ramener ici, si jamais elle savait que tu allais manger un hamburger de Thanksgiving.
Elle riait.
- Au pire je donnerais ma part à Mike.
Je serrais les dents.
- Il sera là?
- Oui, ses parents viennent avec nous. C'est plus convivial.
- Convivial ...Tout bien réfléchis je pense à te dénoncer à Esmé tu sais !
- Edward, si j'avais eu plus de temps, je serais venue. Et puis, il y a Charlie.
- Je sais, ne t'inquiète pas. Simplement, tu me manques …
- Tu me manques aussi.
- C'est vrai? Demandais-je après un instant.
- Pourquoi tu en doutes?
- Et bien … C'est dur de savoir ce que tu penses parfois ...
- Et ça fait quel effet?
- Bella, je suis désolé pour avant … Je ne le redirais jamais assez mais, ça fait un mois que je ne t'ai pas revu. Je deviens fou.
- C'est dur pour moi aussi, pardonne-moi, je ne voulais pas être aussi agressive.
- Mike te vois tous les jours lui.
- Oui, d'ailleurs on a terminé ce que toi et moi nous avions commencé sous la douche. Riait-elle.
- Ce n'est pas drôle …
Elle riait encore.
- Je raccroche ! La menaçais-je.
- Oh tu oserais?!
Je soupirais vaincu.
- Non, j'ai trop besoin de t'entendre.
- On se reverra bientôt.
- Quand?
- En janvier.
- Et ça c'est « bientôt » pour toi ?
- Edward, on savait à quoi s'attendre, disait-elle soudainement triste, mais si ça ne te conviens pas je comprendrais …
- Quoi?! Non ! Je … Bella … Non. Répondis-je horrifié quand elle laissait sous-entendre qu'elle allait me libérer de ma parole.
- Bon … Il va falloir que j'y aille.
- Je sais. Moi aussi.
- Je te rappellerais.
- Tu me manques.
- Toi aussi.
- Prend soins de toi.
- Toujours.
Et elle raccrochait, me laissant vide une fraction de seconde. Je me passais les mains sur le visage avant de me lever pour rejoindre les autres.
***
Bella POV
Le restaurant aurait pu être loué par la quatrième avenue au vu de sa fréquentation. Tout mon quartier était là. C'était comme une tradition de se retrouver tous les ans au même endroit pour Thanksgiving, même si nous ne partagions pas tous la même table. La nourriture n'y était pas extraordinaire et l'endroit était assez bruyant mais depuis la mort de ma mère, Charlie s'était lié d'amitié avec chacune de ces personnes. Il avait tenu à ce que l'on vienne ici ce soir et pour rien au monde je ne lui aurais refusé. Après tout, ça n'était peut-être pas le repas de Thanksgiving traditionnel auquel j'avais été habituée, mais il y avait quand même de la dinde. De la dinde entre deux tranches de pain et du cheddar fondu. Je soupirais en détaillant mon assiette. J'appuyais sur le haut de mon « Thanks-burger » et comptais le nombre de seconde qu'il mettait à reprendre sa forme initiale : 5 secondes.
- Tu peux y aller, c'est le hamburger le plus moelleux que tu puisses trouver à New York. Me lançait Charlie en dégustant le sien.
- Je te crois sur parole. Répondis-je en souriant.
- Alors Bella, commençait madame Newton, comment vont les cours? Mike ne m'en parle jamais beaucoup, c'est à se demander s'il étudie vraiment !
- Maman … Souffla l'intéressé en me jetant un regard désespéré.
- Il est très studieux, les cours sont très intéressants. C'est bientôt les examens, on a beaucoup de travail.
- On devrait réviser ensemble ! Proposait Mike, telle « l'idée du siècle ».
- C'est une excellente idée ! Surenchéri Charlie.
- Je … Heu …
Tous les regards étaient portés sur moi.
- Bien sûr, pourquoi pas.
Mike me rendait son plus beau sourire et j'essayais de lui en rendre un sans paraître trop contrainte à le faire. Les conversations reprirent et, heureusement pour moi, les regards se focalisèrent ailleurs que sur moi. J'étais heureuse d'être là, avec mon père et ses amis. C'était « convivial » comme je l'avais dit ce matin à Edward au téléphone. Malgré tout, une partie de moi imaginait la villa des Cullen. Je les voyais presque autour de ce repas gargantuesque qu'Esmé avait sûrement préparé. Emmett devait faire enrager Alice comme d'habitude. Je souris à cette idée. Pour la première fois depuis mon départ, Volterra me manquait vraiment.
Je sortais discrètement mon portable pour vérifier mes messages : Rien. Edward devait déjà être couché, il était 3 heures du matin là bas. Je repensais à notre conversation. Janvier semblait encore loin. Il était vrai que le petit week-end que nous avions partagé ensemble le mois dernier avait été, riche en émotion. Mais je ne me sentais pas encore capable de me lancer à corps perdu dans cette relation que nous étions censé avoir. L'idée était plaisante, ravissante même, mais je si me laissais aller sans condition dans ce projet idyllique de partager une relation sérieuse avec lui, je pourrais ne jamais m'en relever si jamais les choses tournaient mal, encore une fois. Je devais penser à moi, me protéger avant tout. Je devais rester rationnelle, cela dit, c'était vraiment difficile quand Edward me répétait sans cesse que je lui manquais. J'avais tellement envie de le croire aveuglément et me laisser aller à ces sensations qui me collaient des papillons dans l'estomac. J'aurais tout donné pour être dans ses bras, là maintenant. Souvent le soir, il m'arrivait de l'imaginer m'enlacer dans mon lit. Pourquoi les choses qui nous font le plus de biens sont toujours celles qui peuvent nous faire le plus de mal ?
***
Après Thanksgiving, la vie reprenait momentanément son cours et Noël approchait. Le mois de décembre ne me laissa pas vraiment l'opportunité de m'apitoyer sur mes petits problèmes sentimentaux. J'étais débordée. Les examens étaient mi-janvier, il ne me restait plus que quelques semaines de révision. J'avais déjà l'impression que ma tête allait exploser. Je n'avais pas le droit d'avoir des résultats satisfaisants, je devais exceller. Je n'avais pas le droit à l'erreur si je voulais finir mon cursus l'an prochain. Les Newton m'avaient laissé prendre des vacances afin que je puisse me concentrer sur les cours et, évidemment, ils avaient insisté pour que se soit des congés payés. Je ne méritais vraiment pas leur attention, je soupçonnais que madame Newton nourrisse secrètement l'espoir de me voir de nouveau avec son fils. Elle se débrouillait toujours pour nous laisser seul tous les deux et faisait parfois quelques sous-entendus que je m'efforçais de ne pas relever.
Tout ça m'occupait tellement qu'un matin, en regardant le calendrier, je me rendais compte que nous étions déjà le 22 décembre. Cette année, mon père et moi passerions notre premier Noël en tête à tête. Je cuisinerais, nous partagerions un bon repas chez lui et nous nous offririons un petit cadeau. Le mot d'ordre était de se concentrer sur les choses positives pour éviter de penser que pour la première fois, ma mère ne serait pas avec nous pour les fêtes. Renée adorait cette période de l'année …
Ma gorge se serrait déjà et je faisais ce que je faisais toujours quand l'absence de ma mère s'imposait à moi, je l'appelais. Refermant mon bouquin, je me levais et faisais quelques pas dans ma chambre et entendant les tonalités défiler.
« Vous êtes bien sur le portable d'Edward, laissez un message. » BIIIPPP.
- Salut. Je voulais juste prendre de tes nouvelles. Je n'ai pas été très présente ces derniers temps, pardonne-moi. Avec les révisions et le reste. Dans deux jours c'est le réveillon de Noël, j'espère que vous allez passer une bonne soirée. Je … Je serais chez Charlie. Premier Noël tous les deux, je ne sais vraiment pas comment les choses vont tourner. J'essaie de ne pas y penser mais, tu sais, c'est toujours là dans un coin de ma tête. Je ne sais vraiment pas pourquoi je m'évertue à raconter ma vie à ton répondeur, passe un excellent réveillon. Rappels moi si tu peux... Bonne nuit.
Je jetais le téléphone sur mon lit, contrarié d'avoir autant parlé à une machine, c'était ridicule. Je me remettais à mon bureau et rouvrait mon livre d'histoire de l'art avec une motivation qui frôlait le néant absolu.
En me réveillant le lendemain matin, j'avais l'impression d'avoir la page 369 de mon livre imprimée sur la joue. En effet, même si je me trouvais sur mon lit, le bouquin m'avait apparemment servis d'oreiller.
- Magnifique … Soufflais-je en me frottant les yeux.
Un coup d'œil au réveil m'informait qu'il était plus que temps de se lever. Aujourd'hui était le dernier jour de cours avant le break des fêtes de fin d'année. Je filais sous la douche en vitesse et me préparait rapidement. En sortant de l'appartement, je croisais ma colocataire qui me tendit son propre moka blanc avec un air désolé. Je l'aurais embrassé si je n'avais pas été si pressée. Même si nous n'avions pas du tout les mêmes rythmes de vie, cette fille avait toujours des attentions particulières à mon égard. Sur le chemin de l'académie je me disais que je j'irais sûrement lui acheter un cadeau de Noël à la pause déjeuner.
La journée se passait sans surprise et quand je rentrais à l'appartement, j'avais encore plus de travail que quand je l'avais quitté ce matin. Je m'affalais sur le canapé en soupirant. Jamais je ne m'en sortirais. J'agrippais un des coussins du canapé et me l'écrasais sur le visage en espérant suffoquer au plus vite. Je tapais des pieds sur le divan pendant la manœuvre. Heureusement que j'étais seule, n'importe qui serait rentré dans l'appartement à cet instant et je me serais faite internée. Faillait bien évacuer des fois !
Mon téléphone sonnait, me sortant de mes divagations et je décrochais rapidement après avoir vérifier l'émetteur de l'appel.
- Edward ! Lançais-je, des sourires dans la voix. Tu as eu mon message.
- Ça va? Tu as l'air essoufflée?
- Quoi moi? Répondis-je en fusillant le coussin des yeux, non ça va ! Je suis contente de t'entendre.
Pas de réponse.
- Edward?
- Bella, quand j'ai entendu ce message que tu m'as laissé... Si tu avais pu entendre ta voix, tu avais l'air tellement … triste.
- Oui, pardon, j'étais fatiguée hier soir. C'est rien.
- Non, ça n'est pas rien. Même si ce n'est que momentané, ça me tue de t'entendre aussi éteinte et d'être aussi impuissant.
- C'est la mauvaise période, ça ira mieux après les examens. Et en janvier, je viendrais me reposer chez vous. Ça va venir vite maintenant.
- Plus vite que tu ne le pense.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Quand j'ai entendu ton message j'ai compris quelques chose. Je suis dans la voiture avec Carlisle, il m'accompagne à l'aéroport.
- Quoi? Pourquoi?
- Bella, je n'ai plus la force de rester loin de toi. Je viens te chercher.
- Me chercher? Non, Edward, je ne peux pas partir maintenant.
- Que tu le veuilles où non, tu repartiras avec moi.
- J'aimerais bien voir ça, et tu comptes m'y forcer comment?
- J'aurais une semaine pour te convaincre. J'arriverais à New York demain soir.
- Tu restes une semaine? Réalisais-je en dissimulant très mal la joie qui venait de m'envahir.
- Sois demain soir, à minuit, devant le sapin du Rockefeller Center.
- Edward, qu'est-ce que tu manigances?
- Rien du tout, je met tous les éléments de mon côté pour réussir mon plan diabolique.
- Chercherais-tu à m'impressionner? Souriais-je.
- Je veux que tu passes un Noël inoubliable. Je dois y aller. Minuit au Rockefeller Center.
- Mais, attend je …
Bip, bip, bip, bip …
- Edward? Allo? Ed … Quel tête de … !! ahh !
Je reprenais le coussin contre moi essayant de contenir mon envie de hurler de joie. Même si ça façon de m'imposer d'être à l'autre bout de la ville demain soir, sans me donner la moindre raison m'énervait prodigieusement, j'étais surexcitée. Edward venait passer une semaine à New York, juste sur un coup de tête, juste à cause d'un message pathétique sur sa boite vocale. Juste pour ça, il allait passer 9 heures dans un avion, juste pour ça il allait passer Noël avec moi. J'étais heureuse de recevoir autant d'attention, même s'il était égoïste de ma part de le priver de sa famille en ce soir de fête. Le coussin servait maintenant à cacher l'immense sourire que j'affichais et mes joues que je sentais rosir. Très vite pourtant, j'étais stressée. Après presque deux mois, nous allions nous revoir. Comment agir? En couple? En amis? Maintenant j'étais perdue. Ce genre de chose n'arrivait jamais. Qui sautait aussi facilement dans un avion pour partir à des milliers de kilomètres de chez lui? Un soir de Noël qui plus est ?! Je n'aurais certainement pas imaginer qu'Edward puisse un jour être de ces gens là. Moi-même je n'étais pas de ces gens là et pourtant mois, j'avais un aller/retour dans mon tiroir depuis des mois. C'était complètement fou. Je n'avais pas assez de temps pour me préparer psychologiquement. Il était complètement fou ! J'étais à la fois anxieuse et excitée de le revoir, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, ni pourquoi je devais me trouver à minuit demain, devant de plus grand sapin de New York. Des tas de questions se bousculaient dans ma tête. Les prochaines 24 heures allaient être un véritable supplice, impossible de réviser dans cet état de folie cérébrale ! J'allais compter les minutes impatiemment, en les redoutant également … Encore des sentiments contradictoires. Et c'est repartit pour un tour ! Génial !
Je m'allongeais mollement sur le canapé en essayant désespérément de faire taire mon cerveau qui bouillonnait déjà.
***
J'étais déjà entrain de m'activer dans la cuisine depuis une bonne heure quand mon père rentrait à la maison. Comme d'habitude il rangeait son arme, retirant les balles du chargeur juste au cas où l'envie me prendrait de jouer avec, avant de venir me saluer. Je lui tendais la joue, les deux mes prises dans la farce de la dinde (une vraie cette fois, je n'avais pas pu résister). Charlie s'assit derrière moi, après s'être servit une bière dans le frigo. Je courrais dans tous les sens, du four au frigo, du frigo au plan de travail. Bizarrement mon manque cruel de dextérité disparaissait quand j'étais en cuisine. Mon père soupirait dans mon dos.
- Dure journée? Demandai-je.
- Oui … Cela dit, ce n'est pas pour ça que je soupire.
- Traduction?
- Je suis là depuis à peine cinq minutes et je suis déjà fatigué de te regarder t'agiter autant !
- Ha, ha, c'est ça, fais le malin mais je te signal qu'un repas de Noël ne se prépare pas en claquant des doigts !
- A bon? Oh mon dieu ! Mon monde s'écroule !
- Continu comme ça et je t'envoie chercher des « Burger-Christmas » !
- Pitié, je serais sage, j'ai encore le « Thanks-burger » sur l'estomac.
- Ça me rassure je ne suis pas la seule. Bon, je crois que c'est bon. Tu crois que je peux te confier une mission culinaire? Demandai-je en retirant mon tablier.
- Pas si tu souhaites manger quelques chose au final, ça m'étonne même que tu me le demande.
- Tu vas voir c'est très simple. Quand la grande aiguille sera sur le 6 …
- Je sais encore lire l'heure !
- Avec les aiguilles? Plaisantais-je devant la mine renfrognée de mon pauvre père.
- Tu es sûre que c'est pas plutôt toi qui veux un hamburger de Noël?
- Coupe le four à 20 h30, riais-je, je vais me doucher et m'habiller.
- C'est tenu de soirée exigée? Grimaça Charlie.
- Papa, c'est Noël, fais un petit effort …
Il grommelait dans sa barbe et regardant son uniforme comme s'il ne voyait pas en quoi sa tenue n'était pas appropriée pour un soir de réveillon. Alors je mettais mes mains dans mon dos, me dandinait comme une petite fille jusqu'à lui et lui sortait mon sourire le plus enfantin et le plus innocent qui soit.
- Pour moi?
- Très bien, très bien … Mais c'est bien pour te faire plaisir !
Je lui souriais, victorieuse et montais les escaliers. Déjà j'attendais la télévision s'allumer sur la chaîne sportive. Je m'enfermais dans la salle de bain et avançais lentement jusqu'au miroir, j'étais affreuse. J'avais de la farine sur les joues et dans les cheveux, cheveux qui ressemblait plus à un nid d'oiseau, je sentais la friture et j'avais des cernes sous les yeux. Normal, je n'avais pas réussie à fermer l'œil de la nuit. Dès que je me retrouvais seule face à ce miroir, l'idée de ce rendez-vous au Rockefeller Center me tordait l'estomac. J'étais nerveuse. Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, je n'étais même pas encore sûre d'y aller et rien que de penser qu'Edward était en route vers New York … J'en aurais hurler, ma gorge était sèche, mes mains moites, mon cœur avait des ratés et ma tête fonctionnait à cent à l'heure ! J'étais au bord de la crise de nerf. Je ne savais même pas si j'avais vraiment envie que ça arrive et en même temps, j'en étais convaincue. J'étais intimidée, excitée, effrayée, renversée … Tout ça à la fois !
Je soupirais en retrouvant mon reflet dans le miroir, un peu trop « Girly » pour moi tout ça ! Après tout pourquoi pas, j'étais une femme, pourquoi n'aurais-je pas le droit d'agir comme telle de temps en temps. Être toute chavirée à l'idée de revoir un homme (et quel homme !) était dans nos gênes et, même si je n'avais pas le syndrome dit « de Paris Hilton » ou encore « de la blonde », sans arrêt, il était bien là en moi. Ce soir, c'était ce syndrome qui mettait mes hormones sans dessus dessous, autant qu'il s'exprime maintenant tant qu'il n'y avait aucun témoin !
Une douche plus tard, mon état étant légèrement sous contrôle, je me séchais rapidement les cheveux, mettais un peu de far à joue et un trais de crayon noir sous mes yeux, une touche de parfum derrière et oreille (syndrome quand tu nous tien !) et je sortais avec une idée précise que ce que j'allais porter.
J'avançais lentement dans le couloir, ma serviette autour de la taille, et au fur et à mesure de mes pas mon cœur devenait plus lourd. Je faillie faire demi-tour plusieurs fois et le couloir n'était pourtant pas bien grand. Quand ma main se posait sur la poignée de la porte de retenais mon souffle, essayant de ne pas faire de bruit en ouvrant la porte. Je ne voulais pas que Charlie sache ce que je faisais. Une fois dans la pièce, je prenais une profonde inspiration et ouvrait lentement les yeux. Rien n'avait changer depuis. Je coupais directement les flash visuels de ma mère étendue sur ce lit sous peine de m'enfuir en hurlant. Je devais resté concentrée sur mon objectif premier : la robe. Mais pas n'importe laquelle. C'était la robe préférée de Renée et la mienne quand j'étais encore la petite fille admirative devant sa maman.
Quand j'ouvrais les deux portes de l'armoire, l'odeur que portaient encore les vêtements suspendus à l'intérieur me frappa telle une claque en plein visage. Je n'avais pas prévu ça et fut obligée de reculer de quelques pas. Cette armoire refermait encore le parfum de ma mère. Tous ses vêtements en étaient imprégnés. Après le choc, je trouvais ça magique qu'une partie d'elle soit encore figée dans ce si petit espace. Sans y penser de refermait l'armoire de peur que l'odeur ne se disperse complètement. C'était ridicule, j'étais là plantée dans la chambre de ma mère et je mettais des heures à prendre ce que j'étais venue chercher. Finalement, je retrouvais l'usage de mes mains et rouvrais l'armoire en retenant ma respiration (une claque par jour suffisait amplement). Après une rapide inspection, je la trouvais. Magnifique comme dans mes souvenirs. Assez courte, classe et distinguée, une robe bordeaux avec de fines bretelles et un décolleté droit. Le tout parfaitement fini par les talons assorties. Quand me regardais dans le miroir, je n'avais plus rien de celle que j'avais vu trente minutes plus tôt, j'étais … Charmante. L'image que me revoyait le miroir était un mélange de moi et de Renée et d'un seul coup, j'étais fière.
Quand je rejoignais Charlie au salon, le pauvre homme bloqua net en reconnaissant ma tenue. J'eus d'abord cru qu'il allait faire un infarctus, mais il parlait au bout de quelques secondes, retrouvant des couleurs humaines.
- Bella, tu es …
- J'ai pensé qu'en portant ça, maman serait un peu avec nous ce soir. Expliquai-je en repassant nerveusement ma jupe avec mes mains. Tu ne m'en veux pas j'espère?
- Quoi? T'en vouloir?! Quelle idée, Bella
Il monta jusqu'à moi au milieu de l'escalier et posa sa main sur ma joue.
- Ta mère serait fière de te voir aussi belle ce soir. Cette robe te va aussi bien qu'à elle. Elle aurait voulu que tu la portes.
- Je crois aussi que ça lui aurait fait plaisir.
Nous nous fixons tous les deux, des lueurs de tristesse passant dans nos iris chocolat, et Charlie prit les devants. Il me tendit la main pour me faire descendre les dernières marches et je découvrais la table magnifique qu'il avait dressé.
- A défaut d'avoir trouvé quelque chose d'aussi élégant que toi à porter, j'ai sortit l'argenterie Swan.
- C'est une très belle table papa, je te félicite.
- Si mademoiselle veux bien se donner la peine. Disait-il avec un faux accent mondain, pour me tirer la chaise ensuite.
- Mais certainement charmant monsieur. Ça sent très bon dites-moi.
- C'est moi qui aie tout fait !
- Voyez-vous ça !
Le dîner se déroula paisiblement. Nous avions parler de tout et de rien et beaucoup rie en nous rappelant le bon vieux temps quand Renée était encore là. Bizarrement, ce sujet qui aurait pu être très douloureux, était facile à aborder ce soir. C'était peut-être dû à la robe ou simplement parce que c'était Noël, mais les moments difficiles ne furent pas évoqués. C'est l'estomac déjà bien plein que nous passions au dessert, la fameuse bûche glacée et je jetais un coup d'œil rapide à ma montre : 23h10.
- Qu'est-ce qui ne va pas Bella?
- Ce qui ne va pas?
- Tu n'arrêtes pas de regarder ta montre depuis le début du repas et à chaque fois que tu relèves la tête, tu grimaces.
- C'est pas vrai ! Mentis-je.
- Qu'est-ce que tu surveilles comme ça?
- Rien du tout.
- Bella … Je suis de la police, rappel toi, on ne peut rien me cacher.
« Stupide instinct ! », soupirais-je.
- C'est rien, je dois … On m'a fixé une sorte de rendez-vous ce soir. Je ne sais pas si je vais y aller …
- Tien donc … Un rendez-vous.
- Une sorte de rendez-vous.
- Avec un garçon?
- Hum...
- C'est Mike?
Je grimaçais.
- Apparemment non. Je le connais?
- C'est un interrogatoire?
Il me faisait son regard « policier », celui qui forçait tout le monde à répondre et je capitulais.
- Non mais je t'ai parlé de lui, il arrive de Volterra ce soir et il veut que j'aille le retrouver. C'est Edward.
- Le minable que roule à moto?!
- Papa … Il a changé tu sais.
- C'est ce qu'ils disent tous !
- Mais je ne suis pas dupe non plus, je me méfie aussi.
- Où dois-tu le retrouver?
- Au Rockefeller Center.
- C'est un endroit charmant en cette période, il a du goût au moins.
- Ce qui veux dire que tu m'encourages à y aller?
- Bella, tu n'es plus une petite fille, toi seule peux savoir si tu dois y aller ou non.
- C'était plus simple quand j'étais petite. Boudais-je.
- C'est le principe de la vie ma grande ! Tu as envie d'y aller?
- Un peu … Je sais pas …
- Ça c'est que tu as envie d'y aller. Les femmes hésites toujours sur les choses qui leurs font vraiment envie !
- Je ne vais pas te laisser seul un soir de Noël quand même.
- Bella, il est 23h00 ce qui équivaut à 4h00 du matin pour un vieux comme moi ! Va t'amuser ! Je serais toujours là demain.
- Tu es sûr?
- Je te le promets.
Je me levais et allais le serrer dans mes bras.
- Merci papa !
- De rien, de rien …
J'enfilais mon manteau et m'apprêtais à sortir quand …
- S'il te fait souffrir à nouveau, je le fous en cellule !
- Merci papa. Souriais-je avant de quitter la maison.
***
[Carol Of The Bells - Mormon Tabernacle Choir]
J'avais difficilement trouvé un taxi ce soir là. Le fait de mettre plus d'un quart d'heure à monter dans cette voiture n'avait fait qu'amplifier mes angoisses. M'attendait-il déjà? Serait-il là ou n'étais-ce qu'une stupide farce? Des tas de questions dans ce genre me torturaient l'esprit. Une boule me serrait le ventre et j'avais du mal à respirer. Quand je regardais par la fenêtre, il n'y avait que très peu de personne dehors à cette heure et en ce jour si particulier. Les lumières de la ville n'avaient jamais été aussi brillantes. Rouge, blanc, vert, or, toutes ces teintes se partageaient l'horizon. Des lueurs festives accompagnées de décorations en tout genre, tout ça pour rappeler à tous les habitants de New York que Noël était là. Toute la ville était ornée de cette parure festive. N'importe qui, devant cette beauté étincelante, serait retomber en enfance. Tout était tellement brillant, on en avait presque envie de croire à nouveau au père Noël. Au vu de la température, il neigerait sûrement dans la nuit. La ville serait bientôt recouverte de son manteau blanc d'après les spécialistes. Tous ces éléments réunis ne faisaient que rajouter à l'impression que j'avais qu'il y avait de la magie dans l'air. J'avais presque l'impression d'entendre des carillons partout ou j'allais. C'était déroutant et magnifique à la fois. New York était vraiment une ville très spéciale cette nuit de l'année. Comme si tout était possible. De tous les endroits magiques qu'il pouvait exister ce soir, le Rockefeller Center était certainement le plus spectaculaire.
Je n'y étais pas revenue, un soir de Noël, depuis que j'étais toute petite. A l'époque, j'avais tellement été émerveillée par cet immense sapin étincelant, que j'avais dit à mes parents que le père Noël lui même avait créé cet arbre pour tous les enfants du monde. Il était tellement majestueux que c'était comme regarder un million d'étoiles dans un seul arbre. Quand je descendais du taxi, mes yeux accrochèrent immédiatement cette beauté et je réalisais que quelque sois mon âge, rien n'avait changé. Se trouver ici, cette nuit là, c'était comme croire que tous les rêves étaient accessibles. Plus de peine, plus de trahison, plus de problèmes, seulement la magie personnifier juste devant vous. C'est avec une certaine appréhension que je m'avançais lentement dans l'allée d'anges me menant au sapin. Une allée droite, bordée d'angelots fait de glace, tenant chacun une trompe géante et fine, comme pour sonner l'arrivée de l'hiver. Elles étaient orientées de telle façon, qu'à l'entrée de l'allée les instruments formaient une haie d'honneur au sapin. Je n'avais pas imaginé les carillons, ils provenaient d'ici, ils étaient diffusés dans les airs pour parfaire l'ambiance féerique des lieux. Je m'approchais lentement de cet arbre de lumière, ne pouvant détacher mes yeux de lui. Le sapin surplombait une patinoire, celle-là même qui chaque année émergeait du sol pour le plaisir des milliers de personnes qui venant en profiter durant là journée. Ce soir elle était vide et paraissait dix fois plus grande que dans mes souvenirs. Je n'avais même jamais remarqué le petit abri en bois sur la gauche. Une petite maisonnette ouverte sur la glace, entourée de pilonnes habillés de lumières eux aussi. Guirlandes et boules se disputaient ce petit espace privilégier, comme une petite piste de danse. Je n'avais jamais autant détaillé cet endroit que ce soir, il semblait avoir été fermé au publique seulement pour moi cette nuit. Je me lançais bercé par la magie scintillante qui m'entourait. Puis le premier coup de minuit annonçant le 25 décembre, me ramenait à la réalité et à la raison de ma présence ici.
Les cloches sonnaient une deuxième fois, résonant dans tout mon corps, quand deux mains fraîches vinrent se poser délicatement sur mes yeux. Déjà un long frisson remontait le long de ma colonne vertébrale et j'arrêtais de respirer. Lentement, ces mains glissèrent le long de mes épaules en même temps que je me retournais. Je me retrouvais face à lui, serrée dans l'étau de ses bras qui s'étaient refermés sur mes hanches. Je ne trouvais plus mes mots, je n'étais même plus sur d'avoir encore l'usage de la parole. Edward était là, devant moi, dans un costume très élégant. Il paraissait aussi troublé que moi car lui non plus ne disait rien.
Les cloches résonnaient encore au dessus de nous et nous ne nous quittions pas des yeux. Son regard paraissait brûlant sur moi. Lentement et avec toujours autant de douceur, à la fin du douzième coup de cloche, je le vis se pencher sur mes lèvres. Une de ses mains quittait ma taille pour remonter le long de mon cou et entourer ma joue, l'autre toujours dans mon dos me ramenait d'avantage contre lui. J'emprisonnais automatiquement son cou et me hissais sur la pointe des pieds. D'abord nos lèvres se fermèrent et je me délectais de son souffle chaud contre ma peau. Mes yeux se fermèrent doucement comme pour capturer le plus d'images possible et il m'embrassait. Ce baiser n'avait rien de fougueux, il était lent et patient. Je relâchais tout l'air jusqu'ici coincé dans ma gorge. La sensation de nos lèvres se mouvant ensemble était plus que grisante, j'avais l'impression de rêver, ce qui était sûrement dû à l'atmosphère qui nous entourait. Quand sa langue vint caresser la mienne, j'étais perdue et je donnais automatiquement plus de ferveur à mes caresses. J'agrippais ses cheveux et me serrait plus contre Edward qui me soulevait légèrement du sol. C'est à bout de souffle que je retrouvais la terre ferme, un sourire se dessinait sur son visage et après un dernier baiser, Edward reculait légèrement. Je mis un moment avant de lever de nouveau les yeux vers lui, mes joues rougies par l'émotion.
- Joyeux Noël. Soufflait-il en repoussant une mèche de mes cheveux derrière mes oreilles.
Je bloquais un instant sur ce geste délicieux qui me mettait encore dans tous mes états.
- Je dois avouer qu'il commence plutôt bien.
Après un instant, je reprenais plus sérieusement.
- Edward, qu'est-ce que tu fais là? Tu devrais être avec ta famille ce soir.
- Alice a juré de me tuer si jamais je ne venais pas te voir. Elle disait, et je cite : « Avec ton air de chien battu tu gâcherais le réveillon de Noël ! ». Je n'ai pas eu le choix !
Je ne pu m'empêcher de sourire.
- Je ne sais vraiment pas quoi dire, c'est tellement étrange de te voir ici, si subitement.
- Tu n'es pas obligée de tout analyser maintenant. On verra ça plus tard. La nuit vient à peine de commencer et j'ai plein de projet.
Je fronçais les sourcils, sentant le piège arriver.
- Ne t'inquiète pas, riait Edward, il n'y avait aucun sous-entendu là dedans.
- Quels sont tes projets?
- Premièrement, il me prit la main et m'entraîna sous le petit chapiteau de bois, tu vas danser avec moi.
- Danser? T'es sûr parce que …
J'essayais de lui échapper, pas vraiment emballée à l'idée de m'humilier un jour de Noël.
- Reviens ici toi. Dit-il en le rattrapant par la taille, m'emprisonnant contre lui. Tu n'iras nulle part ailleurs ce soir.
Déjà je perdais toute volonté, cajolée ici contre lui. Impossible de jouer les fortes têtes plus longtemps.
- Contente toi de bouger lentement les pieds de droite à gauche et tout iras bien.
Puis le processus en question commençait et je me laissais guider par ses mains. Ses mains absolument divines …
- Tu vois, tu te débrouilles très bien.
- C'est toi qui fais tout le travail.
- Mais jusqu'ici, tu ne m'as pas écrasé les pieds donc c'est un bon début tu ne trouve pas?
Je baissais les yeux pour cacher mon embarras. Mon regard se reposait sur se costume qu'il portait et je jouais nerveusement avec sa cravate.
- Tu es très élégant.
- Merci, se changer dans les toilettes de l'avion n'était pas de tout repos, mais je voulais absolument être à la hauteur ce soir.
- Pourquoi ça?
- Parce je savais que toi tu allais être incroyablement magnifique.
Il avait parlé d'une voix rauque et profonde, les frissons me reprenaient et j'avais dû mal à cacher mon trouble devant lui.
- Et je ne me trompais pas.
Le regard intense qu'il me portait me fit perdre tout contrôle et ma bouche parla avant que mon cerveau n'ait pu analyser mes paroles.
- Où est ton hôtel?
Edward afficha un air plus que surprit et mes joues s'embrasèrent de nouveau.
- Enfin, je veux dire … Tu sais, juste pour … Te localiser géographiquement ... dans la ville.
Face à l'absurdité de cette réponse, qui n'arrangeait en rien la situation, j'aurais voulu être une toute petite souris pour courir me cacher dans un trou minuscule.
- Je séjourne au Plaza. Répondait-il amusé en coupant court à mes introspections. J'ai une vue magnifique sur Central Park.
- C'est pas n'importe quel hôtel dis-moi, je n'imagine même le prix d'une semaine là-bas.
- Cadeau de Noël de ma famille.
- Ils avaient tout prévu !
- Ils en avait juste assez de me voir t'entendre là bas sans rien faire je pense.
Je baissais les yeux, honteuse. D'un seul coup, j'avais l'impression de ne faire aucun effort pour que cette chose entre lui et moi fonctionne. Après tout, cela faisait déjà deux fois qu'il venait à New York et moi je n'avais pas bougé le petit doigt.
- Je suis désolée, je ne sais vraiment pas comment gérer ce genre de relation tu sais.
- Moi non plus. Je fonctionne à l'instinct pour le moment.
- C'est à dire?
- Quand ton absence est trop dure à supporter, je viens te voir.
- Tu me manque aussi tu sais seulement, et ne prend pas mal ce que je vais dire, mais la seule fois où je me suis abandonnée à toi, ça c'est plutôt mal terminé.
Son visage se ferma et son regard devint sombre.
- C'est dur de se laisser aller à nouveau, pourtant j'aimerais vraiment y parvenir.
- Je ferais tout ce qu'il faudra pour que tu te sentes en sécurité à nouveau Bella, tout ce qu'il faudra. Tu n'as pas a te sentir coupable de quoique se soit. Je ferais certainement des erreurs aussi, les relations sérieuses … C'est la première fois que j'essaie, mais je ne te referais plus jamais souffrir.
A cet instant mon cerveau criait : « Ça tu n'en sais rien ».
- On a pas choisi la facilité toi et moi. Soufflais-je en réalisant la triste vérité. C'est plutôt risqué.
Il arrêtait notre petite danse et encadra mon visage dans ses mains, rapprochant son visage tout près du mien.
- Je sais, ne t'inquiète pas de ça ce soir d'accord? Pour le moment, profitons simplement de cette nuit.
Nous nous fixions une seconde avant qu'il ne m'embrasse pour la seconde fois ce soir. L'attente entre les deux baisers s'était répercutée physiquement en moi et je m'en rendais compte quand mon corps se détendait au contact de sa bouche sur moi. Cette fois le baiser fut plus que passionné. Nous plongions dedans tous les deux sans ménagement. Je prenais le contrôle de ses lèvres, les faisant plier sous ma volonté. C'était comme si j'avais peur d'une force invisible au dessus de nous, celle là même qui aurait pu faire tout échouer entre nous, ne nous sépare maintenant. J'étais tellement démonstrative et déterminée, qu'Edward perdait lui aussi le contrôle. Le baiser se modifiait et je retrouvais la façon avide et addictive qu'il avait de m'embrasser à Volterra. Ses mains se firent plus pressante sur moi et d'un coup, des flashes de cet été m'imposèrent à mon esprit.
Je coupais immédiatement le contact entre nous, légèrement effrayée et excitée malgré moi. Edward remarqua immédiatement que ce baiser était aller un tout petit peu trop loin. Il me ramena immédiatement vers lui pour enfouir sa tête dans mon cou et me bercer lentement, comme pour me rassurer.
- Pardon, pardon … Je … J'ai été un peu emporté par la folie de moment. Chuchota-t-il dans le creux de mon cou.
- Moi aussi.
- Tu viendrais faire une balade avec moi? Me demanda-t-il en reculant légèrement pour me regarder.
- Bien sûr.
Je saisie la main qu'il me tendait et nous commencions à marcher en silence. Tout le quartier Rockeffeler qui, en temps normal, n'avait rien d'extraordinaire – c'était simplement un quartier d'affaire un plus – paraissait aussi beau que DisneyWorld ce soir, avec toutes ces décorations.
Edward et moi nous arrêtions en même temps, sans nous concerter devant un magnifique tableau. Dans un des nombreux espaces verts du quartier, était suspendu des étoiles lumineuses géantes, rouges et blanches, sur un fond de petites lumières bleutées rappelant un ciel étoilé. Je ne sais pas combien de temps nous étions resté ainsi à admirer ce spectacle. Quand nous reprenions la marche, Edward lâcha ma main pour entourer mes épaules et embrassa le haut de ma tête. A cet instant nous apprécions simplement le fait d'être ensemble. Les questions viendraient plus tard.
Au file des avenues, nous arrivions devant une église où l'ont célébrait encore la messe de minuit. A l'extérieur, des gens allumaient des cierges. Ces petites bougies virevoltantes dans le vent, protégées dans leurs réceptacles orangés, semblaient rajouter de la chaleur à cette nuit glaciale. J'aurais voulu en allumer un pour Renée à cet instant mais je n'avais jamais vraiment été croyante et participer à une tradition qui n'avait aucune signification religieuse à mes yeux me semblait être un manque de respect pour tous les gens réunis dans ce lieu et partageant les mêmes croyances.
Vers 2 heures du matin, Edward et moi avions fini par prendre un taxi ensemble et déjà, le Plaza était au bout de la rue, lui aussi habillé de lumières. Nous allions bientôt devoir nous séparer. Cette perceptive était déchirante, même si je savais que je le reverrais très vite. J'aurais aimé que cette nuit ne finisse jamais. Au téléphone, il m'avait promis un Noël inoubliable et c'était le cas.
Edward tourna la tête vers moi, il semblait vouloir me demander quelque chose depuis que nous étions monté dans ce taxi, mais quelque chose l'en avait empêcher jusque là.
- Bella, il soupira, j'ai quelque chose à te demander, mais je ne veux surtout pas que tu te sentes obligée d'accepter.
Je le regardais, silencieuse, me préparant à tout.
- Tu passerais la nuit avec moi? Juste pour être ensemble.
A tout, j'étais prête à tout, mais je ne m'attendais certainement pas à ça. Comment pouvait-il appréhender de me poser cette question? Être ensemble, c'était tout ce que je voulais ce soir.
- Ça fait une éternité que nous n'avons pas dormi ensemble et j'avoue que ça serait le plus beau cadeau de Noël que tu puisses me faire. Continuait-il, comme pour se justifier.
Je l'embrassais simplement en guise de réponse, lui prenant la main alors que la voiture s'arrêtait. Il payait la course et nous entrions, main dans la main, dans le hall de cet hôtel luxueux. Une fois dans l'ascenseur, Edward prenait la parole.
- Je ne suis jamais à l'aise quand je te fais ce genre de demande. Je situe mal la limite entre ce qu'il m'est permis de faire ou pas. Là par exemple, je ne pensais pas que tu accepterais.
- Edward, ne t'inquiète pas, je t'avertirai quand tu dépasseras les limites.
- Me voilà rassuré ! C'est vraiment difficile pour un homme tu sais. M'avouait-il avec un petit sourire.
- Mais c'est bien pour ça que nous les femmes, nous vous imposons ce genre de challenge. Lançais-je en me hissant jusqu'à lui pour lui sucer doucement la lèvre inférieure.
- Cruelle, tu es cruelle … Marmonna Edward en gardant les yeux clos.
Je riais sur ses lèvres, fière de l'effet que je pouvais avoir sur lui.
- Allez viens Cullen !
Je le tirais par la main jusqu'à la chambre.
- Je sens que la nuit va être longue. Soupira-t-il en se laissant entraîner.
- C'est toi qui l'as voulu ! Fis-je remarquer fièrement.
- Et tu vas t'amuser à me torturer toute la nuit?
Je mettais la carte magnétique dans la porte.
- Humm … Peut-être. Lançais-je en haussant les épaules.
- Dans ce cas …
Edward me retourna rapidement face à lui, me bloquant contre le mur, en m'embrassant presque rageusement. Je gémissais sous l'effet de surprise et il souriait en descendant lentement vers mon cou, laissant sa langue glisser sur ma peau. Je ne pu m'empêcher d'incliner la tête vers le haut pour lui laisser plus de liberté. Et quelle liberté, c'était simplement électrisant, j'agrippais ses cheveux quand je me délectais à nouveau de ses lèvres passionnées. Trop vite pourtant Edward rompait le contact entre nous, pour ouvrir la chambre. Je restais figée dans cette violente redescente et réalisais que j'avais complètement perdue à raison à cet instant. Je restais bloquée dans ce maudit couloir quand lui était déjà à l'intérieur de la chambre. Quand j'essayais d'avancer pour le rejoindre. Edward sortait de nouveau pour me prendre par la main, m'aidant à mettre un pied devant l'autre. Quand je passais la porte, il glissa quelques mots au creux de mon oreille :
- N'oublie pas que je sais toujours ce que te plais Swan. Le fait que je reste sage ne veut pas dire que j'ai tout oublié. Je pourrais dessiner ton corps les yeux fermé.
« Et bam ! » Une autre vague d'électricité explosait dans mon bas ventre et je le maudissais de se prendre au jeu lui aussi. Il me sourit, l'air victorieux avant de m'entraîner dans la chambre.
Peu de temps après, nous étions couché. Moi contre son torse, dans sa chemise. Elle portait son odeur, c'était délicieux. Il avait sa main posée sur le haut de ma cuisse et me caressait doucement. C'était vraiment sensuel. Je ne savais pas si l'un de nous allait réellement pouvoir dormir cette nuit mais peut importe, nous ne bougerions pas d'avantage même si l'air était chargée d'électricité. Sentir son pouce faire de va et viens contre la cuisse était à la fois doux et provocateur. Je faisais un effort surhumain pour ne pas éteindre mon cerveau et écouter ce que me hurlait mon corps. Je savais qu'Edward était dans le même état, la pression un peu plus appuyée qu'il exerçait sur le haut de ma cuisse parfois était assez révélatrice. Mais extérieurement, il ne montrait rien. Il se contentait de me regarder en silence.
Finalement la fatigue l'emportait et je finissais par m'endormir au creux de son cou, dans ses bras. Il y avait longtemps que je n'avais pas aussi bien dormi.
J'espère que vous avez tous passé de Joyeuses Fêtes de Noel ! On remet ça dans une semaine !
Le suite viendra certainement un peu plus tard que d'habitude (fêtes oblige!) je ne vais pas avoir beaucoup de temps pour écrire cette semaine donc je préfère vous dire "A début Janvier", plutôt que je vous donner de faux espoirs ! La suite pousuivra la "magie des fêtes" puisque ça se passera entre Noel et le jour de l'an ! Time Square, nous Voilà ! Après la visite de Volterra je vous fais un peu visiter New York ! Je vous conseil d'aller voir les décorations de New York et surtour du Rockefeller Center pour les fêtes sur Youtube, j'ai écris avec, c'est magnifique. Le teaser de ce chapitre vous en montre un avant goût d'ailleurs !
Ce chapitre devait être plus long, c'est pour ça que toutes les images du teaser ne correspondent pas ENCORE, ça sera le cas dans le prochain ! J'ai préféré le couper en deux !
- Teaser du chapitre 12 (comme d'habitude, pensez à retirer les clochets !) : http://www[.]youtube[.]com/watch?v=oURNH6mHMJE
Passons à la playlist, qu'une seule chanson pour ce chapitre mais de circonstance : - Carol Of The Bells - Mormon Tabernacle Choir
Célèbre chanson de Noël !
Merci à tous ceux qui s'abonnent à mes vidéos sur Youtube au passage ! ;)
A bientôt et d'ici là, meilleurs voeux !
Ginie
