CHAPITRE XIV

BACK TO THE BEGINING

***

[Hoppipôlla – Sigur Ros]

Quand la Volvo empruntait ce chemin tortueux, le paysage mefrappait et ça, malgré le changement de saison. Je connaissais ce décor. Une drôle de sensation remontait en moi pour rester coincée dans ma gorge. De l'appréhension? J'étais heureuse de retrouver Volterra, chaque image me renvoyait à cet été et aux choses merveilleuses que j'avais vécu. Aux pires choses aussi. J'avais l'impression de revenir dans le passé, comme un nouveau départ. Tout ici m'étais familier, comme si je n'étais jamais partie. Edward me prit la main, me sortant ainsi de ma contemplation.

- Ça va?

- Oui, pourquoi?

- Je sais pas, tu n'as rien dis depuis qu'on a quitté l'aéroport. Tu es fatiguée?

- Non, je sais pas … Je suis anxieuse.

- Anxieuse? Bella, tout le monde est ravis que tu sois là. Ce n'est pas comme si tu ne connaissais pas déjà ma famille.

- Je sais, mais je suis partie tellement vite. Je n'ai même pas eu le temps de dire au revoir.

- S'il y a quelqu'un à blâmer pour ça, c'est moi. Tu n'as pas à t'inquiéter.

- C'est juste étrange de revenir ici. Il y a encore quelques mois, avant que tu ne reviennes, j'étais persuadée que jamais je ne reviendrais ici.

- Ça me fait bizarre à moi aussi de te voir là. Mais dans le bon sens du terme. Il resserra son emprise autour de mes doigts et me sourit.

- Je suis tellement content que tu ais accepté de m'accompagner.

- Et toi et moi … On est …

Je cherchais le mot exact qui pourrait définir ce qu'Edward et moi étions, mais il finissait ma phrase avant moi.

- Un couple? Sourit-il. Il me semble oui.

- Ils le savent?

- Tu crois vraiment que partir à New York pour une femme laisse un quelconque doute sur la nature de la relation en question?

- Qu'est-ce qu'ils en pense?

- Tu as peur qu'ils ne t'apprécient plus maintenant que nous ne nous cachons plus?

Il riait.

- Au moins ça t'amuse …

- Bella, ne soit pas ridicule. Ma famille t'adore, le fait que l'on soit réellement ensemble maintenant n'y changera rien. Tant que je suis heureux et que je me comporte correctement avec toi, ils sont heureux. C'est moi qui devrait m'inquiéter tu sais?

- Pourquoi ça?

- Tu n'as rien à te reprocher. Moi en revanche, ils m'attendent tous au tournant. Je n'ai jamais présenté quelqu'un officiellement et le peu de ce qu'ils savent de mes relations passées sont des aventures sans lendemain. Rajoute à ça le fait que tu es parties à cause de moi à la base … Si jamais je déconne, Alice me sauteras à la gorge cette fois. C'est elle qui m'en a voulu le plus après ton départ.

- C'est vrai?

- Elle ne m'a plus adressé la parole pendant plusieurs jours après ça.

- Mais vous êtes si proche.

- Raison de plus. Je l'ai déçu elle aussi.

- Je n'avais jamais réalisé que la situation avait dû être difficile pour toi aussi.

- Être confronté à ses erreurs n'est jamais une chose agréable.

Sa voix s'était faite plus sombre. Je l'observais un moment, il conduisait en serrant le volant plus que nécessaire. Oui, il avait dû payer le prix de ses erreurs lui aussi. J'aurais voulu lui assurer que je lui avais pardonné et qu'il n'avait plus à se sentir coupable de quoiquesesoit mais je ne trouvais pas les mots justes. Alors je portais le dos de sa main à mes lèvres pour y déposer un baiser. Edward me sourit en se détendant un peu et nous prenions le dernier virage.

- Nous y voilà.

Je le lâchais du regard et découvrais le domaine Cullen à travers la fenêtre de la voiture. Ma gorge se serra à nouveau. Chaque détail de cet environnement portait avec lui son flot d'émotion et de souvenir. La plupart de ces souvenirs, je les avais refoulé mais maintenant que j'étais là, toutes ces choses, même les plus insignifiantes, jaillissaient dans mon esprit. J'inspirais profondément en découvrant l'imposante bâtisse qui avait été mon refuge il y a quelques mois. Tellement de choses avaient changé depuis. J'avais changé.

Edward se garait dans l'allée en face de la terrasse, à l'emplacement même où le taxi m'avait déposé à mon arrivée, la première fois. Tous ces signes m'indiquait un retour aux sources. Là où tout avait commencé. C'était presque surréaliste. Il coupait le contact et sortait, moi je restais figée à l'intérieur du véhicule. J'espérais vraiment que les personnes qui vivaient ici n'allaient pas m'en vouloir de m'être enfuie comme une voleuse il y a quelques mois. La portière à côté de moi s'ouvrait et Edward me couvait du regard. Il n'était pas dupe de mon état émotionnel.

- Prête ?

- Je suis pas sûre …

- Allez, arrêtes de faire l'enfant, tu veux.

Il me tira hors du véhicule et je me retrouvais prisonnière de ses bras. Edward parvint à capter mon attention quand il me bloqua entre lui et la voiture.

- Tout va bien se passer. Répétait-il.

- Je sais.

- Ça sera encore mieux qu'avant.

- Tu n'as pas peur que l'on perde cette étincelle entre nous maintenant qu'on n'a plus à se cacher?

- C'est ça qui te fais peur? Tu as peur que notre relation ne soit plus aussi existante qu'avant?

- L'interdit est toujours plus excitant.

- Hum …

Alors Edward s'empara avidement de mes lèvres, ses mains fourrageant déjà dans mes cheveux. Il me pressa au plus près contre son corps et sa langue pénétra ma bouche sans en demander l'accès. Je fondais littéralement devant cette attaque des plus intense sur la bouche. Quand je retrouvais mesesprits, je prenais part à ce baiser passionné. Quand un gémissement impatient m'échappa, Edward s'éloignaitde moi avec un sourire satisfait sur le visage.

- Alors? Rassurée …

Je bafouillais quelque chose d'incompréhensible. Edward riait et m'attira de nouveau à lui. Il chuchota à mon oreille :

- Tu m'exciteras toujours ma belle.

Et mon cerveau finissait de se liquéfier.

- Vous comptez entrer un jour? Lançait une voix provenant de l'entrée.

Cette voix … Je repris immédiatement mes esprits et Edward me prit la main avant que je ne confirme ma pensé par le visuel.

- Alice … Soufflais-je.

Elle et Jasper nous observaient sur le pas de la porte. Nous nous avancions vers eux, mains dans la mains, heureusement qu'Edward était là. Le visage figé de mon amie qui me regardait approcher ne me rassurait pas. Elle, qui était toujours si expansive. Edward, lui ne se détachait pas de son sourire, comme s'il savait quelque chose que j'ignorais encore. Une fois que nous étions à leur hauteur, Alice et moi nous regardions sans un mot. Ce silence était entrainde me rendre dingue. J'étais mal à l'aise.

- Bonjour belle étrangère. Disait-elle enfin.

- Alice je …

Avant que je n'ai pu dire quoique se soit de plus, ce petit lutin maléfique me serrait contre elle en riant. Je mis un instant avant de réaliser ce qui était entrain de se passer. Elle s'était jouée de moi.

- Tu m'as fais peur … Soufflais-je en lui rendant son étreinte.

- Je sais, tu verrais ta tête.

- C'est pas drôle.

Se fût ensuite au tour de Jasper de me prendre contre lui.

- Bienvenue à la maison Bella. Tu ena mis du temps à revenir.

- Je sais. Pardonnez-moi. Je suis contente de vous revoir aussi.

- C'est bon de te revoir.

Je lui sourisavant qu'Alice ne me reprenne contre elle. Cette fois je riais de bon cœur et toute mon anxiété s'évaporait.

- J'avais tellement peur que vous m'en vouliez d'être partie. Avouais-je en me détachant d'elle pour la regarder.

- Tu crois que je serais revenue de Milan en urgence en pleine période d'examen si je t'en voulais. Et puis, je te considère déjà comme ma petite sœur alors …

- Et si on rentrait? On a une maison chauffée, il faut en profiter. Proposait Jasper en s'avançant déjà vers la villa.

Alice m'entraînait par la main dans sa suite alors que je tenais encore celle d'Edward de l'autre main.

- Tu vas la lâcher oui ! Grondait Alice en direction de son frère. Tu l'as eu pour toi tout seul pendant toute une semaine. C'est mon tour maintenant !

Edward me lâcha presque à contre-cœur et je lui souris gentiment en m'éloignant avec sa sœur.

- Où sont tous les autres? Demandais-je quand on entraitdans le vestibule.

- Ils ne sont pas là pour le moment. Ils nous rejoindront ce soir.

- Oh … Soufflais-je presque déçue.

- Viens, on va s'installer dans le salon en bas.

- Il y a un salon en bas?

- J'en reviens pas, commençait Jasper, tu as habité ici plus d'un mois et il y a encore des pièces dont tu ignores l'existence !

- Hey ! On n'a pas tous la chance d'habiter dans un palace !

Il riait en descendant les premières marches. Alice m'entraînait toujours derrière elle à une allure folle. J'avais peur de trébucher dans l'escalier, aussi je fixais mes pieds attentivement. Quand Alice me lâchait enfin la main, dans les dernières marches, jerelevaisles yeux du sol.

- Surprise !

Je restais sans voix. Scotchée. Ils étaient tous là. Carlisle et Esmé. Emmett et Rosalie. Ils m'attendaient tous en bas. Je secouais la tête, gênée, réalisant qu'ils m'avaient préparé une petite fête pour mon arrivée. En regardant Edward je devinais qu'il avait été au courant de tout depuis le départ. Je n'eus pas le temps de lui faire payer cependant, car Carlisle et Esmé furent les premiers à m'accueillir.

- Excuse Alice, disait Carlisle en me saluant, quand elle a une idée en tête, il est impossible de lui faire changer d'avis.

- Je m'en doute.

- Comment vas-tu Bella?

- Très bien. Je suis heureuse d'être ici.

- Nous aussi.

- Oh Bella.

Esmé me prit chaleureusement dans ses bras.

- C'est bon de te retrouver.

Je retrouvais l'odeur rassurante de celle qui s'était tant occupée de moi. Ça ne devait être que l'odeur de shampooing mais pour moi c'était la sienne. Je me sentais bien et aimée. C'était Esmé tout simplement. Elle était une mère pour chacun de nous et j'étais fière de faire partie de ce cercle familial. Le temps qu'elle se détache de moi et j'étais soulevée du sol et tournoyais, entourée de deux gros bras incroyablement musclés.

« Emmett... », pensais-je en souriant.

Quand il me reposait, j'en avais presque le tournis.

- Je suis trop content. Ta répartie bien placée me manquait.

- Ouais bah prépare-toi bien, je te laisse une heure avant de commencer leshostilité mon vieux.

Il partait en éclat de rire.

- Enfin, la relève arrive !

- Rose !

Je la serrais contre moi. Rosalie, bien que plus discrète que les autres, me glissa quelques mots à l'oreille.

- Tu nous as manqué.

- Vous aussi.

- Bien et si on mangeait, disait Esmé, vous devez être affamés.

Je découvraisalors une table remplis de divers gâteaux, tous plus appétissants les un que les autres, accompagnés de café et de jus de fruit en tout genre.

- Vous n'auriez pas dû …

- Arrêtes. Commençait Alice. C'est la fête !

Ilsprirent tous place sur les canapés et je restais un moment en me demandant où je devais m'installer. Comme à chaque fois que je ne savais pas où était ma place, deux bras forts m'entouraient la taille. Je me relâchais, appuyant mon dos contre le torse d'Edward. Je réalisais aussitôt que peu importe l'endroit où j'étais, ma vraie place était toujours la même, dans ses bras. Je faisais courir ma main sur sa nuque dans un soupir de contentement et il embrassaitdoucement ma joue.

- C'est miiignon ! Criait Emmett avec ce ton que l'on prend pour taquiner les jeunes couples, trop tactiles.

- Regarde-les. Gloussa Alice dans l'oreille de sa mère.

Et là, j'étais gênée. Je réalisais que tout ce petit monde ne nous avait jamais vu avoir ce genre de geste l'un envers l'autre. Je me sentais déjà rougir.

- Trop Miignon !! SurenchériJasper.

- La ferme. Lança Edward en me relâchant pour aller s'asseoir avec sa famille.

J'allaism'installer à côté de lui en essayant de ne pas agir comme ces nouveaux couples qui n'arrêtent pas de se tripoter sans arrêt en publique. Esmé me servait un café et Rosalie une part de gâteau et l'attention se détachait enfin d'Edward et moi.

- Alors comment se passe les études Bella? Demandait Esmé.

- J'ai beaucoup de travail. C'était d'ailleurs la seule condition pour que je vienne cette semaine. Que je puisse travailler !

Je lançais un regard inquisiteur à Edward, qui bizarrement, semblait se noyer dans son verre de jus l'orange.

- Ah, tu veux dire que la condition c'était que mon frère ne t'arrache pas tes vêtements H 24 ! LançaitfièrementEmmett.

Alice pouffa dans son café.

- Emmett. Le sermonna sa mère.

- Bah quoi?

- Toujours aussi fin à ce que je vois, lui répondis-je, dans ton monde je suppose que ça veux dire ça …

- Dans mon monde?

- Oui, tu sais, celui des gros boulets !

- 10 minutes, disait Jasper en regardant sa montre, tu me dois 20 $ !

- C'est pas juste. Disait Rosalie en lui tendant le billet.

- On avait parié sur le temps que ça vous prendrais pour commencer à vous massacrer verbalement.

- J'avais parié un quart d'heure. M'expliquait Rosalie.

- Un quart d'heure, m'étonnais-je, avec Emmett?

- Je suis amoureuse que veux tu … J'ai de l'espoir …

Je riais devant son air dépité quand elle passait la main dans les cheveux de son homme qui lui, était déjà passé à autre chose. Les conversations reprirent et la fatigue du voyage et du décalage horaire me rattrapait. Carlisle fût le premier à remarquer que je piquais honteusement du nez.

- Et si nous vous laissions aller vous reposer un peu avant le dîner?

- Oui, où avais-je la tête ! Disait Esmé. Après un si long voyage.

Edward et moi nous levions, suivis de Carlisle et Esmé.

- Nous t'avons préparé ton ancienne chambre si tu veux.

- Heu … Oui … Merci.

Je remarquais le regard presque anxieux d'Edward. Comment allais-je amener la chose?

- A moins que tu ne souhaite rester au poolhouse, avec Edward. Finissait-elle en voyant mon embarras. Je n'étais pas certaine.

- Pfff question idiote ! Pouffait Emmett en recevant immédiatement une claque sur le crâne de Rose.

Et juste comme ça, je redevenais toute rouge. Heureusement, Edward vint à mon secours en enserrant ma taille d'un bras.

- Emmett la ferme, lui disait sérieusement Edward, le pool ira très bien Esmé. Merci.

- Bien, très bien. Excusez-moi les enfants, j'ai encore du mal à vous voir automatiquement comme un couple tous les deux. C'est nouveau. Mais je suis tellement contente pour toi Edward. Bella est une fille en or.

- J'ai de la chance aussi. Soufflais-je timidement.

- Certes. Mais mon fils revient de plus loin que toi.

Edward roula des yeux avant de m'entrainer en arrière.

- On dîne à 20h dans le salon principal. Nous informait Carlisle. Monsieur Delani et sa fille seront là.

- Tanya sera là? Demanda Edward avec une certaine appréhension dans la voix.

- Oui, nous les avons rencontré en ville l'autre jours et Tanya nous a rappelé qu'il y a bien longtemps que nous ne nous étions pas tous retrouvé autour d'une table.

Mes yeux faisaient des vas et viens entre Edward et sa mère comme si je regardais un match de tennis. Je surprenais même Aliceentrain de se mettre un doigt dans la bouche pour imiter un vomissement. Rosalie se retenait de rire.

- Elle était là au 4 juillet … Répondait-il, l'air sombre.

- Ce qui fait 6 mois Edward. Voyons. Cette jeune fille a toujours été très (polis) polie. Lui lançait Esmé, sans comprendre la réaction défensive de son fils.

- On y va ? Me dit gentiment Edward en me tirant derrière lui.

- Bella, n'oublie pas, commençait Alice, dès demain on se fait une après-midi entre fille.

- Il faut aussi que vous veniez voir notre maison. Me disait Rosalie.

- Vous avez déménagé?

- Bon, écoutez … Bella fera ce que vous voudrez demain. Pour le moment, on y va. Lançait Edward légèrement irrité.

- Possessif avec ça. Lançait Jasper en donnant un coup de coude à Emmett.

Edward leur lançait un regard noir.

- C'est pas moi qui l'ai dit. Se justifiait Emmett en levant les mains.

Finalement nous réussissions à nous échapper, mais au lieu de quitter la maison, nous montions les escaliers.

- J'ai quelque chose à te montrer. Me dit Edward.

- Ah oui? Demandais-je surprise. En quel honneur?

- Pour te prouver que je te laisserais travailler, de temps en temps.

- De temps en temps … Répétais-je, levant un sourcil.

- Faut pas trop m'en demander non plus.

Je riais encore quand nous nous arrêtions devant une pièce qui m'étais familière.

- Le bureau de Carlisle?

- Le lieu était une proposition d'Esmé.

Il se plaçait entre moi et la porte.

- Le reste était de moi. Avant d'entrer je veux que tu saches que j'essayais de bien faire alors soit indulgente d'accord. Ne te fâche pas.

- Tu n'as pas l'air très sûr de ton coup, on dirait?

- A 50% seulement.

Alors il ouvrait la porte et m'entraînait au fond de la pièce. J'admirais les finitions raffinées d'Esmé dans cette pièce que j'avais aidé à restaurer. J'étais tellement dans la contemplation de son travail que quand nous passionsdans une autre pièce, j'étaisdésorienté.

- Je n'avais jamais remarqué qu'il y avait une porte ici.

- En fait, elle était condamnée jusqu'ici.

Nous passions un petit couloir avant d'arriver à une autre porte.

- C'est un vrai labyrinthe ton truc.

- On y est. Prête?

Je hochais la tête et il ouvrait la petite porte blanche, tout en regardant ma réaction. Il n'avait vraiment pas l'air confiant. Quand je découvrais sa surprise, je restais sans voix. Lui et sa mère m'avaient aménagé un petit atelier de peinture. La pièce était propre et lumineuse. Un chevalet, soutenant une toile neuve, était posé au fond de la pièce. Sur le côté, contre le mur, une table remplie d'accessoires de peinture, pinceaux, chiffons et autres, avait été installée.

- Edward, c'est magnifique. Pourquoi aurais-je été contrariée? Soufflais-je, émue.

- En fait, tout ce que tu vois là était dans l'atelier de ta mère.

Ma gorge se serra.

- Comme il n'est pas bien isolé et que la lumière n'y était pas bonne, on a pensé à tout déplacer. Mais, je ne savais pas si ça te dérangerais ou pas que l'on touche à cette pièce.

J'avançais dans la pièce en sentant le regard anxieux d'Edward posé sur moi. Il était resté à l'entrée. Ma main glissa sur la table, caressant les pinceaux.

- C'est …

- Tu m'en veux?

- C'est magnifique Edward. Viens.

Je lui tendais la main pour lui dire de me rejoindre. Il avança doucement jusqu'à moi et entoura timidement ma taille. Je me hissais sur la pointe des pieds pour déposer un léger baiser sur ses lèvres.

- Merci. Soufflais-je sur ses lèvres.

- Ça me rassure … il y a autre chose.

Il allait de l'autre côté de la pièce. Sur le mur opposé, une grande toile était recouverte d'un drap. Il retira doucement le drap et je retrouvais mon tableau. Celui que j'avais peint avant de partir. Celui qui représentait ma mère.

- On a pensé qu'il serait mieux ici que dans le noir. Il est très réussi. Esmé en a même versé une larme en le voyant.

Je souris légèrement. Revoir le visage de ma mère n'était plus aussi pénible qu'avant. Je retrouvais les bras d'Edward quientourait mes épaules et je laissais aller ma tête contre son torse. Il embrassait mes cheveux.

- Elle est belle. Ajoutait-il.

- Je sais. Répondais-je, toujours dans la contemplation de mon œuvre.

- Le portrait avec Charlie est toujours en bas. On le remontera aussi si tu veux.

- Oui, c'est une bonne idée. Merci Edward.

Je me serrais d'avantage contre lui et nous restions encore quelques minutes à regarder le tableau en silence.

***

Quand je retrouvais l'atmosphère paisible du pool, une foule de souvenir jaillissait dans ma tête. Je me figeais à l'entrée, observant les lieux comme si c'était la première fois que je les découvrais. Edward passait devant moi en posant les valises que nous avions été récupérer dans le coffre de la voiture juste avant. Il allumait quelques lampes avant de se rendre compte que je n'avais pas bougé.

- Tu peux entrer, tu sais. Dit-il en souriant.

J'aurais voulu être plus naturelle, mais je n'avais pas mesuré l'ampleur émotionnelle de ce retour aux sources. J'étais complètement hébétée.

- Ça va?

- Oui, c'est juste que ça me fait bizarre de revenir ici. Il s'y est passé tellement de chose.

Il vint vers moi pour m'enlacer.

- Arrête de penser aux mauvaises choses. Il y en a eu pas mal de bonnes aussi tu te souviens?

Edward commençait alors à explorer mon cou avec ses lèvres.

- Par là bas... Disait-il en désignant le lit.

Je me détendais immédiatement.

- C'est vrai. Admis-je en souriant.

Je voyais très bien où il voulait en venir.

- Alors détend toi d'accord. C'est dans le passé tout ça.

- Tu as raison.

Soudain il me soulevait du sol, m'arrachant un cri de surprise, pour aller me déposer sur le lit. Je riais encore quand il s'allongeait au dessus de moi en me couvrant de baisers, toujours plus poussés.

- Tu n'as pas eu ton compte à New York? Plaisantais-je.

- Tu rigoles. Après cette longue période sans rien, je vais mettre un moment avant d'être rassasié de toi. En admettant que je le sois un jour.

- Tu es trop gourmand. Riais-je.

Il déboutonnait déjà les premiers boutons de mon chemisier, quand sa langue jouait déjà avec le lobe de mon oreille, déclenchant chez moi des frissons frénétiques.

- Pourquoi? Tu n'aimes pas. Sourit-il en remontant délibérément sa main le long de ma cuisse.

- Tu connais la réponse.

- Hum … J'espère la connaître.

Une fois ma chemise ouverte il admirait ma poitrine avec envie. Moi, je lui caressais les cheveux en me laissant cajoler. Sa main remonta du plat de mon ventre jusqu'au creux de ma poitrine avant qu'il ne m'embrasse à nouveau. Quand il libérait mes lèvres pour replonger dans mon cou, une question laissé en suspend me revint à l'esprit.

- Pourquoi tu sembles si mal à l'aise à l'idée que Tanya vienne dîner?

Ses lèvres se figèrent immédiatement.

- Je n'ai pas envie de parler de ça maintenant Bella.

- Pourquoi?

- Tu veux vraiment parler de mon ex quand je m'apprête à te faire l'amour? Disait-il en me regardant droit dans les yeux.

- Je croyais que ça n'était pas sérieux entre vous.

- Mais ça ne l'était pas !

- Alors dit moi.

Il soupira longuement dans mon cou avant de rouler sur le côté. Je me redressais sur le coude pour le regarder. Edward semblait déjà à des années lumières de moi.

- C'est juste que … Tanya fait partie de mon ancienne vie. Avant toi. Elle fait partie de ces erreurs que je préférerais oublier.

- Elle ne doit pas être si terrible que ça si tes parents l'ont invité à dîner.

- Tu ne la connais pas. C'est une manipulatrice de premier ordre. Elle savait qu'en disant ça à Esmé et Carlisle, ils l'inviteraient. C'est pour ça qu'Aro l'avait choisie à la base.

- Qui est Aro?

Pendant une faction de seconde, un voile étrange passa sur son visage.

- Peu importe, l'important c'est qu'elle fasse ça pour m'atteindre. Elle ne supporte pas qu'on la rejette. Ça ne lui arrive pas souvent d'ailleurs.

- Comment ça t'atteindre?

- Je sais pas, m'entraîner à nouveau dans la routine passée. Celle où on était sans arrêtentrain de … Tu sais …

- Je sais … C'est bon, j'ai pas besoin de dessin. Répondis-je en baissant les yeux.

- C'est toi qui a voulu savoir Bella.

Il caressait ma joue pour retrouver mon regard.

- Je sais.

- Je crois qu'elle a toujours eu plus de sentiments envers moi qu'elle ne me le laissait entendre.

- Mais … Maintenant enfin …

- Quoi?

- Tu n'as plus envie de … Avec elle … Enfin tu vois?

- Bella, tu n'as aucun soucis à te faire de ce côté là.

- T'es sûr? Dit-le moi si je dois m'inquiéter.

- Tu es adorable tu le sais ça. Sourit-il.

- Je vois pas le rapport.

- Je ne choisirais pas Tanya. Je suis avec toi. Pour la première fois de ma vie, je suis dans une relation sérieuse. Ça risque pas de changer et surtout pas ce soir. Alors arrêtes de te poser autant de question.

- Je voulais juste m'en assurer c'est tout.

- Tu es jalouse?

Son sourire n'avait de cesse de s'élargir. J'aurais voulu me faire toute petite.

- Tu veux qu'on reparle de Mike? Lançais-je fièrement.

Comme prévu, Edward perdit immédiatement cette expression agaçante.

- 1 partout d'accord...

Nous contemplions le plafond un moment avant que je ne remarque qu'il avait l'air plus pensif que moi. Alors je montais à califourchon sur ses hanches, posant mes mains de chaque côté de son visage. Les siennes vinrent se poser automatiquement sur mes hanches pour me maintenir en place. Ses mains qui déviaient déjà sur mes fesses. Je rapprochais mon visage du sien et parlais doucement sur sa bouche.

- Sinon … Où est-ce qu'on en était? Demandais-je avec un petit sourire malicieux.

- Je crois qu'il va falloir que tu me le rappel. Répondait-il avec une lueur que je lui connaissais bien dans le regard.

Je l'embrassais avidement. Les mouvements que j'exerçais maintenant contre lui ne laissaient aucun doute sur la suite des évènements. Nous partions tous les deux en éclats de rires et nous reprenions là où je nous avais interrompus.

***

- Bella? Bella … Il faut y aller.

- Humm … Marmonnais-je les yeux clos.

- Je m'extirpais difficilement d'un profond sommeil pour découvrir le visage parfait qui était au-dessus de moi.

- Réveil-toi. Ils nous attendent.

- Combien de temps j'ai dormis ?

- Deux heures à peu près. Je te conseille aussi fortement de t'habiller, ajoutait-il avec un petit sourire.

Je réalisais alors que j'étais encore nue sous les draps.

- Humm, je me frottais les yeux comme si ça avait pu m'aider à me lever, où sont mes vêtements ?

- Bonne question.

Edward se concentrait un instant en refaisant les gestes qu'il avait fait un peu plus tôt en me déshabillant. Un sourire se dessinait sur mes lèvres quand j'admirais sa technique de reconstitution des faits.

- Un peu partout autour du lit je suppose.

Je m'extirpais enfin du lit et rassemblait tous mes vêtements. Pendant que je les enfilais, je surprenais le regard insistant qu'il posait sur moi.

- Tu es sûr que tu veux que je m'habille? Soufflais-je taquine.

- Ne me tente pas.

- On pourrait rester cacher sous les draps, personne ne nous trouverait.

- C'est une idée à développer, mais pas ce soir.

- Et pourquoi pas?

- Parce que, il venait m'enlacer, ce soir est une soirée importante.

- Ah oui?

- Oui, ce soir je pourrais te présenter officiellement comme ma petite amie à d'autre personne qu'à ma famille.

- Je ne savais pas que ce genre d'officialisation te tenait à cœur.

- Jusqu'à présent non. Mais que veux-tu ? Avec toi, je suis un autre homme.

Je me hissais sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Je mettais toutefois un tout petit peu trop d'ardeur dans ce baiser pour qu'il soit crédible sur le moment et Edward ne se laissa pas avoir.

- Tu ne m'auras pas femme. On ira à ce dîner.

- Pourquoi, tu es pressé de revoir ton ex !

Il riait en secouant la tête.

- Ne dis pas de bêtise.

- Pourquoi s'en est une?

Il m'attirait à lui pour m'embrasser langoureusement, jusqu'à ce que la tête me tourne.

- Tais-toi. Soufflait-il sur mes lèvres, fier de l'effet qu'il venait de produire chez moi.

- Toi-même. Boudais-je.

Je me retournais pour finir de me préparer et Edward en profitait pour me donner une claque sur les fesses.

- Hey ! M'insurgeais-je en me frottant le postérieur.

- Et on se dépêche. Grondait-il amusé.

Quelques minutes plus tard, nous avions regagné la villa. C'est main dans la main que nous entrions dans le salon. Je remarquais directement nos « invités surprises ». Tanya, toujours aussi belle, grande, blonde et divinement bien habillée et son père, un homme d'une cinquantaine d'année, assez petit et trapu, devant la magnifique robe qu'elle portait, je me sentant soudainement ridicule avec mon jean et mes baskets. Le reste du clan Cullen nous saluait de loin, tous affairés à préparer la table ou le dîner en lui même. Emmett me proposait son cocktail « fait maison » que je déclinais, son odeur m'ayant déjà retourné le cerveau. Puis, le moment tant redouté arriva. Tanya et son père s'avancèrent vers nous.

- Edward ! S'exclamait-elle en le serrant contre lui. Ça fait si longtemps.

Il ne lâcha pas ma main, bien que j'eus essayé de la lui reprendre. Au contraire, quand elle s'était jetée à son cou, il avait resserré son emprise autour de mes doigts.

- Edward, on ne te voit plus beaucoup ces temps-ci. Disait le père de Tanya.

- Je suis très pris avec mon nouveau travail.

- Nouveau travail hum?

Les deux hommes se fixèrent étrangement un instant.

- Je vous présente Bella, ma petite amie.

« Et c'est partit. »

- Enchantée.

- Ravie de te connaître ma petite.

- Bella !

Avant que je n'ai eu le temps de réagir, Tanya m'enlaçait également. Je gardais les bras le long de mon corps en me demandant ce qui était entrain de se passer.

- Je suis tellement contente pour vous deux. Ça fait plaisir de voir que vous avez progressé ainsi. Disait-elle avec un grand sourire en s'écartant légèrement de moi.

- Heu … Oui je suppose.

- Je te croyais partie.

- Bah, je suis revenue comme tu vois.

- En tout cas, tu es ravissante.

- Merci.

Je n'en revenais pas. Je n'avais jamais parlé à cette fille de toute ma vie. Nous nous étions que très brièvement croisé cet été et voilà qu'elle jouait les « meilleure amie ».

- Excusez-nous mesdames, disait son père en prenant Edward par le bras, ce jeune homme et moi devons rattraper le temps perdu.

Mon regard lançait un S.O.S à Edward qui semblait aussi désemparé que moi à cet instant.

- Oh je t'en pris papa ! Lançait Tanya, en me prenant, elle aussi, par le bras. Bella et moi allons discuter entre filles. Ça ne te dérange pas Edward?

Ses yeux firent la navette entre moi, Tanya et le père de celle-ci.

- Non. Soupirait-il.

Il m'embrassa rapidement sur le front en soutenant légèrement ma joue.

- J'en ai pas pour longtemps.

Ensuite je le regardais s'éloigner. Je soupirais en me laissant entraîner par Tanya. Je n'avais jamais été ce genre de fille qui appréciait ces comportements tactiles entre copines. Surtout qu'elle et moi étions loin d'être amie. Heureusement pour moi, Alice et Rosalie nous interceptaient alors que Tanya s'apprêtait à me parler.

- Vous voulez boire quelque chose avant de dîner? Demandait Alice.

- Tout bien réfléchis, je ne cracherais pas sur le cocktail d'Emmett.

- Bella ! T'es une sœur ! Tu ne le regretteras pas ! Hurlait l'intéressé à l'autre bout de la pièce.

- Celui-là alors … Pouffa Rosalie. Alors, bien dormi?

- Moi? Demandais-je surprise. Oui ça va.

Je ne pu m'empêcher de rougir.

- Ouuh … Il y en a qui n'ont pas fait que dormir, on dirait ! Lançait Tanya, sous le regard presque méprisant de mes deux VRAIES amies. T'inquiète Bella, je suis passée par-là.

- Tu marques ton territoire ou quoi? Lui disait Alice qui m'attirait vers elle.

- Quoi non, j'essaie juste d'être gentille.

- Tu parles. Siffla doucement Rosalie en buvant une gorgée.

- A table ! Lançait Esmé.

Sauvée. J'allais pouvoir m'échapper de Tanya qui semblait vouloir dangereusement fraterniser avec moi. Je me retrouvais à côté d'Alice et Emmett. Malheureusement Edward, lui, était placé à côté de Tanya (bien qu'elle ait quasiment volée cette chaise à Rosalie). Nous étions tout de même face à face. En s'asseyant, il m'adressait un petit sourire auquel je répondais timidement. Le diner commençait et grâce aux blagues incessantes d'Emmett, l'atmosphère se détendit quelque peu. En tout cas, assez pour que j'apprécie le repas. En plus de cela, le pied d'Edward venant régulièrement taquiner ma cheville sous la table. J'évitais tout contact visuel pendant ces manœuvres sous peine de devenir écarlate. Lui en revanche, il continuait à participer aux différentes conversations sans que rien ne le trahisse, mis à part ce petit sourire en coin qui étirait sa bouche.

En fin de repas, nous étions tous repus. Classique après undîner signé Esmé Cullen. Malgré le fait que Tanya semblait inexorablement devoir toucher le bras d'Edward pour lui adresser la parole (ce qui m'énervait prodigieusement), elle s'était quelque peu assagie. Elle n'était plus aussi exubérante qu'à notre arrivée. Je me consolais en remarquant qu'Edward lui répondait plus par politesse que par réelle envie. Avant de prendre le café qui marquerait la fin de la soirée, tout le monde sortit de table. J'aidais les filles à débarrasser avant de me faire renvoyer par Esmé qui déclarait que « les invités ne font pas les tâches ménagères! ». Alors je sortais de la cuisine penaude, cherchant Edward du regard. Il était en grande conversation avec son frère et Jasper. Carlisle et le père de Tanya parlaient eux aussi de leurs côtés. J'étais seule et Tanya avançait à grands pas vers moi. J'allais vers le bar, déplaçant quelques verres pour lui donner l'impression d'être occupée. La ruse ne fonctionna que très peu. Elle s'adossa au mur à ma droite, les bras croisés sur sa poitrine généreuse (elle voulait me faire complexer ou quoi?!) et m'observa brasser de l'air un moment.

- Alors, Bella. Ça se passe bien avec Edward?

- Très bien. J'ai pas à me plaindre.

- Ça je veux bien le croire. Il est divin.

Je passais sur cette dernière remarque non sans avoir l'image de ses magnifiques dents blanches, mordant le mur derrière elle.

- Ça doit être bien pour une fille comme toi de sortir avec un mec comme lui.

- J'arrêtais alors mon apparente occupation pour la dévisager.

- Une fille comme moi?

- Tu sais … Sage et innocente.

- Même si ça n'est pas le cas, je ne vois pas en quoi ces qualificatifs sont péjoratifs.

- Ne te vexes pas surtout, mais tu n'es pas exactement le genre de fille avec qui il sort en général.

- Les filles comme toi, c'est ça?

Elle se contenta de m'envoyer un sourire arrogant.

- C'est sûrement une phase. Ça lui passera …

- Je te demande pardon? Une phase?

- Oh chérie, personne ici ne t'as ouvert les yeux. C'est vraiment cruel de leur part. Heureusement que je ne suis pas comme eux.

- Ça c'est une question de point de vu si tu veux mon avis. Je ne vois pas pourquoi tu prends la peine de me donner ta vision de la chose, je ne t'ai rien demandé.

- Oh je t'en pris, je connais Edward depuis bien plus longtemps que toi. Je suis passée par-là aussi souvent que toi tu as dû te faire des illusions. Si je te dis ça c'est pour toi. Il joue peut-être les chatons bien élevés pour le moment, mais tu crois vraiment que ça va durer. Personne ne fait jamais de virage à 360°. Un jour il se rendra compte qu'il préfère sa liberté. Je n'ai jamais pu l'enfermer dans une relation en plus de 3 ans. C'est pas toi qui va commencer.

Et malgré toute la haine je j'éprouvais pour Tanya, une partie de moi était d'accord avec elle. Elle disait tout haut ce que je pensais au fond de moi. Ma gorge se serra et je dû faire un effort surhumain pour retrouver l'usage de la parole.

- S'il redevient ainsi, personne ne lui pardonnera. Sa famille est de mon côté.

- Chérie, regarde autour de toi. Est-ce qu'ils ont l'air de faire attention à toi?

Effectivement, aucun Cullen n'avait remarqué l'agression verbale que j'étais entrain de subir. Même pas Edward.

- La famille Cullen est une famille impénétrable. Ils sont plus que soudés et se suffisent à eux même. Il est impossible de faire partie de leur bulle. Ils n'y laissent jamais vraiment entrer personne. Si un jour … Je devrais dire, quand, Edward et toi vous séparerez, certes ils t'épauleront un moment, mais au final leur fils gagnera la partie.

- Pourquoi tu me dis tout ça? Soufflais-je au bord des larmes.

- Pour t'éviter une trop grande souffrance. Prépare-toi dès maintenant. Ça ne durera pas. Pour tout le monde ici, tu n'es que vapeur, tu es transparente. Tu es juste la nouveauté du moment. Rien ne changera jamais ça.

Ensuite elle partait, le sourire aux lèvres, après avoir craché son venin mortel. Je restais figée sur place et dû me retenir à la table derrière moi pour ne pas tomber. Je les observais, moi je les voyais. Ils étaient tous occupés à parler entre eux. On aurait dit une mauvaise série B. La famille parfaite, avec leur maison parfaite, riche, ceux qui savent toujours tout et qui prodigue la morale à la fin de l'épisode. Comme cette horrible série « 7 Heaven » [NB : 7 à la maison], cette série qui ferait passer n'importe quelle personne normale pour un dépravé sexuel. Comment avais-je pu pensé ne serait-ce qu'une seconde, que je pourrais un jour faire partie de leur monde. Tanya avait raison. Le jour où Edward se lasserait de moi, les Cullen sauveraient son âme, pas la mienne. Jamais je ne m'en remettrais. Quant à Edward, si son comportement devait être permanent, il n'aurait pas eu à faire autant d'effort pour y parvenir. Qui étais-je pour avoir osé lui demander de changer pour moi? Après tout, il ne m'avait jamais caché sa vraie personnalité. Nous n'étions simplement pas fait pour être ensemble. Il était temps de l'accepter.

Je m'avançais rapidement vers la sortie dans l'espoir que personne ne remarque ma fuite et surtout pas lui. Malheureusement pour moi, il se tenait à l'entrée avec le père de Tanya. Son futur beau-père? Rien que d'imaginer ça et mes yeux se remplissaient de larmes. Il fallait que je parte. Cette nuit. Le plus vite possible. Revenir ici avait été une erreur. Je m'étais une fois de plus laissé aveugler par mes sentiments.

- Bella? Où vas-tu?

« Pitié ! Non, pas lui. Pourquoi faut-il que ça soit Edward qui remarque ma sortie! »

- Je suis fatiguée. Je vais aller m'allonger. Répondais-je en fuyant son regard.

- Tu es sûre que ça va? Me demandait-il, sa voix tintée d'une certaine inquiétude.

- Oui, oui je t'assure.

- Tu pleures?

- Non !

- Qu'est-ce qui t'arrive enfin?

Il me retenait par les épaules.

- Rien Edward, disais-je d'une voix délibérément plus assurée en le regardant droit dans les yeux, ça doit être le décalage horaire. Je t'assure, tout va bien. On se retrouve tout à l'heure.

- Bon, il me lâcha lentement, si tu le dis. Va te reposer. Me disait-il, encore perplexe.

Je lui souriais et quittait la villa. Une fois dehors je me mis à courir comme jamais je n'avais couru avant.

***

Edward POV

Bella avait précipitamment quitté la maison. J'avais regardé cette porte se refermer brutalement sur elle, n'étant pas sûr d'avoir tout compris. Ce comportement ne lui ressemblait pas.

- Qu'est-ce qui lui prend ? Demandait Alice en arrivant derrière moi.

- J'en sais rien, elle était fatiguée apparemment.

Je ne pouvais pas détacher mes yeux de cette maudite porte.

- Elle aurait quand même pu nous dire au revoir. Boudait ma sœur.

- C'était bizarre, on aurait dit qu'elle fuyait quelque chose.

- Tu devrais la rejoindre.

- Tu crois, elle veut peut-être rester seule.

- Bah où elle est miss New York? Lançait Emmett, la bouche pleine de chips.

- Tu manges encore ! Répliquait Alice presque écœurée.

- Les chips, c'est pas de la nourriture.

- Et depuis quand gros balourd?!

- Depuis que tu as appris à te mêler de ce qui ne te regarde pas, petite peste fouineuse !

Alice lui tira la langue.

- OK Stop ! Criais-je en plaçant mes mains entre eux deux.

Ils me regardèrent avec de gros yeux ronds comme si ça avait été moi qui avait pété les plombs ici.

- Vous avez parlé avec Bella ce soir?

Ma sœur fit non de la tête.

- J'avoue que non. J'étais occupée avec les préparatifs.

- Moi la dernière fois que je l'ai vu, elle était en pleine conversation avec Tanya. Répondait Emmett.

- Avec Tanya? Répétais-je.

Mon cœur cessa de battre une seconde et j'avais des sueurs froides.

- Edward … Souffla Alice, aussi inquiète que moi.

Elle aussi craignait la même chose que moi. Je m'élançais déjà à travers le salon.

- Bah quoi? Qu'est-ce que j'ai dit encore !? Disait Emmett dans mon dos.

Tanya était entrain de parler à ma mère, accompagnée de son père, mais j'en avais rien à faire. Cette histoire devait cesser une bonne fois pour toute. Je ne la laisserais plus diriger ma vie. Je l'attrapais rageusement par le bras et parlais devant tout le monde. Je n'avais pas le temps ni l'envie de préserver l'ambiance de la soirée. Pour moi, elle était déjà ruinée de toute façon.

- Hey ! Lâche-moi tu me fais mal !

- Qu'est-ce que tu lui as raconté?! Crachais-je en la secouant par le bras.

- Edward ! Enfin ! Lançait Esmé à côté de moi.

Alice la rattrapa avant qu'elle ne se mêle de ça.

- Qu'est-ce que tu as dis à Bella pour la mettre dans cet état là?!

Un sourire espiègle apparu sur son visage. Avec cette lueur d'espoir. Je lui aurais crevé les yeux sur le champs. J'avais du mal à contenir la rage que je ressentais.

- Rien que la vérité mon ange.

- C'est à dire? Demandais-je, ma mâchoire serrée.

- Qu'elle n'était pas digne de toi et qu'un jour ou l'autre, mon beau prince des ténèbres s'en rendrait compte tout seul. Apparemment, elle a comprit le message. Pas la peine de me remercier …

- Te remercier? Te remer … Écoute-moi bien Tanya, parce que je ne le dirais qu'une seule fois. Hors de ma vue ! Hors de ma vie ! Je ne veux plus jamais te parler, ni même te voir ou te croiser dans la rue. C'est fini tout ça ! Et pour de bon ! Je te le dit gentiment pour cette fois, mais si jamais je recroise ta route un jour, même par hasard, ça ira mal pour toi, t'as compris! Et peu importe que tu sois une femme. Si par malheur Bella ne veux plus être avec moi, à cause de toi, je te le ferais payer cher.

Tout le monde restait sans voix, ils ne m'avaient encore jamais vu dans cet état de nerfs. Je n'avais jamais parlé aussi violemment devant ma famille. Ils n'avaient jamais eu l'occasion de voir cette partie là de ma personnalité. Je lâchais Tanya. La marque de ma main avait blanchi son avant bras et le sang revenait peu à peu dans son bras, pour y laisser une trace écarlate. Elle, plus que tous les autres, était stupéfaite. Je ne l'avais jamais traitée de cette façon, mais je ne regrettais rien. Cette conversation aurait dû avoir lieu il y a bien longtemps déjà.

C'est sous un silence de mort que je quittais la villa, sans me retourner. Ensuite je courrais jusqu'au pool pour rattraper Bella en espérant qu'il ne soit pas déjà trop tard. Je la trouvais à mi-chemin, son sac sur le dos. Maintenant j'avais peur. Je ne revoyais que trop cette nuit où elle était partie loin de moi. Mais elle ne partirait pas ce soir. Je n'avais rien fait pour mériter ça. Non, je ne la laisserais pas partir cette fois. C'était comme une seconde chance, j'allais faire ce que j'aurais dû faire quelques mois plus tôt. J'allais la retenir. Il le fallait. Je ne supporterais pas de la perdre à nouveau.

- Bella !

Elle se figeait une seconde quand elle me vit arriver, puis baissa les yeux pour cacher son visage avec ses cheveux.

- Va t'en Edward.

Elle passait devant moi sans un regard. La voix cassée, comme d'avoir trop pleuré.

- Attend ! Bella !

[Alibi – 30 seconds to mars]

J'attrapais son bras pour l'arrêter mais elle se débattait rageusement et je finissais par lâcher prise.

[No warning sign, no alibi
We faded faster than the speed of light
Took our chance, crashed and burned
No we'll never ever learn

Pas d'avertissement, pas d'alibi

On disparaît plus vite que la vitesse de la lumière

Tentons notre chance, écrasé, brûlé

Non, nous n'apprendrons jamais]

- Je t'en pris, écoute-moi. Dis-je calmement, les mains devant moi.

- Pour quoi faire? Elle a raison ! On se voile la face.

- Je ne sais pas ce qu'elle a pu te dire, mais crois-moi, Tanya n'a jamais eu raison de toute sa vie.

- Parce que bien sûr, tu la connais si bien !

- Qu'est-ce que je suis sensé comprendre?

- Vous avez partagé tellement de chose, que ça soit sérieux ou non. Elle semble connaître une partie de toi que j'ignore ! Elle te connaît beaucoup mieux que moi Edward.

- Tu dis n'importe quoi ! Bella, je te l'ai dit tout à l'heure, je t'ai dis que c'était une manipulatrice ! Elle essaie de nous séparer ! Comment tu peux la croire enfin !?

- Ose me dire qu'elle ne connaît pas des choses sur toi que j'ignore encore?!

[I fell apart, but got back up again
And then I fell apart, but got back up again

Je tombais en morceaux, mais je me relevais quand même,

Et je tombais en morceaux, mais je me relevais quand même,]

Je ne sus vraiment pas quoi lui répondre, alors elle en profitait pour s'enfuir à nouveau. Mes jambes me portèrent d'elles-mêmes et je la rattrapais encore une fois.

- Elle connaît par cœur le salopard que je pouvais être avant et franchement, si tu savais tout ce qu'elle savait sur moi, tu ne m'aurais jamais adressé la parole !

- Excuse-moi, mais ça c'est encore à moi de le décider Edward ! Tu ne pourras me cacher tout ça pour l'éternité sous prétexte que je te quitterais, parce que d'une façon ou d'une autre, si tu ne me dis rien c'est ce qui finira par arriver.

- Bella, c'est nouveau tout ça pour moi. Laisse-moi du temps, je t'en pris c'est tout ce que je demande. Du temps. Je ne suis pas prêt à te dévoiler toutes les noirceurs de mon passé. D'ailleurs personne n'est vraiment au courant dans la famille … Je t'en supplie, reste.

- Moi ça devrait être différent. Tu devrais avoir confiance en moi. Je ne te jugerais jamais sur ce que tu as pu faire dans le passé, avant même qu'on ne se rencontre.

- C'est que tu ne connais pas l'ampleur de la chose.

- Je n'ai pas envie de m'engager dans une relation si tu ne peux pas être totalement sincère avec moi !

- Je le serais ! Mais pas ici, pas maintenant, pas comme ça ! Tu es hypocrite, tu sais ça !

- Je te demande pardon?!

- Tu fuis ! Tu n'as même pas cru la moitié des choses que Tanya a pu te dire ! Tu fuis simplement ! Tu utilises ça comme un prétexte pour t'enfuir ! Tu peux penser ce que tu veux de moi, je suis loin d'être parfait mais moi au moins, je sais ce que je veux !

- Et pourquoi je ferais ça ?! Hurlait-elle, en larme.

- Parce que tu as peur ! Tu as peur de te laisser aller ! Tu as simplement peur de te laisser aller. Ça n'est pas en moi que tu n'as pas confiance, mais en toi ! Et ça, depuis le début ! Je le comprend seulement maintenant.

[We both could see, crystal clear
That the inevitable end was near
Made our choice, a trial by fire
Do battle is the only way we feel

Nous le voyions tous les deux, limpide,

L'inévitable fin était là,

Nous avons fait nos choix, un jugement par le feu,

Combattre est le seul moyen possible]

Elle restait sans voix, les yeux pleins de larmes.

- Bella, il y a des fois dans la vie où il faut prendre le risque de souffrir.

- Pourquoi?!

- Parce que sinon tu ne vie pas ! Criais-je à moi tour. Ça toi seul peut le faire ! J'ai (fais) fait ma part tu comprends. A toi de faire le reste du chemin, sinon, tu as raison … On a rien à faire ensemble !

[I fell apart, but got back up again
And then I fell apart, but got back up again
And then I fell apart, but got back up again
]

- Et qu'est-ce qui me dit qu'à la minute, à la seconde où je vais baisser ma garde, tu ne vas pas me poignarder dans le dos !? Hein !! Dis-moi ! Hurla-t-elle en serrant les poings.

- Mais parce que je t'aime bon sang !!! Je t'aime ! Je suis amoureux de toi ! Tu me tue ! Je t'aime à en crever !!! Criais-je, à bout de souffle.

Après cette déclaration frénétique et colérique, le calme revint dans les champs. C'était tellement silencieux que ça en devenait douloureux. Je n'en revenais pas moi-même de lui avoir sortit ça. C'était la première fois que je disais ça à quelqu'un, à elle, et je l'avais hurlé sous le coup de la colère. Magnifique ! Je reculais pour lui tourner le dos, passant mes mains dans mes cheveux comme si ma tête allait exploser. Je ne supportais plus de voir son regard vide de toute expression. On aurait dit qu'elle s'était mise en veille.

[So here we are, reaching out
The quickest tongue to divide and devour
Divide and devour
If I could end the quest for fire
For truth, for love, and my desire
Myself

Donc nous y sommes, nous y arrivons
Une langue rapide, pour diviser et dévorer
Diviser et dévorée
Si je pouvais mettre fin à la quête de l'incendie
De la vérité, pour l'amour et mon désir
pour moi]

- Merde ! Criais-je, en évacuant la frustration.

Au bout de quelques minutes de silence, pendant lesquelles je n'avais osé vérifier si elle était toujours là, je sentie sa main se poser sur mon épaule. Je me retournais lentement, mon cœur battait à cent à l'heure. Elle me regardait timidement. Bella ne pleurait plus. Elle paraissait calme maintenant, mais tellement sérieuse. Je n'arrivais pas à savoir si elle était heureuse ou non de mes aveux. Après encore une longue minute, elle se jetait dans mes bras et je la rattrapais comme si je venais de la sauver d'une chute mortelle. Je remarquais que son sac était resté derrière elle et je la serrais contre moi, à lui en rompre les os, relâchant tout l'air jusqu'ici bloqué dans mes poumons.

- Je suis désolée. Souffla-t-elle au creux de mon cou. J'ai paniqué.

- J'ai vu ça.

[I fell apart
I fell apart but got back up again
]

Je passais ma main dans ses longs cheveux, sentant le parfum. Comme pour m'assurer qu'elle était bien là. Dans mes bras.

- Ne me refait jamais ça.

- Promis.

- Pour une première journée à Volterra, on a fait fort.

Elle riait nerveusement contre mon torse.

- Je sais. Tu crois qu'on va survivre?

Je reculais pour pouvoir saisir son visage dans mes mains. Je balayais ses joues des quelques mèches de cheveux collées sur sa peau à cause de ses larmes.

- Tant que tu es là, je survivrais.

- Tu le pensais vraiment? Demandait-elle doucement.

Et là, je savais de quoi elle parlait.

- Même si ça n'était pas très romantique... Oui, chaque mot.

- Tu te trompes. J'ai trouvé ça très romantique.

Cette fille me surprendrais toujours ! Ne tenant plus, je capturais ses lèvres dans les miennes et elle me rendait cette même faveurs, sans retenue. Nous gémissions tous les deux dans la bouche de l'autre, à la seconde où nos langues entrèrent en contact. Je la soulevais légèrement du sol pour la sentir encore plus près de moi. J'avais encore le goût de notre dispute au fond de la gorge. Seul ses lèvres pourraient faire disparaître cette brulure atroce. Bella semblait dans le même état émotionnel que moi, elle s'agrippait désespérément dans mes cheveux, jusqu'à mon cuir chevelus. La légère douleur qu'elle me provoquait alors n'était que pur plaisir. Je ressentais aussitôt le violent besoin de la posséder maintenant. J'aurais voulu qu'il fasse encore 35° dehors pour la déshabiller dans ces champs, comme notre toute première fois. Mais il faisait froid et Bella commençait déjà à trembloter dans mes bras. Mes besoins animal devraient attendre un peu. Je la reposais délicatement sur ses pieds en la recoiffant machinalement. Son regard brûlant de désir n'arrangeait rien.

- Viens. Les autres s'inquiètent pour toi. Il faut y retourner.

- Je ne suis pas sûre que ça sois une très bonne idée. Je n'ai pas du tout envie de la croiser. Elle a réussis à me faire douter de vous tous.

- Je pense qu'elle sera partit après ce que je lui ais dit tout à l'heure. Ça vaudrait mieux pour elle.

- J'aime t'entendre parler comme ça. Gloussait Bella.

Je riais à mon tour et lui prenais la main.

- Allez, avance femme, avant que je ne perde complètement la raison !

***

Bella POV

Toute la nuit, Edward et moi, nous étions évertués à évacuer le stresse de notre dispute. J'avais vraiment voulu partir, je serais partie s'il ne m'avait pas rejoint à temps. Nous aurions été séparé à nouveau. Cette idée était maintenant insupportable, aussi bien pour lui que pour moi. Nous en avions pris conscience cette nuit. Nous avions fait l'amour pendant des heures dans une espèce d'urgence, de peur. Comme si chacun des gestes prodigués à l'autre, chaque caresse et chaque souffle, reflétait la peur de l'abandon. Nous avions comblé le vide que nous avions tous les deux ressentis à l'idée de se quitter. Chaque attention qu'il m'avait portée ne traduisait qu'une seule et même pensée : « J'ai besoin de toi », les miennes disaient « Reste avec moi ». Il m'aimait. Cette simple information avait fait imploser mon cœur. Je n'avais pas été capable de répondre quoi que se soit. Je n'avais même pas été sûre d'avoir compris avant de lui demander confirmation. Tout ça paraissait si surréaliste. Nous revenions de tellement loin. Jamais je n'aurais cru entendre ces mots dans sa bouche, surtout dit avec tant de désespoir. Comme notre propre fatalité!

Nous nous étions comprit d'un seul regard, nous n'avions jamais été fatigué, nous avions été assoiffés l'un de l'autre jusqu'au levé du jour. La nuit nous avait appartenu, plus rien d'autre n'existait autour alors. Ensuite nous avions dû tomber de sommeil, moi sur le dos avec le bras d'Edward autour de moi, quand lui reposait sur le ventre le visage dans mon cou, nos deux corps collants de sueurs.

Je sentais une douce pression sur mon front, celle-ci me tirant difficilement du sommeil. Je n'arrivais pas à ouvrir les yeux cependant.

- Bella, mon ange … Il faut que j'aille travailler …

- Humm, non, reste avec moi. Chouinais-je en me forçant à le regarder.

Il riait et embrassait mon front à nouveau.

- Je finis à 17h.

Je m'accrochais à sa nuque que je caressais lentement.

- Peut-être que je pourrais passer te voir à midi. Je ne crois pas pouvoir me passer de toi et de tes mains sur moi, bien longtemps, pas après cette nuit. Souris-je.

- Tu veux me tuer ou quoi? C'est à peine si j'arrive à marcher ce matin. Je dois reprendre des forces.

- Oses te plaindre !

- Jamais, soufflait-il sur mes lèvres, c'était génial.

Il m'embrassait avant de se relever.

- Mais je dois aller bosser quand même. Repose-toi. Je reviens vite.

Alors je me roulais de nouveau dans la couette et sombrais dans le trou noir de mon esprit épuisé, mais heureux.

Vers 11 heures du matin, je m'extirpais du lit. Plus par obligation que par réelle envie. Cette nuit avait été magique mais maintenant j'en payais le prix. Un coup d'œil dans le miroir m'informais que j'avais des cernes sous les yeux de la taille d'une corde à sauté. J'étais encore plus pâle que d'habitude et mes cheveux n'avaient rien à envier à un nid d'oiseau. Malgré tout, j'avais le sourire. Je ne m'avançais pas trop en imaginant que ce sourire perdurerait toute la journée.

Une douche plus tard et j'entrais dans la cuisine à la villa, accueillie par Esmé et Alice, en pleine séance retouche. Alice, un ruban à mesureautour du cou et des épingles dans la bouche, se servait de sa mère comme mannequin vivant. C'était bon de revenir ici.

- Salut la marmotte ! Me saluait Esmé.

- Pardon, j'étais épuisée. Répondis-je en rougissant.

- C'est étrange, commençait Alice en travaillant toujours, Edward aussi semblait l'être.

Je dissimulais mon embarras en allant me servir du café. Au passage, Esmé m'embrassait sur la joue.

- C'est bon maman, j'ai fini. Merci beaucoup. Alors qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui Bella?

- Vous ne deviez pas aller chez Rosalie et Emmett?

- Si, mais Rose travail jusqu'à 15h.

- Je vais passer dire bonjour aux Black d'abord, on ira après non? Proposais-je.

Mes plans pour l'après-midi étant définis, je retrouvais ce chemin à travers les champs que j'avais tant emprunté il y a quelques mois. Malgré les semaines passées loin d'ici, chaque pas m'étais familier. C'était comme un voyage dans le temps, comme si je n'étais jamais partie. Quand j'identifiais la maison rouge, mon cœur se gonfla de bonheur. J'étais vraiment heureuse à l'idée de les revoir. Revoir Billy, Leah, Seth et surtout Jake. J'avais tellement été engluée dans mon mini drame existentiel que je n'avais pas réalisé qu'ils m'avaient tous terriblement manqué. J'accélérais le pas maintenant, le sourire aux lèvres. J'allais retrouver mon ami. J'entrais après avoir frappé une seule fois, plus comme une formalité que pour demander la permission.

- Il y a quelqu'un? Demandais-je enthousiaste.

- Je tombais nez à nez avec deux personnes que je ne connaissais pas et l'impolitesse de mon intrusion me sautais au visage.

- Bonjour.

- Oh pardon, je suis désolée. Je cherchais Leah … Ou Jacob...

- Et vous êtes? Demandais la grande femme brune devant moi.

- Bella … Heu … J'ai passé l'été chez les Cullen, je viens d'arriver. Je voulais les saluer.

- Leah ! Seth ! Visite !! Criait-elle sans cesser de me regarder, souriante. Enchantée, je suis Emily et voici mon maris Sam.

- Bonjour. Me lançait-il d'un signe de main.

- Bonjour.

- Nous aussi sommes en visite dans le coin. Jake ne doit pas être très loin.

- Bella?!

Le temps que je me retourne et Leah me sautait au cou.

- Salut. Répondais-je en lui rendant son étreinte.

- Mais qu'est-ce que tu fais là?!

- Je suis revenue.

- Alors qu'est-ce qui t'es arrivée?! Une minute tu étais là et l'instant d'après … Pouf ! Plus personne.

- Je sais, pardon. C'est une longue histoire …

- Combien de temps tu restes ?

- Jusqu'à la fin de la semaine.

- Tu auras le temps de me raconter tout ça alors !

- J'y compte bien.

- Tu veux boire quelque chose Bella? Demandait Emily. Limonade peut-être?

- Je veux bien, merci beaucoup.

- Viens t'asseoir.

Leah m'entraina par la main jusqu'à la table.

- Sinon, quoi de neuf chez vous? Lançais-je à Leah en sirotant mon verre.

- Pas grand chose. On travail dans un resto du coin pendant la saison d'hiver. Le domaine demande moins d'entretien l'hiver. On se relais en bossant à mi-temps. Billy gère le reste. Ça nous fait un peu d'argent en plus.

- C'est bien ça.

- Et toi?

- J'ai repris les cours à New York, il y a beaucoup de travail mais ça se passe bien.

- Qu'est-ce que tu étudie? Demandait Paul en levant les yeux de son journal.

- La peinture.

- Et pourquoi tu es de retour? Enchaînait Leah.

- J'ai suivie Edward.

- Edward? Comme dans Edward Cullen. Le beau gosse?!

- Heu … Oui, je crois. Répondis-je amusée.

- Vous êtes ensemble?!

Je hochais la tête.

- Oh mon dieu !! C'est … Oh … Tu es la fille la plus chanceuse du monde !

Je riais. Je me souvenais du béguin que Leah avait pour Edward. Ça m'amusait. Elle était jeune et Edward représentait inaccessible et l'interdit à ses yeux. Je trouvais ça mignon.

- Du calme Leah. C'est pas un super héros non plus !

- Il est tellement …

Elle soupira longuement, rêveuse.

- ça va?

- Tu es mon modèle sur terre !

- N'exagérons rien.

- Hey ! Tu es revenu ! Disais Leah en regardant par dessus mon épaule. Regarde qui est là !

Je me retournais pour découvrir Jacob, se tenant dans l'encadrement de la porte, le visage fermé. Je m'étais levée immédiatement, le sourire aux lèvres et mon cœur s'emballant de joie. Quand j'avais découvert ce visage froid, j'avais vite déchanté.

- Jacob... Salut.

- C'est pas génial?! Ajoutait Leah, toujours aussi enthousiaste, au contraire de son frère.

- Magnifique. Souffla Jake, la voix éteinte. Excusez-moi.

Et il quittait déjà la maison. J'étais loin de m'être attendue à cet accueil. Qu'est-ce qui lui prenait?! Je me levais rapidement pour le suivre, bien décidée à comprendre ce qu'il avait.

- Hey ! Jake !Attend ! Maisattend moi enfin !

Je l'attrapais par le bras pour l'arrêter et il me faisait face.

- Qu'est ce qui se passe?!

- Rien.

- Je … Enfin, j'arrive peut-être au mauvais moment.

- Pas du tout. Tu fais ce que tu veux de ta vie. Répondait-il acide.

- Pourquoi tu réagis comme ça? J'aurais pensé que tu serais heureux de me voir.

- Bah tu te trompes.

Il se retournait pour partir.

- Mais enfin, qu'est-ce que tu as contre moi ?!

- Pourquoi tu prends la peine de venir me voir Bella?

Il revenait rapidement vers moi. Je restais bête devant l'absurdité de sa question.

- Tu es … Mon ami.

- Et c'est comme ça que tu traites tes amis?! Ricanait-il.

- Comment « comme ça »?!

- Tu es partie Bella … Tu n'as même pas pris le temps de dire au revoir et maintenant tu reviens comme si de rien n'était?!

- Mais, bafouillais-je confuse, je t'ai laissé un mot.

- Oui merci je l'ai bien eu : « Au revoir Jake, Ravie de t'avoir rencontré. ». Très chaleureux … On dirait une lettre de remerciement pour quelqu'un qui t'as vendue une cravate à moitié prix !

- J'étais … C'était une nuit difficile, j'ai pas réfléchie ! Mais Jacob, tu es mon meilleur ami …

- Plus maintenant.

Il partait rapidement. Je restais hébétée quelques minutes. En prenant la fuite cette nuit là, je n'avais pas réalisé que d'autres personnes que moi pouvaient en être blessée. J'avais été froide et insensible, sans même le vouloir. J'avais blessé mon ami et il avait toutes les raisons d'être furieux contre moi. En lui laissant ce mot, bateau et passe partout, j'avais été égoïste. Maintenant que je le réalisais, je m'en voulais terriblement.


Voilà pour le chapitre 14 !

Bien sûr il commence par la chanson de Sigur Ros, qui est et resteras le thème principal de Beautiful Disaster. Vu que ce chapitre signe un retour aux sources, il me semblait normal de l'intégrer. Vous découvrirez peut-être aussi Alibi de 30 seconds to mars (oui encore pardon ! ^^), que s'accordait bien avec cette scène là.

Bien maintenant passons aux choses douloureuses. BD touche à sa fin les amis ! Je ne peux pas vous dire encore précisément combien de chapitre il y aura mais je pense qu'il en reste maximum 4 ou 5 après celui-ci. Je sais que beaucoup d'entre vous allez être "sous le choc" mais toute les bonnes choses ont une fin et j'arrive à la fin de mon voyage Disastersien !