CHAPITRE XV
SUCH A BEAUTIFUL DISASTER
***
Edward POV
[ The Cells – The Servant]
Ils me sortirent de la voiture de patrouille sans plus de formalité. Je sentais déjà mes poignets rougir sous le métal des menottes. Ensuite, les officiers me trainèrent à l'intérieur du commissariat, sans un mot. De toute façon, je connaissais déjà cet endroit par-cœur. A la façon dont ils avaient pénétré dans notre maison, arme au poing, je ne me faisais aucune illusion. Cette fois, c'était du sérieux. Carlisle était un homme respecté à Volterra. S'ils avaient eux le moindre doute sur ma participation dans l'affaire, ils ne se seraient jamais permis de m'appréhender ainsi. Pas devant les Cullen, la famille la plus puissante de la ville.
Les officiers m'ordonnaient ensuite de m'asseoir sur le banc des accusés. Je me retrouvais entre à clochard puant l'alcool et une prostituée. Je ne supportais pas ce lieu. Tous les bruits qu'il abritait non plus d'ailleurs. Les sonneries de téléphones, les injures, les plaintes à répétition. Je ne m'étais retrouvé que bien trop souvent sur un de ces bancs. Ils s 'en rendraient compte bientôt en vérifiant mes antécédents.
[It'll all click when the mortgage clears
All our fears will disappear
Now you go to bed
I'm staying here
I've got another level that I want to clear
Tout s'enclenchera quand l'emprunt s'acquittera,
Toutes nos craintes disparaîtront,
Maintenant vous allez vous coucher,
Je reste là
Il y a autre chose que j'aimerai éclaircir]
Je n'avais même pas eu le temps de m'expliquer. J'étais sur le point de le faire quand nous avions entendu la nouvelle. Je n'avais pas eu assez de temps. C'était injuste. Comment aller de l'avant si la vie elle-même ne vous en laisse pas la possibilité. J'avais vu les yeux horrifiés de ma famille quand ils m'avaient tiré de force de chez moi. Pire encore, j'avais entendu Bella crier mon nom, suppliant les policiers de ne pas me blesser. J'avais lu l'incompréhension et la tristesse dans ses yeux. Elle avait alors compris que j'avais fais quelque chose de grave et répréhensible, sans en connaître les raisons, sans en connaître le contexte. C'était comme si je l'avais trahis. Encore une fois, j'aurais voulu éviter ça. J'aurais aimé avoir plus de temps. Je n'aurais jamais cru que mon ancienne vie m'aurais rattrapée si tôt. Elle était revenue à moi tel un boomerang, dans toute sa force et avec une grande violence. Comme pour me dire que l'on échappe jamais à son destin et que le mien était en prison. Il n'y a pas de rédemption possible quand on était né en enfer.
J'avais voulu m'en sortir et faire un monde honorable, mais il était déjà beaucoup trop tard pour moi. Me retrouver ici, aujourd'hui, après tous les efforts que j'avais fournis pour m'en sortir était l'échec le plus cuisant que j'avais expérimenté jusqu'ici.
My skin feels like orange peel
My eyes have been vacuum-sealed
My organs move like a squirm of eels
Ma peau ressemble à de la peau d'orange,
Mes yeux ont été scellés sous vide,
Mes organes bougent comme des anguilles qui se tortillent]
J'étais physiquement malade seulement d'être confiné ici. J'en avais la nausée. Voir ce pauvre type décuver son vin en maudissant sa vie et cette fille qui devait vendre son corps pour survivre, me confortait dans l'idée que le monde dans lequel non vivions était plus que pourris. S'il y avait réellement une puissance divine au dessus de nos têtes, nous n'en serrions pas là. Alors l'être humain inventait le principe de « rédemption » ou celui de « compassion », simplement pour ne pas admettre que nous étions seul sur cette Terre. Une simple erreur biochimique de l'évolution. Une mauvaise division cellulaire. S'il y avait vraiment un Dieu tout puissant au dessus de chacun de nous, il n'avait rien n'a envier à Lucifer, il était aussi sadique que lui. Faire entrer Bella dans ma vie, mon ange, pour mieux me discréditer et me salir à ses yeux, n'était que pure cruauté. Comme donner une sucette à un enfant pour lui arracher des mains juste avant qu'il ne la goûte.
[They annoy me those who employ me
They could destroy me
They should enjoy me
Ils m'ennuient, ceux qui m'emploient,
Ils pourraient me détruire,
Ils devraient m'apprécier]
Quant à James et Aro, mon prétendu frère et notre père adoptif. Je ne les avais jamais trahis. J'étais parti sans pour autant être une menace pour eux et malgré tout cela, je me retrouvais impliqué malgré moi dans leur chute. Ils voulaient me détruire pour m'en être sortit. J'aurais dû me douter qu'Aro ne me laisserait jamais partir aussi facilement. James lui, il me punissait pour avoir eu une meilleure vie que la sienne. Fallait-il que je m'excuse de ne pas être tombé dans le trou avec lui. La compassion? A défaut d'en possédé, certain être sur cette planète la transformait en cruauté.
[The sun goes up and the sun goes down
I drag myself into the town
All I do I want to do with you
Everyday I'm at my desk
At my desk I'm like the rest
All I do I want to do with you
Le soleil monte et le soleil descend,
Je me traîne dans la ville,
Tout ce que je fais je veux le faire avec toi,
Chaque jour je suis au bureau,
A mon bureau je ressemble à tout le monde,
Tout ce que je fais je veux le faire avec toi]
J'avais réussi à me fondre dans la masse pendant si longtemps. Puis Bella était arrivé et peu de temps après je comprenais que peut-être, j'avais le droit au bonheur moi aussi. J'aurais dû me méfier là encore. Le bonheur est encore plus fort que la cocaïne, c'est la pire des drogues. Il n'y a pas de cure pour cela, une fois que l'on y goûte, il était trop tard pour reculer. S'il on vous l'arrache par la suite, vous mourrez. J'étais convaincu d'être mort à cet instant, convaincu d'avoir tuer Bella par la même occasion et si ça n'était pas encore le cas, l'incompréhension allait la consumer. J'aurais tellement voulu que les choses se passent autrement. J'y avait cru. Mais j'étais né du mauvais côté, sous aucune étoile et personne ne s'était jamais penché au dessus de mon berceau. Je devais être oublié. A jamais. Certaine personne sont faites pour souffrir, d'autre non. Elle allait me haïr maintenant et elle ne saurait jamais pourquoi.
[On the city's skin they move on mass
Now in I go like a fool
I can't resist dipping in the pool
I watch them watch me I watch them too
Across the street across the room
I dress myself like a charcoal sketch
My eyes are brown and my hair's a mess
Dans toute la ville ils se fondent dans la masse,
Maintenant j'ai l'air d'un imbécile,
Je ne peux pas résister à l'envie de plonger dans la piscine,
Je les regarde m'observer, je les observe aussi,
À travers une rue, à travers la pièce,
Je me déguise comme une esquisse de charbon de bois,
Mes yeux sont bruns et mes cheveux en désordre]
Si j'avais joué les caméléons, rien de tout ça ne serait arrivé. Si j'avais suivie les voies normales, celles des personnes ordinaires, ces personnes que je haïssais tant avec leurs vies sans saveur, peut-être n'en serais-je pas là aujourd'hui. La rédemption n'existait pas. Je n'aurais jamais pu me fondre dans le moule, partir au travail tous les matins et m'ennuyer à mourir pour le restant de mes jours. C'était inscrit dans mon ADN, je voulais plus. J'avais prit les mauvaises routes pour y parvenir. Je m'étais laissé entrainer malgré moi dans la facilité. Nous devions tous en payer le prix, même si cela voulait dire, être associé aux crimes d'Aro. Des erreurs de jeunesse.
Le passé finit toujours par vous rattraper.
[The cells I am at the moment will soon die
But I will be here
Oh I'll still be here
The cells I am at the moment will soon die
But I will be here
Oh I'll still be here
La cellule dans laquelle je suis mourra bientôt,
Je serais là,
Je serais toujours là,
La cellule dans laquelle je suis mourra bientôt,
Je serais là,
Je serais toujours là]
Quand ils m'appelèrent pour m'emmener en salle d'interrogatoire, je savais que ces quatre murs allaient êtres mes seuls compagnons pendant un long moment. J'avais laissé mon âme avec Bella, je n'étais plus qu'un autre animal pris au piège maintenant. Je décidais d'arrêter toutes pensés cohérentes maintenant, car elles tendaient toutes vers la colère.
[The sun goes up…
Everyday everyday everyday...
Le soleil se lève,
Tous les jours … ]
Le monde continuerait bien sans moi. Mais moi, je ne lui survivrais pas.
- Monsieur Cullen, je suis l'inspecteur Maccoy.
J'arquais le dos contre la chaise, mes mains étaient reliées dans mon dos autour du dossier. Scellées par les menottes.
- Je veux mon avocat. Crachais-je en serrant la mâchoire.
- Il est en chemin.
- Bien, dans ce cas revenez moi voir quand il sera là.
Un voile de colère traversa rapidement son visage avant de retrouver sa lassitude.
- Comment va votre œil? Demandait l'inspecteur avec un petit sourire sadique.
Je survivrais.
- Bien, parce que vous n'aurez le droit à aucune assistance médicale avant l'arrivée de votre avocat.
Il me lançait un sourire des plus faux et quittait la pièce. Une fois la porte refermée je soupirais longuement. Comment avais-je pu atterrir ici alors que tout allait si bien il y avait encore quelques heures ?
2 jours plus tôt …
Je sortais du magasin et vérifiais mon portable, tout en me dirigeant jusqu'à ma voiture. J'avais un message. J'enfonçais la touche verte de mon téléphone pour l'écouter en même temps que j'entendais la fermeture centralisée de ma voiture se déclencher.
« C'est moi. Bella... » Je souriais. Qui d'autre? « On va chez Rosalie et Emmett. Il fait beau, je pense qu'on va en profiter. Jasper nous rejoint également. Viens... Tu me manques déjà … Je rêve d'une autre nuit comme cette nuit ... » Elle gloussait comme une adolescente. Dieu, que j'aimais cette femme. « Je te laisse travailler, dépêches-toi. »
Alors je me rendais immédiatement dans la nouvelle résidence Cullen/Hale, située dans un petit quartier moderne de la ville. J'y n'y étais allé qu'une seule fois, lors de leur déménagement. Je n'aurais jamais cru que Rosalie avait autant de choses chez elle. Jusqu'à ce jours, j'avais cru que c'était mon frère le bordélique du couple.
Il faisait bon aujourd'hui et malgré cette fin d'après-midi, le soleil persistait encore. Je frappais une fois et insistais sur la sonnette mais personne ne vint m'ouvrir la porte. Puis j'attendais des rires et des voix familières provenant de l'arrière de la maison. Je faisais donc le tour et les découvrais tous dans le jardin, assis au soleil. La température était anormalement élevée pour un début de mois de janvier. Ils étaient tous en t-shirt. Seule la lumière trahissait le fait que nous étions en hivers. C'était cette lumière froide, presque blanche, qui accompagne tous les paysages d'hivers. Le soleil est là, éblouissant, même clairsemés de quelques nuages blancs, mais la lumière qu'il nous renvois est différente d'un jour d'été.
J'avançais jusqu'à eux. Quand Bella me voyait, son visage s'illuminait d'un sourire éclatant, accompagnant le mien. Elle était entourée de ma sœur et de Rosalie, pendant qu'un peu plus loin, Emmett et Jasper faisaient quelques passes. Je me surprenais à penser que cette image, celle de Bella et de ma famille réunies, était l'une des plus apaisante qu'il m'avais été donné de voir.
J'entendais la musique que diffusait la chaîne stéréo de l'intérieur de la maison : Stigmatized du groupe The Calling. Même si ce groupe n'avait pas survécu plus de deux albums, Camino Palmero était vraiment un magnifique opus et la voix du chanteur Alex Band s'accordait parfaitement avec l'ambiance de cette fin de journée.
J'allais saluer les filles, embrassant le front de Bella qui me souriait en retour. Nous n'avions pas besoin de plus de démonstration devant les autres, nous nous comprenions d'un seul regard. Elles continuèrent leur conversation bien trop féminine pour moi alors que j'entrais dans le jeux avec Emmett et Jasper.
- Ça bosse dur à ce que je vois ! Lançais-je en attrapant la balle.
- Les internes aussi ont besoin d'un peu de bon temps !
- D'ailleurs tu as cassé le rythme de jeu. Pause ! Disait Emmett en projetant le ballon sur la terrasse en face de nous.
- Je vois que j'étais attendu, c'est sympa …
- Boude pas petit frère, t'avais juste à remmener tes fesses un peu plus tôt, ça fait 45 minutes qu'on joue !
Mon frère me tapait lourdement l'épaule avant de m'entraîner non loin des filles à l'ombre d'un arbre. Jasper nous tandis des bières et nous profitions simplement de la tranquillité du jardin et de ce temps inattendu.
- Le réchauffement de la planète a parfois du bon ! Disait Emmett après une gorgée.
- Ça c'est tout Emmett, remarquais-je, toujours sortir le positif des situations désespérées.
- En parlant de situations désespérées, comment ça va avec Bella?
- Très sympa … Merci.
Jasper faillit s'étrangler avec sa bière.
- Ça va très bien. Je pense qu'on est sur la bonne voie elle et moi.
- Il était temps ! Lançait Emmett.
Je la regardais rire avec les filles un peu plus loin, ne pouvant toujours pas me détacher de ce sourire qui me collait à la peau.
- Tu as l'air heureux en tout cas. Je crois que c'est la première fois que tu es aussi sociable. Continuait Jasper.
- Je le suis.
- Tu as changé.
- Elle m'a changé. C'est très bien comme ça.
- Mon seul conseil, quoi que tu fasses dans la vie, quelque soit les raisons de ce changement, bien que l'on se doute fortement de son origine …
- Petite, brunette, dans l'incapacité totale de coordonner ses mouvements. Ajoutait Emmett.
- Possède-le pour toujours. Finissait Jasper en faisant abstraction des blagues de mon frère.
- Je travail encore sur le « Pour toujours ». Répondis-je en vrillant le regard vers Bella.
Elles venaient vers nous.
- Alors on fait bande à part?! Lançait Rose alors que les filles se joignaient à nous.
Bella prit place sur mes genoux, passant son bras derrière ma nuque quand moi, j'entourais ses hanches. Le simple fait de pouvoir me permettre ce genre de geste devant ma famille était une bénédiction. Nous restions encore un moment, tous ici, parlant de tout et de rien. J'étais bien. Tout simplement.
Quand la lumière commençait à baisser, imitée par la température extérieure, nous prenions congés. Bella et moi, suivit d'Alice et Jasper, nous rendions à la villa pour diner. Quand je garais la Volvo, le regard de Bella s'était déjà perdu vers l'horizon. En regardant dans la même direction, je découvrais Jacob Black et son père.
- Qu'est-ce qui se passe?
- J'aimerais bien le savoir. Enfin, je le sais mais …
- C'est très clair tout ça. Plaisantais-je.
Elle me renvoyait un triste sourire et je devinais que la situation était plus sérieuse que prévus.
- Je suis allée les voir ce matin, mais Jake et moi nous sommes disputés. Il m'a aboyé dessus.
- Pardon?!
- Il m'en veux d'être partit sans dire au revoir.
- Il est simplement jaloux que tu ne l'ais pas choisit lui plutôt. Soufflais-je, légèrement agacé.
- Ne dis pas n'importe quoi. Il n'est même pas au courant pour nous deux.
- Toujours est-il qu'il aurait bien aimé. Je n'ai jamais apprécié la façon dont il te regardait.
- Je ne vois pas en quoi ça te concernait cet été. Fit remarquer Bella. Toi et moi, ça n'était pas sérieux.
- Peu importe, j'appréciais déjà énormément nos « moments », je ne voulais pas qu'il interfère là dedans.
- Ça n'a jamais été le cas.
- Ça aurait pu.
- Impossible.
- Et pourquoi ça? Tu es bien partie au cinéma avec lui un soir.
- Tu m'avais planté !
- Oui, mais j'avais de bonnes raisons !
- D'ailleurs je n'ai jamais connu ces raisons … Les vraies je veux dire.
Elle me lançait un regard tendant à la confession quand moi je me retrouvais à court de mot. Bella attendait des explications que je n'étais pas près à lui donner. Elle le savait, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de me tendre des perches sans arrêts. C'était humain et plutôt flatteur. Elle voulait me connaître. Si je n'avais pas pensé que son regard pour moi en serait affecté si elle connaissait la vérité, je lui aurais tout avouer. Je ne pouvais simplement pas risquer de la perdre. Alors je faisais ce que je faisais toujours …
- Tu devrais aller essayer d'arranger les choses avec Jacob. Je vois bien que ça te chagrine.
… J'esquivais.
- C'est pas croyable, tu préfères que j'aille retrouver un homme dont tu es jaloux …
- Je ne suis …
- Que de me raconter tes petits secrets ! Me coupait-elle.
- Pas maintenant Bella.
- Quand?!
- Bientôt.
Alors elle se calait au fond de son siège en croisant les bras sur sa poitrine, ses yeux retrouvant le par-brise. Je souriais. J'adorais quand elle boudait. C'était adorable. Je posais ma main sur sa cuisse, l'attrapant doucement par le menton de l'autre, pour l'obliger à me regarder.
- Je te le promet. Donne moi juste …
- Du temps je sais. Je n'ai jamais brillé par ma patiente tu sais ça?! Et toi tu uses mon stock à une vitesses dépassant tout entendement.
Je riais et rapprochais mon visage du sien. Je sentais déjà sa respiration s'apaiser mais si elle prétendait ne pas me rendre mon baiser en signe de protestation. J'aimais sentir sa chaleur sur mes lèvres.
- Je vais me jeter au cou de Jake si ça continu.
Elle avait parlé les yeux fermés alors que je lui maintenais toujours le visage.
- Lui il est franc au moins ! Plastronna-t-elle avec des airs de défis.
- Tu ne pourras pas, je lui aurais déjà brisé la nuque. Chuchotais-je sur ses lèvres.
- Ce que tu peut-être macho parfois ! Quelle réponse raisonnable. Bravo !
- Ose me dire que tu n'apprécies pas que je sois aussi possessif de temps à autres … Toutes les femmes adore ça.
Elle soupirait. J'étais l'heureux vainqueur de ce petit duel improvisé.
- Aller va le voir avant que je ne t'enferme avec moi pour toujours.
- C'est avec ce genre de menace que tu comptes m'éloigner de toi?
Je souriais et capturais ses lèvres avec douceur. Délicieusement chaudes. Jamais je ne me lasserais de sa bouche, ni d'aucune autre partie d'elle d'ailleurs. Quand j'ouvrais les yeux, elle sortait de la voiture, allant à la rencontre de notre … Jardinier "pfff".
- J'enseigne la guitare, c'est plus classe qu'arracher les pissenlits ! Me dis-je à moi-même, seul au volant de ma voiture, en la regardant s'éloigner à travers les vignes.
"Ok, là j'avais touché le fond !" Je soupirais en sortant de la Volvo.
***
Bella POV
J'allais à la rencontre de Billy et Jake. Lui ne m'avais pas vu, il me tournait le dos et même si Billy lui m'avais vu arriver dès que j'étais sortis de la voiture, il ne lui avait pas signalé. Je voyais dans les yeux de cet homme qu'il était conscient de la situation entre moi et son fils. Vu sa réaction, il souhaitait la même chose que moi : que tout redevienne normal.
- Bien, on en reparlera. Disait Billy quand je m'arrêtais non loin d'eux.
- Quoi? Mais où tu vas? On a pas finit ! Lançait Jake, toujours dos à moi.
- Bella ! Comme je suis heureux de te revoir.
Je lui souriait poliment et déjà Jacob s'était raidi.
- Bonjour.
- Je vous laisse les enfants.
Nous le regardions s'éloigner sur sa chaise roulante et entrer à l'intérieur. Enfin, Jake daignait me faire face.
- Salut. Soufflais-je timidement, les mains dans le fond de mes poches.
- Qu'est-ce que tu veux?
- Parler.
- On s'est tout dit ce matin il me semble.
- Parce que tu appels ça parler toi?
Je parlais calmement, cherchant par tous les moyens à éviter l'affrontement que Jacob, lui, semblait vouloir provoquer.
- Je n'ai pas le temps pour ça.
- Et bien prend-le, Jake. Je ne reste qu'une semaine et je ne veux pas repartir en sachant que tu m'en veux. Tu me dois au moins une explication.
- Moi je te dois une explication?!
- Bon, ok j'ai pas assuré. Je suis partie du jour au lendemain en te laissant ce message stupide et tu ne méritais pas ça. Je n'ai pas réfléchi. Si je t'ai blessé, je m'en excuse. Se n'était pas mon intention.
- Et quelles étaient tes intentions?
Il croisait les bras devant sa poitrine. Son regard était toujours aussi noir mais il s'était légèrement calmé.
- Fuir. Partir. Le plus vite possible.
- Pourquoi? Pourquoi comme ça, d'un seul coup?
Je soupirais en passant nerveusement la main dans mes cheveux.
- On peut s'assoir? Demandais-je en désignant les marches du perron derrière nous.
Je m'y installais avant lui, qui finissait par s'assoir près de moi, fixant l'horizon. Quelques secondes passèrent avant que je ne prenne la parole.
- C'était le jour de l'anniversaire de la mort de Renée.
Même s'il ne me regardait toujours pas, les mouvements presque imperceptibles de son corps me montrèrent qu'il était attristé par mon aveu.
- J'étais perdue et j'ai fais pas mal de bêtises. Pour que tu comprennes vraiment ce qu'il s'est passé ce soir là, il faut d'abord que je te dise quelque chose …
Je prenais un instant avant de continuer.
- Cet été, j'ai eu une liaison avec Edward Cullen. Une aventure, enfin, appel ça comme tu veux ...
Jacob riait doucement, d'un rire amère.
- Tu n'as pas l'air surpris.
- Bella, disait-il enfin, je ne suis pas aveugle et franchement après vous avoir vu sur la plage … Tu m'as dit que ce baiser était arrivé comme ça, mais franchement, je n'ai jamais eu aucun doute sur la nature de vos relations. Je suis juste surpris qu'il ait réussis à te séduire. Je ne pensais pas que tu étais ce genre de filles …
- Ce genre de fille?
Il me lançait un regard entendu.
- J'étais perdue. Me sentis-je obligée de lui rappeler.
Vu qu'il n'ajoutait rien, je continuais :
- Toujours est-il qu'avec lui, je pensais à autre chose et ce jour là, en plus de ma mère, Edward m'avait … Disons qu'il avait décidé de tout arrêter.
- Et ça t'étonnes? Ricanait Jake.
- Laisse-moi finir! M'emportai-je. On s'est disputé et je suis partie dans la nuit. Sans le dire à personne. Seule Alice était au courant.
- Tout ça, c'est censé me réconforter?
- Je veux juste que tu comprennes que oui, j'ai été égoïste, mais ça n'avait rien à voir avec notre amitié.
- Et moi je veux juste que tu comprennes qu'une amitié ne sert pas seulement à passer le temps quand tu ne vois pas ton amant Bella. Ça s'entretient. C'est même plus dure à entretenir qu'une relation amoureuse selon moi. Une relation amoureuse peut toujours se terminer, mais l'amitié c'est pour la vie normalement. Et sans condition.
- Je suis d'accord.
- Mais ce n'est pas gratuit et encore moins acquis. Tu ne peux pas me traiter comme une simple connaissance, revenir trois moi après, sans m'avoir appeler ou même écrit et estimer que notre amitié est toujours intacte.
- Je sais. Pardonne-moi. Je n'ai jamais eu ce genre d'amitié avant …
- Je ne devrais pas avoir à te l'expliquer.
- Je n'ai jamais été très douée pour les relations humaines tu sais. Avouais-je, honteusement.
- Je m'en rend compte.
Nous nous regardions un moment sans rien dire. Jacob s'était un peu radoucie même si son regard était toujours sévère.
- Donc … Maintenant, on fait quoi?
Il soupirait, à peu près aussi mal à l'aise que moi.
- Et si tu me disais pourquoi tu es de retour?
- Edward. Il est venu me chercher à New York en septembre. On a mis les choses au clair … On a décidé d'y aller doucement, pour voir si une vraie relation pouvait se construire entre nous après cet été et … Apparemment, c'est le cas.
- Tu lui fais confiance?
- Maintenant oui.
Il me regardait comme si j'avais perdu l'esprit.
- Il a beaucoup changé tu sais.
- C'est ta vie après tout. Je ne le connais pas suffisamment pour le juger de toute façon.
- Merci. Répondis-je simplement.
Il me souriait faiblement, plus par politesse qu'autre chose et nous restions silencieux quelques minutes après ça. Puis, à ma grande surprise, il me demandait comme se passait ma vie à New York. Au départ, nous étions quelque peu tendu lui et moi, mais au fur et à mesure de mon récit, nous nous détendions. Je lui racontais alors les retrouvailles avec mon père, la reprise de mes études et tout ce qui composait aujourd'hui, ma nouvelle vie. Il me posait beaucoup de question et j'étais heureuse de constater que Jake était toujours Jake. Mon ami. Le jeune homme de cet été. Je me promettais intérieurement de ne plus jamais me comporter ainsi avec lui.
***
Le lendemain je me levais tôt avec la ferme intention de travailler. Edward était déjà partit travailler, je ne l'avais que vaguement entendu partir. Après avoir pris mon petit déjeuner avec Alice, j'étais aller m'installer dans mon atelier flambant neuf. Il y avait ici plus de matériel qu'à l'académie, ou du moins, ici il n'y avait pas de liste d'attente interminable pour utiliser ce matériel. J'avais une toile à rendre en rentrant sur le thème « Modèle de soit ». Comme d'habitude, tous les thèmes qu'ils nous donnaient étaient des plus vague. « Modèle de soit », hors de question que je réalise mon auto-portrait comme la plupart des étudiants qui suivaient le même cours que moi, voulaient réaliser. Ajoutez à ça que je devais, en plus de la toile, rédiger un papier de 50 pages expliquant les raisons de mon choix et détaillant précisément « l'œuvre » en question et il était définitivement exclu que je sois le sujet principal de ce travail.
C'est ainsi que je me retrouvais planter devant une toile vierge pendant une heure, à me creuser la cervelle pour trouver un sujet intéressante. Dépitée, je finissais par m'affaler sur l'établis en maudissant mon professeur. Quand je relevais finalement la tête, dans un élan inespéré de courage, mes yeux se posaient sur le portrait de Renée.
- « Modèle de soit ». Soufflais-je alors que mes méninges se remettaient à fonctionner.
Et c'est ainsi que je me jetais sur la première feuille de papier que je trouvais et que je commençais à écrire à une vitesse folle. Ce tableau que j'avais peint sous la colère, qui n'avait été jusque là qu'un exorcisme du mal qui me rongeait alors, se transformait miraculeusement en un puit d'inspiration.
Je ne sais pas combien de temps je restais enfermée dans l'atelier après ça, ma main refusait d'arrêter d'écrire. Je sursautais en dérapant sur ma feuille quand ses lèvres se posèrent délicatement sur ma nuque.
- Désolé, j'espère que se n'était qu'un brouillon. Soufflait-il dans mon cou.
- Même si ça ne l'avait pas été, il le serait devenu après ce magistral coup de stylo ! Répondis-je en remontant ma main dans sa nuque comme pour le maintenir à cet endroit.
Il riait doucement et faisait pivoter mon tabouret de façon à ce que je me retrouve en face de lui. Le simple fait de retrouver son visage me transportais déjà à mille lieux de mon travail scolaire, jusque là si prenant. Edward s'agenouillait en face de moi, prenant appui sur mes cuisses et se contentait de sourire.
- Comment tu m'as trouvé?
- Alice m'a dit que tu l'avais laissé tomber toute la journée pour te transformer en étudiante modèle.
- Venant d'elle ça devait sonner comme un reproche.
- Un peu oui. Souriait-il.
- Quelle heure il est?
- L'heure de t'occuper de moi. Répliquait-il en m'embrassant.
- Avec toi, c'est toujours la même heure. Soufflais-je, les yeux clôts.
- Je t'ai laissé toute la journée. Ça suffit amplement.
Je riais alors qu'il m'attirait à lui, me forçant à me lever, pour me donner un autre baiser, plus approfondit cette fois. Déjà je fondais dans ses bras et abandonnait tout espoir de me remettre au travail ce soir. Notre étreinte se faisait déjà plus passionnée quand quelqu'un toussait exagérément à la porte.
- C'est pas l'heure des cochonneries ! Lançait Alice.
- Parce qu'il y a des heures pour ça, chuchotait Edward à mon oreille alors que je me retenais de rire, pauvre Jasper …
- Hey ! J'ai entendu ! Le sermonnait sa sœur.
Pour toute réponse, il lui renvoyait un sourire éclatant et purement calculé.
- Ce soir c'est chinois party ! Annonçait-elle fièrement. On vous attend pour faire la commande alors on se bouge !
- Ma sœur est un tyran. Tout d'un coup je regrette New York … et la tranquillité de ton appartement.
- C'est toi qui m'a fait venir je te signal. Allez viens, avant qu'elle ne s'énerve.
Je le tirais par la main pour rejoindre les autres, alors qu'il me suivait en trainant les pieds.
***
Edward POV
Tout le monde était assis au salon criant leur commande à la pauvre Rosalie qui tentait de tout déchiffrer, tout en passant la commande au téléphone. Bella allait s'installer avec ma sœur et Esmé sur le canapé, je restais debout pour aider Rose, servant d'interprète en quelque sorte. Une fois la commande passée, elle rejoignait les autres et moi, j'avais une absence. Ce genre de moment où vous avez l'impression d'être invisible pour tous les autres. Ces moments où vous n'êtes que simple observateur. Je regardais Bella rire avec ma sœur, jouer avec Emmett qui était sans arrêt entrain de l'embêter, je la voyais se réfugier près de Jasper pour échapper aux assauts répétés de mon frère et tout ça le plus naturellement du monde.
Je m'appuyais alors au mur derrière moi, les mains dans les poches de mon jeans et un sourire se dessinait sur mon visage. Je remarquais les attentions particulièrement tendre qu'avait ma mère pour Bella, comme un regard chaleureux ou une simple caresse sur l'épaule. Je voyais dans les yeux de Bella tout le respect qu'elle portait à mes parents et le regard bienveillant que Carlisle avait pour elle. Je distinguais aussi la complicité qui existait entre elle et Rosalie, se voyant comme les deux pièces rapportées de la famille Cullen, les deux belles-sœur. C'était un tableau idyllique. J'avais maintenant la preuve qu'avec ou sans moi, Bella faisait partie de notre famille et cette vision me remplissais d'un bonheur nouveau. Comme si rien ni personne ne pouvait l'effacer de ma vie à présent.
Alors son regard, si innocent, rencontrait le mien bien qu'elle continuait à parler avec eux malgré tout. Elle me souriait tendrement et me faisait un clin d'œil avant que toute son attention ne soit de nouveau accaparée par les membres de ma famille. Et juste comme ça, en un clin d'œil, je fondais. Je me décidais enfin à les rejoindre, passant derrière le canapé pour jouer avec les cheveux de Bella. Même si elle continuait à rire avec les autres, je savais qu'elle aimait me sentir près d'elle. Moi je réfléchissais encore et une toute nouvelle vérité m'apparaissais. Je ne pouvais plus continuer à dissimuler la noirceur de mon passé. Je ressentais le besoin urgent de lui faire partager tous les détails de ma vie, ceux qui avaient fait de moi l'homme que j'étais aujourd'hui. Je voulais qu'elle me connaissent à 100% et peu importait sa réaction. Je ne supportais plus de lui cacher la vérité. Elle méritait tellement plus que ce que je lui avait offert jusque là. Bella méritait de savoir avec qui elle s'engageait. Elle méritait de connaître l'entière vérité, tout simplement.
Aussi, après le repas que nous avions tous partager, j'attrapais délicatement sa main pour l'inciter à me suivre à l'extérieur, sous la véranda. Bella se laissait faire sans poser de question et personne ne faisait la moindre réflexion.
- Qu'est-ce qui se passe? Demandait-elle alors que je l'entrainais au centre de la pièce.
Je lui faisais face pour ensuite l'attirer lentement contre moi.
- Rien, je voulais simplement t'avoir à moi seul quelques minutes.
Elle me souriait et refermait automatiquement ses bras autour de moi, posant sa tête contre mon torse. Je ne parlais pas pendant plusieurs minutes, respirant l'odeur de ses cheveux, essayant d'imprimer mentalement chaque partie d'elle.
- Bella, il faut que je te dise quelque chose. Chuchotais-je enfin.
Elle relevait le visage vers moi et quand elle voyait mon expression, certainement plus grave que ce à quoi elle s'était entendue, elle perdait quelque peu son sourire. Je me contentais de la regarder droit dans les yeux. Comme pour reculer l'échéance qui me serait peut-être fatale.
- Ok … Soufflait-elle, légèrement inquiète maintenant.
Je ne parlais toujours pas. Par où commencer?
- Quoi? Qu'est-ce qui peut être aussi terrible pour que tu fasses …
- Je suis près à te donner les réponses que tu attends. La coupais-je.
La surprise se lisait sur son visage. Après m'avoir invité tant de fois à me dévoiler, peut-être avait-elle finis par abandonner.
- D'accord. Répondait-elle, nerveuse à présent.
Je l'entrainais sur le canapé où nous nous asseyions. Elle se contentait de me regarder, les sourcils légèrement froncer, comme pour se concentrer sur ce que j'allais lui avouer. Son regard, si tendre, m'incitant à la confiance, me rendais nerveux. J'aurais tellement voulu ne jamais plus la décevoir.
- C'est pas facile. Chuchotais-je sans la regarder.
Je soupirais longuement et me passant les mains sur le visage, cherchant encore mes mots. Alors Bella me prenait la main, refermant les siennes (incroyablement chaudes) autour de la mienne (subitement très froide). Elle la ramenait sur ses genoux, sans me lâcher, et parlait doucement. Sa voix m'avait comme hypnotisé, tellement elle était douce à cet instant.
- Je suis là … Je ne vais nulle part.
- Je suis prêt à tout partager avec toi. Je ne veux plus rien te cacher. Mais tu ne vas peut-être pas aimer celui que tu vas découvrir.
- Je te répète que jamais je ne te jugerais sur tes actions passées Edward.
- Elles ne sont pas si vielles que ça. J'étais encore dans cet engrenage cet été, pendant qu'on était ensemble, je n'ai vraiment tourné la page que quand tu es repartie pour New York.
Elle avalait difficilement sa salive. Je pouvais presque sentir l'appréhension qui la gagnait, mais il était trop tard pour reculer maintenant.
- D'accord …
- Bella, commençais-je en évitant de la regarder droit dans les yeux, tu penses me connaître …
Je sentais ses mains se resserrer autour de la mienne, toujours sur ses cuisses.
- Se n'est pas le cas.
Je lisais alors la douleur dans ses yeux. Comme si le simple fait de ne pas me connaître aussi bien qu'elle ne l'avait imaginé, l'avait faite souffrir physiquement.
- J'ai fais de grosses erreurs étant plus jeune et ça me poursuit encore aujourd'hui... Il y a quelques mois encore, avant de te rejoindre, je travaillait pour un homme. Aro … James aussi et …
- Edward ! Viens voir ! Disait Alice en faisant brusquement éruption dans la véranda.
Bella sursautait légèrement.
- Pas maintenant Alice. Répondais-je en serrant les dents.
- C'est important Edward. Insistait Carlisle, le regard sévère.
Je comprenais alors qu'il se passait réellement quelque chose d'important et qu'il valait mieux remettre cette discution à plus tard. Je regardais Bella, elle aussi pensait la même chose que moi. Nous nous levions, main dans la main, pour rejoindre les autres au salon. Ils étaient tous rivés devant le poste de télévision.
- C'est James … Soufflait Alice quand Bella et moi nous approchions du téléviseur.
Et là monde monde s'arrêtait simplement de tourner. Le visage tuméfié de James apparaissait dans le coin droit de l'écran, pendant qu'au second plan, des voitures de police étaient parquées devant une maison. Sa maison. Celle qu'Aro lui louait. Je ne voyais plus que les gyrophares rouges et bleus au final. Je n'arrivais plus à analyser les images qui défilaient devant mes yeux. Plus maintenant. Je n'entendais plus que la voix de la commentatrice et déjà, je sentais la main de Bella m'échapper, n'étant pas capable de la retenir pour autant. C'était pire que dans mes cauchemars plus plus atroces.
« Cet individu a été arrêté il y a à peu près une heure, dans cette maison qu'il louait à un dénommé Aro, le présumé baron de la drogue demeurant aujourd'hui à Volterra, cette petite ville pourtant si paisible. Aro serait un des plus grand trafiquant de drogue de tout le pays. C'est une prise en or pour les enquêteurs qui cherchaient à le mettre sous les verrous depuis des années.
Aujourd'hui les enquêteurs prétendent détenir une liste de toutes les personnes ayant travaillé de près ou de loin avec lui au cours des 10 dernières années. Cet homme, James, faisaient partie de cette liste. Les arrestations se poursuivent en ce moment même dans le pays. D'après l'enquêteur chargé de l'affaire, toutes les personnes de cette fameuse liste, que l'on appel déjà « la liste noire », seront écrouées d'ici l'aube. Pour le Canal 4, c'était Nathalie ... »
Carlisle éteignait la télé et le calme qui régnait après parmi nous était presque cauchemardesque. Mais yeux se tournaient lentement vers mon père et je savais qu'il avait les même craintes que moi.
- Le trafique de drogue … Soufflait Esmé, les yeux encore rivés sur le poste de télé pourtant éteins. Mon dieu, Edward tu le savais?
J'aurais voulu lui répondre, mais ma voix refusait de sortir. Carlisle allait la rejoindre.
- Qui aurait cru ? Disait mon frère. James ...
Leurs voix m'étaient soudainement très lointaine. Mon regard avait accroché l'image de Bella, adossée au mur le plus éloigné de là où je me trouvais, le visage pâle et les yeux perdus dans le vide. Elle semblait s'appuyer contre ce mur, comme pour ne pas tomber. Je lisais l'incompréhension sur ses traits. Quand elle levait enfin les yeux vers moi, je savais que tout se mettait difficilement en place dans son esprit. Comme une violente prise de conscience. Une claque en plein visage. Elle refaisait le chemin que nous avions parcouru, analysant mes absences, mes réponses évasives, la façon dont je l'avais si souvent repoussé, la fois où elle avait découvert mon visage déformé par les coups ...Tout s'imbriquait dans son esprit comme si elle avait enfin trouvé la pièce manquante d'un puzzle. Et comme si la révélation avait été trop dure à porter, elle glissait lentement sur le sol. Maintenant j'avais peur. Très peur.
Je me précipitais déjà vers elle quand un bruit sourd me stoppais dans mon élan. Je tournais la tête vers l'origine de ce bruit, entendant ma mère crier de surprise. Tous les yeux convergeaient au même endroit, au même instant, vers l'entrée et la porte qui venait d'être violemment défoncée. J'avais l'impression que tout ce déchainement d'image m'étais apparu très lentement, au ralentit, comme si mon cerveau avait refusé la triste vérité.
- Edward Cullen? Disait déjà un de policier ayant fait éruption chez nous. Vous êtes en état arrestation ...
- Quoi?! Criait Esmé alors que mon père tentait de la retenir.
- Mais c'est quoi se délire ?! Hurlait Emmett.
- Vous plaisantez?! Continuait ma sœur.
- Vous êtes soupçonné d'avoir participé à des activités illégales impliquant un réseau de cocaïne ... Continuait l'officier.
Je ne l'écoutais déjà plus que je sentais que l'on me ramenait les mains dans le dos pour me passer les menottes. Bella et moi nous regardions et je lisais de la déception dans ses yeux. J'aurais voulu hurler. Pire que ça, elle avait l'air résignée. Comme si elle avait perdu tout espoir, comme si elle ne croyait plus en moi. Cette vision m'étais insupportable et une décharge d'adrénaline me montait au cerveau.
- Bella. Soufflais-je, calmement d'abord.
Quand je remarquais ses yeux pleins de larmes, je commençais à me débattre violemment.
- Bella ! Criais-je.
On me plaquait brutalement au sol, un des officiers m'enfonça son genou entre les omoplates, son autre main m'écrasant le visage par terre. Je gémissais de douleur, d'angoisse et de haine. La haine de ne pas pouvoir la serrer contre moi une dernière fois.
- Non ! Criait-elle, en se levant d'un seul coup ! S'il vous plait ! Non !
Emmett et Jasper l'empêchaient de me rejoindre et je les en remerciais. La police n'aurait pas hésité à la blesser si elle avait montré de la résistance. Elle criait. Elle hurlait tellement fort, sa voix si douce maintenant mêlée de lourds sanglots. Je fermais les yeux dans l'espoir qu'ils m'emmènent vite loin d'ici. Je ne pouvais plus supporter d'entendre ce désespoir dans sa voix, ni même les sanglots étouffés de ma mère et de ma sœur.
- Arrêtez ! Je vous en supplie ! Pleurait désespérément Bella. Vous lui faites mal !
Puis il me remettaient sur mes jambes en me poussant enfin vers la sortie. Je baissais les yeux pour ne croiser aucun regard. Leur déception m'aurais achevé.
- Ne t'inquiète pas Edward. J'appelle notre avocat. Disait gravement mon père dans mon dos.
La dernière chose que j'attendais avant que la portière ne se referme sur moi, était les sanglots tristes et suppliants de Bella, qui m'avait suivit dehors avec les autres qui eux, essayaient de la retenir. Encore une fois, je gardais lâchement la tête basse.
La voiture de patrouille démarrait et ma vie restait derrière moi.
***
Bella POV
[Beautiful Disaster – Kelly Clarkson]
[He drowns in his dreams
An exquisite extreme I know
He's as damned as he seems
And more heaven than a heart could hold
And if I try to save him
My whole world could cave in
It just ain't right
It just ain't right
Il se noie dans ses rêves
C'est un superbe extrême, je sais
Il est aussi maudit qu'il en a l'air
Et plus près du ciel qu'un seul cœur pourrait le supporter
Et si j'essaie de le sauver
Tout mon monde pourrait s'effondrer
Ce n'est pas juste
Ce n'est pas juste]
Ils venaient de l'emmener. Moi je restais là, plantée au milieu de la route et malgré les efforts acharnés d'Emmett et Jasper, je ne bougeais pas. Je ne pouvais simplement plus bouger. Plus un seul muscle. Mes yeux restaient rivés sur cette voiture qui s'éloignait, jusqu'à ce que je ne distingue plus que les points rouges et bleus qu'elle m'envoyait encore. Finalement Carlisle avait attrapé mon visage comme pour me ramener à la réalité. Ses mains étaient froides contre ma peau. Mes yeux le voyaient, mais pas mon âme. Moi, j'étais partie dans cette voiture avec lui.
Alors on me forçait à rentrer à l'intérieur et Carlisle, aussi calmement que possible, commençait à expliquer la situation au reste de la famille. Situation que j'avais comprise par moi même quelques minutes plus tôt. Je l'avais lu dans son regard. Tout avait un sens maintenant. Les zones d'ombres qui planaient jusqu'ici dans mon esprit. Ces choses que je n'arrivais jamais à saisir parfaitement dans la profondeur de son regard, cette solitude, cette tristesse, comme s'il avait parfois touché un monde que je n'avais jamais pu percevoir. Et aussi douloureux que ça l'était, maintenant je l'avais compris.
[Oh and I don't know
I don't know what he's after
But he's so beautiful
Such a beautiful disaster
And if I could hold on
Through the tears and the laughter
Would it be beautiful?
Or just a beautiful disaster
Et je ne sais pas
Je ne sais pas ce qu'il cherche
Mais il est si beau
Un si beau désastre
Et si je pouvais tenir le coup
Au travers les pleurs et les sourires
Ça serait beau
Ou juste un beau désastre]
Assise sur le canapé, j'étudiais lentement le visage de chacun d'eux fasse aux révélations de Carlisle. Ils étaient épuisés, consternés, peut-être même trahis, quand moi j'étais soulagée. Soulagée de comprendre. Malgré tout, je n'arrivais pas à savoir si je pouvais accepter une telle chose. J'avais toujours vu Edward comme un solitaire, avec son monde à lui où il ne laisserait jamais entrer personne. Pourtant il était difficile d'admettre une telle noirceur dans cet univers jusqu'ici si mystérieux. Non pas qu'il n'ait pas essayé de me prévenir de la profondeur de cette obscurité. Mais je n'avais pas imaginé que c'était à ce point. M'y serais-je noyé si je l'avais appris autrement?
La nuit était longue. La nouvelle de l'arrestation d'Edward se rependit rapidement et bientôt plusieurs personnes se bousculèrent à l'entrée de la villa.
[He's magic and myth
As strong as what I believe
A tragedy with
More damage than a soul should see
And do I try to change him?
So hard not to blame him
Hold on tight
Hold on tight
Il est magique et mystérieux
Il est aussi fort que ce que je crois
Une tragédie avec
Plus de dommage qu'une âme devrait subir
Et est-ce que j'ai essayé de le changer
Tellement dur de ne pas le blâmer
Tiens bon
Tiens bon]
- Bella !
Jacob me serrait contre lui et je me laissais aller, toujours pas certaine d'être réveillée.
- J'ai vu les nouvelles à la télé. Je suis tellement désolé.
- C'est rien.
Se rendant compte de mon détachement, il saisissait mon visage dans ses mains.
- Oh Bella, tu ne pouvais pas savoir. Tu n'as rien à te reprocher.
- A me reprocher?
- Tu sais … Pour être tombée amoureuse d'un criminel. Tu n'aurais pas pu le deviner. Ils disent qu'il y a plusieurs morts inexpliquées aussi.
[Oh 'cause I don't know
I don't know what he's after
But he's so beautiful
Such a beautiful disaster
And if I could hold on
Through the tears and the laughter
Would it be beautiful?
Or just a beautiful disaster]
Et là je recevais un véritable électrochoc. Comme une révélation. Edward avait peut-être vendu cette drogue pendant des années et profité de l'argent facile que cela lui avait procuré, mais si j'étais certaine d'une seule chose, c'était qu'il n'était pas un meurtrier. Impossible. Le simple fait de l'envisager sonnait comme une aberration. Je me dégageais de l'emprise de Jake, qui n'avait pas mesuré l'ampleur de ses paroles. Il était inquiet pour moi, je le voyais sur son visage. Mais il ne connaissait pas Edward, pas comme moi. Il me rattrapait rapidement et cette fois, je retrouvais toutes mes capacités physiques.
- Edward n'a rien à voir avec ça !
- Mais … A la télé ...
- Je me fiche de ce qu'ils avancent à la télévision. Ces gens là diraient n'importe quoi pour faire de l'audimat. Ils n'ont aucune preuve. N'importe qui aurait pu inventer cette liste.
- Pardon ! Ok, il levait les mains dans ma direction, je suis désolé. A la base je passais juste pour te réconforter.
- C'est pas ce que tu as fais de mieux jusqu'ici. Répondis-je en essayant de me calmer un peu.
- Je sais, pardonne-moi. Tu connais Edward Cullen certainement beaucoup mieux que moi. Je n'avais pas à le juger simplement sur ce que j'ai entendu dire par les journalistes.
- Non effectivement.
- Bella, je …
- Pas maintenant Jake, le coupais-je, tu pourras te racheter autant que tu le souhaitera plus tard, pour le moment, je dois aller au commissariat. Alice?
- J'ai les clés, on y va.
Avant que je ne comprenne, elle était déjà dans la voiture. Je souriais poliment à Jacob pour le pas qu'il s'inquiète. Il ne se retournait pas pour me voir m'engouffrer dans la Mercèdes de Carlisle.
[I'm longing for love and the logical
But he's only happy hysterical
I'm waiting for some kind of miracle
Waited so long
So long
J'ai envie d'amour et de logique
Mais il est seulement passionné
J'attends pour une sorte de miracle
J'ai attendu si longtemps
Si longtemps]
Alice hésitait à démarrer.
- Qu'est-ce que tu as?
- C'est grave Bella. Je ne veux pas que tu minimes la situation. Malgré tout l'amour que j'ai pour mon frère, c'est très grave.
- Je sais. Et je ne minimise rien du tout, ne t'inquiète pas.
- Ce genre de personne, celle du genre de ce Aro, ils ne reculent devant rien, ni personne. Si nous avions été une menace pour eux, ils auraient pu tous nous tuer.
- Je sais. Je ne dis pas que l'on doit tout lui pardonner, mais il était revenu sur le droit chemin depuis quelques temps et comme l'a dit Carlisle, il était jeune, il ne s'était pas rendu compte.
- Edward nous a tous mis en danger.
- C'est pour ça qu'il ne disait rien Alice. Pour vous protéger. Pour nous protéger tous. Je suis d'accord, ça n'était pas la solution. Edward a fait beaucoup d'erreur. Mais il ne mérite pas que l'on se retourne tous contre lui. Pas maintenant qu'il a le plus besoin de nous.
[He's soft to the touch
But frayed at the end he breaks
He's never enough
And still he's more than I can take
Il est doux au touché
Mais usé à la fin et se brise
Il n'est jamais assez
et là encore il est plus que ce que je peux supporter]
Ensuite, et sans un mot de plus, Alice avait démarré la voiture pour nous conduire aussi vite que la voiture lui permettait, jusqu'au commissariat. L'avocat envoyé par Carlisle était partit bien avant nous, dans l'espoir de le faire sortir de cet endroit. Pour lui, cette liste n'était pas une preuve suffisante pour l'enfermer. La nuit était bien avancée maintenant, mais je ne ressentais pas la moindre fatigue. Mon corps était portée d'une force infaillible. Je ne faiblirais pas cette nuit. Tout le monde avait le droit à une seconde chance. Tout le monde avait le droit de s'expliquer. Ils ne lui en avait pas laisser le temps ce soir.
Edward POV
Commissariat, salle d'interrogatoire ...
Un homme en costume, avec une mallette, entrait dans la pièce sans fenêtre dans laquelle j'étais enfermé depuis déjà trois heures. Je devenais que c'était l'avocat que Carlisle avait envoyé pour moi. Une cinquantaine d'année, grand, brun, élégant, définitivement un avocat renommé.
En même temps que lui, entrait deux policiers et l'un d'eux me retirait mes menottes. Je les regardais faire sans comprendre le but de la manœuvre, quand mon avocat s'approchait de moi, me tendant la main que je saisissais.
- Vos testes toxicologiques sont revenus négatifs monsieur Cullen. Tous les autres étaient dopés à la cocaïne. Félicitation, vous avez créé votre pour liberté.
- Et pour les autres accusassions?
- Un des suspect a avoué un des meurtres et la plupart des autres morts ont été commandité par Aro.
- Qui? Demandais-je gravement. Qui a avoué?
- Un certain James … Je ne sais plus quoi...
Je restais immobile. Je ne pouvais m'empêcher d'être triste d'apprendre que James allait finir en prison. J'aurais pu être lui … Sans les Cullen, je serais en prison a ses côtés aujourd'hui. J'aurais été aussi influençable que lui. J'aurais accepté de tuer quelqu'un. Ma gorge se serrait alors que la culpabilité prenait possession de moi.
- Rentrez chez vous Edward, des gens vous attendent là bas, vous êtes sortit d'affaire. Je vous attend dehors pour signer la paperasse.
Il quittait la salle d'interrogatoire aussi vite qu'il y était arrivé. Moi, je mettais un moment à retrouver l'usage de mes pieds. Tout ce que je voyais, c'était James et la vie misérable à laquelle il était destiné maintenant. Comme si ça avait été son destin depuis le début. Lui qui avait pourtant été le seul à me tendre la main dans cet orphelinat. Qui avait décidé que je serais celui qui allait être sauvé et lui non?
Les choix que nous faisons dans la vie, même les plus infimes, nous poursuivent à jamais. Si je n'avais pas été poignardé et transporté à l'hôpital par James, je n'aurais jamais rencontré Carlisle. Je serais en prison à ses côtés aujourd'hui. Peut-être même mort. Et Bella serait à New York … Bella.
Cette fois je sortais de cette salle, j'avais besoin d'oxygène. Je suffoquais.
***
Bella POV
- Il arrive. Me signalait son avocat, alors que j'attendais dans ce couloir depuis près d'une heure.
- Merci.
Lui se plaçait contre le mur, devant moi, un peu plus loin. Cet homme avait l'air calme et détaché. Comme s'il avait fait ça toute sa vie. Alors je le voyais apparaître à l'angle de ce long couloir qui nous séparait.
Edward était escorté d'un officier de police qui lui rendait ses effets personnels à mesure qu'ils avançaient. Il ne m'avait pas encore vu. A mi chemin, quand il remettait sa veste, Edward remarquait ma présence et se figeait. Je lisais de la douleur dans ses yeux, une certaine appréhension aussi. Il avait simplement peur de moi, peur de ma réaction. J'aurais voulu courir vers lui et le rassurer mais j'en étais également incapable. Finalement, il marchait lentement jusqu'à moi et se saisissait de mes mains. Nous regardions tous les deux nos doigts s'entrelacer lentement, retrouvant nos repères après cette tempête.
Son avocat lui faisait signer des papiers avant de partir et enfin Edward me regardait dans les yeux. La nuit ne faisait que commencer, nous avions tellement de choses à nous dire. Tellement de chose …
Mais certainement pas ici, pas cet horrible couloir froid.
- Bella … Soufflait-il.
- Chut …
Je le coupais d'un doigt sur ses lèvres et il avalait difficilement sa salive. Je lui souriais tristement et serrais son autre main dans la mienne.
- Viens. On rentre à la maison.
[He's beautiful
Such a beautiful disaster]
Il est tellement beau
Quel magnifique désastre]
On commence par la playlist, très importante dans ce chapitre :
- The Cells - The Servant
- Stigmatized - The Calling
- Beautiful Disaster - Kelly Clarkson
(cette dernière étant la chanson qui m'a inspiré toute cette histoire, allez savoir pourquoi? - J'écoute rarement ce genre de musique - plus que ça, c'était une vidéo, mais on y reviendra à la fin ! ^^)
J'ai choisi un montage différent, commençant par la fin - The cell est très importante pour l'ambiance de cette scène et Edward (comme Beautiful Disaster pour Bella) ça lui donne vraiment le côté dramatique que j'ai essayé de retranscrire. J'ai mis un peu plus de temps à publier cette semaine, panne d'inspiration (et oui ça arrive), j'espère que ça ne s'est pas trop ressentie pendant la lecture !
Je vous remercie encore une fois de tout vos encouragements, j'ai des lecteurs très différents et je me plait à converser régulièrement avec vous tous ! Via les mails ou les reviews, ou même le forum. Merci aussi à tous ceux qui ne sont pas inscrit sur FF et qui me laissent des reviews, je ne peux pas vous répondre, si vous souhaitez une réponse, laissez-moi vos E_mail.
Voilà, il reste approximativement 2 chapitres, peut-être 3. J'ai du mal à laisser cette histoire partir même si elle me demande beaucoup d'investissement et que c'est parfois fatiguant.
Teaser de la semaine : http://www[.]youtube[.]com/watch?v=Gf9Rqkje5Rg
A bientôt Ginie.
