CHAPITRE XVI

CLOSURE

***

POV Edward

[My Skin – Nathalie Merchant (instrumentale)]

Nous étions en voiture depuis près de vingt minutes déjà et aucun de nous n'avait osé prendre la parole. La radio n'était même pas allumée. A vrai dire, je ne savais pas quoi dire et l'habitacle de la Mercèdes n'était peut-être pas le meilleur endroit pour le faire. Ma sœur était au volant, les yeux rivés sur la route. Quand je croisais son reflet dans le rétroviseur, je devinais les milliers de questions qui lui torturaient l'esprit. Alice bouillonnait intérieurement, je pouvais presque le sentir. J'étais plus inquiet au vu de la réaction de Bella cela dit.

Elle paraissait si calme, à milles lieux de nous. Elle était assise à l'avant, du côté passager, quand moi j'étais à l'arrière dernière son siège. Je voyais son reflet dans le rétro extérieur, mais elle ne croisait jamais mon regard. Bella regardait simplement les voitures nous croiser en sens inverse. Leurs phares éclairaient son visage régulièrement mais cela ne semblait même pas l'aveugler. Contrairement au stresse de ma sœur, que je trouvais plus que légitime, Bella semblait sereine là où elle aurait dû être toucher, au même titre que les membres de ma famille.

Malgré l'angoisse qui m'habitais, je décidais de remettre mon enquête à plus tard, quand nous serions seul à seul. J'apercevais déjà l'entrée du domaine et ma gorge se serrait. Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre une fois à l'intérieur, face à eux. Face à leurs doutes et leur déception. Comment allais-je leur expliquer ? Et par où commencer ?

Alice gara la voiture devant la maison et descendit immédiatement, se fût ensuite au tour de Bella de quitter l'habitacle. Moi je restais assis derrière, fixant la porte d'entrée restée ouverte, nauséeux. A mon grand soulagement, Bella m'attendait. Elle ne m'en voulait peut-être pas autant que je l'aurais pensé. Je me décidais enfin à ouvrir la portière et sortais lentement. Bella se mit face à moi, relevant lentement le visage vers moi pour accrocher mon regard. Quand je lisais l'inquiétude dans ses yeux, je comprenais qu'elle appréhendait également la réaction de ma famille face à tout ça. Je lui prenais les mains et posais mon front sur le sien, fermant les yeux comme pour reprendre des forces. Ensuite elle m'embrassait doucement le front et aussi court fut-il, ce contact me faisait un bien fou. Je relâchais tout l'air qui jusqu'ici m'obstruait la gorge et elle m'entraînait doucement vers la maison.

A peine nous avions passé le pas de la porte que je tombais nez à nez avec Carlisle. Son visage était à la fois remplis de gravité et de compassion. Ses yeux restaient sévères. J'avais soudainement l'impression d'être un petit garçon de 5 ans ayant fait une grosse bêtise. Je resserrais presque instinctivement la main de Bella, restée dans la mienne et je sentis son menton se poser sur mon épaule. Elle me signifiait par de tous petits gestes qu'elle était là pour me soutenir et c'était tout ce que je demandais afin d'affronter la suite.

- Où sont les autres ? Demandais-je timidement.

- Pas loin, soufflait mon père, mais tu ne les verras pas ce soir.

- Comment ça ? M'inquiétai-je. Il faut absolument que je leur explique.

- Je leur ai déjà tout raconté Edward. En détail.

J'interrogeais Bella du regard et elle me confirmait les dires de Carlisle.

- Nous sommes tombés d'accord, continuait-il, tu ne rentreras pas à la maison tant que tu n'auras pas remis de l'ordre dans ta vie.

- Quoi ? ! Comment ça ? !

- Nous ne voulons plus de drame comme celui-ci dans cette famille. Cette fois ci, ça c'est bien passé et merci à Maître Wolfram qui est venu te sortir de là aussi vite, mais la prochaine fois tu n'auras peut-être pas cette chance et cette famille ne s'en relèvera pas.

- La prochaine fois ? Quelle prochaine fois ? !

- Edward, il soupira longuement, cet été tu as fui ton passé et tes erreurs, c'était une première étape. Mais tant que tu ne te confronteras pas aux sources de tes problèmes, ils te poursuivront. Ce genre d'événement, comme ce soir … ça recommencera. Il faut que tu affrontes tout ça et que tu tires un trait dessus une bonne fois pour toute. Remonte à l'origine du problème.

- A l'origine ?

- Tu sais de quoi je parle.

- Pas vraiment non. Avouai-je, tendant les muscles comme pour me préparer au choc.

- Réfléchis, quand ta vie a-t-elle commencé à dériver ?

Au bout d'un instant je répondais.

- Quand j'ai commencé à traîner dans la rue avec les autres je suppose ! Mais vous avez changé ça en m'accueillant dans cette famille ! Me défendis-je.

- Apparemment non puisqu'on se retrouve là toi et moi ce soir.

- Mais qu'est-ce que vous attendez de moi ? !

- Parle à James. Va le voir. Vois si votre amitié peut encore être sauvée. Je veux aussi que tu réfléchisses à quelque chose …

Lui était plus calme que moi. Je serrais les dents pour ne pas claquer la porte tout de suite. La présence de Bella de mes côtés m'aidais aussi à y voir plus clair et à ne pas me laisser aveugler par la colère.

- Demande toi ce qui a fait que tu as commencé à traîner dans la rue au départ ? L'origine Edward.

Je réfléchis un instant, cherchant ce qu'il voulait me faire dire et quand je trouvais, tout mon corps se tendit. Bella parut s'inquiéter, ne comprenant pas ce qui venait de se passer, mais Carlisle avait vu que j'avais saisi le message.

- Hors de question. Soufflai-je entre mes dents, sans lâcher mon père des yeux.

- Tu ne pourras pas fuir cette confrontation éternellement Edward.

- Carlisle …

- Non ! Lançait-il sévèrement. Si on en est là aujourd'hui c'est à cause de ça. Toute ta vie découle de cet événement. Plus tu le fuiras et plus tu t'enfonceras. Si tu as commencé à jouer les rebelles avec James et sa bande plus jeune, inconsciemment c'était pour montrer à quel point la colère te rongeait. Elle était le moteur principal de ta vie.

- La psychologie de bas étage, très peu pour moi !

- Tu aurais vu cette colère qui brûlait dans tes yeux quand nous nous sommes rencontré. Continuait Carlisle, faisant fie de mes sarcasmes. Je n'avais jamais lu autant de haine dans le regard d'un adolescent. Je ne sais pas si tu te souviens bien de cette semaine que tu as passé à l'hôpital, mais les premiers jours tu refusais de parler à qui que se soit. Tu étais un mur impénétrable. Seule Esmé a pu t'approcher.

- J'ai changé.

- Oui, c'est vrai. Tu peux remercier cette jeune fille à côté de toi pour ça.

Il sourit gentiment à Bella qui baissait les yeux.

- Je sais ça. Soufflai-je en croisant son regard également.

- Mais ça te hante toujours Edward. Tant que tu n'auras pas été la voir, ça sera toujours le cas.

- Pourquoi me fais-tu ça ?

- Parce que je ne veux pas perdre mon fils, ce qui ne me laisse pas d'autre choix.

J'abandonnais à contre cœur. C'était la chose la plus dure qu'il n'avait jamais exigé de moi. Ensuite, il me tendait une enveloppe.

- Voilà un aller/retour pour Chicago. Le départ est demain après-midi. Tu as jusqu'à demain matin pour réfléchir à tout ça et il est évident que tu peux dormir ici cette nuit. A toi de voir, mais sache que si tu ne remets pas ta vie sur les rails, même si cela nous déchire en deux de devoir t'imposer ça, nous ne serons plus là pour toi. C'est tout ce que l'on te demande. Un nouveau départ.

- « Tout ce que l'on te demande », répétais-je désabusé, tu sais à quel point c'est énorme.

- C'est pour ça que c'est important. Quand ça sera fait, tu te sentiras mieux tu verras et nous serons là. Pour l'instant, je vais te demander de sortir.

Je lisais dans le regard de mon père à quel point il lui était difficile de me parler ainsi. A quel point il lui était difficile de me refuser l'accès à sa maison. Je devinais aussi dans quel état les autres devaient être. C'était difficile à admettre, mais ils avaient sûrement raison. La balle était dans mon camp.

Après ça, Bella et moi avions quitté la villa en silence et regagné le pool pour ce qui serait ma dernière nuit à Voltera avant d'avoir remis de l'ordre dans ma vie. Cette décision était dure mais justifiée, je ne pouvais qu'admettre qu'elle l'était. Bella était sensée repartir dans deux jours pour New York. Ça me tuais de ne pas être là pour les passer avec elle. Nous avions tellement de chose en tête elle et moi à cet instant, que personne ne parlait. Nous avions si peu de temps et tant de choses à se dire. J'en avais la migraine.

Je m'affalais directement sur mon lit, les pieds sur le sol, en soupirant. Je me passais les mains sur le visage comme si ça avait pu m'aider à y voir plus clair. Je sentais alors Bella s'installer à genoux entre mes jambes et ses mains remonter le long de mes cuisses. Sans me relever, je lui je caressais doucement les bras, fixant toujours le plafond.

- Qu'est-ce que je peux faire ? Souffla-t-elle doucement.

- Rien.

- Qu'est-ce que tu vas faire ?

Je m'asseyais sur le lit et retrouvais son visage triste. Passant lentement ma main dans ses cheveux, j'essayais de sourire pour la rassurer un peu.

- Je n'ai pas le choix je pense. Carlisle a été clair.

- Je pense que c'est une bonne chose. C'est pour toi qu'il fait ça.

- Tu ne connais pas cette femme Bella.

- Toi non plus. Me répondit-elle timidement.

- Pardon ?

- Tu ne l'as pas revue depuis des années. Les gens changent. Tu ne la connais plus maintenant.

- Tu as peut-être raison.

- Et quoi qu'il se passe à Chicago, tu trouveras peut-être une certaine paie intérieure après.

- Je savais qu'un jour il me faudrait clore cette partie de mon histoire, mais je ne m'attendais pas à ce qu'on me pousse à le faire.

- Es-tu seulement certain qu'un jour tu aurais toi-même pris cette initiative ?

- J'en suis pas sûr.

Elle me sourit tendrement et je retombais sur le lit.

- C'est tellement injuste. Pourquoi maintenant ? Pourquoi aussi brutalement ?

Bella vint s'allonger au-dessus de moi et j'entourai immédiatement ses hanches.

- C'est vrai que le timing n'est pas des plus parfais mais …

Je passais ma main sur sa joue et elle fermait les yeux à mon contact. J'aimais les petites réactions que je provoquais chez elle avec des gestes aussi simples.

- Et toi ? Demandai-je doucement. Comment tu prends les choses ?

Un voile sombre passait rapidement sur son visage avant qu'elle ne se reprenne. Mais malheureusement pour elle, je l'avais vu, et le fait qu'elle essais de me dissimuler ses sentiments m'inquiétais encore plus.

- Je dois t'avouer que tout ça s'est passé tellement vite, que je crois que je n'ai pas encore la moindre opinion. Tout se bouscule. Je suis à la fois soulagée de connaître la vérité et triste de voir à quel point elle est sombre.

- Je te l'avais dit. J'ai essayé …

- Chut.

Elle me coupait d'un doigt sur les lèvres.

- Je sais. Nous palerons de tout ça, de ce que ça implique pour nous, plus tard. Pour le moment, c'est sur toi que tu dois te concentrer et tu dois te reposer.

J'essayais de lire en elle mais bizarrement, le masque de la détermination bloquait tout autre sentiment dans son regard. Bella prenait les choses en main quand moi j'étais incapable de la faire. Encore une fois, nous avions inversé les rôles.

- Tu es sûre ?

- Certaine. Je serais encore là quand tu auras réglé tes problèmes.

- C'est une promesse ? Demandai-je très sérieusement.

Ma question dû la désarçonner car, pour toute réponse, elle se pencha sur mes lèvres pour m'embrasser tendrement. Automatiquement je prenais part à ce baiser inattendu, appréciant la pression mesurée et la chaleur qu'elle diffusait sur mes lèvres. Je demandais alors l'autorisation d'approfondir ce baiser, goûtant délicatement sa lèvre inférieure et elle me laissait l'accès que j'attendais. J'en profitais avec excès, m'enivrant de son goût sur ma langue, et tout de suite de perdant pied. Mes mains se resserrent d'elles-même sur ses hanches, mon corps se mouvait en fonction du sien et mes lèvres se firent plus pressantes. Bella mit fin à cet échange un peu trop enflammé avec un sourire amusé, quand moi je reprenais difficilement mes esprits.

- Tu doutes encore de ma sincérité ?

- Après tout ce que tu as appris sur moi, ça serait plus que justifié, il me semble.

- Edward, elle entoura mon visage de ses mains, je ne suis pas venue jusqu'ici, nous n'avons pas traversé tant de choses ensemble, pour que je parte comme ça. Je ne te dis pas que je n'ai pas peur, c'est faux. Mais je ne t'abandonnerai pas. Tu ne te débarrasseras pas de moi.

- Tant mieux parce que …

J'hésitais un instant.

- Je ne sais pas comment vivre sans toi.

Elle souriait tristement et pour la seconde fois, je prononçais les mots que je m'étonnais encore de savoir dire.

- Je t'aime Bella. Soufflai-je doucement.

Son sourire s'élargit.

- Et calmement cette fois. Fit-elle remarquer.

Je souriais à mon tour.

- Il faut croire que je m'améliore de jour en jour.

Le sourire qu'elle me revoyait s'effaçait petit à petit laissant place à une intense réflexion. Bella triturait les boutons de ma chemise quand je replaçais une des ses mèches derrières ses oreilles pour la ramener à moi.

- Moi aussi. Dit-elle sans détour.

- Toi aussi ? Répétai-je pour l'éviter à continuer.

Elle me fixa un moment avant de se lancer.

- Moi aussi, je t'aime. Souffla-t-elle timidement.

Je bloquais un instant sur ces trois mots dans sa bouche. Je réalisais alors qu'à par la déclaration chaotique qu'elle m'avait faite, il y a quelques mois avant son départ précipité, Bella n'avait jamais été aussi ouverte vis-à-vis de ses sentiments envers moi. Quoi de plus normal ? Je les avais si souvent piétiné auparavant ? En réalisant cela, une boule de chaleur remonta de mon ventre jusqu'à ma gorge, accompagnant une indescriptible sensation de bonheur et de soulagement.

Je n'y tenais plus et saisissais sa nuque pour capturer de nouveau ses lèvres. Après quelques secondes, nous nous détachions essoufflés l'un et l'autre. Quand Bella croisait de nouveau mon regard, ses yeux brillaient intensément, d'un profond désir que je partageais. Mais je ne voulais pas abuser, pas après tout ce qu'elle avait enduré cette nuit par ma faute. S'il devait se passer quelque chose cette nuit, cela viendrait d'elle.

- Qu'est-ce que tu dirais si je nous faisais couler un bon bain chaud ? Dit-elle sur ma bouche.

- Tout ce que tu veux. Répondis-je simplement.

Elle me sourit et se relevait. La présence de son corps sur le mien me manquais immédiatement. J'attendais un peu avant de la rejoindre. Quand l'eau coulait depuis déjà plusieurs minutes dans la salle de bain, je m'y rendais. Je restais figé devant la porte quand je découvrais que Bella avait déjà commencé à se dévêtir. Je savais que rester planté là à l'observer entrain de se déshabiller me donnais des airs pervers mais je ne pouvais m'empêcher de la regarder. Le spectacle que j'avais devant les yeux était tout simplement magnifique. La vue de la cambrure de son dos, ses long cheveux retombant en cascade sur ses reins quand elle avait retiré son tee-shirt, ce jean qui lui moulait parfaitement les fesses, je n'aurais trouvé aucun mot à dire même si je l'avais voulu, et comme je me devais de rester sage, je ne bougeais plus. C'est à peine si je respirais de peur d'interrompre ce délice visuel. L'eau coulait toujours dans la baignoire. Elle semblait brûlante au vu de la vapeur que s'en dégageait, remplissant la pièce par la même occasion. Elle retirait ensuite ses chaussures, l'une après l'autre en s'aidant de ses pieds.

J'entendais alors le petit « click » que faisait le bouton de son jeans qu'elle faisait sauter, suivi du «zip » de la fermeture éclaire. J'avais l'impression que ces sons m'explosais littéralement le cerveau. Le fait qu'elle me tourne le dos et que je ne puisse que deviner les parties de son corps qui m'étaient cachées, juste aux sons qu'elle produisait, était la chose à la plus érotique que j'avais pu expérimenter depuis longtemps. Bella faisait ensuite glisser son pantalon le long de ses jambes fines, que je savais si impeccablement douces. Je mourrais d'envie de faire courir mains mes sur elles.

Libérant enfin ses chevilles, Bella repoussait le vêtement avec son pied sur le côté de la pièce. Elle était maintenant en sous vêtements de coton blanc, devant moi. J'étais presque sûr d'avoir la bouche ouverte comme un idiot mais impossible de me ressaisir, elle était bien trop belle et désirable.

Quand elle commençait à dégrafer son soutien gorge, s'en était trop. Mon propre jeans commençait à sérieusement me serrer, il fallait que je me rachète une conduite au risque d'être démasqué. Je lui signalais donc ma présence en toussant. Bella sursautait légèrement et me souriait tout en continuant sa tâche. Elle voulait sûrement ma mort. Tout bien réfléchit, l'idée du bain n'était peut-être pas une si bonne idée. Toujours est-il qu'à cet instant j'avais tout oublié : Carlisle, la police, James ou Chicago, j'avais tout oublié. Je ne voyais plus qu'elle. Quand elle se retournais vers moi, elle était en petite culotte et, comme un fait exprès, ses cheveux tombaient parfaitement sur chacun de ses seins en deux pends distincts, comme ces caricatures de sirènes sur les peintures ou dans les vieux films de marins.

- Tu ne vas pas venir dans la baignoire? Me demandait-elle avec un léger sourire.

- Si, bien sûr pourquoi?

- Tu comptes y entrer tout habillé? Se moquait-elle.

Alors j'entreprenais de retirer mes vêtements en priant pour qu'elle ne baisse pas les yeux en dessous de ma ceinture, au quel cas mon état ne pourrait lui être caché plus longtemps, pas même en caleçon. Quant à Bella, elle retira son dernier rempare de coton et entrait lentement dans l'eau. Je la vie tâter la température du bout de son orteil avant d'y plonger le pied, puis l'autre, pour enfin s'installer dans la chaleur de la baignoire avec un soupire de contentement. C'était absolument adorable.

Je profitais qu'elle soit entrain de le prélasser, les yeux clos, pour finir de me déshabiller et entrer derrière elle dans la baignoire. Elle s'avançait un peu pour me laisser de la place et se calait ensuite entre mes jambes. Ce qu'elle dû sentir dans le bas de son dos ne laissait plus aucun doute sur mon état mental et physique, mais elle ne dit rien et je discernais même un petit sourire au coin de ses lèvres. Je me détendais enfin, pauvre homme que j'étais, et appréciais simplement la chaleur de son corps contre le mien et la température de l'eau qui nous portait. Bella me caressait doucement les cuisses, les yeux fermés, la tête posée sur mon torse. Moi j'embrassais le haut de sa tête, ses épaules ou son cou, laissant courir mes mains sur son ventre plat. Il était dur de rester sage devant une pareille beauté alors je décidais de parler pour ne pas laisser les choses s'envenimer.

- J'irai voir James demain.

- C'est bien. Et après?

Je pense prendre cet avion pour Chicago. Tu ne m'en veux pas?

- Edward, je t'ai déjà encouragé à le faire.

- Oui mais, et toi? Il te reste deux jours de vacances.

- Je t'accompagnerai à l'aéroport et je resterais ici avec ta famille. A moins que tu veuilles que je vienne avec toi.

- Rien de me ferais plus plaisir. Répondis-je sans réfléchir.

- Je viens dans ce cas.

- Non Bella, j'adorerais ça mais tu n'as pas de billet. Je ne veux pas que tu dépense ton argent pour ça. En plus tu as tes examens, je ne sais pas combien de temps de vais rester là bas.

- Tu as dis que tu voulais que je viennes.

- Égoïstement oui. C'est évident que je veux que tu viennes. Mais logiquement je ne peux pas. C'est une chose que je dois régler seul je pense.

Elle soupirait.

- L'idée de ne pas savoir pendant combien de temps nous serons séparer m'angoisse terriblement.

- Je sais. Moi aussi.

- Alors je viens !

- Bella, soupirai-je à mon tour, je ne veux pas que tu viennes.

Elle ne disait plus rien.

- Je t'ai vexé?

- Égoïstement oui. Logiquement, je dois admettre que je trouve ça normal.

Je riais doucement. J'aimais entendre mes propres mots dans sa bouche.

- Tu me téléphonera?

- Tous les jours.

- Tu penses rester combien de temps à Chicago?

- Le temps de faire le point je suppose.

- Et après?

Je réfléchissais. Et après? Que faire de sa vie quand elle prend un tout nouveau départ? Je n'en avais pas la moindre idée. Alors je pensais à ce dont j'avais vraiment envie et tout devenait limpide.

- Après je te rejoindrais à New York. Je vais quitter mon travail ici, je trouverai un job là bas.

Elle pivotait dans l'espace réduit de la baignoire.

- T'es sérieux là?

- Oui, pourquoi pas? Je ne supporterais plus de faire sans arrêt des aller/retour entre l'Europe et l'Amérique.

Je voyais la panique s'emparer de ses traits.

- Bien sûr, je n'ai pensé à rien encore. Je viens de le décider et j'ai encore beaucoup de choses à régler avant mais sache que quand je reviendrais à New York, tout sera clair. Je chercherais un appartement et je commencerais cette nouvelle vie.

- Je … ne sais pas quoi dire …

- Ne dis rien. Soufflai-je sur ses lèvres. Je sais que c'est soudain, que toi et moi on ne sait pas où on va avec tout ce qui s'est passé et je ne te brusquerais pas. Disons que ça sera un plan à long terme. J'emménagerai dans « ta ville » quand nous y serons prêt tous les deux. C'est un bon compromis non?

- Oui, je crois. Et ta famille?

- Ils comprendront.

Elle soupirait encore, moins enthousiaste que moi. Je venais de l'effrayer avec tous mes plans sur la comète.

- Écoute, reprit-elle en posant sa main sur ma joue pour capter toute mon attention, tu viens de décrire mon rêve. La situation idéale et la vie parfaite. Mais soyons réaliste, tu as encore tellement de chose à régler. On ne sait même pas où on va, ni comment ça va se passer pour toi. Tu vas peut-être réaliser des choses importantes pour ton avenir en remettant de l'ordre dans ta vie. N'allons pas trop vite, ne décidons rien ce soir d'accord.

- Rien ne changera pour moi.

- Ça tu n'en sais rien. Je ne veux rien prévoir maintenant. Je prévoirais quand tout sera fini d'accord? Même si la situation que tu as décrite serait idyllique.

- D'accord. Répondis-je, plus pour la rassurer que parce que j'étais réellement d'accord sur le principe de « qui vivra, verra ».

Au bout d'un instant elle recommençait à parler, les yeux dans le vague. Un petit sourire au coin des lèvres.

- J'ai rêvé de nous la nuit dernière, lançait-elle en jouant avec mes mains, c'était plutôt … Existant.

Elle avait insisté un peu plus sur le dernier mot et, juste comme ça, j'avais de nouveau envie d'elle.

- C'est vrai? Raconte moi.

- Nous étions tous les deux debout, nu dans le désert, nous faisions l'amour avec pour seul éclairage, la Lune. C'était magnifique.

Elle avait dit ça avec une telle nonchalance, je ne l'avais jamais entendu parler d'une façon aussi sexy qu'à cet instant. Je faisais des efforts surhumains pour rester calme.

- Après j'ai vu des étincelles partout, comme un feu d'artifice. Je pense que c'était la partie abstraite du rêve. Riait-elle.

- Et moi qui croyais te faire voir des feux d'artifice à tous les coups ! M'offusquai-je. La vie est cruelle.

Bella sourirait et déposait un baiser timide sur mes lèvres, pour retrouver sa place entre mes jambes. Je fermais alors les yeux, appréciant chaque instant près d'elle quand elle commençait à tortiller doucement le bassin dans l'eau et donc contre moi. Au début j'essayais d'en faire abstraction jusqu'à ce qu'elle insiste légèrement plus sur moi. J'ouvrais les yeux en avalant difficilement ma salive, sentant mon bas ventre de réveiller à nouveau. Quant elle passait sa main dans ma nuque, je calmais désespérément les mouvements de ses hanches sur moi, en entourant sa taille.

- Qu'est-ce que je dois comprendre? Si c'est un jeu, il est cruel.

- Ce que tu dois comprendre …

Elle libéra son bassin et posa mes propres mains sur à plat sur son ventre.

- C'est que tu t'en va dans quelques heures, que je ne sais pas quand je vais te revoir et qu'il n'y a pas qu'à toi à qui ça fait de l'effet de se retrouver tous les deux dans cette baignoire.

Je riais quand elle recommençait son petit mouvement coquin contre moi. Comme je l'avais dit, cela devait venir d'elle et c'était ce qu'elle m'offrait.

- Maintenant fais moi l'amour. Me demandait-elle en se plaçant au-dessus de mes hanches.

- A vos ordres. Réussis-je à articuler en l'enfermant dans mes bras.

***

[Something in the Way – Nirvana]

- Ouvrez ! Lançait le gardien.

J'entendais alors ce bruit d'alarme qui me signalais qu'ils venaient d'autoriser mon entrée dans le pénitencier. J'avançais lentement, escorté par deux officiers. Ils m'accompagnèrent dans une salle vide. Seule une table et deux chaises trônaient au centre de la pièce. Ils m'indiquaient silencieusement de m'y installer et d'attendre avant de me laisser seul. J'étais stressé. Je ne savais pas du tout comment il allait réagir. Finalement, la porte s'ouvrait et James apparaissait, menotté et escorté à son tour. Je me levais immédiatement. Son regard changeait quand il me voyait, mais je n'arrivais toujours pas à me faire une opinion sur son état d'esprit. Ils l'installaient sur la seconde chaise et le menottaient à un dispositif prévu à cet effet au centre de la table. Alors je reprenais ma place initiale et ces hommes se postaient au garde à vous devant la porte, à quelques pas de nous. Longtemps, personne ne parlait.

- Comment tu vas? Finis-je par demander.

James ricanait.

- Comme un gars dans une prison de haute sécurité. Mon petit Prison Break personnel.

Je baissais les yeux, cherchant mes mots.

- Qu'est-ce que tu fais là Edward?

- Pourquoi tu t'es dénoncé? Lançai-je aussi rapidement que lui.

- Justement pour ne pas que toi tu reste ici !

- Ils allaient me laisser sortir. J'étais clean.

- Et pour le meurtre? T'avais prévu quoi?

Je me contentais de le fusiller du regard.

- Moi je n'étais pas clean. Un peu plus ou un peu moins. De toute façon je suis là pour un bon moment.

- Tu aurais pu avoir une remise de peine dans quelques années.

- Je jouerai la carte de la bonne conduite. De toute façon ça ne te concerne pas.

- Si ! Si bien sûr que si ! Que tu le veuilles ou non, tu restes mon frère James. Toi et moi contre le monde, tu te souviens?!

Il était secoué par un autre rire sarcastique.

- J'ai compris il y a seulement deux jours à quel point cette phrase était stupide. « Toi et moi contre le monde », c'est ce qui nous a foutu dans la merde. Je t'ai foutu dedans.

- On était jeune.

- Pas si jeune que ça. Je savais que tout ça n'était pas clair, je l'ai fais quand même. J'ai toujours choisis la facilité parce que je n'ai aucune volonté. Toi tu en as. Toi tu as dit stop à la coke il y a longtemps, moi j'ai jamais pu.

Il soupirait.

- J'en ai simplement mare de subir ma propre vie. Il était temps que je réagisse et que je prenne mes responsabilités. C'est pour ça aussi que j'ai avouer. En plus de ça, ici ils m'aident à arrêter d'en prendre. Je suis en cure et grâce à ça, j'ai une cellule privilégié. Pour le moment je n'ai pas de soucis à me faire. Je n'ai besoin d'aucune volonté pour arrêter, ils m'y obligent c'est pas plus compliqué que ça.

- Depuis quand tu es devenu si posé?

- C'est sûrement ces médocs contre la douleur qu'ils me donnent aussi, ça doit m'assagir. Riait-il.

J'étais stupéfait par son comportement. Après une seconde de réflexion je reprenais.

- J'aurais pu être à ta place, tu le sais ça? Chuchotai-je, la mâchoire serrée.

- Aucune chance.

- Comment tu le sais?

James prenait un moment avant de répondre.

- Tu as toujours été le plus intelligent de nous deux.

Il souriait, moi j'étais très sérieux.

- Je serais mort sans toi.

- Je sais. Et tu aurais très bien pu mourir plusieurs fois également par ma faute.

- La visite est terminée ! Lançait un des gardiens.

Déjà ils venaient récupérer James. Je me sentais mal pour lui. Je m'aimais pas le savoir ici, même avec tout ce qu'il m'avait dit. Lui semblait accepter son sort comme une délivrance. Comme si, toute sa vie, il n'avait fait que s'enliser et qu'il remontait enfin la pente. Il semblait soulager de faire une chose juste pour une fois dans sa vie.

- Prend soin de ta vie mon frère. Dit James en se faisant entraîner vers la sortie.

- Je reviendrais te voir. Lui répondis-je gravement.

- Je sais. Dit-il simplement en souriant légèrement.

Je quittais la prison et remontais en voiture. Bella m'y attendait. Elle me souriait simplement, sans un mot. C'était rassurant de la savoir là, à mes côtés. Le prochain arrêt était l'aéroport. Nous allions nous quitter.

Arrivé devant le terminal des départs, je n'arrivais pas à sortir de la voiture. Bella ne disait rien. Je savais qu'elle était triste. Ça me rendais malade.

- ça va vite passé du verra.

- Je sais. Soufflait-elle en regardant par la fenêtre.

Alors je lui prenais la main, posée sur ses genoux. Elle sursautait presque à mon contact. Quand elle me regardait enfin, elle se passait nerveusement la main dans les cheveux.

- Tout va bien se passer, je te le promet.

- J'aurais tellement aimé pouvoir venir avec toi.

- Je sais. Mais …

- Tu dois faire ça seul je sais. Me coupait-elle. Je comprend ça, mais c'est dur quand même.

- Bella, je te promet de ne plus jamais de laisser après ça. C'est la dernière fois.

Elle ne disait rien alors je me penchais pour l'embrasser. Ce dernier baiser me brûlait les lèvres. Quand je relâchais ses lèvres nous tremblions tous les deux. Sans un mot je quittais la voiture et Bella s'installait au volant. Je me penchais par la fenêtre.

- Prend soins de ce bébé ok? Demandai-je en désignant la Volvo.

- Prend soins de toi. Répondait Bella très sérieusement.

Je caressais sa joue en priant pour que ces larmes que je voyais naître dans ses yeux ne couleraient pas avant que je sois parti. Je ne l'aurais pas supporté.

- Je t'aime. Chuchotais-je.

- Moi aussi.

Sur ces derniers mots, je m'engouffrais dans l'aéroport sans me retourner. Mon cœur semblait peser des tonnes.

***

Chicago avait changé. Peut-être étais-ce dû au fait que je n'y avais plus remis les pieds depuis des années mais cette ville ne me semblait plus aussi immense que dans mes souvenirs. Cela faisait à peine une heure que j'avais garée ma voiture, préférant marcher dans ses rues qui abritaient encore mon adolescence. L'adolescence, cette période de la vie que j'avais quitté depuis près de 5 ou 6 ans déjà. Pourtant cette période de ma vie, au regard des images qui défilaient à présent dans mon esprit, ne me paraissait plus aussi éloignée. Cette ville, aussi différente était-elle aujourd'hui, ravivait pourtant encore les moments les plus sombres de mon existence. Je refaisais presque machinalement ce parcours que je faisais tous les jours après que le bus m'ait déposé devant le lycée Chicago Hope Academy.

Je remontais South Laflin Street et tournais à W. Polk Street, en passant devant la faculté de médecine (je n'avais appris que plus tard que Carlisle y donnait régulièrement des cours), pour arriver dans le cartier de Geektown où je retrouvais généralement James et Laurent. Nous marchions encore un bon quart d'heure pour finalement apercevoir les docks. Là bas nous faisions parfois la manche pour nous acheter de quoi déjeuner. Parfois nous sortions simplement nos guitares pour jouer sur les quais en buvant quelques bières. Parfois nous regagnions le lycée avant la fin des cours, d'autres fois non. Je repassais aussi devant la ruelle où j'avais reçus ce coup de coteau prophétique. Celui qui, en quelque sorte, m'avait permis d'être l'homme que j'étais aujourd'hui.

Après avoir contemplé ces paysages pendant deux bonnes heures, et sans pour autant en avoir réellement envie, je rentrais dans la première cabine téléphonique que je trouvais et parcourais l'annuaire. Malheureusement, Chicago restait une grande ville et beaucoup de personne avaient des homonymes. Celle que je cherchais en avait 15. J'arrachais la page qui m'intéressais et sortais de la cabine. Ensuite, et très lentement, je regagnais ma voiture. Comme pour repousser un peu plus longtemps l'inévitable. Mais après tout, j'étais là pour ça. Tirer un trait sur mon passé et pour y parvenir, je devais remonter aux origines de sa déchéance. Là où tout avait commencé à aller de travers.

Une fois la portière refermée, camouflant le bruit de la rue à côté de moi, j'examinais d'avantage cette liste. L'un de ces noms était le sien. La feuille de l'annuaire dans une main, sur le volant, mon portable de l'autre, je ne bougeais pas. Je n'en trouvais pas la force. Pas après tout ce temps. Puis mon regard se portait sur le fond d'écran de mon téléphone. C'était une photo de moi et Bella au réveil. Nous portions tous les deux les stigmates du sommeil sur nos visages, ma barbe semblait prendre possession de mes traits. Quant aux cheveux de Bella, ils n'étaient plus qu'une masse épaisse et brune sur mon oreiller. C'était elle qui avait prise cette photo pour l'afficher ainsi sur mon téléphone et à vrai dire, elle ne nous rendait pas hommage. M ais en la revoyant je me souvenais des sensations que j'avais eu à ce moment précis. De la sensation que j'avais toujours en me réveillant auprès d'elle chaque matin. J'étais calme et apaisé, j'allais bien, je n'avais plus peur de rien, plus peur de l'avenir, je l'attendais tout simplement. C'est avec Bella que j'avais enfin compris l'expression « Demain est un nouveau jour ». Je me souvenais alors que si j'étais à Chicago aujourd'hui, c'était aussi pour elle. Pour devenir l'homme avec qui elle méritait d'être. Un homme qui allait de l'avant et qui n'était plus hanté constamment par ce passé qu'il tentait de fuir.

Elle avait voulu m'accompagner et dieu seul sait que la tâche m'en aurait été facilité si elle avait été là pour me soutenir, mais c'était une chose que je me devais d'affronter seul. Quand je reviendrais vers Bella, j'aurais définitivement tiré une croix sur Chicago. En examinant d'avantage cette photo catastrophique et à la fois tellement vraie, je trouvais en moi je courage d'entamer cette liste. Je composais donc le premier numéro non sans une certaine appréhension.

- Bonjour, je cherche Molly Massen s'il vous plait … d'accord, excusez-moi du dérangement.

Je raccrochais et barrais la première ligne de ma liste. J'essuyais alors une suite de ratés, répétant toujours la même rengaine « Molly Massen s'il vous plait? ». Jusqu'à ce fameux numéro. Je n'eus même pas besoin de parler. Un simple « Allo? » m'avait suffit.

- Allo? … Allo? Insistait cette voix si familière. Écoutez, j'ai du travail je n'ai pas le temps de jouer à ça !

- Bonjour. Articulais-je lentement.

Cette fois personne ne me répondait et je laissais le silence s'écouler quelques secondes.

- Ed … Edward? C'est toi?

- C'est moi. Répondis-je sais la moindre émotion.

- Mon dieu je … Tu … Qu'est-ce que … ? Bafouillait ma mère.

-Je suis en ville. Je peux venir te voir?

- Oui, bien sûr, je veux dire … Je vais appeler le travail pour leur dire que je suis souffrante.

- Très bien. J'arrive.

- Bien … Je …

Je raccrochais avant qu'elle ne puisse finir sa phrase. Nous parlerions de tout ça bien assez tôt. Je dû regarder de nouveau la photo de Bella et moi pour me calmer. Quand mon cœur retrouvait un rythme normal, je démarrais et m'engageais dans la circulation.

Après quelques minutes seulement j'arrivais dans un quartier assez ravagé dans lequel toutes les maisonnettes se ressemblaient. C'était apparemment un des nouveaux quartiers populaire de Chicago. Pour moi il ressemblait étrangement à celui de ma petite enfance, ils n'avaient fait que déplacer cette population aux revenus limités, d'un endroit à un autre de la ville. Malgré ça, il faisait beau en ce début d'après-midi. C'était déjà ça. Je mettais ensuite encore 10 bonnes minutes à sortir de la Volvo pour traverser la rue. J'ouvrais le tout petit portail de fer qui menait à l'entrée. Il était rouillé et le bruit qui l'accompagnait en était la preuve. Quelques marches plus tard et je frappais à la porte, enfonçant mes mains au fond de mes poches. Lentement la porte s'ouvrait et elle apparaissait devant moi. Méconnaissable, vieillie, ses cheveux blonds en bataille et son sweat-shirt tombant sur son épaule d'un côté seulement. Elle aussi restait bouche bée, elle aussi me détaillait. Nous étions toujours séparée par la double porte qui servait de moustiquaire.

Finalement elle ouvrait cette espace entre nous et sans un mot, sans que nous ayons cesser de nous observer mutuellement, elle m'invitait à entrer. Je faisais prudemment un pas à l'intérieur. C'était sombre et cela sentait le tabac froid. Elle n'emboitait le pas jusqu'à la cuisine où, d'un signe timide de la main, elle m'invitait à m'assoir. Elle préférait rester debout du côté du comptoir en face de moi.

- Tu as meilleure mine que la dernière fois que je t'ai vu. Lançais-je pour entamer une conversation.

- J'étais en cure. C'était il y a combien de temps?

- A peu près quatre ans je crois.

- Quatre ans … Soufflait-elle en retraçant ces années comme si elle ne les avait pas vécue.

- Tu es sortie depuis combien de temps?

- Ça va faire un an que je n'ai plus besoin d'y retourner tous les six mois si tu veux tout savoir. Je suis même aux Alcooliques Anonymes maintenant. Disait-elle à la fois gênée et fière en même temps. J'aurais bientôt mon premier jeton de couleur.

- C'est bien. Répondis-je simplement. C'est pour de bon?

- Je l'espère. Je fais tout pour.

Elle allumait nerveusement une cigarette.

- C'est la seule addiction qu'il me reste.

- Je vois ça. Il n'y a pas une seule bouteille de Whisky en vu.

- Tu peux chercher, il n'y en a pas.

- Je te crois. Soufflais-je, toujours aussi détaché.

Les secondes s'écoulèrent lentement.

- Excuse-moi de te demander ça Edward mais … Qu'est-ce que tu fais ici?

- James est en prison.

- James? Ton ami?

Je hochais la tête.

- Pourquoi?

- Trafique de drogue et probablement meurtre.

- Pauvre enfant.

- J'ai été arrêté aussi tu sais.

Elle restait muette.

- J'aurais pu finir comme lui si je n'avais pas arrêté d'en prendre depuis des années. Si j'avais continué à en vendre.

- Pourquoi, soufflait ma mère, comment après avoir été témoin des effets de ce genre de merde sur moi, tu as pu plonger là dedans à ton tour?!

- Je m'ennuyais sûrement. J'étais jeune et je n'avais jamais eu qu'un seul exemple après tout, le tien. Je savais ce que c'était d'être défoncé pour l'avoir vu sur toi, pour l'avoir vu sur ma mère. Peut-être qu'inconsciemment, je me rapprochais de toi en faisant ça.

- De quoi aurais-tu voulu de rapprocher? J'ai été une mère des plus horribles.

- C'est vrai.

Elle ne trouvait rien à redire à ça et baissait honteusement les yeux.

- Mais le pire dans tout ça, c'est que tu n'as jamais ne serait-ce qu'essayé de te battre pour me garder. Je crois que je t'en voudrais toujours de ne pas avoir essayé.

Je lisais de la douleur dans ses yeux et de la culpabilité peut-être.

- Je n'étais pas faite pour être mère. Tu as eu une bien meilleure vie que celle à laquelle tu te destinais si tu étais restée avec moi. C'était mieux comme ça.

- Bien sûr, avec le recul c'est vrai. Mais comment tu as pu abandonné si vite après que les services sociaux m'aient emmenés? Quelle mère fait ça?

- Une mère qui n'était pas capable d'en être une.

Elle marquait un temps d'arrêt, me tournant le dos un instant pour éteindre sa cigarette. Quand elle me faisait de nouveau face, son ton était plus assuré. Plus dramatique également. On aurait dit qu'elle revivait ses paroles.

- Ce n'est pas que je ne voulais pas de bébé mais … J'étais si jeune, j'avais ton âge. Je n'étais pas ce que l'on pouvait appeler quelqu'un de stable et ton père il … Il avait foutu le camps. J'étais flippée. Je ne savais déjà pas m'occuper de moi alors m'occuper d'un enfant. Puis j'ai commencé à boire et tu connais la suite.

- Effectivement. On ne peux pas changer le passé.

- J'ai essayé de me rattraper ! Tu peux me blâmer pour beaucoup de chose Edward mais j'ai essayé. J'ai appeler Monsieur Cullen. Tu ne m'as jamais rappeler. Je voulais simplement te parler. Prendre de tes nouvelles.

- Je n'étais pas prêt pour ça.

- Et qu'est-ce qui a changé aujourd'hui hum?! Qu'est-ce qui te donne le droit de venir aujourd'hui quand hier encore tu refusais toute communication?! Si je suis une si mauvaise mère, qu'est-ce que tu fais là à perdre ton temps avec moi?

- J'en avais besoin. Je voulais te montrer que même sans ton aide, je j'étais devenu quelqu'un de bien. Je voulais te montrer que tu n'avais pas totalement échoué … Maman.

Ce mot nous fit l'effet d'un électrochoc à tous les deux.

- Oh Edward …

Elle s'asseyait en face de moi.

- Je n'en ai jamais doutée une seule seconde. J'étais le problème. Tu ne l'as jamais été ...mon fils … mon petit garçon.

- Je vais réussir, je serais quelqu'un bientôt.

- C'est tout ce que je souhaite.

[Ausgutana - Boston]

Au bout de quelques secondes je reprenais. Un petit sourire se dessinait sur mes lèvres alors que je m'apprêtais à parler d'elle.

- Tu sais, j'ai une amie …

Ce mot me fit sourire.

- Ma (et j'insistais sur ce mot) petite amie … Elle a perdu sa mère. Elle en souffre énormément. Elle m'a dit un jour qu'elle donnerait tout pour la revoir un jour, ne serait-ce qu'une seconde. Il y a pas longtemps j'ai réalisé que j'étais égoïste. Moi j'avais ma mère et pourtant je prétendais ne plus en vouloir alors que Bella, elle n'avait jamais eu ce genre de choix. Je pense qu'elle est fier de moi aujourd'hui, sachant que je suis venu te voir.

Après avoir débité tout ça, telle une révélation personnelle, je reportais mon regard sur ma mère. Elle avait les yeux rougies par l'émotion.

- Bella. C'est un très jolie prénom. Disait ma mère visiblement émue.

- Pour une très jolie fille. Répondis-je rêveur.

- Tu aurais une photo? Demanda-t-elle timidement.

Je fronçais les sourcils en souriant.

- A vrai dire oui. Je m'en suis rendu compte ce matin.

Je sortais mon portable de ma poche et lui tendais. Elle riait en découvrant la photo en question alors que c'était bien la première fois qu'elle voyait une photo de moi avec une femme.

- Vous êtes beaux tous les deux. Tu l'aimes pas vrai? Ça se voit dans tes yeux.

- Oui. Bella m'a sauvé de toutes les façon dont un homme peut-être sauvé. Elle est tout pour moi aujourd'hui.

- Garde là bien auprès de toi dans ce cas.

- C'est prévu.

- Qui sait? Commençait-elle en reportant son regard sur la photo. Peut-être que je la rencontrais un jour.

- Peut-être un jour oui. Soufflais-je.

Ensuite nous échangions un regard, puis un sourire naissait sur nos lèvres. Un sourire sans promesse, un sourire sans lendemain, un simple sourire de sympathie. Je réalisais que c'était la première fois depuis des années que j'avais une vraie conversation avec ma mère et que, aujourd'hui, je ne la détestais plus. Cela me faisait un bien fou. Comme un poids énorme enlevé de mes épaules. Je savais qu'à cet instant, elle ressentait la même chose.

Nous restions ainsi, l'un en face de l'un, tout le reste de l'après-midi, parlant de tout et de rien. Nous apprenions simplement à nous connaître l'un et l'autre.

***

J'avais trouvé une chambre d'hôtel ce soir là et après être aller chercher de quoi manger, je prenais les clés à l'accueil. J'étais à la fois soulagé et perturbé par l'après-midi que je venais de passer. Tout s'embrouillait dans ma tête. Je me sentais bizarre sans pour autant en connaître la raison. Comme ci, seulement en quelques heures, ma vie avait changé. Comme si j'avais été délivré d'une malédiction. Toujours est-il que je me sentais plus léger ce soir. Je resterais encore quelques jours à Chicago. J'avais besoin de retrouver ces lieux dans lesquels j'avais grandi. J'avais besoin de me ressourcer un peu pour penser sérieusement (moi !) à mon avenir et à ce que je voulais en faire.

Après avoir fini mon « Italian beef » spécial Chicago, celui que je prenais tous les midi quand je vivais encore ici, je décidais de les appeler. J'espérais que la conversation serait plus chaleureuse cette fois.

- Résidence Cullen ! Chantonna Alice au téléphone (et accessoirement à l'autre bout du monde).

- Alice, c'est moi.

Il y eu un léger blanc.

- Allô ?

- Oui, je suis là … Comment tu vas ?

La bonne nouvelle c'était que ma sœur paraissait plus concernée par ma petite personne que la dernière fois où je lui avais parlé.

- Ça va, ne t'inquiète pas.

- Tu es à Chicago ?

- Oui.

- Oh Edward, je suis désolée si tout ça t'as semblé brutal. On ne voulait pas te donner l'impression de te rejeter mais …

- C'est bon Alice, la coupais-je, ne t'inquiète pas pour ça. Je t'assure que j'ai compris le message.

- Tu … C'était … enfin … tu sais.

C'était la première fois depuis que je la connaissais que ma sœur était à court de mot.

- C'était bizarre. Écoute, je vous raconterai tout ça en rentrant. Si je peux rentrer …

- Mais bien sûr que tu peux rentrer enfin ! Carlisle t'a envoyé affronter ton pire cauchemar !

- C'était pas si terrible que ça en fin de compte …

- Qu'est-ce que tu comptes faire ?

- Bella est repartie ?

- Ce matin oui.

- Je pense passer par New York avant de rentrer.

- Combien de temps tu restes à Chicago ?

- Encore un ou deux jours je pense. J'ai besoin d'être un peu seul.

- Je comprends. Ça a dû te faire un choc.

- A vrai dire, pour le moment je ne sais pas trop quoi en penser. Il faut que je dorme.

- La nuit porte conseil, tu le sais ?

- Il paraît. Je pourrais parler à Carlisle ?

- Oui bien sûr. J'espère te voir avant de repartir pour Milan …

- Je serais à la maison dans une semaine maximum. On se verra ne t'inquiète pas.

- Bien, je te laisse. Carlisle arrive. Je t'embrasse petit frère !

- Moi aussi. Souris-je.

- Edward ?

La voix de mon père remplaçait celle de ma sœur.

- Bonsoir … Ou plutôt bonjour vu l'heure qu'il doit être à Volterra.

- Comment ça c'est passé ?

- C'est passé disons. Écoute, je soupirai, j'ai fais tout ce que vous m'avez demandé. Je voulais m'assurer que je pouvais rentrer maintenant.

- Ça dépend. Tu te sens prêt à laisser tout ça derrière toi ?

- Prêt je le suis c'est certain. Maintenant est-ce que je vais pouvoir le faire, c'est autre chose. J'ai besoin de penser à tout ça mais honnêtement, pour le moment je suis trop fatigué pour le faire.

- Sache que nous sommes tous très fière de toi mon fils. Nous savons tous ce que ça t'as coûté de faire ça pour nous.

- Il était tant que je vous rende la pareille après tout ce que vous avez fait pour moi.

Après un bref silence, mon père reprenait :

- Tu rentres à la maison quand tu veux.

- Merci.

- Prend soins de toi Edward.

- Vous aussi.

Je raccrochais et m'allongeais sur le lit en fixant le plafond. J'étais heureux que les choses se soient arrangées avec les Cullen. Après cinq minutes de contemplation de ce vieux plafond, je réalisais que j'avais besoin de me rapprocher d'une autre personne. Je reprenais mon téléphone et tapais rapidement un message :

« Tu me manques. Bon courage pour tes examens. Je vais bien. Je rentre bientôt. Dors bien. »

Malheureusement je ne restais pas éveillé assez longtemps pour attendre la réponse de Bella. J'étais à bout de force, mentalement et physiquement. Ces deux derniers jours avaient été plus qu'éprouvants. Très vite, la fatigue me rattrapait et je sombrais dans un sommeil sans rêve.

***

Bella POV

[Until we Bleed – Andreas Kleerup feat. Lykke Li]

[I'm naked
I'm numb
I'm stupid
I'm staying
And if Cupid's got a gun, then he's shootin'

Je suis nue,

Je suis engourdie,

Je suis stupide,

Je reste,

Et si Cupidon à un pistolet, alors il a tiré]

Le retour à New York ne fût pas facile après cette étrange semaine. Elle qui commença comme un rêve et se termina en chaos. Les deux jours passés là bas, sans Edward, furent étranges également. Bien sûr je fus heureuse de passer un peu de temps auprès des Cullen et tout le monde fit donne figure, mais la culpabilité les rongeaient. Je la vis dans chaque regard perdu, dans ces moments où ils pensaient que je ne les voyais pas. Tout le monde, moi y compris, étions convaincus que c'était la meilleure chose à faire, et pour lui et pour nous, pourtant tout mon corps paraissait manquer de sa présence. Je me sentais engourdie, presque léthargique, sans pour autant le montrer. Je consumais toute mon énergie pour le simple fait d'obliger mon cerveau à commander mes muscles pour avancer, pour obliger ma bouche à sourire et ma langue à parler.

Toute la famille était dans le même cas de figure. Nous donnions tous le change. Toute cette histoire ne paraissait simplement pas juste ou peut-être bien trop dramatique pour arriver réellement.

[Lights black
Heads bang
You're my drug
We live it
You're drunk, you need it
Real love, I'll give it

Les lumières sont éteintes,

Les lumières s'entrechoquent,

Tu es ma drogue,

Nous le vivons,

Tu es ma drogue, tu en as besoin

Le véritable amour, je te le donne]

Edward avait passé toute la première journée dans l'avion. Je n'avais pas eu de ses nouvelles avant mon arrivée à New York. Il m'avait envoyé un SMS pour me dire que tout allait bien et je lui avais vaguement répondu. J'aurais voulu entendre le son de sa voix. J'avais hésité à lui téléphoner, mais je m'étais ravisée. Je savais que ce voyage il devait l'entreprendre seul. C'était comme une sorte d'introspection pour lui et je m'efforçais de respecter cela en sachant que s'il avait voulu me joindre autrement, il l'aurait fait. Je ne lui en voulais pas. Son absence n'en était pas moins douloureuse. Je me découvrais une addiction irrémédiable pour lui. Après ces 15 derniers jours, il m'était inconcevable de le savoir si loin, bien que Chicago soit bien plus proche que Voltera. C'était la première fois pour moi que je ressentais les symptômes physiques de l'amour. Mon corps était en manque de lui. Oui, ce n'était pas simplement une sensation de manque, c'était réel. Tout mon corps me brûlait, me rappelant sans arrêt qu'Edward existait maintenant dans ma vie, y prenant une place très importante. Permanente.

Quoi que je fasse, aussi occupée que je sois, il était toujours là dans un coin de ma tête. J'espérais qu'il allait bien et que le fait de pensé à lui, lui donne la force nécessaire d'aller jusqu'au bout.


[So we're bound to linger on
We drink the fatal drop
Then love until we bleed
Then fall apart in parts

Alors nous sommes forcés de nous y attarder,

Nous buvons la gorgée fatale

Pour nous aimer jusqu'à ce que nous saignions,

Et ensuite exploser en milles morceaux]

Je savais qu'il ressentait la même chose. Peu importait les kilomètres qui nous séparaient, maintenant nous étions liés. Alors je continuais également. Je reprenais les cours et passais mes examens. Heureusement pour moi, j'arrivais à focaliser la majeur partie de mon attention sur ce dernier point. Les trois jours qui suivirent mon retour, furent entièrement consacrés à l'Académie. Malgré tous les efforts que j'avais fournis, ces examens me parurent extrêmement compliqués. Je n'étais pas la seule cependant. Le pauvre Mike en bavait aussi, ainsi que Jessica. C'était agréable de se soutenir mutuellement tous les trois. Quand je rentrais après une longue journée de torture mentale, j'étais épuisée. Je passais une soirée chez Charlie et dormais même dans mon ancienne chambre. C'était rassurant. Les autres soirs, ma colocataire qui était habituée à ce genre de période dans sa spécialité, veillait à ce que je ne manque de rien, me préparant même « un dîner équilibré » comme elle disait. Le soir, éreintée, je sombrais rapidement dans le sommeil. Mes dernières pensées allaient toujours vers Edward.

[You wasted your times
On my heart
You've burned
And if bridges gotta fall, then you'll fall, too

Tu perds ton temps,

Dans mon cœur,

Tu as brûlé,

Et si les ponts doivent s'effondrer, alors tu tomberas aussi]

A l'aube du cinquième jour, je voyais enfin le bout du tunnel. Plus qu'un examen et je serrais délivrée de ce fardeau. J'espérais, en récompense, retrouver bientôt les bras de celui que j'aimais. Il avait dit me rejoindre avant de retourner auprès des siens. L'autre ultime récompense serait aussi d'avoir réussi ces examens, mon billet d'entrée en troisième année avec la bourse qui l'accompagnait. C'était ma seule chance. A défaut, je serais obligée de reprendre une année sabbatique pour travailler à plein temps, sans avoir l'assurance de pouvoir réintégrer l'école l'année suivante. C'était simplement inacceptable, je devais réussir.

[Doors slam
Lights black
You're gone
Come back
Stay gone
Stay clean
I need you to need me

Les portent claques,

Les lumières sont éteintes,

Tu es partie,

Reviens,

Reste loin,

Reste Clean,

J'ai besoin que tu ais besoin de moi,]

Mais au final, j'espérais simplement qu'il me reviendrait au plus vite. J'avais besoin de son soutien et du bien être qu'Edward pouvait m'apporter. Les jours passaient et je n'avais toujours pas de nouvelle. Ça devenait douloureux.

[Now we're bound to linger on
We drink the fatal drop
Then love until we bleed
Then fall apart in parts

Maintenant nous sommes forcés de nous y attarder,

Nous buvons la gorgée fatale

Pour nous aimer jusqu'à ce que nous saignions,

Et ensuite exploser en milles morceaux]

***

Il faisait gris quand je sortais de l'académie en compagnie de Mike et Jessica. Mon sac pesait une tonne, à l'image du travail qui m'attendait en rentrant. Mike était entrain de me parler du cours que nous venions de suivre et je l'écoutais d'une oreille distraite, quand son regard accrochait quelque chose derrière moi, au dessus mon épaule. Mike paraissait à la fois surpris et résigné quand Jessica, elle, arborait un sourire tout droit sortit des films de Hugh Grant. Mon téléphone portable sonnait à ce moment là et j'y répondais sans vérifier l'émetteur.

- Allo?

- Salut beauté !

Je reconnaissais Edward et retrouvais immédiatement le sourire. Je m'excusais auprès de mes amis et faisait quelques pas pour avoir un peu d'intimité.

- Jeune homme, je ne sais pas pour qui vous me prenez mais on n'aborde pas une femme de la sorte.

- Pardonnez-moi mademoiselle. Je voulais juste savoir si vous aviez des projets ce soir?

- Ça dépend. A moins que mon petit ami rentre subitement de Chicago, j'irais voir mon amant. Mais ne lui dites rien s'il vous plait.

- Promis.

Je riais et faisais quelques pas de plus vers l'entrée de l'académie.

- Et pour ce qui est de l'arrivée inopinée de votre petit ami …

Il marquait une pause.

- Je pense que ça va pouvoir s'arranger.

Je me figeais un instant. Cette voix, elle ne venait plus du téléphone. Elle était derrière moi. Immédiatement je me retournais, le téléphone toujours collé à l'oreille. Edward, à quelques pas de moi, raccrochait son téléphone et me fixait en souriant. Voyant que je ne bougeais toujours pas, il s'approchait et raccrochait mon portable pour moi. C'est quand il tendait la main pour s'en saisir de je me rendais compte qu'il était vraiment là, devant moi. Je relâchais tout l'air jusqu'ici bloquée dans mes poumons et lui sautais au cou.

- Qu'est-ce que tu fais là?

- Je suis rentré plus tôt que prévu. Soufflait-il dans mon cou. Je voulais te faire une surprise.

- C'est réussi.

Il me souriait et je me rappelais d'un seul coup de la présence de Jessica et Mike. Ils nous regardait, attendant patiemment que je fasse les présentations officielles. Alors nous revenions vers eux, main dans la main.

- Pardon, j'oublie mes bonnes manières. Jessica voici Edward, mon petit ami.

- Enchantée, disait-elle en lui serrant la main, j'ai beaucoup entendu parler de toi.

- Enchanté également.

- Mike, enchainais-je, tu connais déjà Edward. Ou presque.

- Oui, enfin, les présentations étaient assez spéciales. Répondait Mike avec un petit sourire. Ravis de te revoir, habillé cette fois.

Je pouffais de rire et ils se serrèrent la main.

- Habillé? Soulignait Jessica.

- Longue histoire. Lui soufflais-je.

- Désolé pour ça. S'excusait Edward auprès de Mike, légèrement amusé.

- Ya pas de mal... Répondait Mike un peu gêné à l'évocation de ce souvenir.

- Hey ! J'ai l'impression que vous avez pas mal de chose à me raconter vous trois. Et si on allait boire un verre? Lançait Jess.

- Je sais pas, j'interrogeais Edward du regard, tu dois être fatigué.

- Non. Non ça va. On peut y aller si tu veux.

- Génial ! S'enthousiasmait Jessica.

Quelques minutes plus tard nous prenions une table dans un bar que je fréquentais assez souvent. Il était tout près de l'académie. D'ailleurs, la plupart des visages ici étaient ceux que je croisais régulièrement à l'école. Nous prenions chacun une bière et à mon grand étonnement, Mike et Edward commencèrent à discuter ensemble comme deux vieux amis. Jusqu'ici, j'avais toujours cru qu'Edward ne pouvait pas supporter Mike. L'ambiance était plutôt agréable et chaleureuse, je faisais mon maximum pour participer aux conversations et rester attentive aux questions incessantes de Jessica sur notre couple, mais à vrai dire, je n'attendais qu'une seule chose, me retrouver seule avec Edward.

J'avais tellement de question à lui poser sur la semaine qui venait de s'écouler, sur sa mère et toutes ses choses tellement personnelles que j'aurais voulu évoquer avec lui en privé. Lui paraissait tellement s'impliquer dans ce rendez-vous improvisé dans ce bar pour étudiant, que je me demandais s'il trouvait ça réellement agréable. C'était comme s'il retardait le moment où il devrait me parler de sa semaine. Je ne voulais pas non plus être intrusive mais ce voyage avait eu pour but de tirer un trait sur son passé et recommencer sur de bonne base, je voulais simplement savoir si tous ses problèmes étaient derrière lui maintenant. Il dû remarquer de je l'observais et il attrapait ma main sous la table. Aussi infime que ce geste était, il me rassurait légèrement.

Il faisait nuit quand nous nous séparions à la sortie du bar. Le trajet en voiture se fit le plus simplement du monde. Edward me posait beaucoup de question sur mes examens, la reprise des cours, mon boulot, je ne pouvais simplement pas en placer une. Ça ne lui ressemblait pas. Ayant remarqué ça, je ne voulais pas être celle qui mettrais le sujet sur le tapis.

- Alors qu'est-ce que tu veux faire ce soir?

- Franchement, disait-il en me prenant la main, j'ai simplement envie de passer une soirée tranquille avec toi, autour d'un bon diner.

- Tu crois que je vais cuisiner pour toi? Demandais-je légèrement surprise. Et depuis quand sommes nous marier?

- Je te l'ai pas dit? Un soir je nous ai marier via un site Internet.

- Ah oui? Souriais-je.

- Je te jure. Mais c'est pas grave, si tu ne veux pas t'occuper de ton petit mari, je me contenterais d'un plat de spaghettis.

- Je crois que c'est plus dans mes cordes effectivement.

J'ouvrais la porte de l'appartement, Edward sur mes talons et posais mes affaires.

- Fais comme chez toi.

J'écoutais les messages sur le répondeur pendant Edward s'installait au bar de la cuisine.

« Bella, c'est moi », je reconnais la voix de ma colocataire, « Je ne rentrerais pas ce soir, amuse-toi bien ma belle. A demain ».

- Bien, apparemment c'est juste toi et moi ce soir.

- C'est parfait. Tu as quelque chose à boire?

- Sers toi, il y a des bières au frigo.

Je rangeais quelques bricoles qui trainaient pendant qu'il se servait à boire. Je sentais ensuite son regard dans mon dos et bizarrement, je m'activais encore plus à ranger ses choses qui auraient pu attendre le lendemain.

- Pourquoi ais-je l'impression que tu es mal à l'aise?

Je stoppais mon geste et lui faisait face, gênée qu'il ait vu clair en moi.

- Je ne sais pas. Soupirais-je. Pourquoi tu ne me dis comment ça c'est passé à Chicago?

- Parce que tu ne me l'a pas demandé.

- Je ne savais pas si tu souhaitais en parler ou pas.

- Ça s'est passé c'est tout. Il n'y a pas grand chose à dire. Je lui ai dit ce que j'avais à lui dire et elle aussi. Je ne sais pas si je la reverrais de si tôt mais je sais que c'est ma mère et même si elle n'est pas parfaite, elle le sera toujours. Il faut juste que j'apprenne à faire avec.

- Tu t'entendais à autre chose?

- Pas vraiment. Si nous étions tombé dans les bras l'un de l'autre après tout ce temps, là j'aurais trouvé ça bizarre. Mais elle regrette. Elle a reconnu ses erreurs, c'est l'essentiel. Je peux enfin passer à autre chose maintenant.

- Tu as eu Carlisle au téléphone?

- Oui, je peux rentrer quand je veux. Ils ne m'en veulent pas. Les Cullen sont et seront toujours la seule vraie famille que j'ai. La famille à laquelle j'appartiens. Ils voulaient tous la même chose que moi.

- Et qu'est-ce que tu veux?

- En finir avec tous ces drames qui me pourrissaient la vie jusqu'à présent et aller de l'avant.

- Bien. C'est très bien.

Nous nous fixons un moment et je baissais les yeux, toujours mal à l'aise.

- Tu vas rester encore longtemps aussi loin de moi? Demandait-il doucement.

Quand je relevais les yeux vers lui, je lisais une profonde douleur sur son visage, de la peur également. Alors je faisais ce que j'aurais dû faire bien avant. J'allais me blottir contre lui. Quand je retrouvais son torse et ses bras autour de moi. Je me demandais comment j'avais fais pour m'en passer si longtemps. Edward me berçait un moment avant de reprendre la parole.

- Je sais que je suis partit précipitamment de Volterra mais ça n'avais rien à voir avec toi Bella. J'avais simplement besoin de régler ça tout seul.

- Je sais. Soufflais-je sur sa chemise en jouant avec les boutons.

- On n'a pas vraiment eu le temps de parler de tout ça avec tout ce qui s'est passé.

- Non.

- Donc, il soupirait profondément en resserrant son emprise autour de moi, comment on s'en sort toi et moi ?

Je reculais légèrement pour le regarder.

- J'en sais rien. J'étais loin de m'attendre à tout ça tu sais. Quand ils t'ont arrêté ce soir là …

Je m'arrêtais de parler alors que ces images s'imposaient de nouveau à moi.

- Je sais.

Sa main glissa délicatement sur ma joue et il continuait.

- Mais je veux que tu sache que pour moi rien n'a changé. Bella, tu es ce que j'ai de plus semblable à une stabilité. Celle que j'ai cherché toute ma vie. Tu es mon point d'encrage. J'ai besoin de ta présence dans cette nouvelle vie. Ça n'aurait aucun sens sans toi. Après tout, c'est toi qui m'a montré à quel point la stabilité pouvait être agréable et rassurante. Tu m'as appris à ne plus fuir. Je te dois tout. Tu m'as sauvé. Sauvé de celui que je me destinais à être. Pour ça je te serais éternellement reconnaissant. Mais je comprendrais aussi si tu as besoin de temps pour digérer tout ça.

- C'était tellement énorme. Je me serais cru dans un mauvais film.

- J'aurais voulu que tu l'apprennes dans d'autres circonstances.

- Je sais.

- Le plus ironique dans tout ça, c'est que j'étais sur le point de tout te dire quand la nouvelle est tombée ce soir là.

- Je m'en suis doutée et ça compte beaucoup pour moi que tu ais eu le courage de tout m'avouer, même si les choses ont fait que tu n'as pas pu aller jusqu'au bout.

- Tout ça c'est du passé maintenant.

- Est-ce qu'on va survivre à tout ça?

- Ça, ça ne tien qu'à nous. On va y aller doucement si tu veux toujours construire quelque chose avec moi.

Je souriais légèrement.

- Si ça n'était pas le cas, je ne serais pas aussi nerveuse aujourd'hui. Par où on commence?

- D'abord, on va manger des spaghettis.

- Cette fois je riais de bon cœur.

- Tu as raison, commençons doucement.

Il riait aussi et m'embrassait sur le front quand je le tirais par la chemise jusqu'aux fourneaux. Au passage j'allumais la chaîne hifi sur une station inconnue. Une douce musique aux rythmiques electro, portée par la voix de la chanteuse, calme et envoutante, envahissait l'appartement.

[Breathe – Telepopmusik]

C'était exactement ce dont nous avions besoin à l'heure actuellement, une musique à la fois entrainante et relaxante. Nous avions besoin de faire quelque chose de normal et banal pour un couple de notre âge. Nous avions besoin d'oublier tous ces drames qui nous avaient entourés jusqu'ici et d'être simplement ce jeune couple qui se cherche encore. Ce jeune couple qui profite simplement du bonheur d'être réunis.

- Viens par ici mon petit mari.

- Tu vois, tu te fais doucement à l'idée toi aussi.

- C'est ça oui, je remplissais une casserole d'eau, tu vas m'aider au lieu de dire des bêtises.

Je lui tendais le paquet de spaghettis pendant que je mettais l'eau à chauffer et y ajoutant du sel. Edward examinait les instructions au dos du paquet avec attention et je souriais, adossée contre l'élément de cuisine.

- Quelque chose t'intéressant mon cher Watson? Me moquais-je.

- Ça dépend. Tu préfères tes pâtes fermes ou Aldente?

- J'aime quand c'est ferme.

Il relevait la tête vers moi avec un petit sourire au coin des lèvres.

- Tu ne peux pas savoir combien ces mots dans ta bouche sont sexy.

- Edward Cullen, vous êtes un petit obsédé. Riais-je.

- Je plaide coupable, disait-il en m'enlaçant par la taille, mais pour ma défense vous ne m'avez même pas embrassé une seule fois depuis que nous nous sommes retrouvés chère Isabella Swan.

- Oh mon dieu, quelle petite amie indigne je fais ! M'offusquais-je en plaisantant.

- Je ne vous le fais pas dire.

- Il va falloir remédier à ça. Soufflais-je taquine en me rapprochant déjà de ses lèvres.

- Je crois oui.

Je souriais toujours quand je déposais le premier baiser sur ses lèvres. Aussi rapide fut-il, c'est en retrouvant la sensation de ses lèvres contre les miennes que je me rendais compte à quel point elles m'avaient manqué. J'enclenchais le second baiser, plus prononcé cette fois et, à mon grand plaisir, Edward y participait. Sa main remontait le long de mon cou pour s'arrêter sur ma joue. Je donnais alors plus de ferveur à notre échange goutant enfin à sa langue contre la mienne. Automatiquement je me serrais d'avantage contre lui, m'agrippant à sa nuque, l'embrassant plus avidement que quelques secondes plus tôt. Sans que je m'y attende, Edward me soulevait du sol pour m'assoir sur le plan de travail derrière nous, sans jamais rompre notre baiser. Je me perdais déjà contre lui, quand le bruit de l'eau en ébullition nous ramenait à la réalité en même temps.

- Il me semble que nous avons un diner à préparer.

Ses lèvres étaient rougies par l'assaut mes baisers sur lui.

- J'ai plus très faim tout d'un coup.

- Ah oui? Souriais-je. L'eau boue déjà, c'est dommage.

Il coupait le feu sous la casserole.

- Oups !

J'éclatais de rire alors qu'Edward me soulevait et me jetait sur son épaule en se dirigeant déjà dans le couloir menant aux chambres.

- Arrêtes !

Je battais des pieds contre son torse mais je riais tellement que je n'étais que très peu crédible.

- Pose-moi par terre !

Finalement mes pieds touchaient de nouveau le sol mais j'étais immédiatement bloquée dos au mur et Edward capturait de nouveau mes lèvres, remontant mes bras au dessus de ma tête. Son baiser était passionné et déjà bien trop impatient pour faire marche arrière. Sa bouche se perdait alors dans mon cou et je fermais les yeux en me laissant aller aux vagues de frissons que cela provoquait chez moi. Je remerciais secrètement le ciel que ma colocataire le soit pas là ce soir. Quand sa bouche retrouvait la mienne, je libérais mes mains et commençais à déboutonner sa chemise. Edward me regardait faire, patiemment, quand ses mains descendaient inexorablement vers mes fesses. Je caressais chaque centimètres de sa peau que je découvrais, me mordant les lèvres pour ne pas le mordre lui.

Edward semblait mesurer chacune de mes courbes rien qu'avec ses paumes, ça me rendait complètement folle. Son absence et le fait de ne pas avoir su dans quel état j'allais le retrouvé n'avais pas arrangé les choses. A cet instant, j'étais en manque total de lui. J'avais l'impression de retrouver la Bella de Volterra, dans cette grange. J'étais heureuse de voir qu'après tout ces mois, la passion était toujours aussi brûlante entre lui et moi. Sa chemise trouvait bientôt le sol et fût rejoint très rapidement par mon t-shirt, qu'Edward passait au dessus de ma tête. Il me soulevait et j'enroulais mes jambes autour de ses hanches. Déjà sa bouche se perdait dans ma poitrine qu'il massait en même temps. Je ne pouvais que me concentrer pour continuer à respirer, mes mains agrippant à ses cheveux. Edward nous décollait ensuite du mur et nous emporta dans ma chambre tout en m'embrassant passionnément. Sans rompre notre baiser, j'ouvrais la porte d'une main dans mon dos et Edward me déposait sur mon lit.

Je l'invitais alors à s'allonger sur moi mais au lieu de ça, à ma grande surprise, il tombait à genoux entre mes cuisses. Je me sentis immédiatement rougir. Je n'osais imaginer ce qu'il avait en tête. Il faisait alors glisser mon jean en bas de mes jambes pour le jeter dans la chambre. Le plat de sa main, descendit de ma gorge jusqu'à mon nombril me forçant à rester allongée malgré mes tentatives pour m'assoir.

- Ne bouge pas, souffla Edward dans le creux de mon nombril, laisse-toi faire.

Un frisson parcouru mon échine quand ses baiser descendirent plus bas. Très bas. Je sentis alors son souffle chaud et taquin entre mes jambes, au dessus de ma culotte qu'il embrassa doucement. Même camouflé, la sensation en était que plus exquise. Puis sa langue pris la place de ses lèvres, puis l'inverse et ainsi de suite jusqu'à ce que l'attente ne me rende complètement dingue. Je suffoquais. Alors, en souriant, Edward me retirait ma culotte et replongeait à l'intérieur de mes cuisses. Quand sa langue vint titiller la naissance de mon plaisir le plus intime, je me retins de gémir, agrippant les draps en dessous moi. Bientôt la langue se fit plus précise et plus rapide quand ses mains caressaient voluptueusement mes cuisses ou encore, quand ses doigts se mêlaient à la parade. Mon bassin dansait délibérément avec lui, tellement les caresses qu'il me prodiguait étaient bonnes. Edward du même me maintenir en place pour finir son œuvre divine. Quand je commençais à me contracter, il stoppait tout, me laissant frustrée et avide de lui.

Je m'asseyais sur le lit quand lui s'était remis debout. Très vite, découvrant que son regard était aussi brulant que le mien, je retirais la boucle de sa ceinture. Il faisait le reste du travail et bientôt Edward était nu tout comme moi. Alors je relevais les yeux vers lui et la malice s'apparait de moi. Il m'avait enhardit à nouveau. Edward eu un petit sursaut quand ma main retrouvait son membre et que je lui rendais les faveurs qu'il venait de m'offrir. Tout en le massant lentement, mes lèvres vinrent titiller son bout alors que déjà je l'entendais soupirer de plaisir. J'aimais avoir le même effet sur lui que lui sur moi. Je le faisais entrer dans ma bouche en fermant les yeux, m'appliquant à garder un rythme constant avec ma main. Il agrippa mes cheveux et sa respiration se fit bruyante dans la pièce. J'exerçais ce va et viens régulier qu'il aimait tant quand il était confiné dans la chaleur de ma bouche. Ma langue le caressant lentement à l'endroit le plus sensible de son anatomie. Je le relâchais un instant pour le reprendre ensuite et ça plusieurs fois de suite, ma main le massant sans relâche et toujours un peu plus vite. Quand je le sentais craquer, j'arrêtais. Edward me lançait le même regard frustré que celui que j'avais dû lui lancer quelques minutes plus tôt.

Alors il s'allongeait lentement sur moi, passant sa main sous ma tête. Nos visages se frôlaient quand enfin, il me pénétrait. Nous gémissions ensemble, brûlant tous les deux du même désir. J'aimais tellement cette sensation de le sentir en moi. Je commençais à onduler lentement sous lui au même rythme que ses allées et venues en moi, lentes mais énergiques. Jamais nous ne nous lâchions du regard pendant la manœuvre. J'ajustais mes hanches pour le ressentir plus profondément quand Edward décidait d'accélérer la cadence. Mes mains faisaient de vas et viens incessants dans son dos, appréciant sa musculature. Il accélérait encore et cette fois je ne me retenais plus de gémir, acceptant mon plaisir et lui faisant partager celui qu'il me procurait. J'agrippais ses fesses que je sentais se contracter sous mes mains en rythme. C'était parfait, nous nous complétions parfaitement et il savait comment m'aimer. Edward connaissait mon corps par cœur, comme je connaissais le sien.

Le plaisir d'Edward s'élevait bientôt aussi fort dans le mien dans la chambre quand nous approchions de l'apogée de notre échange charnelle. Il venait buter toujours un peu plus à l'intérieur de moi et dieu que j'aimais ça, c'était divin. Il en suffit d'un de plus pour que je me contacte autour de lui, libérant sa propre jouissance, puissante et passionnée.

- Mon dieu Bella, c'était parfait. Disait-il béa en roulant sur le côté.

- Ça m'a rappelé nos débuts, avouais-je en me calant dans ses bras qu'il refermait sur moi.

- Moi aussi pour le côté … « Frénétique » je dirais, mais en mieux. On a maintenant quelque chose que l'on avait pas avant et ça se ressent.

- Quoi?

- On s'aime. Disait-il fièrement.

Je pouffais de rire.

- Pourquoi tu ris? S'offusquait-il.

- Tu parles comme une jeune vierge. Me moquai-je.

- C'est ça moque toi !

Il me chatouillait les côtes quand je me tordais encore plus de rire. A bout de souffle, je grimpais sur ses hanches et le suppliais d'arrêter. Il se calmait aussi en me serrant contre son corps encore tremblant.

- Tu as fais de moi un romantique, tu n'as pas honte !

- Ça dépend des jours. Riais-je encore.

- Vilaine ! Disait-il en cherchant à accrocher mon regard.

Je le regardais et admirais ce magnifique sourire qui me faisait fondre littéralement.

- Je suis heureuse avec toi.

- Je suis heureux avec toi.

- C'est quoi le plan maintenant? Demandai-je en m'allongeant sur son torse, caressant son bras.

- Maintenant, commençait-il en caressant mon dos, je rentre. Je reste avec ma famille pour leur expliquer la situation et je reviens.

- Peut-être que …

J'hésitais.

- Peut-être que cette fois tu pourrais revenir avec tes affaires? Dis-je dans un souffle.

Je relevais la tête vers lui pour voir qu'il souriait.

- Tu le pense vraiment?

- J'ai beaucoup réfléchis depuis que je suis de retour. Je pense que ton idée de trouver un appartement par ici n'est pas si mal.

- Pas si mal hum? Me taquinait Edward.

- C'était vraiment dur ces derniers jours sans toi. J'ai pas envie que ça recommence. Plus maintenant. Je me fiche d'aller doucement. Il faut laisser le passé au passé maintenant. J'en ai assez de toute ces sécurités, mare de toutes cette sagesse. J'ai confiance en toi, toute cette histoire est finit, on pourrait en parler pendant des heures, ça ne changerait rien. C'est finit tout ça.

Il m'embrassait fougueusement.

- Ça veux dire oui? Demandai-je timidement.

- Oui, mon amour. Je vais m'installer à New York.

Je lui sautais dans les bras et il me berçait doucement en riant. Cette simple décision était le point de départ d'une nouvelle vie. Une nouvelle vie qui deviendrait peut-être un jour, la notre. A présent que tous nos démons étaient derrière nous, je n'attendais plus que ça.


C'est officiel il ne reste plus qu'un seul chapitre ! Je grand final qui sera publié d'ici une 15ène de jours. Je vous promet quelques surprises pour l'occasion.

Pour la playlist on retrouve,

My Skin de Nathalie Merchant, en intrusmentale.

Something in the Way de Nirvana.

Augustana du groupe Boston.

Until We Bleed de Andreas Kleerup feat. Likke Li

Et Breathe de Telepopmusik.

Le teaser de la semaine : http://www[.]youtube[.]com/watch?v=_sIFj3FynC8

Voilà, j'attend vos dernières rafales de reviews lol ça va me manquer !