CHAPITRE XVII
THE FINAL CURTAIN CALL
Part. 1
***
POV Edward
Je débranchais la seule lampe qui restait dans la pièce pour la ranger dans le dernier carton encore ouvert, sur mon lit. En soulevant la boite, je faisais un dernier tour d'horizon. Vidée, cette pièce paraissait immense. Jamais je n'aurais cru pouvoir un jour vivre dans un tel endroit. Ce pool, que j'avais fait construire moi-même, avait longtemps été mon seul refuge. A l'époque c'était pour moi le meilleur endroit du monde mais aujourd'hui, sans elle, il ne représentait que de simples murs sans chaleur. Mes pas résonnaient sur le sol. Cette fois j'avais fini. J'allais quitter cet endroit. J'avais décidé de repartir vivre aux États-Unis pour me rapprocher d'elle. Elle, la source de tous ces changements.
Si l'on m'avais dit, il y a 8 mois quand j'avais admiré cette petite brune qui nageait dans la piscine de mes parents qu'elle serait à l'origine d'un tel bouleversement dans ma vie, je me serais enfuit en courant. Aujourd'hui j'étais heureux qu'elle soit apparue dans ma vie. C'était peut-être écrit. Nous étions destinés à nous sauver l'un et l'autre du chaos qui régnait alors dans nos vies.
Il y avait maintenant une semaine que j'étais revenu à Volterra. L'annonce de mon départ n'avait surpris personne, même si l'éloignement allait être difficile. Ils m'avaient même demandé comment nous avions tenu tout ce temps séparé. Ma famille aurait simplement préférée que se soit Bella qui vienne vivre chez nous. Mais sa vie était à New York, elle avait son père là bas et ses études. J'étais plus libre qu'elle. C'était à moi de faire ce voyage.
Cette semaine avait été consacrée à ma famille. Il était difficile pour moi également de les quitter même si je savais que nous nous reverrions régulièrement. L'argent n'était pas un problème pour les Cullen. J'avais passé beaucoup de temps avec Alice, la plus attristée de tous, nous avions toujours eu une relation fusionnelle elle et moi. De tous les enfants Cullen, Alice avait été la première à me tendre la main. Je la considérais comme ma petite sœur.
J'avais également démissionné du magasin de musique, fais expédier mes meubles chez un garde meuble de New York (en attendant que j'y trouve un appartement) et j'avais vendu la Volvo. Ma Volvo, elle me manquerait aussi mais j'avais besoin d'argent pour m'installer et de toute façon, j'allais pouvoir essayer sa petite sœur maintenant, la C30. J'avais rassemblé mes dernières économies pour rembourser (en partie) Carlisle et Esmé mais ils avaient refusé cet argent. Mon père m'avait dit que j'avais retenu la leçon, qu'ils n'avaient pas réellement besoin de cet argent et qu'il me servirait à m'installer correctement. J'avais alors compris que si Carlisle m'avait un jour demandé de lui rembourser l'argent qu'il avait versé à Aro en échange de ma liberté, c'était pour me forcer à réagir et à tout mettre en œuvre pour montrer aux Cullen à quel point je leur étais redevable. Mon père avait voulu me donner une leçon. C'était le rôle de tous les pères.
Je soupirais. Même si ce déménagement avait été mon idée et que je le voulais tout autant que Bella, laisser une partie de sa vie derrière sois n'était jamais facile.
Quelqu'un toussait derrière moi pour me signaler sa présence. C'était Carlisle. Il s'avançait jusqu'à moi et, un instant, nous admirions le pool tous les deux.
- A quelle heure est ton vol demain ? Demanda-t-il doucement.
- 10h00.
- Tu as fini tes cartons ?
- C'est le dernier. Répondis-je en désignant celui que je portais.
- Bien. De toute façon, ça n'est pas perdu.
- Non je sais. Qu'est-ce que vous allez faire de cet endroit ?
- Je ne sais pas trop, ça c'est le domaine de ta mère. Je crois qu'elle serait partante pour en faire une salle de sport.
Je riais doucement.
- Merci pour tout Carlisle.
- Ne me remercie pas. Tu fais partie de cette famille depuis bien longtemps maintenant, je ne t'ai pas simplement hébergé. Je t'ai adopté.
Je reposais le carton sur mon lit et prenais maladroitement mon père dans mes bras. Je n'avais pas l'habitude de faire ce genre de chose avec lui et Carlisle était aussi surpris que moi sur le moment. Pourtant, j'avais eu besoin de faire ce geste.
- Merci pour tout. Répétais-je.
Cette fois, il ne dit rien et se contenta de me rendre mon étreinte. Quand nous nous séparions, nous étions à la fois embarrassés par autant d'effusions que nostalgique aux souvenirs de tous les moments passés ensemble.
- Esmé et moi sommes tellement fière de toi. Tu as fais tellement de chemin en si peu de temps.
- Je sais, il était temps que je me réveil.
- Bella est une jeune femme formidable. Je suis sûr que vous serez très heureux ensemble.
- Je l'espère. Rien que de pouvoir la voir tous les jours est en soit une victoire pour moi.
- J'ai encore du mal à croire que c'est toi qui parle comme ça.
- Je te rassure, parfois je me dis la même chose, riais-je, elle m'a jeté un sort.
- Tu vas vivre chez elle en attendant ?
- Temporairement oui. Elle vit déjà avec sa colocataire. Je ne veux pas m'imposer. Elle va m'aider à chercher un appartement.
- Bella doit être heureuse que tu reviennes vers elle ?
- Je pense oui. Répondis-je avec un sourire niai qui n'échappa pas à mon père.
- Vous êtes là vous deux !
Nous nous retournions pour trouver Esmé sur le pas de la porte, les poings sur les hanches, avec toujours ce sourire chaleureux qui lui ressemblait tellement. Elle s'avança jusqu'à moi pour m'embrasser sur la joue.
- Tout le monde est là. On vous attend.
Elle s'éloignait déjà et après une seconde, Carlisle et moi la suivions jusqu'à la villa pour partager notre dernier repas ensemble avant plusieurs mois. Tout le monde était déjà à table quand j'entrais dans le salon. J'allais m'y installer également mais Esmé m'en empêchait.
- Lave-toi les mains avant de passer à table. Me réprimanda ma mère.
Je secouais la tête en souriant malgré moi. Esmé me maternerait toujours et ce soir, pour ma dernière soirée sous son toit, elle allait s'en donner à cœur joie. Je commençais donc à me savonner les mains dans la cuisine quand j'étais rejoins par Alice, la mine boudeuse. Je la regardais s'approcher de moi sans un mot et elle mouillait ses mains également. Mon sourire s'élargissait.
« Esmé », pensais-je.
Bientôt se fût au tour d'Emmett, Rose et Jasper de se joindre à nous autour du lavabo et là, l'éclatais de rire avec ma sœur.
- Maman nous a attrapés en flagrant délit de non-lavage de mains. Soufflait Emmett.
- Comme quand on avait 5 ans, riait Alice, tu te souviens ?
- Un peu si je me souviens, continuait Emmett, mais à l'époque elle nous tirait l'oreille jusqu'au lavabo.
J'attrapais un torchon pour m'essuyer les mains et laisser de la place aux autres.
- Au moins, il y a du progrès ! Pouffait Rosalie en me donnant un coup de fesse pour que je m'écarte de son chemin. Pousse-toi de là toi ! Me dit-elle avec un clin d'œil.
- Dis-moi Rose, commençais-je, tu ne te serais pas un peu élargie toi ? Demandais-je avec un sourire des plus sadique.
- Fais gaffe à ce que tu dis Cullen, dit-elle en me pointant du doigt, c'est pas parce que tu parts demain que je ne peux pas te botter les fesses avant !
Je riais encore, quittais la cuisine et saluant Jasper au passage. Le pauvre faisait encore la queue pour accéder au lavabo. Alice me suivait de très près et entourait mes épaules pour entrer ensemble dans le salon et se mettre à table. Bien sûr elle se mit à côté de moi. Je lui souriais gentiment. Je voyais bien qu'elle était plus calme que d'habitude et je savais pourquoi.
- Ça va ? Soufflai-je discrètement alors que déjà les autres nous rejoignaient à table.
Elle haussait simplement les épaules.
- On va se revoir Alice et puis, à Milan, tu ne remarqueras plus la différence.
- Bien sûr que si idiot, c'est psychologique ! On sera séparé par une mer et un océan ! On ne sera même plus sur le même continent ! Ça fait longtemps que ça n'était pas arrivé. Boudait-elle.
- Toi et Jasper pourrez nous rendre visite à Bella et moi, à New York. Tentai-je.
- Bella pfff ! Sifflait ma sœur. C'est plus ma copine maintenant.
Sa réaction carrément enfantine me fit sourire.
- Voyez-vous ça …
- Elle m'a volé mon frère ! Boudait-elle. Je l'aime plus !
Alice regardait droit devant elle, les bras croisés à sa poitrine avec une mine renfrognée. J'attendais patiemment. Elle semblait en plein milieu d'une intense réflexion.
"5, 4, 3, 2, 1 ..." comptais-je mentalement.
Et comme prévu, elle se jetait dans mes bras.
- Je suis désolée Edward, disait-elle rapidement comme si elle avait fais une grosse bêtise, je l'adore ! Tu sais que je l'adore ! Pfff ! Je ne peux même pas en vouloir à quelqu'un, c'est nul !
- Ça va aller, riais-je en lui caressant le dos, respire !
- Vas-y moque-toi ! Espèce de traître !
Je la serrais d'avantage.
- Je serais toujours là pour toi, tu le sais n'est-ce pas?
Elle hochait doucement la tête contre mon épaule. Moi je regardais Jasper qui venait de s'assoir à côté d'elle.
- Tu t'en occuperas bien hein?
- Promis. Me répondit-il.
Alors je repoussais lentement ma sœur vers lui qui pris le relais en entourant ses épaules. Il me fit un clin d'œil entendu auquel je répondais par un sourire.
- Bon quand vous en aurez finit avec le quart d'heure émotion, lançait Emmett, on pourra peut-être manger.
- Emmett, tu vas tellement me manquer, répondis-je avec une pointe de sarcasme, toi et ton estomac.
- Ça veut dire que vous avez finit ? Demanda mon frère, toujours aussi sérieux.
- Oui gros balourd ! Cria Alice agacée.
- Toi la naine, ne commence pas ! Tu verras quand l'autre sera partit, ça ne sera plus que toi et moi !
Mon frère finissait sa phrase avec un sourire sadique qui fit frissonner la pauvre Alice qui se défendit à coup de mie de pain.
- Hey ! Grondait Esmé. Qu'est-ce que je dis toujours ?
« On ne joue pas avec la nourriture ! », répondirent-ils en chœur.
- Mon dieu, vous avez quel âge ? ! Soupira Rosalie en secouant la tête l'air navrée.
- C'est toi qui l'a choisi Rosalie. Lui soufflais-je.
- Je sais. C'est bien ça le pire.
- Mais non ! ! Lançait Emmett en attrapant fortement Rosalie par les épaules. Tu le sais que tu m'aimes.
Il finissait par lui faire un gros bisou bien bruyant sur la joue. Rosalie boudait 5 secondes avant de rire aux éclats, suivie bientôt par tout le monde. Moi je les observais simplement. Ma famille.
Oui, ils me manqueraient.
***
POV Bella
Après les cours je me précipitais dans ma Chevrolet. J'étais survoltée aujourd'hui. Edward arrivait ce soir et, cette fois, il ne repartirait plus. La semaine m'avait paru interminable, même si entre l'académie et mon travail chez les Newton je n'avais pas touché terre, mais encore une fois, Edward accompagnait chaque minute qui s'écoulaient dans ma vie. Je savais qu'il avait pleins de choses à régler pour son départ mais la partie purement égoïste de mon cerveau, n'en pouvais plus d'attendre. Je rêvais de me blottir de nouveau contre son torse et de sentir ses bras musclés autour de moi. Non, en fait il me manquait tellement que j'étais entrain de me demander si je n'allais pas tout simplement le séquestrer dans ma petite chambre pour l'éternité. Cette idée engendrait d'ailleurs tout un tas d'idées peu catholiques dans mon esprit. Oh oui, bientôt …
Confrontée à la bêtise dont je faisais preuve, je riais toute seule dans ma voiture. Je mettais enfin le contact et démarrais. Il fallait que je passe voir Charlie avant d'aller à l'aéroport. Je ne l'avais pas vu depuis plus d'une semaine et depuis mon retour j'avais mis un point d'honneur à entretenir cette petite famille de deux que nous formions. Je me garais à côté de la voiture de patrouille et entrait avec mon double de clé.
- Papa ?
- La cuisine !
Je souriais.
- La cuisine ? Demandai-je en arrivant dans cette pièce où je trouvais Charlie surmené aux fourneaux.
Je prenais place sur un tabouret et le regardais s'agiter dans tous les sens.
- Et qu'est-ce que tu fais au juste ?
- C'est mon jour de congés aujourd'hui, j'ai eu envie de pancakes mais à vrai dire, ils étaient plus faciles à préparer quand c'était toi qui les faisais !
Je riais et me levais pour aller le rejoindre.
- Je ne fais que suivre les instructions sur le paquet tu sais ! Attend, je vais le faire, va t'assoir.
Soulagé, mon père obéissait.
- Je crois que tu arrives au bon moment chérie.
Au passage il m'embrassait le haut du crane pendant que je prenais les choses en main.
- Ça fait une heure que je me débats avec la pâte !
- Une heure rien que ça ! Me moquais-je.
- Et si tu me disais plutôt comme vont les cours ? Tu as eu tes résultats ?
- Pas encore. La semaine prochaine. Je préfère ne pas trop m'avancer. J'espère simplement ne pas devoir aller au rattrapage cet été.
- Au boulot ça va ?
Je haussais les épaules.
- Je vends des articles de sport donc, c'est ennuyeux mais ça va. Je fais quelques heures supplémentaires en ce moment.
- Bella, si jamais tu as besoin d'argent …
Je lui souriais en relevant les yeux de la pâte, déjà plus onctueuse que 2 minutes plus tôt.
- Ça va papa, je t'assure.
- Tu veux dîner à la maison ce soir ? Je suis sûr qu'il y aura assez de pancakes pour deux.
- Non c'est gentil mais j'ai des projets. Je vais chercher Edward à l'aéroport dans deux heures.
- Il passe la semaine avec toi ?
Je m'appliquais à faire des pancakes ronds dans la poêle, tournant le dos à Charlie.
- Bella ?
Enfin je me retournais, les joues rosies. Heureusement pour moi je pouvais faire passer ce changement de couleur par le fait qu'il faisait chaud au-dessus des plaques de cuisson.
- Non en fait cette fois il vient de façon un peu plus permanente.
Charlie mit un moment à réagir.
- ça à l'air plutôt sérieux entre vous …
Je lui souriais timidement. C'était encore bizarre pour moi de parler de ça avec lui.
- Il compte prendre un appartement à New York.
- Oh… Souffla simplement mon père les yeux perdus dans la tasse de café qu'il venait de se servir.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Demandai-je après quelques secondes, voyant bien que quelque chose n'allait pas.
- Bella …
Il soupira et se passait une main sur le visage avant de continuer.
- Mon dieu j'aurais voulu faire ça autrement, soufflait-il presque pour lui-même.
- Charlie ? Qu'est-ce qui se passe ? Demandai-je inquiète.
Bizarrement quand je sentais que la conversation n'allait pas tourner à mon avantage, j'avais tendance à appeler mon père par son prénom. Il relevait les yeux vers moi avant de continuer.
- Tu devrais t'assoir.
- Non-merci, je suis bien debout.
Ma réponse s'était faite plus sèche que prévu.
- Écoute, tu sais que je suis policier avant tout et qu'il est dans ma nature d'être un peu suspicieux. Surtout envers les garçons qui fréquentent ma fille.
- Parce que tu l'a été avec Mike ?
- Je connaissais ses parents depuis longtemps !
Cette fois il avait été plus sévère.
- Papa tu connais les Cullen.
- Laisse-moi finir Bella, c'est pas facile.
Cette fois j'avais peur. Tout un tas de possibilité me passèrent par la tête en une fraction de seconde. Toutes plus absurdes les unes que les autres. Qu'est-ce que mon père avait bien pu découvrir ? Qu'Edward me trompait ? Qu'il était gay ? Pire, qu'il avait été une femme dans une autre vie ? !
- J'ai fais des recherches sur le passé d'Edward.
- Tu as quoi ? ! De quel droit tu …
- C'est mon devoir de te protéger Bella !
- De me protéger ? D'Edward ? Tu ne le connais même pas ! Tu l'as vu quelques heures et tu t'es permis d'en tirer des conclusions ? !
J'étais furieuse.
- Il a traîné dans quelque chose de pas net Bella ! Il s'est fait arrêter il y a quelques semaines ! Il travaillait pour un baron de la drogue bon sang !
J'aurais voulu répliquer mais je ne trouvais plus mes mots. C'était pas bon, c'était pas bon du tout. Les pancakes derrière moi me rappelèrent à l'ordre et la fumée qui se dégageait de la poêle aussi. La première fournée avait complètement brûler. Je prenais mon temps pour tout mettre à la poubelle. Ça me laissais un peu de temps pour réfléchir à une solution. Je n'avais jamais envisagé de parler de tout ça à Charlie.
- Tu n'as pas l'air surprise. Remarquait Charlie, la voix durcie par la colère que je sentais naître en lui.
Je ne répondais pas. Son flaire d'inspecteur le ferais pour moi.
- Tu le savais pas vrai ?
- J'étais là quand ça s'est passé. Répondis-je, l'air grave, en faisant face à mon père.
Lui était consterné. Il se levait et faisait quelques pas dans ma direction.
- Tu es entrain de me dire que tu savais que ce garçon s'adonnait à des activités illégales et tu as poursuit cette relation malgré tout ? !
- Je ne l'ai su qu'après ! Me défendis-je. Ce qu'il a pu faire avant de me rencontrer ne me regarde pas ! C'est fini tout ça maintenant ! Ils l'ont laissé sortir.
- Bella, cet homme pour qui il travail …
- Travaillais ! Le coupais-je.
- Peu importe, ça reste à prouver. Cet homme, Aro, dieu seul sait quel est son nom de famille, il est impliqué dans bien plus que le trafique de stupéfiants ! On parle de multiple meurtres Bella !
- Je sais, mais ça n'a rien à voir avec Edward. Aro le tenait depuis qu'il était ado ! Il s'est laissé embarquer là dedans et il n'a compris que trop tard qu'il ne pourrait plus s'échapper papa.
- C'est ce qu'il t'a raconté ?
- Et c'est la vérité ! Insistai-je.
- Comment peux-tu le savoir ?
- Parce que j'ai confiance en lui ! Je l'aime ! Il m'aime ! Je …
A bout de souffle et d'argument j'arrêtais de parler et serrais le plan de travail derrière moi. Charlie se pinçait l'arrête du nez.
- Bella, tes sentiments pour ce garçon t'aveuglent. Il n'est pas fait pour toi.
- Excuse-moi mais c'est encore à moi d'en juger papa !
- Je serais toujours ton père et je refuse que tu risques ta vie à traîner avec ce genre de personne !
- Ce genre de personne … papa, soupirai-je, je ne dis pas qu'il est parfait. Il a fait beaucoup d'erreurs qu'il paye encore mais il a changé. Pour moi en partie, c'est la seule preuve dont j'ai besoin.
Je vis la mâchoire de mon père se contracter.
- Je me sens responsable de lui … Soufflai-je timidement.
- Tu n'es responsable de personne ! S'emportait-il soudainement, si bien que j'eus un mouvement de recul, bloquée contre le plan de travail. Tu n'es qu'une enfant !
- Je ne suis plus une enfant ! Criai-je à mon tour.
Après cet horrible échange nous nous défions tous les deux du regard et je finissais pas le contourner pour reprendre ma veste et partir.
- Bella, je t'interdis de …
Il ne finissait pas sa phrase cependant, voyant qu'elle ne ferait qu'empirer les choses. Sur le pas de la porte je me retournais une dernière fois vers lui.
- Tu sais Charlie, depuis mon retour je croyais que nous avions progressé toi et moi. Dis-je calmement. Que l'on pourrait avoir une vraie relation père et fille, que l'on se faisait confiance …
- Ça n'a rien à voir.
- Si au contraire, tu n'as pas confiance en mon jugement donc tu n'as pas confiance en moi. Tu n'étais pas présent quand j'étais petite, tu travaillais. Tu te rappels ?
Il baissait les yeux à l'évocation de cette époque.
- Alors n'essaie pas de te rattraper maintenant. J'ai grandi. C'est trop tard.
Sur ce je passais lentement la porte et quand je la refermais derrière moi, j'étais à la fois triste et en colère. En colère que mon père juge les gens si facilement, sans prendre le temps de les connaître réellement. Triste que l'on en soit revenu au point de départ lui et moi, après tous ces mois passés à recoller les morceaux. Je prenais une profonde inspiration avant de retourner à ma voiture. Je n'avais pas le temps de penser à tout ça maintenant. Je devais aller le retrouver. Vu mon état, à cet instant, c'était tout ce dont j'avais besoin.
***
Son avion venait tout juste d'atterrir quand j'arrivais à JKF. Je m'arrêtais rapidement devant les panneaux d'affichage pour trouver le bon terminal et m'y rendais. Il y avait beaucoup de personne qui attendaient devant la même porte que moi. Les passagers commençaient à sortir, le tapis roulant des bagages s'enclenchait et mon cœur s'emballait déjà. Rien qu'à l'idée qu'il allait bientôt sortir de ce couloir, je devenais folle. Mes mains étaient moites, ma gorge sèche, c'était impressionnant de voir à quel point sa présence pouvait me faire de l'effet. J'allais enfin le retrouver et le meilleur dans tout ça, c'était qu'il n'aurait plus à repartir cette fois. Quand j'avais quitter Volterra à la fin de l'été, jamais je n'aurais pensé me retrouver là aujourd'hui. Mais je ne regrettais rien bien au contraire. Tout ce qui avait pu se passer entre nous depuis le début de cette histoire n'avait tendu qu'à ce moment. Cet instant précis, dans cet aéroport. Le moment où nous ne serions plus jamais séparé. Mon sourire s'élargit encore alors que je me dévissais désespérément le cou, sur la pointe des pieds, pour essayer de dépasser les dizaines de têtes qui se pressaient devant la porte. Stupide taille moyenne !
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Soudain, ils devinrent tous flou et je le vis faire son apparition. La tête baissée sur ses pas, son sac sur l'épaule et l'autre main dans la poche de son jean. Il marchait tout simplement mais moi je n'avais jamais rien vu d'aussi captivant que cet homme parfait et subliment sexy qui ne venait ici que pour être avec moi. Tout avait disparu autour de moi. Je me mordais la lèvre comme pour empêcher ces idées purement charnelle qui traversaient mon esprit de quitter mon organisme. Je rêvais de poser mes mains sur lui. Pour moi, il n'allait pas assez vite. Essayait-il de me torturer? Si c'était le cas, c'était réussi. Cette semaine de séparation n'arrangeait pas les choses, j'étais en manque total de lui. De chaque parcelles de son corps et de son souffle chaud sur ma peau. Mon dieu ! J'avais honte de me mettre dans un tel état mais c'était tellement bon à la fois. J'espérais qu'aucun de ces étrangers ne remarque mon état.
Edward relevait alors la tête vers moi et dès qu'il me voyait ce petit sourire en coin tout droit sortit de mes rêves les plus intimes me faisait littéralement exploser le cœur. Jamais je n'aurais cru devenir un tel cliché, ce genre de fille qui ne contrôle plus ses hormones devant un tel spectacle. Mais lui seul me faisait cet effet. Il avait pris possession de moi et à vrai dire, jamais je ne pourrais laisser cette sensation de béatitude s'en aller. C'était beaucoup trop chaud et incroyablement intense. Maintenant qu'il était à moi (ce dont j'avais encore du mal à croire), tout ça m'étais permis. Pourquoi ne pas en profiter? Il était devenu mon propre soleil. Je revivais.
Alors, comme pour prolonger ce plaisir, Edward s'arrêtait à quelques pas de moi et m'observait en plissant les yeux. Il avait vu clair en moi, il venait de détecter mon trouble. Je ne pouvais rien lui cacher, j'étais complément transparente face à lui. Son sourire se fit encore plus taquin et moi je fondais encore plus, incapable de faire taire mon esprit tourmenté de milles images de lui contre moi. Finalement, il finit de m'achever de la façon la plus sexy qu'il soit. Il leva son index dans ma direction et me fit signe d'avancer, sans un mot. C'était tellement cliché, mais j'étais faible.
J'avançais lentement en déglutissant alors que mon cœur devenait hystérique. Quand j'étais assez proche, il passait son bras derrière mon dos et me ramenait à lui, me plaquant contre son corps. Je lâchais un petit gémissement de surprise, mes mains retrouvant automatiquement ses bras musclés. Edward me soulevait le menton du bout des doigts pour que je le regarde dans les yeux et après m'avoir fusillé avec un autre de ses sourires, il posait enfin ses lèvres sur moi.
Automatiquement je passais mes bras autour de sa nuque et me levant sur la pointe des pieds. Son sac tombait sur le sol et il m'entourait de ses bras, approfondissant déjà ce baiser. Je goûtais à sa langue pour la première fois depuis huit jours. Je croyais déjà connaître cette sensation mais chacun de ses baisers étaient uniques. Ses mains voyageant dans mon dos, maintenant ma tête en place en fourrageant dans ma chevelure, sa main qui découvrait légèrement le bas de mon dos afin qu'il puisse entrer en contact avec ma peau … J'en avais des frissons. C'était bien trop bon. Nous étions entrain de nous donner en spectacle mais j'étais incapable de m'arrêter. Quand mes ongles s'enfoncèrent légèrement dans sa nuque, à la lisière de ses cheveux, la peau d'Edward fut parcouru d'un long frisson. Je souriais sur ses lèvres fière de l'effet que je produisais aussi sur lui. Finalement nous furent bien forcé de nous séparer, à bout de souffle. Nous nous sourions, le regard brûlant du même désir.
- Bonjour. Souffla-t-il amusé.
- Salut, le new-yorkais !
- Humm, je ne me lasserais jamais d'entendre ça.
- J'aime ça aussi. Répondis-je en embrassant rapidement ses lèvres.
Il riait légèrement.
- Allez viens on rentre avant que l'on ne se fasse arrêter pour exhibitionnisme.
- Pourquoi « exhibitionnisme » ? Demandai-je alors qu'il ramassait son sac et prenait ma main. On a rien fait de si indescent ! Riais-je.
- Deux minutes de plus et je t'aurais fais l'amour sur le sol de ce terminal !
Je riais en secouant la tête et il m'entrainait à l'extérieur.
Quand nous arrivions chez moi, je le dirigeais directement dans ma chambre et Edward se laissait faire amusé. La lueur qu'il lisait dans mes yeux ne laissait aucun doute sur mon état et il semblait se plaire dans le rôle de la pauvre victime prise au piège entre mes griffes. Je le poussais sur le lit et il y tombais en riant alors que je montais à califourchon sur lui, mes mains passant déjà sous son t-shirt quand je me perdais dans son cou. Je sentais ses mains remonter de mes jambes à mes hanches qu'il entourait.
- Qui êtes vous et qu'avez-vous fait de ma Bella? Demandait-il, des sourires dans la voix.
- Quoi tu n'aimes pas quand je prend les choses en mains? Demandai-je en relevant la tête.
Mes cheveux lui chatouillaient le visage et il glissait sa main sur la joue pour les ramener en même temps dans mon dos.
- Ne te méprend pas, j'adore ça. Je me demande juste ce que j'ai bien pu faire pour te mettre dans un tel état.
- Humm, soufflai-je quand ma bouche s'attardait sur son torse, tu es toi c'est tout. Et puis, je revenais à sa bouche, tu m'as laissé tout ce temps toute seule ! Boudai-je en m'allongeant de tout mon long sur lui.
Ses bras m'entouraient plus étroitement encore et il levait les yeux au ciel en riant, devant la tête que je faisais.
- Pardon, je suis impardonnable.
- Moi je connais un moyen de te faire pardonner tu sais, souris-je en descendant mes mains jusqu'à sa ceinture, on a pas beaucoup de temps, ma colocataire va bientôt rentrer.
- Comme si ça nous avait déjà arrêté ! Pouffait-il. Cet été, dans ta chambre chez mes parents …
Je réfléchissais un instant et me mordant la lèvre à l'évocation de ses longues nuits. Déjà mes joues s'enflammaient ce qui ne fit exemplifier son amusement. Je lui frappait l'épaule et riant malgré moi. Alors Edward me saisissait par la taille et me faisait passer son lui sans que je n'ai eu le temps de répliquer. Il soupirait longuement en détaillant mon corps comme si ça lui était douloureux de me regarder ainsi sans agir. La main qui n'était pas calée dans mon dos s'appliqua à remonter lentement le long de mon ventre en passant son mon pull pour s'arrêter au creux de ma poitrine. J'en avais la chaire de poule et lui était fière de lui.
- En fait, commençait-il, non pas que ton idée me déplaise au contraire …
Calée ainsi sous son bassin je pouvais sentir qu'effectivement « l'idée » en question était loin de lui déplaire. Je lui lançais un regard suggestif et il baissait les yeux entre nous.
- La preuve ! Reprit-il.
J'attrapais ses lèvres en riant mais elles m'échappèrent rapidement. Il posait un doigt sur ma bouche pour que je reste sage, parlant très près de mes lèvres et tout doucement. Il allait me rendre complètement folle à jouer les saintes-ni-touche.
- Mais peut-être qu'on devrait marquer le cou pour mon arrivée. J'avais pensé qu'on pourrait aller au restaurant ce soir. Je t'invite.
- C'est un rendez-vous? Demandai-je amusé. Tu n'es pas trop fatigué?
- Je vais très bien ne t'inquiète pas et puis c'est pas maintenant qu'il faut t'inquiéter de ça après ce que tu t'apprêtais à me faire ! Sourit-il.
Je passais une main sur sa joue pour finir dans ses cheveux en soupirant de contentement.
- Je viens de me rendre compte que tu n'as jamais eu à ramer pour me séduire.
- Comment ça?
- Je suis tomber directement dans tes bras.
- C'est parce que je suis irrésistible. Plaisanta-t-il.
- Je suis sérieuse ! C'est trop facile ! Tu n'as pas eu à m'acheter des fleurs, à me téléphoner pour m'inviter au restaurant en ne lâchant pas si j'allais accepter ou pas, j'aurais dû te faire mariner un peu …
Je souriais quand Edward lui, gardait le regard fixé sur mon épaule comme s'il était entrain de réfléchir intensément.
- Edward? L'appelai-je, surprise par ce changement soudain d'attitude.
Son regard se perdit cette fois au dessus de nous, par la fenêtre.
- Qu'est-ce que tu …
Avant que je n'ai eu le temps de finir ma phrase, il avait déjà sauté du lit et remis son t-shirt en me laissant seule et complètement perdue sur le lit. Je me relevait sur mes mains en le voyant quitter rapidement ma chambre.
- Hey ! Où tu vas?! Lançais-je assez fort pour qu'il m'entende jusqu'au salon.
[Razor – Foo Figthers]
Puis j'attendais la porte d'entrée claquer. Je fronçais les sourcils et me levais pour le suivre. Je n'avais rien compris à ce qui venait de se passer. Je cherchais mes chaussures dans la pièce quand mon téléphone portable sonnait. Je jetais un coup d'œil sur la table de chevet et fut surprise de voir le numéro d'Edward s'afficher. Je lâchais doucement ma deuxième chaussure et décrochais légèrement méfiante.
- Allo? Dis-je, hésitante.
- Salut c'est Edward.
Je pouffais de rire.
- ça pour une surprise !
- Je me demandais si tu voulais venir diner avec moi ce soir?
Un sourire étirait mes lèvres.
- Humm, je ne sais pas trop … Répondis-je en rentrant dans son jeux.
- Je vais devoir insister.
- Ah oui? Et pourquoi ça?
- Parce que je suis déjà en bas de chez toi.
Je riais et montais en genoux sur mon lit pour vérifier par la fenêtre. Effectivement, Edward se tenait juste en dessous, trois étages plus bas. J'ouvrais la fenêtre et me penchait dehors alors qu'il me souriait déjà l'air de triompher.
- Je n'aime pas qu'on me force la main Edward Cullen. Lançai-je hautaine.
- Je m'en suis douté ! C'est pour ça que j'ai emmené ça avec moi !
Il sortait un petit bouquet de fleure de derrière son dos et le brandissait fièrement dans ma direction.
- Et maintenant votre réponse miss Swan?
Je rentrais la tête à l'intérieur et fermais la fenêtre avant de raccrocher mon téléphone. Je restais figée une seconde, le sourire aux lèvres, en pensant au tour qu'il venait de me jouer. Ce type était fou et moi … J'étais folle de lui !
Dans un rire je me jetais hors du lit en affilant ma deuxième chaussure au passage. J'attrapais ma veste et me recoiffait rapidement devant le miroir de ma chambre avant de me précipiter dans le couloir. Dans la foulée j'ouvrais la porte de mon appartement et tombais nez à nez devant Edward qui arborait un petit sourire adorable, tenant toujours ce stupide bouquet de fleur. Il avait du prendre le premier qu'il avait trouvé, en si peux de temps.
- Alors? Ça t'a plus? Soufflait-il, appuyé sur l'encadrement de la porte.
Je lui sautais littéralement au cou et il me faisait lentement tourner alors que nous rions tous les deux.
- Où as-tu trouvé le temps d'acheter un bouquet? Demandai-je quand il me reposais par terre.
- Je l'ai acheté à un sans abri qui les vends devant chez toi.
- Très astucieux !
- Oui je trouve aussi ! Lançait-il fier de lui.
Il me tendait le bras que je saisissais sans me faire prier. Ensuite Edward embrassait le haut de mon crâne.
- Allez venez miss Swan, je vous emmène diner.
- Mais avec plaisir monsieur Cullen !
***
POV Edward
Bella et moi partions à pied à la recherche d'un restaurant pour diner. La nuit tombait déjà sur cette fin de janvier. En y réfléchissant, ce début d'année n'avait été que pur bonheur, même avec les incidents qui m'avaient valu une nuit au poste. Tout ça était derrière nous maintenant. Cela faisait tout juste trois semaines que c'était arrivée et pourtant, en marchant ce soir avec Bella à mon bras, ce souvenir paraissait appartenir à une toute autre vie. Ce soir nous étions comme tous ces couples normaux qui sortent diner dans une des plus belles villes des états-unis. La nôtre a présent. Je sourirais à cette idée et entourait les épaules de Bella pour la remmener d'avantage contre moi. Elle étais tout pour moi maintenant. Je lui devais tout.
Notre choix se portait sur un petit restaurant japonais le Kang Suh sur Broadway. Cet établissement était à la fois moderne et rustique, dans ses tons ocres et dorés. Nous pouvions manger au comptoir où le chef faisait des démonstrations mais nous préférions une table plus isolée. Nous en choisissions une encadrée d'un paravent typiquement asiatique en toile beige habillée d'un cabre de bois clair. Un serveur nous plaçait et nous donnait les menus. La chanson All in All du groupe Lifehouse jouait dans la salle, berçant ainsi notre soirée. Nous commencions par un assortiment de sushis que nous dégustions à deux, accompagnée de leur soupe au choux et au soja traditionnelle.
- Tu as cours demain? Demandai-je en dégustant un autre sushi au thon rouge.
- Juste l'après-midi, répondait Bella en essayant de dompter ses baguettes ce qui me fit sourire. Je pourrais venir visiter des appartements avec toi le matin. Par contre, je travail à la boutique après.
- Il faut que tu cales la première baguette entre ton pouce et ton index. Lui expliquais-je en prenant une gorgée de vin.
Elle soufflait en jetant ses baguettes dans son assiette.
- Si tu savais combien de fois on me l'a expliqué ça !
- C'est comme pour tenir un stylo.
- Ça aussi ! Plastronna-t-elle. Ça rend pas la chose plus facile je te signal. J'ai pas l'habitude d'écrire avec deux stylos moi.
Je riais et faisais signe à un serveur d'approcher.
- Oui monsieur? Dit-il avec un fort accent asiatique.
- Pourriez-vous apporter des couvert à cette jeune fille, elle a un peu de mal avec les traditions.
Le serveur lança un regard à Bella en lui souriant gentiment alors qu'elle s'enfonçait dans sa chaise, honteuse.
- Tout de suite monsieur. Me répondit-il avec un sourire entendu.
Une fois qu'il fût partit, Bella me lança un regard noir.
- Quoi? Me défendis-je.
- « Elle a un peu de mal avec les traditions ». Répétait-elle en grimaçant.
J'essayais de ne pas rire devant sa mine déconfite mais elle remarquait mon amusement et me fusillait de nouveau du regard.
- J'essayais de t'aider, dis-je en lui prenant la main, mais ça ne me dérange pas de te donner la becquée si tu veux.
Elle souriait. Gagné !
- Regarde.
Je prenais un sushi au saumon entre mes baguettes et lui tendait. Elle hésita un instant mais finis par poser ses fines lèvres autour du sushis. Cette fois je perdais mon sourire. Voir sa bouche se refermer délicatement autour de ces baguettes me fit l'effet d'une bombe. Je n'avais jamais rien vu d'aussi sensuel, si bien que quand elle reculait pour reprendre sa place sur sa chaise, je restais bloquée avec mes baguettes en l'air, au-dessus de la table. Bella le remarquait et levait un sourcil.
- Qui a l'air d'un idiot maintenant?
Revenant à la réalité, je baissais mon bras et finissais son sushi.
- Un partout. Soufflais-je en baissant les yeux sur mon plat.
Bella riait fièrement.
Bientôt nos plats arrivèrent. Nous avions tous les deux pris des brochettes de bœuf fourrées au fromage, accompagnée d'une portion de riz aux épices. Le serveur nous resservait du vin et je m'amusais déjà de voir Bella se délecter avec gourmandise de ses brochettes.
- On dirait que tu n'as pas mangé depuis des mois! Riais-je, au premier rendez-vous les filles ne sont-elles pas censée se contenter d'une petite salade?
- Pas quand l'homme l'a déjà vu toute nue non.
- Oh pardon, je ne connaissais pas la règle !
- Bah maintenant tu le sais ! Lançait-elle fièrement. J'adore le japonais ! Je n'en mangeais jamais avec Mike, il détestait ça !
Mon estomac fit un bon en entendant l'évocation de sa relation avec lui. Bella se rendit compte elle aussi de ce qu'elle avait dit et m'envoyait un sourire charmeur. Je soupirais oubliant déjà CE prénom. Elle était adorable, si innocente. Tellement innocente qu'elle ne se rendait même pas compte qu'elle l'était.
- Je pense qu'en vivant ici, j'irais souvent m'acheter des articles de sport !
- Tu n'as pas à me surveiller.
- C'est pas toi qui je surveillerai mais lui.
- Il est avec Jessica maintenant.
- Simple précaution. Quand on goûte à Bella Swan, on ne peut jamais vraiment en être sevré.
- Tu parles d'expérience là? Souris-t-elle.
- Oh oui ! Je me rappel encore de la période de sevrage que tu m'as imposé ma belle. Lançais-je avec une certaine amertume dans la voix.
Elle riait et se penchait au-dessus de la table pour m'embrasser sur la joue.
- Tu l'avais mérité ! Disait-elle en se rasseyant, les yeux sur sa nourriture.
Là je me saisissais de mes baguettes et minais le Hara kiri de façon très théâtrale en y ajoutant, avec une grosse voix digne d'un vrai samouraï :
- Wakare no zankoku na sekai !
Elle éclatait de rire.
- Quoi?!
Je souriais et lui prenait la main par dessus la table.
- C'est du japonais, la traduction la plus approchante serait « Adieu monde cruel ».
Bella repartait en éclat de rire. J'adorais l'entendre rire. Une fois calmée elle enchaînait. La douce mélodie de Justin Nozuka sur After Nonight prenait le relais.
- J'ai parfois tendance à oublier que tu as un QI supérieur à la moyenne.
- Rien à voir crois-moi ! Quand j'étais enfant, notre occupation favorite à James et moi était de regarder des animes en version originale devant la vitrine d'un magasin de manga !
Je riais doucement en repensant à cet époque qui, finalement, n'avait pas eu que de mauvais côté. Quand mon ami me revint en mémoire cela-dit, ma gorge se serait et je sentais mes sourcils se froncer, je soupirais pour essayer de chasser l'image du petit garçon qu'il était il y a quelques années, aussi innocent que moi. Aujourd'hui il était en prison. C'était injuste.
La pression que la main de Bella exerça sur la mienne me ramenait à elle. Je retrouvais son regard compatissant. Elle savait exactement ce qui me passait par la tête. Je lui souriais à mon tour, plus qu'heureux qu'elle soit là dans des moments comme celui-ci.
Au moment de payer l'addition, je la laissais sortir avant moi et payais au comptoir. Quand je sortais du restaurant, le vent s'était levé et je serrais instinctivement Bella contre moi. Nous nous laissions bercer un moment avant que je n'appelle un taxi de la main. Rapidement, l'un d'eux s'arrêtait et j'ouvrais la porte à Bella, tel un gentleman, ce qui la fit sourire d'ailleurs.
- Vous êtes si compliquée vous les femmes ! Dis-je en rentrant dans le taxi, refermant la portière.
La voiture démarrait et Bella se calait contre mon flanc. J'entourais ses épaules, posant mon menton sur sa tête.
- Pourquoi? Soufflait-elle.
- Parce que ! Quand, nous les hommes, nous ne sommes pas assez romantique ça ne vous plait pas et quand nous le sommes, vous riez ! C'est désespérant.
Elle se décalait légèrement pour m'embrasser fougueusement et j'oubliais déjà ce que j'étais entrain de dire. Ensuite elle reculait et souriait devant mon air hébété. Elle tapota le haut de ma tête comme elle l'aurait fait à un petit chien et se remit en place. J'aurais voulu protester et lui montrer que je n'allais pas me laisser faire ainsi mais j'étais bien trop faible sur l'instant. J'avais encore le goût de sa bouche sur mes lèvres et je planais encore.
- « Cette femme aura ma peau un jour. », pensais-je en laissant couler pour cette fois.
La colocataire de Bella était déjà couchée quand nous arrivions et à en juger par la paire de chaussure masculine qui était dans l'entrée, elle n'était pas seule elle non plus. Bella m'entrainait pas la main jusqu'à sa chambre en me faisant signe de rester silencieux. Elle refermait lentement la porte derrière nous et parlais normalement.
- J'ai passé une très bonne soirée. Dit-elle en se penchant à mon cou.
Je l'entourais dans mes bras et embrassais doucement ses lèvres.
- C'est génial de se dire qu'il n'y a plus d'échéance de départ non?
- C'est parfait. Soufflai-je ses lèvres en essayant d'y goûter à nouveau.
Malheureusement pour moi elle se dégageait de mon étreinte avec un petit sourire.
- Je vais dans la salle de bain. Je reviens vite.
- T'as intérêt ! Lançais-je avant qu'elle ne quitte la chambre.
Alors je me préparais également à aller dormir et m'allongeais sur le petit lit de Bella pensant que je devais absolument lui acheter un lit deux places. Je passais mes mains derrière mon crane et fixais un moment le plafond. J'étais bien. Relaxé. Détendu. Il y avait longtemps que je ne m'étais senti aussi bien. C'était parfait.
Bella revenait alors, je penchais simplement la tête pour la regarder. Elle portait un pantalon de pyjama trop large pour elle et un débardeur moulant. Elle avait remonté ses cheveux en chignon, seule quelques mèches rebelles lui entourait le visage. Elle était magnifique, même pour aller se coucher. Elle était entrain de se passer de la crème hydratante sur les mains, quand j'avais une idée.
- On pourrait passer voir ton père dans la semaine. Maintenant que je vis ici, autant que je joue le jeu à fond.
Un instant Bella figeait son geste. Elle ne me répondait pas.
- Bella?
Elle levait timidement les yeux vers moi.
- Qu'est-ce que tu en penses?
Bella mettait encore un moment à répartir la crème sur ses mains sans me répondre, ce que je trouvais plus que suspect, puis elle se décidait à venir vers moi et s'asseyant en tailleur sur le lit. Je me rasseyais à mon tour en attendant qu'elle m'explique les raisons de ce soudain changement d'humeur.
- J'ai dis quelque chose de mal?
- Non ! S'empressait-elle de dire. C'est juste que …
- Que quoi? L'encourageai-je.
- Mon père ne sais pas ce qui se passe réellement.
Je fronçais les sourcils. Pourquoi restait-elle aussi évasive?
- Et qu'est-ce qui se passe au juste?
Elle soupirait à nouveau.
- Bella, ce suspens va me tuer.
Je lui prenait la main pour l'inciter à parler.
- Bon ok, mais promet moi de ne pas t'énerver d'accord?
- M'énerver?
- Mon père a fait des recherches sur toi.
Je me figeais. Mon cerveau s'arrêta un instant, refusant d'admettre tout ce que cela pouvait engendrer.
- Bien sûr c'est évident, c'est un flic … Soufflai-je en me levant.
Bella suivit mon déplacement d'un œil anxieux alors que je passais nerveusement mes mains dans mes cheveux.
- Il a tout découvert pour Aro et l'arrestation, continuait-elle quand je reportais mon regard sur elle. Il dit …
- Laisse-moi deviner. Que je ne suis pas assez bien pour toi?
Son silence parla de lui même.
- Qu'est-ce que tu lui as répondu?
- Qu'il n'avait aucun droit de te juger aussi facilement parce qu'il ne connaissait rien à ton histoire.
- Peut importe ce que tu lui as dit en fait, je suis grillé. Soupirai-je.
Bella se levait à son tour pour venir refermer ses bras autour de moi, bizarrement j'étais incapable de la serrer contre moi pour l'instant. Cette nouvelle avait été un choc. Je ne lui en voulais pas mais j'étais trop en colère pour faire le moindre mouvement.
- Ne t'inquiète pas, je lui parlerai d'accord. Je vais arranger ça. Je te le promet. Soufflait-elle sur mon torse.
Comme je ne disais toujours rien, elle demandait timidement :
- Tu m'en veux?
Je trouvais enfin la force de la regarder et encadrait son visage.
- Écoute-moi bien, jamais je ne t'en voudrais d'accord.
Elle hochait lentement la tête.
- C'est juste que …
Je soupirais longuement en la ramenant contre moi.
- Je me demande si tout ça arrêtera de me poursuivre un jour. J'en ai assez que l'on me juge sans arrêt, d'entendre en permanence les mêmes discours ou de voir toujours les mêmes regards. Il me semble que j'en ai fais assez maintenant pour prouver que j'étais différent.
- On y arrivera. Je te le promet. Laisse-moi gérer Charlie. Tu n'as pas a t'en inquiéter.
- C'est jamais bon tu sais quand le père de ta copine, un flic de surcroit, te prend pour un meurtrier dealer de coke.
- Il ne te vois pas ainsi.
- Comme tu peux le savoir?
- Il t'aurait déjà coffré sinon. Disait-elle avec un petit sourire.
- Merci beaucoup ça me rassure ! Lançais-je amère.
Elle riais et me faisait pivoter jusqu'au lit pour m'y assoir. Ensuite elle s'asseyait sur mes cuisses et entourait ma nuque pour parler doucement contre mes lèvres, son souffle chaud balayant mon visage.
- On aura tout le temps d'en reparler plus tard. Pour le moment, nous sommes tous les deux, pour la première fois depuis une semaine et je ne suis pas très fatiguée.
- Pas très fatiguée? Répétai-je en souriant légèrement.
Bella fit oui de la tête alors que son nez vint caresser le mien. Alors j'entourai fermement sa taille pour la serrer d'avantage contre moi et l'embrassais. Goûtant avidement sa langue qui venait rencontrer la mienne. Elle rompait ce baiser, essoufflée, et faisait passer mon t-shirt au dessus de ma tête. Quand je sentais ses petites mains ce poser sur mon torse, je savais que j'étais perdu. Je voulais la sentir également, mais quand je voulais lui retirer son débardeur elle m'arrêtait.
- Qu'est-ce que tu as en tête? Demandai-je surpris.
D'une main sur mon torse, elle me forçait à m'allonger complètement et déjà sa bouche traçait un chemin brûlant sur mon torse, mon ventre et …
- Laisse-toi faire. Soufflait-elle au-dessus de ma ceinture.
Alors j'inspirais profondément et fermait les yeux en essayant de me concentrer seulement sur les sensations qu'elle me donnait et non pas sur l'arrière goût amère qu'avait laissé notre conversation au fond de ma gorge.
***
Le lendemain quand j'ouvrais les yeux, il faisait à peine jour dehors. J'avais chaud, serré dans ce petit lit avec Bella. Bien que le fait de devoir resté collé en permanence contre son corps nu n'était pas des plus désagréable. Mais il ne fallait pas que je me laisse aller sur cette voie. J'avais beaucoup de chose à faire aujourd'hui. Il était hors de question que je squatte la petite chambre de Bella plus d'une semaine ou deux. Il fallait que je trouve rapidement mon propre appartement.
Je me levais en faisant attention de ne pas la réveiller et allait prendre une douche. Je remarquais qu'il n'y avait plus personne à part nous dans l'appartement. Sa colocataire était vraiment un fantôme, je commençais à croire que jamais je n'arriverais à la croiser ! Quand j'en sortais quelques minutes plus tard, je trouvais Bella allongée sur le ventre en diagonale du lit. Elle s'était emmêlée toute seule en bougeant dans le drap qui ne recouvrait plus ses jambes et sa belles paire de fesses. Je ne savais pas si je devais rire de ce spectacle ou bien prendre une photo, tellement cette position était ridiculement sexy. J'enfilais une chemise et un pantalon propre et avançais doucement vers elle, ramenant mon visage au niveau du sien.
- Bella, soufflai-je lui passant la main dans les cheveux, il faut te lever. On doit visiter plusieurs appartement ce matin.
Elle marmonna quelque chose d'incompréhensible qui me fit sourire.
- J'ai rendez-vous à 8h30 avec un agent immobilier dans Soho. Je peux y aller seul si tu veux dormir un peu. Chuchotai-je.
- Non. Dit-elle les yeux encore clos. Je me lève. Laisse-moi juste une minute.
Alors elle se retournait sur le dos et je la vis replonger petit à petit dans le sommeil. Je riais doucement en m'installant juste au-dessus d'elle, les bras de chaque côtés de sa tête. Déjà sa respiration se faisait lente.
- Tu es sûre?
- Certaine. Tu vas juste devoir me motiver un peu pour que je trouve la force de quitter ce lit douillet.
Je riais et embrassais son front, tout doucement. Puis mes lèvres glissèrent sur l'arrête de son nez, pour un embrasser le bout. Enfin j'atteignais ses lèvres immobiles et leur prodiguais le même traitement. Comme elle ne bougeait toujours pas, je continuais mon petit parcours et arrivais au prémisse de sa poitrine avec un sourire conquis sur le visage. Je commençais donc à soulever lentement le drap qui la recouvrait me préparant à apprécier la douceur de ses seins …
- C'est bon je suis debout ! Lançait-elle en quittant le lit, nue comme un ver.
Je restais hébété une seconde sur le lit, me sentant soudainement comme un enfant à qui on aurait arraché sa sucette.
- Tu te lèves maintenant que ça deviens intéressant ! Soupirai-je.
Alors elle se retournais dans l'encadrement de la porte.
- C'est toi qui as dis que tu avais beaucoup de chose à faire aujourd'hui.
Elle me faisait un clin d'œil avant de partir se doucher alors que moi je retombais mollement sur le lit.
***
Une heure plus tard nous arrivions tous les deux au rendez-vous dans Soho. Dans les années 70 ce quartier offrait des espaces immobiliers bon marché pour les artistes, il était d'ailleurs classé quartier historique depuis. Aujourd'hui un bon nombre de ces bâtiments avaient été transformés en studio ou en loft, mais il comptait encore pas mal de galeries d'arts datant de la belle époque. Il restait toutefois un des cartiers les plus touristique de la ville, avec ses façades atypiques, toujours plus colorées les une que les autres. Il était en perpétuel mouvement et c'était pourquoi je voulais habituer dedans. En plus de ça, Soho bordait d'autres quartier agréable de New York comme Greenwick Village ou Chinatown, plus au sud. Le fait qu'il abrite beaucoup de galeries n'était pas négligeable non plus compte tenu des préférences de Bella. Qui sait? Peut-être qu'un jour nous aménagerions ensemble.
Cela étant, nous aurions pu arriver plus tôt au rendez-vous mais Bella avait insisté pour faire un détour via Starbucks prétextant qu'elle ne pouvait pas commencer sa journée sans son White Moka et que je ferais mieux de m'y habituer. Le pire c'était que cela m'avait fait rire. Même ses petits caprices féminins étaient adorables. Je cédais à tous ses désirs. Faible moi !
- C'est votre premier appartement en couple? Demandait poliment l'agent immobilier s'apprêtant à nous faire visiter le premier loft.
Bella lui fit un sourire gêné et je prenais le relais en resserrant ma main autour de la sienne.
- Elle m'accompagne simplement. L'appartement serait pour moi. Dis-je poliment.
- Bien, très bien.
Il en prit note dans son dossier.
- Monsieur Cullen, mademoiselle, si vous voulez bien me suivre.
Nous nous rendions alors dans le premier loft de la matinée. La façade du bâtiment était en bon état, revêtue de briques rouges, avec ces longues échelles de secours typiquement new-yorkaises. Je laissais l'agent faire son speech, ne l'écoutant que d'une oreille distraite cependant. Je préférais me faire une opinion par moi même. Je devais pourtant reconnaître qu'il avait tapé dans le mille. Cet appartement était exactement ce que je recherchais. Beaucoup d'espace et très peu de cloisons, un sol recouvert d'un parquet foncé et brut, des murs en briques rappelant la façade extérieure, de grandes baies vitrée laissant entrer la lumières, propre et haut de plafond, une cuisine ouverte avec un bar en inox. Il était parfait, même Bella avait les yeux qui brillaient.
Un escalier en métal rappelant l'existence d'anciennes usines à cet endroit autrefois, permettait d'accéder aux chambres, deux au total, et à la salle de bain. Là encore j'étais agréablement surpris. L'étage était moins spacieux qu'en bas mais c'était suffisant pour installer ma chambre et peut-être une bibliothèque dans la deuxième pièce. La salle d'eau possédait une cabine de douche assez large pour deux personne et une baignoire. Comble du magnifique, le loft disposait d'un accès privatif au toit, offrant une petite terrasse dont la vue donnait sur les boutiques luxueuse du quartier. J'adorais cet endroit. Je m'y sentais déjà chez moi.
Non redescendions en bas pour discuter de choses moins agréable, le prix. Malheureusement pour moi, je déchantais.
- Il est loué à combien? Demandai-je.
- Eau et charges comprises, le loyer s'élève à 900 $ par mois.
Je grimaçais.
- 900 $ ?! S'exclamait Bella.
- Bienvenu à Soho mademoiselle ! Lançait l'agent immobilier, amusé par l'air ahuri de Bella.
- Bien, soupirai-je en regardant une dernière fois l'appartement de mes rêves, je pense que l'on va continuer. C'est au dessus de mes moyens.
- Je m'en doutais. Disait l'agent. Je me devais toutefois de vous montrer cette merveille. Il correspond en tout point à vos critères.
- Je sais, croyiez-moi j'en suis le premier attristé.
- Bien, se n'est pas grave. J'ai encore beaucoup d'appartement sous la main. Nous finirons par trouver votre bonheur.
Alors nous quittions le loft, je l'admirais une dernière fois, déçus malgré moi de ne plus avoir les finances de mes parents derrière moi. Le prix de l'indépendance laissait quand même un arrière goût amère dans la bouche.
Les visites se succédèrent et je ne retrouvais jamais le même extase que devant le premier loft. Ils étaient soient en trop mauvais états, ce qui m'aurait valu beaucoup trop de travaux, soient ils étaient eux aussi trop cher. A la fin de la mâtiné, j'étais légèrement découragé mais il m'en restait un a visiter. Bella dût me laisser pour aller en cours et nous prévoyions de nous retrouver plus tard à la boutique des Newton.
- Ce loft est le seul qu'il me reste pour le moment. M'informait l'agent en ouvrant la porte.
Je me préparais au meilleur comme au pire quand je foulais le sol de cet énième appartement. Cela dit, quand j'entrais dans le salon, un poids semblait s'envoler de ma poitrine. Tout un mur de ce salon offrait de grandes étagères et je retrouvais l'espoir de posséder ma bibliothèque. Certes, ce loft paraissait un peu petit à première vu, mais il était très bien exposé et de ce fait, très lumineux. Du parquet clair jonchait le sol qui était un bon état, les murs avaient été repeints récemment d'un blanc très clair. Il disposait également d'une petite cuisine très fonctionnelle, tout était de plein pied. Ce que j'appréciais particulièrement c'était ces grandes colonnes porteuses qui délimitaient le salon et la cuisine. La chambre quant à elle, elle était plus grande que celles que l'on m'avais présenté jusqu'ici et la salle de bain était correcte et propre. Je m'y sentais bien même si l'image du premier loft planait toujours au dessus de ma tête.
- Combien pour celui-ci? Demandai-je à la fin de la visite.
- 650 par mois.
J'enfonçais mes mains dans mes poches et soupirais en observant encore une fois cet endroit.
- Très bien, je le prend. Annonçai-je.
- Magnifique ! S'exclamait l'agent immobilier qui allait enfin pouvoir aller déjeuner.
- Quand est-il disponible?
- Je vous remettrais les clés dans une petite semaine à l'agence. Si vous le voulez bien, j'ai quelques papiers à vous faire signer.
- Bien sûr.
Quelques minutes plus tard, nous scellions le deal par une poignée de main viril et un chèque de caution qui comptait d'ailleurs certainement plus pour cet homme que ma pauvre main.
- Félicitation monsieur Cullen. D'ici quelques jours, vous serez ici chez vous !
- Merci. Répondis-je simplement en admirant ma futur demeure.
***
POV Bella
C'était la folie à la boutique cet après-midi. Je n'avais même pas eu le temps de me poser cinq minutes après les cours, ce que je faisais toujours, que les clients m'avais déjà assailli de toutes parts. Je ne savais plus ou donner de la tête entre la caisse et les rayons. Mike n'en pouvait plus non plus, lui qui intervenait à chaque fois que les questions sur les équipements devenaient trop techniques pour moi. En plus de cela, c'était le jour de la comptabilité chez les Newton et je travaillais avec eux depuis assez longtemps pour savoir que ce n'était jamais un bon jour.
- ça vous fera 65$. Annonçai-je au futur randonneur que j'avais servis.
- Tenez. Dit-il en me tendant les billets.
- Merci. Bonne fin de journée.
Je souriais poliment et attendais que le client soit sortit de la boutique pour ranger les billets dans la caisse. J'étais occupée à ranger mon fond de caisse quand la clochette de la porte retentissait à nouveau.
« ça ne s'arrêtera donc jamais », pensai-je en inspirant profondément.
Je n'avais qu'une envie, qu'une hâte, retrouver Edward et passer une soirée tranquille dans ses bras. C'était d'ailleurs ce qui me faisais tenir.
- Oh Bonjour Chef Swan ! Lançait Mike occupé à ranger des articles en rayon.
Immédiatement je levais la tête vers mon père qui venait d'entrer dans la boutique.
- Bonjour Mike. Comment vas-tu?
- Très bien et vous même?
Pff, ce petit discours politiquement correcte me donnais envie de vomir. Je n'avais rien contre Mike mais il occupait toujours une place de choix dans le cœur et l'esprit de mon père, alors que cette place aurait dû appartenir à quelqu'un d'autre aujourd'hui. Ils continuèrent à parler quand moi je n'attendais plus que « bla,blabla, blabla, bla ! ».
- Bon, je vous laisse, j'ai du travail. Lançait Mike. Bella, prend ta pause si tu veux. Je tiens la caisse.
- Non ça ira pas tout de suite. Vas-y toi, je la prendrais après.
- Bon, comme tu veux.
Il retirait son tablier aux couleurs du magasin et sortait pas l'arrière boutique, me laissant seul avec mon père. Nous étions tous les deux mal à l'aise. Nous nous regardions et instant sans rien dire, complétement ridicule aussi bien l'un que l'autre. Finalement je passais devant le comptoir de la caisse et finissait de ranger le rayon que Mike avait commencé.
- Tu veux acheter quelques choses ou tu viens me faire tes excuses? Parce que j'ai du travail papa.
J'avais dit ça d'un ton assez ferme sans pour autant être agressive et j'entendais déjà Charlie grommeler derrière mon dos.
- Je veux bien m'excuser par rapport à la façon dont j'ai agis. Ça n'était pas très habile je te l'accorde …
Je me retournais face à lui, les bras croisés à ma poitrine quand lui, portait nerveusement les mains sur ses hanches et me toisant tel un père en colère, la mâchoire contractée. Ça ne s'annonçait pas bien.
- Mais? Demandai-je pour l'inciter à continuer.
- Mais mon opinion à propos de ta relation avec Edward Cullen ne changeras pas.
« Et Bam ! Prend-toi ça dans les dents Bella », pensai-je en lui lançant un regard des plus irrités.
- Tu n'essaies même pas de lui donner sa chance papa. Dis-je calmement. Qui es-tu pour le juger aussi facilement.
- Ton père et c'est largement suffisant.
- Pas pour moi. Rétorquais-je froidement.
Charlie de renfrogna encore plus.
- Écoute, je suis désolée pour ce que j'ai dit l'autre jour moi aussi, j'étais en colère, je n'aurais pas dû, mais essais d'en apprendre un peu plus sur lui au moins et autrement que via tes bases de données, je t'en pris.
- Je … Je ne sais pas. Avec tout ce que je sais, je n'ai pas la moindre envie que ce garçon remette les pieds chez moi. Il est en ville en ce moment?
Mon silence parla de lui même.
- Peux-tu au moins essayé de ralentir un peu les choses entre vous le temps que je finisse ma petite enquête paternelle?
- Mais c'est pas vrai! Tu continue à fouiller son passé en plus ?!
- C'est la seule chose qui me fera changer d'opinion. Je n'ai confiance en rien d'autre.
Ces paroles me firent mal malgré moi.
- Même pas en l'amour? Soufflai-je tristement. Parce que c'est ce dont il s'agit entre Edward et moi, ça j'en suis sûre.
Devant mon air suppliant, Charlie pris un moment avant de répondre.
- Si j'ai confiance en l'amour? Plus depuis la mort de ta mère non.
Mon cœur se serra à nouveau, non pas pour Renée mais pour le fardeau qui semblait toujours hanter mon père au point de le rendre si insensible à mon bonheur. Au bonheur de chacun.
A cet instant, cette maudite clochette retentissait à nouveau. Je levais les yeux vers l'entrée du magasin en même temps que Charlie se retournait pour regarder dans la même direction que moi.
- Bonjour. Disait Edward, l'air sombre.
Je sentis mon père se raidir malgré la distance qui nous séparait. Le pire, c'était qu'Edward était exactement dans le même état malgré son calme apparent. Je priais pour que tous les deux garde leur calme. Finalement mon père me jetait un dernier coup d'œil et quittait le magasin en évitant soigneusement Edward.
Quand nous furent seul lui et moi, il marchait lentement vers moi, son regard semblant me transpercer. J'avais envie de me faire toute petite. Il s'arrêtait tout près de moi en me regardant de haut quand moi, je n'osais croiser son regard. Au bout de quelques secondes qui me parurent durer des heures, il me ramena contre lui pour m'entourer de ses bras. Quand je retrouvais la chaleur de son torse, je respirais de nouveau.
- Il est …
- Je sais, j'ai entendu. Me coupait-il.
- C'est une vraie tête de mule !
Il riait amèrement.
- Au moins, je sais de qui tu tiens ce sale caractère.
- Hey ! M'insurgeai-je. C'est pas vrai.
Nous nous séparions et Edward me souriait tristement. Je me sentais coupable de la façon dont mon père le traitait. Mike revenait à ce moment là.
- Tu tombes bien, lançai-je, je vais prendre ma pause maintenant.
- Pas de problème. Salut Edward !
- Salut.
J'attrapais sa main pour nous entrainer tous les deux dans l'arrière boutique. Je refermais soigneusement la porte derrière nous avant de parler.
- Je ne sais pas quoi faire avec Charlie.
- Confronte-le. Disait Edward comme si c'était la chose la plus simple du monde. Défend-moi.
- J'essaie figure toi ! C'est pas facile, c'est mon père !
- Bella, il parcourait la distance nous séparant pour me serrer contre lui veillant cependant à ce que je le regarde dans les yeux, il pourra toujours me tenir tête, il pourra toujours trouver des raisons de me faire porter le chapeau, mais pas avec toi. Tu es sa fille. Toi seule peux lui faire comprendre que je n'irais nulle part ailleurs.
- C'est pas si simple.
- Bien sûr que si. Tu n'as qu'à lui tenir tête comme ce que tu faisais cette été à Volterra.
Je me dégageais de son étreinte.
- Comme si mon comportement à Volterra était des plus remarquable!
- Moi je t'ai aimé. Disait-il.
- Ça ne m'a apporté que des ennuis ! Disais-je en me laissant emporter par mes émotions.
Un voile sombre passa dans les yeux d'Edward.
- C'est gentil. Soufflait-il en serrant la mâchoire.
- C'est pas ce que j'ai voulu dire. Lançai-je agacée. Tu le sais très bien. Il est ma seule famille maintenant.
- Je te demande juste de tenir tête à ton père ! Il n'y aucun droit de fouiller mon passé comme ça ! S'emportait-il à son tour. Je ne me laisserai pas dépouiller de la sorte ! C'est ma vie !
- Edward, je ne sais pas combien de fois je vais devoir te dire que j'essaie !
- Pas assez. Crachait-il.
Son regard était un miroir sur toute la colère qu'il refoulait sur l'instant, si bien que je ne savais plus quoi ajouter pour arranger les choses. Je restais pétrifiée devant lui.
- Je vais te laisser travailler.
Il avait parlé plus calmement cette fois, se rendant compte lui aussi que nous venions de nous disputer pour la première fois depuis longtemps. Il se dirigeait vers la porte de la réserve.
- On se voit à l'appartement? Demandai-je timidement en restant plantée au milieu de la pièce.
Mais il partait avant de me répondre et je l'appelais en vain.
- Edward !
Pas de réponse.
- Edward !
Je me passais nerveusement la main dans les cheveux en tapant du pied par terre. Cette pause avait été tout, SAUF, reposante.
Fin de la partie 1 !
Et oui, moi aussi j'ai du mal à les laisser partir donc j'ai écris un énorme chapitre qui m'a valu de le couper en 2 ! Je ne pense pas que ça soit trop dur pou vous ! ça vous fait plus de Beautiful Disaster !
Comme certain le savent déjà mon modem a grillé et je squatte actuellement la connexion du Macdo pour vous poster tout ça ! Après on ne dira pas que je ne suis pas dévouée à mes lecteurs ! C'était en plus très laborieux car FF fait des siennes ce weekend !
Je poste ici le dernier trailer de Beautiful D pour ceux qui ne l'ont pas déjà vu. Pour l'occasion il dure 3 minutes ! [n'oubliez pas d'enlever les crochets]
Trailer Final : http://www[.]youtube[.]com/watch?v=1P9zm0gVsLM
Pour la deuxième et dernière partie de ce chapitre final qui arrivera très vite, je vous pomet plein de surprise sur le blog que j'ai ouvert pour BD. Vous y retrouverez bien sûr tous les chapitres et toutes les vidéos mais en plus, la playlist complète de l'histoire et, avec la dernière partie de l'histoire arriveront, quelques photos des différents lieux qui m'ont aidé à décrire cette fiction ! Pour un peu plus d'immersion dans le BD univers !
Alors RDV à cette adresse : http://twilightfic-bd[.]skyrock[.]com/
Côté playlist :
- Love Spreads - The Stone Roses
- Razor - Foo Fighters
- All in All - LifeHouse
- After Tonight - Justin Nozuka
Allez, cette fois la pochaine publication sera LA DERNIERE !
Merci encore !
-G-
