CHAPITRE XVII

THE FINAL CURTAIN CALL

Part. 2

***

POV Bella

[Stranger Things Have Happened – Foo Fighters]

Après une fin d'après-midi chaotique au magasin durant laquelle mon esprit ne cessa de me tourmenter, je rentrais chez moi, le cœur lourd. J'espérais qu'Edward s'y trouverait, même si je ne me faisais pas trop d'illusion après la dispute que nous avions eu. Maintenant ils étaient deux à m'en vouloir, d'abord Charlie pour ne pas être la fille qu'il aurait aimé avoir et ensuite Edward pour ne pas être une petite amie à la hauteur.

J'inspirais profondément avant de mettre la clé dans la serrure, comme pour me donner la force nécessaire afin affronter cette soirée de solitude. La chaleur de l'appartement glissait sur mon visage dès que j'ouvrais la porte. C'était presque réconfortant. Les lumières étaient tamisées et je trouvais ma colocataire et son petit ami sur le canapé, devant la télé. Je les saluais poliment en retirant mon manteau et mes chaussures et quand la question cruciale fut posée :

« - Tu as vu Edward? »

Elle me répondait simplement qu'il était rentré il y a une heure déjà, qu'ils avaient pris un apéritif tous les trois pour faire connaissance et qu'il était aller se reposer dans ma chambre. Il n'en avait plus bougé depuis. Elle ajoutait qu'il paraissait très sympathique et que nous allions bien ensemble. Alors je lui souriais poliment en pensant que peut-être après les évènements d'il y a quelques heures, il n'aurait plus envie que l'on soit ensemble. Un frisson glacé me transperça à cette idée mais je m'éclipsais cependant dans le couloir pour aller le rejoindre. Le fait qu'il soit là était déjà une bonne chose, à moins qu'il ne veuille rompre avec moi, face à face ...

[Goddamn This Dusty Room
This hazy afternoon
I'm breathing in the silence like I've never before
This feeling that i get
This one last cigarette

Que Dieu Maudisse cette chambre poussiéreuse,

Cet après-midi brumeux,

Je respire dans ce silence comme jamais avant cela,

Cette sensation que j'ai,

Cette dernière cigarette,]

Plus j'avançais dans le couloir et plus la mélodie de Stranger things happened, cette douce mélodie acoustique, me parvenait à travers la porte de ma chambre. J'imaginais déjà Edward écouter cette chanson des Foo Fighters en ruminant dans le noir.


[As I lay awaken and wait for you to come through the door
Oh maybe, maybe, maybe I can share it with you
I behave I behave I behave so I can share it with you

Je reste allongé en attendant que tu passes cette porte,

Peut-être pourrais-je le partager avec toi,

Je suis sage pour pouvoir le partager avec toi,]

Je n'avais pas tout à fait tord. Quand j'entrais il ne bougea pas, bien que je sois persuadée qu'il m'ait entendu à la seconde où j'étais entrée dans l'appartement toute à l'heure. Edward était allongé sur mon lit, les bras derrière la tête, torse nu et avec pour seul éclairage, ma petite lampe de chevet.

Et cette musique … J'hésitais un instant, aillant peur de le déranger mais il fallait que ça sorte. Il fallait qu'on parle et ça même si ça devait être la dernière conversation que nous échangerions.

- Je suis contente que tu sois là, soufflai-je timidement en calant mon dos contre la porte qui se referma complètement sous mon poids, j'avais peur que tu sois partit.

Son torse fût secoué par un rire silencieux mais il ne parla pas. Il ne me regarda même pas.

- Je suis tellement désolée. Dis-je sincèrement. Je sais que se n'est pas grand chose mais c'est la vérité. Je suis désolée que cela se passe ainsi.

Ma voix était peu assurée. Elle tremblotait, comme chaque partie de mon corps.

[You are not alone dear loneliness
You forgot

but I remember this
So stranger, stranger, stranger things have happened i know
I'm not alone dear loneliness
I forgot that i remember this
So stranger, stranger, stranger things have happened i know, oh ohh, oh ohhh

Tu n'es pas seul, chère solitude,

Tu as oublié mais je m'en souviens,

D'étranges choses se sont passées, je sais,

Je ne suis pas seul, chère solitude,

J'avais oublié, mais je m'en souviens,

D'étranges choses se sont passées, je sais]

Après encore une longue minute, Edward bougeait enfin et c'était comme si je respirais à nouveau. Son visage se tourna dans ma direction, son regard entra en contact avec le mien et un de ses bras, qu'il délogea de l'arrière de sa tête, m'invita à le rejoindre.

Je parcourais la distance qui nous séparait sans une seconde d'hésitation et allais me blottir contre lui sur mon petit lit. Son bras se referma autour de moi et je calais mon visage dans son cou pour respirer son odeur si particulière. Cette odeur qui calmait toujours mon cœur affolé. J'étais à ma place.


[And i dream about somewhere, a smoke will fill the air
As i lay awaken and wait for you to walk out that door

Et je rêve d'un endroit, une fumée remplira l'air,

Et je reste allongé en attendant que tu passes cette porte,]

- Tu n'as pas à t'excuser Bella, on a tous les deux exagérés.

Ça aurait dû me rassurer, mais sa voix était si … éteinte.

- J'étais en colère, je le suis toujours à vrai dire … Le simple fait qu'il me juge ainsi ça me …

Il soupira et ne finit pas sa phrase.

- Mais je te le répète, enfin il me regardait, je n'irais nulle part. Plus maintenant. Je reste avec toi.

- C'est tout ce que je veux. Répondis-je avec des trémolos dans la voix.

- Mais il faut que tu comprennes, je ne me laisserai pas faire sans réagir.

- C'est mon père ! Justifiai-je.

- Je sais. Ça n'est pas pour ça qu'il doit me manquer de respect. Dit-il calmement mais sévèrement. Appuyant chacun de ses mots.

Je me levais et faisait quelques pas dans la pièce, sentant le conflit revenir. Je soupirais longuement et remettais mes cheveux en place avant de me retourner vers lui. Edward s'était levé en même temps que moi. Encore une fois, trop d'espace nous séparait à mon goût. C'était comme si l'air me manquait, il restait coincé dans ma gorge. Alors j'allais me poster tout près de lui, tremblante. Je n'osais le regarder dans les yeux quand je reprenais la parole. Je sentais pourtant qu'il ressentait mon trouble et qu'il en souffrait. Même si c'était difficile à dire, cela devait être dit, et maintenant. Avant d'aller plus loin.

Mes yeux s'embuèrent d'eux même avant que les mots ne passent mes lèvres.

[I can change, I can change, I can change
But who you want me to be?
I'm the same, i'm the same, i'm the same, what do you want me to be?

Je peux changer mais qui veux-tu que je sois?

Je suis le même, que veux-tu que je sois?]

- Il est la seule famille qu'il me reste … Je ne peux pas simplement prendre ton parti même si je trouve que ce que tu ressens est légitime. C'est une intrusion dans ta vie privée, dans ton passé … Mais je dois être des deux côtés cette fois.

J'essayais de me calmer un peu avant de reprendre. Ma gorge me faisait mal quand j'avalais ma salive. Ma voix sonnait comme une longue plainte. Ses mains remontèrent sur mes bras qu'il caressait doucement. Complètement attentif à mes paroles.

- Je ne sais pas quoi te dire de plus que ce que je ne t'ai déjà dit.

Je croisais enfin son regard, aussi meurtri que le mien.

- On va y arriver ! Insistai-je. On a traversé bien pire. Mais je n'y arriverais pas seule …

Je m'arrêtais un instant.

- Je sais que tu as traversé beaucoup d'épreuve dans ta vie et que j'ai beaucoup de chose à apprendre de toi … Pour être avec toi mais, aujourd'hui... Je suis au maximum et à un moment …

Il essuyait la larme qui coulait sur ma joue avec son pouce. Malgré mon état, je continuais à parler.

- Tu vas devoir faire avec ou partir.

Mon cœur explosa littéralement dans ma poitrine à mesure que je disais ces choses si dures, mais tellement vraies. Lui était figé dans la même douleur que moi.

- C'est à toi de voir.

J'étais complètement essoufflée en finissant.


[I'm not alone dear loneliness
I forgot that i remember this
You're not alone dear loneliness
You forgot but i remember this
Oh stranger, stranger, stranger things have happened i know

Je ne suis pas seul, chère solitude,

J'avais oublié, mais je m'en souviens,

Tu n'es pas seul, chère solitude,

Tu as oublié mais je m'en souviens,

D'étranges choses se sont passées, je sais]

Avant même que je n'ai eu le temps de reprendre mes esprits, Edward m'avait attiré contre lui et bercé lentement et moi, à bout de force, je reposais complètement sur lui.


[Oh stranger, stranger, stranger things have happened i know oh ohh, oh ohh, oh ohhh]

- Chuutt, soufflait-il à mon oreille tout en me caressant les cheveux, calme-toi.

J'essayais de reprendre une respiration normale avant de parler à nouveau.

- Je ne sais plus quoi faire. Suppliai-je comme si lui avait les réponses.

- Excuse-moi Bella.

Sa réponse me surpris et je me dégageai légèrement pour le regarder. Il essuya une de mes dernières larmes et saisit mon visage entre ses mains. Elles étaient fraîches.

- T'excuser?

- J'ai tellement été aveuglé par ma propre personne que je n'ai pas pensé à ce que ce choix pouvait impliquer pour toi. Je n'avais pas le droit de te demander de prendre partie aussi radicalement.

- Edward, je le résonnerai. Lui assurai-je en me forçant à être convaincante malgré la fatigue.

- Je sais, souffla-t-il avant de m'attirer de nouveau contre lui, je sais. Ne t'en fais plus pour ça. Il est bien trop tard et nous sommes tous les deux épuisés. Nous ferons fasse à tout ça quand le moment sera venu. S'il te plait ne pleure plus, ça me tue.

Alors il reculait, m'entraînant dans sa suite. Nous reprenions place sur le lit et je me blottissais automatiquement dans ses bras. Comme pour calmer les tremblements de nos deux corps épuisés et meurtrit par la peur que nous venions de ressentir pendant ces longues heures, ses lèvres trouvaient les miennes dans un long baiser chaud et suave. Ensuite, et sans se dessaisir de ma bouche, Edward ramenait les couvertures sur nous. Longtemps nous nous embrassions ainsi, sans un mot de plus, comme deux adolescents en pleine découverte de leur désir.

Bientôt nous en voulions tous les deux d'avantage. Son torse dénudé contre moi était bien trop chaud et tentant pour que je reste sage. Je le chevauchais et retirais mon chemisier devant son regard désireux. Tout ça toujours aussi lentement et avec la même douceur que celle que nous avions insufflée à nos baisers. Tout était calme autour de nous et seul nos deux cœurs rythmaient cette atmosphère paisible.

Je pensais alors aux premiers échanges charnels que nous avions échangés dans les champs de Volterra et à tous les autres qui avaient suivis, dans cette passion et cette fougue incandescente. Le chemin que nous avions parcouru durant tous ces mois ne laissait plus aucun doute à notre évolution.

Nous avions tous les deux grandis et mûris.

***

La semaine suivante passa à la vitesse de la lumière. Entre mes cours, le travail et, pour Edward, sa propre recherche d'emplois, aucun de nous ne touchait le sol. Il avait finit par accepter un poste dans un pub pas très loin de chez moi, en tant que serveur. Les horaires étaient chaotiques et le travail éprouvant, mais en attendant de trouver mieux c'était toujours ça de pris.

Ensuite il avait eu les clés de son appartement et nous avions passez la semaine suivante à l'aménager. D'un seul coup, mon vieux pick-up n'était plus aussi risible à ses yeux et je ne perdais pas une occasion de lui faire remarquer. Il avait été d'une grande utilité quand il avait fallu vider son garde-meuble pour tout apporter au loft :

- Alors comment il est « ce vieux tas de ferraille » ? Lançai-je fièrement en déchargeant les cartons du plateau.

- Ça va ! T'as gagné ! Je ne me moquerais plus de ton vieux camion rouillé ! Répondait-il amusé en montant les cartons au loft.

Je le suivais dans l'escalier, chargé également.

- Rouillé ? Non mais oh ! Je crois que tu vas devoir faire tes excuses à mon bébé en redescendant monsieur Cullen.

- Il ne faut peut-être pas m'en demander plus ! Riait-il.

- Oh mais moi je crois que si au contraire !

- N'insiste pas femme ! Lançait Edward de façon déterminée, en faisant le chemin inverse dans l'escalier.

Je posais mon carton sur le pallier et le rattrapais en courant, bien décidée à rendre hommage à ma vieille Chevrolet rouge (virant orange il fallait l'avouer !).

Edward était monté sur le plateau quand je redescendais, s'apprêtant à soulever son écran plat, quand je refermais l'engin derrière lui, le bloquant à l'arrière du pick-up.

- Qu'est-ce que tu fais ? C'est lourd tu sais.

- Je m'en fiche. Fais tes excuses ! Lançai-je en riant.

- Bella laisse-moi passer.

- Allez ! Insistai-je, hilare.

- Bella… Grondait Edward.

- J'attends … Disais-je en croisant les bras tout en tapant du pied sur le bitume. A moins que tu ne préfères déménager tout ça tout seul et retourner vider tout le garde-meuble en métro ? Ou en taxi si tu veux.

Il soupirait vaincu et levait les yeux aux ciels.

- D'accord ! T'as gagné …

- Encore ! Chuchotais-je quand lui me renvoyait un regard noir qui me fit rire d'avantage.

- Pardon voiture de mon tyran Bella Swan ! Tu es très jolie et la rouille te va à merveille. Merci de m'aider à déménager et j'ajouterai que j'admire ton courage pour supporter depuis si longtemps ta peste de petite conductrice. Ajoutait-il avec un regard vicieux à mon égard.

- Hey ! m'insurgeais-je.

Il reposait alors la télévision et sautait à pieds joints sur le goudron, juste devant moi. Edward me saisissait alors par les hanches et me chatouillait jusqu'à se que je le supplie d'arrêter, entre le rire et les larmes. Juste après je lui sautais au cou et nous nous embrassions passionnément, avant d'enfin nous remettre au travail.

Nous avions vite pris l'habitude de nous retrouver là bas, son nouvel appartement nous offrant l'intimité qui nous était plutôt limitée chez moi.

Bizarrement après les 15 jours qu'il avait passé dans ma petite chambre, celle-ci me paraissait étrangement vide quand j'y retournais. Malgré tout, certains soirs nous nous laissions un peu d'espace pour mieux se retrouver le lendemain. Il fallait bien admettre également que je n'arrivais pas à étudier sérieusement quand Edward était dans les parages.

J'aimais cette proximité rassurante. J'aimais l'idée de pouvoir débarquer à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit chez lui. J'aimais ne plus fréquenter les aéroports si régulièrement.

Pas une seule fois pendant ces deux semaines, nous ne reparlions du « cas Charlie ». Nous apprécions seulement ces changements dans nos vies et le départ de notre nouvelle relation. Nous nagions tous les deux dans une atmosphère à part. Comme si personne ne pouvait pénétrer notre micro univers. Il suffisait que nous nous enfermions dans ce loft pour que plus rien ne nous atteigne, ni Charlie, ni les cours et ces résultats qui approchaient, ni le travail.

Voilà maintenant presque un mois qu'Edward avait emménagé à New York et malgré des débuts difficiles (tout à notre image), les choses ne pouvaient pas mieux aller.

Quand je voyais mon père, nous évitions le sujet qui fâche et je commençais à croire que Charlie se faisait une raison. De toute façon, j'avais décidé que je ne serais pas celle qui remettrait tout ça sur le tapis. Les choses s'étaient calmées et même si Edward et mon père s'évitaient prodigieusement, c'était quand même une solution certes temporaire, mais qui arrangeait tout le monde.

La veille des résultats était là. Demain j'irais me presser comme des dizaines d'autres étudiants devant ce panneau d'affichage pour découvrir, si oui ou non, j'allais devoir passer mon été à réviser pour essayer de combler mon retard. J'étais anxieuse. J'avais besoin d'obtenir d'excellents résultat pour être assurée d'entrer sans problème en troisième, et dernière, année.

Nous étions au loft ce soir là. J'étais assise devant la télé, les genoux repliés à ma poitrine, les yeux rivés sur l'écran sans réellement le voir pour autant. Edward, bien qu'occupé à préparer le dîner, remarquait mon trouble. J'avais dû être trop silencieuse certainement, cela me trahissait toujours. Les bruits en cuisine avaient cessés depuis une bonne minute et je savais déjà qu'il m'observait avant de tourner la tête pour confirmer mes dires. Il était adossé au plan de travail, un torchon sur l'épaule et les bras croisés à sa poitrine.

- Quoi? Demandai-je enfin.

- Qu'est-ce que je t'ai dit?

Je fus la première à détourner les yeux de cette joute visuelle pour continuer à regarder mon épisode de F.R.I.E.N.D.S.

- Ça va. Je regarde simplement la télévision, c'est toi qui dramatises là.

- Tu plaisantes là j'espère, tu m'envoies ton anxiété jusqu'ici ! Les steaks en refusent même de cuire ! Tu n'as pas honte?!

Je pouffais en secouant la tête de gauche à droite. Edward s'approchait de moi après avoir baissé le feu et même sans le voir, je devinais son sourire moqueur. Un instant je fis mine de ne pas me préoccuper de lui jusqu'à ce qu'il se poste entre moi et la télé, me bouchant la vue de Chandler déguisé en lapin rose et sa « sex face ».

- Hey ! Tentai-je en essayant de le pousser pour voir la télé.

Mais Edward ne bougea pas et il prit la télécommande pour éteindre la télé.

- Mais Heuuu ! Sifflais-je telle une petite fille capricieuse.

Ensuite, avec toujours la même désinvolture, il allumait la chaîne Hi-Fi qui commençait sur If The Rain Must Fall de James Morrison. Je relevais le regard le plus noir que je pouvais vers lui qui me dominais, mais cela n'eus le don que de le faire sourire d'avantage. Alors je lui tirais la langue en boudant. Un caprice dans toute sa splendeur. Il n'arriverait pas à me dérider ce soir. J'allais garder mon stresse d'étudiante modèle. Il était mien. Il ne gagnerait pas ce soir !

Je le pensais jusqu'à ce qu'il commence à déboutonner sa chemise sur la voix suave du chanteur. Edward arborait ce petit sourire en coins qui m'agaçait plus que tout à cet instant car je sentais déjà ma mâchoire tomber. Ce sourire qui le désignait déjà victorieux de notre petit duel. Moi la forte tête et lui le maître de mes émotions les plus féminines. Le Dieu de mes fantasmes.

- Qu'est-ce que tu fais? Demandai-je comme si son petit jeu me laissait froide.

- Je détourne ton esprit préoccupé.

- Essai encore. Lançai-je comme un défit.

Mais déjà son torse si sculptural et parfait se découvrait, son sourire se faisait plus coquin si c'était possible et mon cerveau s'embrumait. Alors il saisissait mes mains pour les plaquer contre ses abdos et je déglutissais difficilement. J'étais entrain de me trahir toute seule. Lui lisait les moindres soubresauts de mon pauvre corps de femme et s'en amusait.

Quand la chemise tombait, Edward m'attirait rapidement à lui sans me laisser d'autre option, pour nous faire bouger tous les deux langoureusement sur ce morceaux de crooner purement sexy. Nous ondulions de bas en haut, une de ses mains fermement posée sur mes reins, et l'autre dans mes cheveux.

Je me sentais perdre pieds, mon bassin se mouvant dans un seul geste contre le sien et je devais bien avouer que les examens me paraissaient soudainement très futiles et lointains.

- Où tu as appris à danser comme ça? Dis-je dans son cou, le souffle court.

- Dirty Dancing, tu l'as vu? Répondait-il.

Je riais alors Edward me faisait basculer en arrière, mes cheveux allant caresser le canapé, et je revenais à quelques millimètres de sa bouche. Je ne résistais bientôt plus à leur appel. Je suçais délicieusement la lèvre inférieure d'Edward qui rait doucement, victorieux. Encore. Peu importe, sur l'instant, la défaite avait un meilleur goût que la victoire à mes yeux.

- Tu vois. Ça marche. Souffla-t-il sur mes lèvres.

- Même pas vrai. Dis-je les yeux clos.

- Ce n'est pas possible, quelle tête de mule. Ria Edward. Tu vas m'obliger à finir mon striptease.

- C'est une menace? Raillais-je en essayant de calmer les frissons que ce simple mot venait de provoquer chez moi.

Il me poussa lentement sur le fauteuil sur lequel je retombais assise et montait à genoux au dessus de moi, une jambe de cache côté de mes cuisses. Je déglutissais en levant lentement les yeux devant cet Apollon qu'il m'était offert d'apprécier pleinement et surtout, exclusivement.

Edward ne se détachait toujours pas de ce sourire arrogant et attendait simplement que je capitule, mais ce spectacle était bien trop intéressant pour que je cède maintenant. Mon petit fantasme personnel. Chacun de ses mouvements asséchaient ma gorge et chacune des effluves qu'il m'envoyait affolait mon petit cœur.

Il saisissait mes propres mains pour les poser sur la boucle de sa ceinture et la défit en les capturant dans les siennes. Prodigieux, il me rendait complice avec ça ! J'étais perdue. Quand son boxer apparaissait je rendais les armes.

- Ok ! Ok t'as gagné ! Criais-je en riant.

Il se jetait sur moi dans la même hilarité, me forçant à m'allonger, lui sur moi.

- J'ai gagné ! Déclarait-il, me bloquant les mains au dessus de la tête.

- Non, c'est à cause de la musique en fait !

- C'est ça jeune fille ! Toujours des excuses !

Je riais toujours quand il étouffait ma voix par un baiser fougueux. Je me plaçais plus confortablement sous lui en goûtant à sa langue divine et experte, entourant mes jambes autour de lui. Très vite, ses mains passaient sous mon pull, m'en débarrassant. Très vite, je faisais glisser son pantalon, entraînant son boxer. Je me préparais déjà au plaisir que j'allais recevoir. Celui qui, pour le moment m'étouffais le cœur, comprimant ma poitrine. Mais au moment de me retirer mon jeans, Edward se relevait d'un bon, nu comme un vers et retournait en cuisine.

- Je peux savoir ce qui se passe? Demandai-je frustrée en admirant ses petites fesses muscler se balader dans la pièce.

Alors, il se retournait et je constatais pourtant qu'il en avait attend envie que moi mais au lieux de réparer les dommages qu'il avait causé en moi, il passait sa tête dans un tablier qu'il attacha autour de ses hanches, par dessus son corps nu.

La vue ses fesse découvertes en dessous du nœud du tablier eu pour effet de me faire mourir de rire. Apparemment, Edward avait atteint son but ultime et il se promena un moment dans l'appartement, notre dîner à la main et faisant le pitre devant moi.

- D'abord le plat ! Après le dessert mon amour, je te garde ça bien au chaud ne t'inquiète pas ! Déclara-t-il solennellement. Il y a un deuxième tablier ! Déshabille-toi et rejoins-moi ! Ce soir : C'est repas tout nus ! Je sens que ça va me plaire à moi aussi !

Je n'avais pas autant ris depuis longtemps et j'avais définitivement zappé ce qui arriverais le lendemain ! Au Diable le Stresse ! Un peu de folie de ne faisait de mal à personne !

***

Le lendemain matin, Edward et moi nous rendions à l'académie. Je n'avais même pas eu à lui demander de m'accompagner, il avait pris l'initiative de lui-même en me lançant un « Je conduis ! » au moment où je m'étais apprêtée à quitter le loft.

Quand nous entrions dans le bâtiment principal, je repérais immédiatement l'endroit vers lequel je devais me diriger. Tous les étudiants de ma promo se pressaient désespérément devant un des panneaux d'affichage. Longtemps je restais en retrait. C'était comme dans ses rêves où vous vous voyiez à travers votre propre regard, agissant à la troisième personne. J'avais l'impression de ne pas être au contrôle de mon propre corps. J'aurais tellement aimé rester en retrait à cet instant, mais je savais, je savais qu'il me fallait avancer. Reculez maintenant ne changerait en rien les notes affichées. Ma bourse, mon avenir et se que j'allais faire l'année prochaine dépendait de moitié de cette lettre qui m'attendait. A, B, C … De si petite chose qui portant définirait les prochains mois de mon existence.

Je trouvais enfin le courage de lâcher la main d'Edward qui restait adossé au mur opposé, son regard bienveillant pour me donner la force nécessaire de continuer ce chemin seule. Je me faufilais tant bien que mal à travers la foule. Comme un fait exprès, ils faisaient tous une tête de plus que moi aujourd'hui ! Si ma petite taille ne m'avait jamais dérangé jusqu'ici, aujourd'hui c'était le cas. J'aurais aimé avoir la force de tous les faire reculer. J'arrivais devant le panneau et gardais les yeux clos un moment en me concentrant pour garder une respiration régulière. Ensuite, et au lieu de me diriger directement en bas de la liste où les noms étaient cités par ordre alphabétique, mon doigt glissait lentement de haut en bas sur la feuille.

« Joan Steweet », la ligne suivante était la mienne. « Isabella Swan », alors mon index virait sur la droite suivant la ligne en pointillés au prémisse de ma note. Ma note. J'inspirais une dernière fois et :

- 73/100 ! M'exclamai-je sans même y penser.

Je me retournais immédiatement vers lui, mon point d'ancrage. Un sourire illuminait déjà son visage, aussi radieux que le mien devait l'être, alors que je m'élançais vers lui en riant. Faisant fis des autres étudiants, je lui sautais littéralement dans les bras avec un tel entrain qu'il dû faire un pas de recul pour ne pas tomber à la renverse. J'entourais mes jambes autour de sa taille, capturant sans aucune gêne ses lèvres. Nous échangions un baiser fougueux et désordonné mais je savais déjà qu'il ferait partie de ces baisers que l'on oublis pas. Qu'il ferait partie de ces baisers qui accompagnaient un tournant significatif de votre vie.

- Tu vois ! Je te l'avais dit ! Dit-il en me reposant sur le sol.

- Et comment pouvais-tu en être si sûr !

- Parce que ! Tu es Bella Swan et, il tapota mon crâne de son index, il y en a là dedans !

Je pouffais de rire en me calant de nouveau contre lui.

- Et maintenant? Demanda Edward en me rendant la même étreinte.

- Starbucks !? Répondis-je enthousiaste.

- Je m'attendais à une réponse un peu plus générale. Tu es assurée d'avoir ta bourse avec cette note?

Nous marchions lentement vers la sortie.

- Pas tout à fais, je dois également passer les partiels de fin mai, mais je suis au moins assurée de ne pas avoir de point de retard et donc pas de rattrapage cet été. C'est déjà beaucoup.

- Ne me dit pas que toute cette folie va recommencer dans quelques mois?!

- Hey! Qu'est-ce que tu croyais? Que j'allais te laisser tranquille sans un deuxième striptease culinaire?!

Il riait de nouveau et secouant légèrement la tête, entourant mes épaules pour me garder au plus près. Nous quittions l'académie, tous les deux.

Et c'est aussi ensemble qui nous passerions les prochains mois …

***

Après avoir déposé Edward à son travail, j'allais récupérer la Chevrolet pour aller voir Charlie au commissariat. Je me dirigeais sans problème, je savais exactement où trouver mon père à cette heure là. Quand je l'apercevais, mon sourire s'élargit, il était tel que je l'avais imaginé : Assis sur un des bureaux avec un café dans une main et un donut de l'autre. Le parfait cliché du petit policier en puissance.

- Papa ?

- Bella !

Il posait son beignet et repassait son uniforme du revers de sa main pour se donner une certaine prestance devant moi. Ensuite il s'approchait lentement, aussi mal à l'aise que moi.

- ça va? Demandai-je, timide.

- Oui, ça va. Je ne m'attendais pas à te voir aujourd'hui …

- Je sais, le coupai-je, mais j'en ai assez de tout ça. Je ne veux plus rester brouillée avec toi-même si on se voit régulièrement. Avec toi… Mon père. On a jamais reparlé de … tu sais.

Charlie se balançait légèrement d'un pied sur l'autre, mal à l'aise.

- Il faut que l'on trouve une solution Charlie. Il le faut, parce que je n'abandonnerai pas Edward et certainement pas toi non plus. Dis-je d'un ton très calme mais ferme cependant.

- Je le sais ça. Soupirait-il avant de m'entraîner un peu plus loin à l'abri des oreilles indiscrètes.

- Et je ne peux plus continuer comme ça, repris-je, pas comme ça, ça ne fonctionne pas. Je ne pourrais pas faire le tampon entre vous encore longtemps. Il faut trouver une solution à tout ça.

Il mit un moment avant de reprendre la parole.

- Écoute Bella. Je crois que je te dois une explication pour tout ce que je t'ai dis la dernière fois. Quand j'ai dit que je ne croyais plus à l'amour …

Je baissais les yeux.

- Ma petite fille...

Mon père passait la main sur ma joue d'une façon très paternelle, ce qui me surpris beaucoup.

- Ça nous a fait beaucoup de mal quand ta mère est partie n'est-ce pas?

Je restais sans voix devant cette évidence.

- Edward n'est pas le réel problème ici. J'y ai réfléchis des nuits et des nuits entières avant de le comprendre. Quand j'ai vu que ça devenait sérieux entre vous deux et quand j'ai vu à quel point tes yeux brillaient rien qu'à l'évocation de son prénom, j'ai eu peur.

- Peur de quoi? Soufflai-je, mon cœur se serrant dans ma poitrine.

- Peur qu'un jour il ne te fasse souffrir, peur que tu le perdre et que tu ne revive la perte et le vide que je ressens encore chaque jours que Dieu fait. Peur que tu sombres un jour autant que moi...

Ces derniers mots s'étaient étouffés dans les sanglots qui déformaient sa voix.

- Tu n'as pas sombré papa, lui assurai-je en passant ma main sur sa joue pour qu'il me regarde, tu as traversé cette épreuve avec tellement de courage. Qui plus es, tu l'as fais seul. Moi j'étais entourée, pas toi. Je t'ai laissé seul. Aujourd'hui, tu te lèves tous les matins, tu vas travailler, tu te soucis encore du bien être de ta fille qui est loin d'être un modèle de sagesse …

Charlie me sourit tristement.

- Je sais qu'Edward a fait pas mal d'erreur dans sa vie, mais c'est aussi un rescapé, comme toi et moi. Il mérite qu'on lui tende la main lui aussi et si tu prenais un instant pour …

- Bella, me coupait Charlie, j'ai arrêté mes recherches après notre derrière dispute il y a deux semaines.

Je restais bouche bée devant l'altruisme dont mon père faisait preuve.

- Tu avais raison, je n'avais confiance en personne. Ni en Edward, ni en ma fille, ni en moi-même … je ne me fiais qu'à mon travail, ma seule stabilité. La constante de ma vie en l'absence de Renée.

- Et maintenant? Qu'est-ce qui a changé?

- Maintenant je sais. Je sais que j'ai au moins confiance en une personne sur cette terre et c'est toi Bella.

L'émotion s'emparait de moi après ces mots et je dû détourner les yeux pour ne pas me laisser aller.

- Et si tu me dis que tu fais confiance à ce garçon, que c'est quelqu'un de bien... Je te crois.

- Papa …

Je le serais contre moi en soupirant d'aise.

- Merci. Soufflai-je simplement en me laissant bercer par mon bourru mais tellement adorable père.

- Merci à toi.

Après une petite minute je reculais.

- J'ai eu mes notes. Annonçai-je fièrement désireuse de faire redescendre la pression de ce quart d'heure bien trop émotif.

- C'est vrai? Et alors?

- J'ai réussis ! Souriais-je. 73/100 !

- Ma championne !

Il me reprenait dans ses bras.

- Chef Swan on a besoin de vous ! Hurlait une voix grave derrière nous !

Charlie soupira lourdement.

- C'est le grand patron ! Tu as raison de bien travailler à l'école ça t'évitera de côtoyer des abrutis dans son genre plus tard.

Il me faisait un signe de la main avant de s'éloigner quand je m'apprêtais à faire de même.

- Hey ! Et Bella?!

- Oui?

- Et si toi et Edward veniez dîner ce soir?

Je fronçais les sourcils.

- Je pense que je dois une explication à ce garçon également.

Je lui souriais gentiment avant de hocher la tête d'un air entendu.

- On dit 20h?

- C'est parfait.

J'entendais que mon père s'éloigne avant de tourner moi-même les talons. Le tout maintenant était de persuader l'autre tête de mule de ma vie, de m'accompagner à ce dîner.

***

Quand Edward rentrait au loft en fin d'après-midi je l'attendais de pied ferme. J'avais même préparé ma défense pendant deux longues heures pour que tous mes arguments ne lui laissent pas la possibilité de répliquer. J'étais donc là, débout en plein milieu de salon, ne le quittant pas des yeux, allant même jusqu'à l'observer entrain de retirer ses chaussures. C'est à ce moment là que mon attitude devint suspicieuse.

J'aurais dû m'en douter, la spontanéité et moi ça faisait deux !

- Qu'est-ce qui se passe? Me demanda-t-il d'un air amusé. J'ai une tâche sur ma chemise?

- Non.

- Qu'est-ce qui t'arrive?

- Rien. Répondis-je bien trop précipitamment.

- Bella... Insista Edward en venant m'enlacer.

- Tu promets de ne pas t'énerver?

- Ça, ça sent pas bon …

Il prit un air suspicieux, comme s'il s'attendait à toutes les éventualités.

- J'ai vu Charlie aujourd'hui. Il nous invite à dîner ce soir.

Vu l'expression de son visage, Edward s'entendait à tout sauf à ça et pendant de longues secondes, il ne dit rien.

- Edward? Tentai-je pour le dérider.

- Je comptais t'inviter à dîner pour fêter tes résultats. Dit-il en revenant avec moi.

- C'est … Très gentil, mais on pourrait peut-être remettre ça à plus tard non?

Il reculait et commençait à s'affairer dans son appartement en rangeant le contenu d'un carton qui pourtant n'avait plus bougé depuis le déménagement. Je le suivais du regard, hésitant à continuer. Finalement, il reprit notre conversation de lui-même.

- Je n'irai pas.

- Quoi? Pourquoi?

- Vas-y si tu veux. Lançait-il évasif.

- Mais …

- Il n'y a pas de mais Bella, me coupa-t-il calmement, si j'y vais on va se sauter à la gorge et ça ne fera qu'empirer les choses !

- Je t'assure que non. Il s'est excusé pour son attitude. Il a arrêté ses recherches et il a admis avoir été trop loin !

Je venais de jouer ma meilleure carte.

- S'il te plait … Charlie a fait le premier pas, à toi de faire le second.

Edward soupira et regarda le plafond une seconde, les mains sur les hanches.

- Il est vraiment près à m'accepter chez lui?

- Puisque je te le dis !

- C'est peut-être une ruse pour retrouver grâce à tes yeux.

- Tu es parano ou quoi? Mon père est peut-être bourru et pas très fin à ses heures mais se n'est pas un manipulateur ! Grondai-je. Arrête de faire l'enfant !

Mon expression agacée et faussement sévère le fit sourire. Il se passait les mains dans les cheveux et fermait les yeux comme s'il invoquait les esprits de la sagesse ou quelque chose dans ce genre là. Je savais qu'il était sur le poing de céder. Il avait ce regard qu'il avait toujours quand il allait accepter quelque chose qui l'ennuyait prodigieusement, pour moi.

Alors il brassa l'air avec ses bras, ceux-ci retombant ensuite lourdement le long de son corps et sa tête tomba vers en direction du planché. Edward releva un regard résigné vers moi et j'allais lui sauter au cou. Il ne me retint que d'une main.

- Tout ira bien tu verras. Soufflai-je au creux de son oreille.

Je l'embrassais rapidement avant de filer dans la salle de bain. En m'y enfermant je pouvais laisser tomber le masque de la confiance et celui de la certitude que je m'étais efforcée à garder devant Edward.

Je n'avais vraiment aucune idée du tournant qu'allait prendre cette soirée. Je savais seulement que c'était une bonne chose.

Comme prévu nous arrivions à 20h chez Charlie. Celui-ci nous ouvrit tout sourire et je sentais Edward se crisper à côté de moi. Je resserrai ma main dans la sienne pour lui donner le courage nécessaire et pour lui intimer de rester calme.

- Entrez ! Nous invita mon père. Vous tombez bien ! Je suis en pleine urgence culinaire !

- Le contraire m'aurait étonnée ! Lançai-je amusée en posant mon manteau sur le rebord du canapé. Qu'est-ce que je peux faire?

J'allais dans la cuisine rejoindre Charlie. Tous les feux étaient allumés et beaucoup de vapeur s'échappait des différentes casseroles.

- Empêcher la maison de brûler ! Lançait Charlie presque paniquée.

Je riais.

- Je suis désolé. Je voulais vous accueillir mieux que ça mais je crois que c'est définitivement inutile. Moi et la cuisine c'est une cause perdue !

- Laisse-moi m'occuper de tout ça. Va donc dans le salon.

Nous nous regardions d'un air entendu et Charlie finit par aller rejoindre Edward. De là où je me trouvais, je pouvais entendre leur conversation.

- Bonsoir. Dit-il poliment à mon père quand celui-ci entra dans le salon.

- Je t'en pris assis-toi Edward. Tu veux quelque chose à boire? Une bière ? Ou quelque chose de plus fort peut-être?

Après un instant d'hésitation, Edward répondit :

- Je penche pour la version forte.

Charlie eu un rictus nerveux et je l'entendis ensuite préparer leurs apéritifs. Moi je faisais semblant de ne rien entendre, moi « petite femme aux fourneaux ». Je n'osais me retourner pour regarder cette scène. Je ressentais leur gêne à tous les deux comme si elle se fondait en moi.

Ensuite Charlie prit place au côté d'Edward sur le canapé et il fut le premier à prendre la parole :

- Je te dois des excuses.

Edward se contenta de prendre une gorgé de son verre.

- Je suis désolé. Je n'avais pas le droit de m'immiscer ainsi dans ta vie.

- Merci. Répondit simplement Edward.

- Si j'ai fais ça c'est parce que je croyais la protéger tu comprends?

- Je peux comprendre votre démarche, mais pour moi elle reste injustifiée. Jamais je ne lui ferai de mal et jamais je ne la mettrai en danger. Si je n'étais pas sûr de ça, je ne serai jamais venu vivre ici.

- Il n'y a pas de mode d'emploi pour être un bon père tu sais. Ça m'aurait été utile plus d'une fois, crois-moi. Mais après la mort de sa mère …

La voix de mon père mourut un instant dans sa gorge et je crispais la main autour de la spatule en bois que je tenais.

- Après la mort de ma femme, elle est devenue ce que j'ai de plus cher. Elle est la preuve vivante que Renée a existé. Je la revoit elle chaque jour. Bella est tellement forte, tellement têtue, tellement passionnée aussi... J'ai simplement eu peur qu'elle ne soit plus ma petite fille. Que toi, tu me prennes la seule chose qu'il me restait sur cette terre.

- Croyez-moi ou non mais je pense exactement la même chose d'elle. J'ai eu peur également qu'elle ne m'éloigne pour se rapprocher de vous, mais ensuite j'ai compris. J'ai compris que jamais elle ne choisirait et que nous serions les seuls perdants au final. Mais je ne pense pas qu'elle soit une petite fille … Ou au pire, une toute petite femme.

Mon père riait légèrement.

- Elle est forte Charlie, plus que je ne le suis. Elle sait s'occuper d'elle.

- Je sais, c'est bien ça qui me fait peur parfois. Je ne l'ai pas vu grandir. Je n'étais pas un père très présent avant tu sais.

- Je peux comprendre ça. Bella a retourné ma vie en quelques mois ! C'est effrayant !

Ensuite ils restèrent silencieux, si bien que je finis par me retourner discrètement pour vérifier ce qu'il se passait. Après un moment ils se mirent à rire tous les deux. Pas un rire très expansif, mais un de ceux qui marque un entendement mutuel. Puis, d'un geste très solennel, ils trinquèrent et finirent leur verre d'une traite.

Je secouai tête en revenant à ma cuisson.

« Les hommes ... », pensai-je.

***

J'étais au soleil. Un soleil assez bas pour être le soleil d'une fin de journée d'été. Il ne faisait ni chaud, ni froid. L'air était doux et je me sentais bien. En faisant plus attention à ma condition, à mon corps … Je me rendais compte que j'ai assise sur une chaise longue, les jambes étendues vers l'horizon. Tout mon corps se relâchait. J'étais détendue.

Je connaissais cet endroit. Je savais où je me trouvais même si je n'étais pas revenue ici depuis des années. Cela me paraissais si familier pourtant. J'y avais passé un des meilleurs été de ma vie. Dans cette maison de Floride que mes parents avaient loué. J'étais à Jacksonville, au bord de la mer, au soleil couchant.

Quelqu'un approchait derrière moi mais je ne me retournais pas. Tout était parfaitement normale. Tout coulait de source.

- Salut ma poupée. Soufflait ma mère en s'installant sur la chaise longue qui venait de se matérialiser à côté de moi.

- Tu en as mis du temps à me rejoindre. Répondis-je en fixant toujours l'océan.

- Je sais ma belle. Je sais. Mais tu avais encore tellement de chose à comprendre.

- Comme quoi?

- Que je suis toujours là. Quoique tu fasses. Tu as simplement mis beaucoup de temps à me retrouver.

- Je suis au paradis?

- On peut dire ça oui. Mais se n'est que temporaire. Le temps n'est pas encore arrivé pour toi.

- Je sais. Comment tu as fais pour me faire venir?

- J'en sais rien du tout. Je te l'ai dit, tu as trouvé le chemin toute seule.

- Tu es heureuse?

J'aurais aimé pouvoir la regarder droit dans les yeux mais je ne pouvais détacher mon regard de la mer. Je ne distinguais que son profil et son chapeau de paille dans ma vision périphérique. Pourtant je n'en ressentais aucune frustration.

- Bien sûr. Tout va bien pour moi Bella. Tout va toujours bien ici. Et toi?

- Je le suis. Je crois.

- Prend soins de Charlie.

- C'est le cas. Edward … Il y a Edward maintenant.

- Je sais. Je le vois à travers toi.

- J'ai besoin de lui.

- Il a besoin de toi.

- Tout est si calme ici. Soupirai-je.

- C'est vrai. Les choses se calmeront très bientôt pour toi aussi.

- Tu me manques.

- Je suis là.

- Toujours?

- Je suis toujours là mon bébé.

Je sentis sa main se refermer autour de la mienne. C'était bien elle. C'était ma mère. Un sourire se dessina sur mon visage.

- Des fois tu parais loin.

- Il te suffit de fermer les yeux. Je reste à Jacksonville.

- Pourquoi ici?

- A toi de me le dire. C'est toi qui m'y as mise.

- Ah oui? Soufflai-je.

- Tu y arriveras.

- A quoi?

- Tout ira bien maintenant.

- Maman? Tu t'éloignes …

- Il est temps.

- Temps de quoi? Maman … Non, reste encore.

D'un seul coup je me retrouvais dans ses bras. Je sentais l'odeur de ses cheveux. Celle qui était gravée à jamais dans ma mémoire. Sa peau était si douce, si chaude. Elle avait toujours ce parfum de vanille sur la peau. Si apaisant. Je la serrais plus contre moi. J'allais repartir. Elle ne s'éloignait pas, c'était moi. Maintenant je n'avais plus peur. Je savais. Elle m'avait dit que tout ira bien.

- Je suis fière de toi. Soufflait-elle.

J'ouvrais les yeux pour constater que j'étais dans le lit d'Edward. Les images de ce rêve nageaient encore dans mon esprit brumeux. Les sensations que j'avais ressentie étaient toujours là même si je les sentais se dissiper à mesure que je reprenais conscience.

Alors je tournais la tête sur le côté pour trouver le visage d'Edward profondément endormis. Je souriais et roulais sur le côté pour me coller contre son torse nu. Automatiquement, son bras m'entourait et il ajustait son visage au mien.

- ça va? Chuchota-t-il les yeux clos, la voix endormie.

- Ça va ne t'inquiète pas. Se n'était qu'un rêve.

- Un cauchemar?

- Oh non, un très beau rêve.

- Rendors-toi. Tout va bien.

Après ces mots, il sombrait de nouveau dans le sommeil en me serrant contre lui.

- Je sais. Tout ira bien maintenant. Soufflai-je sans pour autant qu'il ne m'entende.

J'en étais persuadée maintenant. Tout irait bien.


- Épilogue -

Juin 2009 – Académy Of Arts de NY

Quatre mois étaient passés et, après un travail acharné, j'avais enfin mon billet d'entrée en troisième et dernière année à l'académie. Les choses seraient plus faciles maintenant. J'allais profiter de l'été en compagnie d'Edward. Nous avions d'ailleurs prévu de nous rendre à Volterra à la fin du mois. Voilà maintenant presque un an qu'il était entré dans ma vie et après beaucoup de drame, j'étais sûre maintenant que nous étions sur la bonne voie.

Mais avant de décoller pour l'Italie il fallait y passer. Aujourd'hui c'était la remise des diplômes des deuxièmes années. Je portais la toge de rigueur et cet éternel chapeau carré et extrêmement lourd. Mon père était dans assis dans les premiers rangs avec l'appareil photo que tout bon parent se doit d'apporter dans un moment comme celui-ci. Je lui souriais timidement. Il y avait bien longtemps que Charlie Swan ne m'avait pas regardé avec une telle admiration. J'étais fière. Un peu plus loin, je trouvais un autre regard. Celui qui comblait chaque jour un peu plus mon petit cœur de femme. Edward me fit un clin d'œil et je du me concentrer pour ne pas trébucher sur l'estrade quand le doyen appela mon nom.

Le fait d'obtenir cette bourse d'étude n'était pas qu'une bénédiction. Elle m'avait valu de faire ce discours devant tous les étudiants qui m'accompagnaient ainsi que leurs géniteurs. Aussi quand je tenais mon diplôme entre mes mains et que Charlie eu finit de hurler « C'est ma petite fille ! », je m'avançais devant ce maudit micro et je leur présentais ce discours sur lequel j'avais encore travaillé tard la nuit dernière.

- Bonjour.

Le micro émit un bruit strident et je reculais, déjà honteuse d'avoir cassé les oreilles de tout le monde dès le premier mot.

[Wonderwall – Oasis]

Après une seconde et en veillant à ne pas trop parler près du micro, je reprenais.

- Je m'appelle Isabella Swan et je suis comme vous tous ici aujourd'hui. Je suis diplômée en deuxième année de l'AA-NY. Si l'on m'a demandé de prendre la parole aujourd'hui c'est que j'ai eu la chance de décrocher une bourse d'étude pour tenter de revenir l'année prochaine sur cette estrade. Aujourd'hui est la fin d'une époque, mais pas la fin d'une vie, d'un but. Ce but qui est tous le nôtre ...

Je marquais un temps d'arrêt.

- Ne pas revenir dans deux ans !

Des rires s'élevèrent autour de moi.

- Je m'appelle Isabella Swan et je suis comme vous tous ici, j'ai travaillé dur et ce travail vient de payer. Quelque soit les douleurs, les désillusions ou les peines qui la vie a pu mettre ou mettra un jour sur notre chemin, nous pourrons tous regarder en arrière et se dire : « Hey ! Ce jour là, à cet instant, j'ai réussis. J'ai accomplis quelque chose. » - Cette victoire, aujourd'hui, elle nous est acquise pour toujours. On a survécu.

De nouveaux rires retentirent et je commençais à me sentir plus à l'aise devant ce micro. J'étais heureuse que ces mots résonnent en eux comme ils résonnaient en moi.

- Je m'appelle Isabella Swan et je suis comme vous tous ici, je veux profiter de ce bel été qui s'annonce avant de me remettre à bosser ! Reposons-nous, vivons, nous sommes jeunes et en pleine forme ! Si j'ai appris quelque chose ces deux dernières années, c'est qu'il faut profiter de chaque instant que la vie nous offre, parce qu'on ne sait jamais quand celle-ci nous sera arrachée.

J'eus une pensé pour ma mère.

- Chaque jour nous construisons notre avenir. Construisons le correctement et dignement. Faisons en sorte de ne jamais avoir de regret. Ne laissons pas les choses en suspend. Vivons chaque jour comme s'il était le dernier.

Je marquais encore une courte pause.

- Merci. Soufflai-je enfin avant de me retirer sous les applaudissements.

***

[Pride – Syntax]

- Où est-ce que tu m'emmènes ? Demandai-je curieuse quand Edward demandait au taxi de s'arrêter devant un restaurant apparemment fermé.

- Je te l'ai dit, on va fêter ton diplôme !

Il faisait le tour de la voiture pour me tenir la porte et payait le chauffeur au passage.

- Ici?

- Quoi? Il regardait la même façade de moi. Tu n'aimes pas?

- Edward, tu vois bien que c'est fermé ! Riais-je.

- Tu crois? Me demandait-il d'un ton mystérieux en m'enlaçant.

- Je le croyais … Mais vu ton air, tu en as décidé autrement …

- Peut-être que les propriétaires ont oublié de fermer la porte en partant. Tu devrais aller voir.

- Quoi? T'as fumé avant de venir? Plaisantai-je.

« Vivre chaque jour comme le dernier » Disait-elle il y a de ça une heure. Soufflait-il au creux de mon oreille en me berçant.

Je soupirais agacée qu'il mette en doute la sincérité de mon discours ce qui bien sûr, était le but recherché et donc, je m'avançais sans grande conviction jusqu'à la porte du restaurant que je savais pourtant fermé. Je priais simplement pour ne déclencher aucune alarme silencieuse. Quand ma main se posait sur la poignée de la porte, Edward se trouvait étrangement derrière moi dans la seconde, un sourire au coin des lèvres.

Finalement, je poussais la porte et …

- SURPRISE !!!

Les lumières s'allumaient et, encore surprit, mon cerveau mit un instant avant de reconnaître les visages que j'avais devant moi. Des visages pourtant si familiers. Alors mon cœur se remplissait d'une joie indescriptible. Je me tournais rapidement vers Edward qui partageait mon bonheur et m'intima d'aller les rejoindre :

LES CULLEN, au grand complet.

- Tu ne crois quand même pas que l'on allait manquer cette occasion?! Me lançait Alice quand nous nous enlacions, hilare toutes les deux. Emplie de la joue de se retrouver.

- Alice ! Mon dieu ! Vous êtes tous là … Soufflai-je émue, en la serrant contre moi. Tu le savais?! Demandai-je à Edward derrière moi.

- On planifie ça depuis des semaines ! Me lançait Alice sans laisser le temps à son frère de répondre.

- On a du attacher Alice au bar pour ne pas qu'elle aille à ta remise de diplôme ! M'informait alors Emmett en prenant la place d'Alice.

- « Attacher » est peut-être un peu fort ! S'insurgea l'intéressée.

- Bah voyons ! Enchaînait Rosalie vers laquelle je me précipitais. Tu pleurnichais comme un bébé !

- Félicitation Bella.

- Carlisle. Soufflai-je en allant vers lui. Esmé. Je suis tellement heureuse de vous voir tous ici.

- Nous aussi. Répondit Esmé en me rendant mon étreinte.

- Je suis fier de toi. Me disait Jasper quand son tour fut arrivé.

- C'est incroyable ! Depuis combien de temps me caches-tu une chose pareille?

- Quelques semaines. Répondait simplement Edward en venant m'enlacer. Moi et Alice avions pensé que cette petite fête te ferait plaisir.

- Vous avez tous présumés que j'aurais mon diplôme alors? Souriais-je.

- Avec ton cerveau comment pouvait-il en être autrement ! Lançait Emmett. Allez et si on ouvrait cette bouteille de Champagne !

- J'adore cette ville ! S'enthousiasma Rosalie quand le bruit du bouchon sautant du goulot se fit entendre.

Tout le monde riait à sa remarque et prit une coupe pendant qu'Emmett faisait le service.

- C'est une très bonne bouteille de notre domaine. M'informa Carlisle.

- Je l'ai fais moi-même ! Ajoutait Emmett.

- Humm, dans ce cas je vais peut-être m'abstenir d'y goûter. Le taquinai-je alors qu'il grimaçait déjà.

Tout le monde se retint de rire.

- Avoue que je t'ai manqué. Lançai-je en lui envoyant un clin d'œil.

Au bout d'un moment, ce gros balourd d'Emmett finit par céder. Il me tapa dans la main avec un sourire conquis sur le visage, pour remplir mon verre ensuite. En cherchant Edward des yeux je le trouvais, lui et Alice, enlacés l'un et l'autre en léger retrait. J'étais heureuse qu'ils se soient enfin retrouvés.

Les autres, pendant ce temps, n'avaient de cesse de me raconter tout ce qui s'était passé dans leurs vies respectives depuis notre départ. Ils me posaient également tout un tas de questions sur notre nouvelle vie New-yorkaise. C'était l'effervescence autour de moi, je ne savais plus où donner de la tête.

- Allez Bella ! Un discours ! Lançait Jasper, en accord avec les autres.

- Oh non ! Répondis-je en avalant une gorge de champagne. J'ai donné question discours aujourd'hui. Trouvez quelqu'un d'autre.

- Elle n'est pas drôle ! Boudais Alice en revenant vers nous avec Edward qui entourait mes épaules.

- A qui est ce restaurant au fait? Demandai-je.

- A mon patron, répondait Edward, il a assez confiance en moi pour m'avoir prêté les clefs. On a la salle jusqu'à 5 heures du matin.

- C'est très gentil à lui. Affirma Esmé. Tu dois faire du bon travail. Nous sommes également très fiers de toi Edward.

- Je ne le redirais jamais assez. Ajouta son père.

Les conversations reprirent de plus belle. Emmett nous mis un peu de musique et les filles allèrent chercher la nourriture. Edward en profitait alors pour m'entraîner légèrement à l'écart.

- Qu'est-ce qu'il y a?

- Je vais déménager.

- Quoi? Mais pourquoi?! M'inquiétai-je.

- Je ne supporte plus la vie à New York. Je retourne à Volterra.

- Je te demande pardon?! Mais … Mais .. Enfin, pourquoi tu …

J'étais prise d'une panique sans limite quand un sourire moqueur se dessinait sur son visage. Quand je comprenais qu'il venait de me jouer un sale tour je lui frappais l'épaule et faisait mine de partir.

- Attend ! Attend.

Il m'enlaçait en riant toujours.

- Je ne trouve pas ça drôle !

- Oh que si ! Ça l'est, tu aurais vu ta tête !

Je lui lançais un regard noir mais, faible que j'étais, je me resserrai d'avantage contre lui.

- Je compte bien déménager. Cela dit, je reste à New York. Reprenait-il plus sérieusement.

- Pour aller où? Je trouve ton appartement très agréable moi.

- Je sais, moi aussi mais …

- Mais? L'encourageai-je.

Il hésitait un instant.

- Tu te souviens du premier loft que nous avions visité?

- Si je m'en souviens?! Bien sûr ! Ce loft était splendide.

- Ça tombe vraiment bien que tu dises ça. Il est toujours disponible.

Edward me lançait un regard suggestif que je ne compris pas tout de suite.

- Et alors? Il est trop cher pour toi non?

- C'est vrai. Il l'est pour moi … Pour moi, tout seul. Insista-t-il.

Mon cerveau mit un moment à analyser la situation.

- Attend … Qu'est-ce que tu es entrain de me dire? Tu vas prendre un colocataire?

- Plutôt une colocataire. Précisa-t-il.

- Une colocataire?! M'exclamai-je. Alors là l'idée ne me plait pas du tout ! Mais alors pas du tout !

- Bella … Si tu te calmais un peu et que tu comprenais enfin ce que je m'évertue à te dire. Dit-il sur un ton amusé.

Je me taisais un moment en scrutant son regard remplis de promesses.

- Je m'étais dit que peut-être, on pourrait y vivre à deux dans ce loft. Toi et moi. Qu'est-ce que tu penses de cette idée là?

- Tu veux qu'on vive ensemble?

- Je ne vois pas comment être plus clair. Riait-il.

- Je … Je … Wooa, c'est … Je ne sais pas quoi dire.

- Alors dit oui. Ça ne changera pas grand chose à ta vie tu sais compte tenu que les trois quart de tes affaires sont déjà chez moi et que tu y passe 5 jours par semaines.

- Tu exagères ! Sourirai-je.

- Bon d'accord, 4 et demi alors.

Après une minute il reprit :

- Alors? Est-ce que je pose mon préavis ou pas?

- Je …

Je m'éclaircissais la gorge et plongeais mon regard dans le sien. A cet instant j'eus une révélation. Pourquoi hésiter? Oui, c'était aussi ce que je voulais.

- Oui. Soufflai-je.

- Oui, tu en es certaine?!

Il avait l'air aussi surprit que moi !

- Oui ! Répétai-je plus fort.

- Oui?!

- Mais puisque je te dis que oui ! M'exclamai-je haut et fort en riant.

Edward me soulevait du sol et me faisait tournoyé dans les airs.

- Je veux vivre avec toi. Chuchotai-je au creux de son oreille. Je veux que l'on vive ensemble.

- Je t'aime … Je t'aime, si tu savais comme je t'aime... Me répondit Edward sur le même ton.

- Moi aussi …

Et un sourire illuminait alors mon visage. Je savais que nous serions ensemble très longtemps. Je n'imaginais pas de vivre loin de lui. Plus maintenant. Lui, sa famille, son univers … Notre vie.

Après presque un an, nous avions enfin trouvé notre sérénité.

- Hey les amoureux ! Revenez un peu par ici ! Nous halait Rosalie.

Nous allions les rejoindre main dans la main et finissions par nous séparer, happé par les un et les autres.

- J'ai tellement de chose à te raconter ! S'exclamait Alice.

- Je suis toute ouïe ! Lançai-je.

Alors elle commençait à parler à un rythme fou et j'étais attentive à chacun de ses mots. Elle m'avait tellement manqué également. Edward, plus loin, était lui en pleine conversation avec les hommes de la famille et Rosalie. Carlisle et Esmé se joignirent ensuite à eux. C'était une des plus belles choses que je n'avais jamais vu. Une famille.

Edward croisa mon regard et me sourit. Nous savions.

Maintenant, comme me l'avait dit Renée, celle par qui toute cette histoire avait commencé…

Tout irait bien.

FIN


- REMERCIEMENTS -

Beautiful Disaster se termine ici après 7 mois d'écriture, de montages vidéo et de recherches sur New York et la Toscane. Je tiens à tous vous remercier pour votre soutien inconditionnel, toutes les filles du forum je ne vous citerai pas unes à unes mais je pense à chacune d'entre vous ! Merci - et les autres (même ceux qui n'ont jamais reviewé et dont j'ignore l'existence MERCI) !

Un petit coucou à Alex également qui détient à ce jour le record des plus longues reviews de BD ! ^^ - Merci également aux Twins, co-auteur de A New Beginning pour les rares personnes ici qui ne le savent pas encore. Merci pour le travail acharné qu'elles ont fournis et, de ce fait, l'exemple qu'elles ont été pour moi au niveau de l'écriture (même si je n'égale pas leur niveau, deux cerveaux valent mieux qu'un). Elles m'ont toujours soutenue et ont été mes premières lectrices. Alors merci à elles !

En commençant cette histoire, je ne m'attendais pas un une telle réponse de votre part à tous et c'était un réel plaisir de vous lire à chaque chapitre – Aujourd'hui je suis à la fois soulagée d'avoir terminé et triste de laisser ces deux personnages (qui me ressemblent tous les deux pour des raisons différentes) s'en aller. J'ai mis beaucoup de ma vie et de mes expériences personnelles dans ce récit et si je vous ai fait croire à tous ses sentiments, c'est que j'ai réussi. Je suis attachée au côté réaliste des situations que j'ai décrite et je suis heureuse qu'elles aient pu vous toucher.

Je n'ai jamais été très douée pour écrire de bonne fin et j'espère vraiment que celle-ci aura été digne de vos attentes (un chapitre de 50 pages pour un final c'est pas mal) ! C'est le moment le plus crucial de toute l'aventure BD pour moi ! LE GRAND BILAN. Lâchez-vous sur les commentaires !

Beaucoup d'entre vous se demande déjà si je compte écrire autre chose après. Pour le moment : Non. Je n'ai pas d'idée intéressante et je suis bien trop imprégnée de BD pour penser à un nouveau départ, pour le moment. Entre Chrysalis et Beautiful Disaster j'écris sans relâche depuis presque 1 an et je dois dire que j'ai besoin d'une pause ! lol Mais qui sait … un jour peut-être ?

Je n'ai pas répondu à vos reviews sur le chapitre 17 parce que FF ne m'envoyait pas les avis de réception et que quand je m'y suis ENFIN connectée, je n'avais plus le temps ni le courage d'y répondre ! Je réparerai cette erreur sur ce FINAL. Le vrai cette fois.

Je rappelle encore une fois que tous les lieux décris dans cette histoire sont réels et je vous invite à les découvrirent en image à travers des photos, des sites Internet et mes trailer sur le blog de Beautiful Disaster : http://twilightfic-bd[.]skyrock[.]com/ (pensez à retirer les crochets comme d'habitude) – Je vais de ce pas publier les derniers petits détails là-bas. N'hésitez pas à visiter une dernière fois ce blog pour prolonger un peu le voyage !

La playlist est maintenant complète (et sur le blog dans son intégralité). Dans ce chapitre nous avions :

* Stranger Things Have Happened des Foo Fighters

* If The Rain Must Fall de James Morrison

* Wonderwall du groupe Oasis

* Pride de Syntax

J'espère que le côté musical vous a plu également ! Il était d'un grand secours pour écrire !

Cette fois ça y est ! C'est fini ! Merci !

Ginie.