Chapitre 3
Il vit Tosh partir en courant, suivie par Owen et resta quelques instants, le dos contre le mur avant d'aller les rejoindre. Ianto avait disparu et ils ne comprenaient pas ce qu'il s'était passé. La jeune femme chercha les images des archives et les visionna. Le Gallois était occupé à trier les objets placés sur la table puis soudain, après qu'il l'eut pris dans ses mains, l'artéfact se mit à briller de plus en plus intensément. Sous la surprise, ils virent le jeune homme le lâcher, mais la réaction ne s'arrêta pas et la lumière s'amplifia, provoquant une baisse de tension dans le reste de la base.
Sur l'écran, Ianto se tournait vers la porte au moment où Jack et ses deux collègues venaient le rejoindre, ils le virent tendre le bras et ses lèvres bougèrent, puis brusquement, tout s'éteignit. Quand la lumière de secours s'alluma, la pièce était vide.
Le Capitaine fixait toujours l'image, mais il ne réagissait plus, son amant venait de se volatiliser sous ses yeux sans qu'il n'ait rien pu y faire. Lentement, il se redressa, cherchant à analyser ce qui venait de se passer.
Tosh examinait les fichiers, mais rien jusqu'à présent ne l'aidait à comprendre cette disparition. Elle leva la tête vers son leader et vit une larme rouler sur sa joue. Elle se redressa et posa sa main sur son bras, essuyant son visage de son pouce.
– Il y a toujours une solution et je la trouverai, fais-moi confiance.
Jack ne répondit pas, mais il hocha la tête tout en partant vers son bureau. Il monta l'escalier en silence et alla s'asseoir sur son fauteuil. Ses yeux tombèrent sur la tasse que le Gallois lui avait déposé un peu plus tôt et il sentit une boule au creux de son estomac. Il n'arrivait pas à avoir de pensée cohérente. Que s'était-il passé, Ianto était si prudent d'habitude ! Son visage lui revint en mémoire, il avait tendu le bras comme pour demander de l'aide et il n'avait rien pu faire. Il prit sa tête entre ses mains.
– Excuse-moi Ianto, souffla-t-il, je n'ai pas su te protéger.
Il ferma les yeux, reformant l'image du jeune homme derrière ses paupières closes. Au bout d'un long moment, une main se posa sur son épaule et il tourna la tête pour la regarder.
– Jack, souffla Tosh, tu n'y es pour rien. C'était un accident, il ne faut pas t'en vouloir.
– Mais je ne l'ai pas aidé, répliqua-t-il en se levant.
– Tu ne pouvais rien faire et nous non plus d'ailleurs, mais je vais chercher et je finirai bien par trouver. J'ai examiné les images et il faut que je descende voir l'artéfact, j'ai besoin de toi. Peux-tu m'accompagner ?
– Oui, bien sûr, mais interdiction d'y toucher !
– Je ne suis pas naïve, j'ai vu ce qui s'est passé. Allez viens, il me faut le plus de renseignements possibles et rapidement de préférence.
Ils descendirent l'escalier et se rendirent aux archives. À l'aide d'un cliché tiré de la vidéo, ils trouvèrent l'objet en question et l'examinèrent sans le toucher. Il était couvert de symboles et semblait lisse en surface comme si les écritures avaient simplement été posées dessus comme le ferait une imprimante.
– Jack, il faudrait demander à Owen de descendre avec la loupe qu'il utilise.
– Pourquoi ?
– Je ne veux pas le toucher, mais il faut que je le voie de plus près et comme elle est sur pied, ce sera plus facile.
– Ok. Owen ! appela-t-il par son communicateur, on aurait besoin de ta loupe, pourrais-tu la descendre aux archives ?
– Ma loupe, mais pourquoi faire, Ianto n'a pas rapetissé, il a disparu, je te signale !
– Ce n'est pas pour ça, Tosh en a besoin pour examiner l'objet.
– Très bien, j'arrive, répondit le médecin.
Lorsqu'il pénétra dans la pièce, Owen s'arrêta un instant puis il alla poser l'appareil sur la table devant Tosh. Celle-ci le déplaça au-dessus de l'artéfact et alluma la lumière pour le détailler et le photographier. Au bout d'un moment, elle releva la tête et croisa le regard de son Capitaine.
– Tu as trouvé quelque chose ? demanda-t-il.
– J'ai fait divers clichés, maintenant, je vais demander à l'ordinateur de les analyser. Il ne faut pas toucher à ce truc tant que je n'en sais pas plus.
– Aucun problème, répondit le médecin en reculant d'un pas, seulement, j'ai besoin de mon appareil, je peux le reprendre ?
– Oui, j'ai fini, dit-elle. Jack, je vais remonter et charger les photos, lorsque j'aurai quelque chose, je viendrai te voir.
Ils quittèrent la pièce, laissant le Capitaine seul avec ses pensées. Il se dirigea vers la porte puis se retourna et s'appuya contre le mur, laissant son regard se promener dans la salle vide. Finalement, il se reprit et remonta vers la zone principale.
– Je ne veux plus personne aux archives jusqu'à nouvel ordre, lança-t-il en montant l'escalier.
Tosh et Owen se regardèrent et chacun retourna à ses occupations.
L'après-midi se passa sans autre changement et le Capitaine renvoya ses collègues chez eux vers 17 h. Il avait besoin d'être seul et de s'occuper des pensionnaires ainsi que de Myfanwy. Il resta un long moment auprès du ptérodactyle à qui il lançait des petits morceaux de chocolat, se souvenant de sa première rencontre avec le Gallois. Dieu qu'il avait pu l'agacer à ce moment-là, étant toujours sur son chemin malgré son refus de l'engager ! Et puis, il y avait eu cette capture dans l'entrepôt et le corps du jeune homme sur le sien à la suite de sa chute. Il ferma les yeux un instant et sourit à ce souvenir. Il fut ramené à la réalité par un cou de bec de l'animal qui ne comprenait pas pourquoi il n'avait plus de friandise. Jack lui laissa le reste de la tablette puis redescendit et mit les ordinateurs en veille avant de quitter la base.
Il marcha pendant des heures, arpentant la ville et la baie. Mais à chaque fois, ses pas le ramenaient devant l'immeuble de Ianto. Il s'arrêta, les mains dans les poches et soupira en baissant la tête puis finalement, il se décida et passa la porte de l'immeuble. Quand il pénétra dans l'appartement, tout était silencieux. Il resta un moment à l'entrée du salon, se demandant s'il n'avait pas fait une erreur en venant là. Puis il quitta son manteau et le posa avant de s'asseoir sur le canapé. Il laissa la quiétude de l'endroit l'envahir, fermant les yeux pour imaginer le Gallois déambulant dans la pièce.
Le soir, il se fit livrer une pizza et la mangea sur le balcon, le regard fixé sur la baie qui scintillait sous les lumières de la ville. Quand il eut fini, il referma la porte vitrée et alla déposer le carton dans la cuisine. Ses yeux se posèrent sur la machine à café, mais il renonça à s'en servir et se rendit dans la chambre. Assis sur le lit, il resta quelques minutes à faire le vide puis il se déshabilla, prit une douche et se coucha sous la couette, enfouissant son visage dans l'oreiller du Gallois. Après un long moment, il finit par s'endormir.
Au matin, quand il ouvrit les yeux, il posa son regard sur la place à côté de lui et soupira. Il écarta la couette et se leva pour aller s'habiller. Une fois prêt, il quitta l'appartement et se rendit au Hub.
La semaine passa sans autre changement. Tosh se concentrait toujours sur le décryptage des symboles, mais le programme ne donnait rien. Elle avait également analysé l'énergie qui s'était dégagée lors de la disparition de Ianto, mais là aussi, elle était dans l'impasse. Quand ils devaient sortir pour des interventions, Jack lui demandait de rester à la base, espérant toujours qu'elle aurait une solution pour retrouver le jeune homme.
***
Ianto se réveilla de son évanouissement et regarda autour de lui. Il était dans la salle des archives, allongé sur le sol et il ne comprenait pas pourquoi, puis il se souvint. Il se souvint de la lumière qu'avait dégagé l'artéfact lorsqu'il l'avait touché. Il ne croyait pas qu'il était dangereux et n'avait pas pris de précaution, l'esprit occupé à se souvenir du baiser que Jack venait de lui donner. Il aurait dû être plus prudent, il l'était d'habitude, mais le Capitaine lui tournait la tête. Il lui avait volé son cœur et il ne pensait plus qu'à lui.
La soirée précédente avait été mémorable. Après de longues semaines d'attente et d'espérance, il avait enfin goûté au bonheur de faire l'amour avec lui. La nuit avait été magique, l'immortel avait pris tout son temps pour l'initier et lorsqu'ils s'étaient endormis, ils étaient épuisés, mais heureux.
Puis ses yeux se posèrent sur son amant, adossé au mur et il lui sourit. Il s'approcha, mais au moment où il allait le toucher, il le vit quitter la pièce en l'ignorant totalement. Ianto ne comprenait pas ce qu'il lui prenait, il avait bien vu son visage tourmenté, mais pourquoi ne lui avait-il pas parlé ? Il était parti sans se retourner et cela lui fit mal. Finalement, une nuit avait sans doute été suffisante pour le Capitaine, il ne voulait pas s'encombrer d'un novice, il n'avait pas dû être à la hauteur de ses attentes ! Pourtant, il lui avait dit qu'il l'aimait et il avait semblé sincère.
Des larmes perlèrent à ses yeux et il les essuya d'un geste rageur. Très bien, puisque c'était ainsi, il reprendrait son travail et se ferait de nouveau invisible aux yeux de tous. Il ne croyait pas si bien dire !
Il remonta dans la zone informatique et trouva ses collègues penchés sur l'écran de Tosh. Il s'approcha et jeta un coup d'œil pour voir ce qu'ils regardaient avec autant d'attention. Soudain, il sentit une sueur froide le parcourir. Sur les images, il venait de disparaître dans un éclat de lumière.
Puis il vit Jack monter dans son bureau après que Tosh eut tenté de le consoler. Il le suivit, le vit s'installer sur son siège et prendre sa tête entre ses mains. À cet instant, il semblait désespéré.
– Excuse-moi Ianto, entendit-il murmurer, je n'ai pas su te protéger.
Le Gallois s'approcha pour tenter de le rassurer, mais comment pouvait-il faire ? Il voyait et entendait tout, mais il semblait réellement invisible aux yeux de ses collègues et de son amant. Puis Tosh entra dans la pièce et il s'arrêta pour l'écouter. Il les vit descendre et les suivit puis les regarda examiner l'artéfact avec la loupe, puis la salle avait été bouclée.
Le soir, il avait suivi Jack quand il était parti de la base et s'était rendu chez lui après avoir déambulé dans la ville. Il l'avait regardé se déplacer dans l'appartement, errant comme une âme en peine, puis le Capitaine avait fini par s'endormir.
Cela faisait une semaine qu'il posait ses pas dans ceux de Jack, essayant de comprendre ce qu'il s'était passé.
Ce soir, l'immortel était rentré chez lui comme tous les soirs. Il le voyait malheureux et il en souffrait. En fin de soirée, Jack quitta le salon pour la chambre, se déshabilla et prit une douche avant de se glisser dans le lit.
Le Gallois resta immobile un moment, regardant son amant couché sous la couette. Il l'avait vu s'installer et s'adosser contre ses oreillers, semblant attendre quelque chose, puis il s'était allongé et avait fermé les yeux, vaincu par le sommeil. Jack lui manquait, il ne savait pas quoi faire, il voyait le Capitaine, mais celui-ci ignorait sa présence.
– J'aimerais tellement qu'il sache que je suis là, qu'il sente que je le touche, pensa-t-il.
Le jeune homme s'avança, s'assit sur le lit puis tendit la main et glissa ses doigts sur le torse de l'homme endormi. Celui-ci eut un frisson et grogna en se retournant puis ouvrit les yeux.
– Ianto, murmura-t-il en se redressant pour regarder autour de lui.
Le Gallois se releva brusquement, un peu surpris. Les larmes lui montèrent aux yeux et il quitta la chambre, sans un regard en arrière.
Le lendemain, quand Jack se réveilla, il repensa à ce qu'il avait ressenti pendant la nuit. Il avait eu l'impression d'avoir été touché par des doigts glacés, mais paradoxalement, cela ne l'avait pas inquiété. Cette sensation était douce et réconfortante et lui avait fait penser à Ianto. Il lui avait semblé reconnaître sa façon de le toucher, de le caresser, cela lui manquait tellement.
Il se secoua et prit une douche. Depuis que le Gallois avait disparu, il habitait dans son appartement, ainsi il avait l'impression qu'il était toujours près de lui. Il alla dans la cuisine pour se faire un café, utilisant l'ancien appareil qu'il avait trouvé dans un placard. Pendant que le liquide s'écoulait, il fixa la machine disposée sur le comptoir, fermant les yeux pour se souvenir de la merveilleuse odeur du café que son amant lui faisait.
Après avoir bu sa tasse, il s'habilla et partit pour le Hub après s'être assuré que tout était en ordre. Il traversa rapidement la place et entra par l'office de tourisme. Quand il passa le sas, il croisa le regard triste de Tosh. Celle-ci se leva et se rapprocha de lui.
– As-tu des nouvelles ? demanda-t-elle.
– Non, toujours pas, à croire qu'il n'est plus dans notre univers. Mais, il s'est passé quelque chose de bizarre cette nuit.
– Ah bon, explique !
– Pendant que je dormais, j'ai ressenti une sensation bizarre, comme si on me touchait, mais c'était glacé.
– Et ! interrogea la jeune femme.
– Et rien, j'étais seul, mais j'ai eu la même impression que lorsque Ianto posait ses doigts sur moi, fit-il en la dévisageant.
Il n'était plus temps maintenant de taire la relation qu'il avait avec le Gallois, il l'aimait à en perdre la raison et ne voulait plus s'en cacher.
La jeune femme le regarda en souriant. Ainsi, elle avait raison, son chef était sans doute aussi épris de son collègue, que Ianto l'était de son leader.
– Qu'est-ce qui te fait sourire ? lui demanda-t-il.
– Rien, fit-elle, ne t'inquiète pas, je suis sûre que l'on trouvera quelque chose. Tu m'as dit que la sensation était glacée !
– Oui, comme si j'avais été touché par un spectre, répondit-il doucement. C'est idiot n'est-ce pas !
– Non pourquoi ? Ça me donne une idée. Je vérifie quelque chose et je viens te voir, fit-elle en retournant à son poste.
Après avoir salué Owen qui avait suivi leur conversation de loin, Jack monta dans son bureau et étudia différents dossiers qui étaient en instance. Au bout d'un moment, il releva la tête et ferma les yeux un instant, imaginant Ianto entrant dans son bureau, son plateau à la main. Quand il les rouvrit, il soupira et retourna à sa lecture.
Un peu plus tard, Tosh vint le rejoindre en lui apportant une tasse de café qu'elle déposa devant lui. Il lui sourit et but une gorgée en la regardant s'asseoir.
– Désolée, fit-elle, je n'ai pas son talent.
– Ce n'est rien, je te remercie quand même. Tu as trouvé quelque chose ?
– Non, ça n'a rien donné, mais je cherche toujours. Ce soir, je vais mettre un programme en route et demain, je verrai ce qu'il en ressortira.
– Tu pensais à quoi ? demanda Jack en posant la tasse.
– Eh bien ! Tout a une signature. Je cherche quelque chose qui n'aurait pas sa place ici, comme une entité immatérielle par exemple. On ne sait jamais, il ne faut pas désespérer, je suis sûre que l'on trouvera ce qu'il s'est passé. Bon, fit-elle en se levant, je vais te laisser, j'ai besoin de rentrer chez moi. Je te vois demain.
Elle quitta le bureau, laissant le Capitaine à ses pensées. Qu'entendait-elle par entité immatérielle ? Ianto n'était pas un fantôme, en fait, il avait simplement disparu corps et bien. Jack soupira et repoussa son fauteuil pour se lever. De nouveau, il eut des frissons et tourna la tête pour regarder son épaule, mais malgré la sensation, il n'y avait rien. Il posa ses mains sur le meuble, essayant de contenir les larmes qui montaient à ses yeux.
– Ianto, souffla-t-il, où es-tu ?
Tout près de lui, le Gallois lui parla, mais aucun son ne fut audible. Que faire pour qu'il l'entende, qu'il sache qu'il était là ! Il le regarda sortir et descendre l'escalier. Les mains dans les poches et la tête basse, le Capitaine se rendit dans les voûtes pour nourrir les pensionnaires et s'assurer que tout allait bien avant de fermer la base et de rentrer chez le jeune homme.
Les semaines passèrent, désespérantes de routine. Les interventions se succédaient et les pensionnaires étaient de plus en plus nombreux, Jack était mort deux fois et Owen avait fini à l'hôpital où il avait dû rester une semaine. Tosh analysait toujours les données recueillies lors de la disparition du Gallois, mais elle ne trouvait rien. Cependant, il était apparu qu'à plusieurs reprises, un pic d'énergie s'était manifesté, correspondant aux sensations que Jack avait ressenties. La signature n'était pas distincte, mais elle était là et la jeune femme concentrait ses recherches sur celle-ci.
Comme chaque soir, Jack quitta le Hub après avoir nourri les pensionnaires et Myfanwy puis rentra dans l'appartement du Gallois. Son absence se faisait cruellement sentir et laissait le Capitaine vidé, les yeux secs d'avoir déjà tant pleuré.
Une fois de plus, il se fit livrer des plats préparés qu'il mangea en solitaire appuyé au montant de la baie vitrée. Son regard se perdit à l'horizon puis il leva la tête vers les étoiles. Il les voyait clignoter doucement sur le velours sombre du ciel. Avec un soupir, il rentra et ferma la fenêtre puis rangea les cartons et alla prendre une douche avant de se coucher.
Dans un coin de la pièce, Ianto le regardait dormir. Son sommeil était agité et des plaintes s'élevaient de sa gorge. Le voir souffrir ainsi était douloureux pour lui, mais il avait beau chercher, il ne savait pas quoi faire. Il s'approcha du lit et se pencha.
– Jack, que puis-je faire pour que tu m'entendes ! pensa-t-il.
Le Capitaine bougea sous la couette et gémit en se retournant. Soudain, il ouvrit les yeux, il avait senti comme une présence près de lui et entendu son prénom, mais lorsqu'il alluma la lampe de chevet, il constata qu'il n'y avait personne d'autre dans la pièce. Pendant un instant, il écouta, mais aucun bruit ne venait troubler le calme de l'endroit. Il frotta ses mains sur son visage puis se leva et passa dans la salle de bain pour se rafraîchir.
Il quitta la chambre et se rendit dans la cuisine, il avait besoin de boire un café. Après avoir un instant regardé la machine du Gallois, il prépara sa boisson avec l'ancien appareil, ne voulant toujours pas toucher au bijou de son amant. Sa merveilleuse préparation lui manquait tellement, mais surtout, il avait envie de serrer le jeune homme dans ses bras, de lui dire combien il l'aimait. Tout ça était bien fini, cela faisait des semaines que Ianto avait disparu et toutes les recherches qu'ils avaient entreprises n'avaient rien donné.
– Ianto, soupira-t-il, tu me manques tellement.
Il se retourna brusquement, il avait cette fois, clairement senti quelque chose qui lui frôlait la nuque. Il passa sa main sur sa peau en promenant son regard dans la pièce. Mais à nouveau, il ne vit personne.
– Mais qu'est-ce qu'il se passe ? pensa-t-il. Ton appartement est hanté, mon pauvre Ianto, dit-il à voix haute.
Après avoir bu, il nettoya la tasse et retourna dans la chambre puis s'assit dans le lit, serrant contre lui l'oreiller du Gallois. Il enfouit son visage dedans, recherchant l'odeur du jeune homme, mais à force de dormir dessus, c'était la sienne qui en était imprégnée. Il releva la tête et laissa ses larmes couler.
– Ianto, se mit-il à crier, Ianto, tu ne peux pas me laisser comme ça, je t'en prie, reviens, finit-il dans un murmure, le corps secoué par les sanglots.
Peu à peu, le Capitaine se calma et resta prostré sur le lit, les yeux dans le vague. Le jeune homme s'approcha et s'assit près de lui. Lui aussi souffrait, car contrairement à Jack, il pouvait le voir et l'entendre, cependant il ne pouvait pas s'exprimer. Finalement, il se leva et partit vers la porte puis se retourna pour regarder son amant. Des larmes roulaient sur ses joues et ses yeux fixes semblaient le dévisager. Soudain, l'immortel bondit hors du lit et se précipita vers lui, puis il s'arrêta brusquement en se sentant envahi par un froid glacial.
– Mon dieu Ianto, j'en arrive même à t'imaginer ! Maintenant, j'ai des hallucinations. Que vais-je devenir ?
Le Capitaine s'effondra et resta couché sur le sol, se recroquevillant sur lui-même, en proie à une détresse intense puis il finit par s'endormir sur la moquette.
À suivre…
