Chapitre 4

Le lendemain, lorsqu'il se réveilla, il resta un moment à fixer le plafond, puis il s'assit et regarda autour de lui. La pièce était toujours aussi calme et il se sentait seul. Il se leva et alla prendre une douche. Après s'être habillé, il se rendit dans la cuisine et but un café, puis quitta l'appartement pour se rendre à la base.

Tout en marchant, il réfléchissait à ce qu'il lui semblait avoir vu la nuit précédente, mais il finit par se convaincre qu'il avait eu une hallucination provoquée par son chagrin. Cette fois, il passa par l'ascenseur invisible, les yeux perdus dans le vague, le cœur toujours douloureux de cette absence bien cruelle.

À son poste, Tosh leva les yeux et lui sourit en venant le rejoindre. Jack la regarda, mais il garda son masque de souffrance. Elle s'arrêta près de lui et mit la main sur son bras.

– Comment vas-tu ? demanda-t-elle.

Il fixa sur elle ses yeux remplis de larmes et elle le prit dans ses bras. Ils restèrent ainsi un moment, le Capitaine pleurant doucement sur son épaule. L'alarme du sas retentit et Tosh tourna la tête pour voir Owen entrer puis se figer un instant et reprendre sa marche pour les rejoindre.

– Jack, fit-il, viens avec moi.

Tosh lâcha son leader qui s'essuya les yeux d'un revers de manche. Il faisait peine à voir, il n'avait plus rien du grand Jack Harckness, il n'était plus que souffrance, douleur et désespoir. Il suivit le médecin vers la baie médicale.

– Assieds-toi, dit Owen en montrant la chaise. Écoute, je sais qu'il te manque, mais nous faisons tout ce que nous pouvons pour le retrouver. Tu dois y croire, nous avons besoin de toi, tu ne dois pas baisser les bras. Que dirait-il s'il te voyait dans cet état ? Crois-tu que c'est cette image de toi qu'il aime ? Non, je ne le pense pas, à mon avis, il aime l'homme fort que tu as toujours été et celui dont il est tombé amoureux.

Jack releva les yeux, surpris par les paroles du médecin. Il tourna la tête vers la jeune informaticienne qui venait de lui tendre une tasse de café et lui sourit tristement.

– Comment le sais-tu ? murmura le Capitaine en regardant le médecin.

– Comment je sais quoi ? Qu'il t'aime ? Il faudrait être aveugle pour ne pas l'avoir vu. Depuis quelque temps, il avait beaucoup changé, il était plus rayonnant je dirais et ne me dis pas que tu ne l'avais pas remarqué.

– Si, mais maintenant, il n'est plus là ! souffla Jack.

– On va le retrouver, lui dit Tosh en posant sa main sur son épaule. J'ai quelque chose à te montrer. Quand tu auras cinq minutes, viens me voir, fit-elle en repartant vers son poste.

Le Capitaine fit un mouvement pour la suivre, mais Owen l'en empêcha.

– Ah non, toi tu restes ici. Tu vas prendre ça et aller te reposer. Elle n'a pas dit que c'était urgent, alors écoute ton médecin.

– Qu'est-ce que c'est ? demanda Jack en prenant le comprimé.

– Juste un décontractant, le peu de sommeil que tu arrives à avoir n'est pas suffisant. Il faut que tu te détendes, alors va t'allonger.

– Ok, merci Owen.

– Tu me remercieras en reprenant le dessus. Nous avons besoin de toi Jack et Ianto aussi.

Le Capitaine le regarda tristement et avala le cachet avec une gorgée de café puis il se leva et partit s'allonger sur le canapé.

Une heure plus tard, après avoir dormi un peu, Jack se rendit auprès de Tosh pour écouter ce qu'elle avait trouvé. Le graphique montrait des pics et elle avait noté les heures auxquelles ils correspondaient. Comme la jeune femme le lui avait demandé, il avait fait un relevé des moments où il avait perçu la sensation glacée et ils les comparèrent. Tous les tracés se complétaient, chaque fois qu'il y avait un pic, il y avait le froid. Ils avaient enfin trouvé quelque chose de tangible. Maintenant, restait à savoir comment interpréter le résultat !

Dans la soirée, après avoir dîné, Jack s'installa sur le canapé du salon, écoutant Moonlight Serenade de Glenn Miller. Il laissa la musique envahir son esprit, se souvenant de sa première et unique nuit avec Ianto. C'était déjà si loin, mais avec une très légère concentration, il arrivait à se souvenir de la sensation de ses mains sur son corps, de ses baisers, de ses soupirs de bien-être, du goût de sa peau et de celui de ses lèvres.

Le Gallois, debout près de lui, le regardait sans bouger puis il s'avança et s'assit, posant sa main sur sa cuisse. Le Capitaine ouvrit brusquement les yeux et regarda sa jambe en frissonnant. De nouveau, il avait ressenti ce contact froid mais tellement délicat. Il ne fit pas un mouvement, laissant la sensation se propager le long de son torse où Ianto laissait maintenant courir ses doigts. Jack soupira doucement, se tendant un peu sous la caresse fraîche, fermant les yeux pour imaginer le visage de son amant. Un sourire éclaira son visage lorsque le contact se fit sur sa mâchoire puis dessina ses lèvres entrouvertes.

Ianto, pensa-t-il, ne voulant pas parler pour ne pas risquer de perdre la sensation sur sa bouche. Ianto, je sais que tu es là, parle-moi, je t'en prie, fais-moi savoir que tu vas bien.

Le Gallois sourit, il avait trouvé comment communiquer, maintenant restait à se faire entendre. Doucement, il se pencha et posa ses lèvres sur celles de son amant qui se raidit un peu, mais ne bougea pas. Le cœur de l'immortel fit un bond dans sa poitrine, c'était bien lui, il était là, mais comment cela se pouvait-il ? Il ouvrit les yeux doucement, espérant voir son regard bleu le fixer, mais il n'y avait rien, une larme perla et roula sur sa joue. Puis le contact s'évanouit, laissant un grand vide et Jack prit sa tête entre ses mains, laissant son chagrin le submerger.

Au bout d'un long moment, il se leva, éteignit la chaîne et alla prendre une douche avant de se coucher. Il resta quelques minutes à fixer l'endroit où il lui avait semblé avoir vu le jeune homme la veille, mais cette fois, il n'y avait rien d'autre que le mur. Il soupira puis se glissa sous la couette et ferma les yeux.

Le lendemain, lorsqu'il se réveilla, il ressentit un bien-être qui le revigora. Cela faisait des nuits qu'il n'avait pas aussi bien dormi, à croire que la sensation de la veille l'avait apaisé. Il finit par se lever et alla se préparer un café, caressant la machine du bout des doigts pendant que la boisson coulait de l'autre appareil. Un sourire se dessina sur ses lèvres et ses yeux brillèrent d'un nouvel éclat.

Lorsqu'il fut prêt, il quitta l'appartement, traversant la place d'un pas décidé. Il avait hâte de parler de son expérience à Tosh, elle aurait sûrement une explication. Quand il arriva dans la zone informatique, les lumières étaient encore en veille, signe que personne n'était arrivé. Il monta dans son bureau et consulta ses messages.

Lorsqu'il entendit l'alarme du sas, il se leva et sortit de la pièce, baissant la tête vers le nouvel arrivant.

– Bonjour Tosh, lança-t-il, j'ai quelque chose à te dire. Je pense que ça va t'intéresser !

– Salut Jack, fit-elle en lui souriant. Tu sembles de bonne humeur, dis-moi !

– J'ai bien dormi, dit-il en descendant l'escalier pour se diriger vers la cuisine.

– C'est une bonne chose. Je suis sûre que Ianto n'aimerait pas que tu te fasses autant de souci pour lui. Je vais continuer le traitement des données. Je pense avoir trouvé autre chose.

– Justement, c'est de lui que je voudrais te parler, mais je n'aimerais pas que tu penses que j'ai perdu la tête, quoi que lorsque j'y réfléchis, j'ai bien l'impression d'être prêt pour l'asile !

– Ah, dis-moi !

– D'abord un café, dit le Capitaine en lui tendant sa tasse. Je pense que tu en auras besoin. D'autre part, j'aimerais que Owen soit là, je voudrais aussi son avis.

– Ok, pas de problème, je sais qu'il ne devait pas arriver tard ce matin, répondit-elle, tournant la tête en entendant le sas s'ouvrir. Tu vois, quand on parle du loup…

Le médecin s'arrêta près d'eux et les salua. Ils semblaient de bien bonne humeur ce matin, cela changeait des jours précédents. Il prit sa tasse et alla poser ses affaires avant de revenir vers eux. Jack et Tosh s'installèrent sur le canapé, lui laissant une place pour s'asseoir.

– Bien, tu avais des choses à nous dire, lança la jeune femme en tournant les yeux vers son Capitaine.

– Oui, mais je vous demanderais de m'écouter avant de dire quoi que ce soit, ce n'est pas simple.

– Ok, vas-y, répondit Owen.

– Bien, vous savez que tous les soirs, je vais dormir chez Ianto. Tosh, tous tes graphiques nous montrent qu'il y a une corrélation entre les pics d'énergie et les sensations de froid que je ressens aussi bien ici que chez lui. Hier, je me suis mis sur le canapé pour écouter de la musique et j'ai eu un contact qui a commencé par ma cuisse pour remonter petit à petit sur ma poitrine jusqu'à mon visage.

Tosh ouvrit la bouche, prête à parler, mais la referma aussitôt, se souvenant de la demande de son leader de ne pas le couper dans son récit.

– Ensuite, j'ai perçu autre chose, je suis sûr d'avoir reçu un baiser, oui, fit-il brusquement en les voyant ouvrir de grands yeux, je me doute que vous devez me prendre pour un dingue et pourtant, c'est bien ce que j'ai ressenti. Je ne me l'explique pas, mais j'avais émis une pensée, j'avais demandé à Ianto de me faire savoir qu'il allait bien et je pense, non je suis sûr que c'est de cette façon qu'il s'est manifesté. Tosh, il faut que tu regardes les graphiques d'hier soir, je dois savoir si je ne fais pas fausse route. Voilà, maintenant j'aimerais savoir ce que vous en pensez.

– Écoute Jack, je vais déjà regarder les relevés de la soirée, fit la jeune femme en se levant. Je n'en ai pas pour longtemps.

Elle se dirigea vers son ordinateur pour sortir les graphiques et s'aperçut qu'effectivement, des pics étaient présents à l'heure indiquée. Elle revint vers ses collègues et montra le document.

– Tu as raison, il y a bien eu une activité, mais ce que tu as ressenti n'est peut-être que le fait de ton imagination. Il te manque et c'est bien normal, mais de là à penser qu'il serait…

– Non Tosh, je n'ai rien imaginé, c'était bien réel. Il s'est peut-être passé quelque chose avec cet appareil, nous ne l'avons pas examiné depuis que Ianto a disparu. Il faut reprendre le boulot commencé dessus. Nous avons sûrement loupé quelque chose, mais personne n'y touche.

– Pour le moment, ce n'est pas utile, j'ai toujours les photos, répondit la jeune informaticienne, je n'ai pas encore tout traité.

– Jack, tu as bien dit que tu n'avais pas parlé, tu l'as pensé, uniquement, s'enquit Owen.

– Oui, c'est ça, pourquoi ?

– On ne sait jamais, ce serait peut-être quelque chose à tenter… commença le médecin en réfléchissant.

– Tenter quoi ? demanda Tosh.

– Jack, on pourrait te brancher à l'ordinateur pour étudier ton électroencéphalogramme pendant que tu essaies de communiquer. Si tu as senti le froid ici et chez lui, il est possible que Ianto te suive. Mais qu'est-ce que je raconte ! fit Owen en se tapant le front.

Le Capitaine le regarda un peu étonné et réfléchit un instant avant d'acquiescer sans répondre. Pourquoi pas après tout, il n'avait de toute façon rien à perdre à essayer. Il se leva, suivi par le médecin puis se dirigea vers la baie médicale. Owen prépara le matériel et invita son leader à s'installer sur la table.

– Pour le moment, nous allons faire un essai, si c'est convaincant, nous t'installerons plus confortablement.

– Ne t'en fais pas, répondit le Capitaine, j'ai connu pire. Alors, je fais quoi ?

– Je vais te mettre des capteurs sur le front et dans tes cheveux et on fera un essai, ensuite, tu te concentreras et on verra bien ce que ça donne.

– Ok, c'est quand tu veux, lui dit Jack en souriant à Tosh qui les avait accompagnés.

Elle lui prit la main et l'encouragea du regard. Le médecin plaça les électrodes et s'assura qu'elles tenaient bien puis lança le programme et suivit le tracé qui s'inscrivait.

– Vas-y, pense à quelque chose.

Jack obtempéra et un pic s'inscrivit sur l'écran. Avec un sourire de satisfaction, Owen se tourna vers lui et l'encouragea à se concentrer. Le Capitaine ferma les yeux, pensant de tout son cœur au Gallois qui lui manquait tant.

Ianto, j'ai besoin de toi, je t'en prie, réponds-moi.

Sur l'écran, différents tracés se formaient puis s'arrêtaient pour reprendre de nouveau. Cela dura pendant dix minutes et l'immortel commençait à désespérer. Soudain, il se raidit un instant, serrant les doigts de Tosh qui lui tenait toujours la main, un contact froid venait de se faire et un sourire s'afficha sur les lèvres du Capitaine.

La jeune femme et Owen se regardèrent, ils avaient vu le brusque changement d'attitude de leur leader et les pics se faisaient de plus en plus nombreux sur l'écran.

Ianto, je sais que tu es là, je te sens, parle-moi, d'esprit à esprit, je saurai t'écouter.

Le Gallois se déplaça et posa ses mains de chaque côté du visage de son amant, le faisant frémir sous la sensation glacée puis il se pencha et embrassa ses lèvres. Jack sourit de nouveau en soupirant doucement.

Ianto, parle-moi, je peux t'entendre, j'en ai la faculté, je t'en prie, dis-moi quelque chose.

Je suis là Jack, répondit-il faisant largement sourire son leader.

Seigneur Ianto, mais que s'est-il passé ? Où étais-tu ?

J'ai toujours été près de toi, je ne t'ai jamais quitté.

Où es-tu ? pensa le Capitaine.

Je n'en sais rien, je suis toujours avec vous, mais sans l'être vraiment, ça fait bizarre, j'ai l'impression d'être un spectateur se baladant dans un film.

Tosh et Owen regardaient attentivement les manifestations sur l'écran, deux signaux clairement identifiables étaient visibles, donnant l'impression d'une conversation animée. Le médecin jeta un coup d'œil au Capitaine et prit sa tension, soudain inquiet.

Ianto, comment peut-on t'aider ? Dis-moi ce que je dois faire !

Je n'en sais rien, je n'ai pas compris ce qu'il s'est passé.

Owen lança un regard angoissé à sa collègue. Peu à peu, la tension du Capitaine chutait et son cœur battait irrégulièrement, si cela continuait, il allait faire une attaque, il fallait stopper l'expérience.

– Jack, écoute-moi, c'est Owen, fit-il en le secouant doucement puis plus fortement. Jack, il faut arrêter, je t'en prie, tu as un problème.

Mais le Capitaine ne lâchait rien et continuait sa conversation muette avec son interlocuteur invisible. Ianto releva la tête, essayant de comprendre pourquoi le médecin tentait de les séparer. Il vit clairement Tosh paniquer en regardant l'écran et prit sa décision.

Jack, fit-il tout près de sa bouche, je dois te laisser, mais je reviendrai, écoute Owen, je t'en prie ne me laisse pas tomber, j'ai besoin de toi, je t'aime, dit-il en se déconnectant.

– Ianto, non, hurla le Capitaine en se redressant brusquement.

Après un instant, il se figea puis retomba sur la table, sans connaissance. Le médecin tenta de le réanimer, mais son cœur s'était arrêté. Pendant quelques minutes, le moniteur donna un tracé plat puis un hoquet apparut, rapidement suivi d'un autre et encore un. Peu à peu, le rythme se fit plus régulier et Jack prit brusquement une profonde inspiration douloureuse et ouvrit ses yeux d'où s'échappèrent des larmes.

L'immortel fixa son regard sur le médecin qui lui sourit puis tourna la tête vers Tosh qui ne l'avait pas lâché.

– Il était là, fit-il dans un souffle, je lui ai parlé.

– On a vu, mais il semblerait que cela t'ait demandé énormément d'énergie. Ta tension a chuté et ton rythme cardiaque est devenu très irrégulier au point que tu en es mort ! répondit Owen en retirant les électrodes.

– Jack, fit doucement Tosh, comment lui as-tu parlé ?

– D'esprit à esprit.

– Comment ça ? s'enquit le médecin.

– Par télépathie, murmura son leader. C'est une faculté que j'ai depuis longtemps.

– Tu ne nous en avais jamais parlé, pourquoi nous l'as-tu caché ? s'inquiéta Owen.

– Je ne l'ai pas caché, je n'ai rien dit, ce n'est pas pareil. Aucun de vous n'est télépathe, je ne voyais pas l'utilité d'en parler, c'est tout.

– Donc, tu peux écouter nos pensées ! trancha le médecin.

– Pourquoi le ferais-je, si tu as quelque chose à me dire, tu peux le faire en face, je n'ai jamais cherché à en savoir plus que vous ne vouliez bien me dire. Je n'en vois pas l'intérêt.

– Laisse-le Owen, coupa Tosh, je ne vois vraiment pas ce qui te dérange. Jack, tu as dit que tu avais parlé à Ianto, alors vas-y, explique !

– Il ne sait pas ce qu'il s'est passé, mais il est avec nous. Il m'a dit qu'il était toujours là, avec nous, avec moi, finit-il dans un murmure. Tosh, que peut-on faire pour l'aider, il doit bien y avoir une raison à ce qu'il s'est passé !

– C'est tout ?

– Oui, brusquement, il a dit qu'il devait partir, je n'ai pas compris pourquoi, je ne sentais personne d'autre que lui, il semblerait qu'il ait eu peur de quelque chose.

– Non, Jack, il ne voulait pas que tu ais des problèmes. Quand j'ai essayé de te faire revenir, il n'y avait plus qu'un signal, le tien. Après quelques instants, il y en a eu un second de nouveau mais très peu de temps et plus rien. Ça doit correspondre au moment où il est parti. Ne t'inquiète pas, s'il t'a dit qu'il était toujours avec nous, c'est qu'il n'est pas loin, mais il a dû se rendre compte que tu étais en danger.

– Mais il sait que je ne peux pas mourir !

– C'est sûr, fit Tosh, mais à chaque fois que tu meures, il en souffre.

– Comment ça ?

– Ce n'est pas à moi de t'expliquer ce que l'on ressent quand celui que tu aimes perd la vie, Jack ! répondit doucement la jeune femme. Tu le sais pourtant, il tient à toi autant que toi à lui.

Le Capitaine ne répondit rien. Ianto souffrait de ses morts et lui de son absence. C'était un cercle vicieux qu'il aurait voulu briser au plus vite, mais il ne savait pas quoi faire. Il ferma les yeux et ses collègues le laissèrent se reposer.

Au bout d'un moment, il se leva et alla rejoindre Tosh qui venait de pousser une exclamation. Elle semblait excitée comme une puce et parlait très vite au médecin qui était près d'elle.

– Qu'y a-t-il ? fit-il en s'approchant.

– Jack, il faut retourner dans les archives, je crois que j'ai trouvé quelque chose d'intéressant.

– Oh, à ce point !

– Oui. J'ai fait des agrandissements de tous les objets se trouvant sur la table et j'ai trouvé ça ! fit-elle en pointant son doigt sur l'écran.

Le Capitaine se pencha et observa l'image. On aurait dit un bracelet, il semblait de belle qualité et était finement ouvragé, mais sur le dessus, il y avait des symboles ressemblants beaucoup à ceux trouvés sur l'appareil qui avait fait disparaître Ianto. L'immortel se redressa et la fixa un instant, attendant une explication.

La jeune femme était rayonnante, elle lui prit la main et l'entraîna dans les profondeurs de la base pour s'arrêter devant la porte fermée. Jack la regarda, il était inquiet, il ne voulait pas perdre un autre membre de son équipe. Brusquement, il frissonna et glissa sa main dans la poche de son pantalon pour prendre la clé de la pièce.

Fais-lui confiance, souffla le Gallois.

– Ianto, murmura le Capitaine.

Tosh se tourna vers lui en l'entendant parler. Elle vit son visage se contracter et ses yeux s'assombrirent un instant.

– Il est là ? demanda-t-elle.

– Oui, il veut que je me fie à toi. Viens, on y va, dit-il en tournant la clé dans la serrure.

Il poussa la porte mais resta sur le seuil. Chaque fois qu'il venait ici, il revoyait son amant disparaître sous ses yeux. Une douleur diffuse s'insinua dans son cœur mais il regarda la jeune femme et l'invita à s'avancer.

– Ne touche à rien ! fit-il.

– Oui, bien sûr, mais je ne pense pas que ce que nous voulons ait les mêmes propriétés, dit-elle en cherchant le bracelet.

Avec un sourire satisfait, elle s'approcha de la table et son regard se fixa sur l'objet de sa recherche. Effectivement, en comparant les symboles de la photo, il semblait que cet appareil était le complément de l'autre.

Elle doit l'étudier, souffla Ianto à l'oreille du Capitaine.

Brusquement, la jeune femme se recula et Jack l'attrapa pour la tirer à lui. Un voyant venait de s'allumer, prouvant que le bracelet était actif, puis il s'éteignit.

– N'y touche pas, fit le Capitaine.

Il faut qu'elle l'étudie, insista Ianto.

De nouveau, ils virent la lumière s'afficher. Tosh ne comprenait pas ce qu'il se passait, elle n'avait rien touché, ce n'était pas logique.

Jack, tu dois me faire confiance, prends-le, souffla de nouveau le Gallois.

À suivre…