Chapitre 5

Des larmes perlèrent aux yeux du Capitaine puis il posa sa main sur le bracelet, attendant qu'il se produise quelque chose, mais tout semblait normal.

– Je crois que c'est sans danger Tosh, tu peux le prendre, dit-il en lui mettant l'objet dans la main. Ianto m'a dit que tu devais l'étudier.

La jeune femme le regarda sans comprendre mais acquiesça. Elle le tourna entre ses doigts puis leva les yeux vers son leader. Son visage était fermé et en proie à un conflit de sentiments. Elle posa sa main sur sa joue et lui sourit avant de remonter dans la zone informatique.

– Ianto, dit-il doucement, tu me manques tellement.

Toi aussi, entendit-il dans son esprit.

Assise à son bureau, Tosh sursauta en voyant la lumière s'allumer puis elle tourna la tête vers le couloir et reprit son travail. La tête basse et les mains dans les poches, Jack retourna dans son bureau et ferma la porte.

Au bout d'une heure, la jeune informaticienne se rendit auprès de son leader, accompagnée de Owen. Elle avait des éléments qui pouvaient être utiles dans la compréhension des symboles. Elle toqua à la porte et attendit l'autorisation d'entrer. Le Capitaine, le regard dans le vague, ne semblait pas l'avoir entendue, elle se décida à ouvrir et passa la tête par l'ouverture.

– Jack, j'aurais besoin de te parler si tu veux bien.

– Oui, bien sûr, entrez tous les deux. Excuse-moi, je réfléchissais.

– Oui, j'ai vu. Comment vas-tu ?

– Je n'en sais rien, je me sens vidé.

– Tu as communiqué avec Ianto ? demanda-t-elle.

– Un peu, pourquoi ?

– Je pense avoir compris le mécanisme du bracelet.

– Vas-y, explique ! Asseyez-vous, vous n'allez pas rester debout comme ça, fit-il en les invitant de la main.

Ses collègues s'installèrent et Tosh réfléchit un instant pour bien choisir ses mots.

– Écoute, quand je suis remontée tout à l'heure, le voyant s'est allumé. As-tu communiqué avec lui quand tu étais en bas ?

– Je lui ai dit qu'il me manquait et il m'a répondu.

– Ok, quand tu étais ici, as-tu recommencé ?

– Oui, mais je me suis senti fatigué et il est parti, depuis, je n'arrive plus à lui parler.

– Très bien, alors voilà ce que j'en déduis. Chaque fois qu'il communique avec toi, la lumière s'allume mais quand tu lui parles, le voyant reste éteint mais tu perds de ton énergie. Alors essaie une chose, mets le bracelet et appelle-le.

– Pourquoi ?

– Je veux voir si ma théorie est la bonne, vas-y, fais-le, dit-elle en lui tendant l'objet.

Docile, le Capitaine mit l'appareil à son poignet et se concentra, fermant les yeux pour ne pas voir ses collègues le détailler.

Ianto, j'ai besoin de te parler.

Je suis là, Jack.

Pourquoi es-tu parti ?

Tu t'épuisais.

Mais je ne peux pas mourir, tu le sais bien.

Oui, mais même si tu reviens toujours, ça me fait mal.

Ils discutèrent ainsi pendant près d'un quart d'heure et le Capitaine se sentait toujours aussi bien. Il finit par ouvrir les paupières et regarda Tosh qui lui souriait.

– J'avais raison, dit-elle triomphante. Ce bracelet te permet de communiquer sans pour autant que tu te fatigues. Il doit canaliser l'énergie utile à la connexion. Ce genre de procédé est pratique pour se parler d'un monde à l'autre, mais si c'est pour provoquer la mort du correspondant, ce n'est pas vraiment logique. Alors voilà, à chaque fois que tu voudras parler à Ianto, il faut que tu portes ce bracelet ainsi il te protègera et tu sauras qu'il te contacte puisque la lumière s'allumera. À partir du moment où il se connectera, le voyant restera allumé pendant une ou deux minutes, te laissant le temps de t'en apercevoir.

Je t'avais bien dit de me faire confiance, dit Ianto provoquant un sourire de son amant.

– Dis-lui qu'il nous manque, fit Tosh en regardant la lumière.

Elle me manque aussi, dit le Gallois sans attendre la transmission.

– Tu lui manques aussi, Tosh, répondit Jack.

– Comment, il m'entend ?

– Il semblerait, je n'avais rien transmis.

– Mais c'est fabuleux, alors il peut entendre ce que l'on dit, ça va nous aider !

– En quoi cela peut être utile ? demanda le Capitaine.

– C'est simple, je n'ai pas besoin de communiquer avec lui puisque tu peux le faire, mais je peux lui parler directement même si je n'obtiens pas de réponse. S'il a quelque chose à dire, il passera par toi.

Brusquement, une alarme se déclencha, les faisant sursauter. Tosh descendit rapidement l'escalier et se pencha sur son ordinateur puis nota les coordonnées de l'activation. En courant, le Capitaine partit vers le garage, suivi de près par ses deux collègues.

Collant aux indications de la jeune femme, ils arrivèrent sur un terrain vague et Jack arrêta le véhicule, scrutant les environs. Soudain, il y eut un éclair de lumière et ils sortirent rapidement, se précipitant vers l'activation. En contre-bas du terrain, il virent une créature humanoïde qui se tourna vers eux en les entendant arriver. Il y eut un sifflement puis elle appuya sur un objet qu'elle avait dans la main et disparut dans un grand éclat lumineux.

Jack, il est là, fit Ianto.

Où ça ?

Il est avec moi.

– C'est pas vrai ! Tosh, il est avec Ianto, comment cela se peut-il ?

– Je n'en sais rien ! Mais tu as vu la lumière, c'était la même que lorsqu'il a disparu. Il y a peut-être un lien. Je dois retourner au Hub.

– Ok, on y va, fit-il en courant vers le véhicule.

Le retour fut rapide. La jeune femme se connecta et étudia les fichiers de l'activation. Effectivement, l'énergie était la même, cela voulait donc dire que cet être connaissait l'utilisation de l'artéfact et pourrait les aider à ramener Ianto. Près d'elle, Owen tentait de se rendre utile, lisant différents graphiques et les analysant.

Le Capitaine monta dans son bureau et ferma la porte pour se connecter à Ianto, mais au bout de plusieurs longues minutes, il abandonna, le Gallois ne semblait pas les avoir suivi lors de leur retour. Déçu, il descendit rejoindre ses collègues, espérant une bonne nouvelle.

Au bout d'une heure, il se rendit à l'évidence, son espoir était vain et il se dirigea vers la cuisine pour préparer du café.

Jack !

Ianto, où étais-tu ? fit-il en s'arrêtant brusquement sous le regard surpris de Tosh.

Je l'ai suivi, mais il a fait un autre bond et je l'ai perdu.

Tu vas bien ?

Oui, bien sûr, que veux-tu qu'il m'arrive ?

Je n'en sais rien, mais je m'inquiète, je ne peux pas te protéger.

Ne t'en fais pas, je suis assez grand pour veiller sur moi.

La jeune femme s'approcha doucement et posa sa main sur le bras du Capitaine, l'interrogeant du regard.

– Il va bien, lui dit l'immortel en voyant son regard humide.

Elle soupira et poursuivit son chemin jusqu'à la cuisine où elle passa un peu d'eau fraîche sur son visage. Le Capitaine fit le café et lui tendit une tasse. Elle la prit et lui sourit puis posa un baiser sur sa joue et retourna à son poste.

L'après-midi se passa dans le calme. La faille restait tranquille leur permettant de travailler sur l'artéfact. Tosh examinait les différents symboles, comparant ceux des photos de l'appareil à ceux du bracelet que Jack lui avait confié.

Ianto, sachant qu'il ne pourrait communiquer avec son amant sans le mettre en danger, restait silencieux et la regardait faire.

Le soir, le Capitaine récupéra le bracelet et rentra à l'appartement du Gallois après s'être arrêté chez le traiteur pour son repas du soir. Arrivé dans le salon, il mit la chaîne en route et alla déposer ses paquets dans la cuisine.

Il prit une douche, sortit de la salle de bain avec une serviette autour des reins et s'installa sur le balcon pour dîner. Les accents de swing lui parvenaient un peu étouffés et l'apaisaient. Il soupira doucement, Ianto lui manquait terriblement, mais il ne voulait pas paraître faible et cacha ses pensées. Le Gallois avait déjà bien assez de problèmes, autant ne pas en rajouter.

En fin de soirée, il éteignit la chaîne, rangea la cuisine et partit se coucher.

Bonne nuit Ianto, pensa-t-il en fermant les yeux.

Bonne nuit Cariad.

Le Capitaine sourit puis peu à peu, il s'enfonça dans un sommeil réparateur. Après les émotions de la journée, son corps se détendait enfin et plongeait dans un doux engourdissement. Il savait que le Gallois n'était pas loin, qu'il veillait sur lui comme il aurait tant souhaité le faire. Mais il se le promit, ce serait son rôle plus tard, lorsque le jeune homme serait de nouveau avec eux, avec lui.

Jack dormait paisiblement et Ianto le détaillait. La couette avait glissé, découvrant son corps dénudé. Il s'approcha et s'assit sur le lit puis avança la main mais ne toucha pas la peau qui l'attirait.

Jack, réveille-toi !

Au poignet de l'immortel, le bracelet émit un bip puis le voyant s'alluma. Le Capitaine sursauta et leva son bras pour regarder l'objet puis chercha une présence dans la chambre.

Ianto, tu es là ?

Oui, je t'ai réveillé, désolé, mais j'avais envie de te parler.

Ce n'est rien, je rêvais de toi. Comment vas-tu ?

Tu me manques, j'aimerais tant être près de toi, je voudrais sentir tes mains sur moi, j'ai tellement envie de t'embrasser. Jack, que vais-je devenir ?

Ne t'inquiète pas, nous trouverons bien, Tosh ne va pas laisser tomber. Tu la connais, elle peut être têtue quand elle s'y met.

Le Gallois esquissa un sourire puis se pencha et posa ses lèvres sur l'épaule de son amant. Surpris par la sensation de froid, celui-ci se contracta un peu mais se détendit rapidement.

Ianto, toi aussi tu me manques.

À quel point ? demanda le jeune homme.

À ton avis ! Si tu étais près de moi, je me ferais un plaisir de te le montrer.

Crois-tu que je puisse faire quelque chose ? s'enquit le Gallois en posant ses doigts sur la jambe de son amant.

Il le regarda se tendre doucement et vit quelques frissons parcourir son corps. Il s'aventura plus avant, remontant doucement vers l'aine, puis le bas-ventre. Le Capitaine soupira et ferma les yeux. Derrière ses paupières closes, l'image de Ianto venait de se former dans son esprit, sortant de ses souvenirs et il sourit.

Le jeune homme continuait sa lente ballade et remonta vers ses tétons que le froid fit se redresser. La chair de poule se marqua sur sa peau, arrachant des gémissements à Jack qui tentait de garder le contact.

Ianto, crois-tu que ce soit judicieux ?

Non, mais c'est tellement agréable à voir, fit-il en posant ses lèvres sur celles de son amant, le faisant frissonner.

Je n'ai jamais fait ce genre d'expérience et crois-moi, j'en ai fait des choses bizarres.

Le Gallois ne répondit rien, se contentant de dessiner des arabesques sur le corps de son amant. Il avait envie de le voir prendre du plaisir et réfléchissait au moyen de lui en donner.

Jack, peux-tu m'imaginer ?

Oui, bien sûr, il suffit que tu m'envoies ce que tu veux que je perçoive. La télépathie est bien pratique pour ça.

Ok, alors dis-moi… souffla le jeune homme.

Une image se forma dans l'esprit du Capitaine et un sourire apparut sur son visage. Ianto était devant lui et déboutonnait doucement sa chemise après avoir fait tombé sa veste. Ses yeux étaient rieurs et Jack sentit une douce chaleur l'envahir.

Ianto, que fais-tu ?

Tu le vois, je me déshabille.

Oui, ça me paraît évident, mais…

Chut, tais-toi et regarde…

Le Gallois était maintenant nu devant lui, son désir clairement affiché. Jack soupira doucement, un peu frustré de ne pouvoir le toucher.

Ianto, tu es en train de me torturer.

Mais non, regarde, fit-il en glissant ses mains le long de son torse, se caressant avec volupté.

Le Capitaine gémit en sentant son propre corps réagir devant ces images plus qu'explicites. Lentement, ses mains partirent à la découverte de sa peau, suivant les caresses que Ianto se prodiguait, les reproduisant sur son torse, se perdant dans le regard bleu qui semblait le fixer malgré l'absence. Peu à peu, le Gallois glissa ses doigts sur son bas-ventre, fermant les yeux et se cambrant sous la sensation ressentie. Il soupira doucement lorsque sa main se referma sur son sexe durci et commença à appliquer de lents va-et-vient.

Jack suivit le mouvement, s'accrochant toujours à l'image projetée. Il aurait tellement voulu le serrer dans ses bras à ce moment-là.

Ianto, pensa-t-il, touche-moi.

Le jeune homme s'approcha et passa ses doigts sur le torse moite de son amant. Celui-ci frissonna mais sourit et continua ses allées et venues sur son sexe, les cadences s'accélérant au fur et à mesure que leur plaisir grandissait.

Le Gallois se sentait au bord de la jouissance, voir son compagnon se donner du plaisir décuplait le sien. Brusquement, il hoqueta sous l'explosion qui se fit dans son ventre et il se déversa dans sa main transmettant l'image au Capitaine qui le suivit peu après en murmurant son prénom.

Alors…

Humm… Ianto, tu es un ange de perversion, fit Jack.

Si tu le dis, mais tu semblais apprécier.

Je n'ai pas dit que je n'avais pas aimé, mais gare à toi quand tu reviendras !

Des promesses, Capitaine, toujours des promesses…

Le jeune homme sourit et posa de nouveau ses doigts sur la peau de son amant, remontant doucement vers la mâchoire et dessina ses lèvres avant d'y poser sa bouche tendrement.

Je t'aime Jack, il me tarde de pouvoir à nouveau te toucher.

Tosh y travaille, ne t'en fais pas, elle va trouver comment te ramener.

Je le sais bien, mais je me sens tellement inutile ici.

Le Capitaine se redressa avec un soupir.

Je vais prendre une douche, il faut que j'aille au Hub. Tu m'accompagnes ?

Je suis toujours près de toi Jack, je te l'ai déjà dit.

Oui, mais je voulais m'en assurer.

L'immortel prit une douche et s'habilla puis se fit un café. Une fois prêt, il attrapa son manteau et quitta l'appartement.

En arrivant dans la zone informatique, il s'aperçut que Tosh était déjà arrivée et s'approcha d'elle en souriant.

– Salut Jack, fit-elle. À ce que je vois, tu as dû bien dormir !

– On peut dire ça, répondit-il.

Elle leva les yeux et rougit légèrement en voyant la lueur dans ses prunelles.

– Il était avec toi, c'est ça ?

– Oui. Tu veux un café ? fit-il pour changer de conversation.

– Oui, bien sûr, répondit-elle en se concentrant de nouveau sur son travail.

Il se rendit dans la cuisine et prépara les tasses puis revint vers la jeune femme et resta près d'elle quelques minutes. Elle avait fait un tri dans les photos de l'artéfact et s'appliquait à les scanner pour le faire traiter par l'ordinateur. Il s'apprêtait à la laisser lorsqu'elle le regarda.

– Donne-moi le bracelet, j'ai des comparaisons à faire.

Jack la fixa tout en retirant l'objet et le lui tendit avec un petit soupir. Il savait que Ianto resterait silencieux tant qu'il ne serait pas revenu à son bras.

– Ne t'en fais pas, je n'en ai pas pour longtemps, fit-elle, devinant ses pensées.

Avec un petit sourire triste, il la laissa et monta dans son bureau. Il s'installa sur son siège et commença à lire les dossiers en attentes. Après avoir lu plusieurs fois le même paragraphe sans le comprendre, il repoussa le document et s'appuya au dossier en soupirant.

– Ianto, je ne peux pas te parler, mais je voudrais savoir que tu es là, dit-il de vive voix.

Un frisson le parcourut et il sourit, ce simple contact lui faisait énormément de bien et lui redonna du courage. Il reprit le dossier et le lut jusqu'à la fin puis apposa sa signature. Au bout d'une heure, il leva la tête en entendant frapper à la porte. Il fit signe d'entrer à Tosh et elle s'installa face à lui.

– Alors, qu'as-tu trouvé ? demanda-t-il.

– Le programme tourne, je pense avoir des réponses demain. Tiens, je te le rends, fit-elle en tendant le bracelet.

Jack le prit et le remit à son poignet. La jeune femme, devant s'absenter, lui souhaita une bonne après-midi puis quitta le bâtiment. À l'heure du déjeuner, Owen vint rejoindre le Capitaine et ils mangèrent en discutant de l'avancée des recherches. De temps en temps, un frisson parcourait le corps de l'immortel, lui tirant un sourire. Le médecin ne disait rien, mais remarquait son attitude. Il savait que Ianto n'était pas loin et cela le rassurait.

– Jack, fit-il au bout d'un moment, Ianto t'a bien dit qu'il avait vu la créature lorsqu'elle a disparu.

– Oui, pourquoi ? Si comme le suggère Tosh, cet appareil sert à passer d'un monde à l'autre, c'est normal.

– Oui, mais pourquoi précisément là où se trouve Ianto en ce moment ?

– Je n'en sais rien, il faudrait que je lui demande s'il n'a pas remarqué quelque chose.

– Ok, alors si tu as une réponse, fais-le moi savoir, ce serait une bonne indication.

– D'accord, tu veux un café ?

– Oui, je veux bien, même si j'ai hâte qu'il revienne, je préfère quand même le sien, finit-il dans un murmure.

– Moi aussi, soupira le Capitaine qui avait entendu la remarque.

À suivre…