Chapitre 7

Un matin, Tosh vint le rejoindre dans son bureau, elle semblait d'humeur joyeuse, un grand sourire éclairait son visage.

– Jack, j'ai trouvé, fit-elle en entrant.

– De quoi parles-tu ?

– Je sais comment fonctionne l'appareil !

– Explique !

– Tu vois ceci, fit-elle en pointant le doigt sur la photo.

– Quoi, ça ?

– Oui et bien, je crois que c'est la clé de tout.

– Tu en es sûre, il faudrait que l'on essaie alors, répondit le Capitaine.

Owen, qui arrivait, ne comprit que les derniers mots et s'arrêta brusquement, les voyant très près l'un de l'autre.

– Euh ! fit-il, je reviendrai plus tard.

– Non, viens, il faut que tu participes, dit Tosh en se tournant vers lui.

– Je ne suis pas sûr, je ne voudrais pas vous déranger.

– Mais de quoi parles-tu ? demanda Jack assez étonné.

– Je ne suis pas vraiment pour une partie à trois, si tu vois ce que je veux dire.

Le Capitaine et Tosh se mirent à rire. Les larmes aux yeux, la jeune femme se tourna et le regarda.

– Tu n'as rien compris, pouffa-t-elle. Je crois que j'ai trouvé comment fonctionne l'artéfact et Jack m'a dit qu'il fallait essayer, c'est tout. Ce que tu peux avoir les idées mal placées !

– Oh ! fit-il, désolé, mais à ma place, tu aurais pu comprendre la même chose.

– Approche-toi, dit le Capitaine en reprenant son sérieux. Regarde, d'après Tosh, c'est ça qui est la source de tous nos problèmes. D'après ce qu'elle a pu en déduire, il semblerait que cet appareil utilise une fissure dans le continuum espace-temps pour permettre le passage d'un monde à l'autre.

– Oui, c'est ça, enchérit la jeune femme. Cet appareil semble désynchroniser les univers et créerait des sortes de portes.

– Donc, fit Owen, il suffirait d'enlever cette pièce, mais nous ne savons pas où est Ianto ! Il faut attendre qu'il soit ici pour le faire sinon, Dieu sait ce qu'il pourrait se passer.

– Jack, fit la jeune femme, dès que tu as un contact, préviens-moi, je lui expliquerai ce que l'on pense faire. Mais si les Gardiens ont encore besoin de lui, je ne sais pas s'ils nous laisseront partir !

– Ce n'est pas un problème, le principal, c'est qu'on puisse le ramener sans qu'il soit blessé, répondit le Capitaine. Pour ce qui est de lui expliquer, je ne pense pas que ce soit judicieux. Ok, alors garde tout ça précieusement et je te tiens au courant.

Tous trois se redressèrent. Tosh remarqua une nouvelle lueur dans les yeux de son leader. Cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait plus vu aussi heureux. Cela se lisait sur son visage, ils avaient enfin une possibilité de récupérer le Gallois. Brusquement, une nouvelle alarme se déclencha et la jeune femme se précipita sur son ordinateur. On aurait dit que la faille était prise de hoquets, faisant des pics plus ou moins importants. Elle nota le lieu où était apparue la singularité et Jack se précipita vers le garage, accompagné par Owen.

Arrivés sur les docks, ils se laissèrent guidé par la jeune informaticienne. Soudain, une lumière aveuglante les surprit dans leur progression et ils fermèrent les yeux, se protégeant le visage de la main.

– Tosh, c'est la même lumière, va dans les archives et prépare-toi, lança Jack.

La jeune femme obéit et se rendit le plus vite possible dans la pièce puis s'immobilisa devant l'artéfact, prête à retirer la pièce incriminée.

De leur côté, le Capitaine et Owen étaient toujours soumis au bombardement lumineux puis l'immortel aperçut le Gallois.

– Vas-y Tosh, cria-t-il par l'oreillette.

Elle s'exécuta, priant pour que tout se passe bien. Si elle avait fait une erreur, elle risquait de tuer son collègue. Elle attrapa la pièce et l'enleva de son logement. L'artéfact émit un petit sifflement, devint légèrement luminescent puis le silence se fit.

Sur les docks, la lumière s'éteignit également, laissant un flou lumineux dans les yeux des trois personnes encore présentes. Jack cligna des paupières, ne croyant pas à ce qu'il voyait puis se précipita et enlaça Ianto qui restait comme hébété.

Sans se préoccuper de la présence de Owen, il l'embrassa passionnément, laissant ses larmes couler. Le Gallois répondit au baiser, lui aussi très ému de sentir les bras de son amant le serrer contre lui.

Quand ils se séparèrent, leurs regards se vrillèrent, Jack glissa ses doigts, de la pommette à la mâchoire, ayant du mal à croire qu'il l'avait récupéré.

– Mon Dieu Ianto, ce que tu as pu me manquer !

– Toi aussi Jack, mais tu n'aurais pas dû faire ça, ils avaient promis de me laisser partir, nous n'avons pas attrapé la créature et maintenant, je ne pourrai plus le faire.

– C'est sans importance, on trouvera un autre moyen pour les aider. Je te le promets, mais pour le moment, tu rentres avec nous, fit-il en se tournant vers le médecin qui n'avait toujours pas bougé.

– Salut Owen, comment vas-tu ? demanda Ianto.

– Euh ! Bien, bien.

– Allez ! Tout le monde en voiture, nous rentrons.

– Jack, fit Tosh, Jack est-ce que tout va bien !

– Oui, je ramène l'oiseau au nid, répondit le Capitaine en souriant à son amant.

Ils reprirent le SUV et rentrèrent à la base. Quand ils arrivèrent au garage, la jeune femme les attendait et se précipita dans les bras du Gallois, des larmes de joie coulant sur ses joues.

– Ianto, fit-elle entre deux sanglots, ne nous fais plus jamais un coup pareil ! Tu ne peux pas imaginer dans quel état tu nous as mis.

– Je suis désolé, je n'ai pas été assez prudent, mais je ne craignais rien.

– Ce n'est pas sûr, j'ai fait des recherches, sais-tu ce que tu poursuivais ?

– Non, mais les Gardiens…

– Au diable les Gardiens, Ianto ! Ils ne t'ont pas dit le plus important, fit-elle en s'emportant brusquement. Monte, je vais t'expliquer.

Elle le lâcha et partit d'un pas décidé, laissant les trois hommes surpris par sa réaction. La tension qui l'avait fait avancer semblait s'effondrer et le Capitaine était convaincu qu'elle ne lui avait pas tout dit.

Ils lui emboîtèrent le pas et la retrouvèrent à son poste. Ianto se dirigea vers la cuisine et leur prépara du café. Lorsqu'il revint près d'eux, ils l'accueillirent avec un grand sourire et prirent leur tasse, humant l'odeur avec délectation. Puis ils reportèrent leur attention sur ce que leur disait la jeune femme. Effectivement, les Gardiens n'avaient pas vraiment été sincères avec lui, l'être qu'ils poursuivaient était une créature qui avait la disparition de plusieurs mondes à son actif et il semblait que la Terre soit sa prochaine cible.

Le Gallois ne comprenait pas, ils avaient semblé ouverts et avenants et il leur avait fait confiance. En fait, ils s'étaient servis de lui, peu leur importaient que la Terre disparaisse, ils voulaient juste récupérer leur prisonnier à tout prix. Il se laissa tomber sur une chaise et passa ses mains sur son visage. Il avait été en danger bien plus qu'il ne l'avait pensé, il aurait pu mourir et ne plus revoir Jack. Il leva les yeux sur son amant qui comprit son tourment. Il se pencha et l'embrassa sur le front.

– Viens, dit-il, je te ramène chez toi, tu as besoin de te reposer. Tosh, Owen, fermez tout et rentrez chez vous, nous avons tous besoin de décompresser. À demain.

Il prit le bras du jeune homme et l'entraîna avec lui vers l'ascenseur invisible. La dalle s'ébranla doucement et les remonta à la surface. Ils traversèrent la place et entrèrent dans l'immeuble de Ianto. Une fois dans l'appartement, Jack mit un peu de musique comme il en avait pris l'habitude pendant l'absence de son amant puis revint vers lui et le serra dans ses bras. Il respira l'odeur de sa peau et embrassa son cou, sentant le jeune homme se détendre peu à peu.

Une larme coula sur sa joue et le Capitaine la but en lui caressant doucement la nuque du bout des doigts. Ianto leva les yeux et se perdit dans le regard azur qui le détaillait. Il glissa ses mains dans le dos de son amant, le serrant contre lui.

– Tu m'as manqué, fit-il dans un souffle.

– Toi aussi Ianto, je n'imaginais pas que j'arriverais à vivre sans toi. En fait, heureusement que Tosh était là.

– Comment ça ? fit le Gallois en s'écartant.

– Ne t'en fais pas, elle m'a juste remonté le moral, elle m'a montré comment supporter ton absence, c'est tout. Que croyais-tu, que je l'avais mise dans mon lit ! Mais pour qui me prends-tu ?

– Je ne sais plus, fit Ianto un peu déboussolé.

– Ah si, par contre, je l'ai embrassée ! fit-il l'œil brillant.

– Tu as quoi ?

– Jaloux ? demanda le Capitaine.

– Oui, répondit le Gallois dans un murmure.

L'immortel jubilait, mais bien vite, il s'aperçut que son amant souffrait de cette confidence.

– Ce n'est pas ce que tu crois. Un soir, elle m'a demandé de l'accompagner au restaurant parce qu'elle avait envie de parler de toi. Lorsque je suis arrivé, des jeunes gens la sifflaient de manière assez inconvenante et j'ai pris sur moi de leur montrer qu'elle n'était pas seule. Tu imagines leur réaction !

– Oui, assez bien et Tosh, qu'en a-t-elle pensé ?

– Elle a été surprise et m'a demandé comment tu aurais réagi !

– Et…

– Je lui ai dit que tu aurais pu le faire à ma place si tu avais été là, je ne pense pas que tu acceptes ce genre de comportement envers une de tes amies, je me trompe ?

– Non, tu as raison. Mais dis-moi, qu'as-tu fait pendant que je n'étais pas là ?

– Je t'ai attendu, que voulais-tu que je fasse d'autre ?

– Je ne sais pas, peut-être…

– Non Ianto, ne dis pas ce que je pense que tu vas dire, le coupa le Capitaine, je ne suis pas porté sur le sexe au point d'aller voir ailleurs en ton absence.

– Pardonne-moi, mais ça fait tellement longtemps que je suis parti, je l'aurais compris.

– Comment peux-tu penser une chose pareille ?

Il posa ses lèvres sur celles, tremblantes, du jeune homme, goûtant le plaisir de le sentir tout contre lui de nouveau. Son désir s'éveilla et Ianto s'en rendit compte. Il l'embrassa plus passionnément, taquinant les lèvres du bout de la langue jusqu'à ce qu'elles s'ouvrent pour la laisser rejoindre sa consœur. Les mains se firent vagabondes, partant à la découverte de la peau du partenaire. Les chemises tombèrent sur le sol, laissant libre accès aux lèvres de Ianto qui quittèrent la bouche pour s'aventurer sur le torse de son compagnon, lui provoquant des frissons de plaisir.

Un soupir s'échappa de la bouche du Capitaine, accueillant la douce chaleur avec délectation. Cela faisait si longtemps qu'il pensait ne plus goûter à ce bonheur de le caresser de nouveau. La main du Gallois glissa le long de sa taille, jusqu'au bas-ventre puis dans l'aine, mais Jack lui saisit le poignet et arrêta son geste. Le jeune homme le fixa sans comprendre.

– Tu m'as bien dit que je ne faisais que des promesses, souffla l'immortel, provoquant un sourire de son amant.

Il l'entraîna dans la chambre et le poussa doucement sur le lit, s'allongeant contre lui, le caressant, se réappropriant la peau sucrée de son torse. Ianto gémissait doucement, se tendant peu à peu sous les doigts qui se faisaient promeneurs, glissant le long de son cou, taquinant ses tétons durcis. La bouche du Capitaine vint les remplacer pendant qu'ils continuaient leur lente ballade sur les abdominaux jusqu'au bas-ventre. Lorsque le poignet glissa le long du sexe désireux, un râle s'échappa de la gorge du Gallois, tirant un sourire à son amant qui le sentait perdre pied peu à peu.

Les lèvres continuèrent leur descente vers l'objet de son désir puis il passa sa langue sur la longueur, titillant le gland avant de prendre le sexe suintant dans sa bouche, provoquant une décharge dans le corps de Ianto qui dut se retenir de ne pas jouir sur-le-champ. La chaude humidité qui l'entourait faisait monter des sensations dans son corps, il glissa ses doigts dans les cheveux du Capitaine, accompagnant le mouvement de va-et-vient. Sensuellement, mais inexorablement, son amant l'amenait à l'extase par des caresses savamment prodiguées.

Il quitta le sexe sous le grognement du Gallois pour remonter prendre ses lèvres et se perdit dans son regard bleu. Il voulait faire durer l'instant, mais il avait également envie de le faire sien, il repartit donc vers le membre abandonné pour s'en saisir de nouveau, lui accordant moult attentions, accélérant le mouvement pour le ralentir ensuite, sentant son amant se tendre sous ses doigts. La jouissance montait inexorablement et lorsqu'elle explosa, Ianto se déversa dans la bouche de l'immortel, ses doigts agrippant la couette du lit. Un long râle accompagna la délivrance et des spasmes violents parcoururent son corps.

Après quelques allées et venues, le Capitaine quitta le membre radouci, venant reprendre les lèvres du Gallois, lui faisant partager le goût de sa semence et le serra contre lui avec un léger soupir.

– Que disais-tu des promesses ? fit-il taquin.

– Mettons que je n'ai rien dit, fit Ianto en reprenant pied dans la réalité.

Il se lova dans les bras de son amant, respirant son odeur qui lui avait tant manqué puis caressa son torse du bout de ses doigts, faisant naître un nouveau désir dans leur deux corps. Il releva la tête et regarda le visage de son compagnon, glissant doucement sur la peau.

Aime-moi, fit-il à son esprit. J'ai envie de t'appartenir de nouveau.

Jack lui sourit et reprit ses lèvres pour un baiser langoureux. Ses mains se firent caresse, provoquant de nouvelles sensations chez son partenaire. Il avait envie de lui, mais il prit son temps, il ne voulait rien précipiter, il était dans ses bras et rien ne l'en ferait partir, il voulait l'aimer jusqu'au bout de la nuit. Délicatement, il quitta la bouche pour goûter le cou puis la clavicule, reprenant doucement le chemin du torse de son compagnon.

Ianto saisit une de ses mains et porta ses doigts à sa bouche, lui faisant clairement comprendre ce qu'il attendait. L'autre main du Capitaine continua sa course vers l'aine du jeune homme, glissant lentement dans l'entrejambe et le Gallois écarta les cuisses pour laisser le passage à la main baladeuse. Il soupira quand un doigt se posa sur son anneau de chair, en dessinant les contours mais sans y pénétrer. La bouche du Capitaine vint reprendre ses lèvres, retirant ses doigts humides pour les remplacer par sa langue qui s'en alla à la rencontre de celle de son amant.

Sa main descendit jusqu'à l'intimité du jeune homme, caressant de nouveau l'entrée convoitée. Il quitta la bouche pour venir rejoindre les doigts, en glissant un délicatement, léchant le membre durci sur toute sa longueur, descendant lentement sur les bourses puis la langue se joignit aux doigts. Ianto, un instant surpris par la sensation, se cambra, mais bien vite, il se détendit, laissant les doigts et la langue le fouiller doucement. Lorsqu'il entra le troisième, le Capitaine commença de lents va-et-vient, cherchant le point sensible du Gallois. Lorsqu'il le trouva, il reprit son sexe et appliqua les mêmes mouvements que ceux de ses doigts.

Ianto se tendait sous les diverses sensations qui déferlaient dans son corps. Il ne savait plus où il en était et ne voulait pas que cela s'arrête.

– Jack, souffla-t-il, viens.

Le Capitaine délaissa le sexe puis tendit le bras vers la table de nuit et prit le tube de lubrifiant dans le tiroir. De sa main libre, il enduisit sa virilité puis se déplaça entre les jambes de son partenaire. Il retira ses doigts et se présenta devant l'entrée, glissant par petites touches dans le corps accueillant.

– Humm… oui, viens, fit Ianto en se cambrant de plus belle.

Jack continua sa lente progression, bien trop lente au goût du Gallois qui voulait le sentir en lui, tout au fond de lui. Quand il fut enfoncé jusqu'à la garde, le Capitaine se pencha et prit les lèvres de son amour, restant quelques instants sans bouger puis il débuta de lents va-et-vient que le jeune homme accompagna par des ondulations du bassin.

– Plus vite… souffla Ianto et Jack s'exécuta.

Peu à peu, les coups de reins se firent plus rapides, plus brutaux aussi, arrachant des gémissements au Gallois qui s'agrippait à la couette qui glissait sous ses doigts. La jouissance montait rapidement, les mouvements se firent plus erratiques. Se sentant proche de l'extase, Jack prit le sexe de son amant et commença à le masturber au même rythme que celui de son bassin. Des étoiles explosèrent derrière ses paupières closes, lorsque dans un cri, il se libéra dans le corps du jeune homme. Ianto le suivit presque aussitôt et se déversa dans sa main, éclaboussant son ventre du feu de ses passions.

Le corps secoué de spasmes, Jack resta quelques instants en appui sur les mains, les yeux mi-clos puis il se retira doucement et s'allongea près du Gallois, passant sa main sur son torse humide et caressa sa joue avant de prendre ses lèvres. Lentement, ils reprirent leur souffle et laissèrent leurs cœurs se calmer.

– Je t'aime Ianto, fit-il en le regardant dans les yeux. Tu vois ce qui arrive quand tu t'absentes trop longtemps !

– Ce n'est pas moi qui ai décidé de partir. Mais dis-moi, j'ai été parti combien de jours, là-bas, le temps semblait différent.

– Soixante-seize jours et trois heures, fit le Capitaine le plus sérieusement du monde.

– Quelle précision ! Mais tu n'as pas donné le nombre de minutes, fit Ianto en esquissant un sourire.

– Je vais t'en mettre des minutes, moi ! lança Jack les yeux rieurs. Je t'aime Ianto, fit-il en le serrant contre lui.

Il l'embrassa tendrement et le Gallois posa sa tête sur son torse, se laissant bercer par les battements de son cœur.

– Je t'aime aussi Jack, fit-il en baillant doucement.

Peu à peu, il glissa dans le sommeil, à l'abri dans les bras de son amant et Jack le suivit peu après, rassuré de l'avoir retrouvé.

À suivre…