Chapitre 11
Il serra un peu plus le corps contre lui et contacta le médecin pour lui demander de l'aide.
À la base, Owen et Tosh se précipitèrent au garage et quittèrent le bâtiment en direction du parc. Ils devaient faire vite. Il faisait de plus en plus froid et Jack était blessé. Quand ils arrivèrent, la jeune femme prit rapidement deux couvertures et suivit le médecin qui avait récupéré sa sacoche. Ianto était toujours assis sur l'herbe humide, enserrant de ses bras le corps inerte de son amant.
Owen prit les constantes du blessé et leva les yeux vers son collègue, lui faisant un léger sourire. Le Gallois le remercia puis recouvrit l'immortel de la couverture que lui avait tendue la jeune femme. Elle mit la seconde sur ses épaules et passa une main légère dans ses cheveux.
– Nous devrions rentrer, fit-elle au bout de quelques instants, vous avez besoin de vous réchauffer.
– Ok, on y va, fit Owen en aidant le jeune homme à se redresser.
Ils prirent le Capitaine de chaque côté et posèrent ses bras sur leurs épaules puis retournèrent au SUV et y installèrent le blessé. Le retour à la base se fit dans le silence. Ianto serrait son amant contre lui, inquiet de ne pas le voir ouvrir les yeux.
– Je t'en prie, réponds-moi, pensa le Gallois. Tu es revenu d'entre les morts, tu ne peux pas me laisser comme ça, j'ai besoin de comprendre.
Jack restait silencieux, sa respiration était plus régulière et ses blessures étaient guéries, mais il n'ouvrait pas les yeux.
Owen aida le jeune homme à mettre l'immortel sur un transbordeur et le laissa pousser le chariot jusqu'à la baie médicale puis ils installèrent leur leader sur le lit pour pouvoir l'examiner. Le médecin ne trouva rien de probant et posa sa main sur l'épaule du Gallois.
– Écoute, je ne peux rien faire de plus. Je pense que nous devrions vous laisser. Il ne veut peut-être pas nous parler. Si tu as un problème, tu peux me joindre, je viendrai, mais ne le laisse pas seul.
– Il n'y a aucune chance, maintenant qu'il est là, je vais le coller comme son ombre. Je sais que ça ne lui plaira pas, mais il n'aura pas le choix, il faut qu'il s'en sorte.
– Bonsoir Ianto, fit Tosh en s'approchant pour poser un baiser sur le front du Capitaine. Prends bien soin de lui.
– Ne t'en fais pas, c'est bien mon intention.
Il regarda ses amis passer le sas et laissa le silence s'installer puis s'assit près de son amant, caressant ses cheveux du bout de ses doigts. Au bout d'un moment, il vit une larme quitter l'œil de Jack et couler doucement le long de sa tempe pour se perdre dans ses mèches. Il s'approcha et l'embrassa délicatement. Le Capitaine ouvrit les yeux et le regarda. Ianto lui sourit mais ne dit rien. Il attendait que l'immortel parle le premier, il ne voulait pas le contraindre.
– Je ne te mérite pas, souffla Jack. Tu devrais m'oublier.
– Pourquoi dis-tu ça ?
– Le Docteur avait raison, je suis une aberration. C'est même plus que ça, je suis un monstre.
– Non Cariad, c'est faux. Tu es l'homme le plus humain qu'il m'ait été donné de connaître et je t'aime pour ça en plus du reste.
– Ce n'est pas mon avis. Regarde ce que je suis devenu, j'ai déjà vécu de nombreuses morts, mais aucune ne m'a fait autant souffrir que celle-ci. Cela va-t-il s'arrêter un jour ?
– Je ne sais pas, répondit Ianto, mais peu importe ce qu'il pourra se passer dans l'avenir, je resterai près de toi. Je sais que tu me survivras, mais tu continueras et tu aimeras encore de nombreuses fois.
– Non, après toi, il n'y aura personne, fit le Capitaine en laissant couler ses larmes.
– Écoute, pour le moment, le problème ne se pose pas, je suis là et crois-moi, je vais m'accrocher à toi comme une moule à un rocher. Tu n'es pas prêt d'être débarrassé de moi.
Jack lui fit un léger sourire et tenta de se redresser. Ianto l'y aida et le prit dans ses bras avant de l'embrasser délicatement. Le Capitaine répondit au baiser qui se fit plus passionné à mesure que la tension augmentait. Ses mains agrippèrent le Gallois, le serrant comme s'il avait peur de le voir disparaître. Lorsqu'ils se séparèrent pour reprendre leur souffle, leurs cœurs battaient la chamade. L'immortel posa sa tête sur le torse de son amant et se laissa aller à son chagrin. Il n'arrivait pas à remonter la pente et Ianto s'inquiétait.
Il aida son amant à descendre dans sa chambre et le déshabilla puis le coucha dans le lit. Il quitta ses vêtements et vint s'allonger près de lui, le prenant dans ses bras pour qu'il s'endorme. Le Gallois sentit le Capitaine se détendre progressivement, sa respiration se fit plus régulière. Il sourit, Jack s'était assoupi. À son tour, il ferma les yeux et partit pour le pays des rêves.
Au matin, Ianto s'éveilla le premier. Contrairement à son habitude, Jack était toujours profondément endormi et le Gallois quitta le lit sans faire de bruit. Il s'habilla et monta dans le bureau puis referma la trappe. Il descendit faire du café et croisa Tosh en sortant de la cuisine.
– Alors ? demanda-t-elle en prenant la tasse que son collègue lui tendait.
– Il dort toujours, ce n'est pas pour me rassurer. Mais il semble avoir passé une bonne nuit.
– Que comptes-tu faire ?
– Je ne sais pas, peut-être faudrait-il qu'il parte de Cardiff pour quelques jours, le temps de faire le point et d'accepter ce qu'il s'est passé.
– Il ne voudra jamais y aller sans toi, tu le sais bien, fit la jeune femme.
– Je sais, mais il en a besoin. Hier soir, il m'a dit qu'il était un monstre, il ne se considère plus comme un être humain. J'avoue que je ne sais plus quoi faire. J'aimerais tellement l'aider, j'ai mal de le voir dans cet état.
– On va attendre Owen et lui en parler, on verra bien ce qu'il en pense.
– On parle de moi, fit le médecin en s'approchant.
– Salut, firent ses deux collègues en chœur.
– Alors Ianto, comment va-t-il ?
– Mal. Je pensais qu'il faudrait l'éloigner de Cardiff et de sa faille le temps qu'il s'en remette, mais je ne peux pas vous laisser seuls.
– Ne t'en fais pas pour ça, nous arriverons à nous débrouiller, fit Owen, le principal, c'est qu'il s'en sorte. Il te faudra être patient, ce qu'il a subi n'est pas évident.
– Ianto, je peux demander à une de mes amies de te proposer son pied-à-terre près de Swansea, je pense que ça lui ferait du bien de se retrouver en pleine nature.
– Je te remercie, mais acceptera-t-il de venir ?
– Demande-le-lui ? fit le médecin en montrant la passerelle du menton.
Ianto se tourna et croisa le regard de son amant. Celui-ci était immobile depuis quelques minutes et les regardait discuter. Le Gallois posa sa main sur le bras de Tosh avant d'accepter sa proposition puis monta voir le Capitaine. Arrivé près de lui, il le prit par la taille et l'emmena dans le bureau dont il ferma la porte. Il l'accompagna jusqu'à son siège où il le fit asseoir puis s'accroupit devant lui et prit ses mains dans les siennes, levant les yeux vers son visage.
– Comment vas-tu ? demanda-t-il doucement.
Jack ne répondit pas, se contentant de se perdre dans le regard bleu de son amant. Ses mains tremblaient un peu et Ianto se redressa pour le serrer contre lui en passant sa main dans son dos.
– Ne t'en fais pas, tout ira bien. Tu as été là pour moi quand tout allait mal, je resterai près de toi pour t'aider.
Le Gallois était un peu perdu, il n'avait jamais vu son Capitaine dans cet état. D'habitude, il montrait un visage fort et volontaire même après ses résurrections, mais là, il donnait l'impression d'un homme brisé. Pendant un long moment, il le garda sur son cœur puis il s'écarta doucement.
– Jack, je pense que tu as besoin de prendre du recul… commença-t-il.
– Ne me laisse pas, le coupa l'immortel, je t'en prie, ne m'abandonne pas.
– Ce n'était pas dans mes intentions, répondit Ianto. Je te l'ai dit hier, tu ne te débarrasseras pas de moi de si tôt. Écoute, Tosh m'a proposé de nous faire prêter une maison près de Swansea, sur la péninsule de Gower et je crois que ce serait une bonne idée. Non, laisse-moi finir, fit-il en le voyant ouvrir la bouche. Tu as besoin d'accepter ce qu'il s'est passé, c'est normal. Alors, on va aller là-bas et nous prendrons le temps qu'il faudra. S'il y a un problème ici, je reviendrais pour aider Tosh et Owen, ce n'est pas loin. Alors, que penses-tu de ma proposition ?
Jack le regarda, cherchant à déceler la faille derrière cette gentillesse, mais au fond des yeux bleus qui le fixait, il ne trouva qu'un amour infini. Il rendit les armes et accepta de partir. Ianto se leva pour aller retrouver la jeune femme et lui dire de contacter son amie afin qu'ils puissent s'en aller au plus vite.
– C'est déjà fait, lui dit-elle avec un sourire. Vous pouvez vous y rendre quand vous voulez, elle a envoyé quelqu'un pour ouvrir la maison, elle sera disponible dès ce soir. Tu comptes partir quand ?
– Demain matin, je pense. Il a besoin de dormir, je vais l'emmener chez moi et je prendrai des affaires pour quelques jours.
– Ok, fit Owen, avant qu'il parte, je voudrais le voir pour m'assurer que tout va bien. Mais ne t'en fais pas, nous allons gérer votre absence comme des professionnels que nous sommes, finit-il en tirant un sourire au Gallois.
– Merci, répondit Ianto, mais s'il y a un problème, n'hésitez pas à m'appeler, je viendrai.
– Tu ne dois pas le laisser seul, insista Tosh, il pourrait penser que tu l'as abandonné.
– Ça ne risque pas d'arriver, tu peux me croire, répondit le Gallois. Ok, je vais aller le chercher pour que tu puisses le voir, fit-il en s'adressant au médecin.
Ianto monta l'escalier et s'arrêta un instant devant la porte, fixant son amant qui baissait la tête, regardant le sol. Il entra et vint près de lui puis posa sa main sur son épaule, le faisant sursauter.
– Hé ! Ce n'est que moi, fit-il devant le regard affolé de l'immortel. Je vais descendre prendre quelques affaires et je t'emmène voir Owen. Il veut vérifier que tu es en état de voyager. Ensuite, nous irons passer la nuit chez moi et demain matin, nous partirons pour Swansea.
Jack acquiesça sans parler et attendit que Ianto remonte de sa chambre avec un sac pour se lever et le suivre vers la baie médicale. Le médecin l'ausculta rapidement puis donna son feu vert pour le départ. Tosh s'approcha et prit le Capitaine dans ses bras, lui souhaitant un bon voyage et un prompt rétablissement puis elle s'écarta et regarda les deux hommes partir.
En arrivant chez lui, le Gallois accompagna l'immortel jusqu'au canapé après lui avoir retiré son manteau qu'il accrocha dans l'entrée et partit faire du café puis téléphona au traiteur pour se faire livrer le repas. Jack le suivait des yeux, restant silencieux et immobile. Ianto s'approcha de sa chaîne et mit la musique en route, mais l'arrêta aussitôt en jetant un coup d'œil vers son amant. Il choisit un autre disque et baissa le son, ne laissant qu'un fond léger de mélodies galloises. La musique était douce et apaisante et le Capitaine ferma les yeux, se laissant envahir par les notes délicates.
Lorsque le repas fut prêt, Ianto le conduisit sur la terrasse où il avait installé la table et allumé le parasol chauffant. Un rayon de soleil se profilait, mais le fond de l'air était encore frais et ils déjeunèrent en silence. Le Gallois surveillait son convive et posa sa main sur la sienne lorsqu'il le vit triturer la nourriture. Après un faible sourire, le Capitaine se décida à manger. Quand ils eurent fini, Ianto alla chercher le café et il s'installa près de son amant, posant sa main sur sa jambe pour maintenir le contact.
Ils restèrent sans parler un bon moment puis le jeune homme sentit les doigts de l'immortel frôler les siens. Il tourna la tête et le regarda puis il s'approcha et l'embrassa tendrement, passant sa main derrière sa nuque pour le caresser à la naissance des cheveux. Le baiser était timide et Ianto n'insista pas, il se contenta d'accepter ce que Jack lui offrait, se disant que ce n'était que provisoire, qu'il finirait par retrouver en lui l'amant fougueux qui lui avait fait découvrir de nouveaux horizons.
Le Capitaine frissonna et le Gallois l'incita à rentrer puis il ferma la fenêtre et le laissa reprendre sa place sur le canapé puis alla ranger la cuisine. Quand il revint, l'immortel n'avait toujours pas bougé. Ianto se rendit dans la chambre et prépara un sac de voyage puis il retourna dans le salon. Il resta un moment appuyé au chambranle de la porte, fixant son amant silencieux puis s'avança vers lui et s'assit pour le prendre dans ses bras. Son cœur saignait de le voir ainsi, le grand Capitaine Jack Harkness n'était plus, il ne restait qu'un homme brisé par la douleur et le chagrin.
Ils passèrent l'après-midi à écouter de la musique, puis Jack s'assoupit. Ianto le laissa dormir et en profita pour terminer de préparer leur voyage. Le soir, il servit un repas léger puis il emmena son amant prendre une douche. Mais l'immortel était comme déconnecté, il sentait les mains du Gallois parcourir son corps, mais chaque fois qu'il levait les yeux vers lui, des larmes coulaient le long de ses joues. Le jeune homme le serra contre lui, lui murmurant des mots gallois au creux de l'oreille avant de l'embrasser tendrement puis il le fit sortir de la cabine et le sécha avant de le conduire au lit. Jack se glissa sous la couette et se lova contre Ianto lorsqu'il se coucha près de lui en ouvrant les bras pour l'accueillir.
Le Capitaine ferma les yeux et s'endormit. Le jeune homme en fit de même, mais au milieu de la nuit, il fut réveillé en sursaut, son amant était très agité et semblait en proie à une douleur intense. Son visage était crispé et des gémissements s'échappaient de sa bouche. Ianto le serra plus fort, lui caressant les cheveux et murmurant des mots apaisants. Jack finit par se calmer et se détendit.
Au matin, quand le Gallois ouvrit les yeux, il croisa le regard de son compagnon. Cela faisait déjà quelques minutes que Jack était réveillé mais il ne bougeait pas, se sentant à l'abri entre les bras du jeune homme. Ses idées étaient confuses, il ne comprenait pas que cet homme puisse encore l'aimer après ce qu'il avait vu, bien d'autres à sa place se seraient enfuis et l'aurait laissé à son triste sort. Ianto caressa son visage puis s'écarta doucement et lui fit poser sa tête sur l'oreiller.
– Ne t'en fais pas, je reviens, je vais juste faire du café, dit-il lorsqu'il sentit une main se refermer sur son poignet. Repose-toi, je reviens.
Le Gallois se leva puis sortit de la chambre en laissant la porte ouverte puis se dirigea vers la cuisine pour préparer la boisson. Lorsqu'il revint, le Capitaine était calé contre les oreillers et fixait l'entrée sans bouger. Quand il vit le jeune homme revenir, son regard s'éclaira et un léger sourire s'inscrivit sur ses lèvres.
Ianto s'assit près de lui et lui tendit sa tasse. Jack la prit et le remercia d'un mouvement de tête puis la porta à ses lèvres et but une gorgée. Le Gallois ne le quittait pas des yeux, il lui semblait qu'il était un peu moins fatigué, les cernes de la veille avaient disparu, mais son regard était toujours triste.
– Merci, fit l'immortel en lui rendant la tasse.
– Comment te sens-tu ce matin ? demanda le jeune homme.
– Ça va.
– Bien, alors nous allons pouvoir nous préparer et nous partirons pour Swansea. Avec un peu de chance, nous y arriverons avant midi et nous pourrons nous installer. Cet après-midi, nous pourrions aller faire un tour dans la baie, il paraît que c'est très beau.
– Ianto, pourquoi restes-tu ?
– Je pensais que c'était évident ! répondit le Gallois.
– Je n'ai pas besoin de pitié, murmura Jack.
– Loin de moi cette idée, tu devrais le savoir pourtant. Je te l'ai déjà dit, je t'aime et rien ne changera ça. Je veux t'aider à t'en sortir, je veux retrouver l'homme dont je suis tombé amoureux, celui qui m'a fait voir des étoiles et ressentir un plaisir infini et surtout celui qui voulait partager ma vie. Crois-tu que j'ai une chance de lui remettre la main dessus ?
Jack leva le regard et fixa les yeux pétillants de Ianto. Il ne savait pas quoi répondre, au point où il en était, il ne savait plus que croire, mais son compagnon était sincère, il le sentait au plus profond de lui.
– Tu vas t'en remettre, je te le promets. Maintenant, lève-toi et habille-toi sinon nous ne partirons jamais, fit le jeune homme en le prenant par la main et en se levant pour le tirer à lui.
Docilement, il se dégagea de la couette et se mit debout. Le Gallois s'approcha et passa ses doigts derrière sa nuque. Le Capitaine ferma les yeux sous la caresse et glissa ses mains autour de la taille de son partenaire lorsqu'il sentit ses lèvres sur les siennes. Il répondit au baiser et lorsqu'ils se séparèrent, ses yeux avaient un peu plus d'éclat. Ianto sourit et le lâcha pour aller s'habiller.
Une heure plus tard, ils étaient installés dans la voiture du Gallois et en route pour Swansea. La journée promettait d'être belle et l'autoroute était dégagée, les 70 km qu'ils avaient à parcourir seraient avalés en moins d'une heure.
De temps en temps, Ianto tournait la tête vers son passager, mais celui-ci avait les yeux fermés et semblait dormir. Tout à ses réflexions sur ce qu'il pourrait faire pour que son compagnon reprenne le dessus, il sursauta lorsqu'il sentit une main se poser sur sa cuisse. Il regarda le Capitaine et croisa son regard azur. Il s'était mis légèrement sur le côté et le fixait depuis quelques minutes sans rien dire. Le Gallois mit ses doigts sur ceux de son amant, continuant de se concentrer sur sa conduite.
Suivant les indications du GPS, le jeune homme entra dans Swansea, puis continua jusqu'à l'adresse du cottage. L'endroit semblait paisible et agréable. Quand il se gara dans l'allée, Jack s'était endormi, Ianto dégagea doucement sa main pour ne pas le réveiller et sortit de la voiture. En s'approchant de la maison, il vit un mot accroché à la porte, lui indiquant où trouver la clé ainsi qu'un numéro de téléphone à contacter en cas de besoin et lui souhaitant un bon séjour. Le Gallois sourit et récupéra le trousseau puis ouvrit la porte.
La pièce principale était accueillante et avait une grande cheminée. De l'autre côté, il y avait une cuisine américaine avec un comptoir ouvert sur le salon. Il entra et fit le tour, ouvrant les portes pour connaître la configuration puis ressortit et revint près de la voiture. Il ouvrit la portière et regarda l'immortel quelques instants puis il passa sa main sur son visage. Jack ouvrit les yeux et tourna la tête.
– Nous sommes arrivés, fit Ianto.
– Désolé, je me suis endormi, répondit le Capitaine en se frottant le visage.
– Aucun problème ! Comment te sens-tu ?
– Ça va, j'ai l'impression d'être vidé, je ne comprends pas ce qu'il m'arrive. C'est la première fois que je suis dans cet état et je t'avoue que ça m'inquiète.
– Ne t'en fais pas, nous sommes ici pour te remettre sur pied. Tu n'auras rien d'autre à faire qu'à te reposer et profiter du paysage, qui soit dit en passant, est vraiment magnifique. Allez, viens, nous allons nous installer.
Jack sortit du véhicule et Ianto ouvrit le coffre pour prendre les deux sacs puis précéda son amant dans la maison, se dirigeant directement vers la chambre. Quand il revint, le Capitaine était toujours debout au centre de la pièce et le Gallois s'approcha pour l'aider à enlever son manteau qu'il posa sur le canapé avant de prendre l'immortel dans ses bras. Celui-ci posa sa tête sur son épaule, glissant ses mains dans le dos de son compagnon.
Après quelques instants, Ianto s'écarta un peu pour le regarder puis l'embrassa doucement, taquinant ses lèvres du bout de sa langue pour obtenir le passage. Lorsqu'il se fit, elle alla caresser celle du Capitaine, tendrement, sensuellement. Quand ils se séparèrent, Jack soupira et le jeune homme le dévisagea.
– Je suis désolé Ianto, fit l'immortel dans un murmure.
– De quoi ? demanda-t-il sans comprendre.
Il le regarda puis se rendit compte que si son propre corps avait réagi à cet échange, il n'en était rien pour celui du Capitaine. Il prit son visage entre ses mains et vrilla son regard sur le sien.
– Tu n'as pas à l'être, tu sais bien que tu me fais toujours cet effet. Nous allons prendre notre temps et lorsque tu seras prêt, eh bien…
– Et si… commença l'immortel.
– Anh anh, fit le Gallois en mettant un doigt sur ses lèvres, je ne veux pas entendre ce que tu veux dire. Je suis sûr que tout ira bien, je serais là pour t'y aider. Nous avons le temps, pour le moment, tu dois te refaire une santé, le reste viendra plus tard.
Il le prit par le bras et le fit s'asseoir puis alla fouiller dans son sac et revint dans la cuisine pour préparer un café. Il ramena la tasse à son compagnon et s'assit près de lui pour boire la sienne.
Jack ferma les yeux en humant les vapeurs de la boisson puis regarda le jeune homme qui lui souriait.
– Je vois que tu trouves toujours un moyen pour faire le meilleur des nectars, fit-il.
– Évidemment, je n'ai pas pu emmener ma machine, mais j'ai au moins la matière première ! Comment veux-tu que je te fasse reprendre goût à la vie si je te prive de ce que tu préfères ? fit Ianto taquin.
– Bien sûr, vu sous cet angle, je n'ai rien à dire.
Il resta un moment silencieux puis reprit la parole :
– Ianto, pourquoi restes-tu ?
– Je pensais que la question ne se posait pas, fit le Gallois en passant sa main sur sa joue. Tu as besoin de moi pour te reprendre et je ferai ce qu'il faut pour que tu y arrives. Je n'ai pas vraiment envie de chasser seul si tu vois ce que je veux dire et le faire avec Owen ne m'enchante pas particulièrement.
Cela tira un sourire du Capitaine. Ils n'avaient pas encore eu le temps de tester le jeune homme sur le terrain et il ne souhaitait pas laisser le médecin le faire pour lui, mais pour cela, il fallait qu'il reprenne sa place à la tête de Torchwood.
À suivre…
