Note: Bonjour, bonsoir ou bonne nuit, lecteur qui passe par là. Je n'avais pas prévu d'écrire un épilogue pour cette fiction, pas du tout. Sam devait finir sa géniale vie dans l'estomac d'Abyscki et, à défaut de tout le monde, moi, j'aurais pu m'en contenter parfaitement ^^ .

Mais deux folles m'ont harcelé pour que j'écrive une fin moins atroce, dooonc, à force de tortures quotidiennes, j'ai fini par craquer…Je suis faible, je sais.

Mais non, mais non, je ne vise a-b-s-o-l-u-m-e-n-t personne, Jubei et Alexa, persoooonne! XD

Allez, trêve de bavardage inutile, voici là suite:


Epilogue


Il est mort…

Ou Peut-être qu'il t'attend, peut-être qu'en ce moment même, il agonise pendant que tu te vautres sur ce putain de lit.

Les yeux grands ouverts dans le noir, le sang martelant ses tempes et le cœur au bord des lèvres, Dean ne pouvait trouver le sommeil.

Comment l'aurait-il pu? Le tic-tac de l'horloge au-dessus de lui résonnait à ses oreilles comme un hurlement atroce, strident. Chaque seconde qui défilait était autant de temps qu'il perdait à chercher son petit frère. Autant de temps qui réduisait ses chances de le revoir en vie. Il faisait nuit, maintenant. Et la dernière fois qu'il avait regardé, il était trois heures et quart du matin.

Un énorme soupir d'anxiété et de frustration secoua le jeune homme tout entier, et il sauta prestement sur ses pieds. Pas besoin de s'habiller, il l'était déjà. Il attrapa son portable, sa veste, et referma la porte de la chambre sans un bruit. Bobby dormait dans la chambre d'à côté, le réveiller n'était pas une option. Heureusement qu'il avait eut le réflexe de demander à son vieil ami de lui rendre les clefs de l'Impala…Les lui demander à trois heures du mat' n'était pas vraiment l'idée du siècle s'il voulait rester en vie suffisamment longtemps pour retrouver Sam.


Ses mains tournaient le volant trop brusquement, ses doigts le serraient trop fort, il roulait trop vite, ses mâchoires étaient trop crispées, sa respiration trop rapide. Il devait se calmer. Après un coup d'œil nerveux dans le rétroviseur, Dean leva légèrement le pied de l'accélérateur, et se pencha sur sa droite pour attraper rapidement le portable qui sonnait depuis quelques secondes.

L'écran affichait un numéro inconnu.

Dean donna un brusque cou de volant sur la gauche, et colla le cellulaire à son oreille. Il était presque arrivé.

- Oui? grogna-t-il dans le combiné.

Une voix perçante à mi chemin entre la panique et l'excitation lui vrilla le tympan:

- Deean! C'est Carter! Il faut que tu viennes tout de suite! C'est dément, c'est incroyable, c'est…

- Du calme, du calme! répondit Dean en grimaçant. Qu'est-ce qui se passe?

- Sam est vivant! On l'a retrouvé!

Le cœur de Dean manqua un battement, et il dut freiner brusquement: une seconde d'inattention, et il avait failli s'encastrer dans un arbre.

Le souffle court, il poussa un juron et reprit la route, submergé par une foule d'émotions plus intenses les unes que les autres.

Si on lui avait dit que la voix de Carter lui ferait un tel effet, il aurait éclaté de rire à s'en briser les cordes vocales.

Carter, qui était toujours en train de brailler dans le téléphone, mais Dean n'écoutait plus rien de ce qu'il disait depuis une bonne minute. Sam était vivant. Oh, putain…

- Il va bien? Où est-il? Une ambulance, t'as appelé une ambulance?

Il se rendit vaguement compte que sa voix était bizarre, enrouée. Comme lorsqu'il était adolescent, le moment où il muait... quand il faisait des sauts d'octave sans le vouloir.

A l'autre bout du fil, l'autre ne sembla pas avoir compris un traitre mot de ce qui lui était demandé. Il continuait sur sa lancée, la voix tremblante d'horreur:

- …après, Salcovitch a essayé de s'interposer, et il est tombé raide par terre! J'étais tout seul, tout seul putain! J'sais pas comment j'ai fais pour la blesser, j'ai toujours pas réussi à capter mais putain, putain je…

- Oh!

Dean avait crié dans le téléphone, et Carter dut comprendre que c'était le moment de la fermer, car il laissa enfin à Dean l'occasion de s'exprimer.

Ce dernier répéta ses questions à toutes vitesse, et pria pour que Carter ne mette pas quinze ans à lui répondre.

- On est dans la foret, au sud, y'a des bestioles partout, y'a une cabane en ruine et…c'est à…à…Putain j'sais pas comment te décrire l'endroit, moi!

- C'est rien, l'ambulance? le coupa Dean avec empressement.

La cabine en ruine, il s'en souvenait. Il était passé à côté, putain de merde!

- J'ai appelé une ambulance! Mais elle arrivera pas avant un moment vu qu'elle vient de la ville d'à côté, ils n'ont même pas un médecin dans ce putain de village de merde et il est tout bleu, son pouls est super faible et j'ai que dalle pour le réchauffer! J'ai mis trop de temps pour le sortir du cerceuil, j'avais pas de pelle, j'ai dû faire demi tour à pieds et...il respire presque pas, putain! Il y avait plein de flotte dans le cercueil, elle le recouvrait partout! Mais il est pas noyé puisqu'il respire encore un peu, mais pas assez, je sens de moins en moins son pouls, bordel! Et j'peux pas le porter moi, l'est trop lourd! Et…( haletant, il tenta de reprendre son souffle, et sa voix se perdit dans un sanglot) cette saloperie à emporté Salcovitch! J'ai pas les clefs d-d-de la bagnole, tu vois? Oh putain!

- Reste calme! lui enjoignit Dean d'une voix qui n'était pas calme du tout. Lui-même tremblait comme une feuille et avait toutes les peines du monde à empêcher l'impala de bouffer tous les arbres qui défilaient sur son chemin. J'arrive, je suis presque arrivé! Réchauffe-le comme…tain! (un sapin venait tout juste d'essayer de sauter sur le pare-brise et il crut que son cœur allait sortir de sa poitrine pour de bon). Merde! (il inspira lourdement et s'efforça de maîtriser sa conduite tout en se concentrant sur Carter. Vivant. Sam était vivant). Réchauffe-le comme tu peux! Frictionne-le-donne-lui-ta-veste-trouve-quelque-chose-c'est-pas-compliqué-bordel! J'arrive!

Se souvenant brusquement que le haut-parleur du portable pouvait s'avérer très utile dans ce genre de situation, Dean l'enclencha et laissa tomber l'appareil sur ses genoux. Bordel, il aurait pu y penser plus tôt au lieu de conduire comme une merde sur cinq kilomètres!

Quelques minutes plus tard, il fut sur place. Il avait traversé le village, s'était enfoncé aussi profondément que possible dans la foret. Si des troncs ne lui avait pas barré la route, il aurait pu s'approcher davantage…Il lui restait une centaine de mètres à parcourir.

« Fait chier! »

A grandes foulées, il se mit à courir, sa lampe torche à la main. Il voyait à peine où il posait les pieds, et trébucha plusieurs fois, mais il était certain de suivre la bonne direction.

Lorsque l'on prétend être un chasseur, on a plutôt intérêt à être doté d'un sens aigu de l'orientation, sous peine de crever la bouche ouverte dès la première course poursuite avec la première bêbête maléfique venue (elles ont toutes tendances à vous plonger dans des endroits dont vous ne soupçonnez même pas l'existence).

Dean entendit le cri de Carter avant d'être assez proche pour voir la forme étendue devant ses santiags:

- Deeeean! On est là!

L'intéressé était alors à moins d'un mètre de lui, il était donc parfaitement inutile de beugler, mais Dean était à des années lumières de penser à lui faire la remarque.

Haletant, tremblant des pieds à la tête sous l'effet de l'effort fournit et de l'anxiété, Dean tomba à genoux devant son frère.

Il tendit sa lampe torche à Carter et lui demanda d'une voix blanche d'éclairer le jeune inconscient.

Lorsque la lumière blafarde se répandit sur le visage de Sam, les entrailles de Dean se contractèrent.

Des gouttes d'eau perlaient sur la peau livide, si pâle que son petit frère semblait être une créature céleste. Elles s'accrochaient à ses cils et luisaient dans la lumière. Les yeux de Dean s'arrêtèrent sur les lèvres violacées, glissèrent sur les mains écorchées jusqu'au sang. Les vêtements imprégnés d'eau collaient son petit frère comme une deuxième peau; déchirés par endroits, ils laissaient entrevoir de multiples blessures aux niveau des genoux, des coudes.

Vous êtes au courant que l'intestin grêle peut faire jusqu'à huit mètres de long? Eh bien imaginez un énorme nœud avec un intestin de huit mètres.

Vous connaissez le lancer de couteaux? C'est simple, c'est un type qui balance des couteaux dans une cible, en essayant d'en viser le centre sans estropier deux ou trois personnes au passage.

Combinez maintenant le nœud d'intestin géant et le lancer de couteaux.

Vous avez désormais une mince idée de ce qui se passait dans le ventre Dean.

Le jeune homme se débarrassa de sa veste si brusquement qu'il faillit envoyer un coude dans le nez de Carter au passage. Il en enveloppa les épaules de son frère, et posa les deux mains sur son visage.

- Oh mon Dieu…gémit-il, alors que son cœur se brisait en des milliers de petits morceaux.

Sam était si froid.

Jamais Dean n'avait ressenti une sensation aussi horrible. Une peur dévorante, qui neutralisait toutes ses pensées cohérentes. Il ne songeait qu'à une chose... L'ambulance... Il fallait rappeler l'ambulance, c'était trop long, les ambulanciers avaient peut-être pris la mauvaise route et...

Vite... Son portable, dans sa poche. Il le récupéra de sa main libre - l'autre n'aurait pas quitté la joue de Sam l'or du monde - mais il n'arrivait pas à composer le numéro... Ses doigts tremblaient trop.

- Il faut le porter dans ta bagnole!

La voix de Carter fit sursauter Dean, et il n'en fallu guère plus pour que son portable lui échappe des mains.

Avant qu'il n'ait le temps de comprendre le sens des mots qui venaient d'être prononcés, Carter enchaîna avec empressement:

- On l'emmènera chez quelqu'un du village en attendant l'ambulance!

Dean releva les yeux vers lui, la vue brouillée par les larmes, et Carter fut frappé par le brusque changement qui s'était opéré sur son visage. Il avait une mine affreuse, et Carter avait assez souvent observé des gens s'effondrer de tristesse pour savoir que Dean était en état de choc. Il fallait qu'il prenne les choses en mains, et tout de suite.

- Je porte les bras, tu portes les jambes, ordonna-t-il, déjà occupé à essayer de trouver une bonne prise pour porter Sam.

Les yeux de Dean s'écarquillèrent légèrement, comme si c'était là l'idée la plus abominable jamais inventée.

- Non, non je le porte tout seul.

Il n'y avait aucune agressivité dans le ton de sa voix, juste une angoisse dévorante.

Le plus rapidement qu'il pu, Dean se mit debout, écarta Carter un peu violemment, et chercha à son tour une bonne prise pour porter son petit frère. Ce qui relève de mission impossible quand le petit frère en question est plus grand et pèse plus lourd que vous. Et Dean ne se voyait pas vraiment le traîner jusqu'à l'impala.

Son cerveau traça mille possibilités, et finalement, à bout de ressources, il dut s'avouer vaincu. Il allait devoir accepter de l'aide de Carter. Et ça, ça l'ennuyait au plus haut point. En fait, s'il voulait être tout à fait franc avec lui-même, ça le terrorisait. Carter lui semblait complètement paniqué, et il vacillait sans arrêt depuis son arrivée alors qu'il ne bougeait jamais plus d'un pas. S'il portait Sam avec lui, ils allaient se casser la gueule tous les trois au moins cinquante fois sur les cent mètres de trajet. Si ce n'est plus.

- Aide-moi à le porter, articula-t-il finalement d'une voix étranglée, en soulevant délicatement Sam par les épaules. Tu tiens ses jambes.

Carter pinça les lèvres, mais s'exécuta sans broncher. Bien sûr, si Dean ne lui avait jamais fait confiance, ça n'était certainement pas maintenant que ça allait commencer. Porter la partie du corps de son frère qui comportait la tête? Hors de question, Mon Dieu, quelle hérésie, quel sacrilège! Il était à peu près certain que Dean aurait préféré être aidé d'une gamine de quatre ans, ou encore d'une chèvre, pour un peu que l'une ou l'autre passe par là.

Foutue tête de mule…


En quelques minutes, qui durèrent une éternité aux yeux de Dean, ils regagnèrent la civilisation. L'aîné des Winchesters se gara devant la première habitation venue. Il sortit de l'impala avant même d'avoir coupé le moteur, et frappa comme un forcené contre la porte.

Comme personne ne vint dans les cinq secondes qui précédèrent son appel, il frappa à nouveau, plus fort cette fois. Une lumière s'alluma enfin dans ce qu'il devinait être un couloir, et des pas lourds résonnèrent, marqués par des grognements qui ne laissaient nul doute quant à l'humeur massacrante du propriétaire de la maison.

Lorsque la porte s'ouvrit, Dean eut un imperceptible mouvement de recul.

- ENCORE VOUUUS?

Devant Dean se tenait la femme qu'il avait rencontré la veille, cet espèce de monstre qui lui faisait penser à un yéti hystérique, Alma Trey…

Eprouvant subitement le sentiment qu'il avait intérêt à s'expliquer très vite avant qu'elle ne lui claque la porte au nez, Dean dit à toute vitesse:

- Excusez-moi, madame! Mon frère est blessé, il est inconscient et il va mourir si vous ne m'aidez pas, s'il vous plaît laissez-nous entrer, on a appelé une ambulance, elle va arriver mais on ne sait pas dans combien de temps et…

- Où il est, votre frère? le coupa sèchement Alma en plissant les yeux, les traits bouffis par le sommeil.

Dean lui indiqua la voiture de laquelle Carter venait de sortir.

- Il est à l'intérieur.

La voix de Dean était suppliante, et il devait avoir l'air pathétique, avec la sueur qui ruisselait sur son front et son air désespéré, mais il s'en fichait complètement. Tout ce qui lui importait, c'était son frère, certainement pas son sex-appeal.

Alma sembla hésiter quelque seconde, les lèvres pincées, puis elle hocha la tête.

- C'est bon, faites-le entrer. Mais vite, ça caille.


Pendant que Carter rappelait les services d'urgences afin de leur signaler leur changement de position, Dean porta Sam à l'intérieur, aidé d'Alma, qui avait insisté pour l'aider, Carter étant bien trop maigrichon à son goût.

Dean n'avait pas eu vraiment le courage de refuser, et au final, il n'était pas déçu: Cette femme était aussi forte qu'un bœuf, et c'est à peine si elle lui laissa porter un kilo de son petit frère.

Une fois Sam étendu sur un lit, elle aboya des ordres: « ne faites pas de bruit », « ne me dérangez sous aucun prétexte, y'en a qui travaille, demain! ».

Puis elle disparu dans sa salle de bain, grognant que « ce frère malade avait dégueulassé ses vêtements ». Alors que le clapotis de l'eau se faisait entendre, Dean se demanda vaguement si elle l'avait compris quand il lui avait expliqué que Sam était entre la vie et la mort.

Et maintenant, maintenant qu'il était seul avec son petit frère qui n'avait toujours pas repris connaissance, Dean angoissa de plus belle. Il lui tapota les joues, prit son pouls - beaucoup trop irrégulier- et allait le déshabiller lorsqu'il reprit connaissance. Les paupières s'ouvrirent lentement, aussi délicatement qu'un battement d'aile de papillon

- Sam! Sam! Oh mon Dieu, Sam!

Le cœur explosant dans sa poitrine, Dean attrapa son visage à deux mains.

- Tu m'entends, Sammy? Sammy!

Les paupières de Sam papillonnèrent, et il amorça un geste pour se redresser, l'air totalement perdu.

Puis il regarda Dean avec insistance comme s'il n'était pas certain d'être éveillé .

- Sammy? C'est moi, c'est Dean! Carter t'as retrouvé, un chasseur. On est chez une femme du village, tu es en sécurité, maintenant.

Sam ouvrit la bouche, la referma, sans détacher les yeux de ceux de son frère.

Il n'avait pas encore émis le moindre son. Ne sachant pas s'il devait briser à nouveau le silence, Dean fit un compromis et lui frôla le bras. Les épaules de Sam se secouèrent alors en silence et avant que Dean n'ait pu prononcer un mot, Sam s'agrippa à lui et éclata en sanglots. Dean se figea, osant à peine respirer.

Il pouvait sentir les doigts de Sam lui griffer le dos et il serra les dents pour contenir la douleur alors que l'étreinte s'intensifiait et qu'il la retournait du mieux qu'il pouvait. Puis une bouffée de haine lui vint envers cet chose répugnante qui avait été capable de mettre Sam dans un tel état.

Il n'avait encore jamais vu Sam pleurer, pas comme ça. Il y avait d'abord eut la mort de Jess, et son petit frère avait été inconsolable durant deux jours, avant de se murer dans une forteresse de colère et de décider qu'il ne pleurerait plus, car ce n'était certainement pas des larmes qui feraient revenir celle qu'il voulait pour femme. Puis leur père était mort, et là aussi, Dean avait vu Sam pleurer, devant les flammes qui dansaient sur le corps tout juste froid. Hormis cela, il y avait bien eu un ou deux films qui lui – leur – avaient mis les larmes aux yeux mais ça n'avait rien à voir avec les gémissements plaintifs qui déchiraient la gorge de Sam à cet instant. Dire que Dean s'en voulait - comme il en voulait à l'Abyscki - était un faible mot. S'il n'avait pas eu Sam le serrant si fort et l'immobilisant sur place, il aurait… il sentait qu'il aurait été capable de se lancer à la poursuite de la sale pute démoniaque dans la seconde, quitte à passer le reste de sa vie à la traquer. Il voulait lui faire mal, comme il n'avait jamais eu envie de faire souffrir quelqu'un auparavant, mais ce ne serait que justice après tout, que monnaie rendue.

Et peut-être même pas encore suffisant.

Il avait envie de faire mal, mal, mal, parce que ça ne pourrait que soulager Sam, n'est-ce pas ? Ça ne pourrait que lui faire du bien, leur faire du bien à tous les deux. Sam n'était pas celui qui devait souffrir.

Sans s'en être rendu compte, Dean s'était mis à bercer Sam, à les bercer tous les deux, lui caressant le dos d'une main tandis que l'autre lui pressait le visage dans le creux de son cou. Sans s'en être rendu compte, il avait lui aussi fermé les yeux, fort, retournait l'étreinte de Sam avec autant de puissance si ce n'était plus. Jamais encore l'état émotionnel d'un de ses proches ne l'avait affecté à ce point lui-même. Il avait une boule douloureuse dans la gorge, ses yeux le brûlaient, il avait l'impression que Sam déversait tout son chagrin en lui.

Il tenta de recouvrer sa respiration, de guider Sam pour qu'il inspire et expire avec lui, pour qu'il se calme ; mais Sam ne se calmait pas.

- Je suis désolé, Sam, je suis désolé, s'excusa-t-il d'une voix rauque. J'ai fais ce que j'ai pu pour te trouver… je suis passé à côté de toi et… Je m'en veux, tu ne peux pas savoir comme je suis désolé.

Ses doigts se refermèrent sur les cheveux bruns et il serra fort, tira presque dessus pour que Sam perçoive sa présence physique. Se faisant, il intensifia leur bercement, inspira et expira en rythme. Les cheveux de Sam étaient légèrement humides et son corps transi de froid – Dean pouvait faire la différence entre les deux types de tressaillements qui secouaient son petit frère. Cela faisait trop peu de temps qu'ils étaient à l'intérieur de cette maison, Sam venait à peine de se réveiller et ses vêtements étaient trempés, ce n'était pas très surprenant.

Délicatement, il les dirigea vers le lit le plus proche, celui que Sam occupait quelques instants auparavant. Son petit frère avait l'air d'enfin se calmer un peu, il ne semblait plus vraiment pleurer. Dean parvint à s'écarter, à le faire s'asseoir. Se focaliser sur Sam l'aidait à mettre de côté sa propre colère. Il tira sur les couvertures jusqu'à créer une ouverture et les rabattit sur les épaules de son frère. Il lui ôta ensuite ses chaussures, fit sauter le bouton de son pantalon et glisser la fermeture éclair pour le mettre plus à l'aise, qu'il puisse respirer plus facilement, et surtout le débarrasser de l'inconfort que devaient être ces tissus souillés et trempés. Sam le laissa faire sans un geste ni la moindre protestation, peut-être ne réalisait-il même pas que Dean les avait fait se déplacer. Le visage caché dans les mains, Sam était agité de soubresauts incontrôlables. Dean le rejoignit sur le lit puis, après une seconde d'hésitation, ôta la mince chemise que le plus jeune portait à même la peau. Dean l'emmitoufla de nouveau dans les couvertures et le coucha, le prit contre lui. Malgré leur position allongée il parvint à reprendre son bercement, un bras passé fermement autour de la taille de Sam tandis que de l'autre, il lui caressait et démêlait les cheveux, lui gratouillait la nuque.

Sam aimait cela, surtout quand il était gamin. Il disait que ça lui faisait penser à une énorme araignée masseuse. Cela n'avait cessé d'amuser Dean depuis qu'il l'avait découvert et il avait peut-être tendance à en abuser lorsqu'il voulait amadouer Sam mais cela restait toujours aussi efficace. Le tout était de savoir convenablement doser la force à mettre dans ses doigts pour que les ongles viennent griffer la peau sans pour autant faire mal ni chatouiller. Dean aurait préféré pouvoir lui enfiler un pull, quelque chose de chaud, mais leur hôte s'était montrée suffisamment claire, ça l'emmerdait profondément de les héberger jusqu'à l'arrivée de l'ambulance, et elle ne voulait plus être dérangée, « Y'en a qui travaillent! » Connasse. Enfin, que le grizzly n'ait pas essayé de le bouffer et qu'au contraire il les invite à entrer dans sa demeure, c'était déjà surprenant en soi, il ne fallait pas trop en demander…

Néanmoins, Deanjugea ce genre de réconfort plus important, et puis il restait à Sam les couvertures et son frère aîné – même s'il ne l'avait pas vraiment rejoint dans le lit – pour se réchauffer.

Plusieurs minutes passèrent ainsi au cours desquelles Dean garda le silence. Les petits mots, les petits mensonges dits au creux de l'oreille comme « ça va aller » avaient été naturels tout à l'heure, lorsque Sam n'était pas en état de les entendre ou de comprendre ce qu'il lui disait, mais à présent Dean pensait que le silence restait encore la meilleure des politiques à adopter. Il était là pour consoler Sam, pas pour l'énerver avec des platitudes qui ne signifiaient rien. Il lui dirait ce dont il aurait envie quand il en aurait envie.

En fin de compte, il sentit un changement physique chez Sam, comme un relâchement, et il fit une tentative pour ouvrir le dialogue :

- Ça va ?

Sam passa un moment à renifler avant de dire d'une voix éraillée :

- Non, ça va pas.

Dean resserra brièvement sa prise sur sa taille pour lui signifier qu'il était là. Sam renifla encore mais Dean sentait qu'il se recomposait lentement. Lorsque finalement Sam reprit la parole, ce ne fut pas pour dire quelque chose auquel Dean se serait attendu, mais le jeune homme fut soulagé d'entendre qu'il s'agissait d'une simple constatation et non d'une accusation.

- Tu m'as déshabillé.

- Euh… oui, un peu.

- Il fait froid.

- Attends…

Après s'être extrait de leur enlacement, Dean défit le lit juxtaposé pour en récupérer les couvertures. Sam s'était pendant ce temps plus ou moins assis en tailleur mais Dean soupçonnait que c'était moins parce qu'il allait mieux qu'une façon pour lui de cacher son visage ; il avait la tête baissée et les épaules raides. L'aîné remonta sur le lit et passa la seconde couverture autour de lui, lui frictionna machinalement les épaules puis entoura son petit frère de ses bras. Après un court moment où ils se cherchèrent une position plus confortable, Sam posa la tête contre l'épaule de Dean. Il se mit à rigoler doucement.

- Quelqu'un entrerait, il pourrait croire que je viens de perdre ma famille. Dans un accident de voiture, ou quelque chose comme ça…

Dean serra les lèvres et ne commenta pas… Il passa avec affection une main dans la chevelure brune et allait dire quelque chose lorsque le grondement de l'estomac de Sam le fit violemment sursauter. Il se redressa d'un coup, les yeux écarquillés d'horreur, et s'écria:

- Merde, merde! T'as faim? Putain tu dois mourir de faim! Attends, bouge pas, j'arrive!

Il sauta prestement sur ses pieds, enfila ses chaussures, sans cesser de proférer une ribambelles de jurons. Merde, Dieu qu'il était con! Sam n'avait rien mangé depuis plus de quatre jours, et il continuait à le laisser crever de faim!

Sans laisser à Sam le temps de répondre quoi que ce soit, il sortit de la chambre en trombe.

Sam resserra les couvertures contre lui, et sentit un sourire naitre sur ses lèvres. Avec le bruit que faisait Dean, si la femme, l'hôte dont lui avait parlé Dean ne se réveillait pas, alors elle avait fait une syncope.

Une minute plus tard, Dean revint dans la chambre - après avoir refermé la porte d'un coup de pied - et s'avança précipitamment vers le lit.

- Va-y, mange! fit-il avec une anxiété presque palpable, comme s'il craignait que Sam ne meure à la seconde s'il n'obéissait pas.

Un bruit sourd derrière eux les fit sursauter, une porte qu'on claque avec l'intention de la défoncer, et Carter déboula dans la chambre. A la vue de Sam, il s'immobilisa tout net, comme frappé par la foudre.

Puis il se mit à bégayer, intensément plus soulagé qu'il ne l'aurait cru:

- Tu…Ah! Tu es réveillé! (il regarda Dean) L'ambulance ne va pas tarder, dix minutes ils ont dit.

Dean ferma les yeux une seconde, et siffla:

- Dix minutes? Bordel, faut pas se presser surtout! Ca fait combien de temps qu'on attend, là, vingt minutes?

- C'est rien, pas besoin d'ambulance, murmura Sam. Ca va aller.

Dean le regarda avec des yeux ronds.

- Quoi?

- S'il te plaît. Je veux rester a-avec toi, bredouilla Sam.

Ses yeux se firent suppliant, et tout mouillés de larmes comme ils l'étaient, Dean fut tout bonnement incapable de résister plus d'un quart de seconde.

- Comme tu veux, se résigna-t-il d'une voix douce.

Ce fut au tour de Carter d'ouvrir des yeux grands comme des soucoupes. Nom de Dieu de...Putain, MERDE!

- Hein? Non mais vous délirez, tous les deux! Il faut qu'il aille à l'hosto, on n'est pas sûr qu'il ne va pas rechuter et…

- Il était en hypothermie, coupa Dean en s'efforçant de conserver une voix neutre. (Il avait beau s'efforcer d'éprouver autre chose que de la colère envers cet homme qui avait tout de même retrouvé son frère, il n'y arrivait pas. Le souvenir des mots qu'il lui avait craché à la figure, son refus de poursuivre les recherches, tout ça…il n'arrivait pas à l'oublier et ça lui laissait comme un goût acide sur la langue). Maintenant qu'il est réveillé, ça devrait aller, consulter un médecin devrait suffire. Rappelle les urgences, et demande à Bobby de venir, s'il te plaît.

Comprenant dans le regard inébranlable du grand frère qu'il pouvait toujours aller se brosser s'il comptait le faire changer d'avis, Carter poussa un soupir qui pouvait faire passer le blizzard pour un pet de mouche, et quitta la chambre, non sans avoir grogné au préalable: " Et bien sûr, c'est MOI qui doit rappeler l'ambulance, c'est MOI qui vais me faire insulter comme une merde et massacrer au téléphone! S'ils ne me roulent pas carrément dessus...Tain!"

- T'inquiètes pas, il s'en remettra, dit Dean doucement alors que Sam lui jetait un regard contrit. Allez, mange.

Sam cligna des yeux, l'air vaguement amusé à travers ses larmes. Il s'était attendu à ce que Dean le bombarde de questions, mais il ne l'avait pas encore fait, ne semblait pas en avoir l'intention, et quelque part, Sam lui en était reconnaissant.

- Merci.

Dean avait ramené suffisamment de nourriture pour nourrir un régiment de Trolls. Mais il n'en était pas vraiment étonné, c'était son frère, après tout.

A la vue du pain frais, Sam s'aperçut qu'il mourrait de faim. Mais en tendant la main vers lui, il se rappela aussi que ses mains étaient couvertes de sang, séché à présent. Dean se maudit intérieurement, et fonça jusqu'au lavabo - Alleluia! Il y en avait un dans la chambre, le luxe absolu!. Il balaya la pièce du regard, dénicha une boîte en plastique qui pouvait servir de bassine, la remplit d'eau et se tournait vers Sam, qui se demandait vaguement ce que fabriquait son grand frère. Il avait tellement, tellement mal au crâne…

- Mets tes mains là dedans, il faut que tu manges absolument quelque chose, tout de suite.

Il avait vaguement l'impression de se répéter, là…

Sam ne discuta pas, il plongea ses mains dans l'eau chaude. Mais la douleur fusa, cuisante, et il les retira aussitôt avec un gémissement.

- Fait mal, s'excusa-t-il d'une petite voix en levant les yeux sur Dean.

- Merde…Je te soignerai après. Inspection totale, de la tête au pieds. Je vais t'aider, ça va aller.

Le front barré d'une ride d'inquiétude qui ne devait disparaître avant un long moment, Dean approcha un morceau de pain des lèvres de son frère, qui ouvrit une bouche hésitante…et mâcha avec avidité, sous le regard un rien soulagé de son frère.

Et alors qu'il le regardait manger, Dean se rendit compte qu'il avait oublié autre chose. Une chose qu'il était absolument impardonnable d'avoir oublié, un élément crucial: une douche. Sam devait mourir d'envie de se laver!

Le plus jeune cessa un instant de mâcher lorsqu'il s'aperçut que Dean le fixait avec insistance, les lèvres entrouvertes comme s'il mourait d'envie de dire quelque chose mais attendait qu'il ait avalé assez de pain pour ça.

- Quoi?

Dean s'éclaircit la gorge, et dit d'une voix qui n'avait que très peu perdu de son inquiétude:

- Tu…Tu veux prendre une douche, non?

Sam pinça les lèvres. Mon Dieu oui, maintenant qu'il y pensait. Mais il n'osait pas demander à Dean de déranger son hôte, surtout si elle refusait catégoriquement de l'être.

Dean dut lire son trouble, car il s'empressa d'ajouter:

- Je sais où est la douche, je l'ai entendu en prendre une tout à l'heure, c'est à droite, la première porte je suppose. Et puis merde, je m'en fous que ça la dérange, je la paierai, et t'as failli mourir et…et…

Dean déglutit avec difficulté. Merde. Pourquoi est-ce qu'il avait dit ça? Pourquoi ça lui avait échappé? Sam allait lui en vouloir à mort , c'était sûr et…

- Je vais y aller.

La voix de son petit frère était mal assurée, encore tremblante, et il n'avait pas l'air d'aller mieux, mais Dean ne perçut pas de colère dans sa voix.

Et lorsqu'il eut contemplé suffisamment son visage pour que toute la douleur marquée sur les traits pâles lui serre la gorge à en devenir douloureux, il prononça d'une voix blanche:

- Je ne te laisserai plus jamais tomber, Sam, plus jamais, je vais m'occuper de toi, ne t'inquiètes pas.

Emmitouflé dans l'une des couvertures, Sam se figea dans le geste qu'il faisait pour se mettre debout. Il dévisagea Dean un court instant, et dit d'une petite voix:

- Tu n'es pas responsable, Dean.

Il laissa passer un instant de silence avant de se mettre à rire à voix basse. Il redressa la tête qu'il avait baissé et adressa un faible sourire à son frère, qui semblait un peu perdu.

- Cette phrase… c'est ringard…

- Tu trouves ?

- Oui.

Dean lui effleura la tempe du bout des doigts. Cette sensation, le simple fait de pouvoir le toucher l'emplissait d'un soulagement tel qu'il sentait son cœur faire des sauts périlleux dans sa poitrine. Sam renifla encore une fois.

-Tu veux un mouchoir ?

Sam secoua la tête.

- Non, ça va aller, dit-il, mais après de nouveaux reniflements, il se ravisa, le regard perdu sur le sol :

- Si, en fait je veux bien…

Dean lui sourit puis se leva et se rendit dans la salle de bain. Il en revint avec une serviette qu'il tendit à Sam.

- T'avais pas plus petit comme mouchoir ? plaisanta Sam, mais de la voix encore tremblotante de quelqu'un qui pourrait facilement se remettre à pleurer.

- Je t'ai mouillé un coin, se justifia Dean, pour… heu…

Sam comprit et hocha la tête en remerciement, puis se servit de la serviette pour se débarbouiller le visage. Il se sentit un tout petit peu mieux. Dean lui donna alors son mouchoir.

- Tu veux autre chose ?

- Non, ça ira… Merci. Je vais aller prendre ma douche, là, alors…

Sam continuait d'éviter de le regarder. Dean se rassit sur le lit, tout près mais sans le toucher pour lui laisser de l'espace. Après un temps de silence, Sam dit :

- Mais avant je…je voudrais t'expliquer pourquoi je…je…(il prit une longue inspiration, et reprit très vite, en s'adressant à la moquette: ) J'ai cru que tu étais mort, c'est pour ça que j'ai…enfin ça va mieux maintenant…J'ai juste eu…peur, dans cette tombe, tu sais…vraiment très peur…

Dean se demanda s'il devait dire quelque chose mais à nouveau seules des banalités lui vinrent à l'esprit. Il s'en voulut de ne pas pouvoir faire mieux, de ne pas savoir quoi faire tout court.

Sam poursuivit, d'une intonation faussement amusée dans la voix :

- Quel est le con qui a dit que ça faisait du bien de pleurer ?

- Sais pas, répondit doucement Dean. Sans doute une fille.

Sam rit de nouveau mais il sembla à Dean que ce fut avec plus de sincérité.

- Ouais, ça m'étonnerait pas ! Le jeune homme se passa une main sur le visage. Je me sens comme une merde, avoua-t-il à voix basse.

- Crois-moi Sammy, il t'en faudrait beaucoup plus que ça pour ressembler à une merde.

Et malgré les yeux et le nez rouges de son petit frère, il le pensait.

- Hum… tu ne veux pas manger encore un truc, avant d'aller prendre ta douche? Parce que…enfin…Si tu es très fatigué et que tu tombes…tu veux que je demande à Bobby de ramener un truc chaud au passage, proposa-t-il ensuite mais Sam secoua la tête :

- Non, merci. Je crois que je pourrais rien avaler de plus pour l'instant. Mais vas-y, toi. Te gène pas pour moi.

- Hum… Peut-être un peu plus tard. Il est encore un peu tôt, là.

Oui, enfin il était six heures du matin, quoi…Il avait très envie de café, mais Yéti n'en avait pas, il avait regardé, pour Sam. Etonnant qu'elle ne soit pas encore descendue gueuler, d'ailleurs, cette folle un peu gentille sur les bords.

Dean insista pour l'escorter jusqu'à la salle de bain, et Sam ne résista pas bien longtemps, submergé par la fatigue. Il se sentait tellement faible qu'il n'était pas certain de réussir à se laver correctement.

Dean dut le sentir aussi, car il ne put s'empêcher de proposer, sur le pas de la porte:

- Dis, hem…Si t'as besoin d'aide, n'hésite surtout pas hein…Je… Je ne regarderai pas, enfin voilà, je suis ton frère de toute façon…

Sam eut un pâle sourire. Dean avait vraiment, vraiment dut se faire un sang d'encre. Il tourna légèrement la tête pour croiser son regard embarrassé, et répondit en essayant de faire passer toute la tendresse qu'il éprouvait pour lui dans sa voix:

- J'essaierai de ne pas me noyer, promis…Merci, Dean, ne t'inquiètes pas comme ça…

Le grand frère se renfrogna un peu, l'air de penser très très fort: Moui, bien sûr! Facile à dire...

Sam hésita une seconde, resserra ses bras autour de la couverture qui lui tenait lieu de vêtements, et ajouta si doucement que Dean l'entendit à peine:

- …mais si tu pouvais rester derrière la porte…


The End

Et cette fois c'est pour de bon ^^ . J'avoue que cette fin ne brille pas par sa qualité, ni par son réalisme. Dur de liquider une bestiole censée être intuable. D'ailleurs je ne me suis vraiment pas perdue dans les détails à ce sujet, c'est peu dire…Alors pour les curieuses: Salcovitch était en train de dormir tranquillement, quand un hurlement l'a réveillé. Pensant qu'il s'agissait d'un appel au secours de Sam, il s'est précipité dans la forêt après avoir appelé Carter, son fidèle compagnon, à la rescousse. Mais il se trouva que le cri était juuuste un autre piège de l'Abyscki, qui s'ennuyait ferme en attendant la mort de Sam et avait envie de faire un petit stock de bouffe pour l'hiver. Quand Carter et Salcovitch sont arrivés, tout feux tout flammes, elle a arrêté de chantonner et a fixé Salcovitch de ses gros yeux globuleux qui hypnotisent si bien les humains. Comprenant qu'il avait intérêt à se bouger les fesses s'il voulait s'en sortir vivant, Carter a attrapé une branche d'arbre et l'a planté dans un œil de l'Abuscki en profitant de la chance qu'il avait de n'avoir pas croisé son regard jusque là (vous avez le droit de rire, je ne pourrai pas vous en vouloir , mdr, c'est d'un réaliiiiisme!). Hurlant d'une douleur puuure, l'Abyscki désormais borgne décida de se téléporter loin très vite avant de perdre son deuxième œil, et dans la foulée elle emporta son hamburger géant, le pauvre et regretté Salcovitch. Paix à son âme, ainsi qu'à l'oeil de la pauvre Abyscki qui voulait seulement faire mumuse.

Voilà, voilà…..huhu! Un grand n'importe quoi cet épilogue, vraiment ^^ .

J'espère qu'il n'a pas déçu trop de monde, en particulier les principales intéressées =)