Génie.
Millicent sait qu'elle n'a rien d'un génie. Après tout, penser par soi-même n'est pas une capacité très recherchée chez une femme Sang-pur. Et la consanguinité n'aide pas. Mais elle a tout de même un cerveau et elle est quand même assez intelligente pour avoir réussit l'examen d'entrée à Sainte-Mangouste. Et puis il y a des choses que même la plus conne des femmes ne peut que sentir. Surtout quand cela concerne une des personnes qu'elle aiment le plus au monde. Blaise est tendu. Le procès est dans trois jours. Alors Millicent fait tout pour l'aider. En embarquant Théo avec elle.
Baguette
Il se crée entre une baguette magique et le sorcier à qui elle appartient un lien puissant, qui ne fait que se renforcer avec le temps. Sans baguette, la magie est toujours là, mais plus difficile d'accès. Le sorcier ressent un manque. C'est pour cela qu'une des peines infligé au coupable est sa confiscation pour un temps donné.
C'est pour cela que quand le Juge annonce que Seamus n'aura plus la sienne pendant deux mois pleins pour coups et blessures, Dean le sent s'appuyer contre son épaule. Et il a eut sa licence. Comme quoi la Justice a du bon.
Pas Assez.
Dubois.
Je sais que cela ne te suffira pas et je comprend, mais je suis désolé.
Marcus Flint.
PS : si tu montres cette lettre tu es mort.
Oliver regarde le billet qui vient de lui arriver par hibou d'un air éberlué. Que croyait Flint en l'écrivant ? Qu'un simple désolé suffirait à lui faire oublier deux semaines au lit, trois côtes et une jambe cassées ? Bien sûr que ce n'est pas assez ! Un papier ne permet pas de réparer grand-chose, encore moins son honneur !
Fulminant, Oliver fourre la lettre de Flint de sa poche et oublie totalement de la détruire.
Cadenas
Blaise s'arrête en voyant l'état du cadenas qui ferme son coffre. Il fait attention de ne toucher à rien et se contente d'appeler les Aurors. Le sourire sur ses lèvres est plutôt un rictus ironique. Il sait ce que le cambrioleur voulait. En effet, Adrian Pucey, Auror scientifique, confirme. Seul les dossiers de l'affaire Flint ont été consulté. Blaise se demande si son voleur sait qu'il lui a donné de quoi invalider le procès. Manœuvres illégales de la part de la partie civile. Sûrement. Il s'agit du coach de Flaquemare. Il ne veut sans doute pas perdre deux excellents joueurs.
Patronus.
L'ouverture est succès. Le pub ne désemplit pas et plein de gens, homme ou femme, gay comme hétéro, arrivent, attirés par la nouveauté. Dean comprend d'où vient la fascination qui confine à l'obsession de Seamus pour son idée, son bébé comme il dit. Derrière le bar celui-ci parait être dans son élément. Il pose un verre sur le comptoir, y met Bièrabeurre, miel, citron et vodka, remue et le donne au client en hurlant presque pour couvrir la musique.
-Et un patronus !
C'est la touche de Dean dans l'univers de Seamus. Des noms de sortilèges pour la plupart des boissons.
Imprévu
Il pensait être prêt à toutes réponses possibles et imaginables. Missile hibou, beuglante, pétard de chez les Weasley, et même à l'ignorance. Même si ce n'est pas vraiment le genre de Dubois, mais le connaissant… A tout donc. Mais pas à ça. Il aurait du se souvenir que Dubois était du genre puéril. Il aurait dû y penser comme il aurait dû se souvenir qu'il était un sorcier devant le journal qui brûlait. Mais il s'était conduit en vulgaire moldu et il se retrouve maintenant avec de la merde de chien collée avec un sort de Glue sur ses chaussettes.
Dragon
Blaise adore sa mère. Si, si, vraiment. Et malgré l'amour de celle-ci pour l'argent, les hommes et les poisons, elle le lui rend bien. Mais elle a l'habitude de tomber au moment où il ne faut pas, au point que Théodore a installé une alarme. Quand un hurlement de dragon retentit dans leurs appartements, ça veut dire que Mrs Zabini mère attend devant la porte. D'habitude, Blaise se précipite pour lui ouvrir. Mais là, à moitié somnolent, alors qu'il peaufine les derniers détails du dossier Flint, il préfère fermer la porte d'un sort. Il n'aura qu'à dire qu'il était absent.
Amortentia
Ils ont croisé Hermione sur le Chemin de Traverse. Elle est sortie s'aérer un peu la tête avant de se replonger dans les lois qui réglemente l'utilisation de l'Amortentia et autres potions d'amour. Seamus l'a félicité pour la solution qu'elle a trouvé pour le problème Détraqueurs. Dean, lui, s'est contenté de sourire, et lui a demandé pour quand est son mariage avec Ron. Elle en a profité pour les embarqué dans la préparation de celui-ci, en demandant à Seamus de tenir le bar et à Dean de s'occuper de la décoration de la salle choisie, le photographe étant Denis Crivey.
Lunettes
Il y a des choses que Marcus ne supporte pas. C'est simple, ça le stresse. Mais n'allez pas raconter que Marcus Flint est sujet à l'anxiété. Surtout pas à Wood, sinon il vous fera la tête au carré. Pas à Wood, un procès lui suffit, merci bien. Et puis de toute façon, c'est faux. C'est juste un peu de stress et…, bon, d'accord, pour le coup, il a un peu la frousse.
Mais que Zabini arrête de mordiller la branche de ces lunettes, qui d'ailleurs ne lui appartiennent pas, et qu'il lui annonce ce qu'il avait d'important à lui dire !
Stratégie
Blaise essaie de ne pas se laisser impressionner par le Marcus Flint fulminant assis face à lui. Zen Blaise, respire. Tu es trop grand pour avoir peur du grand méchant Flint, n'est-ce pas ? Bon, maintenant, parle avant qu'il ne se fâche. C'est-à-dire immédiatement.
-Bon, bégaya Blaise, notre stratégie est très simple. En fait, c'est celle de votre entraîneur.
- Coach, le coupa Flint ? Mais il est du côté de Dubois !
-Eh bien, il pense sûrement en premier lieu au bien de son équipe, répondit Blaise, plus détendu, et vous êtes un très bon élément. Bien entendu, il va nous falloir faire des concessions…
Allée des Embrumes.
Seamus s'était plaint de n'avoir jamais vu l'Allée des Embrumes. Comme d'habitude, malgré toutes les réticences de Dean, c'était la volonté de Seamus qui avait prévalue. C'est l'inconvénient des leprechauns aux yeux de cocker. Surtout que celui-ci faisait moins le fier, maintenant qu'il y était. Dean soupira avant d'écarquiller les yeux. Cette fille, maquillée outrageusement, à la robe beaucoup trop décolletée, au cheveux châtains sales relevés en chignon mais aux yeux verts pales fiers, c'était Daphné Greengrass. Dean jeta un coup d'œil à Seamus. Celui-ci s'était immobilisé, surpris, tétanisé face à la vue de son premier béguin dans cette situation.
Rideaux.
Oliver soupira en regardant par sa fenêtre. Le nombre de journalistes qui attendaient devant sa porte depuis que les Médicomages l'avaient autorisé à rentrer chez lui était déjà impressionnant, mais là, ça battait tous les records d'affluence ! Il se retourna, encore tremblant sur ses jambes, en entendant la cheminée s'activer. Justin Finch-Fletchey, son avocat, époussetait son veston sur le tapis favori d'Oliver (celui avec des souaffles). L'air grave de celui-ci l'empêcha de faire une remarque.
-Le procès est avorté. Ton coach s'est mêlé de ce qui ne le regardait pas.
Oliver ferma le rideau d'un geste rageur. Et sa vengeance sur Flint, alors ?
Protego!
A son retour, Millicent se jeta sur lui si fort qu'il dû se retenir de lancer un Protego. Théo suivait, plus calme, mais aussi joyeux. Blaise sourit, puis se retrouva assis de force sur le canapé, face à deux Serpentards avides d'informations. Il est vrai qu'il leur a envoyé un mot très court. Beaucoup trop d'après eux. Ou du moins, c'est ce que leurs regards semblaient dire. Alors il raconta une histoire dont il se doutait qu'il la répétera souvent. Une chose en entraînant une autre, Théo sortit du porto que Millicent refusa avec un sourire digne de la Joconde.
Jalousie
Dean soupira en regardant leur canapé transformé en lit. Il ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine peine, de la colère, de la jalousie même, il ne faut pas avoir peur des mots, depuis que Seamus avait proposé d'héberger Daphné. Il se souvenait encore de l'époque où celui-ci la suivait tout le temps du regard. Peu de temps après, il sortait avec Ginny Weasley après seulement une courte discussion dans le train, juste avant les vacances d'été à la fin de leur cinquième année. C'était aussi la première fois que Seamus était venu chez lui, alors que d'habitude, c'était l'inverse.
Trouble.
Flint était bien la dernière personne qu'il s'attendait à trouver sur son palier. Il avait ouvert la porte, dans l'intention de tenter une sortie à travers la foule de journalistes et de curieux qui s'agglutinaient devant son immeuble comme des mouches sur la confiture, alors que l'autre s'apprêtait à frapper. Flint avait donc le poing levé, dans une attitude qu'Oliver trouvait à la fois comique et menaçante. Ce fût peut-être cela ou le regard troublé du poursuiveur qui l'empêcha de refermer. A la place, et sans aucune pensée pour une quelconque vengeance, il laissa entrer Marcus Flint dans son antre.
Cicatrices.
Millicent avait les yeux fixés sur le test de grossesse. Elle n'avait rien dit durant la soirée, préférant laisser ses hommes savourer la victoire de Blaise, mais maintenant elle paniquait. Et elle savait qu'elle ne serait pas la seule. La plupart des cicatrices, psychiques comme physiques, qu'ils portaient tous les trois, venait de l'éducation qu'il avait reçu. Le côté refermé de Théo. La chambre noire du manoir Nott. La peur de Blaise à s'engager. Les sept maris de sa mère, tous morts prématurément. Le complexe d'infériorité de Millicent. Le machisme paternel. Dans leur situation, comment pourraient-ils être de bons parents ?
Excuse
-Je suis désolée.
Dean se retourna, pas réellement surpris mais vaguement étonné. Daphné le fixait avec son calme, solennel presque, qu'elle affichait toujours. Il la regardait, trop abasourdi pour comprendre vraiment. Elle s'assit sur le canapé, le dos droit, les mains croisées sur les cuisses.
-Ca fait mal, tu sais ?
-Quoi ?
-Quand celui que tu aimes ne t'aimes pas vraiment.
Alors, pour la première fois, Dean la vit vraiment. Il vit les larmes refoulées aux coins de ses yeux, sa bouche crispé sur un cri de désespoir. Alors il se dit que ce n'était pas à elle de lui présenter des excuses, mais l'inverse.
Note.
Oliver ouvrit les yeux. Malgré le fait qu'il venait d'être prit sur le fait, Marcus trouva cela… intéressant. Presque fasciné, il le vit se tourner sur le côté, fermer sa main droite. Celle qui contenait la note. Oliver y jeta un coup d'œil, puis le regarda, sarcastique.
-Je vois… Courage, fuyons. Je pensais que tu savais assumer tes actes.
-Je te rappelle que c'est toi qui a ouvert ta porte.
-Mais c'est toi qui est venu chez moi. Serais-tu incapable d'aller jusqu'au bout, Flint ?
-Pour qui me prends-tu Wood ?
-Un abruti qui me laisse un bout de papier après m'avoir baisé.
- C'est pas vraiment faux.
Veritaserum.
Blaise sourit à Théodore. Celui-ci avait un visage impassible, mais ses yeux pétillaient joyeusement. Ils étaient bien tout les trois, formant quelque chose, pas un couple, non, un trio, qui semblait au début perdu d'avance. Ils avaient pourtant réussi, trouvant l'équilibre et le bonheur dans une vie qui n'était pas sensée être.
Millicent sortit de la salle de bain, le visage fermé. En les voyant se tourner vers elle, elle afficha un sourire faux. Théo ne s'y laissa pas prendre.
-Millie, il faut que je te fasse avaler du veritaserum ou tu vas nous dire directement ce qu'il se passe ?
Potions de Grand Pouvoir
-Je pense qu'il va falloir que je parte, murmura Daphné.
-Non ! Qu'est-ce que tu feras, demanda Dean, surpris et presque triste.
-Je me débrouillerai. Au pire, je pourrais toujours vendre ça, dit-elle en sortant un livre, Potions de Grand Pouvoir, de son sac au cuir râpé.
-Pas besoin, rétorqua Seamus en sortant de l'ombre. J'ai demandé à Hermione. Selon la loi, tu peux être considérée comme victime de la guerre. Tu as donc le droit à des compensations. Elle m'a aussi donné l'adresse de Justin Finch-Fletchey, qui est volontaire pour t'héberger.
-Merci, dit-elle en sortant, laissant Dean et Seamus face-à-face.
Fièvre
Il était rare que leurs discussions soient aussi civilisées. C'était bien la première fois, si on ne comptait pas ce jour, à l'infirmerie. Ce jour fiévreux qu'ils avaient tout les deux tenté d'enfouir au plus profond de leurs souvenirs. Il y a des choses que l'on préfère oublier, et embrasser son pire ennemi sur un lit d'infirmerie scolaire, en faisait partie, du moins d'après eux deux.
Et voila qu'ils parlaient après avoir fait bien pire, ou mieux, c'est une question de point de vue, sans avoir d'intentions belliqueuses. Surprenant, mais pas désagréable, de l'avis d'Oliver. Quant à Marcus :
-Et Merde !
Ecole buissonnière.
-Je suis enceinte.
La phrase était sortie, sonore dans le silence qui l'avait suivie, comme si c'était un mur invisible mais bien présent que Millicent avait édifié entre elle et eux. Théodore et Blaise restaient silencieux, tétanisés, alors qu'elle avait l'impression d'étouffer face à leur immobilité. Et puis, lentement, ils l'attirèrent dans leurs bras, dans un cocon de douceur, la berçant comme une enfant. Millicent sourit. Ils feraient de bons pères.
-Et si nous faisions l'école buissonnière aujourd'hui, murmura Théodore ?
-Théodore, tu est Professeur, s'esclaffa Blaise, je m'attendais à mieux de ta part !
-Et alors ?
Millicent rit devant leurs chamailleries.
