Bon bon bon… ça a pris plus de temps que d'habitude, mais je voulais vraiment avoir une bonne idée en tête avant de commencer à écrire la suite. J'espère que vous allez apprécier.
Ouvre les yeux, Idiot.
20 février 1998
Pourquoi le directeur voulait-il le voir? Cela faisait plusieurs minutes qu'il marchait dans les corridors avec le professeur de Potions et il ne faisait que penser à cela, cherchant sans cesse une raison à cette demande. L'angoisse commençait à couler dans ses veines sans qu'il puisse faire quoi que se soit. Il serra légèrement les poings à cette pensée, visiblement en colère contre lui-même. Depuis quelques jours, la situation n'était plus sous son contrôle et il détestait ça. Aussi loin qu'il se souvienne, il avait toujours eu la situation en main comme son père lui avait appris, et là, depuis Draco en faite, tout semblait s'acharner sur lui. Le Destin essayait-il de lui envoyer un signe?
-Je vous laisse ici, .
Le brun fut pris d'un sursaut avant de se reprendre. Il leva les yeux vers Severus, le dévisageant un peu tout en se demandant pourquoi. Voyant bien l'interrogation dans le regard du garçon, l'adulte leva les yeux au ciel avant lui répondre bêtement :
-Le mot de passe est Citron Frais. Le directeur vous attend, . Ne me faites pas perdre plus de mon temps, par pitié.
Sur ce, il lui lança un regard tout à fait méprisant avant de tourner les talons et partir, faisant voler sa cape derrière lui. Un peu interloqué, Harry le regarda partir avant de finalement monter dans le bureau d'Albus Dumbledore.
Quand il entra dans le bureau, son regard alla vers les murs et les meubles, détaillant l'endroit avec curiosité. N'étant pas devenu le Survivant, il n'était pas venu une seule fois dans cette pièce pourtant si accueillante. Enfin, il fallait bien commencer un jour.
En tous cas, ne put-il s'empêcher de penser. Le bureau était tout à fait magnifique. Il lui rappelait le manoir de son père, un peu.
Scrutant d'un regard vif la pièce du regard, il fit surpris de ne pas y voir le vieil homme.
-Monsieur? Fit Harry, presque hésitant.
Une tête apparut dans le fond de la pièce, là où les escaliers montaient. Le brun haussa d'un sourcil, regardant attentivement le directeur lui sourire et descendre lentement les escaliers pour se rendre à son bureau. Au même moment, le regard émeraude d'Harry se rendit compte de la présence du Phénix.
-Il est magnifique…
Le murmure avait été soufflé mais n'avait pas échappé au vieil homme qui lui adressa de nouveau un sourire dont il avait le secret. Le garçon le détailla du regard, se disant que l'homme dégageait quelque chose d'accueillant, tout comme cette pièce. Il se mit à penser qu'il était impossible que ce vieil homme fasse la chose aussi horrible qui était arrivé dans son rêve. Albus Dumbledore était trop bon pour cela.
Détaillant brièvement le phénix du regard, il remarqua que celui-ci le regardait avec curiosité et fut parcouru d'un frisson. Il avait l'impression qu'il lisait en lui comme dans un livre ouvert. Tournant son regard de nouveau vers le directeur, il monta les petites marches pour s'approcher avant de prendre la parole :
-Pourquoi vouliez-vous me voir, professeur?
L'homme n'avait pas immédiatement répondu, se contentant de prendre un bonbon sur son bureau. Pendant une seconde, Harry se demanda quelles saveurs ils avaient. Suivant son regard, Albus sourit :
-Un bonbon aux citrons, ?
Sursautant, il fallut quelques secondes au garçon pour comprendre la question.
-Je... non, non merci Professeur.
Lui adressant un bref sourire, Harry ne put que se sentir mal-à-l'aise. Pourquoi n'allait-il pas droit au but?
, si je vous ai fait venir ici, c'est pour une bonne raison, mon garçon.
Il leva les yeux, les plantant dans ceux bleu si terne du directeur.
-Et cette raison, c'est quoi?
Encore un murmure, comme s'il avait peur de la suite. C'était un peu vrai, après tout, il avait fui ce bureau pendant sept années quand on y pensait. Tout pour rester dans la foule, rester invisible.
-Votre père, .
Perdu dans ses pensées, il ouvrit grand les yeux en entendant la phrase. Son cœur commença à battre plus fort alors qu'il regardait un peu partout, pensant à s'enfuir de là au plus vite. Il sursauta quand il se rendit compte que Dumbledore était rendu à côté de lui, lui souriant doucement, comme pour le calmer.
-Ne vous en faites pas, mon enfant. Je ne vous veux aucun mal.
Il appuya sa phrase, il sortit sa baguette de sa robe et la déposa sur son bureau, loin de lui.
-Vous voyez? Fit-il alors qu'Harry semblait de plus en plus perdu. Je veux juste vous parler. J'ai l'autorisation de votre père.
Si les yeux de Survivant pouvaient s'ouvrir encore plus, ils l'auraient fait. Complètement déconnecté, il regardait le directeur, attendant la suite. Il ne comprenait pas ce qui se passait.
, selon vous, comment Poudlard aurait-elle envoyé une lettre chez vous sans savoir qui il est?
-Je…
Il ne put finir sa phrase. Il n'y avait jamais vraiment pensé, mais maintenant, il se rendit compte qu'il avait été idiot. Après tout, Poudlard choisissait ses étudiants, ils étaient presque sélectionner…
-Mais… comment?
À peine un murmure. Il ne posait pas vraiment la question au vieil homme, plus à lui-même, mais Dumbledore répondit tout de même.
-Il y a plusieurs années, un Auror a surpris Tom dans un parc, s'amusant avec vous. Oh, il a été grandement surpris, vous devez vous en douter. Plusieurs Aurors ont eu pour mission de le surveiller de loin, vu que nous ne savions pas vraiment ce qu'il faisait avec un enfant en si bas âge. Il n'avait jamais eu de femme dans sa vie après tout. Ils ont été surpris de remarquer que l'homme qu'ils voyaient tous les jours sous leurs yeux n'avait plus rien d'une menace. Un jour, un Auror un peu plus courageux que les autres est allé chez vous pour lui demander de venir avec lui au ministère pour passer un procès sous Veritaserum. Ils ont été surpris en voyant votre père les suivre sans rien dire, sans rien faire. Oh, mais ils n'avaient encore rien vu.
Harry lui lança un regard encore plus perdu, s'attendant au pire. Son père n'avait tout de même pas osé tuer encore? Il gémit sourdement à cette pensée.
-Oh, il a passé ce procès haut la main, ne vous en faites pas, continua le directeur en lui souriant doucement. Il en surprit plus d'un en disant qui vous étiez et ce que vous représentiez pour lui, mon garçon. À votre simple présence, vous avez complètement changé cet homme.
-Et après? Il s'est passé quoi?
C'était un peu impoli de couper la parole ainsi à l'homme, mais il ne pouvait s'empêcher de le faire, voulant absolument savoir ce qui était arrivé à son père. Il savait bien qu'il en était sorti sain et sauf – il était encore en vie après tout- mais il voulait savoir les détails.
-Votre père a été mis sous surveillance et a du dénoncé tous les mangemorts encore en liberté. En échange, les sorciers ne seraient pas informés de sa survie et de la votre.
Un tic se fit dans la tête d'Harry. Comment ça, tous les mangemorts? Draco lui avait pourtant dit que son père était chez lui à se morfondre. Peut-être que… Mais pourquoi son père aurait-il emprisonné les autres et laisser Lucius Malfoy en liberté. Il grogna légèrement, se jurant de trouver ce qui cloquait. Soupirant, il décida de se concentrer de nouveau sur les paroles de l'homme.
-Il a aussi, étrangement, demandé la libération de Sirius Black, votre parrain. C'est justement pour cela que je vous ai fait venir. Cette demande a été faite il y a quelques semaines et un procès a eu lieu, procès auquel votre père a participé pour défendre votre parrain en disant qu'il n'avait jamais été l'un de ses sbires.
Harry tourna de nouveau son regard dans celui du directeur, attendant la suite avec une impatience peu dissimulé.
-Mais les journaux vont en parler, , et il nous faut leur expliquer pour quel raisons votre parrain va bientôt être liberté, vous comprenez. Votre père est… votre père juge que vous êtes assez vieux pour décider si, oui ou non, vous voulez que le monde des sorciers soit au courant pour votre père et vous. Évidemment, le ministère va faire une conférence pour expliquer toute la situation en détail, mais il leur faut votre approbation.
Choqué, stupéfait, figé. Il était tout cela à la fois. Pendant une seconde, son rêve lui revint et il pensa pendant un bref instant que cela avait été un message, un signe. Il soupira, passant une main dans ses cheveux. Il s'accota contre le bureau du vieil homme, se souciant peu de ce qu'il penserait de son geste. Une telle décision… c'était beaucoup, vraiment beaucoup. Il ne devait pas prendre cela à la légère, plusieurs vies allaient changer à cause de cela, la sienne surtout ainsi que celle de son père. Il n'avait pas envie d'être dévisager. Il n'avait pas envie que son père se fasse tuer.
Levant la tête, il fixa un regard dur dans celui d'Albus. Il voulait savoir la vérité, les risques.
-Et mon père, il est d'accord avec cela? Il a vraiment dit que c'était à moi de décider? Et si les gens s'en prenaient à lui?
-Du calme, . Cette décision vient de votre père. Il ne veut plus se cacher, il veut que le monde sache ce que vous lui avez fait. Il veut que vous soyez traité à votre juste valeur.
-Aucun risque? Insista-t-il.
-Aucun risque, votre père et vous-même serez sous la protection des Aurors en cas de problème.
Il soupira, baissant les yeux. Son père le voulait… Il devait y avoir une raison cachée malgré tout cela. Peut-être avait-il vu à cause de la cicatrice ses cauchemars, ses peurs. Son père avait toujours fait ça, profitant du fait qu'ils étaient liés pour voir ce qu'il pensait sans qu'il le cesse. Serrant les dents, il soupira.
-D'accord…d'accord j'accepte. Vous pouvez divulguer notre existence.
Dumbledore lui adressa un sourire reconnaissant.
-Vous serez toujours Harry James Gaunt, vous savez, lui dit le vieil homme en posant une main sur son épaule. Harry James Potter fait parti de vous, mais vous êtes d'abord un Gaunt. Un grand Gaunt.
Un léger sourire se faufila sur les lèvres d'Harry, il était touché par les paroles de l'homme.
-Merci Professeur, c'est gentil…
L'homme lui sourit de nouveau avant de se redresser, allant derrière son bureau.
-Je vais leur envoyer une lettre immédiatement. La nouvelle risque d'être annoncée demain les connaissant. Ou même ce soir. La conférence risque de se faire dans le secret mais les journaux de demain vont assurément en parler, . Je ferais une annonce avant qu'il n'arrive.
Harry hocha lentement de la tête.
-Je peux partir maintenant, Professeur? Demanda-t-il, n'ayant plus envie d'être là.
-Bien sur, mon garçon. Tu as besoin d'être seul, je te comprends. Et d'en parler à tes amis…
-Oh, fit le brun, se tournant vers lui.
Il était toujours accoter contre l'autre côté du bureau après tout.
-Ils sont au courant.
-Ah? Cela m'étonne grandement je dois dire.
-La St-Valentin, Professeur. Avec la potion, la vérité a éclaté.
-Et bien… vous avez de grands amis, . Ils doivent tenir énormément à vous.
Le garçon lui adressa un léger sourire avant de sortir, mettant ainsi fin à la conversation. Descendant quatre par quatre les escaliers, il se trouva rapidement dans le couloir et put reprendre son souffle. À peine une demi-heure avait passé et il avait appris tant de chose. Il lâcha un gémissement qu'il retenait depuis longtemps et se laissa glisser contre le mur pour finir assis, prenant sa tête entre ses mains.
-Harry?
Cette voix…
Il leva les yeux rapidement, tombant sur deux biles d'aciers.
-Draco…
Sa voix avait été à peine un murmure, et pourtant, il savait que l'autre l'avait entendu.
-Écoute, continua le blond d'une voix un peu dure. J'ai réfléchi et je m'en veux. Okay, je n'aurais pas du réagir comme ça, c'est enfantin. J'en voulais à ton père, pas à toi. Ce qu'il a fait endurer à mon père… Merde, à cause de lui, il est presque devenu légume! Et il…
-Mon père travaille avec le ministère depuis des années, il a fait enfermer tous les mangemorts.
Le regard qui semblait si impénétrable de Draco se fissura alors que son visage abordait une expression complètement perdue.
-Impossible, lâcha-t-il. Mon père n'est pas derrière les barreaux.
-Et pourtant, c'est vrai. Va savoir pourquoi, mon père n'a pas balancé le tien et j'ai l'étrange impression qu'il est le seul à avoir eu cette chance.
Harry avait repris cette confiance qu'il avait en lui depuis qu'il le connaissait. C'Était toujours comme ça avec Draco, il avait l'impression de devenir lui, de ne plus se faire attention aux regards des autres. Il était Harry, juste Harry. Sans les Gaunt et les Potter.
-Pourquoi tu ne me l'avais pas dit alors? Demanda Draco, grognant presque.
-Parce que je viens de l'apprendre, justement, à l'instant même.
-Oh.
La rage du Serpentard sembla avoir disparu et Harry sourit à cette pensée. Finalement, ce n'était pas si compliqué que ça. Laissant tomber ses grands airs, le blond alla s'asseoir à côté de lui, lui souriant presque timidement.
-Et…comment cela se fait-il que ce vieux fou soit au courant?
-La lettre de Poudlard en première année. Le ministère doit l'avoir informé.
Draco hocha de la tête. Il ne voulait pas parler, se trouvant stupide pour ce qu'il avait fait enduré au Gryffondor durait la dernière semaine. Complètement stupide.
Un silence réconfortant s'installa entre eux et aucun n'osait le brisé. Ils avaient l'impression de se retrouver comme avant, de retrouver cette proximité si étrange qui semblait les lier. Une éternité sembla passée avant qu'Harry n'ouvre la bouche :
-Mon père a fait libérer mon parrain d'Askaban, souffla-t-il doucement.
Draco tourna son regard vers lui :
-Ton parrain…?
Souriant doucement, Harry hocha de la tête. Il était heureux de la nouvelle malgré toutes les choses qui allaient bientôt arrivé.
-Je ne l'ai jamais vu…c''était le meilleur ami de mon vrai père, tu sais. Il s'appelle Sirius Black.
Les yeux de Draco s'ouvrirent grands et Harry fronça des sourcils, se demandant ce qu'il avait dit pour que le garçon réagisse de la suite.
-C'est mon cousin par merlin!
Et hop, encore un! J'aime bien la torture que ça a prise même si c'était pas l'idée de départ. La suite prochainement, on espère! Je compte écrite autre chose avant de continuer et en profiter pour mettre au pied un scénario plus… je sais pas en fait, plus humain quoi.
Oubliez pas les reviews!
