Zombie's House :
Auteur: Eru-Kun, alias Chibi-Lawlipop.
Disclaimer : Tous les personnages sont la propriété de messieurs Tsugumi Ohba, Takeshi Obata et Ishin Nishio. La légende des Zombies appartient à la culture vaudou. Seule l'intrigue est à moi.
Personnages: Surpriiiiiise !
Rating : K+
Genres : Humor, Friendship, Mystery, Horror.
Correcteur/trice: Eole.
Précisions : Bon. 4 garçons et une fille dans la même chambre, dans le même lit, et... Vous connaissez la suite ? Eh bah naaaan ! Pas de yaoi, ni même de shonen-ai. Effectivement, ça peut vous paraître étonnant venant de moi, mais pas de yaoi cette fois. Héhé ! ^^ K+ quand même, vous verrez pourquoi.
Pendant que je suis là, je tiens à remercier du fond du coeur mes lecteurs, futurs-lecteurs et revieweurs, ainsi que ma béta lectrice et correctrice, Eole. Bonne lecture !
«Echec et mat.»
C'est sur ces trois mots qu'il referma d'un geste sec son classeur, un sourire triomphal étirant ses fines lèvres. La soirée qui s'annonçait aurait pu être des plus banales pour lui, comme pour tous les jeunes hommes lui ressemblant, mais celui-ci n'était pas tout à fait un garçon comme les autres : du haut de ses dix-huit ans et de son mètre soixante-dix-neuf, il venait de résoudre sa 674e affaire, probablement la plus corsée à laquelle il eut été confronté jusqu'alors. En effet, le criminel auquel il s'opposait semblait aussi clairvoyant et rusé que lui. C'est pourquoi, une fois encore, c'est un détail qui avait fait la différence. Un détail que lui seul, L, le plus grand détective du monde, pouvait trouver. Ainsi, le meurtrier avait été arrêté sous ses ordres par les autorités, et écroué hier soir. Et ce soir, au crépuscule de trois mois d'enquête à raison de trois heures de sommeil par semaine, et alors qu'aucune autre ne se présentait à lui, il pourrait enfin souffler.
Il aurait donc pu passer une de ces soirées dans l'intimité de sa chambre à la lueur d'une bougie parfumée, à regarder décliner le jour en rêvassant sur un air de musique classique. Ces soirées qu'il chérissait tant, marquant la fin d'une enquête victorieusement classée et qui se finissaient inéluctablement par une dizaine d'heures de sommeil consécutives, n'arrivaient que trop peu souvent. Il avait calculé : quatre fois par an, en moyenne. C'était peu. Ce soir sera donc une de ces soirées-là... Enfin, à un détail près...
«-Watari, le couvre-feu est bien à 21h30 ?
-Non, Monsieur. Il en était ainsi de votre temps, mais maintenant, il est à 21 heures.»
Le brun soupira.
«Alors pourquoi est-ce que j'entends encore du bruit provenant du fond du couloir ?»
Effectivement, sachant qu'ils avaient un peu de temps devant eux, ledit Watari et son protégé étaient rentrés à la Wammy's House, célèbre orphelinat de Winchester en Angleterre, fondé par le premier et où avait grandi le second. Le détective avait promis à ses petits successeurs qu'il passerait les voir dès qu'il aurait un peu de temps et avait profité de cette «trêve» pour tenir sa promesse. Il était justement question de deux de ses potentiels successeurs, Matt et Mello, qui en plus de ne visiblement pas pouvoir dormir, faisaient profiter de leur insomnie les chambres voisines.
L tendit l'oreille, s'approchant de l'entrée. Alors que ces deux enfants riaient, chantaient, d'autres râlaient, se plaignaient, frappaient dans leur porte en hurlant que «certains aimeraient dormir ici !» ou encore que «demain on a cours à 8 heures, je vous signale !». Se retournant, le jeune homme à la chevelure hérissée déclara qu'il allait intervenir. En effet, il demeurait le seul à savoir dompter et calmer les petits morveux survoltés qu'étaient ses deux protégés, qu'il considérait comme ses petits frères, même si ce n'était jamais sans se donner de mal. C'est ainsi qu'après avoir fini sa tasse de café, qu'il posa sur la table basse, et saisi quelques paquets de bonbons, il se mit en marche d'un pas lent mais déterminé vers le dortoir central du fond du couloir, celui d'où raisonnaient les rires des uns et d'où fleurissait le malheur de tous les autres.
Lorsque leur modèle et frère de cœur entra dans leur chambre, Mello et Matt se turent immédiatement, le dévisagèrent d'un regard à la fois surpris et témoignant de toute l'admiration qu'ils lui dévouaient. En voyant cet air sérieux sur le visage du brun, Mello se mit à ressentir une certaine appréhension. Pourquoi L était-il là ? Il fallait une bonne raison pour qu'il en arrive à se déranger, sortir de son antre, surtout à une heure pareille, alors avaient-ils fait tant de bruit ? Avaient-ils été si dérangeants, eux qui ne demandaient qu'à se défouler un peu n'ayant pas sommeil pour le moment ? Le détective allait certainement leur passer un beau savon. Le blondinet fit la moue à cette pensée. Matt, quand à lui, raisonnait un peu comme son voisin. Il s'attendait à un bon remontage de bretelles suivi d'une heure de morale. Si c'était ça, il préférait dormir, quitte à se forcer ou à faire semblant en attendant gentiment le marchant de sable.
«Bonsoir, mes grands», commença l'adolescent. Son ton, posé et plein de tendresse protectrice, rassurèrent les deux meilleurs amis. Alors il n'en serait rien de tout cela...
«Bonsoir», répondirent-ils en chœur. Mello enchaîna. Bien que rassuré et lavé de ses pensées paranoïaques, la présence spontanée du brun l'intriguait, il voulait tout savoir. «Qu'est-ce qui t'amène ?»
-Eh bien, commença L, j'ai un peu de temps libre, alors... J'ai pensé que je pouvais vous consacrer un petit instant. Je vous le promets depuis déjà un moment, n'est-ce pas ?
-C'est exact», confirma Matt.
L sourit d'attendrissement, le pouce en bouche, songeant à une solution pour occuper les deux petits génies.
-Vous n'avez pas l'air pressés de dormir, donc. Tenez, et si je vous racontais une histoire ? Finit-il par demander.
Pour toute réponse, ses deux potentiels successeurs bondirent de leur lit dans une exclamation de joie. Le visage du détective rayonnait de son sourire radieux, l'allégresse qu'il lisait dans leurs yeux lui arracha même une larme. Ils étaient comme ses frères, et il avait envie de leur faire plaisir, de leur montrer qu'il les aimait, s'intéressait à eux, se sentait bien en leur présence.
Adorables, se dit-il à lui-même.
«Bon, reprit-il, sortant de ses pensées, il n'y a visiblement pas de livres ici, et je n'ai pas envie de monter à la bibliothèque. Tant pis, je ferai sans. Je vais improviser. Si je suis vraiment aussi peu doué que je le pense en matière de contage d'histoires, arrêtez-moi.»
Les enfants acquiescèrent, l'invitant à prendre place sur le lit du haut de leur lit superposé où ils étaient assis en tailleur.
-Que voulez-vous comme histoire ?
Mello et Matt étaient sur la même longueur d'ondes. Ils avaient les mêmes centres d'intérêts, les mêmes domaines de prédilection. Choisir un thème ne serait donc pas compliqué, du moins, pas tant qu'en présence de Near qui, lui, préférait les histoires à énigmes, aussi ennuyeuses que compliquées.
«On veut une histoire qui fait peur ! s'écria Matt, accentuant le dernier mot.
-Ouais, couina Mello. Avec du sang, plein de sang !
-Des Pokémon !
-Des mitraillettes !
-Des soucoupes volantes !
-Des zombies !»
L émit un gloussement. C'est qu'ils n'avaient pas froid aux yeux, ces gamins, En tout cas, sa pensée précédente se confirma : ils étaient bel et bien sur la même longueur d'ondes.
«Des zombies, hein», reprit le détective. Ce thème en particulier lui plaisait et l'inspirait. Une idée lumineuse venait même de germer dans son esprit fertile. «Vous allez faire des cauchemars, voyons...
-Mais non, renchérit Matt, nous on n'a pas peur !»
L savait que sa remarque susciterait ce genre de réactions chez le petit roux. Content de lui, il recommença à sourire, passant une main dans les cheveux couleur de sang. Voyant Mello froncer les sourcils de jalousie à la vue de ce geste, il lui fit de même. Ce dernier n'avait d'ailleurs pas réagit à ce qu'il avait dit précédemment. Matt devait l'avoir devancé, et il devait être d'accord avec lui. Le brun ne chercha à réfléchir plus longtemps. Il était aussi impatient et excité que les deux enfants.
«Alors allons-y !»
Les deux petits génies, assis face à lui, lui accordèrent toute leur attention alors qu'il commençait.
«L'action se déroule dans une ville anglaise, Winchester. En 1990, le célèbre et riche inventeur Quillsh Wammy, plus connu sous le nom de Watari, s'y installa. Il avait le projet d'y faire construire un orphelinat avec les fonds que lui avaient rapporté ses dernières inventions, particulièrement ingénieuses. Une fois arrivé sur place, il retrouva son vieil ami, Roger Ruvie, alias Roger le Péteur. Il lui parla de son idée, qui parut intéresser grandement son interlocuteur. C'est pourquoi ils finirent par conclure qu'ils la mèneraient ensembles.
L'orphelinat fut achevé un an plus tard. Il portait le nom de son inventeur : Wammy's House. Il se situait en plein centre de Winchester, un peu en retrait des endroits les plus fréquentés. La bâtisse était entourée d'une forêt, face à la cathédrale gothique, et à proximité d'un des quelques cimetières de la ville. Au calme, et mis en évidence à la fois. L'idéal quand on a l'intention d'accueillir des enfants.
Les premiers mois, les orphelins accueillis venaient simplement de foyer, sans caractéristique particulière, si ce n'est l'espoir d'avoir encore un avenir. Mais un beau jour, alors qu'il se promenait à Winchester, Mr Wammy passa devant un banc en bois et en ferraille rouillée sur lequel était allongé un jeune garçon. Il devait avoir environs 7 ans et semblait ne venir de nulle part. Avait-il été abandonné ? Ses parents étaient-ils morts ? Tout ce que le vieil inventeur savait de cet enfant, c'est qu'il était malade. Il le voyait à la blancheur de son visage, ainsi qu'à la maigreur extrême de son corps. Lorsqu'il demanda au petit qui il était et d'où il venait, seul un faible soupir lui répondit. Alors il le porta pour l'amener à l'orphelinat. Le garçon ne contesta pas.
Pendant qu'il dormait, au chaud dans une des chambres de la Wammy's House, le fondateur de l'institution effectua des recherches au sujet du gamin. Il en résulta qu'il était le fils unique d'une des victimes du déraillement du train à destination de Londres, il y a deux semaines. Ce jeune garçon dormait dehors depuis six jours, étant parti à la recherche de son père, convaincu qu'il n'était pas mort. La seule chose à laquelle il était parvenu fut de tomber malade. Wammy attendit qu'il se réveille et vint le voir.
-Petit... Quel est ton prénom ?
-Be...
Ce fut tout ce qu'il parvint à dire. Il n'ouvrit même pas les yeux tant ses paupières étaient douloureuses.
Après un long moment de silence, durant lequel l'inventeur cherchait à comprendre la situation, «B» reprit la parole.
-Qui êtes-vous ? Pourquoi suis-je ici ?
Sa voix était à peine audible, et il avait beaucoup de mal à parler.
-Petit... Tes parents ont disparu...
Le vieux prit conscience qu'il venait de blesser son protégé lorsqu'il vit une grosse larme couler lentement le long de sa joue. Il l'essuya, mais le jeune Beyond Birthday n'avait pas la force de pleurer.
-Tu étais allongé sur un banc dans la rue, continua Watari, et visiblement, tu es très malade. Je t'ai amené dans mon orphelinat pour te soigner.
Cette réponse n'avait pas éclairé l'enfant sur la personnalité de celui qui se tenait face à lui, mais elle lui convenait. Il n'était plus attentif à rien, de toute façon. Après avoir remercié son sauveur d'un signe de tête, il se blottit un peu plus dans ses draps et s'endormit. Wammy sourit en l'observant et quitta la pièce, désirant le laisser dormir tranquille.
Le lendemain matin, il se réveilla assez tôt, vers 6 heures. Bee devait encore être en train de dormir, vu son état, mais il le réveillerait tout de même assez tôt pour se rendre chez le médecin. Il prépara donc du café et se dirigea vers sa chambre. Lorsqu'il y entra, il remarqua qu'effectivement, B dormait toujours, et dans la même position que la veille au soir. Toujours recroquevillé sur lui-même, allongé sur le côté gauche, il n'avait pas bougé. Watari posa une main sur son épaule et le secoua légèrement pour le réveiller.
-Petit... Lève-toi...
Cela ne marchait toujours pas. Il le secoua alors plus fort... En vain. Après réflexion, il retourna le petit brun sur le dos et voulut toucher son front pour savoir si sa fièvre avait chuté ou s'était aggravée, même si elle ne pouvait pas être pire que la veille, il ne pouvait qu'aller mieux après avoir dormi si longtemps. Le vieux sursauta et hurla de surprise lorsque sa main heurta le visage du petit. Il était... Froid.
-Mon Dieu...
Il appela immédiatement l'infirmière de l'orphelinat, qui examina l'enfant soigneusement avant de rendre un triste verdict que l'inventeur avait déjà vu venir.
-Il est mort.
Sa voix était grave et tremblante. Elle n'avait pas connu le jeune garçon, mais elle ne put que compatir lorsqu'elle vit Watari fondre en larmes.
-Je suis désolée, ajouta t'elle.
Le vieil homme n'avait que très peu connu l'enfant, mais le simple fait de le voir ne lui inspirait que de la tendresse. Même malade, il était si mignon avec ses beaux yeux écarlates, qu'il n'avait aperçu que furtivement, et ses cheveux ébène tout ébouriffés. Son corps frêle, qui flottait dans des vêtements bien trop grands, ne lui donnaient que plus envie de le garder près de lui et de le protéger. Il n'avait presque pas parlé, mais c'en était assez pour que le vieillard ne devine que cet enfant était très intelligent. Son avenir était prometteur, sa vie aurait été belle, réussie, il était si jeune... Et il avait déjà quitté ce monde. Trop tôt, sans même avoir eu le temps de rêver, de songer à ce futur et de se sentir vivre, en profiter.
B fut enterré trois jours plus tard et inhumé dans le cimetière derrière la cathédrale. Tous les orphelins étaient présents, même s'ils n'avaient pas eu le temps de connaître le petit brun.
Le soir venu, le quartier était désert. On n'entendait que des pas sur le pavé mouillé et glissant, se dirigeant vers l'orphelinat. La personne qui s'y rendait ne frappa pas à la porte, elle passa par la cour et chercha la fenêtre du bureau de Watari, au rez-de-chaussée.
Elle était entrouverte, et il y pénétra.
Le vieil homme, qui s'était endormi dans son fauteuil, se réveilla, ayant entendu du bruit. Lorsqu'il vit B après avoir allumé sa lampe de bureau, son cœur manqua un battement. Il croyait rêver, et se frotta les yeux plusieurs fois avant de réaliser qu'il ne dormait plus et ne rêvait pas.
-Beyond Birthday...
-C'est moi. Non, je ne suis pas mort. Enfin, je l'ai été. Je me suis «réveillé» dans mon cercueil juste avant l'enterrement, auquel j'ai aussi assisté. Enfin, réveillé, c'est vite-dit. J'entendais, seulement. Je ne voyais rien et ne pouvais pas parler. J'ai alors attendu ce soir pour sortir de ma tombe.
-Alors tu... Tu es vivant ?
-Pas tout à fait. Le terme...
Il stoppa et s'approcha de l'inventeur jusqu'à se retrouver nez-à-nez avec lui
-Mort-vivant, reprit-il d'un ton glacial, conviendrait mieux.
Watari hurla. Il n'espérait qu'une chose : se réveiller, et tout de suite. Seulement, lorsqu'il sentit les ongles pointus de B s'enfoncer dans sa peau et la douleur que ce châtiment lui infligeait, il comprit qu'il ne se réveillerait pas, et que tout ceci était bien réel...
Le petit s'approcha encore de lui, enfonçant encore davantage ses serres dans l'épiderme de celui qui lui avait sauvé la vie. Ce dernier était au bord du malaise : il entendait les cloches sonner très fort et voyait toute sa vie défiler devant ses yeux. Alors, il allait mourir... Lui ? Maintenant ?»
L fut interrompu dans son récit par trois coups brefs à la porte. S'étant rapproché des deux enfants pendant qu'il racontait la scène avec Watari, comme pour la mimer, il s'éloigna et descendit doucement l'échelle du lit superposé, un paquet de fraises Tagada déjà bien entamé à la main. Il atteignit ensuite la porte qui s'ouvrit sur deux autres petits orphelins. Un garçon et une fille.
«Bonsoir, L », déclara le garçon, d'une voix à peine audible. C'était un petit albinos de 6 ans aux cheveux bouclés, toujours en pyjama. C'était aussi le meilleur de la Whammy's House depuis son arrivée un an plus tôt, ce qui lui valut l'aversion de Mello, qui avait toujours été le Numéro 1 auparavant. Il ressemblait beaucoup à L, physiquement comme mentalement, mais le brun était plutôt distant avec lui, peut-être bien à cause de ça. Il avait toujours été très proche de Mello et de Matt. Near était arrivé après, il était froid, distant,... C'était différent.
«Oooh, Casper, tu es mon rayon de soleil en pleine nuit... En gros, t'as rien à foutre là. Tu vires !»
L'intéressé s'apprêtait à faire demi-tour, mais L lui attrapa le poignet, fusillant Mello du regard.
«Que se passe t'il, Near ?
-J'ai su que tu étais là. Est-ce que je peux rester un peu, moi aussi ? Enfin, si cela ne dérange pas, bien entendu.
-Non, tu ne déranges personne, de toutes façons, c'est moi qui raconte, alors si j'ai décidé que tu pouvais rester, les autres n'ont rien à dire.
-Mais c'est MA CHAMBRE !» grogna Mello.
-Je te préviens, répliqua L, pointant un doigt en direction du blond, à la prochaine contestation, j'arrête tout et je retourne d'où je viens. C'est clair ?
-Pffff... Bon allez, vas-y, Near.» Mello était blasé, mais ne protesta pas plus que ça. Après tout, il avait envie de savoir ce qui allait arriver au pauvre Watari.
Le petit génie aux boucles d'argent prit alors place en compagnie de ses deux camarades sur le lit, un genou posé sur le matelas, l'autre replié contre son torse, position qui n'était pas sans rappeler un certain détective. Avec tous ces blablas, la jeune Linda était à peine entrée, un chevalet en bois sous le bras et une palette de couleurs dans sa main libre.
«Monsieur L, commença t'elle timidement une fois le silence revenu, j'écoute votre histoire derrière la porte depuis le début et je la trouve intéressante. J'aimerais peindre pendant que vous racontez, ça ne vous dérange pas ?
-Mais bien sûr que non. Vas-y !», lui répondit le brun avec un sourire en passant une main dans les cheveux de la petite artiste.
Tandis qu'elle installait tout son matériel face au lit, L remonta pour aller rejoindre les petits garçons. Il attendait que Linda soit prête pour recommencer.
«Prends ton temps», lui dit-il. «Je t'attendrai, ne t'en fais pas.»
Elle eut vite fini de s'installer.
-C'est bon.
-Très bien, reprit L. Où en étais-je donc... ?
«Il ne pouvait pas mourir. Pas lui. Pas maintenant. Il avait encore tellement de choses à accomplir, tellement de projets,... Non, il ne pouvait pas. Mais face à lui, se dressait cet enfant, censé être mort, mais revenu parmi les vivants, semblant avoir perdu le contrôle, complètement possédé. Ses ongles étaient profondément enfoncés dans sa peau, ses orbes couleur de sang plongées dans les siennes, son regard plus menaçant que jamais.
-Quillsh Wammy... Ton heure est venue...
Désormais incapable de penser, le vieil inventeur se raidit. Comment connaissait-il son nom ?
-Je t'en prie..., balbutia t'il en tremblant, ne me fais pas de mal. Je t'aurais sauvé la vie si j'avais pu...
Beyond Birthday éclata d'un rire nerveux qui fit trembler toute la maison.
-Je suis revenu de chez les morts rien que pour te tuer... Je ne vais tout de même pas louper cette occasion ?
Sans lui laisser le temps de contester, le demi-dieu se jeta sur Wammy, enfonçant maintenant ses canines dans son cou alors que ses ongles ne quittèrent pas ses hanches, toujours encrés profondément en lui.
Le lendemain matin, Beyond avait fui. C'est une femme de ménage qui découvrit avec horreur le cadavre de Watari baignant dans une flaque de sang. La nouvelle du décès fut transmise au reste de l'orphelinat et les élèves n'eurent pas cours pendant une semaine. Roger le Péteur, n'ayant pas voulu remplacer son cher ami, avait repris le poste de directeur qu'occupait celui-ci.
Mais une semaine plus tard, après son enterrement et la reprise des cours, Watari sortit à son tour de sa tombe. Il se rendit d'abord dans la cuisine de la Wammy's et s'arma d'un couteau. Beyond vint le rejoindre, puis ils sortirent simultanément sans dire un mot.
De son côté, Roger ne trouvait pas le sommeil. Il faut dire que la perte brutale de son vieil ami, précédée trois jours plus tôt de celle d'un pauvre enfant sans défense, l'avait profondément tourmenté. Ainsi, il n'avait pas fermé l'œil depuis ces tristes évènements.
Alors qu'il passait actuellement la nuit dans les paperasses administratives de l'institution, il lui prit l'envie de boire. Il descendit alors à la cuisine en quête d'une bouteille d'eau, alors que les deux zombies étaient toujours cachés sous la fenêtre. Ayant entendu du bruit, Beyond leva les yeux.
-Psst ! On le tient.
C'est alors que, dans un élan, les deux créatures brisèrent la vitre et pénétrèrent dans la pièce. Figé par la peur que lui inspirait cette intrusion soudaine, le vieux Roger ne bougea pas. Wammy et Beyond, alors entrés, se rapprochèrent lentement de lui, le couteau toujours en main pointé vers son cœur. Le nouveau directeur avait l'impression de rêver. Watari était mort, il ne pouvait pas être là et encore moins lui vouloir du mal. Il réussit à reculer d'un pas, mais se heurta au mur derrière lui, ce qui le fit redescendre sur Terre par la même occasion. Non, il ne rêvait pas. Il était désormais pris au piège. Face à lui, se tenaient les deux morts-vivants plus enragés que jamais, s'approchant toujours plus près de lui. Si près que le couteau frôlait à présent son torse nu. Roger tremblait de tous ses membres.
-Roger... Tu vas mourir…
-Hé, L !
-Pardon. Que se passe t'il, Mello ?
-La tête de Matt est posée sur mon épaule, et il s'est endormi ! Je ne peux plus bouger !
-Zut... Il s'est endormi. Je suis ennuyeux à ce point ?
-Mais noooooooon ! Il devait être crevé, mais ton histoire n'est pas chiante, je te jure !»
L'objet de la conversation se redressa légèrement, faisant sursauter son meilleur copain. «Je ne dormais pas, je me posais, c'est tout. Continue, s'il te plait !
-Non, je vais arrêter.»
Matt et Mello firent la moue, tandis que L s'enfila un autre cookie.
«Si tu t'es laissé aller sur Mello, c'est que tu es fatigué, même si tu ne dormais pas. De toute façon, moi aussi j'ai sommeil. Si vous le désirez, je continue demain.»
Mello, Matt et Linda poussèrent un cri de joie en chœur, tandis que Near se contenta de sourire.
«Bien, alors on fait comme ça. J'aurai donc toute la nuit et la journée de demain pour donner une suite à cette histoire.»
-Génial ! s'écria Matt. Je suis impatient de savoir si Roger le Péteur va mourir ! Et s'il va devenir un zombie !
-Tu vois qu'il me suivait, Mello ? Vous le saurez demain», dit L en souriant.
Il vint ensuite déposer un baiser sur la joue de ses trois potentiels successeurs. «En attendant, dormez bien.»
«Near, demanda Matt, tu restes ici ? Tu peux dormir dans mon lit si tu veux. Moi, je vais dormir avec Mello.
-Et puis quoi encore ? rétorqua ce dernier. Tu prends toute la couverture et toute la place à chaque fois ! Et tu m'empêches de dormir avec ta Game Boy !
Ces protestations ironiques étaient une façon détournée de manifester son refus au fait que Near dorme dans sa chambre, mais Mello ne voulait plus contrarier L pour ce soir. Ce dernier, même s'il avait compris le sens caché de ces paroles, avait quand même ri d'amusement à les entendre. Son fou-rire entraîna celui des quatre enfants présents. Une fois qu'il fut calmé, il regarda sa montre et déclarant, à la vue de la position des aiguilles : «Bon, je me sauve. Bonne nuit les gars !» en sautant de l'échelle. La petite Linda, qui avait remballé une partie de ses affaires, s'apprêtait à le suivre en direction de la porte, mais Mello l'arrêta.
«Laisse tes affaires ici, vous revenez demain, tu vas pas les retransporter une seconde fois.»
Ainsi, après avoir été vider son verre d'eau sale et nettoyer sa palette, elle recula son chalet, qui supportait toujours la toile, contre le mur. Les quatre garçons, y compris L, jetèrent un bref coup d'œil admiratif au tableau inachevé, mais déjà magnifique.
«Quel talent», psalmodia L avant de saluer tout le monde. Lorsqu'il se retourna pour la dernière fois de la soirée vers le lit, il fut attendri par la scène qui s'offrait à lui : Matt s'était recouché sur Mello, qui avait entouré sa taille de son bras droit et laissé glisser sa main libre dans ses cheveux.
«Bonne nuit, petits anges», chuchota t'il une dernière fois en éteignant la lumière avant de quitter la pièce, suivi par Linda qu'il salua.
Une pitite review, et L vous racontera la suite. Merci d'avoir lu.
