Le sale boulot
Auteur: Eru-Kun/Chibi-Lawlipop.
Disclaimer : Tous les personnages et leur univers appartiennent à messieurs Ohba et Obata.
Personnages: Ukita, Matsuda, L, évocations de Light et du reste de l'équipe.
Rating : K+
Pairing : Très léger MastudaxL.
Genres : Friendship, Hurt/Comfort.
Correcteur/trice: Eole.
Note : Je m'excuse pour le retard. J'étais assez débordée, de la rentrée à maintenant, à cause notamment de l'échéance proche de l'oral de TPE («-Ouais, c'est ça, cherche pas d'excuses !»). Bref. Bonne lecture, vos reviews sont les bienvenues.
POV Matsuda
Je viens de finir de prendre ma douche. Ainsi, après avoir fini de m'habiller et de me coiffer, je sors de la salle d'eau, le regard perdu, l'esprit confus, ailleurs. Je ne sais même plus quoi penser.
Hier soir, Ukita est mort. Il s'était rendu de son plein gré devant les locaux de Sakura TV, dans le but de faise cesser la diffusion du message de Kira et ne s'attendant surtout pas à être exécuté par celui-ci. En effet, Ryûzaki nous avait certifié que le pouvoir de ce meurtrier hors du commun nécessitait de connaître le nom, ainsi que de voir le visage de sa victime pour la tuer. Or, Ukita s'est présenté sur place sous un faux nom attribué par L lui-même, et il est mort d'une crise cardiaque peu après être arrivé sur les lieux. Comment est-ce possible ? Il s'agit de Kira, cela ne fait aucun doute, mais alors, il lui aurait suffi de voir le visage de mon collègue pour pouvoir l'exécuter ? Si c'est ça, on est vraiment mal ! On ne pourra plus aller enquêter sur le terrain ! Mais comment est-ce possible, au fait ? Kira aurait-il acquis un pouvoir en particulier qui lui permettrait de connaître le nom des personnes qu'il voit ?
Je ne cherche pas à réfléchir plus longtemps. Je pénètre dans la pièce principale de la luxueuse suite d'hôtel que nous avons élue QG provisoire de la cellule d'enquête japonaise sur Kira. Me voilà seul avec Ryûzaki, qui vient de se réveiller après avoir brièvement sommeillé tandis que mes collègues sont censés arriver d'ici une demi-heure. Le chef est en repos, il va rester un peu chez lui. Il était encore à l'hôpital hier soir, et c'est lui qui est allé chercher les cassettes à Sakura TV malgré le danger auquel il se livrait ! Quel courage. Moi, j'ai dormi ici. Cela m'avait semblé étrange au réveil, mais je me suis dit que c'était parce qu'on a fini tard hier soir et que je m'étais assoupi. Ryûzaki n'a sûrement pas osé me réveiller pour me faire partir. Je prends place à ses côtés, sur le canapé d'angle au centre, et c'est là que parvient jusqu'à moi le parfum caractéristique du plus grand détective du monde, mélange d'odeurs de café, de fraise et de pieds. Je ne saurai dire pourquoi, mais je me trouve craquant, avec ses airs enfantins qui contrastent avec son sérieux en toute circonstances et son intelligence hors-norme. En revanche, s'il y a bien une chose que je peux lui reprocher, c'est de s'acharner sur Light, le fils du chef, un brillant étudiant sans histoires qui fait la fierté de sa famille, trop parfait selon lui. Il ne peut pas être Kira, mais L l'a dans le collimateur, je ne sais vraiment pas pourquoi.
Il se tourne vers moi.
«-Bonjour, Matsuda, me dit-t'il de son éternelle voix sombre et mélodieuse.
-Bonjour, Ryûzaki ! Tu vas bien ? J'ai dormi ici ?
-Eh bien, je ne peux pas voir la vie en rose suite aux évènements d'hier, mais ça peut aller. Oui, tu t'étais endormi hier soir, probablement sous le choc de ce qui venait d'arriver, alors je n'ai pas essayé de te réveiller.
-Rohlala... Le pauvre Ukita va beaucoup me manquer ! Je n'arrive toujours pas à réaliser qu'il n'est plus là.
-Oui, il va nous manquer. C'était un homme courageux et volontaire. On a besoin de personnes comme lui dans l'équipe...
-Tu dis ça… mais on peut pas dire qu'il a eu de chance ! Tu l'as collé à répondre au téléphone depuis le début, et aller à Sakura TV a été sa seule vraie mission !
-Calme-toi... Il n'a jamais contesté le fait de répondre au téléphone, et je ne m'attendais pas à ce qu'il ne meure hier soir. Si je l'avais su, j'aurais tout fait pour le retenir d'y aller, tu sais.»
Je baisse honteusement les yeux. Qu'est-ce qui me prend de m'énerver comme ça ? Ryûzaki n'est pas responsable de sa mort, et personne, si ce n'est ce satané Kira, ne l'est.
«Excuse-moi... »
-Ne t'en fais pas, je comprends. C'est tout à fait normal de perdre un peu ses moyens dans ces moments-là.
-Mais... Ryûzaki ?
-Oui ?
-Toi qui es si intelligent, qu'est-ce que tu as déduit des derniers évènements ? La mort d'Ukita, tout ça... Est-ce que ça va faire avancer l'enquête ?
-J'ai chargé Aizawa d'apporter les cassettes-audio récupérées par Monsieur Yagami au labo pour des analyses. Selon moi, les méthodes employées par Kira étant différentes de d'habitude, je pense qu'il s'agit, non pas d'un faux, mais d'un deuxième Kira.
-Un... Deuxième Kira ?
-C'est un vrai Kira, puisqu'il peut tuer. Seulement, celui-ci a quelque chose en plus : apparemment, voir le visage de sa victime lui suffirait à pouvoir l'exécuter. C'est un Kira plus fort, mais aussi plus bête que celui qui tire les ficelles depuis le départ.»
Il s'arrête pour boire une gorgée de café -la dernière- tandis que je le regarde, les yeux pleins d'admiration.
«-C'est incroyable... Comment fais-tu pour émettre tant d'hypothèses cohérentes en si peu de temps ?
-Après, comme tu le dis si bien, tout cela ne reste que des hypothèses... Si Kira n'est autre que Light Yagami comme je le pense, il est apte en tant que fils du chef de la police à obtenir rapidement le nom d'Ukita grâce aux dossiers informatiques de son père.
-Mais s'il s'agit bien d'un deuxième Kira, tu vas continuer à soupçonner Light comme ça ?
-Je vais être clair avec toi. Contrairement à ce que tu pourrais penser, je ne m'acharne pas sur Light Yagami. Ce ne sont que les déductions de mes propres analyses qui m'ont amené à établir ces soupons. L'arrivée de ce deuxième Kira va être décisive pour notre enquête : elle appuiera, voire confirmera mes théories actuelles, ou me mènera sur d'autres pistes. Le deuxième Kira semble chercher à contacter le premier; nous n'avons qu'à surveiller de près le fils Yagami et ses réactions dans les prochains jours, ainsi nous serons fixés.
-Mais... Tu as dit au chef qu'il n'y avait aucun suspect dans sa famille. Et Light avait un alibi !
-Si j'ai dit au Chef qu'il n'y avait selon moi aucun suspect dans sa famille, ce n'était que pour le ménager. Je n'ai pas voulu le contrarier à ce moment-là, mais lors du visionnage des vidéos, son fils Light m'a toujours beaucoup intrigué. Bien trop parfait, comme si chacun de ses gestes étaient calculé d'avance...
Pour y voir plus clair, j'ai décidé d'intégrer l'université en même temps que lui et de lui avouer ma véritable identité pour guetter sa réaction. Celle-ci m'a semblé parfaitement innocente et naturelle, mais on sait tous qu'il est loin d'être stupide, et que s'il était vraiment Kira, il se serait arrangé pour ne laisser transparaître aucun signe de panique. La prochaine fois que j'irai à la fac, je lui avouerai que je le soupçonne, même si c'est plutôt dangereux pour moi. Sa réaction, à condition qu'il en ait une, sera tout de suite plus claire. Dans tous les cas, bien que je le soupçonne d'être Kira, je ne suis pas sûr à 100% de sa culpabilité, et si vraiment il n'est pas Kira, j'ai très envie qu'il se joigne à nous pour cette enquête. Sa capacité d'analyse et de réflexion pourraient nous être une aide précieuse. Une fois que j'en aurai obtenu l'accord de Monsieur Yagami, j'inviterai son fils à rejoindre la cellule aux côtés de son père.»
J'ai la tête qui tourne... Il parle trop, et qu'est-ce qu'il est complexe, comme gars... Son discours terminé, je le vois se lever, tasse de café vide en main, et se tourner en direction de la cuisine, projetant sans doute de s'en resservir un.
« Tu es compliqué, Ryûzaki, commençai-je, tu soupçonnes Light à 5%, quand même, et tu veux qu'il rejoigne la cellule d'enquête ?
Il s'arrête et se retourne vers moi, le pouce de sa main libre en bouche.
-Comme tu le dis, 5%. Mais plus cette probabilité augmente, plus j'ai envie qu'il contribue à l'enquête. Cela peut te sembler illogique, vu les soupçons que je porte à son égard, mais j'ai vraiment l'impression que Light me serait une aide précieuse, et je tiens à sa contribution.»
Je soupire, en guise de réponse. Je ne veux pas qu'il m'en dise plus, je n'arrive vraiment pas à le cerner. Bon sang, Ryûzaki, à quoi penses-tu, là ? Si par malheur Light était Kira, le faire enquêter avec nous, c'est prendre un gros risque ! Il est si intelligent qu'il nous manipulerait et profiterait justement de l'occasion que tu lui offrirait pour se rapprocher de toi et te tuer ! … Mais pourquoi est-ce que je panique comme ça ? Et puis, Light n'est pas Kira, de toutes façons, alors je n'ai pas à m'inquiéter, mais... Ryûzaki...
-Veux-tu un café ?
-Ah ? Heu... Oui, oui, bien sûr ! Enfin... Si ça ne te dérange pas, bien entendu ! Héhé.
Zut, je rougis...
«Si je te le propose...»
Et sur ce, il se remet en marche en direction de la cuisine. Sa question m'avait complètement sorti de mes pensées. Comme si elle les avait toutes remises à leur place, concentrant ainsi tout mon esprit sur lui, et je me surprends à inspecter minutieusement son corps, à suivre des yeux chacune de ses courbes, à anticiper le moindre de ses mouvements, et je me sens mieux, mon inquiétude laissant place à de la sérénité et mon embarras à de l'attendrissement. Ryûzaki me fascine. Enormément. Je ne connaissais pas L avant que Monsieur Yagami ne m'en parle lors de notre dernière réunion, et lorsqu'il m'a renseigné sur ce mystérieux personnage, l'image qui s'est formée dans ma tête a été celle du papy assis dans son fauteuil, cigare au bec et lunettes sur le nez. Mais il n'en était rien de tous ces clichés. Le plus grand détective du monde est jeune, beau, il ne fume pas, a des habitudes insolites, une façon d'être et de penser qui lui sont propres. Et malgré son air distant, son tempérament froid, je le trouve attachant, charismatique... J'ai envie de m'intéresser à lui, d'apprivoiser ce garçon sauvage que j'ai besoin de protéger.
Une fois qu'il a complètement disparu de la cuisine, le sourire béat qui s'est formé sur mon visage tandis que je me perdais dans mes pensées s'efface progressivement. Je pense de nouveau à Ukita. Je ne sais pas si je m'en remettrai. Et dire que c'est lui qui m'avait pistonné pour que je rentre dans la police l'année dernière… Nous avions repris contact à sa sortie de la fac, tandis que j'allais entamer ma dernière année. On s'était perdus de vue après le collège, où nous avions été très proches, parce qu'il est allé au lycée avant moi et que je n'ai pas fréquenté le même l'année suivante. Même si j'avais de nombreux et bons amis, j'ai longtemps souffert de son absence. Parce que lui, c'était autre chose. Plus qu'un ami, c'était un frère pour moi, celui que je n'ai jamais eu, et j'étais aux anges lorsque j'ai reçu son e-mail l'année dernière, à tel point que j'ai cru qu'il s'agissait d'un canular. C'était trop beau pour être vrai, et il ne tenait pas à moi comme je tenais à lui, de toute façon. Il avait changé : plus froid, plus sérieux, plus... Adulte. Sans tenir compte, bien entendu, du fait qu'il s'était mis à fumer à cause de fréquentations peu orthodoxes et qu'il ne s'en passerait ni ne s'en lasserait jamais. Mais c'était sa vie, et je n'avais pas à le juger. Après tout, il n'avait aucun compte à me rendre, il faisait ce qu'il voulait. C'était sa vie, cette vie qui fut si courte, trop courte.
Il est parti trop tôt. Bien trop tôt. Personne ne mérite de mourir plus que son prochain, bien entendu, mais lui, il était particulièrement jeune, avait encore toute une vie devant lui. J'ai calculé, il devait avoir 26 ans. Un an, un mois et quatre jours de plus que moi, pour être exact. Il débutait au sein de la police, mais excellait déjà dans ce domaine. L'affaire Kira lui tenait à cœur, je l'ai vu dans ses yeux lors de la dernière conférence avant le début de l'enquête, où L s'est joint à nous. J'ai senti sa motivation dans l'assurance avec laquelle il prenait des initiatives et exécutait les tâches qui lui étaient confiées. Et ce qui m'a fortement déplu, c'est qu'étant donné qu'il fût un des membres les plus jeunes de la cellule avec moi, Ryûzaki s'est contenté de le charger de répondre au téléphone. Je comprends que nous ne sommes pas aussi importants et compétents que le Chef, Aizawa ou encore Mogi, mais quand même, nous avons été volontaires pour enquêter avec L, on risque nos vies pour arrêter Kira, et Ukita en est la preuve formelle. Il méritait un rôle à la hauteur de celui des autres. Il était courageux, volontaire, prêt à tout pour obtenir ce qu'il voulait, en l'occurrence l'arrestation de cet horrible assassin, et il a fini sa vie à répondre aux appels téléphoniques absurdes de gens qui pensaient être Kira, entre autres, ou qui pensaient connaître Kira en personne.
Tous ces appels étaient faux, bien entendu, qu'ils soient mensongers ou pas. Un des derniers auquel il a répondu provenait d'un homme d'une vingtaine d'années, si on se fie à sa voix au téléphone, qui a dit penser être Kira parce qu'il souhaitait très fort la mort de certains criminels, mais n'avait jamais rien tenté de direct pour les éradiquer. Il tuerait donc par sa propre volonté. Or, L nous a confirmé que Kira ne pouvait exécuter une victime que s'il possédait son nom et son visage, et non par simple volonté. Ce témoignage, ou plutôt cet aveu, était faux, cela va de soi. Et il ne fut pas le seul : il y a quelques jours, lorsqu'Ukita avait décroché, seule la chanson Never Gonna Give You Up de Rick Astley s'était fait entendre. Ce genre de plaisanteries est arrivé plusieurs fois. On peut en rire au début, mais lorsque cela se reproduit à plusieurs reprises, c'est vraiment agaçant, d'autant plus que notre affaire est très sérieuse, trop sérieuse pour ce genre de blagues. Etre le secrétaire, si je ne puis dire, de la cellule était vraiment le sale boulot. Ce pauvre Ukita était véritablement à plaindre, quoique lui, au moins, il avait une occupation, contrairement à moi...
Je chasse immédiatement cette pensée de ma tête, au point de me donner une gifle, physique comme mentale. Je n'avais pas à me comparer à lui, il n'était plus là maintenant, et s'il avait vécu un peu plus longtemps, il aurait sans doutes eu l'occasion d'entreprendre des actions plus significatives, chose que je ferai sans hésiter dès que je le pourrai. Il n'a pas eu de chance, tout simplement. Une larme dévale ma joue à cette idée. Je ne dois plus penser à tout ça. Ukita est mort, pleurer ne lui rendra pas la vie, alors pour lui, je me battrai contre Kira jusqu'au bout, même si je dois en mourir.
Je n'ai de toute façon pas l'opportunité de penser plus loin, puisqu'une odeur de café parvenue à mes narines me ramène sur Terre. Enfin... Ryûzaki se tient maintenant face à moi, une tasse de café dans chaque main. Il m'en tend une, et la vapeur qui s'en échappe me donne une idée de la température de la boisson qu'elle contient. C'est pourquoi, après y avoir ajouté un demi-sucre, je laisse tournoyer ma cuillère dans le liquide noir pour qu'il refroidisse un peu. L vient de s'installer à côté de moi, dans sa position fœtale habituelle. Je me sens mal à l'aise, tout d'un coup.
«Ce n'est pas trop chaud ?», me demande-il, cherchant à lancer une conversation.
-Ne t'en fais pas, ça va aller. Héhé !
-Zut... J'ai oublié de te demander si tu prenais du lait avec le café.
-Heu... Non, non, ne t'inquiètes pas. Je ne mets qu'un demi-sucre, rien de plus. D'ailleurs, je ne comprends pas les gens qui en mettent plus, c'est imbuvable après...»
Bon sang, mais quelle andouille je fais, moi ! Qu'est-ce qu'il m'a pris de lui dire ça ? Là, on peut le dire, je suis vraiment un imbécile.
«Le sucre m'aide à me concentrer. Je réfléchis constamment à l'affaire, vois-tu.»
Ouf, il ne l'a pas mal pris, mais il s'est tout de même senti visé.
«-Ryûzaki, je... Je m'excuse.
-Ce n'est rien... Je comprends que tu te poses des questions.»
On frappe à la porte. Ce sont sûrement les autres qui arrivent. Je jette un coup d'œil à ma montre, et mon pressentiment se confirme. Il est huit heures et demie, heure où Ryûzaki avait donné rendez-vous au reste de l'équipe. Je ne comprends même pas pourquoi il ne leur a pas laissé une journée de repos suite aux évènements tragiques de la veille. En tout cas, notre petit tête-à-tête est fini, maintenant. Cette pensée m'attriste, c'est comme si je venais de me réveiller en plein milieu d'un beau rêve. Le retour à la réalité est un coup de massue, il est déjà temps de se remettre au boulot. Quoique je ne serai sûrement pas apte à me concentrer tant mes pensées sont confuses. Entre Ukita, parti si brusquement et Ryûzaki qui me hante, sans compter l'affaire elle-même, tous ces mystères... Le détective se lève pour aller ouvrir la porte, et alors que je le détaille toujours, le timide sourire qui étire ses fines lèvres, ainsi que le dernier regard qu'il m'adresse, plein de tendresse et d'attention, ne m'échappent pas. Je rougis, lui sourit à mon tour, mais l'a-t'il remarqué ? Il s'est trop vite retourné, mais moi, je continue de sourire.
Mes collègues s'installent dans la pièce autour de Ryûzaki. Déjà, les conversations fusent, de la mort d'Ukita aux actuels suspects d'être Kira en passant par la potentielle future intégration du fils Yagami dans l'équipe. Moi, je ne dis rien. Je me contente de les écouter sans trop chercher à comprendre, encore trop bouleversé par ce qui s'est passé hier soir et ce matin.
«-Matsuda, m'interpelle Mogi, tout va bien ?
-Heu... Oui, ne t'en fais pas !»
Il ne dit rien de plus, retourne à ses moutons et moi aux miens. Ainsi, isolé au bout du canapé, seul avec mes pensées, je continue de réfléchir, même si je sais que je n'y verrai pas plus clair pour l'instant. En tout cas, une chose est sûre : je n'ai pas le cœur à travailler pour le moment.
