Vibrations
Auteur : CruiseEnlivened
Raiting : K+ ? je sais pas trop …
Nombre de mots : 1482
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas mais sont à Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, seul l'intrigue est de moi.
Mot de l'auteur : Avant que l'on crie à l'incohérence, imaginez que tout cela ne se passe pas au Japon. En effet, je pense que les bâtiments sont assez sécurisés pour éviter toutes les choses que je décris. Et évidemment, le séisme qui vient de se produire fut ma source d'inspiration.
Le chaos régnait sur les lieux. Une petite brise vint soulever négligemment quelques poussières pour se heurter aux décombres d'un ancien bâtiment. Amoncellements de corps et de béton, le décor était pour le moins effrayant. Un silence funeste envahissait l'ancien lycée, malgré les protestations des murs effondrés en équilibre sur des étudiants, morts bien entendu. Le rouge pourpre éveillant les sens de chaque être encore vivant, tandis que l'ont pouvait distinguer dans les brises, le rire narquois du monde se jouant des hommes. « Vous n'êtes rien ». Effectivement, ils n'étaient plus rien. Simples pions sur un immense échiquier, ils venaient d'être sacrifiés. Dame Nature avais grondé, nous, les hommes, nous sommes couchés. Soumission totale. Et ce malgré toutes les belles paroles que l'on a pu dire.
Parmi l'horreur et la terreur qu'avait engendré ce séisme, deux visages paraissaient sereins, heureux, même si plusieurs filets de sang les parcouraient.
Quelques heures auparavant ...
Un bruit feutré se fit entendre. Une légère vibration contre un jeans d'un bleu délavé. Presque insonore. Mais le bruit parvint tout de même aux rangs juste devant, attirant tout les regards vers sa source. Blasé par tout ces « niais » comme il aimait les appeler, Ryuuzaki jeta un coup d'œil discret sur son téléphone portable : « 11h47 nouveau message ». Il refit coulisser l'objet pour le fermer, négligemment. Des regards furtifs l'épiaient encore de temps à autres, il haussa un sourcil, pour finalement souffler bruyamment. Râle d'une personne blasée, fatiguée, énervée. Son râle.
« Yagami Light, venez corriger ces exercices »
Une fine silhouette se leva, contre son gré. Il préférait rêvasser à son idéal que corriger ces stupides exercices, qu'il devrait de surcroit expliquer à tous ces bœufs qui le lorgnaient. L'école avait beau être prestigieuse, elle n'était toujours pas au niveau de Light Yagami. Et ces cours plus qu'ennuyeux qui formaient son quotidien commençaient à très sérieusement l'agacer. Le tableau auparavant immaculé se trouvait à présent taché de formules et autres développements complexes, laissant les autres étudiants sans aucune piste où s'accrocher pour, du moins, essayer de comprendre. Animaux stupides et bornés. Ryuuzaki étouffa un bâillement alors que deux petites perles salées se formèrent aux bords de ses yeux. Simple. Tout était trop simple.
« Je me fais chier ... »
Vérité dite tout haut, attirant encore l'attention de ces imbéciles qui lui servaient de « camarades de classe ». Foutaise. Ces personnes, n'ayant même pas un éclat d'intelligence brillant dans leurs yeux, ne pouvaient pas être considérées comme « ses potes ». Ils étaient juste le décor de sa monotonie. Certains pourraient le qualifier de prétentieux, mais les faits étaient présents. Ce n'était pas la première personne du coin qui obtenait un score parfait dans toutes les matières lors du test d'entrée. Les mots … Ses mots arrivèrent jusqu'aux oreilles de la deuxième légende qu'était Light. Score parfais également. Il esquissa un petit sourire avant de retourner sur son bureau, crayonnant légèrement le coin de sa feuille.
« Mr Hideki, un peu de tenu voyons ! »
Les jambes repliées contre sa poitrine, il leva ses yeux cernés vers son professeur. Jeune, jolie, possédant une grosse poitrine et des lunettes. Fantasme de n'importe quel étudiant masculin. Il la fixa, sans bouger. Abandonnant l'idée de raisonner ce fléau de génie, elle retourna à ses cours. Light quand à lui d'un sérieux irréprochable, rêvait encore de débarrasser le monde de tout ces ignares grincheux et laids. Pour résumer : nous avons affaire à deux cas sociaux. En contraste total, Light : tiré aux quatre épingles, sérieux, dynamique. Ryuuzaki : négligé, blasé, presque irrespectueux. Deux personnes, deux personnalités, une intelligence.
Une sonnerie stridente retentit enfin, libérant L et Light de ce cours soporifique. La cohue se forma très rapidement : les étudiants beuglant ou riant niaisement à des blagues de mauvais goût, ou courant vers leur lieu préféré qu'était la cafet'. Ryuuzaki se trainait lui aussi dans les couloirs, pour finalement déboucher sur l'immense jardin vert. Oui, Ryuuzaki pouvait être considéré comme « asocial », ainsi, plutôt que de subir les gamineries de chacun, de se servir de l'eau dans un récipient auparavant salé par un emmerdeur, ou de retrouver un cheveu de l'immonde cuisinière dans sa purée, préférait manger dehors, seul. Son régime étant particulièrement sucré, il préparait toujours sa bouffe, évitant ainsi les multiples remarques des nutritionnistes veillant à la bonne santé de « leurs jeunes ».
Light quant à lui, se réservait toujours la place proche de la fenêtre. Son repas, étant lui aussi préparé méticuleusement par son aimante mère, renforçait cette image « classe » que la majorité avait de lui. À l'inverse de Ryuuzaki, il était admiré. Enfin plus ou moins … Le prestige de Light était clamé bien haut et fort, alors que l'admiration envers Ryuuzaki était tue. Allons savoir pourquoi … Bref, Light ne mangeait donc, jamais seul. Des étudiantes allant de vraies fanatiques à simples timides défilaient chaque midi à sa table, mais elles le laissaient de marbre. Il n'avaitque très rarement participé à une conversation et répondait à peine aux sourires qu'on lui lançait. D'une certaine manière, Light était asocial.
Ces deux personnes si différentes et pourtant si identiques n'aspiraient qu'à une chose : l'élimination des abrutis peuplant leur monde, et la fin de leur routine suffocante. Des idéaux qu'ils pensaient hors d'atteinte et qui pourtant se réaliseront très prochainement. Mais dans ce monde souillé il existe un système « d'échange équivalent », on n'a rien tant que l'on ne donne pas autre chose de la même valeur. Soit, une période de bonheur absolu est toujours suivie d'unetristesse infinie. Tout dépendait par la suite de chaque personne, de chaque mentalité, de chaque caractère. Logiquement à chaque événement, il y avait une réaction dite « normale ». Mais comment définir ce terme ? La normalité c'est la foule, oui exactement. La normalité, c'est foncer tête baissée et suivre ce qu'on appelle le « sens de la vie ». Étudier, travailler, se marier, poursuivre l'expansion de notre espèce en procréant, puis retourner à l'état de poussière. Un chemin déjà défini pour tout le monde, et il n'existait que très peu d'alternatives. Cependant, Light et Ryuuzaki n'étaient pas « normaux ». Oui, ces deux personnes étaient vraiment différentes de la masse. Étudier, ils n'en avaient pas besoin, leur intelligence innée leur fournissait toutes les connaissances à avoir. Vivre en couple ne les intéressait absolument pas, avoir un enfant non plus. On pourrait s'en étonner, mais selon eux, un enfant : « ça braille, ça pue, ça bave, et c'est insupportable ». Et pour finir en beauté, ils espéraient tout deux que leur vie s'arrêterait relativement tôt pour ne pas subir leur âge. Telles étaient les aspirations de ces jeunes personnes …
Soupirant comme une même personne, Light et Ryuuzaki finirent leur repas, puis repartirent dans leur salle de cours, ou de torture. Trainant leurs pieds contre le sol déjà usé, leur regard blasé se riva sur le Flash-info' qui fut diffusé dans l'établissement.
« Alerte séisme, Alerte séisme, ceci n'est pas un entrainement ! Veuillez vous diriger vers ... pshitf»
La terre trembla, coupant l'annonce ou plutôt, l'illustrant. La folie se fit sentir, des cris, des pleurs, un tumulte infernal. Les bibliothèques se fracassant contre le sol, les murs dégringolant sur ces poupées humaines qui restaient figées dans un masque d'effroi. Les couloirs commencèrent à se teinter de rouge, l'odeur exécrable titillant l'odorat d'autres encore debouts. Les pions tombaient un à un, le piège c'était refermé et « l'échec et mat » prononcé. Dans la cohue, tout le monde courait, piétinant les cadavres et les plus lents. Sortir était le mot qui se dessinait sur toutes les lèvres. Light, qui comprenait la situation esquissa un sourire franc. Ryuuzaki, pour la première fois, eut les yeux illuminés par la joie. Ils allaient mourir. Ces êtres tant détestés, ces guignols qui l'entouraient nuit et jour. Leur rêve allait maintenant être réalisé : ils allaient mourir. Ils éclatèrent de rire, ensemble, face à face, ils étaient heureux. Le bruit sadique se perdit dans les beuglements de ces incapables. Jusqu'à la fin, ils subiraient la connerie de ces derniers. Mais tout était maintenant fini. Oui c'était la fin. Et ce fut dans un dernier sourire, dans un dernier regard rempli de joie que Light et Ryuuzaki s'éteignirent, une poutre traversant le corps d'un premier, un morceau de béton écrasant le second.
Les secours n'arrivant pas, les gémissements s'éteignant au fur et à mesure du temps, les survivant partant sans se soucier du sort des blessés, le monde riait. Et dans le silence le plus complet, un bruit feutré se fit entendre. Une légère vibration contre les murs ensanglantés. Cependant, elle n'attira pas les regards, les morts ne se soucièrent pas du bruit qui venait les déranger dans l'éternelle nuit.
« 15h21 nouveau message : It's the end. »
