Disclaimer : personnages pas à moi. (Mais si je lance un appel aux dons, peut-être que je pourrai m'offrir les yeux de Mü pour commencer ^^).

Couple : DMxMü

Résumé : Mü, libraire rencontre Angelo lors de l'inauguration d'un nouveau centre commercial. Le cancer tombe sous le charme du bélier mais celui-ci l'ignore. Les deux hommes se retrouvent chez des amis communs...

Notes de l'auteur : Cette fic est déjà finie alors je vais essayer de poster un chapitre par semaine.

Un ange et un démon

Mü ne cessait de fixer sa main pendant qu'il gravissait les étages qui le conduisaient chez lui. Il ne savait pas quoi penser du geste d'Angelo. C'est vrai qu'ils avaient passé une bonne partie de la soirée à discuter ensemble mais il ne semblait pas au Tibétain avoir dragué l'architecte ou avoir eu des propos ambigus. De toute façon, Angelo, malgré ses qualités, n'était pas le style de Mü. Cependant, il nota quand même son numéro sur un morceau de papier avant d'aller se coucher.

Angelo fixait désespérément le plafond. Cela faisait presqu'une semaine qu'il avait donné son numéro à Mü et il n'avait toujours pas donné de nouvelles. C'est vrai qu'au lieu de lui donner son numéro, il aurait pu se jeter sur lui. Mais il n'en avait pas eu envie. Enfin, il avait compris que Mü n'était pas comme ses autre conquêtes. De celles qui sont déjà d'accord ou qui font semblant de se laisser convaincre. Il fallait se montrer subtil. C'est pour ça qu'il s'était contenté de lui donner son téléphone. Angelo soupira. Ça faisait une semaine qu'il n'avait eu personne dans son lit et ses hormones commençaient à être en ébullition. Pas qu'il n'ait pas eu d'occasions, bien au contraire, mais aucun homme n'arrivait à la cheville de Mü. Celui-ci était beau comme un dieu. Et ce qui le rendait encore plus beau, c'est qu'il ne semblait pas s'en rendre compte. Angelo n'avait qu'une envie : serrer son corps contre le sien, enfouir ses mains dans sa cascade de cheveux, caresser sa peau d'albâtre. Angelo se dit que Mü devait être encore plus beau quand il succombait au plaisir. Il se mit à imaginer le bélier, les joues en feu, son corps frémissant sous le sien, gémissant son nom d'une voix altérée. Sentant son corps réagir plus qu'il n'aurait dû, Angelo se dit qu'il devait trouver une solution pour ne pas être rendu fou par le désir.

« Pourquoi tu ne l'as pas appelé?

_ Ça ne m'intéresse pas ». Shaka soupira. Mü pouvait être borné parfois. « Est-ce qu'il te plaît?

_ Quoi?

_ Est-ce qu'il te plaît? ». Mü hésita : « Non.

_ Menteur. S'il ne te plaisait pas, tu ne l'aurais pas laisser te raccompagner ». Mü soupira. Aphrodite avait fini par déteindre sur son ami. « D'où ma question : pourquoi tu ne l'as pas appelé?

_ C'est un coureur de jupons. Ça ne m'intéresse pas.

_ Et alors? Si vous êtes d'accord sur ce que vous voulez et que vous vous respectez, je ne vois pas où est le problème.

_ Les histoires d'une nuit de m'intéresse pas.

_ Aphro a raison de dire que tu es trop sérieux.

_ Et chiante comme une bonne femme, je sais.

_ Mü, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Mais est-ce que tu as rencontré quelqu'un depuis que tu es célibataire?

_ Non. J'ai pas le temps.

_ Oui. Tu es marié à ta librairie, en fait.

_ Aphro a vraiment déteint sur toi. Vous êtes de vraies marieuses tous les deux.

_ On se fait du souci pour toi.

_ Je ne suis plus avec Shura, c'est ce que vous vouliez.

_ Ce n'est pas une raison pour continuer à déprimer ». Mü soupira. Shaka était aussi buté que lui. « Tout ce que je te demande, Mü, c'est d'appeler Angelo et de prendre un verre avec lui. C'est tout.

_ Sinon?

_ Je demande à Aphro de vous organiser un rendez-vous ».

Mü avait son livre posé sur ses genoux mais cela faisait un moment qu'il ne lisait plus. Il repensait à sa conversation avec Shaka. L'Indien avait raison. Il avait été séduit par Angelo. Dès leur première rencontre. Ce n'est pas seulement le physique de l'Italien qui lui avait plu, mais aussi ce qu'il dégageait. Il était sûr de lui sans pour autant être arrogant. Et son assurance semblait se propager aux gens qui l'entouraient. Mü avait l'impression que rien ne pouvait lui arriver quand Angelo était dans les parages. De plus, même s'il possédait une certaine culture et un certain cynisme, il semblait apprécier la vie et les choses simples. Angelo semblait avoir été déçu par la vie mais ne renonçait pas pour autant à la croquer à pleines dents. C'était en tout cas l'impression qu'il avait donné à Mü.

Le bélier se mit à repenser à leur baiser. Cela avait été très rapide. Simplement les lèvres d'Angelo contre le dos de sa main. Mais la chaleur de ce baiser avait irradié dans tout le corps du bélier. Jamais un tel baiser, un simple baise-main, n'avait paru si intime au Tibétain. Comme s'il s'était livré totalement, comme si Angelo avait imprimé sa marque sur lui.

Mü soupira et regarda le téléphone posé sur la table de nuit. Il devait appeler Angelo, ne serait-ce à cause de la menace que Shaka avait fait peser sur lui. Mais appeler Angelo signifiait prendre des risques. Peut-être que le cancer ne serait pas honnête avec lui. Ou peut-être qu'ils ne seront pas d'accord sur ce qu'ils veulent ou que l'un changera d'avis en cours de route. De toute façon, Mü ne savait pas lui-même ce qu'il voulait. Il commençait à reprendre le dessus mais ne se sentait pas encore prêt à nouer une relation de quelque nature que ce soit.

Mü soupira à nouveau. Ce n'est qu'en imaginant Aphrodite leur organiser un rendez-vous qu'il se décida à prendre le combiné. Il sentait son cœur battre à s'en rompre les côtes. Il composa le numéro et écouta les différentes sonneries résonner dans le vide. L'angoisse lui retournait l'estomac. Il espérait de tout son cœur qu'Angelo ne répondrait pas.

« Allô?

_ Bonjour. C'est Mü. L'ami d'Aphrodite et de Shaka.

_ Ah. Bonjour.

_ Je voulais savoir si vous vouliez prendre un verre avec moi.

_Oui. Quand?

_ Demain soir, c'est possible?

_ Non, j'ai un rendez-vous. Après-demain?

_ D'accord.

_ 20h?

_ 21h, plutôt.

_ Alors rendez-vous après-demain 21h dans le café près du centre commercial.

_ À dans deux jours alors ». Mü raccrocha. Il était soulagé. Angelo avait accepté son rendez-vous. Mais son cœur ne se calmait toujours pas.

Mü pressait le pas. Il était presque 21 heures. Il allait être en retard à son rendez-vous.

Angelo attendait à la table. Il faisait jouer sa cuillère entre ses mains. Il détestait qu'on le fasse poireauter.

Mü poussa la porte du café et chercha l'Italien du regard. Celui-ci était assis à une table au fond et lui tournait le dos.

« Bonsoir ». Angelo leva la tête. « Je suis désolé d'être en retard, souffla Mü.

_ C'est pas grave.

_ Vous avez déjà commandé?

_ Oui ». Mü s'assit et demanda un thé. Angelo reprit un expresso pour l'accompagner.

Les deux hommes attendirent silencieusement leurs consommations ne sachant que se dire. « Ça fait longtemps que tu connais Shaka?

_ Depuis le collège. Et vous... toi, avec Aphro?

_ On s'est rencontrés en maison de correction.

_ Vous êtes amis de longue date alors.

_ Oui. Être de la mauvaise graine ça rapproche. Et avec Shaka, comment vous êtes devenus amis? ». Mü montra son front : « À cause de ça ». Son visage était orné de deux grains de beauté au niveau du troisième œil. « J'ai du mal à comprendre.

_ Shaka a aussi un grain de beauté au même endroit. C'est un cadeau de nos mères. Ça, plus le fait que nous étions étrangers, on nous a vite catalogués comme les extraterrestres de service. Ensuite, comme nous sommes tous les deux orphelins, on s'est encore rapprochés.

_ Vous êtes juste amis?

_ Juste amis.

_ Jamais autre chose?

_ Jamais. Et toi et Aphro?

_ Juste de très bons amis. Tu veux qu'on aille manger? Je connais un très bon resto. Italien bien sûr.

_ Avec plaisir ». Angelo répondit au sourire de Mü.

Mü et Angelo étaient installés dans un restaurant de taille plutôt modeste décoré aux couleurs de l'Italie, mai l'ambiance y était chaleureuse et la cuisine excellente aux dires d'Angelo. Mü avait à peine ouvert son menu et s'adressa à son vis-à-vis : « Qu'est-ce que tu me conseilles?

_ Qu'est-ce qui te plairait?

_ Je sais pas. Pour moi, la cuisine italienne c'est les pâtes et le tiramisu. J'ai envie de découvrir autre chose.

_ Tu me fais confiance alors?

_ Pour ça oui. Il faut savoir se laisser porter parfois. Et puis, on serait allé dans un restaurant tibétain, ça aurait été l'inverse ». Disant cela, Mü lança un sourire complice auquel le cancer répondit. Ce n'est que lorsqu'Angelo lui sourit que Mü s'aperçut qu'il était en train de le draguer. « Il a envie de jouer, se dit Angelo en voyant Mü lui sourire, alors jouons. Tu m'as dit qu'avec Shaka c'était purement amical, et avec Kanon? demanda Angelo ». Mü sourit. « Tout ce qu'il y a entre Kanon et moi c'est de l'amitié. Même s'il est vrai que beaucoup de gens se posent des questions.

_ Il est vraiment différent de son frère.

_ Oui. Saga et Kanon sont comme les deux faces d'une même pièce.

_ Et ta préférence va pour Kanon.

_ J'aime son côté spontané, le fait qu'il n'oublie pas l'enfant qu'il a été et le fait qu'il soit capable de le retrouver en un claquement de doigts. Et sa franchise aussi. Avec lui, tu sais tout de suite s'il t'aime ou non.

_ Pourquoi? Saga aurait tendance à l'hypocrisie?

_ Non. Il est juste plus diplomate ». Comprenant que l'amitié de Kanon était importante pour Mü, Angelo ajouta : « J'espère que Kanon m'apprécie.

_ Je pense que oui. Sinon il ne t'aurait pas laissé discuter avec moi pendant la moitié de la soirée ». Mü se mordit la lèvre quand il se rendit compte de ce qu'il avait dit. Angelo sourit mais fut interrompu par le serveur qui venait prendre leur commande. « Je suis content que Kanon m'apprécie. Vous avez l'air de former un joyeux groupe. Je comprends pourquoi Aphro apprécie autant d'être avec Shaka, cela lui a permis de trouver de nouveaux amis, dit Angelo avec une pointe de regret dans la voix.

_ Tu seras toujours son meilleur ami.

_ Il te l'a dit?

_ Non. Mais ça se sent dans la manière dont il parle de toi. Il était très content que tu puisse venir à la soirée.

_ C'est vrai que j'ai pas beaucoup de temps libre.

_ Au moins tu vois du pays.

_ J'ai pas vraiment le temps de faire du tourisme.

_ Au fait, pourquoi l'architecture? ».

Mü et Angelo sortaient du restaurant. Le bélier était ravi de sa soirée. À aucun moment il ne s'était senti mal à l'aise. Pas qu'Angelo ne l'ait pas dragué. Il avait pourtant remarqué les propos ambigus et les regards insistants. Lui aussi avait tendu quelques perches. Il avait si bien observé Angelo qu'il pouvait dire à quoi correspondait chaque plissement de ses yeux. Mais tout ceci restait léger si bien que Mü n'avait pas l'impression de se compromettre en se séparant maintenant d'Angelo. « Merci pour cette soirée et pour cette découverte de la cuisine italienne. C'était excellent, dit Mü en tendant sa main au cancer.

_ Je suis content que ça t'ait plu ». Tout en serrant la main du bélier, Angelo se dit qu'il adorerait l'embrasser mais cela lui semblait encore trop risqué. Il prit alors la seule option qui s'offrit à lui : « Tu veux que je te raccompagne? ».

Les deux hommes marchaient côte à côte. Angelo avait raccompagné Mü. Ils avaient déposé la voiture à cent mètres de l'appartement du bélier et finissaient le chemin à pied. Comme la dernière fois, Angelo accompagna Mü jusqu'à la dernière marche du perron. Le tibétain se sentait nerveux. Il avait passé une soirée agréable mais il redoutait ce moment. Il se tourna vers Angelo : « Merci de m'avoir raccompagné. Et merci pour la soirée, c'était très agréable.

_ Moi aussi, j'ai passé un soirée agréable ». Angelo se rapprocha dangereusement de Mü qui recula jusqu'à être bloqué par la porte. Le cancer se pencha vers lui et l'embrassa. Angelo était très doux et en même temps extrêmement passionné. Quand il relâcha ses lèvres, Mü avait les joues rosies et il semblait vouloir se mettre dans un trou de souris. « Qu'est-ce qu'il y a? demanda Angelo.

_ Rien. C'est juste que... que je n'ai pas très envie de te dire au revoir. Mais... mais si je te laisse monter, il ne se passera rien. Je veux dire, on ne fera pas l'amour. Pas le premier soir.

_ C'est une règle?

_ C'est un principe. Je... je...

_ Je te promets que si je monte, je serai sage ». Et Angelo embrassa Mü comme pour sceller sa promesse. « De toute façon, pensa le cancer, ça n'est que partie remise ».

Angelo ouvrit les yeux et mit quelques secondes à comprendre où il était. Mü était toujours endormi. Angelo s'appuya sur son bras et se mit à observer son vis-à-vis. Mü dormait sur le ventre, la tête posée sur les bras. Il semblait extrêmement serein, totalement apaisé.

Angelo fut tiré de sa rêverie par la sonnerie du réveil. Mü ouvrit les yeux et s'étira. « Bonjour, murmura le bélier.

_ Bonjour.

_ Il y a longtemps que tu es réveillé?

_ Je viens d'ouvrir les yeux.

_ Je vais prendre ma douche et après je nous prépare le petit déjeuner, d'accord?

_ D'accord ». Mü se leva et partit à la salle de bain. Angelo en profita pour le détailler encore une fois. Mü était vraiment un pur canon. Le cancer reposa sa tête sur son oreiller. Quelque chose clochait. Il n'avait pas couché avec Mü. Surtout, il n'avait PAS ESSAYÉ de coucher avec lui. Ils avaient flirté mais Angelo n'avait pas essayé d'aller plus loin, jamais. Pourtant, il s'était réveillé plusieurs fois dans la nuit. Il s'était contenté d'observer le bélier et s'était rendormi. « C'est bon, la place est libre ». Angelo releva la tête. Mü était vêtu d'un simple pull et d'un pantalon évasé. Il avait attaché ses cheveux en une longue tresse qui lui battait les reins. Angelo resta bouche bée d'admiration devant cette apparition. Mü avait vraiment tout d'un ange. Il se secoua et sortit du lit. « Thé ou café? demanda Mû quand il passa à côté de lui.

_ Café, bien noir, répondit Angelo en l'embrassant ».