Disclaimer : personnages pas à moi. (Mais si je lance un appel aux dons, peut-être que je pourrai m'offrir les yeux de Mü pour commencer ^^).

Couple : DMxMü

Résumé : Mü, libraire rencontre Angelo lors de l'inauguration d'un nouveau centre commercial. Le cancer tombe sous le charme du bélier mais celui-ci l'ignore. Les deux hommes se retrouvent chez des amis communs...

Notes de l'auteur : Cette fic est déjà finie alors je vais essayer de poster un chapitre par semaine.

Un ange et un démon

« Mon cœur ?

_ Oui.

_ Pourquoi on ne va jamais chez toi ? ». Les deux hommes étaient allongés sur le canapé et regardaient vaguement la télé, Mü au-dessus d'Angelo. « Parce qu'on est bien chez toi.

_ Peut-être. Mais j'aimerais bien connaître ton chez toi, l'endroit où tu vis.

_ Pourquoi ?

_ Pour te connaître mieux. On apprends beaucoup de choses sur les gens en visitant leur maison. Et puis, on sera sur un pied d'égalité comme ça. Je saurai autant de choses sur toi que toi sur moi ». Angelo soupira. « Tu n'en as pas envie, c'est ça ?

_ Non ». Angelo n'avait pas l'habitude de ramener ses conquêtes chez lui. Il voulait garder un espace de liberté. « En fait, continua Mü, il y a peut-être déjà quelqu'un dans ta vie et c'est pour ça que tu ne veux pas m'emmener chez toi.

_ Ne dis pas n'importe quoi ». Mü fixa Angelo. Il sentait que la discussion ne mènerait nulle part. Il décida de capituler et de revenir plus tard à la charge. « D'accord tu as gagné ». Angelo fut soulagé que la discussion se termine.


Angelo regardait Mü qui faisait le tour de son appartement. Celui-ci avait passé rapidement sur les meubles design et les tableaux de peintres contemporains, et s'était arrêté devant la bibliothèque. Angelo sourit. Son amant était vraiment passionné par les livres. Mü observait les rayonnages. Ceux-ci étaient remplis d'ouvrages sur l'architecture et de livres italiens. « Tu as beaucoup de version originale.

_ Je sais. Je n'aime pas beaucoup les traductions.

_ Traduire c'est trahir.

_ Et puis, je connais l'italien. Ça serait idiot de lire les traductions alors que je suis capable de lire les originales ». Mü sortit un livre. C'était un livre d'architecture pour les nuls. « Il faut que je t'emprunte ce livre. C'est exactement ce qu'il me faut.

_ Je peux même te le donner si tu veux, je n'en ai plus besoin.

_ Non. Juste te l'emprunter. Ça suffira.

_ Pour toi ou pour ta librairie?

_ Les deux. J'ai envie de comprendre ce que tu me dis quand tu me parles de ton travail. Et la section architecture est une des sections que je dois agrandir. J'ai pas d'ouvrages pour les néophytes. Celui-ci peut être pas mal ». Mü posa le livre sur la table et se mit à regarder les photos posées sur le buffet. « C'est toi et Aphro? Demanda Mü en prenant la première.

_ Oui. On a quatorze ans.

_ Et le bâtiment derrière, c'est la maison de correction?

_ Oui.

_ Ça ne donne pas envie.

_ Crois-moi, l'intérieur était pire ». Mü posa la photo et prit la seconde. « Tu es petit sur cette photo. Tu as quel âge?

_ Je dois avoir deux ans.

_ C'est ta mère avec toi?

_ Oui.

_ Vous avez les mêmes yeux.

_ Je sais.

_ Elle a l'air très belle... très douce. J'aurais bien aimé la connaître.

_ Moi aussi, j'aurais bien aimé que tu la connaisses, pensa Angelo ». Le cancer se sentit triste. Il savait que sa mère aurait adoré le Tibétain. Malheureusement, il n'aurait jamais l'occasion de présenter son amant à la femme qu'il aimait le plus au monde. « C'est chez vous?

_ Oui.

_ Très joli.

_ Tu vois les deux oliviers?

_ Oui.

_ Ma mère y avait installé un hamac. On y faisait la sieste l'été. En général, on pique-niquait sous les arbres; et ensuite, on s'installait dans le hamac.

_ Ça devait être super.

_ Oui. Ça l'était. Ça fait partie de mes plus beaux souvenirs ». Mü posa la photo. Il sentait Angelo mélancolique et s'en voulait. « Tu me fais visiter la suite, demanda le Tibétain dans un sourire.

_ Bien sûr ». Angelo le conduisit dans son bureau. « Waoo! C'est immense, s'écria Mü en ouvrant grand les yeux.

_ J'ai besoin de place pour travailler.

_ C'est vrai que le plan d'un centre commercial ne doit pas se faire sur un timbre poste ». Le bélier s'approcha de la baie vitrée : « C'est la femme de ménage qui doit être contente.

_ Elle ne s'est jamais plainte.

_ En tout cas, la vue est sublime.

_ Oui. Mais je ne viens pas vraiment là pour l'admirer ». Ils restèrent quelques minute à regarder la ville. « On continue? Demanda Mü.

_ On continue ». Angelo lui prit la main et le guida jusqu'à la salle de bains. Mü ouvrit de grands yeux quand il vit la douche équipée de jets de massage et l'énorme baignoire à bulles. « Je comprends pourquoi tu prends toujours le temps de te rafraîchir avant de venir me voir, insinua Mü ». Angelo sourit. Le bélier s'assit au bord de la baignoire. « En tout cas, ça doit être terriblement relaxant.

_ Ça l'est. Tu pourras essayer si tu veux.

_ Mauvaise idée. Je risque de squatter tout le temps autrement.

_ Pourtant, ça te ferait du bien un bon bain. Tu pourrais en profiter pour te détendre complètement. Ce n'est pas aussi agréable qu'un massage mais ça fait de l'effet.

_ Pour le massage, on peut s'arranger ». Mü se leva et alla dans le couloir. « Ta chambre est au fond?

_ Oui, répondit Angelo en le suivant.

_ Hé ben, au moins, tu as de la place pour dormir, s'exclama le Tibétain en voyant le lit King Size. On peut caser combien de personnes là-dedans?

_ Je sais pas. J'y dors toujours seul.

_ C'est une règle?

_ Un principe ». Mü continua sa visite. Il ouvrit la porte du dressing qu'il regarda à peine. Ensuite, il se dirigea vers une seconde porte. Celle-ci donnait sur une pièce plus petite, peinte aux couleurs chaudes, décorée de photos de paysages méditerranéens. Dans un coin, il y avait une chaîne stéréo avec une ou deux plantes vertes. Les rideaux filtraient une lumière tamisée. Au milieu de tout ça, se trouvait un hamac au pied duquel traînaient quelques livres. Mü se dirigea vers le hamac et s'assit dedans. « C'est dommage que tu n'aies pas pu mettre d'oliviers.

_ Ça aurait été compliqué, répondit Angelo en s'asseyant à côté de lui.

_ Cette pièce est parfaite, dit Mü en en regardant chaque recoin.

_ Oui. C'est une pièce que j'aime beaucoup.

_ C'est ton antre secrète ». Angelo se contenta de prendre Mü dans ses bras et d'enfouir sa tête dans son cou. Le ventre de Mü se mit à grogner. « Je crois qu'on devrait retourner à la cuisine, dit Angelo.

_ Oui . C'est quoi le menu de ce soir ?

_ Cuisine sicilienne. C'est moi qui me colle aux fourneaux. Tu pourras commencer ton livre pendant que je cuisine.

_ Tu n'as pas besoin d'aide ?

_ Non : Je préfère cuisiner seul . Je ne supporte pas d'avoir quelqu'un avec moi.

_OK ».

Tout en cuisinant, Angelo observait Mü par-dessus le plan de travail. Celui-ci était concentré sur son livre et prenait quelques notes. Cela faisait vraiment plaisir à l'Italien qu'il s'intéresse réellement à ce qu'il faisait. Angelo repensait à la visite. Pas une seule fois Mü n'avait fait de remarques sur les meubles ou la déco. Alors que c'était la première chose qui frappait l'œil de ses visiteurs, le peu de ceux qui étaient autorisés à venir. Le bélier savait que le compte en banque du cancer était bien fourni mais il se foutait de savoir combien de zéros étaient inscrits dessus. Angelo avait apprécié que Mü prenne le temps de contempler les photos de sa mère. Il savait, à la remarque de son amant sur les oliviers, que celui-ci avait compris que jamais il ne se remettrait totalement de la perte de sa mère.


Angelo se réveilla en sursaut. Il sentait le corps chaud de Mü contre le sien. Le bélier dormait toujours du sommeil du juste. Angelo se glissa hors du lit, enfila son caleçon et se dirigea vers la pièce attenante à la chambre. Il se dirigea vers le hamac et s'y assis. Il avait toujours souffert d'insomnies et de cauchemars mais il y avait longtemps que son réveil n'avait pas été aussi violent. L'Italien fixait le sol. Il ne voulait pas retourner tout de suite près de Mü. Il ne savait pas s'il arriverait à retrouver le sommeil.

« Ça va? ». Angelo leva la tête. Mü était devant lui, les cheveux en bataille et les paupières alourdies par le sommeil. « Oui. Désolé de t'avoir réveillé. Je pensais que je n'avais pas fait de bruit.

_ Tu sais bien que j'ai du mal à dormir si je n'ai pas mon chauffage central. » Angelo sourit. Mü s'installa à côté de lui et le prit dans ses bras. « Je croyais que tes insomnies avaient tendance à disparaître.

_ Je dors mieux quand on est chez toi ». Mü s'allongea dans le hamac et força Angelo à s'allonger sur lui. Le bélier se mit à lui caresser les cheveux : « Tu devrais faire quelque chose. Pour tes insomnies. Et pour tes cauchemars.

_ Comment tu sais pour les cauchemars?

_ Tu gémis parfois, tu cries aussi.

_ Je suis désolé. Tu devrais retourner dans la chambre. Le lit est beaucoup plus confortable. Tu risques de passer une mauvaise nuit.

_ Ma nuit sera mauvaise si je ne la passe pas avec toi ». Angelo serra Mü plus fort. « Mon cœur ?

_ Oui ?

_ Tu devrais peut-être aller voir quelqu'un pour tes cauchemars. Pour réussir à t'en débarrasser.

_ J'ai déjà essayé. Ça n'a pas marché ». Disant cela, il se mit à suçoter la peau fine de la gorge de Mü. La seule chose qui lui permettait d'atténuer ses cauchemars, c'était l'ivresse de la jouissance. Rien ne lui faisait autant de bien que de serrer un corps contre le sien. Mü sentit la détresse d'Angelo et le laissa faire. Le cancer avait débarrasser son amant de ses vêtements et embrassait chaque parcelle de son corps. Mü s'était mis à gémir doucement . Il était prêt à passer toute la nuit dans le hamac à laisser Angelo lui faire l'amour si ça pouvait l'aider à se sentir mieux.


Mü frappa à la porte. « Je peux entrer ?

_ Oui, répondit Angelo ». Mü découvrit son amant assis sur le bord de la baignoire en train de la remplir. « Je croyais que tu devais prendre une douche.

_ J'ai dit que j'empruntais la salle de bains.

_ Je peux utiliser la douche alors ?

_Non ». Mü écarquilla les yeux, surpris. « J'ai très envie de prendre un bain et de le prendre avec toi surtout ». Disant cela, Angelo arrêta le robinet et commença à se déshabiller. Mü regardait Angelo entrer dans la baignoire, hypnotisé. « Tu viens ? demanda le cancer ». Mü quitta ses vêtements et rejoignit son amant dans l'eau moussante. « Ça sent bon. Qu'est-ce que c'est ?

_ Fleur de lotus et orchidée blanche.

_ Vraiment ?

_ Oui. J'ai pensé que ça te plairait.

_ Tu as pris ce parfum spécialement pour moi ?

_ Oui. Je me suis dit que ça pourrait être agréable pour nos bains communs.

_ Dois-je comprendre qu'il y en aura d'autres ?

_ Pourquoi pas ? ». Angelo enclencha les bulles et Mü se blottit dans ses bras, se détendant complètement. Le cancer laissa son amant profiter quelques minutes de son bain avant de lui masser doucement les épaules. Le bélier se mit à ronronner. Angelo descendit légèrement ses mains au niveau des omoplates du Tibétain, obligeant celui-ci à se pencher légèrement en avant. Mü se sentait approcher du Nirvana au fur et à mesure que les mains d'Angelo dénouaient ses muscles crispés. Quand il fut parfaitement détendu, il se cala dans les bras d'Angelo. « Ça va ? lui demanda l'Italien.

_ Oui. Tu n'en veux pas un toi aussi ?

_ Non. Ça va. Et puis, je t'en devais bien un, avec tous ceux que tu m'as fait ». Mü l'embrassa et se blottit contre lui. « Angelo ?

_ Mmh.

_ Je... Tu n'es pas obligé de répondre mais... Comment ta mère est morte ? ». Angelo marqua un silence. « Elle a été assassinée. Elle était juge. Elle avait l'habitude d'appuyer là où ça fait mal. Et ça n'a pas plu. C'est moi qui l'ai trouvée. Je revenais de chez la voisine. Elle habitait à deux kilomètres. Ma mère avait l'habitude de m'envoyer là-bas quand elle voulait travailler tranquille. La voisine me laissait à cinq cents mètres parce que " je voulais rentrer tout seul comme un grand" et ma mère téléphonait ensuite pour dire que j'étais bien rentré. Je l'ai retrouvée, baignant dans son sang. J'ai pas compris tout de suite. Au début, je pensais qu'elle dormait. La voisine s'est inquiétée de ne pas recevoir de coup de fil et a prévenu la police. C'est là que j'ai compris.

_ Et ton père ?

_ Du vent. Quand je posais des questions à ma mère sur mon père, elle me répondait " c'est du vent". Alors, quand j'étais petit, dès qu'il y avait du vent, je courait en criant " PAPA !" ». Mü sourit. « Ce n'est que quand je l'ai rencontré que j'ai compris ce qu'elle voulait dire. À part lui et l'argent, rien d'autre ne l'intéresse. Je me demande comment ma mère a pu l'aimer.

_ L'amour est une chose étrange parfois.

_ Mmh ». Mü observait Angelo tout en lui caressant la joue. Celui-ci avait quitté son masque et laissait exposer sa fragilité. « Je suis désolé, murmura Mü.

_ Et toi, demanda Angelo, comment tu as perdu tes parents ?

_ Ma mère était médecin. Elle a fait un voyage au Tibet où elle a rencontré mon père. Alors, elle s'est installée là-bas. Il paraît que ça a fait scandale dans sa famille. Quand j'ai eu six ans, elle est tombée malade. On n'a jamais su exactement ce qu'elle avait eu. À sa mort, mon père a tout fait pour qu'on puisse s'installer en France. Et une fois qu'il a eu réussi, il s'est laissé dépérir. Il est mort deux ans après ma mère.

_ Qu'est-ce qui s'est passé après ?

_ Je me suis installé chez mon oncle.

_ C'est bien. Il y a au moins une personne qui a gardé le contact avec ta mère.

_ Ce n'est pas quelqu'un de la famille. C'était un vieil ami de ma mère. C'est lui qui m'a élevé.

_ Et ta famille n'a jamais essayé de te récupérer ?

_ Mes parents avaient fait le nécessaire avant de mourir. Ce sont des inconnus pour moi ». Angelo ne fit aucun commentaire et serra Mü contre lui. Il comprenait mieux pourquoi il se sentait aussi bien avec le bélier.


Angelo était confortablement installé dans son siège classe affaire. Il rentrait d'un voyage à New York où il avait rencontré un client et pensait à Mü. Il était fier du cadeau qu'il lui avait ramené. Il avait réussi à trouver un livre, en français, qui faisait des liens entre les cultures asiatiques et les cultures amérindiennes. Angelo sourit. Il avait passé tout son séjour à penser à Mü, à penser à quel endroit lui plairait, ce qu'il pourrait lui faire visiter le jour où il l'amènerait à New York. Angelo s'était rendu compte que le Tibétain avait une place importante dans sa vie. Et que leur relation n'entravait pas la liberté du cancer. Au contraire, Angelo ne s'était jamais senti aussi épanoui. Il en était arrivé à la conclusion qu'il aimait Mü, vraiment, réellement. En fait, il avait certainement eu le coup de foudre pour lui mais ne s'en était pas rendu compte. Angelo était impatient de retrouver son amant, mais, en même temps, une boule de peur lui comprimait l'estomac. Il voulait dire à Mü ce qu'il ressentait, trouver les mots justes, et quelque part être sûr que Mü avait les mêmes sentiments.


Angelo s'était littéralement jeté sur Mü. Le Tibétain lui avait terriblement manqué. Mais surtout, Angelo ne savait pas comment lui faire comprendre ce qu'il ressentait. Il n'avait jamais été très doué pour les discours. Angelo avait déshabillé Mü et était en train de lui faire l'amour., parcourant son corps de ses lèvres. Le bélier gémissait de plaisir, porté par les caresses de l'Italien. « Je t'aime, murmura Angelo.

_ Quoi ? fit Mü surpris.

_ Je t'aime, répéta Angelo ». Le bélier était tendu à l'extrême : « C'est vrai ? demanda-t-il.

_ Oui, répondit le cancer, Bien sûr que c'est vrai ». Les deux hommes se fixèrent . Mü sentait la colère gronder en lui. Mais il se dit qu'Angelo n'y était pour rien. Il fit la seule chose qui lui sembla raisonnable et embrassa Angelo. Le cancer laissa Mü l'embrasser. Celui-ci n'avait pas eu la réaction attendue par l'Italien. Angelo espérait que cela ne signifiait pas que ses sentiments n'étaient pas partagés.


Angelo prit Mü dans ses bras. Il allait partir travailler et voulait dire au revoir à son amant. « Tu viens ce soir ? demanda Mü.

_ Non. Tu sais bien que je ne peux pas.

_ Ah c'est vrai. Et demain ?

_ Je ne sais pas encore. Je t'appelle.

_ D'accord.

_ Mü ?

_ Oui.

_ J'étais sincère hier soir.

_ Je sais.

_ Pourtant, tu n'avais pas l'air de me croire.

_ J'ai été surpris, c'est tout.

_ Je t'aime Mü. Je t'aime vraiment. Je suis bien avec toi. Comme je l'ai jamais été. Et... tu me fais faire des choses que je n'ai jamais faites pour personne. Et je n'ai pas envie que ça s'arrête. Jamais. Je t'aime. Je t'aime ». Angelo avait presque murmuré ses dernières paroles. Mü l'embrassa à perdre haleine. Il voulait croire , malgré ses doutes, à la sincérité d'Angelo, à son amour.


Shaka se pencha vers le bélier : « Mü, qu'est-ce qui ne va pas ?

_ Ça va. Tout va très bien.

_ À d'autres. Je viens de te dire qu'Aphro s'était barré avec Mickey et que du coup j'allais m'installer avec Tic et Tac et tu n'as même pas réagi.

_ Désolé.

_ Qu'est-ce qui te préoccupe ? Ça va pas avec Angelo ?

_ Si. Il m'a dit qu'il m'aimait.

_ Hé ben, tu devrais être content. Toi qui ne voulait pas qu'une simple histoire de sexe.

_ Ouais.

_ Qu'est-ce qu'il y a ?

_ Rien. C'est juste que je ne pensais pas qu'il tomberait amoureux de moi.

_ Juste ça ?

_ Non. Le problème, c'est que je ne sais pas moi-même ce que je ressens pour lui. Et comment être sûr qu'il est sincère ?

_ Mü, je ne connais pas Angelo plus que ça mais j'ai confiance en le jugement d'Aphro. Et puis, c'est un risque à prendre.

_ Je sais. Mais je ne sais pas si je supporterai d'avoir le cœur brisé encore une fois.

_ Tous les hommes ne sont pas des enfoirés.

_ Je sais bien ». Mü soupira. Il savait que Shaka avait raison. Mais cela ne solutionnait pas son problème.


Cela faisait plusieurs minutes qu'Angelo avait plaqué Mü contre un des murs du salon et l'embrassait à perdre haleine. Le cancer était parti toute la semaine sur la Côte d'Azur pour discuter d'un projet de complexe hôtelier. Il était revenu dans la journée et les deux amants étaient en train de fêter leurs retrouvailles. Angelo avait emmené Mü au restaurant et ensuite ils étaient allés au cinéma. C'était une des choses que Mü appréciait chez Angelo. L'Italien ne le considérait pas seulement comme un objet sexuel mais comme une personne à part entière avec laquelle on pouvait discuter, rire et faire autre chose que baiser. « Je t'aime, murmura Angelo ». Mü se raidit. Il se dégagea de l'étreinte du cancer. « Attends Angelo, il faut qu'on parle ». Le cancer fronça les sourcils. Il savait que cette phrase ne présageait rien de bon. « Vas-y, je t'écoute.

_ Je... j'aimerais pouvoir te dire moi aussi mais... Je suis bien avec toi. Je peux même dire que je suis heureux. Et je ressens quelque chose pour toi, quelque chose d'important. Vraiment mais... j'ai besoin de temps...

_ D'accord. Je te laisserai du temps ». Mü laissa un silence. « Mon cœur ?

_ Oui.

_ Est-ce que tu peux éviter de dire que tu m'aimes pendant les câlins ? ». Mü se mordit la lèvre. Il avait peur d'en demander trop et qu'Angelo se mette en colère. « Je vais essayer, répondit calmement le cancer ». Le bélier lui sourit et l'embrassa. Angelo se doutait que tout ceci cachait quelque chose de plus profond. Tout ce qu'il espérait, c'est que cela ne lui exploserait pas à la figure.


En même temps qu'il rangeait les livres, Mü réfléchissait. À Angelo. À sa relation avec lui. Il se sentait bien avec lui. Il était heureux. Et il savait, à la chaleur qui lui envahissait la poitrine quand il le voyait, qu'il était amoureux. Mais est-ce qu'il l'aimait ? C'était difficile pour lui de répondre à cette question. À chaque fois qu'il se la posait, il doutait de la sincérité du cancer. Et pourquoi ne serait-il pas sincère ? Il avait attendu que Mü soit prêt pour aller plus loin. Il avait accepté de l'emmener chez lui alors que ce n'était pas dans ses habitudes. Ils étaient ensemble depuis plus de deux mois alors qu'Angelo collectionnait les histoires d'un soir. Mü se rendit compte que s'il doutait des sentiments d'Angelo c'est parce qu'il connaissait les siens et qu'il ne voulait pas être blessé à nouveau. Shaka avait raison. Tous les hommes n'étaient pas des salauds après tout. Il fallait qu'il prenne le risque, quitte à souffrir à nouveau.


Mü était nerveux. Il voulait dire ce qu'il ressentait à Angelo mais ne savait pas comment s'y prendre. Mü s'assit sur le lit, attendant que le cancer termine sa douche. Angelo sortit quelques minutes plus tard, les cheveux encore humides. Il s'assit à côté de Mü : « Ça va?

_ Oui, répondit le Tibétain. Il faut qu'on parle. Ou plutôt que je te parle.

_ Je t'écoute.

_ Je... je voudrais m'excuser de la manière dont j'ai réagi, quand tu m'as dit que tu m'aimais. J'ai été surpris. Vraiment. Parce que je n'avais pas réfléchi à ce que je ressentais pour toi. Et que je savais que tu attendais une réponse. Ça m'a énervé de ne pas pouvoir te répondre. Parce que je sais que ça peut être blessant de ne pas répondre dans ce genre de situation ». Mü s'était complètement tourné vers Angelo : « Je tiens vraiment à toi, Angelo. Et ce que je ressens pour toi, je ne l'ai jamais ressenti pour personne. Je suis bien quand je suis avec toi. Je peux être moi. Et ça me fait du bien. Tout comme ton sourire. J'aime te voir sourire, j'aime ta voix, la manière dont tu me regardes. Je t'aime Angelo, je t'aime ». Mü avait dit ça la voix tremblante et les larmes aux yeux. « Moi aussi je t'aime mon ange, répondit Angelo ». Le cancer embrassa le Tibétain. Un baiser sage vite approfondi par le bélier. Mü s'allongea sur le lit, Angelo au-dessus de lui. Il retira son tee-shirt et se blottit dans les bras de son amant, savourant de sentir sa peau contre la sienne. Angelo prit les mains de Mü et les posa de chaque côté de sa tête. Il quitta les lèvres du Tibétain, parcourant son visage, son cou, le faisant frissonner.


Angelo sortit de la salle de bains et regarda Mü allongé sur son lit. Le bélier dormait sur le ventre, ses bras entourant l'oreiller, les reins ceints par les draps, les épaules recouvertes par ses cheveux. Devant cette vision, Angelo se sentit envahi par le désir. Il s'étendit à côté de Mü, dégageant une de ses épaules afin d'y poser ses lèvres. Mü sortit de son sommeil en soupirant. Angelo lui dévorait l'épaule, alternant baisers et mordillements. Le Tibétain se retourna. « Ti amo angelo mio ». Mü sourit. « Pourquoi tu souris ?

_ Parce que tu m'appelles " mon ange ".

_ Et ?

_ Mü c'est le diable dans les pays asiatiques

_ Ça n'empêche pas que tu sois mon ange. En fait, nos mères auraient dû échanger nos prénoms.

_ Non, le tien te va très bien. J'adore le prononcer.

_ Et moi j'adore te l'entendre dire. Mon petit diable ». Mü rit. « Tu es un vrai diablotin. Tu m'as ensorcelé. Je t'aime. Je t'aime ». Angelo s'était mis à embrasser son amant qui glissait peu à peu dans de nouvelles sensations : « Mü ?

_ Mmh.

_ Comment on dit je t'aime en tibétain ?

_ Kyurung gadinok

_ Kyurung gadinok ?

_ Oui.

_ Kyurung gadinok ». Angelo se mit à l'embrasser à nouveau. Mü se senti envahi par le désir : son souffle chaud sur sa peau, sa voix qui murmurait, son accent italien, tout en Angelo rendait fou le Tibétain. Angelo retourna le bélier et le prépara pour la suite. Au moment où il allait le pénétrer, Mü l'arrêta : « S'il te plaît Angelo, pas comme ça.

_ J'en ai très envie.

_ Angelo, gémit le Tibétain.

_ Si ça ne te plaît pas, on changera de position ». Mü sentit le cancer se glisser en lui et s'allonger sur lui. Le bélier tourna la tête. Il ne supportait pas de ne pas pouvoir voir son amant. Au bout de quelques minutes, Angelo tourna le torse de Mü. Il sentait que le Tibétain était gêné de ne pas le voir. Mais cela ne suffisait pas à Mü. Angelo se retira un peu et retourna totalement le bélier qui soupira. Angelo prit les pieds de son amant et les posa sur chacune de ses épaules. Le cancer reprit ses va-et-vients. En même temps, il en profitait pour embrasser les pieds de Mü. Celui-ci avait posé ses mains sur ses poignets et tendait de temps en temps les bras pour essayer de le caresser. Angelo sentait que, même s'ils avaient changé de position, Mü ne prenait pas autant de plaisir que d'habitude. Il fit glisser les jambes de son amant sur ses hanches et s'allongea sur lui. Mü soupira quand il retrouva son amant. Angelo promena ses lèvres sur le cou et le torse du bélier qui se mit à gémir son nom, ce qui excita encore plus l'Italien. Après quelques minutes, celui-ci se tendit sous la jouissance, entraînant son amant à sa suite. Ils restèrent un moment silencieux à se câliner. Puis Angelo se retira et s'allongea à côté de Mü qui se blottit dans ses bras. « Ça va? demanda le cancer.

_ Oui. Je suis désolé. Mais je ne supporte pas de ne pas pouvoir te voir ou te toucher. Tu ne m'en veux pas?

_ Pourquoi est-ce que je t'en voudrais? Je t'ai proposé un truc, ça ne t'a pas plu. Ça arrive ». Mü se blottit un peu plus contre lui. « Je t'aime.

_Je t'aime aussi, répondit Angelo en le serrant un peu plus contre lui ». L'Italien releva le visage de son amant, un peu inquiet. Il sentait Mü au bord des larmes. « Ça va ?

_ Oui. Juste de mauvais souvenirs.

_ Tu veux qu'on en parle ?

_ Non.

_ Tu sais, tu as le droit de refuser quand ça ne te plaît pas.

_ Je sais». Le Tibétain se nicha contre son épaule et ferma les yeux. Angelo l'enveloppa dans les couvertures et le serra contre lui.