Disclaimer : personnages pas à moi. (Mais si je lance un appel aux dons, peut-être que je pourrai m'offrir les yeux de Mü pour commencer ^^).
Couple : DMxMü
Résumé : Mü, libraire rencontre Angelo lors de l'inauguration d'un nouveau centre commercial. Le cancer tombe sous le charme du bélier mais celui-ci l'ignore. Les deux hommes se retrouvent chez des amis communs...
Notes de l'auteur : Cette fic est déjà finie alors je vais essayer de poster un chapitre par semaine.
Un ange et un démon
« Où tu m'emmènes?
_ Tu verras, répondit Angelo dans un sourire.
_ Tu ne veux rien me dire?
_ Non, c'est une surprise ». Les deux hommes roulèrent presqu'une demi-heure quand Angelo s'arrêta. Il gara la voiture devant une grande bâtisse qui semblait abandonnée. Un homme les attendait devant la grille. « Bonjour, leur dit-il en leur serrant la main. Si vous voulez bien me suivre, nous allons commencer la visite ».
Une heure plus tard, les trois hommes sortirent de la maison. « Alors, qu'en pensez-vous? Demanda l'agent immobilier.
_ Nous allons réfléchir. Nous vous appellerons, répondit Angelo en lui tendant la main.
_ Très bien ». L'homme les salua et partit.
« Alors, qu'est-ce que tu en penses? Demanda le cancer.
_ De?
_ De la maison.
_ Elle est pas mal. Y'a pas mal de travaux à faire mais elle est bien. Mais pourquoi tu m'as emmené visiter cette maison?
_ Pour qu'on l'achète.
_ Angelo, je n'ai pas d'argent pour acheter une maison.
_ Je sais. Je me suis dit qu'on pourrait acheter la maison avec mon argent et que tu t'occuperais de financer les travaux.
_ Ça va pas non? Pour que tu me reproches ensuite de l'avoir acheté. En plus, on ne vit même pas ensemble. On ne sait même pas si on arriverait à se supporter.
_ J'y ai pensé. Je pourrais m'installer chez toi le temps des travaux.
_ Avec ton bureau qui fait quasi mon appartement! ». Angelo respira un grand coup. Il avait intérêt à calmer Mü s'il ne voulait pas que cela tourne à la dispute. « Mon ange, écoute-moi. Je reconnais que je me suis emballé. Alors on oublie la maison, d'accord? C'est juste que quand je l'ai vue, j'ai tout de suite pensé à toi. J'ai pensé qu'elle te plairait. C'est vrai que j'ai voulu aller un peu vite mais... Mü, tu es l'homme de ma vie. Alors, même si on n'achète pas la maison, tu veux bien t'installer dans mon appartement? Tu as le droit de réfléchir, bien sûr.
_ Tu es sincère? Tu veux vraiment qu'on vive ensemble?
_ Oui.
_ J'ai combien de temps pour réfléchir?
_ Le temps que tu veux ». Mü noua ses bras autour du cou d'Angelo : « Je t'aime ». Et il l'embrassa.
Angelo pressait le pas. Il avait rendez-vous avec Mü et était très en retard. Quand son téléphone sonna, le cancer était persuadé que c'était son amant. « Allô? ». Angelo pâlit en entendant son interlocuteur. Il raccrocha et courut jusqu'à sa voiture.
Angelo déboula comme un fou dans l'hôpital. L'infirmière lui indiqua la chambre de Mü. Angelo marcha à pas précipités dans la direction indiquée. Il allait frapper à la porte de la chambre quand il fut interrompu : « Excusez-moi, je peux avoir qui vous êtes?
_ Je suis monsieur Di Falco, le compagnon de monsieur Ariès. Vous m'avez appelé pour me prévenir qu'il était ici.
_ Enchanté, je suis son médecin et voici la personne qui s'occupe de l'enquête.
_ Bonsoir.
_ Bonsoir, répondit Angelo. Comment va-t-il? Demanda l'Italien au médecin.
_ Il est épuisé. Il a pas mal de contusions mais ça devrait se remettre assez rapidement.
_ Qu'est-ce qui s'est passé?
_ Trois hommes lui sont tombés dessus à la sortie du centre commercial et l'ont violé, répondit le policier.
_ On a une chance de les retrouver?
_ Je pense que oui. Monsieur Ariès a réussi à dresser un portrait-robot de ses agresseurs. En plus, comme il s'est défendu, on a retrouvé de la peau sous ses ongle. Il nous a même dit qu'il en avait mordu un. Tout ceci va grandement nous aider.
_ Est-ce que je peux le voir?
_ Bien sûr, répondit le médecin ». Angelo frappa doucement à la porte et n'attendit pas la réponse de Mü pour entrer.
Angelo vit Mü allongé sur son lit d'hôpital. Celui-ci avait le corps couvert de bandages. Son visage était tuméfié et ses lèvres fendues en plusieurs endroits. « Bonsoir mon ange, murmura Angelo en caressant la joue du Tibétain.
_ Bonsoir, répondit Mü en ouvrant les yeux.
_ Comment tu te sens? Demanda le cancer en s'asseyant sur le bord du lit.
_ Épuisé.
_ Je suis désolé. Si je n'avais pas été en retard...
_ Ce n'est pas de ta faute ». Mais Angelo ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable. Il prit les mains de Mü et les porta à ses lèvres. « Je t'aime. Est-ce que tu as besoin de quelque chose?
_ J'aimerais que tu restes dormir avec moi ». Angelo allait répliquer que c'était interdit mais il se dit que cela ne servait à rien de contrarier Mü. Il retira ses chaussures ainsi que sa chemise et se glissa entre les draps. Le bélier se blottit immédiatement dans ses bras. L'Italien serra son amant contre lui en essayant de ne pas lui faire mal. Il ne savait pas quoi lui dire ni comment lui faire comprendre ce qu'il ressentait. « Tu as vu le médecin? Demanda Mü.
_ Oui.
_ Qu'est-ce qu'il t'a dit?
_ Que tes blessures ne sont pas trop graves et que tu devrais te remettre assez rapidement. J'ai vu le policier qui s'occupe de l'enquête aussi. Il a dit que tu t'étais défendu et que ça allait les aider ». Mû ne répondit pas et se serra fort contre lui. Angelo resserra sa prise et lui embrassa le visage de multitude de baisers papillon. « Je suis content que tu sois là, chuchota le bélier.
_ Je serai toujours là, promit le cancer ». Mü s'endormit peu à peu bercé par les caresses d'Angelo.
Angelo entra dans l'hôpital en sifflotant presque. Mü allait enfin sortir après cinq jours d'hospitalisation. Angelo avait même prévu de prendre quelques jours de congé pour dorloter son Tibétain. Quand Angelo arriva à la chambre de Mü, quelqu'un était déjà en train de la nettoyer. « Excusez-moi, où est la personne qui occupait cette chambre?
_ Elle a quitté l'hôpital. Si je nettoie la chambre, c'est qu'elle est partie ». Angelo resta sur le pas de la porte. Cela lui semblait bizarre que Mü soit parti sans lui. Il décida de vérifier à l'accueil.
Angelo frappa à la porte de Mü. Il aurait pu entrer avec sa clé mais c'était beaucoup trop agressif. Tout ce qu'il voulait, c'était comprendre pourquoi Mü ne l'avait pas attendu. La porte s'ouvrit sur un bélier apparemment gêné. « Bonjour mon ange, dit Angelo.
_ Salut.
_ Pourquoi tu ne m'as pas attendu à l'hôpital?
_ J'avais envie de rentrer plus tôt.
_ Et comment tu es rentré?
_ Shaka m'a ramené.
_ Et pourquoi tu ne m'as pas appelé? ». Mü rougit jusqu'aux oreilles. « J'avais besoin d'être seul. Angelo, je... j'ai besoin de temps.
_ Bien sûr, assura le cancer en lui caressant la joue. Je te laisserai tout le temps qu'il te faudra ». Voyant que son vis-à-vis ne comprenait apparemment pas, le bélier ajouta : « Angelo, j'ai besoin d'une pause, qu'on ne se voit plus pendant un moment, tu comprends?
_ Oui je comprends.
_ Au revoir Angelo ». Mü se retira la main de l'Italien et referma la porte. Angelo se retrouva comme un idiot sur le palier, complètement hébété.
Aphrodite ouvrit la porte et découvrit Angelo qui se tenait derrière. « Angelo? Qu'est-ce que tu fais ici? ». Pour toute réponse, le poisson reçut un cancer en pleurs dans ses bras. « Angelo? Qu'est-ce qui t'arrive?
_ C'est Mü. Il ne veut plus de moi ». Aphrodite fronça les sourcils et fit entrer l'Italien. « Comment ça il ne veut plus de toi?
_ Tout ça c'est de ta faute, cria Angelo en désignant Shaka.
_ Comment ça? Demanda la vierge.
_ Pourquoi tu es allé le chercher à l'hôpital? ». Aphrodite força Angelo s'asseoir et lui servit un verre de whisky. « Il m'a appelé pour que je vienne le chercher, répondit l'Indien. Il m'a dit que tu étais au courant et que tu le rejoindrais chez lui.
_ Il t'a menti! ». Aphrodite apporta son verre à Angelo. « Pourquoi tu m'apportes ça?
_ Tu as besoin d'un remontant.
_ Je préférerais un café.
_ Je vais te le faire, dit Shaka.
_ Qu'est-ce qui s'est passé exactement? Demanda le Suédois.
_ Je suis allé à l'hôpital le chercher comme c'était prévu. Quand je suis arrivé, il était déjà parti. Alors, je suis allé chez lui. Il ne m'a même pas laissé entrer. C'est là qu'il m'a dit qu'il voulait faire une pause. Il ne s'est même pas expliqué.
_ Il faut le comprendre, dit Shaka en apportant le café ». Quand il posa la tasse sur la table basse, il remarqua que le verre du cancer était vide. « Bien sûr que je le comprends. Tu me prends pour un con ou quoi?
_ Angelo, s'il te plaît, ne t'énerve pas, temporisa le poisson.
_ Comment veux-tu que je ne m'énerve pas. J'essaie de vous dire que Mü ne va pas bien, qu'il m'a jeté comme une vieille chaussette et vous déblatérez des conneries aussi grosses que vous.
_ Angelo, tout ce que tu peux faire c'est attendre, conseilla Shaka.
_ Attendre quoi? Qu'il se foute en l'air?
_ Non. Qu'il se sente mieux.
_ J'aurai jamais la patience d'attendre sans rien faire.
_ Envoie-lui des messages.
_ Il m'a demandé de le laisser tranquille. Je vais pas me mettre à le harceler.
_ Écoute, ce que je vais te dire va te sembler bizarre, mais, même si Mü t'a demandé du temps, ce n'est pas une raison pour faire silence radio. Quand Mü ne va pas bien, il a besoin d'être seul. Je ne sais pas si c'est pour trouver le courage d'aller mieux ou s'il n'aime pas qu'on le voit comme ça, je n'ai jamais su. Mais si tu ne lui donnes pas de tes nouvelles, il va avoir l'impression que tu l'as abandonné. Et ça serait vraiment fini entre vous.
_ Je comprends. Il faut que je sois absent tout en étant présent.
_Oui ». D'un seul coup, Angelo éclata en sanglots. « Angelo, qu'est-ce qu'il y a? Demanda Aphrodite en se rapprochant du cancer.
_ C'est de ma faute. Si je n'avais pas répondu au téléphone, je n'aurais pas été en retard à notre rendez-vous et... et tout ça ne serait pas arrivé et... je m'en veux.
_ Angelo, ce n'est pas de ta faute ». Les pleurs de l'Italien redoublèrent. Aphrodite le prit dans ses bras et se mit à le bercer. « Écoute Angelo, tu vas rester dormir cette nuit ici, d'accord? On va te préparer la chambre d'ami. OK?
_ D'accord ». Aphrodite continua de câliner Angelo jusqu'à ce qu'il se calme.
« Il a réussi à s'endormir? Demanda Shaka à Aphrodite qui entrait dans la chambre.
_ Difficilement mais oui ». Le Suédois se déshabilla et vint rejoindre son amant dans le lit. Aussitôt couchée, il se blottit dans les bras de la vierge. « C'est la première fois que je vois Angelo dans un tel état, dit Shaka.
_ C'est normal. Il aime Mü. Il voit qu'il va mal et il ne peut pas l'aider. Tu réagirais de la même façon si tu étais à sa place, non?
_ Si.
_ Je sais qu'on s'était dit qu'on interviendrait pas dans la relation entre Angelo et Mü mais je pense qu'on va y être obligés.
_ Tu crois?
_ Oui. Ils s'aiment. Ça serait idiot qu'ils se séparent à cause de ce qui est arrivé à Mü. Angelo aurait beaucoup de mal à le supporter.
_ Mü aussi. Il n'a jamais été aussi heureux depuis qu'il connaît Angelo.
_ Qu'est-ce qu'on va faire?
_ Apprendre à Angelo à être patient. Et à Mü qu'il a le droit de se sentir mal et qu'il peut en parler.
_ Ça va être dur.
_ Oui.
_ Je t'aime Shaka.
_ Moi aussi Aphro ». Ils s'embrassèrent avant de retrouver les bras de Morphée.
« Comment va Mü?
_ On a connu mieux, répondit Aphrodite.
_ Tu n'as pas pris de ses nouvelles? Demanda Shaka.
_ Si. Je l'ai vu il y a quelques jours avec Saga, répondit Kanon. Je voulais savoir comment il allait depuis.
_ Pas la grande forme. Il a repris le travail, c'est déjà une bonne chose, continua le poisson.
_ Et avec Angelo? ». Les deux hommes restèrent un moment silencieux. « C'est compliqué, expliqua Aphrodite.
_ C'est-à-dire?
_ Il ne veut plus entendre parler d'Angelo. La dernière fois que j'ai abordé le sujet, j'ai cru que j'allais prendre son thé dans la figure, expliqua Shaka.
_ Et pourquoi?
_ Il a terriblement honte de ce qui s'est passé. Il ne se sent plus digne d'Angelo.
_ Et Angelo, comment il le prend?
_ Mal, répondit Aphrodite. Je crois que jamais je ne l'ai vu aussi mal.
_ Et qu'est-ce que vous comptez faire?
_ Essayez de trouver un moyen de raisonner Mü, conclut Shaka.
_ Et vous en avez trouvé un?
_ Tu pourrais peut-être essayer de lui parler, suggéra Aphrodite ». Kanon regarda ses deux amis, surpris. D'habitude ce genre de choses incombait à Saga. En même temps, c'est vrai qu'il avait une relation particulière avec Mü.
« Salut, dit Kanon quand Mü ouvrit la porte.
_ Salut, répondit le bélier.
_ Ça va? Demanda Kanon.
_ Oui.
_ Tu ne me laisses pas entrer?
_ Si ». Mü s'effaça pour laisser entrer le jumeau. « Je ne te dérange pas au moins?
_ Non ». Kanon s'installa dans un des fauteuils. « Tu veux boire quelque chose? Demanda Mü.
_ Un thé, s'il te plaît ». Le bélier passa dans le coin cuisine et mit de l'eau à chauffer. « Alors, quoi de nouveau?
_ J'ai repris le travail.
_ Et ça va?
_ Oui. Je suis occupé. Les journées me semblent moins longues. Et toi le travail?
_ Toujours la même chose. Mon patron est toujours aussi con et j'emmerde toujours Aphro avec mes commandes de dernière minute ». Kanon fut interrompu par un miaulement. « Bonsoir toi, dit Mü en ouvrant la porte du balcon. Tu as vraiment l'estomac réglé comme une montre suisse ». Une boule noire se faufila entre les jambes du bélier et se dirigea vers la cuisine. Mü le suivit tranquillement. Le chaton ne cessait de se frotter contre ses jambes pendant qu'il lui donnait à manger.
« Tu as un chat? Demanda Kanon pendant que le Tibétain se rasseyait sur le canapé.
_ Oui et non.
_ C'est-à-dire?
_ Je l'ai trouvé sur mon balcon. Je me contente juste de lui donner à manger. Vu qu'on a pas le droit aux animaux dans l'immeuble.
_ D'accord.
_ Et avec Ikki, comment ça va?
_ C'est un peu tendu en ce moment.
_ Ah. Et pourquoi?
_ Saga veut se mettre en ménage avec Shun. Et Ikki a du mal à vouloir lâcher son frère.
_ Et toi, qu'est-ce que tu en penses?
_ Saga est bien avec Shun. Ça lui a permis de pouvoir face à certaines choses. Je suis content qu'ils veuillent emménager ensemble. Ça va juste me faire bizarre de vivre seul.
_ Et toi et Ikki n'envisagez pas de vivre ensemble?
_ Pas pour le moment. Et puis je pense qu'on aime trop notre indépendance pour ça. Et toi et Angelo? ». Mü garda le silence. La boule de poils noirs en profita pour s'installer sur les genoux du bélier et réclamer un câlin. « Mü?
_ Il n'y a plus d'Angelo et moi.
_ Comment ça?
_ On fait une pause. Enfin, je lui ai demandé de faire une pause.
_ Et comment il le prend?
_ Pas très bien je pense. Il m'envoie des messages régulièrement.
_ Et tu lui réponds?
_ Non.
_ Pourquoi?
_ Parce que j'ai pas envie. J'ai pas envie de le voir, pas envie de lui parler, pas envie qu'il me regarde avec ses yeux brillants de désir.
_ Mü je comprends mais...
_ Non, tu ne comprends pas! ». Mû avait dit ça si brusquement que le chat se réveilla. Kanon quitta son fauteuil pour s'asseoir à côté de lui et lui prit la main. « C'est vrai que je ne peux pas comprendre exactement ce que tu ressens parce que je n'ai pas vécu ce que tu as vécu. Mais je peux comprendre que tu te sentes mal ». Kanon obligea Mü à le regarder. « Tu crois pas que ces hommes t'ont fait assez de mal pour foutre en l'air ton histoire avec Angelo?
_ J'en sais rien. Je me pose beaucoup de questions.
_ La seule que tu dois te poser, c'est est-ce que tu aimes toujours Angelo.
_ J'en sais rien.
_ Alors demande-toi pourquoi tu as rattiré ce chat alors que tu ne peux pas le garder ». Mû regarda Kanon incrédule. « Je dois te laisser. Ikki m'attend.
_ D'accord.
_ Prends soin de toi, murmura Kanon en embrassant Mü sur la joue ». Mû hocha la tête et laissa partir Kanon.
Le bélier resta quelques minutes immobile à caresser le chat qui dormait sur ses jambes. Il allait bientôt le mettre dehors. Mü sentit son cœur se déchirer à cette pensée. Il était cruel, encore plus cruel que les gens qui ignoraient le boule de poils endormie sur ses genoux. Il lui montrait ce que c'était d'avoir une maison sans pour autant lui en faire vraiment profiter. Mü se mit à pleurer doucement. Il pensa à Angelo, à ses bras protecteurs, à sa voix chaude. Si l'Italien était là, il l'aurait consolé. Angelo lui manquait. Plus qu'il ne voulait se l'avouer. Kanon avait raison, il n'avait recueilli le chat que pour combler l'absence d'Angelo. Mü serra le chaton contre lui, ce qui réveilla l'animal. Le bélier se leva et se dirigea vers le balcon. Les larmes lui brouillaient la vue mais il réussit à atteindre son but. Il mit le chat dehors, ferma la porte et s'écroula par terre. Il s'en voulait. Il s'en voulait pour le chat. Il s'en voulait pour Angelo. Il se sentait perdu. Il aimait toujours l'Italien. Il n'avait jamais cessé de l'aimer. Mais il ne se sentait plus capable de s'abandonner à lui, de lui confier son corps et son âme comme il l'avait fait. À ces pensées, les pleurs de Mü redoublèrent. Et c'est épuisé par ses larmes qu'il s'endormit contre la porte vitrée.
Angelo fixait le plafond de a chambre d'hôtel. Cela faisait près de trois semaines qu'il n'avait pas de nouvelles de Mü. Il avait beau lui envoyer des messages, il n'avait jamais de retour. Le cancer se dit que Shaka et Aphrodite l'avait baladé avec leur histoire. Angelo soupira et se tourna sur le côté. Il essayait vaguement de trouver le sommeil depuis deux heures. Son portable le sortit de sa réflexion. Il l'ouvrit et lut le message : « Merci de prendre de mes nouvelles. Je reprends le dessus petit à petit. Et toi comment vas-tu? Mü ». Angelo relut le message une deuxième fois pour être sûr qu'il ne s'était pas trompé. « Ça va merci. Beaucoup de boulot en ce moment ». La réponse ne se fit pas attendre : « Et qu'est-ce que tu fais en ce moment?
_ Je suis dans un hôtel à New York en train de chercher le sommeil.
_ Ah. Dommage
_ Pourquoi dommage?
_ Je voulais t'inviter à prendre un café.
_ Je rentre samedi. On peut se voir ce week-end.
_ Ça serait super.
_ Je t'appelle quand je suis rentré.
_ D'accord.
_ A plus.
_ Au revoir ». Angelo referma son téléphone totalement aux anges. Il ne savait pas comment il allait trouver le sommeil tellement il était excité.
Angelo patientait devant le porte. Il avait rendez-vous avec Mü pour un café. Il avait acheté des gâteaux histoire de ne pas venir les mains vides. Il aurait très bien pu prendre un bouquet de fleurs mais il avait peur que cela effraie Mü. Angelo respira un grand coup et frappa à la porte. Le bélier vint lui ouvrir. Malgré le fait que son visage porte encore quelques marques, il était toujours aussi magnifique. « Bonjour, dit Mü.
_ Bonjour, répondit Angelo en l'embrassant sur la joue. Tiens, ajouta le cancer en tendant la boîte de gâteaux au Tibétain.
_ Merci, c'est gentil. Entre ». Angelo obéit et Mü referma la porte derrière lui. « Alors, ce voyage à New York? Demanda le bélier.
_ Voyage d'affaires habituel. Un riche client qui veut aménager son duplex de manière farfelue pour impressionner ses amis.
_ Mmh. Ça a l'air passionnant.
_ C'est surtout que je ne peux pas lui dire que c'est un imbécile ». Mü sourit et Angelo ne put s'empêcher de lui répondre. Cela lui faisait du bien de voir que le bélier reprenait le dessus. Il réprima son envie de l'embrasser et continua la conversation : « Et la librairie?
_ La routine. Je me suis fait engueulé par un client parce que j'étais malade et qu'il fallait un livre de toute urgence. Comme si je l'avais fait exprès.
_ Y'a des cons partout.
_ Oui ». Les deux hommes burent leur café et discutèrent de longues heures.
Mü leva les yeux vers la pendule : « Tu veux rester dîner?
_ Je ne voudrais pas te déranger.
_ Je ne te proposerais pas si ça me dérangeait.
_ D'accord. Quel est le menu?
_ Pizza surgelée.
_ Tu te rends compte de l'énormité que tu viens de dire?
_ Je sais. Mais c'est tout ce que j'ai de rapide à faire. À moins que tu n'aies envie d'en faire une maison.
_ Non. Et puis ça prendrait trop de temps ». Mü allumait le four quand un miaulement se fit entendre. « Qu'est-ce que c'est? Demanda Angelo.
_ Le chat, répondit le Tibétain ». Il se dirigea vers la porte-fenêtre et l'ouvrit, laissant entrer précipitamment une boule de poils noire. Celle-ci se dirigea en miaulant vers la cuisine. Angelo attrapa le chat par la peau du cou et le souleva à hauteur de ses yeux : « Monsieur, vous êtes un malpoli. Vous pourriez dire bonjour tout de même.
_ Angelo, ne traumatise pas Bouchon, s'il te plaît.
_ Bouchon?
_ Oui. Dès qu'il en voit un, il faut qu'il joue avec.
_ OK. Et où tu l'as trouvé? Demanda le cancer en déposant le chat.
_ Sur mon balcon.
_ Et tu as le droit d'avoir des animaux?
_ Non. Je me contente juste de lui donner à manger et de le laisser dormir un peu, en espérant qu'il finisse par trouver une maison.
_ Tu veux que je prépare le dîner pendant que tu t'en occupes?
_ Oui je veux bien ». Angelo laissa Mü avec Bouchon et s'occupa de la pizza.
Les deux hommes étaient en train de terminer la vaisselle quand Bouchon demanda à sortir. « Moi aussi je vais partir, annonça Angelo à Mü qui refermait la porte-fenêtre.
_ D'accord.
_ Merci beaucoup pour le café et la pizza.
_ De rien ». Angelo allait ouvrir la porte quand Mü le retint par le bras : « Angelo?
_ Oui.
_ Tu veux rester dormir?
_ Tu es sûr?
_ Oui ». Le bélier passa ses bras autour des hanches du cancer. « Tu m'as manqué.
_ Toi aussi ». Disant cela, Angelo prit le visage de Mü entre ses mains et l'embrassa, lèvres contre lèvres. Le Tibétain entrouvrit la bouche, faisant comprendre qu'il en voulait plus. Angelo en profita pour glisser sa langue entre les lèvres du bélier. Il plaqua doucement l'Atlante contre la porte. L'Italien restait le plus doux possible. Il ne voulait pas effrayer Mü maintenant qu'il l'avait accepté. Angelo finit par interrompre leur baiser car les deux hommes commençaient à manquer cruellement d'oxygène. L'Italien fixa son vis-à-vis qui avait les larmes aux yeux : « Ça va? ». Mü acquiesça. Angelo attrapa avec ses lèvres une larmes qui coulait sur la joue de son amant et se serra contre lui. Le cancer essayait de garder son calme mais il ne pouvait empêcher son corps de réagir, heureux de retrouver celui de Mü. « On devrait aller dormir, murmura Angelo dans le cou du bélier.
_ Oui ». L'Italien se détacha de son amant et attendit que celui-ci l'emmène dans la chambre.
Angelo patientait sur le lit. Quand il entendit Mü arriver, il leva la tête. Le bélier était revêtu d'un pyjama qui semblait trop grand pour lui. Le cancer s'agenouille sur le bord du lit et attira le Tibétain à lui. Il commença à dégrafer son haut de pyjama. « Angelo, qu'est-ce que tu fais?
_ J'ai envie de sentir ta peau contre la mienne.
_ Angelo, j'ai encore plein de marques.
_ Et alors? ». L'Italien retira le haut du pyjama et guida Mü dans le lit. Angelo passa un doigt sur les blessures du Tibétain avant d'y poser les lèvres. Il descendit lentement jusqu'au nombril de l'Atlante. Celui-ci avait une ecchymose sur le ventre. Le cancer y posa ses lèvres et fut tenté de titiller le nombril de son amant. Combien de fois il avait fait gémir Mü en y passant la langue. Le bélier attendait. Il avait oublié à quel point c'était agréable de sentir les mains et les lèvres d'Angelo contre sa peau. L'Italien refit le même chemin en sens inverse et nicha sa tête dans le cou du Tibétain. « Tu as fini ton inspection?
_ Oui, ça aidera à guérir plus vite ». Mü sourit. Petit à petit, il sentit Angelo lui suçoter le cou. « Tu crois pas que j'ai assez de marques comme ça.
_ De marques de tendresse, non ». Une fois qu'il eut laissé une jolie marque rosée, l'Italien changea de côté. « Angelo, murmura Mü.
_ C'est mieux si c'est symétrique ». Quand il eut fini, Angelo se redressa et fixa son vis-à-vis. Celui-ci semblait perdu entre différents sentiments. Angelo le ramena à la réalité en l'embrassant. « On devrait dormir, suggéra Angelo.
_ Oui, répondit Mü ». Le cancer bascula sur le côté et éteignit la lumière.
Mü ouvrit les yeux. Angelo l'observait de ses yeux brillants. « Salut, murmura le bélier.
_ Salut.
_ Ça fait longtemps que tu es réveillé?
_ Depuis un petit moment.
_ Je ne savais pas que tu avais encore tes insomnies.
_ Tu m'as trop manqué ». Mü sourit, lui caressant la joue : « Toi aussi tu m'as manqué ». Angelo se pencha vers lui et l'embrassa. Le baiser fut sage au début mais le cancer ne put s'empêcher de serrer son partenaire à l'en étouffer. Mü répondait aux assauts de son amant tout en gardant une certaine distance. Angelo fit remonter sa main le long de la hanche du bélier jusqu'à son torse où il caressa rapidement un téton avant de redescendre. Les blessures de Mü avaient déjà cicatrisé et, pour certaines d'entre elles, totalement disparu. Mais le cancer savait qu'il y avait d'autres blessures qui seraient beaucoup plus longues à guérir. Il se décida à détacher ses lèvres de celles de son amant. « Je ne savais pas que je t'avais manqué à ce point, dit Mü dans un sourire.
_ Tu n'as pas idée, répondit Angelo en l'embrassant sur le front ». Après avoir embrassé le front de l'Atlante, le cancer prolongea jusqu'à ses lèvres pour un nouveau baiser enflammé. Il enserra de nouveau son amant dans ses bras. Tout en explorant la bouche de son amant, Angelo se dit qu'il devrait se calmer pour éviter toute situation gênante. Il déposa un baiser dans le cou de Mü et posa sa tête sur sa poitrine, dessinant des arabesques de son doigt. Instinctivement, le bélier plongea ses doigts dans sa chevelure rebelle. « Je parie que c'est ce qui t'a manqué le plus, soupira le Tibétain.
_ Tout m'a manqué.
_ Et certaines choses vont te manquer encore longtemps.
_ Alors, j'attendrai ». Le cancer sentit le bélier se tendre. Il se redressa et fixa son vis-à-vis : « Je t'ai dit que j'attendrai, alors j'attendrai ».Mü baissa les yeux. Angelo se pencha vers lui et lui distribua de baisers papillons sur le visage. Mü se blottit au creux de son épaule, respirant son parfum. Angelo sentait des larmes courir le long de sa clavicule. « Mü...
_ S'il te plaît, ne dit rien ». Angelo roula sur le côté, tenant toujours Mü blotti dans ses bras. Il se mit à lui masser la nuque pour le rassurer, effleurant de temps en temps ses cheveux ou son visage de ses lèvres. Il savait que lorsque le bélier était plongé dans son mutisme, rien en pouvait l'en faire sortir.
Angelo perçut un vague son de radio qui tentait de le réveiller. Il avait dormi chez Mü et celui-ci jouait toujours la belle au bois dormant sur sa poitrine. Angelo lui caressa les cheveux et le bélier s'étira comme un chat. « Tu vas travailler aujourd'hui? Demanda le cancer.
_ Oui, sinon pourquoi j'aurais fait sonner le réveil?
_ Tu pourrais rester ici pour te reposer.
_ Non, c'est mieux pour moi de travailler. Ça m'empêche de penser ». Angelo soupira : « Je vais aller préparer le petit déjeuner.
_ Angelo?
_ Mmh...
_ Tu viens ce soir?
_ Bien sûr ». Mü le serra dans ses bras et l'embrassa.
Angelo frappa à la porte et l'ouvrit. Il se dirigea vers le bureau et tapa à la porte ouverte. Mü se retourna vers lui et lui sourit : « Bonsoir ». Pour toute réponse, Angelo s'avança vers lui et l'embrassa. « Tu as passé une bonne journée? ». Mü acquiesça : « Et toi?
_ Ça va.
_ Ce soir, c'est plat préparé. J'ai pas eu le temps de cuisiner. Ça te dérange?
_ Non. Tu veux que je mette la table?
_ Oui. Et tu peux préparer une salade aussi?
_ Bien sûr. Qu'est-ce qu'il y a?
_ Sais pas. Regarde dans le frigo ». Angelo sourit. Quand Mü oubliait de faire la cuisine, c'était vraiment qu'il était pris par son travail. « Qu'est-ce que tu fais?
_ Je regarde les envois des maisons d'édition pour faire les prochaines commandes.
_ Tu renouvelles ton stock?
_ Oui. Je regarde les nouveautés, les livres épuisés, ceux que les clients me demandent. Tout ça quoi ». Angelo se pencha vers lui et murmura : « Heureusement que j'ai apporté le dessert.
_ J'espère que c'est pas encore un tiramisu.
_ Non. Mais ça va te plaire ». Mü haussa un sourcil : « Et en quel honneur? ». Angelo l'embrassa. « Comme ça, pour le plaisir ». Il l'embrassa à nouveau. « Tu m'as manqué ». Le baiser se fit plus passionné. « Je t'aime ». Un dernier baiser puis Angelo disparut dans la cuisine.
Mü terminait de ranger la vaisselle quand Angelo l'attrapa par les hanches pour le faire se décaler. Ce qui eut pour effet de faire lâcher au bélier ce qu'il tenait dans les mains. « Ça va? Demanda le cancer.
_ Ne refais jamais ça.
_ Oui. Mais pourquoi?
_ Parce que.
_ Mü, je voulais juste que tu te décales.
_ Tu n'avais qu'à le demander.
_ Mü, qu'est-ce qui ne va pas?
_ ...
_ Mü, murmura Angelo en prenant son visage entre ses mains. Parle-moi.
_ Qu'est-ce que tu veux que je te dises? Qu'ils m'ont attrapé de cette manière avant de me plaquer contre un mur et de me frapper. Et qu'après être sûrs que je ne me défendrais plus, ils m'ont violé chacun leur tour! C'est ça que tu veux que je te dises? Ou que pendant qu'il y en avait un qui me violait, les deux autres me forçaient à les sucer ou regardaient en se masturbant! C'est ça que tu veux savoir? Ou que je me dégoûte tellement que je ne sais pas si j'arriverais à faire à nouveau l'amour avec toi ou même à ressentir du plaisir et...
_ Mü, ce n'est pas ce que je veux. Enfin si. J'ai besoin que tu me dises si jamais j'ai un geste ou une parole qui te rappelle de mauvais souvenirs. Mais je ne veux pas que tu me racontes ce qui s'est passé si tu ne te sens pas prêt à le faire. Tu comprends?
_ Oui, je... je, balbutia le Tibétain en fermant les yeux.
_ Chut, dit Angelo en le serrant dans ses bras ». Mü se blottit contre lui et se mit à pleurer doucement.
Les deux hommes étaient allongés dans le lit, Mü appuyé contre l'épaule d'Angelo. Celui-ci lui caressait le bas du dos, d'un geste rassurant. Le cancer embrassa le bélier, le faisant basculer. Angelo s'agenouilla au-dessus de Mü, plaçant ses jambes de chaque côté de ses cuisse. Il se pencha vers lui et défit un à un les boutons du pyjama du Tibétain. « Angelo, qu'est-ce que tu fais?
_ Je veux te montrer quelque chose ». Il commença à suçoter le gorge de Mü. « Angelo, s'il te plaît. Je ne suis pas prêt.
_ À quoi?
_ À ce que tu me fasses l'amour.
_ Mais je ne vais pas te faire l'amour.
_ Alors...
_ Je veux juste te prouver que tu peux encore ressentir du plaisir.
_ Mais...
_ Aie confiance en moi ». Angelo avait une idée. Il savait qu'un de point faible de Mü était son nombril et il avait l'intention d'en profiter. Mais il savait que c'était risqué. Mü pouvait ne pas apprécier, et lui-même ne savait pas s'il serait capable de s'arrêter à temps. En même temps qu'il embrassait le bélier, Angelo le caressait allant de son torse à ses hanches et remontant. Il sentait Mü extrêmement crispé et il voulait le détendre. Le Tibétain arrêta la main du cancer, ses caresses le mettaient mal à l'aise. Angelo prit la main du bélier et la posa à côté de sa tête. Cependant, il ne la retint pas prisonnière et se mit à la caresser, faisant glisser sa paume contre celle de Mü, laissant leurs doigts s'entremêler. Angelo délaissa les lèvres de Mü pour s'attarder sur sa gorge et descendre le long de son torse. Il hésita un instant avant de décider d'en faire dresser les deux perles rosées. Le cancer que, même s'il le laissait faire, le bélier était toujours aussi angoissé. Angelo prit le temps d'arriver jusqu'au ventre de son amant. Il embrassa le pourtour du nombril du Tibétain. L'italien sentit Mü se détendre petit à petit. Angelo introduit sa langue dans le nombril de son amant, ce qui le fit sursauter de surprise. Le cancer reprit sa séance de baisers avant de revenir à sa cible. Petit à petit, Mü laissait s'échapper de légers soupirs. Quand il l'entendit murmurer son nom, Angelo comprit qu'il avait atteint son but. Il remonta jusqu'aux lèvres de Mü pour un nouveau baiser passionné. Quand les deux hommes se séparèrent, Angelo remarqua les larmes qui perlaient au coin des yeux du bélier. « Ça va? ». Le bélier acquiesça doucement. Il embrassa Angelo et posa la tête du cancer sur sa poitrine. Le bélier plongea ses doigts dans la chevelure rebelle de son amant et se mit à en respirer le parfum. L'Italien sentait au soulèvement de la poitrine du Tibétain que celui-ci pleurait toujours. « Angelo?
_ Oui.
_ Merci ». Le cancer se redressa. Des traces brillantes sillonnaient le visage de Mü. « Je t'aime mon ange.
_ Je sais, répondit le bélier ». Les deux hommes se fixèrent un moment. Mü embrassa Angelo sur le front avant de reposer sa tête sur sa poitrine. Il s'enivra de la chevelure de son amant qui le serrait contre lui. « Je t'aime aussi Angelo ». L'Italien le serra plus fort. « Je suis désolé mon cœur, continua le bélier.
_ Pour?
_ Pour tout à l'heure. J'ai plein de sentiments contradictoires en ce moment. J'arrive pas à mettre des mots sur ce que je ressens. Et du coup, je suis à fleur de peau et... Je suis désolé que ça soit toi qui prenne ». Angelo s'était redressé et écoutait Mü. « Tu as vécu quelque chose de traumatisant c'est normal.
_ Je sais mais...
_ Chut. On devrait peut-être dormir.
_ Tu as raison ». Mü se blottit dans les bras d'Angelo qui éteignit la lumière. « Bonne nuit mon ange, murmura le cancer.
_ Bonne nuit mon cœur ».
« Ça va ? Demanda Aphrodite. Tu as l'air fatigué.
_ Ça fait deux jours que je ne dors pas ». Les deux amis avaient déjeuné ensemble et le poisson s'inquiétait du silence du cancer. « Qu'est-ce qui t'arrive?
_ C'est Mü. Depuis qu'il sait qu'il doit aller au commissariat identifier ses agresseurs, il fait des cauchemars. Je suis obligé de lui chanter une berceuse pour qu'il se calme ». Aphrodite sourit. « Quoi? Demanda Angelo.
_ Rien. J'essaie d'imaginer la scène.
_ Ce n'est pas drôle Aphro.
_ Et comment il va à part ses cauchemars?
_ Il essaie de reprendre le dessus, c'est pas toujours facile.
_ Et toi?
_ J'essaie de rester patient, de ne pas le brusquer. Mais c'est difficile de ne pas pouvoir le toucher comme j'en ai envie. C'est frustrant. J'ai toujours peur d'aller trop loin.
_ Au moins, vous êtes ensemble. Tu as assez râler qu'il ne voulait plus te voir.
_ Je sais. Mais je voudrais tellement qu'il se sente bien. Je ne sais plus quoi faire.
_ Il lui faut juste du temps. Sois patient.
_ Tu sais bien que ce n'est pas mon point fort.
_ Je le sais bien mais là tu dois faire un effort ». Angelo soupira. Aphrodite avait raison. Mais il était tellement désemparé qu'il ne savait plus quoi faire pour soulager la souffrance de Mü.
Mü était tellement crispé sur le bras d'Angelo qu'il était en train d'y imprimer ses ongles à travers la chemise du cancer. Celui-ci serrait les dents pour ne pas hurler à son amant qu'il était en train de le lacérer. « Mon ange, souffla Angelo, tu devrais essayer de te détendre.
_ J'y arrive pas. Merci d'être venu avec moi.
_ Mais de rien ». Le cancer déposa un léger baiser sur les lèvres de Mü. Celui-ci passa ses bras autour du cou de l'Italien et se blottit contre lui. Angelo était heureux que le bélier lui lâche enfin le bras et le serra contre lui.
« Excusez-moi messieurs ». Les deux amants se séparèrent et se tournèrent vers le policier qui les avaient interpelés. « Si vous voulez bien me suivre ». Les deux hommes se levèrent et accompagnèrent le policier jusqu'à une salle. Là, l'inspecteur chargé de l'enquête les attendait face à une glace sans tain. « Bonjour monsieur Ariès. Approchez-vous. Nous allons faire entrer les différents suspects et vous nous direz si vous en reconnaissez un. D'accord? ». Mü acquiesça et s'approcha de la vitre. « Vous pouvez prendre le temps qu'il vous faut ».
Angelo et Mü descendaient les marches du commissariat main dans la main. Mü était resté calme pendant toute la procédure. Angelo aussi avait réussi à dompter l'envie qu'il avait de massacrer les trois agresseurs du bélier. « Attends Angelo ». Le cancer se retourna : « Qu'est-ce qu'il y a?
_ Je me sens pas bien. Je crois que je vais m'évanouir ». Mü était pâle et ses mains tremblaient. Ses nerfs étaient en train de lâcher. « Mü, regarde-moi. Respire profondément. Comme moi ». Le Tibétain calqua son souffle sur celui d'Angelo. « Il faut que tu t'assieds, conseilla le cancer. Tu te sens capable d'aller jusqu'au banc?
_ Je ne sais pas.
_ On va essayer. Si ça ne va pas, on s'arrêtera en route ». Arrivé au banc, Mü se laissa choir. Angelo s'assit à côté de lui. « Tu restes là, ordonna l'Italien. Je vais chercher la voiture.
_ Non, reste avec moi, supplia Mü ». Angelo prit le Tibétain dans ses bras et le serra contre lui. Le bélier continuait de respirer profondément pour se calmer. Le cancer attendait que le stress de Mü redescende quand celui-ci frissonna. « Tu as froid?
_ Oui.
_ Tu es capable d'aller jusqu'à la voiture?
_ Je pense ». Les deux hommes se levèrent et marchèrent d'un pas lent, Mü appuyé sur l'épaule d'Angelo.
Le cancer observait son amant enroulé dans une couverture qui regardait par la fenêtre. Ils étaient pris dans les embouteillages et avançaient au pas. Angelo prit la main de Mü qui se retourna. « Ça va?
_ Oui.
_ Tu as encore froid?
_ Un peu.
_ Tu veux que je mette le chauffage.
_ Non. Ça va aller ». Angelo profita qu'ils étaient arrêtés pour embrasser le bélier. « Tu es un ange, murmura Mü.
_ Moi aussi je t'aime ». Le Tibétain sourit et se blottit contre l'épaule de l'Italien. Il avait prit la main du cancer dans les siennes et ne la lâchait pas.
« On est arrivés, murmura Angelo à l'oreille de Mü ». Celui-ci ouvrit les yeux et s'étira. Une fois à l'intérieur, Mü tremblait toujours. « Tu as besoin de quelque chose, demanda le cancer.
_ Tu peux me faire un thé? Je vais aller me rallonger, je suis épuisé.
_ D'accord ». Mü serra Angelo contre lui et se dirigea vers la chambre.
Angelo apporta une tasse de thé fumant à Mü qui était enseveli sous les couvertures. « Mon ange? ». Mü sortit la tête. « Merci mon cœur ». Il sortit un bras et attrapa la tasse. Le bélier s'assit pour boire son thé et Angelo en profita pour s'installer à côté de lui. Une fois qu'il eut vidé sa tasse, Mü la tendit à Angelo. « Ça va mieux?
_ Oui, répondit Mü ». Il se rallongea. « Tu veux bien rester, Mü en tendant le bras vers Angelo ». L'Italien défit sa chemise et se glissa dans le lit. Immédiatement, le bélier se colla à lui. « Mü?
_ Oui.
_ Est-ce qu'il y a quelque chose qui te ferait plaisir pour le dîner?
_ Oui, être avec toi.
_ Non, je parlais du menu.
_ Tout ce que tu veux, tant qu'on dîne ensemble ». Il se blottit un peu plus contre son amant.
Mü fut réveillé par une odeur d'épices et de bougies parfumées. Il mit quelques secondes avant de réaliser qu'il était chez lui dans son propre lit. Angelo avait disparu et lui-même était dissimulé sous une montagne de couvertures. Mü s'extirpa du lit, enfila un pull et se dirigea vers le salon. Angelo terminait de mettre la table. Il avait installé le dîner sur la table basse et avait disposé des bougies un peu partout. « C'est très romantique, dit Mü pour s'annoncer.
_ Oui. J'avais envie de quelque chose de spécial.
_ Tu es allé chez le traiteur, constata Mü en regardant les plats disposés sur la table.
_ Oui. Je me suis dit que ça te ferait plaisir.
_ J'ai de la chance.
_ De?
_ De t'avoir ». Mü sourit à Angelo qui lui répondit. « On mange, proposa l'Italien.
_ Oui ». Angelo s'assit par terre et Mü vint s'installer entre ses jambes.
Les deux hommes avaient fini de dîner. Mü avait passé ses deux jambes sur la jambe droite d'Angelo et s'appuyait à la fois sur son torse et sur sa jambe gauche. « Angelo?
_ Mmh.
_Tu pars à quelle heure demain?
_ Mon avion décolle à 16 heures.
_ Tu es vraiment obligé?
_ Crois-moi, si j'avais le choix je resterais ici. Ce n'est que trois jours, ça va passer vite.
_ Je sais mais je supporte de moins en moins quand tu n'es pas là.
_ Toi aussi tu vas me manquer.
_ Mon cœur?
_ Oui.
_ Il nous reste combien de temps pour la maison?
_ Jusqu'à la fin de la semaine prochaine. Pourquoi, tu veux qu'on l'achète?
_ J'ai pas encore pris ma décision. C'est juste pour savoir combien de temps il me reste. De toute façon, même si on ne l'achète pas, ça nous empêche pas d'emménager ensemble.
_ Tu veux qu'on vive ensemble?
_ Oui. À moins que tu ne sois revenu sur ta proposition.
_ Non.
_ Je pourrais donner mon préavis à la fin du mois, comme ça j'aurais deux mois après pour déménager mes affaires dans ton appart'.
_ Je peux savoir ce qui t'a motivé?
_ Je supporte plus d'être sans toi. En plus comme ça, tu ne passeras plus ta vie à courir après tes affaires. Et je pourrai profiter de toi jusqu'au dernier moment quand tu voyageras pour ton travail ». Angelo serra son amant contre lui. « Angelo, merci pour le dîner. C'était vraiment parfait ». Le cancer se contenta de l'embrasser. « Je suis désolé, dit Mü.
_ Pour?
_ Ton bras. Les marques, c'est moi qui te les ai faites.
_ Faut dire que tu étais tellement calme.
_ Ce n'était pas une raison pour te balafrer. L'avantage, au moins, c'est que si tu te fais draguer, on verra que tu es déjà pris » .Angelo sourit. « On devrait peut-être aller se coucher.
_ Oui. La journée a été épuisante ». Les deux hommes se levèrent, débarrassèrent la table et disparurent dans la chambre à coucher.
Angelo pestait. Il était rentré dans l'après-midi de New-York et s'était plongé dans ses dossiers. Il avait appelé Mü pour lui dire qu'il ne serait pas libre avant le surlendemain soir. Le bélier avait grogné. Angelo aussi était mécontent. Son amant lui manquait terriblement. Il se disait que ses clients avaient oublié qu'il avait une vie privée. Et sa nouvelle secrétaire qui lui prenait dix rendez-vous par jour! Angelo était absorbé par ses pensées quand il entendit qu'on farfouillait dans la serrure. Le temps qu'il se lève, Mü apparut dans l'encadrement de la porte. Angelo le regarda surpris. « Bonjour mon cœur.
_ Salut. Qu'est-ce que tu fais là?
_ Je t'apporte le dîner et je m'incruste pour la nuit.
_ Mü, j'ai beaucoup de travail et...
_ Je sais. Mais tu vas au moins prendre le temps de manger.
_ Mais...
_ Voilà ce que je te propose : je viens ce soir et demain pour te préparer à dîner et dormir avec toi; et après-demain, on se fait une soirée en tête-à-tête ». Angelo prit Mü dans ses bras et l'embrassa. « Tu m'as manqué.
_ Toi aussi. Allez, retourne à tes dossiers ». Angelo embrassa Mü et reprit son travail.
« Je suis content que tu sois là.
_ Moi aussi ». Angelo avait posé sa tête sur le torse de Mü et se laissait bercer par sa respiration : « Trésor, tu n'as pas pris trop d'affaires pour deux jours?
_ Je vais en laisser ici. C'est pour ça que mon sac est aussi gros.
_ Il va falloir que je te fasse de la place alors?
_ Oui ». Angelo fixa Mü. « Ça va me faire bizarre.
_ Quoi?
_ De t'avoir à la maison.
_ Je peux rester dans mon appart' si tu veux.
_ Non ». Angelo embrassa Mü. Il avait eu l'occasion d'embrasser énormément de personnes mais aucune n'avait les lèvres aussi douces que Mü. Le cancer se coula dans les bras du bélier et se laissa glisser dans le sommeil.
Mü regardait pas la fenêtre. Aucune silhouette féline ne se dessinait à l'horizon. Le bélier s'inquiétait. Il espérait que Bouchon avait fini par trouver une famille. Il s'en voulait de l'avoir laissé pendant deux jours. En même temps, il n'allait pas dire à Angelo qu'il ne voulait pas le voir à cause d'un chat. Il vit la berline d'Angelo se garer en bas de son immeuble. L'Italien descendit de la voiture et se dirigea vers l'entrée. Mü attendit quelques minutes avant d'entendre le cancer entrer dans l'appartement. « Mon ange?
_ Je suis là ». Mü ferma la fenêtre. « Qu'est-ce que tu fais?
_ Je regarde si Bouchon est là. Je ne l'ai pas vu aujourd'hui. Ça m'inquiète.
_ Il a peut-être une autre maison.
_ Hn.
_ Hé, ça va?
_ Oui ». Mü se blottit dans les bras d'Angelo. Il se retenait de pleurer. C'était idiot mais il s'était attaché à cette boule de poils. « On y va? Demanda Angelo ». Mü acquiesça. « Tu lui as laissé sa gamelle?
_ Oui ». Angelo prit le sac et la main du bélier et l'entraîna hors de la chambre.
Mü s'était installé dans le canapé, attendant qu'Angelo dépose son sac dans la chambre. « Quel est le programme de ce soir?
_ Repas en tête-à-tête ici. Après, on peut peut-être aller au cinéma.
_ Tu crois qu'on va avoir envie de bouger?
_ Je sais pas ». Angelo s'était installé derrière Mü et commençait à lui masser les épaules. « Mon ange?
_ Oui.
_ Tu peux aller à la salle de bains?
_ Pour quoi faire?
_ Va ». Mü soupira et se leva. Il alla à la salle de bains en traînant les pieds. Angelo attendit quelques minutes avant d'entendre Angelo crier. Le cancer sourit. Il savait que sa surprise allait plaire au bélier. Il rejoignit le Tibétain. Celui-ci était assis sur le carrelage et jouait Bouchon. « Ça va? Demanda Angelo.
_ Oui ». Bouchon était en train de jouer avec les cheveux de Mü. « Je ne comprends pas, dit le bélier.
_ Quoi?
_ Pourquoi... Pourquoi tu l'as ramené chez toi? ». Angelo s'assit à côté du Tibétain. « Pour toi.
_ Comment ça pour moi?
_ Tu t'y es attaché. Et comme tu ne peux pas avoir d'animaux chez toi et que tu vas t'installer chez moi, je me suis dit que c'était un bonne idée de le ramener ici.
_ Merci, murmura Mü les larmes aux yeux. C'est gentil ». Angelo se pencha vers lui et l'embrassa. « Je t'aime, murmura Mü.
_ Moi aussi je t'aime. Ça va? Demanda le cancer en caressant la joue de son amant ». Mü hocha la tête. Bouchon avait fini ses jeux et profitait des caresses du bélier. Celui-ci se rapprocha de l'Italien, se glissant entre ses jambes pour pouvoir s'appuyer sur son torse. Angelo caressa le chaton qui se mit à ronronner de plus belle. « Je vois que je ne suis pas le seul à apprécier tes caresses, plaisanta Mü.
_ Tu es jaloux?
_ Non. Au fait, il va dormir où?
_ Il a un coin dans le salon.
_ Pas dans la chambre?
_ J'aimerais bien qu'on ait un endroit à nous. Pour pouvoir se faire des câlins tranquillement ». Disant cela, Angelo colla ses lèvres contre celles de Mü pour un long baiser langoureux. Bouchon se mit à miauler, se frottant contre les deux les hommes. Le chaton râlait qu'on l'abandonne en pleine séance de caresses. Mü descendit sa main de la nuque d'Angelo jusqu'au dos de Bouchon qui ronronna à nouveau. Le bélier interrompit leur baiser, à bout de souffle : « C'était pour me convaincre?
_ Non, j'en avais envie ». La seule chose qu'Angelo aurait pu faire comprendre à Mü, c'est qu'il avait envie de lui. Le Tibétain avait posé Bouchon sur ses jambes et continuait ses caresses. Bouchon se tourna vers Angelo et miaula. « Je crois qu'il a envie que tu le caresses, murmura Mü.
_ Mais dites donc monsieur, vous êtes bien exigeant, dit Angelo en s'adressant à Bouchon.
_ Il n'a pas eu d'affection quand il était tout petit, c'est normal qu'il en réclame.
_ Ça va, demanda le cancer en écartant les mèches du visage de Mü.
_ Oui, répondit le bélier les larmes aux yeux ». Angelo força le Tibétain à lever la tête pour le regarder. « Tu es sûr? Demanda Angelo en lui caressant la joue.
_ Oui. C'est ridicule. C'est juste que je suis tellement content que tu aies ramené Bouchon ici. J'avais tellement peur qu'il lui arrive quelque chose ». Les larmes s'étaient mises à couler d'elles-mêmes sur les joues de Mü. « Je suis ridicule, continua le bélier s'essuyant les joues.
_ Non, assura Angelo en rejetant des mèches de cheveux derrière l'épaule de Mü. Je ne vois pas ce qu'il y a de ridicule à s'attacher à quelqu'un ». Le cancer se pencha pour embrasser le bélier. Celui-ci le retint pour un baiser plus passionné. Mü interrompit leur baiser et se pelotonna contre l'épaule d'Angelo. Celui-ci en profitait pour lui caresser les cheveux et le bas du dos. Les deux hommes regardaient Bouchon qui alternait jeux et caresses avec les mains de Mü. Après quelques minutes, Angelo se leva : « Je vais préparer le dîner.
_ Tu as besoin d'aide, s'enquit Mü.
_ Non. Je t'appellerai quand ce sera prêt.
_ D'accord ». Angelo sortit de la salle de bains, laissant seul le bélier avec Bouchon.
Angelo pensait à Mü en même temps qu'il préparait le repas. Il savait que sa surprise allait plaire au Tibétain mais il ne pensait pas qu'elle le bouleverserait à ce point. Le cancer se disait que,malgré le fait qu'il semble aller mieux, le bélier était encore très fragile. Un miaulement sortit Angelo de ses pensées. Bouchon se précipita aux pieds de l'Italien, suivi par Mü. « Je crois qu'il a senti l'odeur de la nourriture.
_ Je crois aussi. De toute façon, c'est l'heure de son repas ». Angelo servit des croquettes et du lait à Bouchon. « Tu as besoin que je fasse quelque chose?
_ Tu peux mettre la table. C'est presque prêt.
_ D'accord ».
Mü était assis sur les genoux d'Angelo. Le bélier s'était installé sur les genoux du cancer pour le dessert. Angelo était ravi de cette initiative. La fin du repas avait été très romantique et l'Italien espérait que la suite de la soirée le serait aussi. « Si on faisait la vaisselle pour pouvoir aller se coucher, proposa Angelo.
_ Oui. Bonne idée. Je commence à tomber de sommeil.
_ En tout cas, il y en a un qui a déjà commencé sa nuit, dit Angelo en désignant Bouchon roulé en boule dans son panier ». Mü sourit et se leva.
Les deux hommes firent rapidement la vaisselle. Angelo attrapa Mü dans le couloir et l'embrassa fougueusement. Il le plaqua doucement contre un des murs. Le cancer détacha ses lèvres de celles du bélier et se blottit dans ses bras. Il attendit que Mü reprenne son souffle avant de l'entraîner dans la chambre. Angelo défit lentement la chemise du Tibétain. Il défit ensuite la sienne avant d'allonger Mü sur le lit. Angelo attendit que Mü lui fasse un signe avant de l'embrasser.
Mü laissait les lèvres et les mains d'Angelo glisser sur son corps. Le cancer ne s'était pas montré pressant mais le Tibétain avait senti qu'il mourrait d'envie de lui faire l'amour. Mü ne savait pas s'il se sentait prêt, mais il ne voulait pas refusé. Le bélier gémit. La langue d'Angelo venait de caresser son nombril. L'Italien attendit avant de continuer. Il dévorait le corps de son amant, embrassant, caressant ce corps meurtri qui le rendait fou. Angelo avait enroulé les jambes de Mü autour de ses hanches. Le bélier avait tout juste une érection alors que le cancer se sentait de plus en plus à l'étroit dans son pantalon. Les lèvres d'Angelo remontèrent jusqu'au visage de Mü. Angelo prit les mains du bélier et les posa de chaque côté de sa tête. L'Italien détacha à regret ses lèvres de celles du Tibétain. Il essaya de reprendre une respiration régulière. Mü avait le souffle un peu court, les joues légèrement rosies et les yeux dans le vague. « Mü?... murmura Angelo. Et-ce que... est-ce que tu as envie que je te fasse l'amour?
_ Je... je sais pas. J'en sais rien ». Angelo lâcha les mains de son amant. Il détacha les jambes de Mü de ses hanches et souleva légèrement son bassin pour mieux se rallonger sur le bélier. Le Tibétain enserra Angelo dans ses bras et enroula à nouveau ses jambes autour des jambe de son amant. Le cancer se releva et regarda Mü d'un air dubitatif. « J'aime sentir ton corps entre mes jambes, c'est tout.
_ Tu m'arrêtes si je vais trop loin.
_ D'accord.
_ Ne t'inquiètes pas, une bonne douche froide et tout rentrera dans l'ordre ». Mü sourit et Angelo l'embrassa. « Tu peux le dire?
_ Ce à quoi tu penses.
_ Je t'aime mon ange ». Le cancer embrassa à nouveau son amant et se laissa enflammer. Le bélier se laissait guider par les mains et les lèvres de l'Italien. Il n'était pas aussi enflammé qu'Angelo mais son corps était traversé de frissons; et quelque part, il s'en sentait soulagé. Jamais il n'aurait cru retrouver de telles sensations, surtout après l'humiliation qu'il avait subie. Angelo commençait à descendre de plus en plus bas. Mü se cambrait sous les lèvres du cancer qui le pressait contre sa bouche pour mieux le caresser. Angelo fit basculer le bélier et les deux hommes se retrouvèrent au milieu du lit, Mü sur le genoux de l'Italien. Angelo caressa le dos du Tibétain avant de dégrafer son pantalon. Mü regardait son vis-à-vis curieux. « Mon ange, murmura l'Italien en prenant la main du bélier et en la posant sur son torse, j'aimerais que toi aussi tu me caresses ». Mü descendit sa main sur le torse d'Angelo. Celui-ci frissonna de plaisir. Le Tibétain défit le pantalon du cancer et attendit. L'Italien avait laissé ses mains sur les hanches de Mü et laissait son amant prendre le contrôle. Le bélier se rapprocha d'Angelo et l'embrassa. Le cancer l'attrapa et les fit basculer sur le lit, Mü au-dessus de lui. Le Tibétain se redressa légèrement. Ses longs cheveux caressèrent le torse de son amant qui soupirait de plaisir. Angelo attrapa le menton de Mü et l'embrassa. Cependant, il ne chercha pas à reprendre le contrôle. Il voulait faire comprendre à Mü qu'il le laissait faire. Le bélier détacha ses lèvres de celles de son amant et commença à descendre lentement. Angelo ne l'obligeait à rien. Et c'était une des raisons pour laquelle il l'aimait. Angelo ne le forçais jamais, même sur le plan sexuel. Ils avaient même trouvé quel langage adopté pour mieux se comprendre. Quand Angelo lui soufflait qu'il avait envie de lui, c'est qu'il voulait le prendre; et quand il lui demandait de lui faire l'amour, c'est qu'il laissait Mü aux commandes. Mais cela arrivait plus rarement. Comme lorsque Mü était demandeur. Angelo était plus charnel. Cependant, jamais il ne forçait le bélier. Tout en pensant à ces considérations, Mü s'était mis à lécher et à suçoter le torse de son bel Italien. Angelo commençait à perdre totalement pied. Il se disait que la douche aurait intérêt à être glacée si jamais Mü décidait de s'arrêter maintenant. Le cancer se laissait de plus en plus à lui. Si ça ne tenait qu'à lui, il aurait volontiers pris la main du Tibétain et l'aurait glissée dans son caleçon. Le bélier remonta jusqu'aux lèvres de l'Italien qui les fit basculer à nouveau. Il termina de déshabiller Mü et se débarrassa de ses vêtements. Il se rallongea sur le Tibétain et se mit à parcourir le corps de son amant. Une seule pensée l'obsédait, reprendre possession de son ange tibétain. Il descendit sa main et caressa la virilité de Mü. Celui-ci se mit à haleter doucement. Il essayait de se détendre complètement mais il ne pouvait s'empêcher de penser à la suite. Angelo dût le sentir car il reposa sa main sur la hanche de son amant et se mit à lui picorer les lèvres de baisers. En même temps, le cancer faisait des petits mouvements de bassin, frottant leur virilité l'une contre l'autre. Quand Angelo sentit que Mü lâchait prise, il descendit ses lèvres jusqu'au sexe du Tibétain qu'il prit en bouche. Mü gémit plus fort et se laissa totalement porter. Non, en fait il adorait qu'Angelo lui fasse ça. Il aimait tout ce que lui faisait l'Italien, mais se sentir prisonnier au fond de sa gorge était tout simplement divin. Angelo abandonna la verge tendue de Mü pour se consacrer à son intimité. Quand il eut bien humidifié l'entrée rosée de son amant, il y introduit un doigt. Le bélier se tendit sous la douleur. Son intimité n'était pas encore tout à fait guérie de son viol. Le cancer attendit un signe de Mü pour continuer. Il savait comment détendre parfaitement son amant. Il reprit Mü en bouche pendant qu'il faisait glisser ses doigts dans son intimité. Le Tibétain se sentait complètement partir. Il griffait plus qu'il ne caressait la nuque et les épaules de son bel Italien. Angelo retira ses doigts et sa bouche et s'apprêta à pénétrer Mü. « Mon ange, dit-il en regardant son amant, si tu veux qu'on arrête maintenant...
_ Après m'avoir allumé comme un fou! Ça serait malvenu de ta part ». Angelo sourit et se glissa lentement à l'intérieur de Mü. Celui-ci se crispa à cause de la douleur mais ne dit rien. Angelo attendit que Mü soit totalement détendu pour s'allonger sur lui. Il passa une main derrière sa nuque et commença à bouger. De lents mouvements amples d'abord qui se firent de plus en plus rapides. Les deux amants s'agrippaient l'un à l'autre, mélangeant leur souffle, fixant dans leurs prunelles le plaisir qu'ils ressentaient. Angelo se tendit sous la jouissance entraînant Mü à sa suite. Il embrassa le bélier et essuya sa semence avec le drap. « Je t'aime, murmura l'Italien.
_ Je t'aime aussi.
_ C'est si bon de t'avoir de nouveau à moi, de pouvoir sentir ton corps contre le mien ». Angelo embrassa à nouveau Mü et se retira en douceur. Il bascula sur le côté, attirant le bélier contre son torse. Le cancer enfouit sa tête dans le cou de Mü et le serra contre lui. « Ça va? Demanda Mü.
_ Ça va.
_ Tu es silencieux.
_ C'est rien. C'est juste que j'ai eu peur. Peur de te perdre. Peur que tu n'aies plus confiance en moi ». Disant cela, les larmes commencèrent à naître dans les yeux d'Angelo. « Je suis désolé, murmura Mü en caressant le visage de son amant. Je ne voulais pas te faire souffrir.
_ Je sais.
_ Merci... d'avoir été patient avec moi. Et de prendre soin de moi ». Angelo caressa la joue de Mü. « C'est normal mon ange, je t'aime.
_ Je sais.
_ Ça va? ». Mü acquiesça. « Oui. Je vais très bien. J'ai juste besoin de remettre en ordre mes idées mais ça va. Ne t'inquiète pas.
_ Bébé?
_ Oui.
_ Tu as du temps demain?
_ Ça dépend pour quoi.
_ Pour dire à l'agent immobilier qu'on achète la maison.
_ Je pense que je peux m'arranger ». Mü sourit et se blottit dans les bras d'Angelo dans lesquels il s'endormit. Le cancer regardait son ange Tibétain tomber dans les bras de Morphée. Il se sentait bien, dans un état proche de la béatitude. Il avait retrouvé l'homme de sa vie. Il pouvait le tenir dans ses bras et l'aimer. Il se doutait qu'ils ne retrouveraient pas tout de suite leur vie sexuelle d'avant mais le premier pas avait été franchi. Et ils avaient toute la vie devant eux.
