Bonjour à tous !

Vos reviews m'ont vraiment fait plaisir. Un grand merci à tous ! Je poste la suite (et fin). Oui, je sais, c'est un peu court, mais je n'avais pas d'idées pour continuer. Donc... bonne lecture ! :)


POV TONY

Ziva s'est affalée sur mon canapé, et a ôté ses chaussures, pendant que je glissais un CD de Jazz dans le lecteur. La musique, relaxante, s'est échappée des enceintes, et a envahi la pièce. J'ajustais le volume. Ziva a levé les yeux au ciel. Je savais que ce n'était pas ce qu'elle préférait comme genre musical. Elle me lança, exaspérée et amusée à la fois :

- Tu n'as vraiment rien d'autre que du Jazz, Tony ?

Je rétorquai

- C'est toi qui as choisi de venir chez moi, Ziva. Si tu n'es pas à ton aise...

D'un signe de tête désinvolte, j'ai désigné la porte. Elle a souris, a croisé les bras, et s'est enfoncée davantage dans le cuir du canapé. Je me suis installé à côté d'elle, en laissant tout de même de l'écart entre nous. Nous avons entamé la pizza, et la conversation a été lancée rapidement. Sa bonne humeur était contagieuse. Nous avons discutés de choses insignifiantes, banales.

Puis, j'ai sorti de mon buffet une vieille bouteille de bourbon, que Gibbs m'avait offerte le jour où il m'avait embauché. Je n'avais pas osé lui dire que je détestais ça. Je la conservais dans un coin, et elle avait pris la poussière. Je ne l'avais jamais ouverte, jusqu'au soir du départ de Gibbs, qui m'avait paru l'occasion idéale pour la sortir. J'avais bu quelques gorgées, et je ne l'avais pas ressortie jusqu'à maintenant. J'ai servi un verre à Ziva, qui a froncé les sourcils.

- Depuis quand est-ce-que tu bois du bourbon, Tony ?

Je me suis servi à mon tour, puis j'ai reposé la bouteille poussiéreuse sur la table basse. J'ai remué mon verre, le balançant légèrement, en observant le liquide ocre qui remuait et changeait de couleur selon l'exposition à la lumière. Une profonde inspiration m'a été nécessaire pour répondre à sa question.

- Depuis que Gibbs est parti.

Ziva a avalé d'un trait son verre pourtant bien rempli, puis m'a posé la question que je redoutais d'entendre.

- Tu voudrais qu'il revienne ?

Ça m'a laissé sans voix. Et ça m'a effrayé. Parce qu'elle avait touché un point sensible. Parce que je ne savais pas quoi lui répondre. J'ai hésité.

- Je ne sais pas... Souvent, j'aimerais qu'il soit là. Mais parfois... je me dis que c'est peut être mieux qu'il soit parti...

- Tu es en train de me dire que tu préfères son absence, à son retour ?

- C'est difficile à dire...

J'ai bu une gorgée de bourbon. Ziva a posé son verre vide sur la table basse. Elle a haussé les sourcils, en penchant légèrement la tête.

- J'avoue avoir du mal à comprendre.

- J'aimerais qu'il revienne, bien sûr. Mais, d'un autre côté, s'il était là...

En croisant mon regard, elle a immédiatement compris ce que je sous-entendais, et je n'ai pas eu à le formuler à voix haute. Si Gibbs était là, les vendredis soirs n'auraient jamais existé. Je n'aurais pas appris à la connaître, et inversement. Règle numéro douze oblige. Rien que pour ça, j'étais content que Gibbs ne soit plus là. J'ai eu l'impression d'être lâche, en pensant cela, mais c'était pourtant vrai.

J'ai avalé d'un trait le fond de bourbon qui stagnait encore dans mon verre. J'ai grimacé en sentant le goût acre de répandre dans ma gorge, et la réchauffer. Je me suis resservi un verre, et je l'ai vidé immédiatement. L'alcool fort me montait à la tête.

La conversation est devenue plus légère. Je lui ai raconté des anecdotes amusantes, qui remontaient jusqu'au temps où je débutais au NCIS. Ziva riait aux éclats, et je me joignais à elle. L'ambiance s'est détendue, et réchauffée. Je ne pensais plus à Gibbs, ou au passé. Je pensais à celle qui était assise en face de moi, sur mon canapé, et qui m'écoutait attentivement. Ma partenaire, vêtue d'une jolie robe noire, au regard malicieux. L'alcool est censé obscurcir l'esprit, mais moi, j'avais l'impression d'être plus lucide qu'avant. D'avoir les idées plus claires.

J'ai regardé Ziva, intensément. Elle s'est sentie gênée, et a vivement détourné le regard. Puis j'ai compris. Elle avait changé d'attitude, parce que Gibbs n'était pas là. Parce que la règle n'existait plus, pour l'instant. Ses intentions m'ont parues claires. Et ce qui me dérangeait, c'est que, justement, ça n'avait pas l'air de me déranger plus que ça. Peut être même que j'en avais envie... Peut être même qu'elle n'avait pas changé d'attitude. Peut être que c'était moi, qui n'avait rien remarqué avant.

Tout prenait un sens. Je comprenais ce revirement, que j'avais pris pour un changement d'attitude de sa part. Ce n'en était pas un. En voyant mon manque de réaction, elle avait juste forcé un peu les choses en venant à mon appartement au lieu de rester chez elle. Pour me mettre la puce à l'oreille. Je tentai de me remémorer les moments où elle m'avait observé d'une façon étrange, et où je n'y avais pas prêté attention. A mon grand désarroi, ces instants étaient plus nombreux que je ne le pensais.

C'est un comble. Moi qui avait toujours été plutôt doué pour remarquer qu'une femme attendait quelque chose de ma part , j'en avais été incapable avec Ziva. Elle était tellement différente des autres. Tellement, que ça ne m'avait même pas traversé l'esprit. Je n'avais pas pris au sérieux ses regards appuyés et significatifs, qu'elle me lançait que lorsqu'on était seuls.

J'ai relevé les yeux vers elle. A ce moment précis, un nouveau morceau de Jazz a retenti dans la pièce, et est parvenu jusqu'à nos oreilles. Un son lent, et envoûtant. Ziva m'a ôté le verre vide que je tenais dans les mains, puis l'a posé sur la table basse, à côté du sien, vide également. Elle s'est rapprochée de moi, et a posé une main sur mon bras. Sa jambe gauche touchait ma jambe droite.

Il y a quelques mois de ça, ce rapprochement physique ne serait jamais arrivé. Mais tout était différent maintenant. Il n'y avait plus de règles pour nous retenir. En mettant fin à l'attente, et à la tension grandissante, je l'ai attiré à moi, et je l'ai embrassé, sans retenue. Ziva ne m'a pas repoussé, mais a passé ses bras autour de mon cou, en répondant de plus belle. Je l'ai senti sourire contre mes lèvres. C'était ce qu'elle attendait. Et que j'attendais moi aussi, bien que je n'ai jamais voulu le reconnaître.


Les vendredis se sont succédés. Ziva et moi avons continués à nous voir. Je passai la nuit chez elle, et je rentrai au petit matin, épuisé, mais heureux. Les limites n'avaient pas été franchies, mais abolies. Et je ne m'en portai que mieux.

L'été a pris fin. Puis, Gibbs est revenu.

Cela signifiait la reprise de ses règles. La reprise de la routine antérieure. Et l'arrêt de ces soirées, de nos soirées.

Il y a quelques jours, Ziva venait de se faire piéger par les services iraniens, qui en voulaient au Mossad. Le fait qu'elle ait été impliqué jusqu'au cou, et qu'elle ait été blessée avait eu l'effet d'une décharge électrique. Je m'étais bien trop inquiété pour elle, quand le FBI était à sa recherche, et quand Namir Eschel a fait exploser la maison où elle était supposée être. J'avais essayé de le cacher, mais ça m'avait perturbé. Énormément. Ça m'avait rendu fou.

Je comprenais pourquoi Gibbs interdisait cette forme d'attachement. Parce qu'il était dangereux. Mais présent malheureusement. L'oublier me prendrait un certain temps. Mais j'essaierai d'oublier ce soir d'août, où l'amitié a laissé place à ces doutes.

Le directeur Shepard venait également de m'informer de ma prochaine mission sous couverture. J'allais devoir séduire la fille d'un trafiquant d'armes. Je devais donc mettre un terme à nos rendez vous hebdomadaires, à Ziva et moi. Ces soirées qui m'avaient fait un bien fou, mais, qui m'avaient aussi fait comprendre l'existence de cette fameuse règle. A mes dépends. Je me disais, que c'était peut être mieux comme ça. Dans ma tête, ça sonnait faux et vrai, à la fois.

J'ai tapé à sa porte, pour la dernière fois, le vendredi suivant, à la même heure. Ziva m'a ouvert, l'air grave, la tête baissée. Le silence était pesant, et je suis resté à une certaine distance. Il ne fallait pas que je change d'avis. Je ne pouvais pas changer d'avis. Pour notre propre bien, à tous les deux. Et je voyais qu'elle comprenait, tout comme elle avait compris, quatre mois plus tôt, pourquoi j'avais tapé à sa porte, en quête de réconfort, et de compagnie.

Elle avait compris que c'était la fin, sans que j'ai à le formuler. Et je lui en était reconnaissant, car je ne savais pas quoi dire. Je lui ai juste rendu sa veste qu'elle avait oublié chez moi, en évitant soigneusement son regard. Elle a hoché la tête, marmonné un vague "merci". En attendant sa voix, je n'ai pas pu m'empêcher de la regarder. L'expression de mon visage devait ressembler à celle du sien, à ce moment-là. Triste. Pleins de remords. Et qui ne peut rien faire pour changer quoi que ce soit.

J'ai tourné les talons, alors qu'elle est restée là, sur le pas de la porte. A me regarder partir.


Une p'tite review ?