Ceci est un prompt fait hors de la communauté, lancé par une lectrice, et si j'ai mis si peu de temps à l'écrire, c'est parce que j'ai eu l'inspiration divine qui m'a réveillée à 3h30 du matin …

Merci beaucoup à ma Shirenai d'amour pour la bêta ! =D

Rating : G/K+

"Ils finirent par accepter le jeu, bien que réticents à l'idée d'y participer." Lancé par cherry-chloe

Checkmate

Le temps avait passé depuis leur histoire. Ils s'étaient séparés aussi vite qu'ils s'étaient rencontrés. Sur un coup de tête. Charles avait sauté dans l'eau sans réfléchir, il avait juste su qu'en dessous un mutant était en train de se noyer, autant par le liquide qui rentrait dans ses poumons que par la rage et la haine qui emplissait son esprit. Et Charles savait qu'à ce moment-là il aurait tout fait pour ce mutant.

Puis leurs quelques mois n'avaient été rythmés que par l'emphase et la passion, leur duo recruteur, la mission où Charles n'avait pas voulu abandonner Erik dans la maison de ce ministre soviétique, l'entraînement, se surpasser, encore et toujours plus haut, plus dur, devenir encore plus fort.

Et tout avait fini, sur cette plage, également sur un coup de tête de Charles, parce qu'il avait mal, mal de voir qu'il n'avait pas pu sauver Erik de sa propre folie, mal de sentir ses bras qui le serraient compulsivement à l'en étouffer, qui refusaient l'évidence de leurs divergences, mal de cette douleur lancinante qui partait du creux de ses reins et qui se propageait dans tous les nerfs de son corps, jusqu'à embuer son cerveau. Peut-être que s'il avait essayé encore un peu, juste un peu plus, il aurait pu ramener Erik à la raison. Mais Charles avait mal. Et il avait cédé, il avait laissé partir Erik, il avait laissé partir Raven alors qu'elle était tout pour lui, parce qu'il ne voulait que son bonheur.

Le temps s'était écoulé, les mois fuyaient au travers du temps. Et peu à peu l'engrenage malsain dans lequel ils s'étaient engagés avait commencé à les ronger.

Erik avait rallié d'autres mutants à sa cause, il s'était forgé sa troupe de "mauvais mutants", ceux qui voulaient faire payer aux humains toutes les souffrances qu'ils avaient eux-mêmes subies.

Et Charles avait continué à recruter des mutants, pour leur apprendre à maîtriser leur pouvoir, pour leur montrer qu'ils n'étaient pas seuls au monde, et peu à peu il s'était constitué sa petite armée, sous le couvert d'une école.

Tous deux se retrouvaient comme au bon vieux temps, devant cet échiquier géant, l'un en face de l'autre, chacun avec son armée à ses pieds. Ils avaient fini par accepter ce jeu morbide dans lequel ils s'étaient eux-mêmes plongés, et bien que réticents à l'idée d'y participer, ils avaient placé leurs pions.

Et le temps passait, et les pions défilaient, sacrifiés sur l'autel de l'orgueil, ils n'étaient que des pions après tout, d'autres venaient facilement les remplacer. Charles avait été rebuté au commencement par ses propres pensées, ses propres actions, mais au fond il se disait que Erik ne lui laissait pas le choix. Alors chaque nuit il se couchait et s'endormait en essayant d'oublier le remords qui lui rongeait le ventre autant que l'absence d'Erik. Et il se levait le matin en se demandant avec angoisse lequel de ses protégés allait mourir ce jour-là, mais il avait aussi l'espoir que ce serait peut-être le dernier.

Les pions avançaient dans les rangs de l'ennemi, la tour fonçait, ravageant tout sur son passage, le fou s'infiltrait, le cavalier louvoyait, la reine se sacrifiait pour qu'enfin les rois se retrouvent face-à-face et que le jeu cesse.

– Échec et mat, Erik.

Fin.