bonjour à vous tous ! Et bien dites moi, quel acceuil ! Je suis touchée que vous aimiez cette histoire, perso j'adore l'écrire et comme ça me prend du temps, je suis contente de voir qu'elle vous plait.

J'ai oublié de précisé quelques petites choses la dernière fois, cette histoire sera courte, environs 5 chapitres, je sais je sais, je vous entend déjà raler mais je ne voulais pas réécrire le bouquin, juste le remanier à ma sauce. La fic est aussi pour une fois ce qui est plutot rare chez moi, exclusivement du pov de Bella, il n'y aura aucun pov d'Edward, dsl.

L'histoire est tjs tirée de la saga du cercle des immortels de Sherrilyn Kenyon et les persos pour la plupart appartiennent à Stephenie Meyer

Bonne lecture, on se retrouve en bas

CHAPITRE 2

Le moins que l'on puisse dire est qu'Edward était fasciné par tout ce qu'il voyait. Les façades des immeubles, les spots publicitaires, les coffee shop, les routes faites de bitumes, les vêtements des passants, les enseignes clignotantes, les voitures…

Tout ça le fascinait, tout était nouveau et il avait le même regard que celui d'un enfant à qui on offre un jouet pour la première fois.

J'aimais le voir ainsi, avec cette petite lueur de joie dans le regard, lueur qui n'était pas apparue jusqu'ici.

Nous nous rendîmes dans plusieurs magasins et j'achetai ce qu'il fallait pour Edward. Il était plutôt gêné, il avait du mal à me laisser payer pour lui et je dus lui expliquer calmement que je gagnais bien ma vie, et que ça me faisait plaisir.

Il fit la moue.

-Tu ne devrais pas m'offrir toutes ces choses.

-Tu en as besoin.

Sa moue s'accentua et je dus faire un effort surhumain pour ne pas passer mon pouce sur ses lèvres.

-Je n'ai pas besoin d'autant de choses et puis tu es une femme, c'est à moi normalement de…

Je fis volteface lâchant le cintre que je tenais et mis mes poings sur mes hanches.

-Comment ça je suis une femme ? Ça veut dire quoi au juste ?

Il parut embarrassé de me voir en colère.

-Et bien je suis un homme et il serait normal que ce soit moi qui te couvre de cadeau, et pas…l'inverse.

-Bon sang.

Je roulai des yeux et relâchai mes bras.

-Je t'ai expliqué ça tout à l'heure, l'égalité entre les femmes et les hommes tu te souviens ?

-Et bien, oui mais…

Je levai une main pour l'interrompre.

-Pas de mais. Il n'y a pas d'extra, je ne prends que des choses utiles et il est hors de question que tu te balades sans vêtements dans mon appartement, c'est clair ?

Il se rapprocha lentement de moi et je me raidis alors qu'il se penchait sur mon cou et que son souffle balaya ma peau. Il n'avait encore rien tenté, ne s'était pas encore rapproché de moi de cette façon et je dus retenir un gémissement lorsqu'il déposa un baiser sous mon oreille.

-On sait tous les deux que ça arrivera.

Sa voix était basse et rauque et avant que je ne puisse répliquer, il avait reculé d'un pas et rompu le contact entre nous.

J'allais répliquer mais une vendeuse genre pouffiasse s'approcha de nous et me jeta un vague coup d'œil avant de se tourner vers Edward et de lui faire un sourire digne d'une pub de dentifrice.

-Je peux vous aider ?

Ça c'était la question à voix haute, la question muette était du genre «est-ce que tu es libre cette nuit ?» Je serrai les poings… pétasse, pas touche il est à moi !

Je dardai sur elle un regard mauvais.

-On a besoin de rien merci.

Edward lui jeta à peine un coup d'œil et je sentis mon cœur se gonfler de joie. Il ne m'avait pas quitté des yeux.

La fille perdit son sourire et partit d'une démarche un peu raide.

Je reposai le jean que j'avais pris et désignai la porte à Edward.

-Viens, allons ailleurs.

Ce fut comme ça pour le reste de la balade. Chaque fille dévisageait Edward, et certaines même se retournaient carrément sur notre passage, le regardant comme si elles n'en croyaient pas leurs yeux. Je comprenais ce sentiment, ce que je ne comprenais pas était la jalousie qui menaçait de me bouffer. Il n'était pas à moi, il n'était ni ma chose ni mon objet, mais j'avais pourtant envie de tuer toutes ces filles. Je maudissais le fait que nous soyons en été et qu'il ne portait qu'un tee-shirt pour cacher sa musculature parfaite, j'aurais voulu qu'on soit en hiver, et qu'il porte doudoune, écharpe, bonnet…non cagoule plutôt…ouais, bien mieux.

Les courses au centre commercial furent pour moi un moment de rire et de détente. Edward jetait des regards perplexes à chaque truc qu'il voyait, et je le vis ouvrir des yeux grands comme des soucoupes alors que je lui montrais les boîtes de conserve.

-Mais…tu ne manges pas ce truc ? C'est…de la ferraille !

J'éclatai de rire et il me fit une moue boudeuse.

-La nourriture est à l'intérieur Edward, là ce sont des haricots.

Il regarda la boîte, me la prit des mains et regarda l'étiquette avec attention. Il me la rendit en reniflant de façon peu convaincue.

-Si tu le dis.

Je la mis dans le caddy et me remis en route, Edward à mes côtés.

-Je sais que tu trouves tout ça…déconcertant, mais je te montrerais pour la boite.

Il hocha la tête, et son regard se fixa devant nous, il avait l'air songeur. Nous continuâmes nos courses et je lui pris également tout ce dont il pourrait avoir besoin. Il regarda avec attention la caissière scanner les articles et je vis celle-ci rougir, de tout évidence, qu'il l'a dévisage ainsi l'intimidait.

Il regarda encore une fois ma carte bleue en fronçant les sourcils alors que je la tendais à la caissière.

-Je n'arrive pas à croire que tu payes avec ce rectangle plat, de mon temps on payait les achats en pièces d'or.

Je haussai les épaules.

-On appelle ça le progrès, les bourses pleines de pièces, c'était bien trop lourd à porter. Tu n'as qu'à regarder les minuscules sacs à mains des filles de nos jours, le petit rectangle bleu et un rouge à lèvre et hop ! En route pour la fiesta !

Il fit la moue et regarda la caissière me rendre ma carte.

-Je n'aime pas ça, tu ne sais même pas ce qu'il te reste, et combien tu as donné.

Je lui glissai le reçu de ma carte sous le nez.

-Je sais très bien ce que j'ai dépensé, quand à ce qu'il me reste…quand elle passe plus, c'est qu'il n'y en a plus !

-Et quand il n'y en a plus, tu meurs de faim.

Je lui fis un sourire.

-Ce n'est plus le cas de nos jours, bien sûr, il y aura toujours des gens qui ont faim, et c'est vraiment malheureux, mais ne t'inquiète pas pour moi, je ne suis pas prête de mourir de faim.

-Je suis heureux de l'entendre.

Il me retourna un sourire et je sentis mon cœur faire un soubresaut.

Nous prîmes le temps de rentrer, Edward s'extasiait devant les voitures et moi je m'extasiais devant lui. Il avait un côté enfantin lorsqu'il faisait ça, et le voir avec les yeux qui pétillent de curiosité était le plus beau spectacle qu'il m'ait été donné de voir.

Nous rangeâmes les courses et je fis une machine pour laver les nouvelles fringues que nous venions d'acheter.

Edward regarda avec attention la machine à laver et je dus le tirer de force par le bras pour retourner dans le salon, sinon il serait sûrement resté planté devant à la regarder tourner jusqu'à ce qu'elle finisse.

-C'est fascinant ! Et tellement pratique ! Je pense qu'on aurait pu tuer à l'époque pour une machine comme ça, laver le linge était éreintant pour les femmes.

-Je me doute oui, mais l'époque des lavoirs est révolue. On en trouve encore dans les villages, mais ils servent un peu de déco, rien d'autre.

Il me fit un sourire qui n'atteignit pas ses yeux.

-Je n'aurais pas assez de trente jours pour tout voir je crois, le monde a tellement changé.

Il fixa un point au-delà de la porte-fenêtre qui donnait sur le jardin et je compris combien c'était dur pour lui.

Je pris sa main et il se laissa faire, reportant son attention sur moi, alors que je le conduisais à la table de la cuisine. J'allais lâcher sa main lorsqu'il me retint pour la porter à ses lèvres, et sentir sa bouche douce et délicate sur mes phalanges me fit monter le rouge aux joues.

C'était la deuxième fois qu'il me touchait, il n'avait encore rien tenté de plus, mais je pouvais voir parfois le regard chargé de désir qu'il posait sur moi, et je savais que cela ne durerait pas, et que bientôt, très bientôt, nous passerions aux choses sérieuses.

Je lui fis un timide sourire lorsqu'il lâcha ma main et je partis nous faire une tasse de café. Il lui faudrait au moins ça pour tout me dire, je ne savais toujours rien sur lui, ni pourquoi ni par qui il avait été maudit, et je voulais des réponses.

Je posais une tasse fumante devant lui et pris une gorgée de la mienne avant de me lancer.

-Pourquoi as-tu été maudit Edward ?

Il baissa les yeux pour noyer son regard dans sa tasse de café et je crus qu'il n'allait pas répondre lorsque je l'entendis murmurer doucement.

-Un différend, avec mon frère.

Je n'aurais pas été plus choqué s'il m'avait dit avoir été maudit par le père noël.

Son propre frère ? Comment pouvait-on faire ça à un membre de sa famille ?

-Mon Dieu c'est…c'est ton frère qui t'a fait ça ?

Il haussa les épaules.

-Mais…pourquoi ?

-Parce que j'ai pris Alexandrie*.

Je fronçai les sourcils.

-Alexandrie en Egypte ? Mais qu'est-ce que ça pouvait bien…

-Alexandrie n'est pas une ville, mais l'une des vierges du temple de Priape*.

-Tu as violé une vierge ?

-Je ne l'ai pas violé ! Elle était plus que consentante tu peux me croire !

Il passa ses mains dans ses cheveux d'un geste rageur et je sus que le sujet le mettait en boule.

-Je savais qu'il allait être furieux, mais je l'ai fait quand même, j'aurais dû faire plus que ça

d'ailleurs.

-Pourquoi ?

Il releva un regard rempli de tristesse sur moi et je sentis mon cœur se serrer.

-Parce qu'il a tué la femme que j'aimais.

Je me sentis malade et dus reposer la tasse de café que je tenais dans mes mains. C'était pire que tout, bon sang…c'était un cauchemar !

-C'est affreux, je suis désolée Edward. Comment…comment est-ce arrivé ?

Je ne voulais pas vraiment demander, ce genre de choses ne se demandent pas, mais j'avais besoin de savoir.

Il secoua la tête et passa sa main dans ses cheveux.

-J'étais parti pour une grande bataille contre un ennemi redoutable, un romain du nom de Livius, il était plutôt dur à trouver, et dur à combattre, mais je savais que je pourrais le vaincre, j'étais le meilleur.

Je pris mon visage entre mes mains et l'observai, fascinée.

-Et alors ? Tu l'as trouvé ?

Un petit sourire naquit sur ses lèvres.

-Oui, nous avons remporté la victoire et j'ai rapporté sa tête en guise de trophée pour mon Dieu.

Je grimaçai et il s'en rendit compte car son sourire se transforma en moue d'excuse.

-C'était comme ça à l'époque, j'étais un combattant, et j'ai vu beaucoup d'hommes trépasser sous mon glaive.

Je m'empressai de le rassurer.

-Je le sais, et je ne te reproche rien, je crois que ça me fait drôle de t'écouter parler d'une bataille qui a eu lieu il y a des milliers d'années, c'est…délirant.

-Je comprends. Quoi qu'il en soit lorsque je suis rentré chez moi, Pénélope, ma femme, était morte. Elle s'était ouvert les veines.

Ma main retomba sur la table et je le dévisageai.

-Mais tu m'as dit que…

-Je sais. Priape n'a pas porté le coup fatal, mais c'est de sa faute si elle est morte. Nous avons toujours eu un problème lui et moi, j'étais né d'une union entre ma mère et un général, un bâtard, et j'avais bien plus de renommée que lui, j'étais ce qu'on appelle une légende et il était jaloux de moi.

Il secoua la tête et une grimace de dégoût déforma son si beau visage.

-Il est allé dire à Pénélope que j'étais mort sur le champ de bataille, que nous nous étions entretué avec Livius, et que nous y étions restés, tous les deux.

-Elle l'a cru.

J'avais murmuré mais il hocha la tête pour acquiescer.

-Oui, elle connaissait la réputation de Livius, elle n'avait aucune raison de ne pas croire mon frère. Elle n'a pas pu supporter ma mort et elle s'est ouvert les veines avec un poignard en argent.

-C'est horrible.

-Quand je l'ai su, j'ai crié vengeance mais on me l'a refusé. J'avais été blessé sur le champ de bataille et Priape a pris l'excuse que la bataille avait été tellement sanglante qu'on ne savait pas qui était encore en vie, les blessures de certains de nos soldats étaient graves, et je ne laisse pas mes hommes derrière moi, on a donc mis du temps à rentrer. Pénélope ne me voyant pas revenir, y a cru.

-Je suis désolée, ça a dû être dur pour toi.

-J'étais fou de colère et de chagrin, j'ai donc décidé de frapper là où ça faisait mal, et je savais que rien n'affecterait mon connard de frère aîné, excepté de toucher à ses précieuses vierges.

Il rit un peu à ce souvenir.

-Ça n'a pas été trop dur de la séduire, ni de la baiser, un jeu d'enfant, j'étais plutôt en rogne contre lui à l'époque, et je me foutais de ce qui pourrait m'arriver.

-Tu as payé le prix fort.

Il eut un sourire amer.

-Tu veux savoir ce qui me dégoûte le plus ? Je paye depuis deux milles ans pour avoir défloré une fille, tandis que lui va librement alors que ma femme est morte par sa faute. J'aurais préféré qu'on me torture et qu'on m'achève, plutôt que de le savoir heureux et libre.

Je baissai les yeux et remuai un peu ce qui restait de café, froid sans doute, dans ma tasse.

-Tu n'as pas essayé…de te suicider, lorsque tu étais invoqué ?

C'était terrible à entendre, mais c'est sans doute ce que j'aurais fait à sa place.

-Je me suis planté un couteau dans le cœur, tailladé les veines et j'ai même essayé de me noyer un jour ou j'avais été invoqué dans une maison près d'une plage, mais rien n'y fait, je suis immortel, fils d'Aphrodite et d'un général Spartiate, un demi-dieu.

J'en restai un instant bouche bée.

-J'aurais adoré me suicider mais même ça on me l'interdit.

-Ta mère est une Déesse, elle ne pouvait rien faire pour toi ?

Il eut un sourire amer.

-Lorsque Zeus m'a banni de l'Olympe à cause de mon statut de demi Dieu, ma mère n'a pas levé le petit doigt, elle a toujours été plus intéressée par sa petite personne que par ses enfants. J'ai vécu sur terre, avec mon père qui n'était pas spécialement un tendre.

Je savais qu'à cette époque, les enfants étaient maltraités, battus et enrôlés très jeunes dans l'armée, et vu sa position de Général, Edward, n'avait pas du faire exception. Je me sentis triste pour lui.

-Et bien moi qui me plaignais de ma famille, j'ai un peu honte de moi tout à coup.

-Il n'y a pas de quoi, l'époque était différente et même aujourd'hui, tu n'y peux rien si ma famille est cinglée.

Je passai un doigt sur mon mug, il était lisse et tiède, une façon pour moi de garder une certaine contenance.

-Comment est-ce ? Dans le livre ?

Il baissa les yeux et je le vis faire le même geste que moi.

-C'est comme être enfermé dans un cercueil, il fait noir, froid et je ne peux pas bouger. La faim me dévore, et ma gorge brûle d'une soif que je ne peux étancher. J'entends tout ce qui se dit à proximité du livre, ça me rattache à la réalité, en quelque sorte.

C'était tellement affreux que c'était un miracle qu'il ait encore toutes ses facultés mentales, je serais devenue folle à coup sûr.

-Il doit bien y avoir une solution, un moyen de conjurer le sort ?

Son regard dériva au loin et je sentis la douleur dans sa voix lorsqu'il reprit la parole.

-Il en existe un seul, et il est inaccessible, impossible.

Je posai ma main doucement sur la sienne en signe d'encouragement. Il tourna la tête vers moi et la douceur de son regard peina mon cœur.

- Dis-moi toujours.

-Je dois être appelé par une femme répondant au prénom de Marie, qui soit née un soir de pleine lune. Ensuite, je ne dois pas la toucher, enfin…pas d'orgasme pour moi jusqu'à mon dernier soir, soit trente jours, et nous devons jouir ensemble, ce dernier soir, à minuit.

Il retira doucement sa main de sous la mienne et la passa dans ses cheveux.

-Il y a peut-être des milliers de femmes qui se prénomment Marie, mais aucune d'elles qui soient nées un soir de pleine lune, ne m'a jamais appelé. Et il faudrait qu'elle veuille me libérer, en général, je m'allonge et pour le reste…enfin, elles en profitent, le reste, elles s'en fichent.

Je le dévisageai un instant. Ce qu'il venait de me dire était la vérité. Qui voudrait le libérer en le voyant ? Qui ne voudrait pas en profiter pendant trente jours ? Il était bien trop beau, bien trop tentant pour que n'importe quelle fille puisse attendre tout ce temps. Mais je n'étais pas n'importe quelle fille.

C'était dingue, absurde, improbable et pourtant…je savais que je ne l'avais pas appelé par hasard, mon destin était de l'aider, de le libérer.

Voyant que je ne répondais pas il soupira et s'apprêtait à se lever lorsque je pris la parole.

-Je vais le faire, je vais t'aider.

Il me donna un sourire triste et résigné.

-C'est vraiment gentil, et ça aurait été super mais ce n'est pas possible.

-Edward, je m'appelle Isabella Marie Swan, et je suis née le 12 septembre qui était un soir de pleine lune.

Il devint soudain si pâle que je crus qu'il allait dégobiller sur la table. Il me fixait comme s'il me découvrait pour la première fois et son regard me fit déglutir de travers. Je béguaillai à moitié en reprenant la parole.

-Marie, c'était le prénom de ma…mère…non grand-mère…enfin, c'est mon deuxième…heu…prénom, ça ira quand même ? Enfin…il est pas en premier…c'est gênant ?

Il me fixait toujours comme s'il ne comprenait pas ce que j'étais en train de lui dire et je fronçais les sourcils. Et s'il était en état de choc ? Et s'il restait comme ça pour toujours ? Je roulai des yeux, stupide Bella ! Je passai une main devant son visage et il cligna des yeux, parut se reprendre et parla d'une voix basse et rauque qui me donna la chair de poule.

-Tu t'appelles Marie et tu es née un soir de pleine lune ?

Je relevai ma main en face de son visage et lui montrai deux doigts.

-Deuxième prénom.

-Deuxième prénom.

Il avait murmuré et parut réfléchir une seconde avant de me jeter un regard plein d'espoir.

-Tu ferais ça ? Tu m'aiderais à conjurer le sort ?

-Bien sûr que oui ! Il serait injuste que je puisse t'aider et que je ne fasse rien.

Il me fixait intensément.

-D'autres s'en ficherait.

-Pas moi.

Il pencha sa tête sur le côté alors qu'il me détaillait d'avantage. Je me sentis rougir.

-Pourquoi ?

Je haussais les épaules.

-Pourquoi pas ?

-On ne se connait pas, tu n'es pas obligée de faire ça pour moi.

Je lui fis un petit sourire.

-Je crois au destin, et je me dis que c'est forcement lui qui t'a envoyé à moi, pour que je puisse t'aider.

Il me détailla un moment et un sourire étira son visage.

-Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi Bella Swan.

Je me mordis la lèvre inférieure et me sentis rougir.

-Je n'ai rien d'exceptionnel, tu pourras vite t'en rendre compte.

Ce fut lui qui attrapa ma main cette fois, et lorsqu'il caressa mes phalanges doucement, je sentis des frissons remonter le long de ma colonne vertébrale.

-Tu es un être d'exception Isabella Marie Swan, ne laisse jamais personne te dire le contraire.

Je n'étais pas sûre de ça mais j'étais sûre d'une chose, si j'étais quelqu'un d'exceptionnel pour lui, alors je me fichais de ne pas l'être pour les autres, son opinion était suffisante pour moi.


J'avais encore du mal à réaliser qu'un demi-dieu vivait sous le même toit que moi. Edward n'était là que depuis un jour, mais déjà, je ne pouvais plus me passer de lui, de sa présence autour de moi. Il avait ce don d'attirer les gens, de les faire basculer sous son charme, et j'aurais parié que sa malédiction n'y était pour rien. Cela venait de lui, et uniquement de lui.

Je me levai ce matin là avec des fourmillements dans le ventre, le savoir si proche de moi, à seulement quelques mètres me rendait toute chose, aussi dégoulinante qu'un chamallow trop cuit, avec en prime, une chaleur là où je n'en avais pas ressenti depuis longtemps.

De vilaines pensées perverses de corps entremêlés avaient fait irruption dans mon cerveau cette nuit et je n'avais pas pu l'empêcher, pas comme si on pouvait contrôler ses rêves.

Pardonnez-moi mon père, parce que j'ai pêché….

Je n'étais pas du tout pratiquante, et je m'en réjouissais à l'heure actuelle, sinon, j'aurais été certaine que mon âme finirait en enfer.

J'inspirai profondément avant d'ouvrir la porte de ma chambre pour pénétrer dans mon salon. J'en aurais presque soupiré de soulagement lorsque je vis qu'Edward était déjà levé et manifestement douché, mais je me forçais à adopter une posture nonchalante afin d'éviter de trahir mon trouble.

Je n'étais pas sûre d'arriver au terme de ces trente jours sans me lever et être troublée à sa vue.

-Salut.

Il se retourna et me fit un sourire en coin qui mouilla un peu plus ma culotte.

-Salut.

Je tirai sur le bas de mon débardeur qui couvrait à peine mon nombril et tortillai un peu mon pied sur le parquet.

-J'ai dormi plus tard que d'habitude, désolée.

Il me détailla un instant avant de hausser les épaules.

-Il est à peine huit heures trente, ce n'est pas si tard.

-Tu es debout depuis longtemps ?

-Je me lève aux aurores, une vieille habitude.

-Je vais te faire ton petit déj.

Je me précipitai vers la cuisine et ouvris le frigo pour en sortir des œufs frais. Je refermai la porte avec le coude et lâchai la boîte dans un petit cri en sursautant, alors que je découvrais mon adonis, juste derrière moi. Il rattrapa la boite au vol avant qu'elle ne touche le sol et me la tendit, son foutu sourire en coin de retour sur ses lèvres.

-Nerveuse ?

Sa voix était basse et rauque et je savais qu'il savait que sa simple présence m'intoxiquait.

-Tu m'as juste surprise, joli réflexe.

Je voulais me donner une contenance, mais j'étais mauvaise dans le rôle de la fille blasée, très mauvaise.

Je pris la boîte de ses mains et la posai sur le plan de travail à ma droite. Je savais qu'il ne m'avait pas lâché des yeux, et cela me troublait d'avantage.

-Des œufs, ça te convient ?

Il pencha sa tête sur le côté et sa main se posa à la base de mon cou, faisant s'emballer mon cœur dans ma poitrine. Il remonta doucement sa main pour la placer sur ma nuque et je ne pus rien faire de plus que de le fixer, et d'appréhender son prochain geste.

-Tu sais ce que je voudrais là tout de suite ?

Je me sentis déglutir et me contentai de secouer la tête pour lui dire non, car aucun son ne refusait de franchir mes lèvres.

-Ça.

Je le vis se baisser sur moi comme au ralenti et lorsque ses lèvres touchèrent les miennes, je peux assurer sans me tromper que mon cœur cessa de battre, l'espace d'un instant. Ses lèvres étaient chaudes et douces et lorsque sa langue toucha la mienne, approfondissant notre baiser, je compris qu'on ne m'avait jamais vraiment embrassée, je n'avais jamais ressenti ça. Il m'embrassa avec passion et pour la première fois de ma vie, je me sentis aimée et désirée. Nous nous connaissions à peine, mais je savais qu'Edward marquerait à jamais ma destinée, qu'il serait plus pour moi que l'homme maudit que j'avais délivré, bien plus.

Il ne me relâcha que parce que l'air nous manqua et je dus m'appuyer au frigo derrière moi, son baiser m'ayant coupé le souffle. Edward posa ses doigts sur ma joue en une fine caresse.

-C'est le meilleur petit déjeuner que j'ai eu.

Je lui fis un sourire.

-Je parie que tu dis ça à toutes les filles, Monsieur le charmeur.

Il prit une expression sérieuse et sa main retomba doucement pour se replacer le long de son corps.

-Non, je suis sincère, vraiment.

Je voulais le croire, mais je n'étais pas stupide au point de croire que j'étais la fille qui embrassait le mieux sur toutes celles qu'il avait pu expérimenter. Je décidais de changer de sujet.

-Peut-être que tu voudrais agrémenter ça avec des œufs et du bacon maintenant ?

Son sourire fut de retour et je me sentis soulagée.

-A condition que j'ais droit à un dessert, ta bouche a le goût de vanille.

Je me sentis rougir et le repoussai légèrement pour pouvoir me diriger vers ma gazinière.

-Ça te dérange les compliments ?

Je fis mine d'être occupée en déplaçant des casseroles, mais je savais qu'il n'était pas dupe.

-Oui pour tout dire, tu parles de…ça….avec beaucoup de nonchalance, je n'ai pas l'habitude.

Il se rapprocha de moi et je dus mordre ma lèvre inférieure pour ne pas gémir et il ne me touchait même pas nom de dieu !

-Ça quoi ? Tu veux dire le sexe ? Tu peux le dire tu sais Bella.

Je fis une moue boudeuse.

-Je suis parfaitement capable de le dire, ce n'est qu'un mot !

Il croisa ses bras sur sa poitrine et je pouvais voir du coin de l'œil qu'il était amusé.

-Très bien, donc dis-le.

Je lui jetai un coup d'œil furieux avant d'attraper mes œufs sur le plan de travail et de les casser un par un dans un bol.

-Ça te ferait plaisir hein ! Donc c'est non.

-Comme tu viens de le souligner, ce n'est qu'un mot.

Je grognai et un sourire découvrit ses dents blanches digne d'une foutue pub pour du dentifrice Colgate.

-Tu sais ce que je voudrais faire là maintenant ? Je voudrais arracher ce haut que tu portes et lécher la pointe de tes

seins avant de les mordiller doucement, puis je descendrais lentement, goûtant ta peau sur ma langue, jusqu'à atteindre le bord de ce pantalon de pyjama que je t'arracherais et je….

Je lâchai la spatule que je tenais et mis mes mains sur mes oreilles.

-Ok Ok ! Sexe ! Sexe ! Sexe ! Sexe ! T'es content !

Son petit discours avait fait de mon corps une torche humaine qui menaçait de se consumer à chaque instant. Un seul frôlement de sa part, et j'étais sûre d'arriver à l'orgasme et ce maudit petit fumier le savait.

Je secouai la tête pour le regarder et il mordilla sa lèvre inférieure avant d'afficher une mine fière de lui.

-Tu rougis Mademoiselle Swan.

-Non ! Pas du tout !

Il hocha la tête.

-Oh que si, et tu sais quoi ? J'adore ça.

Il me frôla tandis qu'il passait à côté de moi et partit s'asseoir à la table de la cuisine, comme si de rien n'était. Bordel, que Dieu, bouddha ou un autre aient pitié, je ne tiendrai jamais le coup.


- Parle-moi encore un peu de cette malédiction.

Je venais d'appeler Alice et elle était survoltée par mes révélations. Je lui avais raconté que je voulais délivrer Edward et elle était à cent pour cent avec moi, au moins, elle ne me prenait pas pour une dingue c'était déjà ça.

-T'as bien dis pas de sexe avant la fin ? Merde ma pauvre, c'est dur ça.

Je soupirai, j'étais foutrement d'accord avec ça. Le baiser de ce matin m'avait rendu dingue de désir, je n'imaginais pas ce que ce serait si je l'avais entre les cuisses…bon sang, je virais dans le pervers !

-Je sais, mais ça sera surtout dur pour Edward.

-Il te faut plus d'infos, plus de certitudes.

-Je sais, mais comment en avoir ?

-Tu m'as bien dit que sa mère était une déesse non ? Dans l'ancien temps, avec des offrandes on pouvait demander une faveur à une déesse, un genre de vœux.

Je fronçai les sourcils, ce n'était pas idiot, et surtout ça ne coûtait rien d'essayer.

-Ce n'est pas bête Alice, je vais en parler avec Edward, peut-être que ça pourrait marcher.

Le rire mélodieux de ma meilleure amie se fit entendre et cela me fit sourire.

-Tu vois que c'est utile mes connaissances en matière de croyance, de magie et tout ça.

-Mouais, dis plutôt que tu connais par cœur le dessin animé de Merlin l'enchanteur.

-Tu m'offenses Bella, mais je mets ça sur le compte de ta privation sexuelle, je te pardonne donc.

-Tu es trop bonne.

Je pus l'entendre ricaner.

-Pas de quoi, faut que tu viennes avec lui à la maison, Jasper voudrait rencontrer un authentique guerrier grec.

-On se rappelle, à plus Al.

-Salut ma belle.

Je raccrochai et reposai mon téléphone sur la table basse. Est-ce que nous pourrions invoquer la mère d'Edward ?

Cela paraissait une bonne idée et il saurait sûrement comment s'y prendre. J'étais prête à tout pour l'aider, et même à me souscrire aux caprices d'une déesse s'il le fallait.

Edward revint de la cuisine avec deux verres remplis de coca et il m'en tendit un que j'acceptai avec un sourire.

-Merci, c'est très galant ça.

Il me fit un sourire qui me donna envie de soupirer de béatitude.

-J'ai mes bons moments. J'adore cette boisson.

-Coca.

-Ouais, coca. On aurait pu faire la guerre pour un truc pareil à l'époque.

-Il te suffit d'aller en prendre un dans le frigo, vive le progrès.

Il se cala dans le canapé avec un soupir avant de porter le verre à ses lèvres en fermant les yeux. Il était si beau que c'était douloureux de fixer son attention sur lui, c'était comme de regarder le soleil briller trop longtemps, on se brûle la rétine, regarder Edward avait le même effet.

Il rouvrit les yeux pour porter son attention sur moi et je me sentis rougir, prise en flagrant délit de matage.

-Ce canapé est très confortable.

-J'en suis ravie, je ne voudrais pas que tu choppe mal au dos en dormant dessus.

-Faire l'amour dessus doit être incroyable.

Il attrapa ma main et la porta à ses lèvres pour y déposer un baiser, ses yeux ancrés dans les miens. Je sentis une douce chaleur monter le long de ma colonne vertébral et je ramenais mes genoux l'un vers l'autre pour m'empêcher d'ouvrir les cuisses.

-Je t'en prie, ne fais pas ça.

Il retourna ma main pour en lécher la paume et je ne pus retenir un léger gémissement.

-Pourquoi ?

Je voulus retirer ma main mais il la garda fermement dans la sienne et je dus me rappeler avec force, pourquoi je ne pouvais pas le laisser faire ça.

-Malédiction…Te libérer…On ne peut pas faire l'amour.

Je n'étais plus très cohérente mais c'était sa faute bon sang de bois !

Il haussa un sourcil avant de pencher sa tête sur le côté.

-On peut faire des tas de choses qui n'impliquent pas que je sois en toi, je suis très doué avec mes mains, ou ma langue.

Il se passa la langue sur les lèvres et je dus me retenir au canapé pour ne pas bondir vers lui. Ses mains…Sa langue… Pitié aidez moi !

Je fermai un instant les yeux avant de les rouvrir pleine de bonnes résolutions. Je retirai ma main et il me laissa faire cette fois.

-Je suis persuadée que tu peux faire des…trucs fantastiques avec tes… Je fis un geste de la main vers son corps et il haussa un sourcil avant de sourire.

-Mais ça ne fera que nous donner encore plus envie l'un de l'autre, ce n'est pas une bonne idée.

Il fit la moue et je trouvai un air enfantin à son visage qui me fit craquer encore un peu plus.

-J'ai parlé avec Alice, elle dit qu'on pourrait invoquer ta mère et lui demander de l'aide.

Son visage se décomposa si vite que cela me donna un coup au cœur.

-Non.

Son regard était déterminé et alors que nous n'avions pas encore parlé, il mettait déjà fin à la discussion.

-Mais elle pourrait peut-être…

-NON !

Il avait hurlé et je sursautai. Il ferma un instant les yeux.

-C'est non, n'en parle plus, ce n'est pas envisageable.

-Edward…

Il se tourna vers moi et secoua la tête.

-Je refuse de lui demander quelque chose, jamais, tu comprends ? Je préfère encore être enfermé dans le livre pendant les siècles à venir.

Je fus choquée de l'entendre parler ainsi. Il pouvait avoir des différends avec sa mère mais de là à ne pas souhaiter qu'elle l'aide à se libérer… J'attrapai sa main et il serra la mienne.

-Quelqu'un d'autre alors ?

Il laissa sa tête retomber en arrière sur le canapé et garda ma main dans la sienne.

-Peut-être mon frère.

Je fronçai les sourcils.

-S'il t'a fait ça, je ne pense pas qu'il voudra t'aider à en sortir.

-Pas Priape, mon autre frère, Emmett.

-Tu as un autre frère ?

Il me relâcha avant de se lever et de contourner la table basse.

-Cupidon** ! Infâme salaud je t'ordonne d'apparaître devant moi !

Un éclair de lumière scintilla et un homme apparut instantanément. Je portai une main à mon cœur, on aurait dit un tour de magie et j'étais sûre que les plus grands magiciens paieraient une fortune pour savoir faire ça. Le dit Cupidon fronça les sourcils puis fit un sourire avant d'avancer de deux pas vers Edward.

-Par tous les Dieux ça alors ! Edward ? Si je m'attendais à….

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que mon adonis lui envoyait déjà un coup de poing qui lui fit perdre l'équilibre. Je me levai du canapé même si mes jambes étaient un peu flageolantes, je ne voulais pas qu'ils se battent au milieu de mon salon.

-Espère d'ordure je t'ai appelé des centaines de fois et tu réponds seulement aujourd'hui à mon appel ?

Cupidon se massa la mâchoire avant de grogner.

-Je pensais que tu étais mort depuis longtemps, j'ai cru que c'était quelqu'un d'autre qui appelait.

Edward eut un sourire narquois.

-Désolé de te décevoir.

-Je ne suis pas déçu, je suis content de te voir petit frère.

Edward renifla d'un air dégoûté.

-Ouais bien sûr. Dis-moi où est Priape, Cupidon.

Ce fut au tour de Cupidon d'avoir une moue dégoûtée.

-Bon sang, par pitié combien de fois dois-je te dire de m'appeler Emmett ? Cupidon…je déteste et tu le sais !

Edward eut un sourire sans joie.

-C'est bien pour ça que je t'appelle comme ça…Cupidon. Priape !

La moue d'Emmett se fit inquiète et cela ne me plut pas.

-Est-ce que tu es cinglé ? Il est toujours extrêmement furax contre toi je te signale ! Vous voir serait une très mauvaise idée !

-Et moi alors ? Je suis toujours maudit je te rappelle ! Je ne peux peut-être pas le tuer, mais je pourrais sûrement arracher quelques parties de son corps, des parties qui ne repoussent pas de préférences !

-Je ne sais pas où il est, et si je le savais, je ne te le dirais pas ! La dernière fois que j'ai parlé de toi devant lui, il est resté furibarde contre moi pendant une foutue décennie ! Ce mec est vraiment rancunier.

Je vis les yeux d'Edward devenir noir et cela me donna la chair de poule. Il avait l'air plus que dangereux en cet instant.

-C'est moi qui suis furieux contre toi là tout de suite. J'ai besoin d'être sûr de la façon dont on peut rompre ma malédiction et tu vas te bouger le cul pour m'aider, c'est assez clair pour toi ?

-C'est à mère qu'il faut demander ça, pas à moi.

-Oh parfait, invoque la donc que je pose la question…ah c'est vrai ! Elle refuse de me voir !

Emmett ferma ses bras autour de sa poitrine.

-Tu lui as tourné le dos, si tu avais montré un peu plus de respect envers elle, on en serait peut-être pas là, tu étais son préféré nom d'un chien !

-C'est pour ça qu'elle m'a laissé croupir comme un rat, parce qu'elle était ma douce et tendre maman, laisse-moi rire !

Emmett secoua la tête et soupira.

-La dernière fois que j'ai prononcé ton nom, elle a pleuré pendant des mois, ce n'est pas si simple petit frère.

-Quel fils indigne je fais, mais tu sais quoi ? Elle s'en remettra. Bella que voici est née un soir de pleine lune et a Marie pour deuxième prénom, j'ai besoin d'être sûr que ça passe.

Cupidon se tourna vers moi et me détailla un instant, me mettant mal à l'aise.

-Je vais aller lui parler, toi, tu ne bouges pas d'ici.

Edward s'approcha de son frère et tira tellement rapidement sur la chaîne qu'il avait au cou que celui-ci ne le vit pas venir.

-Hé !

Emmett tendit le bras mais Edward recula d'un pas en secouant la tête.

-Au cas où tu voudrais me jouer un sale tour.

Emmett soupira puis pris une mine implorante.

-Fais attention, par pitié.

-Je ne suis pas stupide, je sais très bien ce que me ferait une piqûre de cet engin.

Emmett hocha la tête puis disparut dans un tourbillon de lumière.

Je clignai un instant des yeux, pas sûr que je me fasse un jour à ces tours de passe-passe. Je posai une main sur l'épaule d'Edward.

-Qu'est-ce que c'est ?

Edward me fit un sourire.

-Tu connais l'arc de Cupidon ?

Je jetai un coup d'œil. C'était effectivement un arc, mais on aurait dit un pendentif, il tenait dans le creux de sa main.

-Ça ? Mais c'est si petit !

-C'est parce qu'il s'agrandit lorsque Cupidon en a besoin.

-Wouah! Ça marche vraiment ? Si on faisait un petit test sur quelqu'un pour voir ?

Edward parut amusé avant de se reprendre et de prendre une mine sévère.

-Ce n'est pas un jouet Bella.

Je fis une grimace boudeuse.

-Dommage, j'en connais quelques-uns qui mériteraient bien une petite flèche de bonheur.

-Vraiment ?

Il se mordilla la lèvre inférieure et je sentis le désir couler en moi comme un torrent dans une vallée. Il se pencha doucement vers moi et je fermais déjà à moitié les yeux lorsqu'une lumière vive me fit revenir au présent. Emmett était de retour et il avait l'air, exaspéré.

-T'aurais pas oublié de me dire un truc par hasard ?

Edward haussa un sourcil et son frère souffla de mécontentement.

-T'as pas précisé que tu avais sauté cette fille devant l'autel rédigé en hommage à notre frère sans même lui enlever sa tunique bon sang !

Edward grimaça et croisa ses bras sur sa poitrine.

-Elle était consentante et plus que prête !

Cupidon roula des yeux et secoua la tête d'un air exaspéré.

-Laisse tomber, le passé est le passé. Mère a confirmé, tu peux conjurer le sort avec Bella, encore faut il tenir jusqu'à la nouvelle lune.

Je me tournai vers Edward et lui fis un énorme sourire. J'allais pouvoir l'aider, il allait pouvoir être libre ! Je m'attendais à ce qu'il exulte de bonheur mais le sourire qu'il me retourna était bien faible.

-C'est une fantastique nouvelle Edward !

-Ce n'est pas si simple.

Je me tournai vers son frère, qui venait de parler.

-Pourquoi ?

Emmett fixait Edward.

-J'ai oublié de te dire que tu es condamné à satisfaire la femme qu'y t'invoque.

Edward me jeta un coup d'œil.

-Je le sais.

-Sinon, tu vas perdre la boule.

Cette fois, mon adonis baissa les yeux.

-Ca aussi, je le sais.

-Non je ne crois pas petit frère, le fait de te soulager à la fin ne changera rien, la douleur de l'abstinence sera telle que tu perdras l'esprit, et ça sera irrévocable. Je suis désolé.

Edward releva les yeux et darda sur lui, un regard chargé de haine.

-Je vous déteste tous !

Emmett hocha la tête et on pouvait lire la peine sur son visage.

-Je le sais, et crois moi, je m'en veux beaucoup de ne pas avoir arrêté Priape il y a si longtemps, mère et moi, nous sommes navrés.

-Garde tes excuses pour quelqu'un qui les croira, Cupidon.

Le frère d'Edward eut un sourire triste.

-J'ai un cadeau pour toi, ça pourrait t'aider à tenir le coup.

Il lança quelque chose à Edward qu'il attrapa facilement, alors que je me penchais pour regarder ce que c'était. Je haussai un sourcil.

-Des menottes ?

Emmett hocha la tête.

-Forgées par les dieux, personne ne peut les briser, pas même Zeus, tu devrais pouvoir tenir tes mains loin d'elle si tu t'enchaînes.

Je sifflai de mécontentement.

-Tu ne vas pas t'enchaîner, c'est barbare !

Emmett me fit un sourire séduisant.

-Tu ne diras plus ça dans quelques jours ma chérie, si tu ne l'enchaînes pas, tu pourrais le regretter.

Je savais qu'il avait raison, mais je ne pouvais m'empêcher de penser que c'était inhumain de faire ça à Edward.

-Combien de temps avant…

Edward soupira et passa sa main dans ses cheveux. Emmett haussa les épaules.

-Je ne sais pas, une semaine, deux peut-être, je ne peux pas savoir.

Edward se tourna vers moi et me fixa un instant avant que son frère ne s'approche de lui et lui donne une tape sur l'épaule.

-J'espère te revoir bientôt, et libre.

Edward ne répondit pas et son frère disparut en un éclair. Pourquoi est-ce que c'était si compliqué, si injuste ? S'il avait été sujet de juste faire ceinture alors ça aurait parfaitement marché, pas que je n'aurais pas eu de mal à me retenir, ça non, Edward était à se damner mais j'aurais pu garder mes mains loin de lui pour la bonne cause. Là, avec en plus le facteur de la perte d'esprit d'Edward, les choses étaient relativement compliquées. Est-ce que je pourrais supporter de le voir se tordre de douleur devant moi ? Pourrais-je supporter ses souffrances sans rien faire ? Je n'étais pas sûre d'y arriver, pourtant il le faudrait, sinon toutes ses souffrances ne serviraient à rien.

Edward se tourna vers moi et me jeta un regard suppliant.

-Laissons tomber tout ça, et laisse moi te faire l'amour.

Je sentis mes joues rougir mais je refusai de détourner les yeux.

-Ca va marcher, tu dois avoir confiance.

Il secoua la tête et attrapa ma main qu'il plaça sur son cœur.

-Nous n'y arriverons pas, on ne gagne jamais contre les dieux Bella, laisse moi t'aimer pendant que j'ai encore toute ma raison.

Je fis un pas pour me rapprocher de lui et posai ma main libre sur sa joue.

-On peut le faire, je le sais, il le faut, pour que tu sois libre.

-Le prix à payer est trop lourd. A quoi ça me servira d'être libre si je ne peux plus penser par moi-même ? Je refuse de devenir une bête enragée.

Je montai sur la pointe de mes pieds et déposai un baiser à la commissure de ses lèvres.

-Ça ne sera pas comme ça, je veillerai sur toi, je te le promets.

Edward soupira et posa son front contre le mien alors que je nichais ma main sur sa nuque. Il avait besoin de réconfort, et je voulais plus que tout être là pour lui.

-Tu seras mon port d'attache dans ma folie ?

Un petit sourire naquit sur mes lèvres. Je serai tout ce qu'il voudrait, et plus encore.

-Si c'est-ce que tu veux alors c'est certain.

Il ne répondit pas et se contenta de poser ses lèvres sur les miennes.

C'était notre deuxième baiser, et il était tendre et doux. Il m'embrassa comme si j'étais une petite chose délicate et j'adorais ce sentiment, celui d'être précieuse et fragile à ses yeux. Sa bouche avait un goût de paradis et je ne pus retenir un soupir de frustration alors qu'il s'éloignait un peu de moi. Il glissa une mèche de cheveux derrière mon oreille avant de murmurer d'une voix chagrinée, pleine de souffrance.

-Je ne veux pas te faire de mal.

-J'ai confiance en toi.

Il secoua la tête doucement.

-Tu ne devrais pas, pas sur ce point là du moins. Sur le champ de bataille, j'étais impitoyable, froid et méthodique, rien n'y personne ne résistait.

-Ce n'est pas la même chose Edward, je ne suis pas ton ennemie.

Il baissa un peu les yeux.

-Je ne serai peut-être plus capable de faire la différence bientôt.

-Nous allons trouver une solution, je te le promets.

Il ne répondit pas et je me serrai d'avantage contre lui.


Alors dites moi, que pensez vous de la malediction d'Edward ? Super famille non ? Pas très sympa le frangin. J'espère que ça vous plait tjs autant et vous dis à jeudi prochain pour la suite!

*Dans la mythologie grecque, Priape (en grec ancien Πρίαπος / Príapos) est un dieu de la fertilité, c'est un dieu ithyphallique, protecteur des jardins et des troupeaux. Son équivalent dans la mythologie romaine se nomme en réalité Mutinus Mutunus, bien qu'il soit souvent cité sous le nom Priape. On reconnaît Priape par son gigantesque pénis constamment en érection. Cette particularité a donné son nom au terme médical priapisme

**Dans la mythologie romaine, Cupidon, fils de Vénus, est le dieu de l'amour. Il présente la même origine et la même histoire que le dieu grec de l'amour Éros.