Bonjour à tous ! Dsl je manque de temps en ce moment pour vous répondre, je dirais juste un grand merci pour votre soutien sans faille, je vous adore !
Me revoilà avec l'avant dernier chapitre de cette histoire, je sais, cela vous aura parut un peu court mais parfois, il vaut mieux faire court et (j'espère) bien, que trop long qui rime à rien (oh la vache je fais des rimes lol)
Est-ce quelques unes d'entre vous vont à Paris voir Rob dimanche ? Perso je ne manquerais ça pour rien au monde donc si je ne suis pas dedans, je serais dehors, ça pourrait etre sympa de rencontrer certaines d'entre vous.
Bonne lecture et si vous fonçez vers Paris, bon week-end !
CHAPITRE 5
Les jours qui suivirent furent idylliques si on oubliait le manque dû au sexe inexistant dans notre relation. J'avais repris la correction de mes manuscrits le matin et je consacrais mes après-midi à Edward, lui faisant découvrir la ville, et toutes les choses dont il ignorait l'existence, comme le baseball, les jeux vidéos ou les manèges à sensations.
Je le sentais heureux, bien qu'un peu plus nerveux que d'habitude et je savais que le manque commençait à se faire rudement sentir. Il y avait quinze jours qu'il était avec moi maintenant, et chaque jour qui passait nous poussait irrévocablement vers le moment où il faudrait sortir les menottes du placard. J'étais terrifiée à cette idée, terrifiée de devoir l'enchaîner, le regarder souffrir sans pouvoir rien y faire. Je savais que ça arriverait bientôt, il avait se tic nerveux de sans arrêt bouger la jambe dans de petits à-coups, il se rongeait les ongles, et il se retournait sans cesse la nuit dans son sommeil, ses gestes envers moi étaient tendres mais prudents, trop prudents.
C'était juste une question de temps…de très peu de temps.
-Ha ! Je commençais à croire que vous n'alliez pas venir !
Nous étions samedi soir, et nous venions de nous glisser tant bien que mal au milieu de dizaines de corps humains qui se trémoussaient dans le nouveau club à la mode nommé l'Eclipse, pour rejoindre Jaz et Alice.
Je n'étais vraiment une fille de la nuit. Je ne raffolais pas des boîtes de nuit mais Alice avait appelé, me disant qu'il fallait absolument que nous venions ce soir, que l'on ne s'était pas vu de la semaine, blablaba et j'avais cédé, comme toujours.
-C'est la jungle ce club ! Il nous a presque fallu un char d'assaut pour passer et vous retrouver.
Elle éclata de rire et me serra un instant contre elle avant de planter un baiser sur ma joue.
-Tu m'as manqué Bella ! Je me doutais que tu avais mieux à faire que venir voir ta vieille copine hein mais bon…
Elle jeta un regard suggestif à Edward et je ne pus empêcher un sourire de naître sur mes lèvres. Je regardai Edward mais il était occupé avec Jaz, heureusement !
-Oh la coquine ! Je veux tout savoir Swan !
Je haussai les épaules en prenant ce que j'espérais une mine nonchalante.
-Y a rien à dire, on n'a pas le droit tu te souviens ?
Alice fit la moue et me lança un coup d'œil dubitatif.
-Mouais, j'arriverais bien à te faire avouer et tu le sais.
Je roulai des yeux avant de m'approcher de Jasper et de lui dire bonjour alors qu'Alice faisait de même avec Edward. Elle l'embrassa sur les deux joues et je pus voir le teint de mon adonis se colorer gentiment alors qu'il me jetait un coup d'œil timide. Je lui fis un sourire rassurant, attrapai sa main et nous nous installâmes sur les sièges en face de mes deux amis.
Edward regarda un peu autour de lui, détaillant les gens et l'endroit et je me pressai un peu contre lui.
-Alors ? Comment trouves-tu la jeunesse dorée de la ville ?
-Déroutante.
Son ton était calme mais il plissait des yeux et n'avait pas l'air ravi du spectacle.
-Tu ne t'attendais pas à ça.
Il haussa les épaules.
-J'ai déjà vu des endroits semblables à mon époque, mais il n'y avait pas de musique assourdissante.
-Vraiment ? Quel genre d'endroit ?
Il parut embarrassé et je haussai un sourcil de plus en plus curieuse.
-On appelait ça des bordels.
J'ouvris des yeux ronds comme des billes avant de lui frapper l'épaule.
-Edward Masen petit fripon ! Je suis choquée par ton sens de la…débauche !
Il éclata de rire et déposa un baiser sur mes lèvres.
-C'était bien avant que je me marie, et je n'y suis allé qu'une fois, avec Kyrian.
-Et bien c'est du beau ! J'imagine le tableau d'ici !
Son sourire se fana et je sus qu'il pensait à sa vie d'autre fois, à son ami disparu et peut-être…à sa femme aussi.
Je me sentis tout à coup jalouse. Ce qui était vraiment ridicule, cette femme était morte depuis des siècles, mais il l'avait aimé, tendrement et passionnément, et j'étais surtout jalouse de ça. Je détournai les yeux pour fixer les danseurs qui évoluaient à quelques mètres de nous et laissait mon esprit dériver un moment.
Comment avait été sa femme ? Sûrement merveilleusement belle, sensible, intelligente, et amoureuse, amoureuse comme une folle au point de mettre fin à sa vie lorsqu'elle croyait l'avoir perdu.
Je n'étais pas sûre de pouvoir rivaliser avec ça.
Je sortis de mes pensées alors que Jasper déposait un verre devant moi et le remerciai d'un sourire. Je pris une gorgée de mon jus d'ananas et me retournai vers Edward alors qu'il se penchait pour me parler à l'oreille.
-Tu viens danser ?
Je fis une grimace et Edward sourit.
-Quoi ? Tu n'aimes pas danser ?
Je secouai un peu la tête.
-C'est pas ça, mais je ne danse pas…je ne suis pas douée pour ça, ou alors seule avec Alice…à l'abri des regards…et saoûle.
Je repensai à mon anniversaire et jetai un coup d'œil à Alice. Elle me fit un clin d'œil et je roulai des yeux.
-Ce n'est pas grave, tout est dans le cavalier.
-Tu sais danser ?
En même temps, je n'étais pas vraiment surprise. Est-ce qu'il y avait un seul truc que cet homme ne savait pas faire ?
Il me tira par la main pour m'obliger à me lever et me traîna sur la piste de danse. Il me colla contre lui et nous évoluâmes un peu au centre de la piste. Edward dansait à merveille, il avait manifestement le rythme dans la peau et je n'étais pas la seule à le penser. La moitié des femmes présentes sur la piste me jetaient un regard noir.
-Tu n'as pas appris ça dans ton camp de guerrier n'est-ce pas ?
-Non, c'est un cadeau à ma naissance de Terpsichore**.
Je haussai un sourcil.
-Qui ça ?
-Terpsichore, la déesse de la danse.
-Ouah ! Moi à ma naissance ma mère a eu des bodies et des peluches.
Edward eut un sourire triste.
-J'aurais préféré moi aussi.
Mon sourire se fana et je déposai un baiser sur sa mâchoire. Nous dansâmes un moment puis repus, je le suppliai de me ramener à notre table et il s'exécuta en riant. Je terminai mon verre d'une traite tellement j'avais chaud et Jasper éclata de rire.
-Quelle descente Bella ! Heureusement que c'est juste du jus de fruit !
-Edward voulait ma peau !
Je lui lançai un regard faussement méchant et il prit une gorgée de son verre, son regard rieur ancré dans le mien.
-Tu danses à merveille Edward.
Edward se tortilla sur son siège, gêné et Jasper lança un regard appuyé à sa femme.
-Et moi ?
Alice se tourna pour le regarder, confuse.
-Quoi toi ?
-Je croyais que tu aimais ma façon de danser.
Il avait l'air d'un gamin boudeur et Alice l'attira contre elle.
-J'adore ta façon de danser, surtout quand tu tortilles ton joli petit cul !
Jasper rougis de plaisir et moi et Edward les regardions d'un air amusé. Jaz se reprit, fit un sourire sexy à sa femme et lui tendit la main.
-Voulez-vous m'accorder cette danse Madame ?
Alice mit sa main dans la sienne, un sourire resplendissant au coin des lèvres.
-Avec plaisir Monsieur.
Ils se levèrent et je les regardai s'éloigner sur la piste, d'un air rêveur. Edward passa son bras autour de mes épaules et je lui souris. Il captura ma bouche pour un baiser lent et tendre et je me laissai aller contre lui. Sa bouche sentait le whisky et je soupirai d'aise alors que sa langue caressait doucement la mienne. Il se retira trop vite à mon goût et nous restâmes un moment à nous regarder dans les yeux, indifférents au monde autour de nous, seuls dans notre bulle de bonheur. J'aurais voulu qu'elle n'éclate jamais.
Jasper et Alice nous rejoignirent au bout d'un petit moment et Jaz se lança dans une conversation sur les bagnoles qu'Edward écoutait attentivement, décrivant tout un tas de machin qui n'avait aucun sens pour moi, mais qui fascinait manifestement mon petit ami.
Je décidai d'aller me chercher à boire au bar et priai pour qu'avec un peu de chance, ils aient fini lorsque je reviendrais. Je tapai sur l'épaule d'Edward.
-Je vais me chercher un autre verre, tu veux quelque chose ?
Il me montra son verre encore plein de whisky et je hochai la tête avec un sourire, ayant compris le message. Je déposai un baiser sur sa joue et me levai. J'arrivai au bar après un vrai parcours du combattant et hélai le barman pour commander un coca.
-Bella Swan ? C'est bien toi ?
Je me retournai en entendant mon nom et réprimai tout juste une grimace devant la personne qui se tenait devant moi. Mike Newton, ancien camarade de lycée me faisait face et il n'avait absolument pas changé. Déjà à l'époque, je n'étais pas l'une de ses fans et aujourd'hui, mon aversion pour lui n'avait pas diminué. Il me dévisageait avec un air lubrique teinté d'envie et je fis malgré moi un pas en arrière, me demandant comment échapper à la conversation.
Est-ce que « non désolée vous faites erreur » était une option ? J'avais un doute, je n'avais pas beaucoup changé depuis le lycée, j'étais toujours la même Bella, cette réponse ne passerait pas.
Je soupirai, mis un masque de circonstance et lançai avec le ton le plus courtois dont j'étais capable.
-Tiens salut, ça faisait longtemps !
Pas assez bordel, mais la phrase parut lui faire plaisir.
-Ouais c'est clair ! Comment tu vas ? Tu vis à Seattle ?
Non pas du tout abruti, je vis sur Mars ! Ca c'est ce que j'aurais voulu dire, mais à la place je répondis…
-Oui, et toi ?
Il haussa les épaules.
-Ouais depuis un an maintenant, Forks ne me manque pas !
J'étais malheureusement d'accord avec ça.
-Ça me fait plaisir de te voir ! On devrait sortir ensemble un soir, boire un verre, on parlerait du bon vieux temps !
Plutôt m'ouvrir les veines avec un silex ou boire de l'acide que de sortir avec ce crétin.
-Tu sais, je vis avec mon petit ami et il est plutôt jaloux donc…je ne crois pas que ça pourrait se faire.
Il me fit un sourire qui me fit froid dans le dos et se rapprocha de moi en faisant deux pas, me bloquant contre le comptoir.
-Allons Bella, déjà au lycée tu disais que tu avais un petit copain, mais c'est drôle, personne ne l'a jamais vu.
Je pinçai les lèvres et le regardai d'un air mauvais, toute prétendue sympathie disparut. Ce mec était en plus d'être crétin, un mufle.
-Je vois que tu n'as pas changé, bonne soirée Mike, et au plaisir de ne pas te revoir.
Je fis un pas sur le côté pour me dégager mais il m'attrapa par le bras en me regardant méchamment.
-Attends voir une minute…
-Lâche-la !
Edward apparut tout à coup à mes côtés et Mike le dévisagea en haussant un sourcil avant de me lâcher lentement.
-T'es qui toi !
-Son petit ami, et je te conseille de foutre le camp et vite.
Son ton était calme mais je pouvais sentir la colère irradier de son corps et je ne voulais surtout pas que ça tourne en pugilat. Mike cet abruti ce mit à ricaner.
-C'est ça ton mec Bella ? Ca ne m'étonne pas du tout de toi, dans le genre qui n'a rien dans le froc, tout à fait ton style.
Edward fit un pas en avant mais je posai une main contre son torse.
-Allons-nous en Edward, s'il te plait.
-Ouais c'est ça Edward, rentre comme un bon toutou !
Edward eut un rire jaune.
-Je ne crois pas que tu saches dans quoi tu te lance.
Je voulais qu'il dégage. Il ne savait pas ce dont Edward était capable et même si je ne l'avais jamais vu à l'œuvre, j'en avais une vague idée qui me fit froid dans le dos.
-T'as pas de couilles au point de laisser parler ta gonzesse à ta place mec ?
Crétin, ce mec est un crétin.
-Il te faut un vrai mec Bella, un capable de te faire grimper aux rideaux, pas une lopette de bas étage.
En un éclair, Edward se jeta sur Mike et lui envoya un coup de poing dans l'estomac qui le propulsa sur au moins trois mètres. Mike se releva en grognant et voulu foncer sur Edward qui esquiva avant d'attraper son bras et de lui tourner dans le dos, le tordant dans un angle qui devait être vraiment douloureux. Edward eut un sourire froid qui me donna la chair de poule alors que Mike gémissait doucement.
-Tu sais, une petite torsion dans le bon sens et les os se broient comme des brindilles de bois.
Son ton était calme et il ne semblait fournir aucun effort alors que Mike haletait comme un bœuf.
-Déconne pas mec ! Tu me fais mal !
Les gens autour de nous nous dévisageaient bouche bée, mais aucun d'eux ne chercha à intervenir. J'étais terrorisée mais je ne pouvais pas bouger. Edward était tellement loin à cet instant du garçon adorable et sexy qui vivait avec moi. Il était redevenu le général macédonien froid qui avait jadis gagné toutes szes batailles. Il ne faisait aucun doute qu'il pouvait arracher le bras de Mike avec un simple mouvement.
-Excuse-toi.
Je jetai un regard à Edward mais il avait les yeux rivés sur sa proie, calme, mais concentré.
-Ok ok ! Je m'excuse !
Je posai une main sur le bras libre d'Edward.
-Lâche le Edward, il n'en vaut pas la peine.
Je ne voulais pas que ça finisse mal. Ce genre de chose arrivait tout le temps dans le passé, mais de nos jours, c'était la prison assurée.
-Là d'où je viens, on massacre les mecs comme toi le matin au petit dej !
Il le relâcha et Mike tituba en faisant plusieurs fois en arrière, les larmes aux yeux, massant son bras douloureux.
J'eus presque pitié de lui.
-Casse-toi.
Mike obtempéra et prit limite ses jambes à son cou. Edward prit ma main et se fraya un passage à travers la foule pour me traîner dehors. Nous étions presque arrivés à la voiture lorsqu'il prononça enfin un son.
-J'aurais dû lui arracher la tête.
Il gromela doucement et je soupirai.
-Edward…
Il lâcha ma main et passa la sienne dans ses cheveux d'un geste rageur.
-Tu ne comprends pas ! Je l'ai laissé filé pour toi ! Je n'ai pas l'habitude de ne pas finir le boulot ! J'ai trucidé des tas de types bien moins minables que ce mec et aujourd'hui…
Je me rapprochai et touchai doucement son épaule mais il se dégagea, tournant en rond devant moi, en serrant les poings.
-Aujourd'hui tu ne peux plus faire ça, tu dois juste l'accepter, le monde a changé et on ne peut plus tuer quelqu'un juste parce que c'est un crétin.
-Qui a dit ça ? C'est stupide !
Il roula des yeux et je soupirai.
-Ca s'appelle le progrès, le civisme.
Il secoua un peu sa tête de droite à gauche.
-Je n'ai pas été élevé comme ça. Tu ne comprends pas ? Je ne suis pas d'ici ! Mes lois ne sont pas les mêmes que les tiennes, je ne comprends pas ton monde et pourtant je dois faire avec ! C'est injuste, j'ai l'impression de ne plus savoir qui je suis !
Une boule se forma dans ma gorge à l'idée qu'il ne pourrait pas s'adapter, qu'il ne voudrait peut-être pas rester ici avec moi. Mais aurait-il le choix ? Pourrait-il repartir dans son époque ? Il était un demi dieu après tout, il pourrait peut-être trouver quelqu'un qui ferait ça pour lui.
L'idée de ne plus l'avoir avec moi m'était intolérable, mais l'idée qu'il puisse être malheureux était encore pire. S'il fallait qu'il reparte pour être heureux, alors je le laisserais partir.
-J'ai le cul entre deux chaises et je déteste ça ! Pas un dieu, mais pas humain non plus ! Je n'ai jamais été à ma place nulle part ! Je veux juste trouver un endroit où rester, où je me sente accepté, où quelqu'un voudrait de moi.
Il avait l'air désemparé et les larmes me montèrent aux yeux.
-Moi je veux de toi.
Il ancra son regard dans le mien.
-C'est faux Bella, tu ne peux pas vouloir de moi.
Je serrai les poings, enfonçant mes ongles dans la chair de ma paume.
-Ne crois pas savoir mieux que moi ce que je veux Edward, je sais ce que je veux, et c'est toi que j'ai choisi.
Nous nous affrontâmes un instant du regard avant qu'il ne capitule et baisse les yeux. Je fis les quelques pas qui nous séparaient et le pris dans mes bras, mes mains se nouant dans son dos, ma tête se posant contre son torse. Il soupira et me rendit mon étreinte, me serrant contre lui, de toutes ses forces.
-Tu ne dois pas douter de moi.
Je fermai un instant les yeux et il déposa un baiser sur mon front.
-Je suis désolé.
Je redressai un peu la tête pour lui sourire.
-Tu es pardonné.
Il me fit un sourire en retour avant de m'embrasser doucement.
Ça ne serait pas simple mais je l'aimais, et je ferais tout pour qu'il le comprenne.
Quel bonheur d'être enfin chez soi !
J'étais sortie avec Alice tout l'après midi pour une course folle à travers les boutiques de la ville et le moins que l'on puisse dire était que j'étais vannée. Cette fille avait une passion pour le shopping qui frisait l'obsession et même si elle savait que je détestais ça, elle ne ratait pas une occasion de me trainer acheter pulls, robes, lingeries et compagnie à chaque fois qu'elle pouvait mettre la main sur moi. Elle avait été ravie que j'accepte de venir et pour être honnête, j'avais dit oui car je l'avais pas mal délaissée pour rester avec Edward depuis qu'il était sorti du livre pour être mon esclave sexuel. Nous avions l'habitude de nous voir au moins deux fois par semaine et même si j'adorai passer du temps avec Edward, Alice et sa folie de lutin déjanté m'avait manqué.
Je claquai la porte de l'appartement et lâchai mes quatre sacs bourrés de fringues qu'Alice m'avait aidé à choisir tout en remerciant le ciel d'avoir pu limiter les dépenses. C'était mon banquier qui allait être content.
-Edward ?
-Je suis là !
L'appel venait de la chambre et je posai mon sac à main et mes clés sur la table basse avant de me diriger dans cette direction. La porte n'était pas fermée mais ce que je vis me coupa les jambes et je stoppai dans mon élan.
-Qu'est-ce que tu fais ?
Il était assis sur le lit, en jean et en tee-shirt, pieds nus, alors qu'il avait attaché sa main droite à la tête de lit.
-Il faut que tu m'aides, je n'arrive pas à menotter l'autre main.
Il était pâle et il transpirait, la sueur perlant sur son front.
-Edward…Il doit y avoir un autre moyen, quelque chose d'autre à faire ! Tu…
-Bella s'il te plait. Ca commence à être de plus en plus dur. Bientôt, je sais que je ne le supporterai plus, tu dois le faire, pour ta sécurité.
Les larmes me montèrent aux yeux et je secouai doucement la tête.
-C'est tellement injuste !
Il eut un petit rire.
-Ce qui est injuste c'est moi te suppliant de m'attacher au lit ! J'aurais préféré le faire dans d'autres circonstances !
Cet aveu m'arracha un sourire et je roulai des yeux.
-Tu es incorrigible !
Il haussa les épaules.
-On ne se refait pas.
Je m'approchai timidement alors qu'il me regardait intensément et une fois près de lui, j'attrapai sa main en soupirant et la lui attachai, le privant de toute liberté.
Il me fit un sourire triste avant de hocher la tête.
-C'est bien, merci Bella.
Je fermai un instant les yeux avant de les rouvrir et d'ancrer mon regard dans le sien.
-Ne me remercie pas pour ça.
-Très bien.
Sa voix était douce et je tendis la main pour caresser doucement sa joue. Il ferma les yeux à mon contact et poussa un petit gémissement. Je retirai ma main, la mort dans l'âme. Il soupira et se pencha un peu plus en arrière, s'installant le plus confortablement possible.
-Tu veux un oreiller de plus ?
-Non ça va.
-Tu as faim ? Tu veux que je cuisine quelque chose ?
Je me tordis les mains d'angoisse, ne sachant plus comment réagir.
-Bella, ça va. Je n'ai besoin de rien ok ?
-Ok. Mais ça me rend folle de ne rien pouvoir faire.
Un sourire éclaira son visage.
-Il y a quelque chose, que tu peux faire pour moi.
Je me mordis la lèvre, rongeant mon frein.
-Tu veux bien, lire pour moi ?
Je me détendis et acquiesçai avec un sourire.
-Bien sûr. Que veux-tu ?
Il haussa les épaules.
-Surprends-moi.
Je quittai la chambre pour rejoindre ma bibliothèque et parcourus un instant mes livres du regard avant de sourire et d'en empoigner un. Edward avait fermé les yeux lorsque je revins dans la chambre et il les rouvrit en m'entendant arriver.
-J'ai trouvé L'Iliade*.
-Chante pour moi oh déesse.
Je souris et m'approchai afin de m'asseoir à ses côtés.
-J'étais sûre que tu connaissais.
Il haussa les épaules.
-C'est un classique, j'aime beaucoup.
-Alors c'est tant mieux.
Je commençai à lire et Edward ferma les yeux semblant se détendre. Il s'endormit au bout de seulement un petit quart d'heure de lecture, le visage calme et paisible, ses mains toujours attachées à la tête de lit. Je fermai le livre et le posai sur ma table de chevet. Je ne pouvais m'empêcher de le regarder, j'aurais pu rester des heures à l'admirer. Il était devenu tout pour moi, mon monde, ma vie. Je devais réussir, nous devions rompre le sortilège, je ne pourrais plus vivre sans lui désormais. Je voulais lui donner une nouvelle vie, une vie remplie d'amour et de tendresse. Je voulais qu'il devienne mon époux, je voulais devenir la mère de ses enfants. Je voulais tout ça et plus encore, je prendrai tout ce qu'il voudrait bien m'offrir.
J'aurais voulu poser mes mains sur lui, caresser son visage, déposer un baiser sur ses lèvres mais je n'osais pas de peur de le réveiller. J'avais parfois du mal à croire qu'il était réel, qu'un homme comme lui pouvait vouloir d'une fille comme moi, nous ne jouions pas dans la même catégorie. Il était un demi dieu, qui aurait fait pâlir la beauté d'un ange, alors que j'étais juste une banale petite humaine, juste moi, juste Bella.
Je décidai de le laisser dormir et sortit de la chambre sur la pointe des pieds pour me rendre au salon. Je flânai devant la télé depuis dix minutes environ lorsqu'un cri retentit dans la chambre et je me levai d'un bond, manquant de tomber puis détalai en courant jusqu'à Edward.
-Bella !
Il gémissait doucement mon prénom, le corps secoué de spasmes et je me laissai tomber à ses côtés, tremblante de frayeur.
-Edward je suis là !
Je caressai ses cheveux et il ouvrit les yeux, ancrant un regard noir et hanté dans le mien.
-J'ai mal, ne me laisse pas.
Les larmes menaçant de déborder, je hochai fébrilement la tête.
-Je reste là mon amour, je te le promets.
Il ferma les yeux, un gémissement siffla à travers ses lèvres et je chassai une larme qui roulait doucement sur ma joue.
Cette fois nous y étions, et je n'étais pas sûre de pouvoir gérer.
Ca faisait trois jours qu'Edward était malade, trois jours que j'étais là, impuissante à le regarder.
Je ne pouvais rien faire pour le soulager, je ne pouvais même plus le toucher pour lui témoigner mon affection et mon réconfort, le moindre petit geste de ma part le faisait souffrir. J'étais juste spectatrice, je ne pouvais plus le supporter.
-Comment pouvez-vous le laisser dans cet état !
Je hurlai en m'adressant à la lune et je savais que j'avais l'air d'une démente, mais j'étais presque sûre qu'ils pouvaient m'entendre là haut.
-Cupidon par l'amour de dieu ! Tu es son frère !
Je ne pouvais pas croire que personne ne viendrait, qu'ils le regardaient peut-être de là où ils étaient, buvant tranquillement une tasse de thé alors qu'Edward se tordait de douleur sur mon lit.
-Aphrodite je vous en supplie ! Je suis sûre que vous pouvez le soulager, c'est votre fils ! C'est votre devoir de mère !
Un éclair aveuglant illumina la pièce et je me retournai en sursautant, une main sur le cœur, la peur que le ciel me tombe sur la tête.
La femme la plus belle que je n'avais jamais vue se tenait au pied de mon lit, regardant Edward, une tristesse profonde sur les traits de son visage. Elle tendit doucement la main vers lui puis se ravisa avant de le toucher, fermant le poing, laissant son bras retomber le long de son corps. Elle se tourna vers moi et me regarda de haut en bas avec une sorte d'ironie teintée de dégoût et je me sentis indignée, il était clair qu'elle était en train de me juger.
-Vous n'êtes pas assez bien pour lui vous savez.
Sa voix était calme et douce, mais cela n'ôtait en rien le mépris dans ses mots. Je décidai de ne pas relever, je ne voulais pas m'embarquer là dedans.
-Il souffre, vous devez l'aider, vous devez faire quelque chose !
-Pourquoi le ferais-je ?
Je la dévisageai un instant, bouche bée. Est-ce que cette femme était vraiment en train de me demander pourquoi elle devrait soulager les souffrances de son enfant ? Est-ce qu'une déesse pouvait être à ce point aussi égoïste ? Je ne l'aurais pas cru si je ne l'avais pas eu devant moi, mais de toute évidence Edward avait raison. Sa mère se moquait de tout, et de tout le monde.
-Mais…Parce qu'il est votre fils, la chair de votre chair !
Elle darda un regard furieux sur moi et je la vis serrer les poings.
-Allez donc le lui dire ! Lui qui me méprise tant ! Lui qui a prêté allégeance à Athéna* alors qu'il sait très bien que je la déteste ! Vous savez qu'il a refusé de me demander de l'aide depuis toutes ces années ? Il est tellement fier qu'il croit qu'il n'a pas besoin de moi !
Je soupirai alors qu'elle écumait presque de rage.
-Il est plutôt têtu, je pense qu'il a de qui tenir. C'est un jeune homme incroyablement fort et courageux mais c'est vous qui l'avez façonné ainsi, et aujourd'hui, vous le punissez pour ça, c'est incroyablement injuste !
Elle fronça les sourcils et me détailla plus attentivement.
-Je pense que je sais ce qu'il voit en vous.
Je ne comprenais pas vraiment ce qu'elle voulait dire par là mais toutes trace d'animosité avait disparu sur son visage et je m'en réjouissais juste.
-Si je le libère de la douleur, vous me le prendrez pour toujours et si je ne le fais pas, il sera perdu pour nous deux.
Elle reporta son attention sur son fils.
-Je voulais juste son amour, je voulais juste qu'il m'appelle maman. Je voulais juste que tu m'aimes Edward.
Elle tendit à nouveau son bras mais alla jusqu'au bout de son geste cette fois et caressa doucement la joue de son fils. Edward poussa un petit gémissement de douleur et elle retira précipitamment sa main, une larme roulant sur sa joue.
-Prendrez-vous soin de lui pour moi ?
-Bien sûr.
Il était évident que je le ferais, elle n'avait même pas besoin de demander.
Elle hocha la tête et inspira profondément avant de se pencher sur mon petit ami. Elle lui murmura quelques paroles en grec puis déposa un baiser sur front avant de placer sa main sur son torse. Edward hurla et convulsa un instant alors qu'une lumière puissante le traversait avant de retomber inerte sur le lit. Je fus prise de panique mais je vis son corps se relâcher doucement, les menottes s'ouvrirent et sa respiration se fit calme, enfin.
Je m'approchai de lui en larmes lorsqu'il fut prit d'une quinte de toux et ouvrit les yeux en regardant d'un air affolé autour de lui. Il avait froid, il tremblait en claquant des dents, la fièvre tombée d'un coup, avait refroidit son corps. Je tirai sur la couette et l'en enveloppai, avant de m'asseoir à ses côtés.
-Bella ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
-Ta mère t'a libéré.
Il me regarda, ahuri.
-Vraiment ? Mais…comment ? Pourquoi ?
Je lui fis un sourire tendre et caressais ses cheveux.
-Elle s'inquiétait pour toi, elle t'aime beaucoup tu sais.
Il fronça les sourcils et resta un instant sans rien dire, perdu dans ses pensées. Il releva ensuite les yeux sur moi.
-C'est toi qui l'as appelée ?
Je fis une grimace et me mordit doucement la lèvre. Allait-il être fâché si je disais la vérité ? En même temps, je n'étais pas très douée pour le mensonge, on pouvait lire en moi comme dans un livre ouvert.
-Tu vas être en colère si je dis oui ?
Il baissa les yeux.
-Donc elle n'est pas venue de son plein gré.
Ce n'était pas une question, plutôt une affirmation mais je ne voulais pas qu'il pense ça, je ne voulais pas qu'il croie que sa mère s'était sentie obligée de l'aider.
-Elle l'a fait pour toi, parce qu'elle le voulait, pas parce que je lui as demandé. Ta mère n'est pas du genre à se laisser dicter sa conduite, et puis, je ne suis qu'une fragile petite humaine.
J'avais dit la dernière phrase sur le ton de la plaisanterie et cela marcha car un doux sourire naquit sur ses lèvres et il se redressa un peu.
-Tu es ma fragile petite chose.
Le rouge me monta aux joues et je rabattis une mèche de mes cheveux derrière mon oreille, espérant cacher mon embarras. Il prit mon menton entre ses doigts et m'embrassa tendrement, dans un baiser si doux qui me fit comprendre à quel point il pouvait tenir à moi. Il posa son front contre le mien et soupira longuement.
-Tu as encore mal ?
Il se recula un peu et secoua la tête.
-Non, je me sens plutôt bien.
Il fit mine de se lever mais je le retins par le bras.
-Où vas-tu comme ça ?
-J'ai besoin de faire un tour au petit coin, et une douche ne serait pas du luxe non plus je pense.
Je le relâchai, honteuse.
-Un bain te réchaufferait.
Il me fit son sourire en coin si craquant.
-J'adorerais un bain, si tu le prends avec moi.
Je roulai des yeux alors qu'il éclatait de rire, soulagée de le voir à nouveau avoir des pensées lubriques, signe qu'il allait mieux.
-Très bien don juan, je vais faire couler l'eau.
Il fit mine de se lever mais ses jambes flageolèrent et il retomba assis sur le lit le souffle court, le corps tremblant.
-Edward ?
Je portai une main inquiète à son visage et il me fit un faible sourire.
-Ce n'est rien, je me suis levé trop vite, c'est tout.
-Je vais t'aider.
Le manque de nourriture et la fièvre avaient affaiblit son corps et il était trop faible pour se déplacer seul. Il ne protesta pas lorsque je passai un bras autour de sa taille et que je l'aidai à se mettre debout. Je le dirigeai vers les toilettes puis l'aidai à s'asseoir sur le rebord de la baignoire alors qu'elle se remplissait. Je l'installai ensuite dans l'eau chaude avant de me déshabiller et de plonger à mon tour dans la baignoire, collant mon torse contre son dos, alors qu'il se laissait aller contre moi, en fermant les yeux.
Il cessa de grelotter au bout de quelques instants alors que je caressais doucement sa poitrine, avec un gant de toilette.
-Ca fait du bien.
Sa voix était basse et rauque et je sentis mon corps s'enflammer. Il voulut me prendre le gant des mains mais je l'en empêchai.
-Non laisse-moi m'occuper de toi pour une fois, profite juste.
Je le lavai avec application et lorsque je frôlai son sexe tendu, il feula doucement et ferma les yeux. J'aurais voulu pouvoir le soulager, juste le toucher mais je ne pouvais pas le laisser jouir, il allait devoir attendre encore un peu pour ça.
-Désolée.
Il rouvrit les yeux et se retourna. Son regard plongea dans le mien.
-Embrasse-moi Bella.
Je le dévisageai un peu, inquiète.
-Tu es sûr ?
Il se contenta de se rapprocher et de toucher mes lèvres des siennes, attendant sagement que je l'embrasse. Je pouvais sentir son souffle sur mes lèvres et je laissai mon instinct me guider, picorant sa bouche, alors que notre baiser se faisait plus intense, ma langue partit à la découverte de la sienne, la caressant amoureusement. J'appréciais le fait qu'il me laisse au commande, il était loin d'être passif, mais il se laissait faire, faisant ce que moi je voulais et je devais avouer que j'aimais prendre le contrôle. Je mis fin à notre baiser pour descendre le long de sa mâchoire, laissant des traces brûlantes le long de son cou pour lui faire un joli suçon, ça faisait trop longtemps que je voulais le marquer comme mien. Sa respiration était lourde et je savais que je lui faisais de l'effet, pourtant, il ne bougea pas d'un pouce, me laissant le torturer jusqu'à ce que je sois satisfaite de la marque rouge vif qu'avait prit sa peau. Je déposai quelques baisers sur son torse et me redressai pour le regarder, avec un sourire satisfait.
Ses yeux étaient noirs mais il n'avait pas l'air en colère. Toutefois, je me sentis stupide sur le coup, je m'étais laissée débordée.
-Tu es une petite coquine Isabella Swan.
Il me fit un sourire et je me détendis, décidée à jouer.
Je pris une moue aguichante.
-Ça se pourrait. Tu vas me donner la fessée ?
-Non, mais je pourrais te marquer, et je choisirais un endroit beaucoup moins visible que ton cou si tu vois ce que je veux dire !
Je voyais parfaitement et le rouge me monta aux joues. Je tendis une main et caressais sa joue.
-Je crois qu'il faudra attendre encore un peu pour ça.
-Pourquoi ? Je me sens bien et puis, je ne risque plus de perdre la boule, bien que je puisse mourir de frustration.
Il sourit avec malice et j'éclatai de rire.
-Il va falloir que tu reprennes des forces, et que tu te reposes, on verra ensuite.
Il fit la moue et je ricanais encore un peu.
-Tu es dure avec moi.
Je déposai un baiser chaste sur ses lèvres et me levai pour sortir de la baignoire. Je me drapai dans une serviette de bain et me retournai vers Edward pour le voir me fixer, attentif.
-Tu es très belle tu sais.
Je me sentis rougir à nouveau et baissai les yeux.
-Tu ne devrais pas douter de toi Bella.
Je relevai timidement les yeux et lui fis un petit sourire.
-Tant que je suis belle à tes yeux, je me fiche du reste.
Il me fit son irrésistible sourire en coin.
-Tu es ma princesse guerrière.
J'éclatai de rire et lui tendis la main.
-Viens ici mon homme, on va aller te nourrir.
Il prit ma main dans la sienne et je la serrai en retour, fort. Tant que je serais en vie je ferais tout pour le protéger, le choyer, j'allais m'occuper de lui, et il allait vite se remettre.
Il sortit de la baignoire et se laissa aller un instant contre moi alors que je recouvrais sa taille d'une serviette pour ne pas qu'il chope froid. Son odeur était enivrante et je me laissai aller un instant à le serrer contre moi, inspirant à pleins poumons, ancrant pour toujours en moi son parfum.
Je savais maintenant avec certitude que nous allions réussir, il pouvait s'accrocher à moi, jamais je ne le lâcherais.
Voilà pour ce chapitre à jeudi prochain pour la suite
*L iliade Le texte a probablement été rédigé entre 850 et 750 av. J.-C. (dates déjà mentionnées par Hérodote), soit quatre siècles après la période à laquelle les historiens font correspondre la guerre mythique qu'il relate.
Le thème de l'épopée est la guerre de Troie dans laquelle s'affrontent les Achéens venus de toute la Grèce et les Troyens et leurs alliés, chaque camp étant soutenu par diverses divinités comme Athéna, Poséidon ou Apollon. Après un siège de dix ans, le sort des armes hésite encore dans de multiples combats collectifs ou individuels où s'illustrent des figures comme Ajax, Hector ou Patrocle. Finalement les Achéens l'emportent grâce à la victoire d'Achille qui tue le chef troyen en combat singulier.
