Coucou !
Voilà l'OS sur Daphné qui est arrivé bien plus vite que ce qui était prévu - à peine avais-je fini celui sur Blaise que je m'attaquais à celui-ci et... ET JE SUIS EN VACANCES ! J'ai reçu mes résultats, j'étais en train d'halluciner : j'ai super bien réussi tous mes examens ! Surtout le français et l'allemand, oui, l'allemand, alors que j'ai toujours été mauvaise en allemand, qu'il y a trois ans je voulais à tout prix arrêter et passer en italien, la moyenne de mes examens d'allemand est une de mes meilleures moyennes.
Enfin voilà, je commence à raconter ma vie, je vais arrêter :P
Donc, cette fois, Daphné. J'adore Daphné, sérieusement, je crois qu'elle est en train de devenir un de mes personnages favoris, et le couple Daphné/Blaise... ils sont fait l'un pour l'autre. Du coup... Azalan trouve que c'est une garce. Je suis d'accord. Mais je l'aime comme ça. Je l'aime parce que je la vois comme ça.
J'espère en tout cas que cet OS vous plaira plus que celui sur Blaise, j'ai vu que les avis étaient assez partagés ^^
Merci mille fois à : Selemba, Still-hopee, Lucy in the Sky with Diamond, Mademoiselle de Maupin, Lilu, Azalan, Ayanne et Hergsine !
Les parties en gras sont encore tirées d'un poème de Prévert qui s'appelle Lanterne magique de Picasso - un des plus beaux poèmes si vous voulez mon avis.
Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à notre chère JKR !
Titre : Chers Oiseaux
Résumé : 'Zermatt, avant, c'était un soleil savoureux, des flocons au coin des lèvres.' Mais à présent, ils sont comme des oiseaux en cage et ils tournent en rond, chacun à leur façon.
Rating : K
Bonne lecture !
J'ai vomi toute la nuit jusqu'à ce que les yeux m'en brûlent. J'ai vomi et vomi encore, attendant que le jour revienne, j'ai vomi la dinde, les marrons chaud, le champagne, j'ai vomi le chocolat, j'ai vomi ma journée passée avec toi.
Maintenant je vais bien. Je me maquille. Il est neuf heures et demie, je cache mes cernes et j'accentue mon sourire. Beaucoup de rouge sur les lèvres. Je vais bien maintenant, je t'assure, même si tu t'en fiches, pour moi, c'est important, tu comprends ? Même si tu n'es pas là, même si tu ne me le demanderas pas.
La folle terreur du piège dans un regard d'oiseau
Je ne sais plus ce qui s'est passé. Je pensais qu'elle était loin, cette sensation je la croyais barricadée dans mon ventre mais non, je t'ai vu, il y a longtemps, je t'ai vu tout entier et je t'ai voulu, aujourd'hui encore je me rends compte que j'ai cherché cette douleur mais il ne faut pas parce que… parce que toi tu ne me donneras jamais rien.
Je vais bien. Je le répète en me séchant les cheveux, en me brossant les dents. Je me souris en choisissant mes habits, en me faisant un chignon. Je suis plus forte que toi, au fond, tu as toujours été un angoissé, tu crois savoir le cacher mais moi je te connais, il suffit d'une phrase pour te faire changer et ça a été si simple de me faire désirer, si facile de te sentir contre moi, en moi. Un rire déplacé et voilà tout ton corps qui tremble, tu te détournes puis tu reviens, je t'ai attrapé, petit oiseau menteur, je t'ai tenu serré, tu ne vas plus pouvoir m'échapper, je sais que tu vas revenir, bientôt, dans une heure ou deux, tu vas te glisser dans ma chambre, celle de ta mère, tu crois que je ne le sais pas ? Tu crois que je n'ai pas vu tes lèvres de serrer, ton regard s'obscurcir devant le numéro qui m'a été attribué ?
Je ne peux pas m'arrêter de rire sinon, qu'est-ce qu'il me resterait ? J'ai entouré ma souffrance d'éclats pour mieux pouvoir l'oublier et toi, tu ne comprends pas.
La joie de chaque jour et l'incertitude de mourir et le fer de l'amour dans la plaie d'un sourire
Je garde la terreur entre mes doigts et je la brûle au soleil. Aujourd'hui il fait beau et le monde entier s'est transformé, j'ouvre grand les volets, tout est blond, tout est rouge, et je grimpe sur le bord de ma fenêtre, je passe mes jambes de l'autre côté – si je me penche encore, je dévalerai trois étages et je m'écraserai dans la poudreuse, ce serait bien, ce serait beau – j'allume une cigarette que je fume à peine.
Enfant, j'ai voyagé sans arrêt. Astoria restait à la maison avec notre mère mais moi, quand je rentrais, je ne défaisais même pas ma valise, je me trainais aux pieds de mon père en lui demandant quand est-ce qu'on repartait, s'il te plait, je ne veux pas attendre. Alors toujours il m'emmenait. Ma mère en était scandalisée : cette petite devrait rester ici, maintenant elle est montée contre moi, tu la traines partout comme un sac, tu lui présentes tes maîtresses, aussi ? Mon père n'y répondait jamais. Moi je souriais. J'attendais sur la route, quand est-ce qu'on y va, papa, est-ce que je pourrais monter sur un volcan, toucher la glace en haut d'une montagne, me brûler sur le sable ?
J'ai visité le monde entier jusqu'à recevoir ma lettre de Poudlard.
Il pleuvait quand on est rentré. Mon père serrait très fort ma main dans la sienne, il a sonné chez nous, m'a tendu à ma mère : Tiens, la voilà, ta petite. Tu la garderas toi, maintenant, je ne peux plus rien pour elle.
L'Angleterre, c'est ma cage, j'y suis née et quand j'y suis retournée, je ne m'y suis plus retrouvée.
Mon père a continué ses voyages, et puis il a rencontré une autre femme sur une quelconque île indonésienne, je ne l'ai plus revu. Les grandes vacances, il n'est plus revenu, parfois encore je reçois des lettres, je l'aimais tellement, où est-ce qu'il est, maintenant, je n'en ai pas la moindre idée.
Je n'ai jamais compris pourquoi est-ce qu'à onze ans, il m'a abandonné, moi j'ai encore le chant des oiseaux dans la tête, je m'y raccroche, je voudrais ne rien oublier de ce que j'ai vécu, de ce que j'ai perdu, je voudrais tout recoller sur des murs pour que le reste du monde sache à quel point c'était beau, là-bas, à quel point c'était simple, mais ce n'est plus possible, je suis bloquée, emprisonnée, et je regarde cette neige et j'ai envie de pleurer.
Deux bras autours de moi. Deux mains qui se crispent sur mon ventre. Un souffle contre mon coup, un souffle qui me chatouille, des lèvres qui cherchent ma peau, qui la mordent, qui la frôlent.
« Je savais que tu serais réveillée, as-tu murmuré.
– Mmm… »
Et d'un coup sec, tu m'as retournée.
Mon rire au creux de ton oreille. Ma langue qui cherche la tienne, mes doigts qui t'enserrent, ton corps si proche, si proche qu'on pourrait se fondre l'un dans l'autre, et disparaître, perdre l'équilibre, dégringoler le monde.
Chaque parcelle de ta chair me désire, viens encore, embrasse-moi plus fort, couvre mon rire, détache-le de cette pièce, si seulement tu savais comme ça me fait du bien de te sentir là, de savoir que tu ne peux plus te passer de moi, quoi que tu en dises, maintenant, je vais te dévorer de l'intérieur, il faut que tu m'aimes, tu comprends, il faut que tu m'aimes et que jamais tu ne disparaisses.
« C'est… une sacrée connerie… »
Tu as à peine détachée tes lèvres de mon cou pour le murmurer.
« C'est un peu facile, tu ne crois pas ?
– Oh, tu ne vas pas te vexer pour si peu, n'est-ce pas, Daphné ? »
Tes lèvres sur mes joues, sur mon nez, sur mes paupières.
« Mais je pourrais, ai-je susurré en te décollant. Je pourrais, tu sais, et alors qu'est-ce que tu ferais ? – j'ai passé ton t-shirt par-dessus tes épaules et j'ai fais glissé mes doigts jusqu'à ta braguette – Tu devrais être gentil avec moi.
– Je vais être adorable. », as-tu promis en dégrafant mon soutien-gorge.
Et alors je te crois.
Tu as du rouge à lèvres sur le visage, bientôt, je te repeindrai de haut en bas.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
Lorsque je suis sortie de la douche, j'ai retrouvé Astoria assise sur mon lit.
« Je voulais te parler. »
Je ne peux pas m'empêcher de sourire en regardant les draps désordonnés et la petite, elle, grimace, elle fronce les sourcils, me dévisage. Mais la question ne traverse pas ses lèvres.
« Eh bien ? Qu'est-ce qui se passe ? »
Mon maquillage n'est plus qu'un lointain souvenir et mes cheveux ont bouclé, je suis bonne pour tout recommencer.
« Tu crois que je devrais l'épouser ? »
J'ouvre grand mon armoire et fait tomber mon peignoir à mes pieds.
« Qui ? Drago ?
– Daphné !
– Quoi ? Ce n'est pas une fille nue qui va te choquer, quand même ? »
Elle tord la bouche et grommèle vaguement un : tu n'as aucune manière. Ou quelque chose du genre.
C'est une drôle de gosse qui est là. Elle me ressemble, quand on la voit de loin, elle est mon portrait craché, les mêmes yeux verts, les mêmes boucles claires, et puis soudain on est à côté, elle avec ses belles façons, moi avec mon mépris, et on n'a plus rien à faire ensemble, elle se rangera, épousera quelqu'un de bien tandis que je continuerai à m'envoyer en l'air avec des petits cons comme toi derrière le dos du monde entier, et je continuerai à vouloir vous faire du mal, à toi, à elle, parce que vous croyez que je suis futile, que je suis simple et délicate alors que c'est du vent, c'est du rire, c'est si facile à reproduire…
Je suis donc nue face à elle et je prends plaisir à choisir d'autres habits. Je fais des allées-retours, elle, elle a rougi et elle baisse la tête.
« Tu le fais exprès ?
– Oh, je t'en prie. Pauvre chérie, tu ne vas pas en mourir. Tu ne t'es jamais regardée dans une glace en sortant du bain ?
– Ça… n'a rien à voir.
– Si tu le dis. »
Rien ne peut plus m'exaspère que cette pseudo pudeur sortie d'on ne sait où. Ma mère sûrement. Ma mère et ses idées à la con.
J'ai enfilé une culotte et un soutien-gorge avant de me tourner à nouveau vers Astoria.
« C'est mieux ?
– Oui.
– Alors, tu veux parler de Drago ?
– Ce n'est pas drôle. »
Je ne m'étais même pas aperçue que j'avais ri.
« Un peu quand même. Il t'a demandé en mariage ?
– Non… pas encore…
– Mais ?
– Je ne sais pas.
– Tu l'aimes ?
– Oui. Je crois.
– Eh bah alors, au pire, si ça ne marche pas, tu divorceras ! Ne prends pas cet air embêté, allons, ne boude pas, ce n'est pas grave, qu'est-ce qu'il y a ? Dis-moi, pour de vrai… Pourquoi as-tu si peur de te marier ? »
Je la méprise, cette petite. Et pourtant… quand je la vois, toute seule assise sur ce lit, avec ses yeux fuyant, avec ses lèvres tremblantes, je ne peux pas m'empêcher de m'avancer, j'ai envie de la serrer dans mes bras, j'aimerais qu'elle sourie… grâce à moi.
Parfois, je me dis que je suis affreuse. Que je les tire, ces gens-là, ils ne s'aperçoivent de rien, parce qu'ils sont tous concentrés par leurs petits problèmes, et se retrouvent soudain face à moi, avec leur souffrance ridicule, moi j'ai besoin de ça, j'apparais alors comme celle qui rit, comme celle qui chante, qui dévore le monde mais c'est eux que je mange.
S'ils étaient heureux… je ne serai plus là, je crois.
« Est-ce qu'il m'aime ? »
J'ai mis des collants épais et un pull en laine qui me tombe au milieu des cuisses.
« Oui. Évidement, Astoria. Sinon, tu ne seras pas là. »
Et moi, qui est-ce qui va m'aimer, j'ai fais pile ou face et c'est tomber sur toi, tu verras, parce que je suis tout ce que tu peux désirer, tout ce que tu peux rechercher, et si tu le veux, je me tendrai en brune, je mettrais des talons et je me marierai sept fois avant de t'épouser, je changerai de nom, je me transformerai, et alors tu ne pourras plus me lâcher.
Un grand orage éclate dans la glace à trois faces
Avec toutes les flammes de la joie de vivre
Avant de descendre déjeuner, elle s'est tournée vers moi et elle m'a dit :
« Hé, Daphné.
– Oui ?
– Tu sais… j'aurais aimé être comme toi. »
Elle n'imagine pas.
« Tu les vois, les étoiles ?
– Où est-ce qu'elle est, maman ? »
Il s'était arrêté. Sa cigarette brûlait entre ses doigts, moi, c'était tout ce que je voyais.
« Là-bas, tout au fond. Derrière la mer, derrière les montagnes. De l'autres côté de la rive, très loin, là où il fait noir.
– Et Astoria ? Pourquoi est-ce que toi non plus tu ne les vois pas ? »
Et ses yeux, ses grands yeux verts posés sur moi. La plage, le sable déjà froid sous mes pieds. Où est-ce qu'on était, moi j'ai déjà tout oublié, sur quel continent, là-bas c'était quoi, il faisait chaud le jour et soudain si froid, si froid…
« Tu sais Daphné, il faut que tu me promettes… plus tard, parce que tu commences à être vieille, il faut que tu te souviennes de ne pas garder d'attaches. Les autres sont des salauds, les hommes sont des lâches, les femmes des hypocrites et toi, tu seras là, ma petite nymphe, mon alouette, tu seras la plus belle, tu riras sans cesse, comme tu le fais maintenant, tu te promèneras la tête haute et tu verras alors comme ils t'envieront. Tant que tu ne montres pas ce qu'il y a à perdre, les autres t'admireront. Et tu vas tout réussir, moi je le sais, tu n'auras besoin de perdre. Astoria es jolie comme tout mais elle est faible. Toi, tu es forte. Tu es ici, avec moi, tu connais tout sur le bout des doigts, et quand ta sœur pleure, toi tu ries. Elle est là, ta force. »
Je sais que je n'avais rien compris. Je sais que je l'avais regardé, avec mon sourire, du haut de mes dix ans, et puis j'avais vu derrière sa tête les étoiles alors le reste n'avait plus d'importance.
Les pieds dans l'eau, j'aurais voulu les dévorées.
Les idées terrées et atterrées comme les pauvres rats de la mort sentant venir le bouleversant naufrage de l'Amour
Je voudrais tout brûler dans cette ville. Et te poser là au centre, t'enduire d'essence des pieds à la tête sans t'aimer plus fort.
Tu es jaloux, ça crève les yeux, parce qu'elle se penche sur Drago, et toi tu restes tout droit, parce qu'elle regarde le ciel, qu'elle est partie skier et que tu as refusé, que tu m'as pris la main et tu m'as ordonné, à moi, petit imbécile, à moi tu m'as ordonné de rester là. Tu m'as attrapé comme si j'étais ta chose, ta poupée. Avec un ton autoritaire, des tremblements au bout des doigts, devant tout le monde, tu as dit :
« Daphné et moi, on passera l'après-midi ici. »
Et tu croyais, imbécile, que j'allais t'écouter, que j'allais m'enfoncer et t'obéir les yeux fermés, mais non, mais tu devrais me voir morte pour espérer me garder.
« Moi j'ai envie de skier. On se verra ce soir. »
Et le silence. Le silence qui s'agglutine autours de mon sourire. Comme tu as blêmi, mon chéri ! Comme tes dents se sont serrées, et maintenant tu ouvres ma porte, tu y mets toutes tes forces pour que les murs en tremblent, elle s'écrase, elle fait un bruit monstre, moi je suis immobile devant mon miroir, j'observe ton reflet se diriger droit sur moi, me retourner, j'observe ton visage embrasé, tes mains m'attraper, me serrer.
Tu crois me faire mal, ainsi ? Tu crois pouvoir me rendre prisonnière ? Tu ne seras jamais la moindre cage pour moi, est-ce donc ça qui te blesse, est-ce donc ça qui t'attire ?
Et tu me hais, et tu m'embrasses, et tu me mords, jusqu'au sang, et tu me pousses contre le mur, et tes ongles s'enfoncent dans ma peau.
« Alors ça t'amuse ? »
Ta voix n'est plus qu'un murmure furieux.
« Tu caches bien ton jeu, hein. Ton putain de jeu, tu n'es qu'une garce Daphné, une sacrée garce, tu me rends fou, bordel. »
Et tu ne peux pas t'arrêter, tes mains sont déjà en train de me déshabiller, tu sais que je ne vais pas t'en empêcher, tu sais que je ne veux pas, que je me perds dans ta colère, et je jubile, et je pourrais te dévorer tout entier.
J'ai quand même été skier.
Pendant une pause café, alors que Pansy et Astoria étaient aux toilettes, Drago a levé les yeux vers moi et il a dit :
« Blaise va être d'une humeur massacrante quand on va rentrer.
– Oh, il s'en remettra.
– Tu couches avec lui depuis combien de temps ? »
Je fais des ronds avec ma cigarette. Je suis l'envol d'un oiseau loin dans le ciel. Mon sourire tremble, je le sens, je pense à toi maintenant, je ne devrais pas, et je suis terrorisée.
Il faut que tu reviennes, ce soir, quand même. Avec ta mauvaise humeur, je m'en fiche. Tant que tu es là. Tant que tu as besoin de moi, même si c'est pour me faire du mal, pour me griffer, me jeter contre les murs, si tu savais comme je m'en fiche, je veux juste t'avoir, savoir qu'il n'y a que moi à qui tu penses, que je te ronge. Et c'est dans ta haine que tu es le plus vrai.
Les idées délaissées oubliées égarées
Mises hors d'état de nuire par la joie et le plaisir
Un nouveau restaurant. Tu évites mon regard et tu as les poings serrés. Je croque un cornichon. Je ris quand Astoria parle.
Et je vais rire toute ma vie s'il le faut.
Et je suis forte, tu sais.
Mon fromage a brûlé. Je reprends du vin, et encore un verre, et un autre, et plus je souris, plus mes mains tremblent, et Granger vient d'entrer dans le restaurant avec Weasley, ils sont juste les deux, Pansy ne les quitte pas des yeux, elle est pétrifiée mais personne ne s'en rend compte, je crois qu'elle est folle amoureuse, mais non, chez elle ce n'est pas de l'amour, c'est de la souffrance, elle est bête, par Merlin, elle bête et elle ne cache rien, les autres sont trop stupides pour s'en apercevoir mais comme elle a mal, comme elle blêmit, comme elle rougit, j'ai fini le vin, alors je la prends par la main, je me penche vers elle et je lui dis viens, où, qu'importe, suis-moi, on va dehors, et tu nous siffles de rester, je ris, je pose une main sur ta joue :
« Ne t'en fais pas, amour, elle ne va pas disparaître. »
J'ai besoin de te provoquer. J'ai besoin de voir ton regard changer dès qu'il s'agit d'elle, et pas de moi.
Tu es brûlant. Ton souffle sur ma paume. Tes lèvres si près.
J'étais déjà dehors lorsque tu t'es retourné.
Il s'est remis à neiger, on trébuche, j'ai les pieds gelés.
« Mais Daphné, mais qu'est-ce que tu fais, tu es ivre, arrête, tu vas me faire tomber.
– Ne pleure pas, Pansy.
– Je…
– Regarde ! Regarde ces étoiles, regarde ce ciel ! Tu ne peux pas pleurer.
– Je vais bien.
– C'est Granger ?
– Comment tu fais, Daphné ?
– Hum ?
– Pour être comme ça. Pour te foutre du monde, pour lui rire au nez.
– Ce n'est pas difficile. Tu pourrais, aussi, si tu le voulais. »
On m'admire de tout, on admire mon rien. Ils m'impressionnent, ces gens-là.
« Je ne veux pas pleurer.
– Alors ne pleure pas.
– Je n'y arrive pas.
– Ferme les yeux plus fort, Pansy. »
Je ne sais pas combien de temps on est resté dans la neige. Elle, à se mordre lèvres en me racontant Poudlard, avant la guerre, et Granger, le soleil. Moi à l'écouter, à sourire alors que je m'enfonce, alors que je suis glacée, que le vent me malmène, que la neige fond et se glisse à travers mes vêtements. Mon collant, mes bottines. Je crois que je ne peux plus bouger.
Mais vous êtes venus.
« Je te ramène. »
Ta main est chaude. On rentre à l'hôtel. Tu m'embrasses sur le cou, tu dis… je ne sais pas ce que tu dis, que tu es fou de moi, que tu ne comprends pas, en deux jours, je suis intenable, tu n'en peux plus de mon rire, je vais voir, tu vas le recouvrir, le lacérer, le ravaler. Tu dis que je suis froide. Je vais tomber malade.
Tu m'as enlevé les chaussures, les collants et le gros pull.
« Tu ne seras jamais capable de m'aimer, hein. Tu vas me détruire. »
C'est une constatation que tu fais.
« Je suis désolée. »
Tu t'es allongé à mes côtés
Et j'ai pleuré.
Les idées calcinées escamotées volatilisées désidéalisées
Je pleure parce que je suis épuisée.
Je pleure parce que tu te fiches de mon rire, parce que tu le méprises, parce que tu ne le comprends pas et que tu l'as déchiré, avec tes mots, avec ta gentillesse affreuse, avec ton amour qui dégouline tout contre moi, et je pleure parce que j'ai peur, parce qu'on m'a déjà abandonné une fois, que j'ai regardé le ciel, que j'ai tout fait comme on me l'a demandé mais personne n'est resté, je pleure parce que je veux que tu me serres encore contre toi, parce que je ne t'aime pas et que je suis folle de toi, je ne sais plus rien faire, je pleure parce que t'es un sacré con, et moi je foire tout, je suis une garce, tu as raison, je suis une fille affreuse, je t'aime pour tes faiblesses et je me hais des miennes.
Je pleure jusqu'à ce que la nuit s'arrête, et toi tu es toujours là, tu embrasses mes cheveux, tout mon visage, je pleure parce que ce n'est pas normal, que je suis dans une cage mais je me cogne aux murs, je pleure parce que je n'ai besoin de personne mais que je suis beaucoup trop seule, et parce que j'aimerais qu'on s'occupe de moi, une fois, parce qu'on ne me connaît pas et j'ai fais tout faux, pourquoi est-ce qu'on m'a laissé, à moi, ici, et toi, non, je pleure parce que tu me vois mais que je ne peux plus te repousser, et j'essais de rire, de te dire que c'est ridicule mais tu ne me laisses pas aller plus loin, de toute façon tu ne me crois pas, et tu dis que tant que je ris je m'enfoncerai, mais que tu t'en fiches, hein dis, je vais te croire, ou peut-être pas.
J'ai pleuré jusqu'à ce que le jour revienne.
Les idées pétrifiées devant la merveilleuse indifférence d'un monde passionné
Et le soleil a vomi toute sa lumière entre mes doigts ouverts.
Pour le prochain OS, ce sera Astoria, bien sûr ! Mais je pense qu'il mettra plus de temps à venir - quoique... maintenant que je suis en vacances...
En attendant, qu'en avez-vous pensé ? Une review ? :D
Bisous
Ana'
