Enfin je publie la suite, si vous saviez comment j'ai galéré avec cet ordi, mais j'en suis venu à bout ! (avé moi petit pois !)
Pour commencer, je remercie l'alienne pomponneuse (le nom complet est secret d'état, je le garderai jusqu'à ma mort ! ... Ou pas !), qui a gentiment et de son propre chef corrigé mes (nombreuses) fautes *un couteau sous la gorge, les pieds attachés au bureau, avec pour toute nourriture pain sec et eau, et encore*. Thanks
A Blue, pour tes reviews, tu attendais hein ma chérie, que je te signale, et bah voilà ! T'es contente ? Bon ben bonne nuit à toi aussi mon coeur.
PS: me bouffe pas à l'internat, c'est la blonde la première.
PPS au lecteurs: si je meurs c'est SA faute (Blue), vengez-moi please !
PPPS: merci aux gens qui me laissent des reviews, ça me fait très plaisir, d'ailleurs merci à EdFrench pour ses conseils judicieux.
ça c'est fait. Bonne lecture, enfin j'espère.
Chapitre 2:
Hidan, hôpital de Tokyo, novembre 2004 :
Je me réveillai, quelques jours après que ce connard de rouquin m'ait défoncé, avec la sensation de m'étouffer. J'arrivais plus à respirer. Quelque chose bloquait ma respiration. Je m'agitais. Si bien qu'une infirmière, qui se trouvait pas loin, débarqua dans la pièce et m'ôta le masque qui couvrait ma bouche. Putain! J'étais sous aide respiratoire.
Ayant encore les idées floues, pendant un instant je ne me rappelais plus comment je m'étais retrouvé ici. Puis des brides de souvenirs s'imposèrent dans ma tête : ce roux très sexy et terriblement bandant, son refus pour une nuit, ses coups et enfin le trou noir.
J'avais dû être porté à l'hôpital. Par qui? Je n'en savais rien, et je m'en foutais. Toujours est-il que je me suis réveillé, comme un con en m'étouffant, dans une putain de chambre aseptisée, blanche et horrible. Merde! Cet enfoiré avait été bien plus fort que j'aurais pu l'imaginer.
Mais, je le trouvais de plus en plus excitant. Celui-là, je le dresserais. Si il pense que je vais abandonner une prise d'aussi bonne qualité, il se trompe. Je le ferais plier. D'aussi froid qu'il puisse paraître, il a toutefois ses limites, ses faiblesses, comme tous le monde. Il suffit de les trouver. Ensuite , quand j'aurais abattu ses défenses il fera tout ce que je voudrais, même si c'est humiliant, obscène, pervers... Oh oui, il m'appartiendrait mon salaud. Et pour ça, il fallait d'abord le faire souffrir. Jusqu'à ce qu'il rampe à mes pieds, qu'il me supplie de le prendre. Déjà une multitude d'idées s'insinuaient dans mon esprit.
Je me rendormis, un sourire sadique sur mes lèvres. Dans mon sommeil, je revoyais ce bel homme, les cheveux sanguins volant au vent. Sa peau blanche et laiteuse. Ses yeux intriguants aux couleurs vert d'eau. Puis le sang qui avait coulé au coin de sa bouche. Mon irrésistible envie de le lécher. Et de le taper, pour revoir ses fins sillons rouges qui contrastaient avec le teint de sa peau. Admirer ces perles de sang. Enfin mes rêves dérivèrent sur des images tout aussi plaisantes : lui, la bouche gonflée par le désir, les yeux brillants de plaisir, les joues rosis par l'effort. C'est que je suis un amant exigeant, moi. Son torse imberbe, avec les courbes de sa fine musculature. Les deux tâches rosées se découpant sur ses pectoraux. Les différentes positions que nous pourrions tester. Lui dessous... Le doux monde des rêves m'aspira de plus en plus dans sa chaude et érotique étreinte.
C'est la tête pleine d'images aussi cocasses les unes que les autres, que je sortis de ma torpeur le lendemain. J'avais quand même réussit à établir un plan dans la nuit, malgré mes petites distractions, et me sentais prêt à l'exécuter. Je réunis ma bande dans cette chambre, et en fis d'ailleurs sortir l'infirmière grâce à un « Ta gueule et casse-toi la veille! » quand elle protesta qu'il y avait trop de monde dans cette pièce. Avec leur aide, mon plan allait débuter. On disait que le roux reviendrait en cours la semaine suivante. De nombreuses surprises allaient l'attendre...j'espérais qu'il apprécierait mon attention. Je me demandais combien de jours il serait capable de tenir. Les paris étaient lancés. Le roux n'en sortirait pas indemne et au moment venu, où il cessera de se débattre, j'irais le recueillir. Le jeu du chat et de la souris avait commencé. Je l'aurais à l'usure.
Bientôt, poil de carotte serait à moi. Et son adorable p'tit cul aussi.
Gaara:
À la fin de cette paisible semaine de repos, je rentrais au lycée. Nonchalant, glacial... on change pas ses habitudes pour une semaine de renvoi. D'ailleurs, je n'en avais aucune envie. Pas avant que je le rencontre. Seul lui m'avait donné le désir de me remettre en question. De me rapprocher des autres. D'apprendre à les connaître sans me sentir exaspéré. Tout ça grâce à ses... mais je m'égare là.
Lorsque j'entrai dans l'enceinte du lycée ce matin-là, tous les élèves s'écartèrent de mon chemin. Réaction plutôt disproportionnée. Généralement, les autres se contentaient de ne pas se trouver trop près de moi ou de ne pas me frôler, mais là! Ils étaient carrément éloignés de plusieurs mètres. Remarque, j'aurais la paix. Mais ça semblait étrange. Ou pas. Mon physique n'était certes, pas très avantageux : lèvre fendue, bleuie et gonflée. Un bel hématome s'étalait fièrement sur ma pommette gauche. Plus une mignonne petite bosse, à la couleur pas vraiment identifiée, qui pointait le bout de son nez sur ma tempe. Le nez d'ailleurs affichait quelques croûtes sur son arrête. Et pour finir des cernes monstrueuses ornaient mes yeux car ma soeur m'empêchait de dormir tranquillement depuis deux jours avec sa, si agréable, voix. Ça donnait envie, hein?
Finalement, je décidai de ne pas prêter attention à cette action collective. Pas la peine que je me casse la tête pour comprendre l'origine de leur nouvelle lubie. Les regards se bousculaient sur moi. Ils me regardaient comme si j'étais un animal, je pus discerner dans leurs yeux un mélange de crainte et de fascination. Génial. J'avais l'impression d'être une bête de foire. La journée commençais bien... et bizarrement elle me semblait loin de sa fin, très loin.
En tout cas, cette situation était en train de m'exaspérer, je pris donc le parti d'aller voir ailleurs. Soit dans ma salle de classe. Non je n'étais pas du genre studieux, mais y avais pas beaucoup d'endroits où crécher, surtout qu'il faisait pas chaud dehors. Heureusement qu'ici, au Japon on peut entrer en cours avant qu'il commence, pas comme d'autres pays où les lycéens sont obligés d'attendre la sonnerie. Vive la France. Je les plains... non, en fait j'en ai rien à foutre.
En entrant dans la pièce, le silence s'installa aussitôt. Puis, les gens qui me mataient étrangement, détournèrent vite les yeux. Je m'assis à ma table. Les autres se mirent à chuchoter. Certains me lançaient des regards à la dérobée. J'entendis plusieurs fois mon nom dans leurs conversations. Leurs pupilles se posèrent encore sur moi. Et ainsi de suite. Franchement barbant.
J'optais néanmoins pour l'option qui consiste à attendre patiemment et calmement le prof. Qui sait se faire désirer. J'admirais le ciel nuageux et gris, quand la porte s'ouvrit avec un grand fracas. À la place d''un homme de la trentaine aux cheveux blanc immaculés, le visage endormi, un cache sur l'oeil gauche, l'air hagard; c'était une bande d'imbéciles qui passèrent le pas de la porte. Il y en avait environs dix, tous bruns, possédant un aspect banal. Pas de place pour l'originalité, dommage. Faut pas croire, c'est pas parce que le Japon montre souvent des jeunes branchés « visual kei, gothic lolita, punk » à la télé, que ces jeunes le sont aussi en cours. C'est quand même un pays de traditions et de conventions. Ici, celui qui détonait c'était moi... et cette intello qui avait une affreuse couleur : ROSE, vous imaginez? Qui serait assez stupide pour oser porter une telle couleur? Rose, on aurait dit qu'elle s'était collé du chewing-gum dans les tifs. Je savais pas comment elle s'appelait et je voulais surtout pas le savoir.
D'un même ensemble, au même rythme, comme s'ils avaient répétés toute leur vie pour ce moment précis, ils se dirigèrent vers moi. De près, je pu remarquer qu'ils avaient pas l'air ravis de me voir. Des types que j'avais passé à tabac dans le passé?
L'un d'eux se démarqua du lot et m'interpella:
- Eh, le rouquin! C'est toi qui t'es battu avec Hidan? C'est toi, hein, qui l'as envoyé à l'hosto?
- ...
- Oh! Je te parle!
- ... Pff, c'est qui Hidan?
- Tu te fous de ma gueule? Hidan, c'est le chef de notre bande, enfoiré. Il est super balèze. Un jour, il s'est battu contre cinq mec à la fois. Ouai. Pas vrai les mecs? Et il les à tous explosés. Sans effort...
Il se tourna vers ses amis (ou chiens, je vois pas la différence) pour appuyer ses dires, pour montrer qu'il ne mentait pas. J'aurais presque pu voir des étoiles d'admiration dans leurs yeux. Cet Hidan adore se battre. Quel exploit. Une grosse brute sans cervelle de plus sur la Terre. On est bien gâté.
- Merveilleuse description...mais c'est qui?
- Putain! C'est celui qui t'a offert ce beau visage, abruti!
- Le con qui est à l'hôpital à l'heure actuelle?
Bravo Gaara, continue de les énerver. Insinue que leur chef est un gros nul, et il se jetteront à tes pieds en criant « maître, je vous aime ». Je sais pas ce que j'avais, mais je parlais beaucoup trop.
Un rictus mauvais fendit le visage du messager et il ordonna à ses sbires de m'attraper.
Je les laissais faire. L'un me bloqua une jambe, l'autre un bras, puis un autre la deuxième jambe...jusqu'à que je sois totalement immobilisé. Leur petit chef s'approcha de moi, contemplant fièrement sa « victoire ». Il faisait pitié ce gars. Tout doucement, il rapprocha son visage du mien :
-Tu fais moins le malin, maintenant!
- Et vous, vous n'allez pas le faire très longtemps. Dit une voix dans notre dos.
Eh oui, j'avais entendu le pas lourd du prof dans le couloir. Ça servait donc à rien que je me défende. Toutefois, j'avais eu de la chance que le prof arrive pile à ce moment. Parce que dans la classe, y en avait pas un pour essayer de m'aider. Ils se contentaient de regarder sans se bouger le cul.
Et j'aurais sûrement fait pareil. Quoique... En fait, je n'aurais même pas tourné la tête pour voir le spectacle. Je l'ai dit : je ne vivais que pour moi et n'aimais que moi.
- Vous, la petite bande, retournez dans votre classe. Et vous, en s'adressant à moi, asseyez-vous.
Frustrée, la « petite bande » repartit, non sans me faire don d'une nuée de regards noirs au passage. Que je leur rendis avec plaisir. Je me rassis, observai rapidement le prof. Encore une fois, il était plongé dans son livre le Paradis du batifolage, et ne prêta attention aux élèves que quand il eu fini son chapitre. Je retournai à mes nuages. Très intéressant. Du moins, beaucoup plus que la littérature japonaise sous l'ère Edo, époque où on assiste à un renouveau de la littérature et bla bla bla. Oui, les petits nuages sont finalement passionnants.
Je passais le reste de la journée ainsi, sans qu'aucun accidents ne survienne. Jusqu'à l'heure du repas. À ce moment précis, je n'avais qu'un seul but dans la vie : sortir rapidement de cours, monter sur le toit, et savourer mon bento. Ou juste le manger quand c'était Temari qui l'avait cuisiné.
C'était sans compter sur la présence de la bande du type glauque qui était à l'hosto, après l'altercation j'avais oublié son nom. Eux, ils semblaient décidés à me pourrir ma journée. Ils profitèrent donc de cette pause déjeuner pour me rendre une visite de courtoisie. Comme c'était gentil de leur part. Faudrait que je pense à les remercier de leur, oh combien agréable, compagnie.
Malencontreusement, et vraiment « sans faire exprès », l'un d'eux renversa mon bento. Adieu mes chers onigiris, omelettes, sushis et autre plats local préparés par les bon soins de Temari.
- Merci, vous m'avez évité l'empoisonnement. C'est... comment on dit déjà? Ah oui, gentil de votre part. Leur dis-je en pesant chaque mot.
Bon sang, elle cuisinait mal! Mais j'avais faim et je n'allais quand même pas me préparer mon repas moi-même, après tout elle était là pour ça. C'était pour cette raison que je les mangeais ses bento généralement.
Je me retournai donc vers celui qui avait eu l'audace de faire tomber mon repas. J'aurais pu lui ordonner de me donner le sien, mais d'un oeil, je remarquai que ça avait l'air pire que les recettes de ma soeur. Je tenais quand même à la vie moi. Je me contentai donc de lui lancer un regard noir qui le fit prestement reculer.
- Hey, toi là. Oui, celui qu'a fait tomber mon panier repas. Avance.
Surpris, il s'exécuta. Quand je parlais de chiens... vous comprenez maintenant. Ses copains ne bougèrent pas, intrigués.
- Ramasse.
Interloqué par mon ordre, il resta coi, comme deux ronds de flans. Pour ma part, je n'avais aucune envie de me répéter. Il semblait avoir très bien compris et devait maintenant s'exécuter.
Son petit chef, le gars qui se la pétait le matin, se reprit bien vite. Et rétorqua que son subalterne n'avait pas à obéir. Énervé, mais n'ayant pas l'intention de continuer cette discussion - j'avais utilisé mon quota de paroles pour au moins une semaine – je traçai mon chemin. Laissant à terre mon déjeuner. Il ne me restai plus qu'à partir au convini du coin pour m'acheter un sandwich.
À mon retour, les lycéens se mirent en tête de m'ignorer. Enfin, c'est ce que j'ai cru comprendre lorsque j'entrai dans la salle, car l'imbécile planté devant la porte fit mine de ne pas me voir. Il fallut que je le pousse. Ils avaient de drôles d'idées ce jour-là. Mais personnellement, je m'en fichais royalement. En plus, je ne me suis jamais mêlé à eux. Donc, quelle différence.
Lors de la troisième heure, le prof de math nous fit passer des copies. Il les donna à ceux de devant, qui devaient eux-même les faire passer à ceux de derrière et ainsi de suite. La feuille n'arriva jamais entre mes mains. Au bout de dix minutes, il me paraissait évident qu'on n'avait pas voulu m'en passer une. Comble de malheur, Kakuzu-sensei me demanda de lire le problème à voix haute. Aïe, j'étais mal. Autant tenter le tout pour le tout, je me levai et pris une polycopie sur le bureau du prof. Puis je me rassis. Seulement, le temps d'un instant, j'avais complètement oublié que ce type détestait qu'on se lève, parle, écrive... sans permission. Même tousser ça passait limite. Y avait pas plus accro à l'ordre que lui. C'était son kiff, avec l'argent.
Quand il s'énervait, il faisait des trucs bizarres. Tout d'abord il gonflait les joues, qui viraient au rouge. Puis ses yeux ressemblaient à deux grosses billes ternes. Ses narines frémissaient. Ensuite, ses cicatrices semblaient ressortir, ce qui n'était pas très avenant. Le pauvre, il devait pas avoir beaucoup de succès avec les femmes, ou les hommes, je connaissais pas ses préférences.
- Toi! Comment as-tu oser te lever de ta chaise? T'ai-je donné la permission de le faire? Ai-je dis « jeune homme vous pouvez vous lever afin de prendre une feuille sur Mon bureau »? D'ailleurs pourquoi as-tu pris cette copie? J'en ai fait passer dans toute la classe! Pourquoi n'avais-tu pas de feuille?
Quand il partait dans ces longues réprimandes, ce prof, rien ne pouvait l'arrêter. Son discours en devenait même incohérent.
- Écoute-moi quand je te parle! Je disais donc, jeune homme tu n'as pas à te lever comme tu l'as fait pendant mon cours. Peut-être qu'ailleurs, avec d'autres professeurs, vous vous permettez ces écarts de conduite... Mais pas ici! Maintenant lis ce problème!
- On considère la fonction polynôme...
- J'entends pas! Dit une élève de la classe.
- ... P définie pour tous x réel par:
- J'entends pas! Ajouta un mec de devant.
- Eh bien! Parlez plus fort. M'ordonna le prof. Et recommencez.
- On considère...
- J'entends pas!
- J'entends pas!
Mais il me faisaient quoi là? Il entendaient très bien, ça j'en étais certain. Franchement, ils avaient pris un coup sur la tête la semaine précédente? En tout cas, ça me gonflais sérieusement. Alors pourquoi faisaient-ils semblant de pas entendre?
Saoulé par leur exclamations, je me rassis. Oui, ça risquait de devenir une habitude. Cet aprèm-là, j'avais eu l'impression de revivre chaque fois la même chose : s'asseoir, se lever, s'asseoir... bref, vous avez compris. Ce geste m'attira les foudres du prof qui décida simplement de me renvoyer, avec pour excuse que j'avais été « insolent ». Lui, il me connaissait vraiment pas.
Bon, j'avais fini ma journée plus tôt, vu que les maths étaient mon dernier cours.
Le reste de la semaine se passa pour moi avec l'ignorance que me témoignaient les autres.
Le prof de maths ne fit aucune allusion à notre précédent cours, le sujet étant clos. Tout semblait plus ou moins calme, excepté que j'en avais assez de devoir bousculer les gens quand je voulais pénétrer dans telle ou telle pièce. Ils avaient le chic de se poster devant la porte au moment où j'arrivais. À croire qu'ils le faisaient exprès... Non, je devais me faire des idées. J'avais quelques tendances paranos.
À part ses petits désagréments, j'étais plutôt à mon aise, la bande de crétins finis ayant arrêté de me chercher des noises. Pour le moment.
Malheureusement, cette paix salvatrice cachait derrière elle une véritable tempête.
Qui débuta le lundi suivant.
Au début tout se passait relativement bien, c'est-à-dire qu'on m'ignorait encore. Puis, pendant le cours d'histoire, un mot se mit à circuler dans toute la classe. Il se propageait de mains en mains, accompagné de quelques rires sinistres ou rictus narquois. Après l'avoir lu, plusieurs personnes se retournèrent vers moi. Les regards se faisaient pesants. Ce mot étrange tournait. De nouveau des oeillades. Le mot. Des yeux qui se plissaient. Encore ce mot. Des ricanements. Le prof ne remarquait strictement rien. Et ce mot. Toujours ce mot. Ce mot. Ce mot. Ce mot.
Merde ! J'arrivais même plus à rester indifférent, ma curiosité étant piquée à vif. Mais qu'est ce qu'il pouvait bien y avoir d'écrit sur ce fichu mot qui puisse être aussi intéressant ? Je n'eus pas attendre bien longtemps pour avoir ma réponse. Une fille encore moins douée que les autres laissa tomber par mégarde ce mot juste devant moi. La chute l'ayant étrangement fait se déplier. Un hasard ? En plissant des yeux je pu discerner ces quelques lignes :
« Le jeu à commencé. Le prochain est Gaara. Tout est permis. Amusez-vous bien. »...
D'accord...
Là, pour le coup, j'avais du mal à comprendre. Quel jeu ? Dans quoi j'étais impliqué ? Qu'est-ce qui était permis?
Je n'avais aucune réponse à ces questions mais j'étais sûr que je ne tarderais pas à les obtenir, que ce soit bon ou mauvais pour moi. Ce qui me taraudait beaucoup aussi était ce concept de jeu. J'avais horreur des jeux et celui-là, j'en étais persuadé, n'allait pas, mais alors pas du tout, me plaire. Mon instinct me disait de rester le moins possible avec les autres sinon j'allais le regretter. Et amèrement.
Mais ce qui me gonflait le plus était le fait que ce mot m'intriguait. Qu'est ce que j'en avais à faire des autres ? Entrer dans leur jeu ne m'intéressais pas le moins du monde. Alors pourquoi m'être focalisé sur ce texte ? Peut-être n'étais-je pas aussi indifférent que je le pensais depuis mon retour à une vie normale ? Peut-être que la compagnie de mon frère et de ma soeur avait annihilé mon caractère de glace ? Non. Impossible, après tout je ne faisais que me servir d'eux quand j'en avais besoin. C'était à peine si je leur parlais.
Ça aussi, ça avait changé quand il était arrivé.
La sonnerie retentit et je demeurais perdu dans mes multiples interrogations, quand un objet atterrit sur mon bureau. Je baissai les yeux pour voir de quoi il s'agissait et je remarquai une fleur blanche fièrement posée sur ma table. Un chrysanthème. Après quoi, d'autres plantes aussi blanches volèrent autour de moi et se posèrent lestement près de la première. Toutes recouvraient mon pupitre, d'un voile pur et soyeux. Je n'eus pas le temps de me pencher plus sur ce rituel étrange que le prof de maths entra dans la salle. Et remarqua tout de suite l'ornement floral qu'était devenu ma table.
- Eh, toi le rouquin, tu te fais encore remarquer ? C'est quoi toutes ces fleurs ? Tu veux faire la révolution hippie peut-être ? Il se rendit ensuite compte de l'espèce de ces plantes et sourit sadiquement. Des chrysanthèmes, intéressant, dit-il. Alors comme ça tu veux te faire passer pour mort ? Eh bien soit. Mes chers élèves, aujourd'hui, un de vos camarades nous a quitté, c'est regrettable, hélas c'est ainsi que vont les choses. Je vous prie donc de ne pas faire trop de cas de cette disparition et de continuer à suivre mon cours avec attention, comme vous le faites si bien tous les jours.
Bon nombre d'élèves se mirent à rire. Quant à moi, je comprenais enfin l'image de ses plantes mortuaires.
Je n'avais plus aucune illusion à me faire.
Pour eux j'étais mort, et sous plusieurs sens possibles.
Le point positif restant que je n'étais pas réellement parano mais juste intuitif. On avait bien fait exprès de m'ignorer pendant une semaine. Et vu que cela ne prenait pas sur moi, ils passaient à des choses plus sérieuses. Qui finiraient par devenir plus dangereuses aussi.
C'est généralement ce qui arrive dans ces cas là, parmi les deux options possibles : entre arrêter ou faire pire, c'est la deuxième qui est choisie. L'homme ne pouvant s'empêcher de détruire ce qui le dérange au lieu de le laisser en paix sans s'en préoccuper.
Pour l'instant je ne me situais que dans les débuts, se traduisant par le célèbre shikato, le fait d'ignorer tout simplement l'élève brimé suivi du jeu des funérailles. Ce que confirmaient les lettres qui chevauchaient maintenant les fleurs.
« Toutes mes condoléances. »
« Adieu, mec. »
« J'aurais aimé te connaître plus... Nan, j'déconne. »
«Ça y est? Enfin crevé? T'as pas tenu longtemps. »
« T'aurais put être plus rapide , on en avait marre de toi. »
« Tu vas pas nous manquer. »
« On va pouvoir avoir la paix. »
Et ainsi de suite, toute une série de joyeuses missives.
Rien que pour moi. Merci, fallait pas.
Oui, tout semblait clair à présent.
J' étais tout bonnement victime d'ijime.
Comme tant d'autres l'avaient été avant moi et comme tant d'autres le seraient après moi. Ce fléau qui touche tant les jeunes mais aussi les plus vieux, que se soit dans un établissement scolaire ou au travail. Ce terme qui désigne les brimades infligées par un groupes d'individus auxquelles doivent faire face les personnes désignées comme étant différentes. Ce mal qui se trouve souvent banalisé au Japon, et même vu comme un rite d'initiation servant à la structuration de la personne. Une horreur qui pousse énormément de japonais à se donner la mort.
Cette chose dont on croit que jamais elle ne nous arrivera.
Elle s'appliquait désormais à moi...
Restait à savoir si elle allait m'affecter autant que les autres. Car après tout, eux, ils se sont simplement fait avoir par leurs « amis ». Et pour ça, il faut en posséder.
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